De l'inclusion socio-économique des femmes migrantes et réfugiées en Europe

Lire le rapport rédigé par des élèves en Master à Sciences Po
  • Tissu stockés en rouleaux ou en coupons à Rome, Italie © I. BrandesTissu stockés en rouleaux ou en coupons à Rome, Italie © I. Brandes

Cinq étudiantes et étudiant en Master de Sciences Po viennent de publier un rapport sur l'intégration socio-économique des femmes migrantes et réfugiées en Europe au travers de l'artisanat.

Grâce au soutien de l'organisation Women Forward International et sous l'œil attentif de l'association Nest, Isabella Brandes, Eva Korn, Qin Miao, Sreya Nath et Martina Sole ont réalisé un rapport qui informe sur la situation des femmes migrantes et réfugiées ayant des compétences artisanales ou étant à la recherche d'un emploi dans le secteur de la création et de l'artisanat.

Le rapport contient des études de cas menées à partir d'enquêtes et de rencontres en France, en Grèce, en Italie et au Royaume-Uni.

"Nous espérons que les recherches menées dans le cadre de ce projet pourront éclairer les futures politiques publiques et les décisions des organisations et des agences gouvernementales" a déclaré l'équipe étudiante.

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Certificat Égalité femmes-hommes et politiques publiques 2022-23

Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 14 septembre 2022
  • Des étudiantes dans une salle de classe © Marta Nascimento / Sciences PoDes étudiantes dans une salle de classe © Marta Nascimento / Sciences Po

Proposé par l’École d’affaires publiques et le Programme de recherche et d’enseignement des savoirs sur le genre (PRESAGE) de Sciences Po depuis 2019, le Certificat Égalité femmes-hommes et politiques publiques propose un encadrement pédagogique permettant de comprendre la formation des inégalités ainsi que d’évaluer les politiques d’égalité et de lutte contre les discriminations.

Au programme

Durant le semestre d’automne, une série de conférences permet aux élèves d'approfondir leurs connaissances théoriques et de se familiariser avec l’état des savoirs.

Puis, au semestre de printemps, elles et ils mettent en application des concepts à partir d’études de cas portant sur des thématiques actuelles (congés parentaux, plans d’action pour l’égalité, pensions alimentaires,…). Elles et ils sont amenés à proposer des solutions concrètes en faisant dialoguer les connaissances issues de la recherche en sciences sociales et les retours d’expériences d’actrices et d’acteurs de terrain. Cet exercice leur permet de développer des compétences et d’acquérir des connaissances solides en matière de politiques d’égalité.

Candidatures 2022-23

Le Certificat Égalité femmes-hommes et politiques publiques est ouvert aux étudiantes et étudiants en première année de Master en Politiques publiques ou Master en Affaires Européennes, ainsi qu'aux étudiantes et étudiants en première année de Master à l'École des affaires internationales de Sciences Po (PSIA).

Pour toute question relative au Certificat Égalité femmes-hommes et politiques publiques, contacter Jennie Cottle.

Pour candidater, merci de remplir le formulaire de candidature en ligne avant le mercredi 14 septembre 2022.

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Études sur le genre : le catalogue des cours du semestre d'automne 2022-23 est en ligne

  • Élèves durant un cours sur le campus de Poitiers ©Martin Argyroglo / Sciences PoÉlèves durant un cours sur le campus de Poitiers ©Martin Argyroglo / Sciences Po

À Sciences Po, les études sur le genre sont principalement enseignées par le biais des sciences humaines et sociales (droit, économie, histoire, humanités, science politique, sociologie). L’offre pédagogique se compose d'approches théoriques, empiriques et appliquées. À l'issue de leur parcours, les étudiantes et étudiants du Collège universitaire attestant de solides connaissances en études de genre peuvent obtenir la Certification "Genre et égalité", les élèves du Master peuvent obtenir la Certification avancée en études de genre.

>> Consulter le catalogue des cours du semestre d'automne 2022-2023 <<

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Les Filles du coin

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  • Vue sur Fumay, commune du département des Ardennes © Sciences PoVue sur Fumay, commune du département des Ardennes © Sciences Po

Tous les mois, le podcast Genre, etc. rencontre une chercheuse ou un chercheur en sciences humaines sociales spécialiste des questions de genre, d’inégalités, et de discriminations.

Dans cet épisode, la sociologue Yaëlle Amsellem-Mainguy raconte ses rencontres avec ces jeunes femmes issues de milieux populaires qui lui ont raconté leur vie quotidienne, leurs relations amicales, familiales, amoureuses.

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Certification avancée en études de genre 2022 : félicitations !

  • Cérémonie du diplôme 2021, discours d'une étudiante de PSIA © Arnaud CalaisCérémonie du diplôme 2021, discours d'une étudiante de PSIA © Arnaud Calais

En 2022, 59 étudiantes et étudiants ont obtenu leur diplôme de Master assorti de la Certification avancée en études de genre. Décernée par le Programme de recherche et d'enseignement des savoirs sur le genre (PRESAGE) de Sciences Po, cette Certification permet aux diplômées et diplômés de Sciences Po attestant de solides connaissances en études de genre de les valoriser dans le monde professionnel.

Félicitations aux jeunes diplômées et diplômés !

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Un podcast sur l’égalité

Découvrir “Féminisme Initial” un podcast réalisé par quatre étudiantes de Sciences Po avec le HCEfh
  • Deux étudiantes enregistrent un podcast © Camille ChapuisDeux étudiantes enregistrent un podcast © Camille Chapuis

Camille Chapuis, Coline Dansou, Aurore Pageaud et Carla van Langen sont étudiantes à l'École d’affaires publiques de Sciences Po et participent au Certificat égalité femmes-hommes et politiques publiques. Dans le cadre de ce programme, elles ont réalisé un projet de groupe pour et avec le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes : la création d’un podcast sur l’égalité.

Quelle mission vous a confié le Haut Conseil à l’Égalité ?

Aurore Pageaud : Le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes nous a confié le projet de réalisation d’un podcast sous forme d’un abécédaire féministe. C’est avec une grande joie que nous nous sommes lancées dans cette aventure ! L’idée est de créer une série d’épisodes de podcasts, dans lesquels nous abordons certains thèmes du féminisme. Au micro avec nous : des chercheuses, journalistes, philosophes, spécialistes de ces questions. Le but est de démocratiser des concepts parfois très théoriques, comme l’éga-conditionnalité ou la diplomatie féministe, qui sont des leviers d’action essentiels dans la lutte féministe actuelle.

Pourquoi le format podcast ?

