Parole étudiante : Marie Jacqueau du Master finance et stratégie

Entrepreneuse et pâtissière

Marie Jacqueau est étudiante dans le Master finance et stratégie de l'École du management et de l'innovation.

Retrouvez son projet qu'elle réalise lors de son année de césure.

Le capitalisme responsable

Jeudi 4 mars - de 19h15 à 21h15
  • © Shutterstock© Shutterstock

Le capitalisme responsable n’est pas seulement l’accompagnement moral du capitalisme financier, mais la proposition d’un modèle à la hauteur des défis de notre temps. Il s’organise autour de trois points cardinaux :

  • Une nouvelle finalité : le capitalisme responsable pense l’entreprise à partir de sa fonction sociale et de la valeur qu’elle apporte à l’ensemble de ses parties prenantes (salariés, clients, communautés, actionnaires).
  • Le défi de combiner efficacité économique et durabilité, en répondant aux deux grands défis du réchauffement climatique et de la cohésion sociale.
  • L’alignement des intérêts de l’actionnaire avec la raison d’être de l’entreprise et l’utilisation systématique de critères ESG reflétant les valeurs européennes. Les institutions, mécanismes et instruments financiers sont la clé d’un tel projet. 

Dans le rapport "Le capitalisme responsable : une chance pour l'Europe" publié par le Comité Médicis et l’Institut Montaigne, Jean-Dominique Senard, président du Groupe Renault, vice-président de l’Institut Montaigne, et Yves Perrier, directeur général d’Amundi, président du comité Médicis, y appellent l’Europe à devenir le continent du capitalisme responsable. Celui-ci doit assurer la prospérité de notre continent et l’indépendance des nations et des entreprises européennes.

Ce rapport définit des priorités claires : libérer des financements de long terme pour les entreprises responsables, reprendre la main sur l’information comptable, financière et extra-financière, et créer un cadre juridique commun.

“La mondialisation ne va pas s’interrompre, mais elle devra être gouvernée de manière à ce que, grâce aux échanges qu’elle permet, l’indépendance et la cohésion des nations européennes soient assurées. Ce sera une des responsabilités des entreprises. La question du capitalisme responsable doit ainsi être au cœur d’une refondation de l’Union européenne. Le temps qui s’ouvre sera celui d’un New Deal entre chaque nation européenne et ses entreprises, avec, en son centre, l’idée de responsabilité.” expliquent les deux présidents du groupe de travail en charge de ce rapport, Jean-Dominique Senard, président du Groupe Renault, vice-président de l’Institut Montaigne et Yves Perrier, directeur général d’Amundi, président du comité Médicis. 

Introduction

 Natacha Valla, doyenne de l'École du management et de l'innovation

Intervenants

 Yves Perrier, directeur général d'Amundi, président du comité Médicis

 Jean Dominique Senard, président du Groupe Renault, vice-président de l'Institut Montaigne

Modératrice

Tshin-Ilya Chardaye, étudiante dans le Master International Management & Sustainability

Date de l'événement : 
Jeudi, 4 Mars, 2021 - 19:15 - 21:15
Lieu : 
Online

series of "Nocturnal" on thursdays: join us !

  • Actualité Sciences PoActualité Sciences Po

You are interested in receiving the newsletter on the events of the School of Management and Innovation and to attend all our masterclasses?

Our Thursday's events will be open to the entire Sciences Po community and to external participants who may be interested - students and lecturers from the School will of course be given priority

This series includes the events "#FutursPluriels" and "les rendez-vous de la création", as well as new events on other topics related to finance, economics, management, innovation, creativity, human resources and many other topics that are important to us.

PENCIL-IN

18 February 2021: Marketing et communication : moteurs d’un monde dépassé ou promoteurs d’une société plus soutenable et désirable ? – Kevin Mellet & Mathieu Jahnich

4 March 2021: Le Capitalisme Responsable – Jean Dominique Senard & Yves Perrier (FR)

18 March 2021: Can Finance Save the World ? – Bertrand Badré (EN)

And more...

