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Ouvrages
Les chercheuses et chercheurs du Programme d'études sur le genre de Sciences Po publient des ouvrages en français sur les questions de genre. Retrouvez-les sur cette page.
Parents en quête de droits. Minorités de sexualité et de genre d'un continent à l'autre
Émilie Biland-Curinier, Presses de Sciences Po, 2026
Souvent marginalisées par leur famille d'origine, les personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et trans ont longtemps été exclues des manières légitimes de faire famille. Depuis la fin du XXe siècle, leur reconnaissance partielle et controversée transforme la matrice de la parenté, ce système de normes qui divise l'humanité en deux catégories – femmes et hommes – à partir des corps, désirs et relations familiales valorisés.
Fondé sur une enquête inédite en France, au Canada et au Chili, cet ouvrage examine comment parents, professionnel·les et militant·es s'adaptent à l’absence de droits, se mobilisent pour en obtenir et s’approprient les nouvelles règles. Il montre que les droits réduisent les expériences de l’injustice et sécurisent l’avenir des parents LGBT+, mais que cette ascension statutaire bénéficie surtout aux personnes bien accompagnées et bien dotées. La vie quotidienne de ces familles reste fragilisée par les attentes hétéronormées de leur entourage et des institutions, qui valorisent le couple et la maternité procréative. Enfin, leur reconnaissance est inégale d’un pays à l’autre : le droit français borne plus strictement les possibles familiaux que les droits québécois et chilien. D’autres voies restent ainsi à explorer pour que chacun·e y ait pleinement sa place.
Voir Parents en quête de droits sur le site des Presses de Sciences Po.
Droit de la non-discrimination : de l’égalité à l’inclusion
Marie Mercat-Bruns, Société Législation comparée, 2024
Sous l’impulsion du droit européen et de la promotion des droits fondamentaux, la construction de l’égalité des sexes a débouché sur un modèle révélateur de discriminations systémiques. Il en résulte un cadre opérationnel utile pour faire face aux différences de traitement fondées sur d’autres critères discriminatoires. Dans cette perspective, la présente étude aborde les formes de justice utiles à l’inclusion, notamment au travail. Elle propose des réflexions constructives pour lutter contre les obstacles à l’inclusion que suscitent plusieurs défis contemporains (conciliation entre vie professionnelle et vie privée, aménagement des postes de travail ou question de la culture d’entreprise), amplifiés par les évolutions numériques, sanitaires et écologiques.
Radicales et fluides
Réjane Sénac, Presses de Sciences Po, 2021
S'approprier l’espace public, y prendre la parole pour dénoncer les injustices vécues : tel est le principal modus operandi des mobilisations contemporaines, des mouvements d’occupation des places à #MeToo en passant par les Gilets jaunes. Réjane Sénac a interrogé 130 responsables d’association ou de collectif, entrepreneurs sociaux et activistes aux affiliations plurielles, afin de mieux comprendre leur rapport à l’émancipation, notamment la place qu’ils accordent au principe d’égalité. Deux traits communs émergent de cette enquête : les mobilisations – pour la justice sociale et écologique, contre le racisme, le sexisme et le spécisme – sont radicales par les remises en cause et les utopies qu’elles portent, et fluides par leur refus d’un cadre fixe et définitif. La transformation de la société passe par une diversité de tactiques et d’expérimentations. Plus de grand soir à l’horizon, mais des jardins partagés.
Voir Radicales et Fluides. Les mobilisations contemporaines sur le site des Presses de Sciences Po
Écouter le podcast Genre etc avec Réjane Sénac sur son ouvrage
Amour, mariage, sexualité. Une histoire intime du nazisme (1930-1950)
Elissa Mailänder, Seuil, 2021
Comment rendre compte de l’adhésion au nazisme des dizaines de millions de femmes et d’hommes "ordinaires", allemand·es et autrichien·nes, qui lui ont apporté leur soutien des années durant ? La quête d’épanouissement personnel encouragée par le régime, qu’il s’agisse d’aventures érotiques, des liens affectifs de l’entre-soi forgés dans les organisations nazies ou de la vie conjugale, a contribué à la cohésion interne de la société nazie. C’est l’une des hypothèses fortes de ce livre d’une grande originalité. Car la sexualité, l’intime et la politisation des désirs ont été au cœur de l’entreprise nazie. C’est ce que montre Elissa Mailänder, en s’appuyant notamment sur l’analyse d’une masse d’archives (dont certaines privées) relatives à la sexualité, aux amitiés, à la vie amoureuse et conjugale des individus de la société majoritaire nazie – « aryens » et hétérosexuels. Ainsi se dévoile au ras du sol, à l’échelle locale et privée, la construction d’une communauté raciste, hautement politisée, ségrégationniste et violente.