Coline Dansou : Le podcast est un outil efficace pour transmettre des savoirs à une large audience. C’est un média inscrit dans l’air du temps qui permet à de plus en plus de personnes de se confronter à d’autres opinions et de comprendre les expériences d’autrui. Partout dans le monde, des millions de personnes écoutent quotidiennement des podcasts sur des sujets aussi variés que le féminisme, l’écologie, la diplomatie, la gastronomie, les relations affectives ou encore les jeux-vidéos. Que ce soit pour nous divertir ou nous informer, les podcasts font partie de la vie de beaucoup d’entre nous et je pense qu’ils influencent notre rapport au monde. Les podcasts que nous écoutons nous façonnent, ils participent à notre construction et peuvent nous amener à penser différemment. Dans le cadre de ce projet, je pense que le format podcast nous a permis d’accompagner l’audience à envisager des enjeux de l’égalité femmes-hommes qui peuvent être complexes à saisir. Pour moi, l’un des atouts majeurs du format podcast c’est que l’on peut facilement se l'approprier et le rendre dynamique. C’est une manière de rendre son propos plus accessible, plus audible et de capter l’attention du public. Le podcast laisse beaucoup de liberté à la fois à ses créatrices et créateurs et aussi à ses auditrices et auditeurs, selon moi c’est ça qui le rend vivant.

Quels thèmes avez-vous voulu mettre en avant ?

Carla van Langen : Nous avons souhaité aborder des thèmes d’actualité, qui trouvent une résonance particulière dans la sphère politique et médiatique actuelle, mais aussi des sujets qui ont émergé moins récemment, en gardant tout de même une place dans le débat public. Nous voulons que ce podcast soit accessible au plus grand nombre mais qu’il ait aussi une portée instructive. De ce fait, nous avons dû sélectionner des sujets relativement vastes, qui soulèvent de nombreuses questions, mais que nous pouvions expliquer avec suffisamment de clarté en une quinzaine de minutes.

Il nous paraissait également intéressant de traiter de thèmes qui font l’objet de discussions et de controverses et d’exposer ainsi les différents courants de pensée en jeu. La pensée féministe porte un nombre indéfinissable d’enjeux et de questionnements. Il nous est évidemment impossible de tout traiter en quelques épisodes de podcast. Nous avons donc dû faire des choix, privilégier certains sujets qui nous paraissaient moins traités ou plus engageants que d’autres. Mais je pense que nous sommes pleinement satisfaites de notre sélection. J’espère que nos auditeurs et nos auditrices le seront aussi !

Qu’avez-vous appris au cours de ce projet de groupe ?

Camille Chapuis : Si le Certificat égalité femmes-hommes a l’avantage de nous apporter des connaissances sur des thématiques spécifiques, et plutôt théoriques, le projet de groupe nous a permis de découvrir comment les concrétiser en les rendant accessibles à tous et toutes. Tout d’abord, car il nous a permis de découvrir en profondeur l’écosystème d’institutions publiques, associatives et privées jouant un rôle dans la lutte en faveur de l’égalité de genre. Pouvoir collaborer avec l’une d’entre elles, le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes, prenait donc tout son sens.

Au-delà de l’aspect théorique, ce projet de groupe représente pour nous une opportunité inédite de travailler des sujets qui peuvent nous êtres familiers mais avec une méthode que nous ne connaissons pas : enregistrer un podcast nécessite une certaine dextérité que nous avons acquise au fil des épisodes, et nous sommes fières d’avoir pu approcher les questions féministes via un moyen aussi original !

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Femmes en prison et continuum des violences

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  • Le Centre Pénitentiaire de Marseille-Baumettes 2 © Lu-xin / Wikimedia CC BY-SA 4Le Centre Pénitentiaire de Marseille-Baumettes 2 © Lu-xin / Wikimedia CC BY-SA 4

Tous les mois, le podcast Genre, etc. rencontre une chercheuse ou un chercheur en sciences humaines sociales spécialiste des questions de genre, d’inégalités, et de discriminations.

Dans cet épisode, Natacha Chetcuti-Osorovitz, enseignante-chercheuse à CentraleSupélec et à l’École normale supérieure Paris-Saclay, revient sur la longue enquête qu’elle a menée dans le quartier femmes d’une prison française. Beaucoup de femmes détenues étant à la fois victimes et coupables de violences, leurs récits mettent en lumière un continuum des violences de genre. Natacha Chetcuti-Osorovitz analyse leurs parcours au prisme d’une sociologie de l'émancipation.

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Appel à projets 2022 : Évaluation interdisciplinaire des politiques du genre

  • Une main tient un mégaphone © Studio Romantic / ShutterstockUne main tient un mégaphone © Studio Romantic / Shutterstock

Le Laboratoire interdisciplinaire d’évaluation des politiques publiques (LIEPP) lance son deuxième appel à projets en partenariat avec le Programme de recherche et d'enseignement des savoirs sur le genre (PRESAGE) de Sciences Po et la Cité du Genre, sur le thème de l’évaluation interdisciplinaire des politiques du genre. Cet appel à projets s’inscrit dans la dynamique de redéploiement du LIEPP en partenariat avec Université Paris Cité.

Il vise à promouvoir le développement et la valorisation de travaux académiques interdisciplinaires d’évaluation des politiques publiques portant soit sur la conception, la mise en œuvre et les effets des politiques visant explicitement la question du genre (ex. politiques d’égalité femmes/hommes, politiques relatives à l’identité de genre et aux questions LGBTQI+), soit sur les effets, en termes de genre, de politiques publiques visant d’autres enjeux relevant des thématiques de recherche du LIEPP (par exemple : politiques sociales et fiscales, politiques migratoires, politiques relatives à la santé ou au handicap, politiques éducatives, politiques environnementales, évaluation de la démocratie).

Les contributions doivent être interdisciplinaires, l’appel étant ouvert de façon large à toutes les disciplines permettant d’alimenter la réflexion sur l’action publique. Trois types de projets peuvent être soumis : revues de littératures interdisciplinaires, projets de recherche, et organisation d’événements ou de réseaux interdisciplinaires en évaluation des politiques publiques.

Chaque projet est porté par une ou deux personnes, dont une au moins doit être une chercheuse ou un chercheur titulaire ayant pour affiliation principale un laboratoire de Sciences Po ou de Université Paris Cité. Les projets financés sont d’une durée maximale de 24 mois, sur un calendrier se terminant au plus tard en novembre 2024.

Les personnes intéressées par cet appel à projets sont invitées à contacter dès à présent l'équipe du LIEPP pour faire part de leur souhait de déposer un projet, en envoyant un court message avec pour objet [Appel à projets genre] à liepp@sciencespo.fr. L'équipe du LIEPP sera à leur disposition pour répondre à leurs questions et les accompagner dans le montage du projet (notamment renforcement de l'interdisciplinarité et montage budgétaire) (Nota Bene : l'équipe ne sera pas disponible entre le 22 juillet et le 26 août).

Les projets peuvent être soumis en français ou en anglais.