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#FutursPluriels - “On a besoin de nouveaux récits…”

Jeudi 4 mars - de 19h15 à 21h15
  • ©Illustration Alexandra Assunçao©Illustration Alexandra Assunçao

« Nous avons besoin de nouveaux récits afin de rassembler les gens et rendre possible un monde soutenable alors que, comme le dit Greta Thunberg, “notre maison brûle”. » (Forum Économique Mondial)

« Le changement climatique est un échec de l’imagination. » (Naomi Klein)

« Nous rêvons nos textes comme des endroits où se rencontrer, où penser et commencer à désincarcérer le futur. » (collectif Zanzibar)

De toutes parts surgit le même appel : « Nous avons besoin de nouveaux récits ! » Pour rendre d’autres futurs imaginables, donc possibles ; pour imaginer des réponses aux impasses contemporaines ; pour inclure d’autres participant•es dans la production de futurs alternatifs ; pour retrouver du sens…

Mais encore ? Qu’attend-on de ces récits ? D’où doivent-ils provenir ? Qu’est-ce qui les rend féconds ou au contraire, aliénants ? Le récit est-il une alternative à l’action ?

Avec des écrivains et écrivaines de science-fiction, une chercheuse engagée, et les étudiant•es de Sciences Po, venez explorer et discuter le potentiel des récits alternatifs.

Intervenant.es

Alain Damasio, écrivain, auteur de Les furtifs (2019)

Catherine Dufour, écrivaine, autrice de L’arithmétique terrible de la misère (2020)

Laurence Monnoyer-Smith, chercheuse, directrice du développement durable du Centre national d’études spatiales

Audrey Pleynet, écrivaine, autrice d’un roman de S-F et de nombreuses nouvelles primées

Ketty Steward, écrivaine et présidente du réseau Université de la Pluralité, autrice de Deux saisons en enfer (2020)

... Et vous ! Venez avec les “nouveaux récits” qui vous inspirent !

Animation : 

Daniel Kaplan, Réseau Université de la Pluralité, enseignant du Master innovation &transformation numérique de l'École du management et de l'innovation


En complément de ce que les intervenants et intervenantes proposeront, nous souhaiterions vous demander de contribuer au contenu de la session en choisissant dans vos références personnelles un "récit" qui vous parle d'un futur désirable. Il peut s'agir d'un film, d'un extrait de roman, d'une BD, une image, bref ce qui vous parle à vous. Lors de la conférence, nous vous proposerons de partager cette référence dans un espace commun, donc si vous pouvez préparer un extrait, un lien ou une image à coller, c'est encore mieux.

 

Date de l'événement : 
Jeudi, 4 Mars, 2021 - 19:15 - 21:15
Lieu : 
Online

Nos étudiants sont véritablement mobilisés pour notre planète

Interview de Natacha Valla parue dans Challenges
  • Portrait Natacha Valla © ALAIN BUUPortrait Natacha Valla © ALAIN BUU

Entretien avec Natacha Valla, Doyenne de l'École du management et de l'innovation menée par Amandine Lepoutre

Paru dans Challenges, le 4 décembre 2020

L'École du management et de l'innovation (EMI) de Sciences Po a pour mission de "former les acteurs économiques de demain, capables par leur créativité et leur vision entrepreneuriale de transformer l’entreprise et de repenser son rôle dans la société". Que dire de la mobilisation de vos étudiants sur les sujets de de transition écologique et sociale?

L’École du management et de l’innovation de Sciences Po est jeune mais déjà solidement établie. Elle a été fondée sur une promesse, celle de mettre les questions de soutenabilité et de croissance inclusive en son cœur. Plus que jamais, ces promesses me sont chères car non seulement font-elles écho à des nécessités impérieuses, mais la soutenabilité et l'inclusion résument parfaitement la préoccupation passionnée de cette toute jeune population qui hier encore adolescente, arrivera dans une poignée d’années sur le marché du travail. Je crois pouvoir dire que nos 1.300 étudiants sont véritablement mobilisés pour protéger notre planète; ils cherchent à s’engager concrètement pour rendre le monde plus durable, à la fois écologiquement et socialement.

L'intégralité de l'échange est disponible sur le site de Challenges


 

OPEN INNOVATION: Reinventing the future

Watch the replay
  • Actualité Sciences PoActualité Sciences Po

The School of Management and Innovation is delighted to welcome LVMH for a conference on the very rich collaboration of the group with the most innovative start-up ecosystems.

Luxury has always been particularly successful at combining both heritage and craftsmanship with audacious innovation.This capacity is today more vital than ever before and the Covid crisis has accelerated the need for innovation.