Écouter le podcast Genre etc avec Elissa Mailänder sur son ouvrage
L'économie féministe
Hélène Périvier, Presses de Sciences Po, 2020.
La science économique a été pensée par des hommes, pour être au service d'une société dirigée par des hommes. Elle est aussi la science sociale la moins féminisée : les femmes représentent à peine un quart des économistes.
"Je suis une économiste féministe", affirme Hélène Périvier. En levant le voile sur l’apparente neutralité des concepts et des analyses de cette discipline, elle met au jour les ressorts d’une organisation sociale issue du modèle patriarcal, centrée sur Monsieur Gagnepain, tandis que Madame Aufoyer est devenue Madame Gagnemiettes.
L’économie féministe, parce qu’elle renouvelle les thèmes et les approches de la discipline, déploie des savoirs et des outils pour atteindre l’égalité des sexes.
Voir L'Économie féministe sur le site des Presses de Sciences Po.
Gouverner la vie privée
Émilie Biland-Curinier, ENS Éditions, 2019
L'implication de l’État dans la vie privée pose problème : les individus ont davantage de droits que par le passé, mais certains de leurs comportements, jugés problématiques pour la collectivité, justifient un interventionnisme renouvelé, dans lequel acteurs privés et mécanismes de marché occupent une place croissante. En tension entre libéralisme et normalisation, cette action publique participe aux recompositions des rapports sociaux, entre les classes sociales, entre les genres, ainsi qu’entre la population majoritaire et les personnes racisées. Objet de vifs débats et de réformes récurrentes, la régulation par le droit des séparations conjugales est un observatoire précieux de ces recompositions, ici analysées à partir de trois enquêtes collectives, qualitatives et quantitatives, menées des deux côtés de l’Atlantique. En France comme au Québec, l’accès aux procédures, les interactions avec les professionel.les et l’encadrement des modes de vie sont les trois dimensions constitutives du gouvernement de la vie privée. Cependant, chacun des contextes n’articule pas de la même manière inégalités de classe et inégalités de genre. En scrutant la production institutionnelle des inégalités privées, cet ouvrage invite à imaginer des voies alternatives, dans la sphère privée comme dans la sphère publique, pour que la politique des droits tienne ses promesses émancipatrices.
Écouter le podcast Genre etc avec Émilie Biland-Curinier sur son ouvrage
L'égalité sans condition
Réjane Sénac, Éditions rue de l'Échiquier, 2019.
Comment comprendre la persistance des inégalités en France alors que l’égalité est proclamée centrale au pays des droits de l’H(h)omme ? C’est à cette question que Réjane Sénac répond dans cet essai dérangeant, bousculant et original. Elle remet en cause la conception française de l’égalité, comme un mythe à déconstruire pour tendre vers une égalité sans condition : en deçà du sexe, de l’origine sociale et ethno-raciale, de la religion et de l’orientation sexuelle. Autrement dit, nous ne serons égaux que si nous nous reconnaissons comme semblables et non comme complémentaires au regard d’identifications figées et figeantes. À travers une relecture critique de la devise républicaine, elle montre que l’égalité n’existera qu’en se libérant du récit de la performance de la mixité, incarné par des slogans tels que « la diversité, c’est bon pour le business » ou « la mixité est une valeur ajoutée », en particulier entre les femmes et les hommes. Si on ne veut pas vivre dans une société où même l’égalité devient une histoire de rentabilité et de success-story, il est urgent de se réveiller de ce « compte » de fée.
La vie sexuelle en France
Janine Mossuz-Lavau, Éditions de la Martinière, 2018. Puis Points Seuil, 2019.
Que se passe-t-il dans le lit des Français ? C’est pour coller au plus près de la réalité que la sociologue Janine Mossuz-Lavau a enquêté sur le terrain pendant un an. Au cours de longues heures d’entretien, elle a recueilli les témoignages de femmes et d’hommes, jeunes et moins jeunes, de tous les milieux et de toutes les orientations sexuelles. Enfance, première fois, sites de rencontres, sodomie, polygamie compensatoire : tous se sont racontés, confiés. Donnant ainsi à voir ce qu’habituellement on ne voit pas, rendant audibles les paroles murmurées sur l’oreiller (ou ailleurs). Les tabous ont disparu. Sauf un : ces couples qui ne font plus l’amour.