Les projets sont à soumettre pour le 18 septembre 2022 au plus tard, par le biais du formulaire de candidature en ligne. Aucun dossier de candidature incomplet ou hors délai ne sera considéré.

Les résultats seront communiqués fin octobre, les projets pourront démarrer à partir de novembre 2022.

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Hommage à Jean-Paul Fitoussi

par Françoise Milewski et Hélène Périvier, économistes à l'Observatoire français des conjonctures économiques
  • Cérémonie en l'honneur de Jean-Paul Fitoussi en 2013 © Thomas Arrivé/Sciences PoCérémonie en l'honneur de Jean-Paul Fitoussi en 2013 © Thomas Arrivé/Sciences Po

Le décès de Jean-Paul Fitoussi le 15 avril 2022 nous plonge dans la plus grande tristesse. Bien plus qu’un président de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), il nous a toutes deux, à des moments divers, accompagnées dans nos projets avec bienveillance. En particulier, c’est grâce à son soutien que le Programme PRESAGE a pu voir le jour.

Jean-Paul Fitoussi était un grand économiste, beaucoup l’ont déjà souligné. Ses apports à la théorie économique, ses contributions aux débats de politique économique et ses talents d’enseignant ont été décrits dans les multiples hommages qu’a suscités sa disparition.

L’analyse des inégalités socioéconomiques tenait une place majeure dans ses réflexions, notamment celles dues au chômage. Il a dénoncé l’injustice sociale sous toutes ses formes. Lorsque nous lui avons pointé l’absence de perspective en termes d’inégalités femmes-hommes dans les travaux de l’OFCE, thème pourtant essentiel à la compréhension du fonctionnement de nos sociétés et de nos économies, il nous approuva immédiatement. Ainsi, en 2004 pour la première fois, la Revue de l’OFCE éditait un numéro spécial Travail des femmes et inégalités. Une conférence de presse fut organisée pour en faire la promotion et elle fut l’occasion pour Jean-Paul Fitoussi de marquer ce nouvel élan pour notre institution.

Puis, lorsque nous lui fîmes part de notre projet de créer un programme académique dédié à ces questions et plus largement à la perspective de genre en sciences sociales, son enthousiasme fut immédiat. Économiste engagé qui prenait part aux enjeux de la cité, il se laissa vite convaincre de l’intérêt de notre démarche. Il s’agissait d’institutionaliser les études sur le genre à Sciences Po, en créant un programme de recherche pluridisciplinaire et d’enseignements destinés à diffuser ces thématiques auprès des élèves par un vaste ensemble de cours intégrés au Collège universitaire et aux Écoles.

Il n’en fut pas seulement la caution, certes indispensable pour porter un projet d’une telle ampleur au sein de Sciences Po, mais il en fut partie prenante. C’est grâce à lui que nous avons pu échanger avec Amartya Sen, qui a accepté d’être membre du Conseil scientifique de PRESAGE, un atout incontestable pour ancrer ce projet dans l’international. Il s’impliqua personnellement dans l’émergence du programme en 2010, y compris dans les méandres de la définition des contours institutionnels que nous pouvions lui donner (une chaire, un pôle, un programme,… ?) et pour vaincre les résistances que toute nouvelle initiative suscite. Il défendit le projet à Sciences Po et il mit sa notoriété à son service. "Allez-y ! Foncez !", nous dit-il. Comment espérer mieux... Comment expliquer autrement que ce programme, à vocation intrinsèquement transversale et pluridisciplinaire, ait été ancré à l’OFCE ? Et que cela ait perduré ? Avec le soutien de Jean-Paul Fitoussi, tout était possible !

Au quotidien, les discussions avec Jean-Paul Fitoussi étaient toujours un moment de plaisir et de défi. Sa voix basse vous obligeait à prêter attention à son propos, son flot lent et ponctué de "hum" et de "je réfléchis tout haut" vous laissait le temps d’affûter vos arguments. Il n’avait que faire des idées reçues, lui qui dénonçait "le débat interdit", lui que la pensée unique indignait, lui que le point de vue dominant inquiétait. Être à contrecourant d’une pensée dominante ne lui faisait pas peur ; il y trouvait même un certain plaisir.

Au quotidien, il était facile d’être gagné par son enthousiasme et sa détermination. Sa persévérance était réconfortante, encourageante.

Au quotidien, nous avons eu la chance de côtoyer un homme chaleureux qui marquera à jamais nos mémoires. Merci cher Jean-Paul !

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Félicitations à la cohorte 2022 du Certificat égalité femmes-hommes et politiques publiques

  • Les élèves du Certificat égalité femmes-hommes © C. Delaunay / Sciences PoLes élèves du Certificat égalité femmes-hommes © C. Delaunay / Sciences Po

Le 21 avril 2022, a eu lieu la séance de clôture du Certificat Égalité femmes-hommes et politiques publiques. Ce programme, proposé par l'École d’affaires publiques et le Programme de recherche et d’enseignement des savoirs sur le genre (PRESAGE) de Sciences Po, s’adresse à des élèves de l'École d’affaires publiques et de l’École des affaires internationales (PSIA) aux politiques de lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes et les discriminations.

L’égalité en théorie… et en action

Pendant deux semestres, 31 étudiantes et étudiants de première année de Master ont suivi une série de conférences leur permettant de rencontrer des acteurs et des actrices engagées, de se familiariser avec l’état des savoirs, d'approfondir leurs connaissances théoriques sur ces sujets, avant de les mettre en pratique dans le cadre de missions confiées par 7 partenaires issus du secteur public, associatif ou privé.

Cette séance de clôture était donc l’occasion pour elles et eux de présenter leurs projets aux deux directrices de ce programme : Hélène Périvier, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et directrice du Programme de recherche et d’enseignement des savoirs sur le genre de Sciences Po et Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre des Droits des femmes puis de l'Éducation, actuellement directrice de l'ONG ONE pour la France.

Mettre en oeuvre l’égalité dans le monde professionnel

Deux missions en lien avec l’égalité professionnelle ont été confiées aux étudiantes et étudiants de Sciences Po. Un groupe de quatre élèves a travaillé avec le réseau SNCF Mixité sur un outil d’autodiagnostic sur l’accueil et l’intégration des femmes dans la société nationale des chemins de fer français qui ne comptait encore que 23% de salariées en 2021. Un autre groupe a travaillé avec un Service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de la région Grand Est. L’occasion de se familiariser avec un milieu peu connu et d’apporter un regard extérieur et constructif sur un plan d’action relatif à l’égalité professionnelle dans la fonction publique.

Dans ces organisations, les étudiantes et étudiants ont découvert une nouvelle façon de parler d’égalité des femmes et des hommes, un nouveau vocabulaire.