Speakers

Laetitia Roche-Grenet, Open Innovation Director and Juliette Geffrault, Startups Programs Manager, will give an overview of how LVMH encourages innovation and works with start-ups.

Gonzague De Pirey, General Manager Germany, and Kareen Mallet, Founder of the start-up Replika Software, will also give us a concrete example of successful collaboration and innovation.

Moderation by Eva Bellinghausen

 

 

Date de l'événement : 
Jeudi, 11 Février, 2021 - 19:15 - 21:15
Lieu : 
Online

Marketing : moteur d’un monde dépassé ou promoteur d’une société plus soutenable et désirable ?

Jeudi 18 février - de 17h à 19h
  • © Shutterstock / Cienpies Design© Shutterstock / Cienpies Design

Changement climatique, surexploitation des ressources, accumulation de déchets, creusement des inégalités, épidémie d’obésité, construction de stéréotypes… Les activités marketing et communication sont souvent accusées d’être complices voire motrices d’un modèle de société dépassé et délétère.

Toutefois, de nombreux marketeurs et communicants s’engagent au quotidien, dans les entreprises et les organisations, pour inventer de nouveaux business models, pour mieux comprendre les attentes et les usages des consommateurs, pour concevoir de nouvelles offres et les rendre attractives, pour créer de la valeur partagée pour l’ensemble des parties prenantes, pour redonner du sens et du souffle à leur activité.

À travers de nombreux exemples, cette masterclass interactive permettra de comprendre comment la puissance des outils marketing et communication et la créativité des professionnels du domaine peuvent être mis au service d’un autre modèle de société, plus soutenable et plus désirable.

Intervenants

Présentation de Mathieu Jahnich, chercheur-consultant indépendant, intervenant en marketing et communication responsables auprès des étudiants des Masters marketing et société et communication, médias et industries créatives » de Sciences Po.

 

Introduction par Kevin Mellet, Responsable scientifique du Master « Marketing et société » au sein de l’École du Management et de l’Innovation de Sciences Po.


 

Modération par Eva Bellinghausen, Directrice de programme au sein l’École du management et de l’innovation de Sciences Po.

 

 

 


Date de l'événement : 
Jeudi, 18 Février, 2021 - 17:00 - 19:00
Lieu : 
Online

The Power of Creative Destruction

A debate with Philippe Aghion, Céline Antonin and the European Investment Bank
  • @Shutterstock@Shutterstock

Philippe Aghion and his coauthor Céline Antonin will deliver a cutting-edge analysis of what drives economic growth and a blueprint for prosperity under capitalism, based on their newly published book.

Their approach will then be put in perspective a presentation by the European Investment Bank on the new facts from their latest annual Survey on Investment in Europe, highlighting the weaknesses and strengths of European corporations.

You will have the opportunity to interact with all speakers and debate about the main factors underpinning growth, investment and innovation today and in the future.

This event has a special significance for the School on two counts. First, it inaugurates a new series of discussions taking place on Thursdays at 7.15 p.m. around our core values and distinctive features, namely innovation, creativity and sustainable growth. In this slot, all the students of the School are free from any other commitment, and we open it to the entire Sciences Po community. Second, it constitutes a prelude for the constitution of the core curriculum "Data and Digital", scientifically sponsored by Philippe, that we aim to put in place, if everything runs on course, at the start of the 2021 academic year.

Background on the book: The Power of Creative Destruction: Economic Upheaval and the Wealth of Nations

Crises seem to follow each other. Inequality is rising, growth is stagnant, the environment is suffering, and the COVID-19 pandemic has exposed every crack in the system. We hear more and more calls for radical change, even the overthrow of capitalism. But the answer to our problems is not revolution. The answer is to create a better capitalism by understanding and harnessing the power of creative destruction--innovation that disrupts, but that over the past two hundred years has also lifted societies to previously unimagined prosperity.

In their book, Philippe Aghion, Céline Antonin, and Simon Bunel draw on cutting-edge theory and evidence to examine today's most fundamental economic questions, including the roots of growth and inequality, competition and globalization, the determinants of health and happiness, technological revolutions, secular stagnation, middle-income traps, climate change, and how to recover from economic shocks. They show that we owe our modern standard of living to innovations enabled by free-market capitalism. But we also need state intervention with the appropriate checks and balances to simultaneously foster ongoing economic creativity, manage the social disruption that innovation leaves in its wake, and ensure that yesterday's superstar innovators don't pull the ladder up after them to thwart tomorrow's. A powerful and ambitious reappraisal of the foundations of economic success and a blueprint for change, The Power of Creative Destruction shows that a fair and prosperous future is ultimately ours to make.

