Natacha Valla, nouvelle doyenne de l'École

Rentrée 2020
  • Natacha Valla © Sciences PoNatacha Valla © Sciences Po

A la rentrée 2020, Natacha Valla, économiste, succèdera à Marie-Laure Salles-Djelic en tant que doyenne de l'École du management et de l'innovation de Sciences Po. Une nouvelle aventure pour cette femme talentueuse dont la carrière s’épanouit aux frontières des mondes scientifiques, économiques et politiques français et internationaux.

Économiste, administratrice et enseignante

Directrice générale adjointe pour la politique monétaire de la Banque centrale européenne (2018-2020), Natacha Valla a été auparavant directrice de la recherche économique internationale de Goldman Sachs, directrice adjointe du CEPII et chef de la division politique et stratégie de la Banque européenne d’investissement.

Titulaire d'un doctorat de l'Institut universitaire européen à Florence et d'un master d'économie des universités de Lyon 2 et de Georgetown, elle a enseigné à HEC, à Sciences Po et à New York University à Abu Dhabi. Elle a été fellow à la Paris School of Economics de Paris.

Sa connaissance du monde de l’entreprise a été enrichie par sa participation aux conseils d'administration de grandes sociétés comme LVMH, Accor, Tikehau Capital et ASF/Cofiroute.

Elle succède à Marie-Laure Salles-Djelic qui a été nommée directrice de l’Institut de hautes études internationales et du développement à Genève.

Frédéric Mion se réjouit de la nomination de Natacha Valla et salue le remarquable travail accompli par Marie-Laure Salles-Djelic lors de son mandat : "Première doyenne de l’Ecole du management et de l’innovation de sciences Po, Marie-Laure Salles-Djelic en a posé les fondations et l’a inscrite sur une trajectoire de très fort développement, grâce à une conviction puissante et durable : l’entreprise doit être un acteur-clé des mutations positives et nécessaires du monde contemporain” déclare t-il.

Former les entrepreneurs du changement

L'École du management et de l'innovation a en effet pour mission de “former les acteurs économiques de demain, capables par leur créativité et leur vision entrepreneuriale de transformer l’entreprise et de repenser son rôle dans la société”. Elle rassemble aujourd’hui plus de 1100 étudiants, donc 41% d’internationaux représentant 48 nationalités.

Pour former ces entrepreneurs du changement, l'école se donne un triple objectif :

  • Faire face à la complexité, en transmettant les clefs de compréhension de la mondialisation, de la révolution numérique, et de la complexité des enjeux et des transformations qui leur sont associés. 
  • Favoriser la créativité, en anticipant et en accompagnant le développement de l’économie créative et des nouveaux modèles d’affaires. 
  • Et poursuivre le bien commun, en mettant en exergue la responsabilité des acteurs économiques au regard des enjeux sociétaux. 

Pédagogie active et prospérité inclusive 

8 masters en deux ans, 1 master en un an, et 12 double-diplômes avec des institutions prestigieuses comme la Bocconi de Milan ou University of Pennsylvania : voilà l’essentiel des formations dispensées par l'École du management et de l'innovation, accessibles aussi bien aux étudiants en formation initiale qu'aux jeunes professionnels et aux responsables de haut niveau.

Pour contribuer à former les 70% de diplômés de Sciences Po qui rejoignent chaque année le secteur privé, le projet pédagogique de l'École du management et de l'innovation associe savoirs théoriques et mise en pratique : le corps enseignant (rassemblant plus de 680 personnes) se compose à 20% de chercheurs de premier plan et à 80% de praticiens de haut niveau. L’école accueille en outre plus de 80 événements et ateliers chaque année.

À travers des enseignements partagés en sciences humaines et sociales, une formation commune en management, des enseignements spécialisés par domaines professionnels, une sensibilisation aux humanités numériques, et une relation étroite avec le médialab et le Centre pour l'Entrepreneuriat, l'École du management et de l'innovation prépare les étudiants à rejoindre des domaines d’activité traditionnels (conseil, audit, finance, marketing, communication, ressources humaines...) mais aussi les métiers du digital, de l'entrepreneuriat, de l'investissement responsable, ou encore de l'environnement avec un mot d’ordre : la prospérité inclusive.