Analyser la douzième élection présidentielle de la Vème République

Deux groupes ont travaillé sur l’élection présidentielle de 2022 et livré les grands enseignements de leurs travaux. Un rapport réalisé en partenariat avec l’Observatoire de l'égalité femmes-hommes de la Fondation Jean-Jaurès montre par exemple que les journaux de la presse quotidienne régionale traitent encore très peu de sujets relatifs à l’égalité femmes-hommes et aux féminismes. Un autre groupe a conclu, suite à une analyse précise de l’ensemble des programmes des candidates et candidats à l’élection présidentielle, à la persistance d’un clivage gauche-droite en matière d’égalité femmes-hommes.

Faire avancer l’état des savoirs sur des grands enjeux contemporains

Les autres élèves se sont emparés de thèmes d’actualité en les approchant au prisme des questions d’égalité. L’association Universités & Réfugié·es (UniR) a ainsi confié à quatre étudiantes la rédaction d’un rapport sur les défis rencontrés par les femmes réfugiées dans l’accès à l’enseignement supérieur en Île-de-France. D’autres étudiantes et étudiants se sont consacrés avec la Fondation des femmes à l’analyse approfondie d’émissions de téléréalité et de publications d'influenceuses et d’influenceurs sur les réseaux sociaux pour en analyser le degré de sexisme. Enfin, un groupe a réalisé un travail de vulgarisation et de diffusion de connaissances sur des sujets-clés des politiques publiques d’égalité femmes-hommes sous forme de podcast.

Une dynamique prometteuse

Les deux directrices du Certificat ont conclu la séance en félicitant l’ensemble des étudiantes et des étudiants pour leur investissement et la qualité de leur travail.

Revivre la séance de clôture en vidéo

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L’importance du soutien des (grands-)parents dans l’entrée en parentalité

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  • Une grand-mère parle à son petit-enfant ©Yoshihide Nomura /Flickr (CC BY-ND 2.0)Une grand-mère parle à son petit-enfant ©Yoshihide Nomura /Flickr (CC BY-ND 2.0)

Tous les mois, le podcast Genre, etc. rencontre une chercheuse ou un chercheur en sciences humaines sociales spécialiste des questions de genre, d’inégalités, et de discriminations.

Dans cet épisode, Léa Pessin, Assistant Professor en sociologie à l’Université d'État de Pennsylvanie, revient sur une enquête menée aux États-Unis sur l’entrée en parentalité. Elle explique notamment pourquoi les femmes sont plus attentives que les hommes au soutien que peuvent leur apporter leurs parents et leurs beaux-parents au moment de devenir mère.

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Un congé de paternité de 2 mois, et pourquoi pas ?

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  • Un père lave son bébé © Odua Images / ShutterstockUn père lave son bébé © Odua Images / Shutterstock

Toutes les mois, le podcast Genre, etc. rencontre une chercheuse ou un chercheur en sciences humaines sociales spécialiste des questions de genre, d’inégalités, et de discriminations.

Dans cet épisode, Alix Sponton, chercheuse doctorante au Centre de Recherche sur les Inégalités Sociales (CRIS) de Sciences Po et à l’Institut national d’études démographiques (Ined), revient sur une enquête inédite menée pendant le premier confinement au printemps 2020. Elle est allée à la rencontre de pères ayant passé deux mois confinés avec leur nouveau-né, expérimentant — parfois malgré eux — un congé de paternité de 2 mois. Alix Sponton nous raconte ce que cette expérience naturelle peut nous apprendre sur le recours au congé de paternité en France.

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Traductions politiques du principe d’égalité

Entretien croisé autour des programmes politiques pour l’élection présidentielle de 2022
  • Coline Baralon, Louise Besnard et Mickael Raggi © MR / Sciences PoColine Baralon, Louise Besnard et Mickael Raggi © MR / Sciences Po

Dans le cadre du Certificat égalité femmes-hommes et politiques publiques de Sciences Po, trois élèves de Master ont analysé les programmes des 12 personnes candidates à l’élection présidentielle de 2022 accompagnés par Réjane Sénac, directrice de recherche CNRS au Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF) et membre du Programme de recherche et d’enseignement des savoirs sur le genre de Sciences Po. Entretien croisé.

Pourquoi ce rapport ?

Louise Besnard : L’élection présidentielle est un moment important pour l’expression des revendications et des attentes de la société civile. Elle permet de confronter ces attentes aux propositions politiques. Ces cinq dernières années, les débats féministes ont été assez médiatisés et nous voulions voir si cela avait pu influencer les attentes et les engagements des personnes candidates. Nous voulions également mettre en lumière les sujets d’égalité femmes-hommes, qui bien que présents dans la plupart des programmes, ont été peu abordés pendant la campagne. Il s’agissait aussi d’expliquer ces différentes propositions de manière à les rendre plus accessibles et plus compréhensibles par tous et toutes.

Réjane Sénac : Dans un contexte de défiance vis-à-vis de la démocratie représentative et des corps intermédiaires — notamment des partis politiques — l’élection présidentielle est un moment particulier dans la mesure où elle crée un espace de discussion sur les priorités et les choix politiques impliquant différents types d’actrices et d’acteurs, au-delà du champ partisan. Cet espace peut être considéré comme cathartique dans la mesure où il permet l’expression de revendications et de sujets, pas nécessairement consensuellement portés par les partis politiques. Il ne s’agit donc pas seulement d’un moment de confrontation entre les revendications des “luttes d’en bas” et les programmes des candidates et candidats à la présidentielle, mais plus largement d’un espace donnant une visibilité à des sujets et controverses politiques. Cet espace permet à la fois de mettre en évidence les sujets incontournables par rapport auxquels les candidates et candidats sont quasiment contraints de se positionner, et les enjeux, les thèmes revendiqués par quelques unes et quelques uns et qui ne font pas consensus, voire sont sources de divergences.

S’interroger sur la place de l’égalité femmes-hommes dans la campagne présidentielle de 2022, c’est ainsi poser la question des traductions politiques — en termes de conception du juste et de mesures politiques — d’un principe revendiqué comme consensuel, mais porté de manière polysémique, voire divergente.

En analysant la place de cette question et la manière dont elle est abordée dans les programmes des candidates et candidats, ce rapport permet ainsi de comprendre la manière dont elle s’inscrit dans une approche politique complexe et plurielle de l’égalité.

Avez-vous trouvé beaucoup de propositions pour l’égalité des femmes et des hommes dans les programmes ?

Coline Baralon :  Sur l’ensemble des programmes, un certain nombre de propositions intéressantes sont formulées, couvrant une vraie diversité de sujets. Au cas par cas en revanche on ne peut pas en dire autant : près de la moitié des personnes candidates n’ont pas considéré nécessaire de faire des sujets d’égalité femmes-hommes une thématique à part entière, certains partis ont choisi de publier des programmes tout simplement “aveugles au genre”. La journée du 8 mars a été l’occasion pour elles et eux de se confronter à ces questions dans les médias, et parfois de combler certains angles-morts de leurs programmes par la suite.