Book already available in French – to be published in English in April 2021.

Background on the European Investment Bank 2020 Investment Survey

The pandemic is weighing on European businesses. Our latest EIB Investment Survey reveals that the impact of the coronavirus pandemic is being felt by firms across the European Union (EU) and has impact on their future investment plans. With investment collapsing, many firms – particularly the smaller – may fail to adapt to a new normal after COVID-19, becoming ever less competitive (“zombification”). Failing to invest, they will also be left exposed to the risks posed by the climate transition.

The EIB Survey Report and Results

Introduction

 Natacha Valla - Dean, Sciences Po School of Management and Innovation

Guest speakers

 Philippe Aghion - Professor, Collège de France, Chair of Innovation

 Céline Antonin - Lecturer, Sciences Po, Senior Economist, OFCE

Grégoire Chauvière Le Drian - Head of EIB Group Office in France, European Investment Bank

Christoph Weiss - Senior Economist, European Investment Bank

Moderation

 Hadj Khelil 

 

Pencil-in

Thursday evening events in Finance, Innovation and Growth – Spring 2021*

7:15pm - Live broadcast on YouTube (possibly also onsite at Sciences Po, circumstances allowing)

28 January 2021: The Power of Creative Destruction – Philippe Aghion, Céline Antonin & the EIB

4 March 2021: Le Capitalisme Responsable – Jean Dominique Senard & Yves Perrier

18 March 2021: Can Finance Save the World ? – Bertrand Badré

Contact: emi@sciencespo.fr

* : Programme subject to additions. The Thursday evening series also covers « Rendez-Vous de la Création » and « Futurs Pluriels ». This version: 4 January 2021.

 

Date de l'événement : 
Jeudi, 28 Janvier, 2021 - 19:15 - 21:15
Lieu : 
Online

Message de rentrée : lancement des « nocturnes » du jeudi

Par Natacha Valla, Doyenne
  • Studio © Ecole du management et de l'innovationStudio © Ecole du management et de l'innovation

Chères toutes, Chers tous,

Notre semestre 2020-2021 commence déjà et nous espérons que vous avez pu vous ressourcer pendant la pause de fin d’année.

Alors que nous sommes tous occupés à préparer le démarrage de premiers cours de l’année, je profite de ce moment pour vous annoncer le lancement d’une nouvelle série, à l’Ecole, de discussions et dialogues « nocturnes » qui auront lieu le jeudi à partir de 19h15.

Nous nous sommes organisés pour que toute la communauté étudiante de l’École soit libre de tout autre engagement ce soir-là, afin que vous puissiez tous, étudiants et enseignants, y assister. Cette série comprendra les rendez-vous que vous connaissez déjà, « #FutursPluriels » et « les rendez-vous de la création », ainsi que de nouveaux événements sur d’autres sujets liés à la finance, l’économie, le management, l’innovation, la créativité, les ressources humaines et bien d’autres thèmes qui nous sont chers. Les manifestations du jeudi seront ouvertes à l’ensemble de la communauté de Sciences Po et aux participants externes qui pourraient être intéressés - les étudiants et les chargés de cours de l’École bénéficiant bien sûr d’une priorité.

Pour notre session liminaire qui aura lieu le jeudi 28 janvier 2021 de 19h15 à 21h15, Philippe Aghion professeur au Collège de France, où il dirige la Chaire d’Innovation, parlera de l'Innovation et la destruction créatrice. Il sera rejoint par la Banque européenne d’investissement, qui parlera du financement de l’innovation verte. Innovation, création : ce thème liminaire est symbolique, non seulement parce que « l’innovation » est au cœur de la proposition de valeur de l’École, mais aussi parce que nous préparons une refonte des cours communs de l’École axés sur un programme pratique, holistique, multiforme en "Données et numérique ".