À travers ces expériences de vie, Janine Mossuz-Lavau démonte les idées reçues et nous livre une enquête inédite sur la sexualité et l’amour en France.
Voir La vie sexuelle en France sur le site de la Martinière
La Tyrannie du genre
Marie Duru-Bellat, Les Presses de Science Po, 2017.
Un déguisement de princesse et un aspirateur pour les filles, un château fort et une voiture radiocommandée pour les garçons… On pourrait penser qu'un choix de jouets aussi stéréotypé appartiendrait au passé. Il n'en est rien. Une sexualisation de plus en plus marquée s’observe dans l’éducation comme dans tous les domaines de la vie sociale.
Ces traitements différenciés ne sont pas systématiquement perçus comme des inégalités. Ils sont justifiés par des croyances en des distinctions essentielles, d’ordre « naturel », entre femmes et hommes. Un ensemble de discours psychologisants, de normes et de symboles en découle, qui a des conséquences multiformes sur les rôles assignés à chacun et chacune.
Alors que la notion de genre a été promue par les sociologues pour révéler les rapports de domination, l’invoquer à tout propos, qu’il s’agisse de féminiser la langue ou de prôner la parité, instille l’idée que femmes et hommes sont toujours, partout et avant tout, non des personnes uniques mais des prototypes de leur groupe de sexe.
Voir La Tyrannie du genre sur le site des Presses de Sciences Po
Le plafond de verre et l'état. La construction des inégalités de genre dans la fonction publique
Catherine Marry, Laure Bereni, Alban Jacquemart, Sophie Pochic, Anne Revillard. Individu et société; Armand Colin, 2017.
Dans le sillage des lois sur la parité des années 2000, la rareté des femmes aux sommets des organisations professionnelles est devenue un problème public, objet de lois et de dispositifs de plus en plus contraignants (quotas). Qu’en est-il dans la haute fonction publique ?
Ce livre, issu d’une enquête approfondie dans quatre directions ministérielles, offre des pistes d’interprétation originales. Au-delà des discours récurrents sur l’« autocensure » et les « choix » des femmes, les récits de vie des cadres supérieur.es et dirigeant.es dévoilent la fabrique quotidienne de l’avantage masculin au cœur même des organisations. Les horaires extensifs et rigides, la faible légitimité du droit au congé maternité, l’opacité des critères de promotion ou encore le sexisme de l’environnement professionnel, sont autant de sources d’inégalités.
Le plafond de verre n’est toutefois ni homogène, ni immuable. Les ministères et directions sont diversement féminisés et conciliants. Les destins professionnels des femmes et des hommes varient selon leurs titres scolaires, leur origine sociale, leur histoire conjugale et familiale. Les politiques d’égalité professionnelle ont des effets limités, mais sont aussi le support de la dénonciation des inégalités et de la valorisation de nouvelles identités dirigeantes, pour les femmes comme pour les hommes.
Voir Le Plafond de verre et l'État sur le site d'Armand Colin
Les non-frères au pays de l'égalité
Réjane Sénac, Les Presses de Science Po, 2017.
La France serait-elle plus fraternelle qu'égalitaire ?
La République a beau se proclamer une et indivisible, elle n'a cessé de classifier et de hiérarchiser les citoyen.ne.s depuis sa fondation. Qui reconnaît-elle comme frères et qui laisse-t-elle dans l'angle mort de l'égalité ? Pourquoi continue-t-elle à se définir à travers un mot, fraternité, qui charrie une conception excluante de la démocratie ?
Répondre à ces questions et lever le tabou sur le péché originel d’une République fraternelle est indispensable pour expliquer la persistance contemporaine des inégalités. Réjane Sénac analyse la façon dont la frontière entre frères et non-frères – femmes, non-binaires, non-blanc.he.s – se redessine au lieu de disparaître. Alors que l’application du principe d’égalité reste inconditionnelle pour les uns, elle est associée à l’accomplissement de performances économiques et sociales pour les autres.
Voir Les Non-Frères au pays de l'égalité sur le site des Presses de Sciences Po