De quels sujets les partis s’emparent-ils le plus et pourquoi ?

Mickael Raggi : La grande majorité des partis se positionnent principalement sur la lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS), la revalorisation des emplois à prédominance féminine et le fonctionnement du système de retraite. Cela s’explique essentiellement par le fait que ces thématiques ont été au cœur du débat public et médiatique lors du quinquennat 2017-2022. On constate néanmoins que même si les candidates et candidats s’emparent de ces sujets, le degré d’ambition des propositions formulées varient nettement d’un programme à l’autre.

Est-ce que cela répond aux attentes des organisations féministes ?

Louise Besnard : De manière générale, les propositions des candidates et des candidats ne répondent pas réellement aux attentes des organisations féministes. Certains sujets sont même complètement absents des programmes. C’est le cas de la lutte contre le sexisme dans les médias. Il existe cependant des thématiques sur lesquelles les candidates et candidats se rapprochent de ces demandes. Il s’agit principalement des enjeux économiques d’égalité comme l’égalité salariale, la revalorisation des branches professionnelles majoritaires féminisées ou les retraites. L’articulation entre la vie professionnelle et la vie familiale est également un sujet très abordé et dont les propositions sont chiffrables (pour le nombre de places en crèche notamment). Cela permet de voir à quel point l’envergure des propositions des candidates et candidats peut varier.

Est-ce qu’il y a encore une division gauche-droite sur les sujets d’égalité femmes-hommes ?

Coline Baralon : Certaines thématiques ne parviennent pas encore à transcender le clivage gauche-droite. Nous avons constaté d’une part, que la gauche et l’extrême-gauche portent ensemble les mesures les plus ambitieuses liées aux droits reproductifs et sexuels et à l’émancipation des minorités. La droite quant à elle s’empare davantage des sujets traditionnels et formule des propositions dans une approche familialiste de l’égalité femmes-hommes. Enfin, l’extrême-droite tente de s’aligner tout en mettant les droits des femmes au service d’un agenda nationaliste.

Réjane Sénac, en quoi les résultats de cette analyse font-ils écho à vos recherches ?

Réjane Sénac : Du droit à la contraception en 1965 à la parité en 1995 en passant par l’avortement en 1974, l’élection présidentielle au suffrage universel direct fut le théâtre de débats sur les déclinaisons politiques du principe, constitutionnel depuis 1946, d’égalité de droits entre les sexes. L’analyse des enjeux soulevés par l’élection présidentielle de 2012 montre que cette élection se caractérise à la fois par l’intensité de la médiatisation sur ce sujet et par la transversalité des thèmes abordés (égalité salariale, lutte contre les violences, parité…).
Dix ans après, l’analyse des enjeux discutés dans le cadre de la campagne présidentielle de 2022 souligne que la lutte contre les violences et les inégalités professionnelles demeurent des sujets consensuels. La question de l’articulation/imbrication des inégalités au coeur des mobilisations féministes contemporaines, notamment dans le cadre de débats sur l’intersectionnalité, l’écoféminisme ou le port du voile, n’est elle pas ou peu abordée lors de cette campagne.

Comme lors des élections présidentielles précédentes, au-delà d’une proclamation apparemment consensuelle, le positionnement par rapport au sens de l’égalité femmes-hommes et aux moyens pour y parvenir participe de divergences politiques. Les programmes des partis politiques de gauche, en particulier ceux d’EELV, de la LFI, du PCF ou du NPA, revendiquent un modèle de transformation par une démarche transversale aux secteurs de politique publique reposant sur  l’identification des systèmes et des structures à l’origine des inégalités. De manière symétrique, les programmes des partis de droite ont pour point commun de se concentrer sur certains enjeux, prioritairement la lutte contre les violences, les inégalités professionnelles et l’accompagnement/valorisation de la famille. L’extrême droite continue, elle, de se caractériser par une instrumentalisation de l’égalité femmes-hommes à des fins nationalistes et racistes en la présentant comme une valeur française à défendre face à des groupes, en l'occurrence prioritairement les musulmans, jugés incompatibles avec son application.
Ce rapport précis est très utile et éclairant pour comprendre la complexité du rapport à l’égalité femmes-hommes dans cette campagne. Il fait plus largement écho à mes recherches en soulignant la nécessité de l’aborder en lien avec le rapport aux principes de liberté et de fraternité.

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Présidentielle 2022 : les programmes politiques au prisme de l’égalité femmes-hommes

  • Drapeau français à Lyon, 2012 © Paige Shoemaker / Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)Drapeau français à Lyon, 2012 © Paige Shoemaker / Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

Dans le cadre du Certificat égalité femmes-hommes et politiques publiques piloté par l'École d’affaires publiques et le Programme de recherche et d’enseignement des savoirs sur le genre (PRESAGE) de Sciences Po, trois élèves de Master ont analysé les programmes des 12 personnes candidates à l’élection présidentielle de 2022.

La persistance d’un clivage gauche-droite

Quelle est la place des questions d’égalité entre les femmes et les hommes dans l’élection présidentielle de 2022 au regard des programmes des candidates et candidats ? C’est sur cette question que se sont penchés Coline Baralon, Louise Besnard et Mickael Raggi, étudiantes et étudiants en Master à Sciences Po. Au travers d’une analyse exhaustive des programmes officiels des 12 candidates et des candidats à la Présidence de la République française, ils montrent notamment qu’un clivage gauche-droite persiste en matière d’égalité femmes-hommes. Alors que les candidates et candidats de gauche cadrent leurs propositions sur l’égalité femmes-hommes dans une perspective émancipatrice, les candidates et candidats de droite s'inscrivent plutôt dans une approche traditionnelle et familialiste des enjeux d’égalité. Les programmes d’extrême droite quant-à eux relèvent du fémonationalisme.

Un engagement en demi-teinte

Les projets politiques des candidates et des candidats répondent-ils aux attentes des organisations féministes ? En s’appuyant sur des listes de propositions publiées par 10 organisations féministes, les élèves ont mis en lumière les enjeux sur lesquels les partis s’engagent … ou restent silencieux.
Les propositions des féministes en lien avec l’égalité professionnelle, la protection des droits reproductifs et sexuels et la parentalité trouvent écho dans les programmes politiques. Cependant, de nombreux enjeux restent absents de cette campagne 2022 comme la lutte contre les stéréotypes sexistes dans l’orientation professionnelle, la lutte contre le sexisme dans les médias, le développement d’une diplomatie féministe, et les problématiques d’égalité dans le milieu sportif.