Philippe Aghion a gentiment accepté de parrainer cette initiative et nous sommes fiers de ce partenariat. Je vous encourage chaleureusement à assister à cet événement marquant. Je vous souhaite à tous un début de semestre fructueux et une nouvelle année 2021 remplie de joie et de succès. Nous savons que la résilience sera le mot clé dans les semaines et les mois à venir, et nous nous engageons à être à vos côtés, jour après jour.

Natacha Valla, Doyenne

Daniel Dinia (Promo 2017)

Du Master finance et stratégie à la création d'Óuliva, l’huile d’olive 100% française
  • Daniel Dinia et Corentin Engel, fondateurs d’Óuliva. (Crédits : Corentin Engel) Daniel Dinia et Corentin Engel, fondateurs d’Óuliva. (Crédits : Corentin Engel)

Propos recueillis par Charlotte Canizo et Maïna Marjany pour le magazine Émile - édité par Sciences Po Alumni, l'association des diplômés de Sciences Po Paris.

Diplômé de Sciences Po en 2016, Daniel Dinia vient de lancer une marque d’huile d’olive 100% française sur le modèle des grands crus. Avec son associé Corentin Engel, ils ont pour objectif d’apporter transparence et goût au consommateur tout en encourageant la filière oléicole locale. Daniel Dinia nous raconte les coulisses de cette nouvelle aventure entrepreneuriale.

De quand date votre envie de vous lancer dans un projet entrepreneurial ?

Dès la fin de mon Master en finance et sttratégie ! J’ai intégré le startup studio du groupe de vins & spiritueux Pernod Ricard pour faire mes premiers pas dans la construction de projets innovants, tout en ayant l’appui financier d’un grand groupe, c’est-à-dire sans porter de risque personnel. Difficile à 23 ans « d’oser » se lancer tout de suite. Pendant un peu plus de deux ans, nous avons créé une marque de spiritueux qui marie produits d’épicerie fine et alcools blancs haut de gamme, grâce à une technique d’infusion brevetée. C’était passionnant, de la compréhension du besoin consommateur, au pilotage de la production, jusqu’à la commercialisation du produit final aux chefs étoilés !

Dès lors, j’avais une première expérience entrepreneuriale concrète, mais je souhaitais encore découvrir d’autres secteurs d’activité, d’autres sujets potentiellement passionnants. Pendant quelques mois, j’ai côtoyé l’écosystème du Venture Capital et son lot de startups « tech ». Par la suite, de rencontre en rencontre, j’ai découvert l’économie sociale et solidaire au sein de l’incubateur MakeSense, où j’ai accompagné une entrepreneuse lors de son lancement. Puis, j’ai finalement décidé de me consacrer à mon propre projet ! S’ensuit une longue période de réflexion…

Comment vous est venue l’idée d’Óuliva ? Depuis combien de temps travaillez-vous sur le projet ?

Je souhaitais absolument entreprendre dans la food. À mes yeux, c’est ce qui est le plus porteur de sens. On parle souvent de la quête du bonheur, et pour moi c’est très simple : se réunir autour d’un bon repas ! Néanmoins, entreprendre seul, c’est plus dur, et moins plaisant. Mon meilleur ami d’enfance, Corentin, se retrouvait sans activité au même moment, et je savais qu’il songeait à ouvrir un café / restaurant dans Paris. Nous décidons de passer plusieurs semaines en Dordogne l’hiver dernier, pour s’entre-aider sur l’idéation de nos projets. Plus tard, en plein confinement, je reçois un sms de sa part : « veux-tu monter une boîte avec moi ? ». Littéralement ! Connaissant mon amour pour les bons produits de la Méditerranée, il me fait part de ses découvertes sur les coulisses de la production d’huile d’olive. Et surtout, de la désinformation envers le consommateur. Nous fouillons le sujet et commandons quelques huiles médaillées en direct de producteurs, ainsi que des marques d’huiles d’olive haut de gamme du supermarché. Un gouffre les sépare en termes de goût ! C’est parti, nous sommes déterminés à identifier le problème et nous partons à la rencontre de moulins en Provence pendant un mois…

3 cuvées d’huiles Óuliva. (Crédits : Corentin Engel)

3 cuvées d’huiles Óuliva. (Crédits : Corentin Engel)

En quoi les huiles Óuliva se distinguent-elles des autres huiles qui existent déjà sur le marché ?

