Dispan de Floran, Thérèse, Louis et Henry

Thérèse Dispan de Floran, Tous droits réservés.
Thérèse Dispan de Floran, Tous droits réservés.

Fonds papier coté DF

Né en 1869, issu d'une vieille famille de noblesse de robe de Haute-Garonne, Louis Dispan de Floran fait ses études dans un collège tenu par les Dominicains, puis au lycée de Toulouse et enfin au lycée Louis-Le-Grand à Paris. Professeur agrégé d'anglais, il enseigne d'abord à Mostaganem (Algérie), puis à Pontivy (Morbihan), Cherbourg (Manche), Amiens (Somme) et enfin au lycée Lakanal de Sceaux. Par ailleurs, Louis Dispan de Floran donne de nombreuses conférences dans le cadre des Universités populaires qu'il contribue à développer. Ardent dreyfusard et militant du Parti socialiste de Jaurès de 1901 à 1905, puis de la SFIO à partir de l'unité de 1905, il le demeure après la scission du congrès de Tours en 1920 alors que son épouse opte pour le Parti communiste. Il est l'auteur d'une brochure Pour devenir socialiste, publiée de manière posthume en 1923 (Librairie populaire, 1926 (14 octobre 1929), 24 p.). Anticlérical, Louis Dispan de Floran mène en 1906 une campagne virulente contre Marc Sangnier, dirigeant du Sillon et candidat aux élections législatives pour la circonscription de Sceaux. Proche de Charles Andler, il s'engagea avec lui dans le projet de création d'une revue politique et intellectuelle, Les Semailles, en 1909. En 1922, il décède brusquement à l'âge de 58 ans.

Son épouse, Thérèse, de six ans son aînée, est, elle aussi, une militante fervente. Elle mène très tôt une action pacifiste en participant, au coeur même des années de guerre, à un groupe d'étude dirigé par Jean Longuet, sur la responsabilité des événements de 1914-1918. Son militantisme se trouve encore accru par la disparition de son fils, Henry, mort au front en 1918. Elle préside la section locale de la Ligue des droits de l'homme où elle s'occupe notamment des soins et des secours aux mères travailleuses. À la mort de son mari, elle prend la direction des Petits Bonshommes, journal pour enfants d'inspiration socialiste, dans lequel elle tente de favoriser la réconciliation entre les peuples en développant une correspondance internationale entre enfants.

Né en 1885 en Algérie, leur fils, Henry Dispan de Floran, est docteur en droit. À une carrière juridique, il préfère le journalisme. Collaborateur de La Vie au grand air, grand hebdomadaire sportif illustré, il entre ensuite à L'Humanité (1913-1914) où il est chargé de la chronique des sports. Membre du Parti communiste, pacifiste, il est mobilisé en août 1914. Infirmier, il passe en conseil de guerre pour permission illégale en décembre 1914 et est condamné avec sursis. Il rédige alors un carnet de guerre, dont des extraits sont publiés dans Clarté en 1924 avec une préface d'Henri Barbusse (n°63, 20 juillet 1924). Le 31 mai 1918, à Audignicourt (Aisne), il meurt au front, à l'âge de 33 ans.

Notice rédigée d'après la notice biographique du Dictionnaire Maitron, coupures de presse (in DF 8 dossier 1) et Erwan Terrien, Édition critique des Écrits de guerre d'Henry Dispan de Floran (1914-1916), mémoire de 3e année, histoire, dir. Olivier Dard, IEP de Paris, 2000, deux tomes.

Dates extrêmes

1886-1933

CONDITIONS D'ACCÈS

Fonds ouvert, consultable en salle de lecture des Archives d’histoire contemporaine du Centre d'histoire de Sciences Po.

Instruments de recherche

Inventaire réalisé par Dominique Le Roux, novembre 1985, 43 pages : consulter l'inventaire (PDF, 697.8 Ko).

Contenu du fonds

Ce fonds présente à la fois des archives de Louis et Thérèse Dispan de Floran, fervents militants, ainsi que les carnets de guerre tenus par leur fils, Henry, mort au front au cours de la Première Guerre mondiale.

IMPORTANCE MATÉRIELLE

9 cartons = 0,9 mètre linéaire

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