Consulter le rapport “Présidentielle 2022 : les programmes politiques au prisme de l’égalité des femmes et des hommes” (PDF, 900Ko)

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Certification avancée en études de genre : les candidatures 2021-22 sont ouvertes !

  • ©Shutterstock Mascha Tace (1409900939) & KeanuReeves (1479356258)©Shutterstock Mascha Tace (1409900939) & KeanuReeves (1479356258)

Délivrée par le Programme de recherche et d’enseignement des savoirs sur le genre de Sciences Po, la Certification avancée en études de genre permet aux diplômées et diplômés de Sciences Po attestant de solides connaissances en études de genre de les valoriser dans le monde professionnel.

Les étudiantes et étudiants en deuxième année de Master souhaitant candidater à la Certification avancée en études de genre doivent remplir le dossier de candidature en ligne avant le 13 mai 2022.

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La Certification avancée en études de genre

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Care(s) matérialiste(s)

Programme du Colloque Junior interdisciplinaire des 30 juin et 1 juillet 2022
  • Élèves dans la bibliothèque de Sciences Po © Caroline Maufroid / Science PoÉlèves dans la bibliothèque de Sciences Po © Caroline Maufroid / Science Po

Jeudi 30 juin et vendredi 1er juillet 2022, un groupe de doctorantes de l'École de la recherche de Sciences Po et du Laboratoire de Changement Social et Politique de l'Université de Paris organiseront un colloque interdisciplinaire et intergénérationnel sur les perspectives et les possibilités d’une mise en dialogue entre d’un côté, les différents théorisations féministes du care, et de l’autre, les féminismes matérialistes ainsi que les théorisations féministes marxistes de la reproduction sociale.

Consulter le programme du Colloque (PDF, 106 Ko).

Féminismes, égalité et convergence des luttes

S'inscrire à la conférence du 15 mars 2022
avec Réjane Sénac (CEVIPOF)
  • Silhouettes de militantes © Sangiao Photography / ShutterstockSilhouettes de militantes © Sangiao Photography / Shutterstock

Quel rapport les militantes féministes entretiennent-elles avec le principe d’égalité ? Autour de quels enjeux se mobilisent-elles en 2022 ? Comment conçoivent-elles leur rôle au sein des mobilisations contemporaines contre les injustices ?

Mardi 15 mars 2022 entre 19h15 et 21h15, Réjane Sénac, directrice de recherche CNRS au Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF), abordera les résultats de sa recherche sur le "commun" des mobilisations contemporaines contre les injustices à partir d’une enquête menée auprès de 130 responsables d’associations et d’activistes, publiés dans Radicales et fluides. Les mobilisations contemporaines (Presses de Sciences Po, 2021).

Elle discutera de son analyse avec quatre responsables associatives, activistes féministes ayant participé à son enquête :

  • Jocelyne Adriant-Mebtoul, présidente de la Coordination française pour le Lobby européen des Femmes
  • Nadia Chaabane, membre du Collectif national pour les droits des femmes
  • Typhaine D., comédienne, autrice, militante féministe antispéciste
  • Kiyémis, blogueuse, autrice, poétesse et militante afroféministe, animatrice du podcast « Quoi de meuf »

Introduction par Hélène Périvier, directrice du Programme de recherche et d’enseignement des savoirs sur le genre (PRESAGE) de Sciences Po

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À la recherche du matrimoine

Justine et Carlotta, étudiantes au Collège universitaire, racontent leur enquête sur le matrimoine
  • Sculpture de Simone Boisecq au 13 rue de l'Université © Adagp, Paris, 1986Sculpture de Simone Boisecq au 13 rue de l'Université © Adagp, Paris, 1986

Au semestre d’automne 2021-2022, Justine Delamarre et Carlotta Poirier, étudiantes au Collège universitaire de Sciences Po sur le campus de Paris, ont réalisé une enquête sur la notion de matrimoine et la reconnaissance des femmes artistes. Elles nous racontent comment ce travail a vu le jour dans le cadre de leur cours sur les récits, usages et représentations du passé.

Pourriez-vous nous expliquer ce qu’est le matrimoine ?

Le matrimoine est un terme ancien qui a été redéfini lors de sa réapparition au XXIème siècle. Au Moyen Âge, ce terme désignait les biens hérités de la mère – au même titre que le patrimoine constituait l'héritage venant du père. Ce terme est tombé en désuétude avant d'être évincé de la langue française. Son radical s’est alors retrouvé cantonné à la sphère privée – avec l'adjectif “matrimonial” – foyer vers lequel les femmes ont été renvoyées. Seul le mot patrimoine a subsisté, prenant des lettres de noblesse et s’imposant peu à peu comme l'héritage culturel commun à toute une société.

À partir des années 2000, la notion réapparaît dans un sens nouveau sous la plume d’autrices et d’auteurs souhaitant insister sur le rôle des femmes dans le développement culturel. Le matrimoine, ou matrimoine culturel, décrit désormais l’héritage culturel légué par les générations de femmes précédentes. Ce terme a été réhabilité sous cette définition en raison des inégalités de genre qui subsistent dans la sphère culturelle. Ses défenseuses et défenseurs considèrent qu’il faut valoriser ce matrimoine afin de créer un avenir et un devenir pour les artistes femmes d’aujourd’hui et de demain, à travers de nouveaux modèles d’identification.

Pourquoi vous êtes-vous intéressées à ce sujet ?

À l’occasion des Journées européennes du patrimoine 2021, nous avons découvert des prospectus distribués par l’association HF Île-de-France promouvant les Journées du Matrimoine. Nous n’avions jamais entendu parler de cet évènement et le terme de matrimoine nous était complètement étranger. Déjà sensibles aux questions de représentations des femmes, et féministes convaincues, nous étions surprises de ne connaître aucun nom parmi les artistes mises en avant dans leur programmation. Nous avons cherché à comprendre pourquoi : ce fut le point de départ de notre enquête.

Comment avez-vous procédé ?

Dans le cadre de notre cours Récits, Représentations et Usages du Passé dispensé par Emmanuelle Loyer, nous devions réaliser une enquête collective à rendre à la fin du semestre. L’objectif de ce travail, croisant historiographie et enjeux mémoriels, était de mieux saisir les usages du passé. En 2006, le rapport Reine Prat a posé des premiers chiffres sur le sentiment d’illégitimité que connaissent de nombreuses femmes dans le monde de l’art. Nous nous sommes donc posé la question suivante : dans quelle mesure la réhabilitation du matrimoine culturel – à travers la redécouverte de femmes artistes effacées de l’Histoire – permet-elle d'élaborer une mémoire féminine collective et de légitimer la place des femmes dans la sphère artistique ? Le site internet matrimoine.fr créé par l’association HF Île-de-France a constitué le point de départ de nos recherches. Nous avons constitué une bibliographie avec des ressources à la croisée de chemins entre histoire des femmes et histoire de l’art. Mais ce sont principalement les entretiens que nous avons eu la chance de conduire qui ont constitué le coeur de notre travail.