L’analogie au vin est très marquante : pour la grande majorité des huiles d’olive sur le marché, bas de gamme ou haut de gamme, c’est comme si vous aviez une bouteille de vin qui affiche sur l’étiquette : cinquante domaines différents, plusieurs pays d’origine, plusieurs années de récolte. Tout est systématiquement mélangé. Mélangez-vous un vin de Bourgogne avec un vin de Bordeaux ? Quelle conséquence ? Perte de goût ! C’est impossible de trouver une bouteille d’huile d’olive d’un seul domaine, d’une seule année de récolte… sauf si vous allez directement taper à la porte du producteur ! C’est ce que nous avons fait. Nous avons contacté tous les domaines AOP et bio de France, au nombre de 300. Parmi eux, nous sommes allés rendre visite aux plus médaillés et nous avons collecté une centaine d’huiles d’olive. Avec mon ancienne collègue, experte en arômes chez Pernod Ricard, nous les avons toutes goûtées et décrites dans le moindre détail, pour sélectionner les 3 meilleures cuvées de France.

Pour résumer, ce qui nous distingue, c’est le goût, car nous faisons le choix de l’origine unique, ou « single origin » si on reprend l’analogie à l’alcool ! Grâce à cette démarche, nous sommes capables de vous faire déguster plus de 200 huiles d’olive qui ont toutes un goût différent les unes des autres. Par exemple, notre cuvée noire a des arômes suaves de datte et d’abricot. Versez-en un filet sur une burrata / figue, un peu de poivre et sel, vous n’en reviendrez pas !

« Pour résumer, ce qui nous distingue, c’est le goût, car nous faisons le choix de l’origine unique. »

Le concept du Made in France était-il primordial pour vous dès le début ou s’est-il imposé lors de l’élaboration du projet ?

L’élément clé au départ, c’était d’apporter de la transparence et du goût. Pour comprendre ce qui fait le goût, nous sommes allés visiter en priorité les moulins français. C’est en échangeant avec eux que nous avons compris les défis du Made in France dans l’huile d’olive. Seule 5% de l’huile d’olive consommée par les Français est produite en France, alors que nos oléiculteurs peinent à écouler leurs récoltes. S’ajoute à cela l’imaginaire que l’on a d’une bonne huile d’olive : Grèce, Italie, Espagne… À la différence de ces pays, qui comptent beaucoup de producteurs industriels en culture intensive, la majorité des cultures en France sont artisanales, portées par des producteurs qui exercent ce métier par passion du goût, pour la qualité de vie au milieu des oliviers, malgré des revenus modestes.

« Notre ambition, c’est d’évangéliser la filière française, en termes de reconnaissance, puis on l’espère en termes de débouchés. »

Conclusion ? Nous n’avons pas besoin d’aller chercher très loin pour goûter à ce qui se fait de mieux dans l’huile d’olive ! Notre ambition, c’est d’évangéliser la filière française, en termes de reconnaissance, puis on l’espère en termes de débouchés. Pour autant, la filière ne peut pas satisfaire 100% de la demande française, et il y a de très bons producteurs artisanaux en Espagne, Italie, Grèce…

Domaine d’oliviers. (Crédits : Corentin Engel)

Domaine d’oliviers. (Crédits : Corentin Engel)

En plein débat sur la relocalisation de l’industrie, que pensez-vous de la place accordée aux produits Made in France aujourd’hui ? Les produits sont-ils suffisamment valorisés ? Les pouvoirs publics soutiennent-ils suffisamment les porteurs de projet ?

Ce qui est très positif, c’est qu’une grande majorité de Français privilégient le Made in France. Les initiatives ne manquent pas non plus ! Les alternatives françaises sont très nombreuses dans la food, le textile, les produits de beauté. C’est-à-dire des secteurs non complexes, à la portée d’entrepreneurs.

Cela dit, les initiatives dépendent du secteur d’activité. Pour les biens de consommation à composants électroniques, c’est beaucoup plus compliqué. Les écarts de prix deviennent trop significatifs. C’est précisément là que les pouvoirs publics peuvent jouer un rôle moteur. La France et l’Allemagne ont par exemple l’intention de créer un champion européen des batteries électroniques, principalement importées de Chine pour l’instant.

