Coubertin (famille)

Pierre de Coubertin, Tous droits réservés.

Fonds papier coté COU et fonds photographique coté 10 COU

Unique héritier de la dynastie Coubertin, Charles-Louis de Frédy de Coubertin (1822-1908), deuxième baron de Coubertin, est artiste peintre sous le Second Empire. Son mariage avec Marie-Marcelle Gigault de Crisenoy, issue de la noblesse d’épée, renforce le sang aristocratique de la dynastie, et la nouvelle Madame de Coubertin apporte en héritage le château de Mirville (Seine-Maritime). Ils ont quatre enfants : Paul, Albert, Marie et Pierre.

Dernier enfant du deuxième baron de Coubertin et de son épouse, Pierre de Coubertin est né à Paris le 1er janvier 1863. Après avoir réussi le concours d’entrée à Saint-Cyr, il se tourne finalement vers des études de droit qu’il complète par un auditorat libre à l’École libre des sciences politiques (ELSP). Pierre de Coubertin est profondément marqué par ses premiers voyages en Angleterre, entre 1883 et 1888, au cours desquels il découvre la pédagogie et l’éducation anglo-saxonne, ainsi que la place accordée au sport. Dans le cadre du renouvellement de la France, que souhaitent les élites après le désastre de 1870, Pierre de Coubertin développe une campagne pédagogique en faveur du sport. Les Jeux Olympiques participent à cet ambitieux projet : il estime en effet que, pour imposer le sport comme moyen d’éducation, il faut l’internationaliser. Il est de plus convaincu que le sport peut être un moyen d’amener une paix entre les nations. 

Le 12 mars 1895, Pierre de Coubertin épouse Marie Rothan. Cette dernière est la fille de Marie Caroline Braun et Gustave Rothan, diplomate en Allemagne sous le Second Empire et historien. Elle est née le 21 décembre 1861 à Francfort-sur-le-Main, alors ville libre au sein de la Confédération germanique. La défaite de la France et l'annexion de l'Alsace par le nouvel Empire allemand entraînent son départ à Paris. Elle y rencontre, en 1892, Pierre de Coubertin. Le couple a deux enfants : Jacques, né le 15 janvier 1896, et Renée, née le 22 mai 1902. Leur fils, gravement handicapé, meurt dans une clinique suisse, en 1952. Renée manifeste durant toute son existence le même goût que son père pour l’écriture et un intérêt particulier pour la philosophie ainsi que le sport. Elle développe cependant des troubles psychologiques semblables à la schizophrénie, nécessitant des séjours prolongés en clinique. À la mort de la baronne de Coubertin, le procureur général de Vaux, Pierre Chavan devint le tuteur de Renée. Elle décède le 19 février 1968, à Lausanne. 

Pour appuyer ses convictions, Pierre de Coubertin crée tout d’abord un Comité pour la propagation des exercices physiques dans l’éducation en 1888. Puis, à l’issue du congrès de la Sorbonne le 23 juin 1894, il propose de rétablir les Jeux Olympiques « sous une forme moderne ». Un Comité international olympique (CIO) est institué pour diffuser ce qu’il nomme en 1910 « olympisme ». Pierre de Coubertin en devient le président de 1896 à 1925. La tenue de congrès et de sessions annuels permet d’enrichir les travaux olympiques du CIO et de Pierre de Coubertin. En 1915, durant la Première Guerre mondiale, Pierre de Coubertin décide de transférer le siège du CIO en territoire neutre : la ville de Lausanne, en Suisse, est retenue. Après les Jeux de Paris en 1924, Pierre de Coubertin est poussé à la démission de la présidence du Comité. Ce retrait devient effectif lors du congrès de Prague en 1925. Le couple s’installe avec ses enfants à Lausanne puis à Genève. 

Au début des années 1930, la famille de Coubertin se trouve dans une situation précaire, à tel point que la Tchécoslovaquie décide de leur apporter une aide financière. Par ailleurs, ses initiatives coûteuses pour poursuivre son œuvre pédagogique - l’Union pédagogique universelle et le Bureau international de pédagogie sportive - ne lui permettent pas de recouvrer l’influence acquise auparavant par le rétablissement de l’olympisme.

Pierre de Coubertin décède le 2 septembre 1937 d’un arrêt cardiaque. Après le décès de son mari, la Baronne de Coubertin conserve des liens importants avec le monde olympique. Elle s'installe à partir de 1944 à Montreux, dans sa villa de Bel-Horizon. Marie de Coubertin décède le 6 mai 1963, à l’âge de 102 ans.

Pierre de Coubertin, son épouse et leurs enfants reposent au cimetière du Bois-de-Vaux à Lausanne, dans une concession funéraire à perpétuité offerte par la municipalité. Selon sa volonté, son cœur est prélevé sur sa dépouille pour être placé solennellement dans le monument commémorant le rétablissement des Jeux, à Olympie (Grèce), en mars 1938.

DATES EXTRÊMES

Fonds papier : 1827-2004

Fonds photographique : 1846-1984

ConditionS d'accès

Fonds ouvert, consultable en salle de lecture du Département archives de la Direction des Ressources et de l'information scientifique de Sciences Po.

Instruments de recherche

Répertoire numérique détaillé réalisé, en juin 2016, par Yann Gourtay, et révisé en 2020 par Émeline Grolleau, 30 pages : consulter l'inventaire (PDF, 443 Ko).

Instrument de recherche établi en 2016 par Yann Gourtay, stagiaire, sous la direction de Dominique Parcollet. Révisé en 2022 par Emma Gil, stagiaire, sous la direction d'Émeline Grolleau, archiviste du Département archives de la Direction des ressources et l'information scientifique (DRIS) de Sciences Po, 47 pages : consulter l'inventaire (PDF, 759 Ko).

Importance matérielle

15 cartons = 1,49 mètres linéaires

219 éléments iconographiques

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