Marie Guérini, la coordinatrice générale des Journées du Matrimoine, nous a détaillé l’action de l’association HF Île-de-France – qui organise cet évènement – et nous a éclairées sur l’enjeu mémoriel que représente ce sujet. Nous avons ensuite rencontré Aurore Evain, metteuse en scène, comédienne, autrice et historienne du théâtre ayant réalisé des travaux déterminants sur le matrimoine. Elle nous a parlé de la difficulté d’être une artiste femme dans une sphère dominée par les hommes. Elle nous a également partagé son expérience de chercheuse, expliquant l’invisibilisation des femmes de la sphère artistique et le travestissement de l’Histoire qui en découle. Afin de mieux comprendre l’invisibilisation des femmes de l’Histoire, nous nous sommes aussi entretenues avec Titiou Lecoq, autrice de l’ouvrage Les grandes oubliées, Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes, préfacé par Michelle Perrot. Et enfin, nous avons mené notre dernier entretien avec Geneviève Fraisse, philosophe de la pensée féministe. Elle nous a permis d’apporter une dimension philosophique à ce travail, en étudiant certains de ses concepts.

Je crois que lors de vos échanges avec Geneviève Fraisse vous avez abordé l’exemple de la muse. Pourriez-vous nous en dire plus ?

À l’origine, les muses – filles de Zeus et de Mnémosyne – sont des divinités qui apportent l’inspiration et l’imagination aux artistes. Durant l’ère judéo-chrétienne, le triomphe des monothéismes leur font perdre leur divinité. Les muses sont alors réduites à des objets de désir. Si leur condition leur confère du pouvoir par la convoitise et l’obsession qu’elles suscitent chez les artistes masculins, elle n’est pas conciliable avec un esprit créateur. Ainsi, dans la sphère artistique, les femmes ne peuvent qu’être objectifiées, qu’être source d’inspiration, et sont dépourvues de puissance créatrice propre. Comme nous l’a souligné Geneviève Fraisse : les créatrices souffrent de “l’injonction à ne pas quitter la place de muse au regard du génie masculin, partage imaginaire des rôles, quasi immuable”. Le slogan de l’association HF, “On n’est pas que des muses”, met en relief la nécessité de changer l’imaginaire collectif : les femmes ont une puissance créatrice propre et ne doivent pas être exclusivement reléguées au rôle d’inspiratrices.

La re-connaissance du matrimoine français a-t-elle progressé ces dernières années ? Où en sommes-nous ?

Lors de la première édition des Journées du Matrimoine en 2015, le concept ne faisait pas l’unanimité. Le matrimoine était communément admis dans le patrimoine comme héritage culturel commun. Mais sa visibilité s’est accrue au cours des dernières années. De plus en plus de lieux et de régions accueillent les Journées du Matrimoine, qui trouvent également une résonance européenne (notamment en Belgique, Italie, Espagne et au Royaume-Uni). Le public s’élargit, devient plus familial, et ne se cantonne plus exclusivement aux femmes conscientisées. Le matrimoine culturel connaît aussi une dynamique favorable dans les médias. En témoignent par exemple les prix reçus par le podcast Vénus s’épilait-elle la chatte ? au Paris Podcast Festival, qui déconstruit l’histoire de l’art.

Cependant, nous avons identifié une sphère essentielle où le matrimoine n’a encore qu’un très faible écho : l’école. Si toutes les femmes que nous avons interrogées s’accordent sur l’enjeu central des programmes scolaires, elles déplorent aussi la version de l’Histoire qu’ils véhiculent, dont les femmes sont bien trop absentes. Il est essentiel de rester vigilantes et vigilants quant à l’invisibilisation des femmes de l’Histoire et notamment de la sphère artistique ; si l'oeuvre de Titiou Lecoq Les Grandes Oubliées, Pourquoi l’Histoire a effacé les femmes semble novatrice, il n’en demeure pas moins que des écrits similaires ont déjà vu le jour mais ont eux-mêmes été invisibilisés.

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Image d'illustration : Sculpture "Stèle sans âge III" réalisée par la sculptrice Simone Boisecq en 1986 (© Adagp, Paris, 1986) installée dans le jardin du 13, rue de l'Université à Paris.

© photo : Sylvaine Detchemendy / Sciences Po

Économie politique du genre ou économie féministe ?

S'inscrire au Webinaire du mercredi 23 février 2022 à 17h
  • Deux personnages penchés sur des pièces de monnaie © Hyejin Kang / ShutterstockDeux personnages penchés sur des pièces de monnaie © Hyejin Kang / Shutterstock

Comment les sciences économiques intègrent les problématiques de genre et des inégalités sexuées ? Aujourd'hui, le genre est une perspective majeure des recherches en sciences sociales, mais les économistes abordent leur discipline et s’approprient ces questions de diverses façons. Quelle différence, dès lors, entre économie féministe et économie du genre ?

Un dialogue entre :

  • Hélène Périvier, autrice de L'économie féministe (Presses de Sciences Po, 2020), économiste à l'OFCE-Sciences Po, directrice du Programme PRESAGE
  • Guillaume Vallet, auteur de Économie politique du genre (De Boeck, 2020), maître de conférences en Sciences économiques à l'Université Grenoble Alpes

Animation : Lamia Mounavaraly, étudiante à l’École d'affaires publiques de Sciences Po

S'inscrire au webinaire du mercredi 23 février 2022, 17h-19h organisé par l’École d'affaires publiques et le Programme de recherche et d'enseignement des savoirs sur le genre (PRESAGE) de Sciences Po.

Le rapport d'activité 2021 est en ligne

  • Boite range-documents © Anete Lusina / PexelsBoite range-documents © Anete Lusina / Pexels

Chaque année, le Programme de recherche et d'enseignement des savoirs sur le genre (PRESAGE) de Sciences Po publie un rapport sur ses activités.

Lire le rapport 2021 (PDF, 500 Ko).

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Études sur le genre : le catalogue des cours du semestre de printemps 2022 est en ligne !

  • Des élèves masqués dans une salle de cours © Caroline Maufroid / Sciences PoDes élèves masqués dans une salle de cours © Caroline Maufroid / Sciences Po

Les études sur le genre désignent un champ de recherche et d’études pluridisciplinaires et internationales qui analysent les rapports de pouvoir, les inégalités et les discriminations fondées sur le sexe, le genre (y compris l'identité ou l'expression de genre), l'orientation sexuelle, et fréquemment à l'intersection avec d'autres catégories, telles que la classe sociale, l’origine ethno-raciale réelle ou supposée, la religion, l’âge, le handicap.