Pour Natacha Valla, "c’est un honneur de rejoindre l’aventure Sciences Po. L’école dispose de fondations solides et de valeurs précieuses. Je mettrai mon expérience et mon enthousiasme au service de son développement pour que les étudiants de demain portent un monde soutenable, innovant, performant et convivial."

Facebook Live : Olivier Guillet, Directeur exécutif

Tout sur l'EMI - Voir le replay
  • Affiche événement Facebook live © j'ai un pote dans la comAffiche événement Facebook live © j'ai un pote dans la com

Revivez le Live inédit d'Olivier Guillet, Directeur exécutif de l'École du management et de l'innovation.

Interview menée par Valentin Richardot de J'ai un pote dans la com.

Parole d'étudiant : Hadrien Gautrot du Master innovation & transformation numérique

Le confinement a accentué la nécessité d'un transformation numérique réfléchie et durable
  • Learning Expedition Tel Aviv © Sciences PoLearning Expedition Tel Aviv © Sciences Po

Hadrien Gautrot sera prochainement diplômé du Master innovation & transformation numérique, filière management, innovation, numérique de l'École du management et de l'innovation.

Retour sur son parcours durant sa dernière année de master.

DES PROJETS, TOUJOURS DES PROJETS

Hadrien rejoint Sciences Po après une licence d’économie. Le Master innovation & transformation numérique qu’il a choisi d’intégrer propose deux filières de spécialisation : management et innovation by design (double diplôme Sciences Po - Strate) et management, innovation, numérique (partenariat avec Télécom ParisTech).

C’est cette deuxième voie qu’il suivra en partenariat avec Télécom ParisTech. Ce parcours a la particularité d’allier les compétences des deux écoles dans lequel il a effectué conjointement sa deuxième année (un semestre au sein de chaque établissement) qui complètera par son stage obligatoire afin de renforcer sa professionnalisation.

Ce qu’il retiendra plus particulièrement de son master, c’est d’avoir pu apprendre à travailler en équipe. En effet, un des axes de la méthodologie développée au sein de ce master place au cœur de son apprentissage l'expérimentation par le biais d'ateliers créatifs et de projets. Cela permet de travailler efficacement en se centrant sur l’essentiel analyse-t-il. En outre chaque groupe étant différent, il est nécessaire d’acquérir très vite des capacités d’adaptation tout en tenant compte des appétences, des compétences et du caractère de chacun : la richesse des divers profils qui composent la promotion a nécessité de devoir créer une identité commune autour du master.

Hadrien Gaudrot a également été sélectionné pour participé à la Learning Expedition organisée par le Centre pour l’Entrepreneuriat de Sciences Po qui s’est déroulée au sein de Start-up Nation à Tel Aviv.

Au programme, les 12 nominés ont rencontré plus de vingt chercheurs renommés, entrepreneurs inspirants, entreprises innovantes et autres acteurs de l'écosystème entrepreneurial

UN CONFINEMENT SUR UNE ILE

Hadrien Gautrot a passé son enfance entre Abu Dhabi et la Suisse romande, toujours dans un environnement francophone, son point d’attache : l’île de Noirmoutier à laquelle il voue un attachement particulier puisqu’il viendra y retrouver sa famille à chacun de ses retours en France.

C’est tout naturellement qu’il a rejoint son port d’attache lors de son confinement.

Les enseignements finis, en recherche de son stage de fin de master, Hadrien a profité de son temps libre pour mettre en place, en se basant sur une liste de données proposée par la Communauté des Communes, une plateforme réactualisable qu’il a enrichi progressivement. L’objectif était de créer un site simple, qui puisse être alimenté régulièrement, accessible pour référencer toutes les adresses des coordonnées des acteurs pouvant livrer les habitants dans le respect des conditions sanitaires.

Même si l’impact de ce site reste modeste, cette initiative solidaire lui a permis de faire de nouvelles rencontres et se créer des liens avec les habitants de cette île qu’il affectionne

LE BILAN ET LES OBJECTIFS

A quelques encablures de son insertion sur le marché du travail, Hadrien note que le confinement a accentué la nécessité d'un transformation numérique réflechie et durable et c’est ce qui sera son atout et sa plus-value dans sa recherche.