La crise sanitaire nous a imposé d’énumérer les biens et services considérés comme stratégiques, à l’instar des produits pharmaceutiques. La marge de progression sur cette question est significative. Et je pense que la réponse passera nécessairement par le Made in Europe, pas seulement le Made in France.

« Je pense que la réponse passera nécessairement par le Made in Europe, pas seulement le Made in France. »

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées ?

Nous avons eu la chance de très bien nous entendre avec les oléiculteurs, qui ont tout de suite soutenu notre démarche. Le défi principal est à venir, et concerne la communication. Comme c’était mon cas il y a quelques mois, le consommateur ne sait pas que « vierge extra » n’est pas un gage de qualité gustative, il ne sait pas que sa jolie bouteille bio de marque italienne est un assemblage d’olives espagnoles, il ne sait pas qu’il y a en France autant de variétés d’olives que de cépages de vin…

Je ne dis pas que les huiles existantes sont mauvaises, je dis simplement qu’on propose un produit différent. Soit on opte pour une matière grasse, soit pour un goût. Nous proposons un véritable jus de fruits ! Ce jus est nécessairement plus cher que la simple matière grasse. Ce n’est pas un choix bas de gamme versus haut de gamme, mais bien deux produits différents. J’utilise l’huile du supermarché pour cuire mes aliments, mais pas pour relever mes salades.

Le plus difficile à atteindre, c’est de faire en sorte qu’un jour, vous alliez dans votre supermarché et qu’au rayon des huiles d’olive, vous ayez beaucoup plus de choix, et que vous trouviez normal que le nom de domaine et l’année de récolte soient clairement identifiables. Comme pour le vin. JSi on y arrive, c’est nos papilles qui nous remercieront ! 

« Le plus difficile à atteindre, c’est de faire en sorte qu’un jour, vous alliez dans votre supermarché et qu’au rayon des huiles d’olive, vous ayez beaucoup plus de choix. »

La crise du Covid-19 a-t-elle impacté vos activités ?

Pour l’anecdote, début juin, en période de post-confinement, je me trouvais à Strasbourg chez mes parents, Corentin également mais outre-Rhin, à Kehl en Allemagne (nous sommes tous les deux franco-allemands). Bien que seulement 5 km nous séparaient, nous étions obligés de collaborer par Zoom, puisque les frontières étaient fermées sauf exceptions. Le retour des checkpoints fut un sentiment étrange.

Au-delà, les impacts de la crise du Covid-19 commencent doucement à se faire ressentir, au moment où nous entrons en phase de commercialisation. Nous vendons un goût, et il est donc impératif de proposer des évènements de dégustation. C’est délicat à mettre en place dans le respect des gestes barrières. Ensuite, les incubateurs fonctionnent en remote, les salons sont annulés… La rencontre d’interlocuteurs pouvant accélérer notre développement est également devenue difficile.

Néanmoins, malgré la multitude de pénibles conséquences sanitaires, économiques et sociales engendrées par le Covid-19, de nombreux Français ont réappris le plaisir de cuisiner chez soi, et s’intéressent donc davantage à des bons produits locaux. C’est là une conséquence positive pour nos huiles d’olive. Et grâce à notre solution e-commerce, nous pouvons livrer nos cuvées en toute sécurité.

Comment pourrions-nous soutenir vos activités ?

Le 17 septembre dernier, nous avons mis en ligne une campagne de crowdfunding sur Ulule pour permettre au projet de se concrétiser. Dès les premiers jours, nous avons enregistré 200 précommandes, ce qui nous permet de financer la première mise en bouteille de nos huiles. Nous en sommes très heureux !

Cependant, si nous voulons envoyer un signal fort à nos producteurs et montrer que nous sommes capables de créer un vrai débouché sur le long-terme, atteindre le palier des 1000 précommandes serait une réussite considérable en ce sens.

Alors comment soutenir nos activités ? Nous proposons dès 19€ un coffret avec un rituel de dégustation pour découvrir le goût de nos 3 délicieuses cuvées. Chaque précommande sur Ulule nous donne un vrai coup de pouce. Ensuite, comme l’un de nos défis est d’évangéliser l’huile d’olive de qualité, chaque partage sur Facebook, LinkedIn, Instagram, Twitter, fait connaître le projet à davantage de personnes. Et si certains Alumni ont d’autres idées pour soutenir le projet, je suis tout ouïe par email à daniel@ouliva.fr !

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