Sandrine Elmi Hersi, promotion 2020

Sandrine Elmi Hersi, promotion 2020

Du Master politiques publiques, spécialité Administration publique au poste de chargée d'affaires européennes et co-présidente du groupe de travail « Sustainability » à l'ARCEP
  • Sandrine Elmi Hersi © Cédric FischerSandrine Elmi Hersi © Cédric Fischer

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

Tout au long de mon parcours, je me suis progressivement spécialisée dans deux domaines en particulier : les affaires publiques franco-européennes et la régulation du numérique.  

Plus en détail, j’ai intégré Sciences Po en bachelor en spécialité économie. Pendant ce premier cycle, j’ai pu suivre deux cursus en affaires européennes, le premier avec la Northwestern University, le second lors de mon année d’échange à Londres à l’université King’s College. J’ai ensuite choisi d’intégrer le Master politiques publiques, spécialité « Administration publique » afin d’acquérir une connaissance fine de l’environnement politico-administratif national et européen ainsi qu’une expertise en droit public et politique économique en particulier. 

Pendant mes études et mon année de césure, j’ai également eu l’opportunité de vivre plusieurs expériences professionnelles orientées vers les affaires publiques et le numérique dans divers secteurs : diplomatie, conseil, banque, cabinet ministériel et administration centrale. A la fin de mon master, j’ai travaillé pendant un an à l’Assemblée nationale en particulier sur les enjeux juridiques et sociétaux posés par les nouvelles technologies et sur la participation citoyenne dans l’équipe parlementaire d’une députée spécialiste du numérique. 

J’ai ensuite rejoint l’Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse) au sein de l’unité en charge des affaires européennes. J’occupe dans ce cadre la fonction de co-présidente du groupe de travail « Sustainability » qui se penche sur l’empreinte environnementale du numérique au BEREC (Body of European Regulators for Electronic Communications), l’organe rassemblant les régulateurs des télécoms européens. Par ailleurs, je suis engagée en faveur de l’égalité femmes-hommes au sein l’association Politiqu’elles depuis 2015, aujourd’hui en tant qu’administratrice.  

Quelles ont été les étapes majeures de la construction de votre projet professionnel ?

J’ai vraiment eu la chance d’avoir des expériences variées et extrêmement enrichissantes. Mais si je ne devais en retenir que deux, je pense que mon stage de césure au service de l’Economie numérique de la Direction Générale des Entreprises (DGE) et mon premier contrat à l’Assemblée nationale ont été les expériences passées les plus marquantes car c’est à ces occasions que mon projet professionnel s’est pérennisé : participer à l’élaboration et la mise en œuvre d’une régulation pour un numérique inclusif, éthique et soutenable. De façon générale, les rencontres que j’ai pu faire lors de mes stages et activités professionnelles ont profondément influencé ma construction en tant qu’individu ainsi que mon rapport au travail : j’ai rencontré des personnes mues par une volonté d’apporter au bien commun et qui se dépassaient au service de l’intérêt général, éthique que j’essaye d’appliquer dans ma vie professionnelle aujourd’hui. 

Quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui à l’Arcep et au BEREC (Body of European Regulators for Electronic Communications) ?  

Je m’occupe au sein de l’équipe d’affaires européennes de l’Arcep principalement de la coordination des travaux de l’autorité au niveau européen sur l’environnement, les droits des utilisateurs et la lutte contre la fracture numérique. Depuis septembre dernier, j’assure en parallèle la fonction de Co-Présidente du groupe « Sustainability » au sein du BEREC, organe européen dont l’Arcep est membre aux côtés des autres régulateurs télécoms du continent. Mon rôle est donc de piloter les activités et travaux de ce nouveau groupe qui réunit à l’heure actuelle 90 experts d’autorités nationales et de la Commission travaillant sur les enjeux environnementaux posés par le numérique. Nous allons par exemple publier en mars prochain un rapport sur le rôle des régulateurs pour limiter l’empreinte environnementale du numérique sur lequel le BEREC travaille depuis plusieurs mois. Plus concrètement, ce que je fais dans une semaine type : de la coordination, tout un travail d’initiative et de mise à l’agenda au sein du groupe Sustainability, la rédaction ou révision de productions écrites, des rencontres avec des homologues ou parties prenantes, de la veille et de l’analyse sur mes sujets, d’éventuels déplacements en Europe... Ce que j’apprécie dans mon poste, c’est justement la variété des missions et le fait que les semaines ne se ressemblent pas. 

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'affaires Publiques, et plus particulièrement la spécialité Administration publique, envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ?  

Sans faire une liste exhaustive, je dirais que l'École d'affaires publiques permet de s’émanciper dans la construction de sa carrière professionnelle en nous donnant à la fois un bagage académique d’exception et une ouverture sur la réalité du monde professionnel. 

La formation du Master politiques publiques m’a ainsi permis de construire une expertise sur le paysage administratif franco-européen et d’acquérir une certaine polyvalence nécessaire dans mon métier. Le socle commun exigeant de la spécialité Administration publique a pour particularité d’offrir la possibilité de maîtriser des matières essentielles à la compréhension des problématiques socio-économiques et institutionnelles actuelles, par exemple le droit public et européen, les finances publiques ou les questions sociales. J’ai également pu profiter du large choix d’enseignements « électifs » pour approfondir mes sujets d’intérêt de prédilection en particulier relatifs à l’économie numérique. 

D’autre part, l'École offre aussi accès à une myriade de possibilités pour effectuer des expériences professionnelles et associatives qui constituent autant d’opportunités de développer des soft skills, extrêmement utiles à la prise de responsabilités professionnelles. Par exemple, avec l’appui et la bienveillance de l'École et du Centre pour l’entreprenariat de Sciences Po, j’ai mené pendant mon master un projet entrepreneurial dans le domaine des Civic Tech pendant 18 mois aux côtés de trois autres co-fondateurs, expérience qui nous a à tous beaucoup appris sur la gestion de projets. Côté associatif, mon poste de secrétaire générale de l’association de l'École d’affaires publiques en 2017/2018 m’a introduit au management d’une équipe, à la gestion de partenariats et d’un budget. Sur le moment, on ne se rend jamais compte que ces expériences « étudiantes » peuvent être aussi déterminantes pour la suite de notre parcours.

Auriez-vous un conseil à donner à un ou une étudiant(e), futur jeune diplômé(e) ?

Pour les étudiants et étudiantes actuels, mon conseil serait de profiter autant que possible de l’environnement à Sciences Po et au sein de l'École d’affaires publiques, pour apprendre bien sûr, ainsi que pour explorer des domaines divers, élargir son réseau, échouer ou réussir de nouveaux projets... La vie étudiante passe très vite : la liberté et les opportunités qu’elle peut apporter, dans les bonnes conditions, sont assez rares et précieuses. Profitez-en pour vous engager et cultivez dès maintenant vos singularités !

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