À Sciences Po, les études sur le genre sont principalement enseignées par le biais des sciences humaines et sociales (droit, économie, histoire, humanités, science politique, sociologie). L’offre pédagogique se compose d'approches théoriques, empiriques et appliquées. À l'issue de leur parcours, les étudiantes et étudiants du Collège universitaire attestant de solides connaissances en études de genre peuvent obtenir la Certification "Genre et égalité", les élèves du Master peuvent obtenir la Certification avancée en études de genre.

>> Consulter le catalogue des cours du semestre de printemps 2021-2022 <<

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Femmes et frontières en Méditerranée

Écouter le podcast avec Camille Schmoll
  • Une femme migrante sort d'un navire à Salerne © Pasquale Senatore/ShutterstockUne femme migrante sort d'un navire à Salerne © Pasquale Senatore/Shutterstock

Toutes les deux semaines, le podcast Genre, etc. rencontre une chercheuse ou un chercheur en sciences humaines sociales spécialiste des questions de genre, d’inégalités, et de discriminations.

Dans ce nouvel épisode, Camille Schmoll, directrice d’études à l'École des hautes études en sciences sociales, revient - au prisme de la géographie féministe - sur les parcours migratoires des femmes ayant traversée la mer Méditerranée pour rejoindre le continent européen.

Écouter le podcast.

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Session de formation pour la faculté permanente de Sciences Po

"Intégrer les dimensions du sexe et du genre dans les projets de recherche collaboratifs"
Jeudi 27 janvier 2022
  • Ordinateur portable et support de travail, 2021 © Caroline Maufroid /Sciences PoOrdinateur portable et support de travail, 2021 © Caroline Maufroid /Sciences Po

Horizon Europe, le nouveau programme cadre de recherche de l'UE entré en vigueur début 2021, se différentie notamment du précédent par l'accent mis sur l'intégration des dimensions du sexe et du genre dans la conception et la conduite des projets de recherche. Outre que les organismes de recherche candidats doivent, à compter de 2022, être dotés de plans d'égalité ambitieux répondant à certains critères pour être éligibles aux financements UE, appréhender les dimensions du sexe et/ou du genre dans le design même des projets devient le "réglage par défaut" attendu des projets soumis ainsi qu'un critère d'attribution des financements, a fortiori dans les domaines de recherche représentés à Sciences Po. De la même manière, l'équilibre femmes-hommes au sein des équipes constituées, y compris en termes d'accès aux responsabilités et de conciliation des temps de vie, devient un critère de classement permettant de départager des projets ayant par ailleurs obtenu des évaluations comparables. Ces développements ne se limitent pas aux projets UE, puisque l'ANR développe actuellement des critères similaires.
En d'autres termes, les règles du jeu ont changé, et requièrent de la part des porteurs et porteuses de projets, ainsi que de l'ensemble des personnes associées à la conception, au management et à la valorisation de la recherche à Sciences Po, de développer une attention systématique pour ces dimensions, au besoin par l'acquisition de nouvelles compétences ou la mobilisations des savoirs sur le genre disponibles en interne ou auprès des partenaires impliqués. Sciences Po, à travers le programme PRESAGE, dispose d'une expertise propre en ce domaine, développée à travers la coordination du projet EGERA (7ePCRD, 2014-2017) et l'évaluation des projets H2020 SUPERA (2018-2022) et RESET (2021-2024), dédiés à la mise en place de plans d'égalité et à l'intégration du genre dans la recherche. Associé.e.s à la définition des nouveaux critères en vigueur, des chercheur.e.s de PRESAGE sont en mesure d'accompagner leur appropriation par les équipes mobilisées dans le cadre d'appel à projets nationaux et européens.

Objectifs de la session :

  • Livrer un aperçu général des inégalités de genre dans la recherche
  • Sensibiliser à la question des biais inconscients et à leur impact sur la qualité des recherches menées
  • Appuyer la prise en compte des nouveaux critères d'évaluation dans le cadre d’Horizon Europe

Lire la présentation détaillée de la formation du 27 janvier délivrée par Maxime Forest (PDF, 179 Ko)

Inscription obligatoire auprès de Marinela Popa-Babay.

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Mesurer les violences sexistes et sexuelles dans l’enseignement supérieur et la recherche

Conférence le 16 décembre 2021 à 17h
  • Un abaque (outil servant à calculer) en bois ©FabrikaSimf / ShutterstockUn abaque (outil servant à calculer) en bois ©FabrikaSimf / Shutterstock

L’année 2021 a été marquée par la mise en lumière, notamment via les réseaux sociaux, de violences sexistes et sexuelles subies, surtout par des femmes, durant leur cursus d’études supérieures. L’existence de ces violences est largement documentée mais les connaissances restent parcellaires, notamment s’agissant de la quantification de ces violences dans leur diversité.

Jeudi 16 décembre 2021 à 17h, le Programme de recherche et d'enseignement des savoirs sur le genre de Sciences Po ouvrira une discussion sur les outils nécessaires pour mesurer l’ampleur des violences sexistes et sexuelles et évaluer les dispositifs de lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans l’enseignement supérieur et la recherche. Il s’agira d’échanger sur les protocoles d’évaluation et sur les méthodes de collecte de données transversales permettant de mieux comprendre les ressorts des violences sexistes et sexuelles et leurs spécificités selon les contextes dans lesquels elles émergent.

En présence de :

  • Mathieu Arbogast, chargé de projet à la Mission pour la Place Des Femmes du CNRS
  • Anne-Laure Humbert, directrice du Centre for Diversity Policy Research and Practice d’Oxford Brookes University, membre du projet européen UniSAFE
  • Myriam Kaddouri Espinasse, vice-présidente de l’Observatoire étudiant des violences sexuelles et sexistes dans l’enseignement supérieur (OBVSS)
  • Amandine Lebugle, chercheuse ayant participé au volet “Universités” de l’enquête Virage de l’Ined
  • Hélène Périvier, économiste à l’OFCE, directrice du Programme de recherche et d’enseignement des savoirs sur le genre (PRESAGE) de Sciences Po, membre du Conseil de direction de la Cité du genre

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L’avortement par télémédecine en France

Écouter le podcast avec Hazal Atay
  • Une pharmacienne délivre un médicament à une patiente © PH888 / ShutterstockUne pharmacienne délivre un médicament à une patiente © PH888 / Shutterstock

Toutes les deux semaines, le podcast Genre, etc. rencontre une chercheuse ou un chercheur en sciences humaines sociales spécialiste des questions de genre, d’inégalités, et de discriminations.

Dans cet épisode, Hazal Atay, doctorante au Centre de recherche politiques (CEVIPOF) de Sciences Po, revient sur l’étude interdisciplinaire qu’elle a coordonnée sur l’avortement médicamenteux par téléconsultation qui a été autorisé en France pendant la crise sanitaire du Coronavirus.

Écouter le podcast

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