Son souhait à long terme serait de pouvoir travailler dans un univers créatif que ce soit dans le secteur des médias ou de l’artistique et nous le retrouveront peut-être prochainement pour de nouvelles aventures numériques. A suivre…

 

Pour en savoir plus :

Pierre-Étienne Mathély (Promo 2011)

Du Master finance et stratégie au poste de Responsable du pôle synthèse / Direction financière de l'aéroport Charles de Gaulle, Groupe ADP
  • Pierre-Etienne Mathély © Sciences PoPierre-Etienne Mathély © Sciences Po

Diplômé en 2011 du Master finance et stratégie de l'École du management et de l'innovation Pierre-Étienne pilote aujourd'hui la trajectoire financière et budgétaire de l'Aéroport Charles de Gaulle.

Il revient sur son parcours et ses missions au sein du Groupe ADP.

Paroles d'étudiantes : Auriane, Cassandre, Cloë, Fiona et Huifang du Master communication, médias et industries créatives

Cartographier les féminicides en France
  • L'équipe illustrée ©Cassandre SiebertL'équipe illustrée ©Cassandre Siebert

En 2020, Auriane, Cassandre, Cloë, Fiona et Huifang, étudiantes en Master communication, médias et industries créatives à l'École du management et de l’innovation de Sciences Po, ont cartographié les controverses autour des féminicides en France.

Cette méthode pédagogique, créée par Bruno Latour, professeur émérite à Sciences Po, a pour but d’apprendre aux étudiantes et aux étudiants à se repérer dans l'univers de la recherche en sélectionnant une controverse sur laquelle elles et ils accumulent une documentation complète qu’ils mettent en forme et publient sur un site web. Chaque thème devient alors une sorte de "parlement virtuel" aidant à la mise en politique des nouvelles "choses publiques". Elles racontent leur expérience.

POURQUOI AVoir CHOISI LE COURS "CARTOGRAPHIE DES CONTROVERSES" ?

Cloë : Ce cours est très différent des autres cours proposés dans la maquette pédagogique de notre Master, à la fois dans son contenu et dans son approche : il permet de s’investir sur un sujet que l’on choisit pendant presque 6 mois, ce qui signifie que l’on dispose de suffisamment de temps pour mener une réflexion profonde et aboutie. Je pense que c’est ce côté "enquête" qui m’a le plus attirée : le fait de se plonger dans un sujet et d’en découvrir certaines facettes qui ne sont pas relayées par les médias traditionnels, de rencontrer les personnes qui en sont “expertes” pour échanger avec elles, le tout pour tenter d’en comprendre les enjeux.

Auriane : De mon côté, c’est le mot "cartographie" qui m’a tout de suite interpellée. Dans le prolongement de mon parcours académique centré sur les sciences humaines et sociales, je trouvais passionnant de mener un travail approfondi de recherche en groupe, avec une pédagogie active, une méthodologie d’enquête sociologique et un enjeu de communication fort, par la restitution de la complexité du sujet choisi de la manière la plus lisible et accessible possible via un site web.

Huifang : Avant de choisir ce cours, j’étais un peu paniquée, car je pensais que ma capacité linguistique n’était pas forcément pà la hauteur des exigences pour un projet si rigoureux. Mais j’ai toujours été attirée par les sciences sociales, donc finalement l’envie d’élargir l’horizon de mes connaissances a effacé mes craintes et m’a conduite à choisir ce cours.

COMMENT EN ÊTES-VOUS VENUES À CARTOGRAPHIER LES CONTROVERSES AUTOUR DE LA QUANTIFICATION ET DE LA QUALIFICATION DES FÉMINICIDES EN FRANCE ?

Cassandre : En étudiant les qualifications du terme "féminicide" en France et à l’international, nous avons découvert qu’il en existait en fait une multitude : par exemple, lorsqu’ils comptabilisent les victimes de féminicides, certains organismes incluent les femmes transgenres et/ou les femmes en situation de prostitution, tandis que d’autres restreignent leur comptage aux morts violentes au sein du couple. Ces définitions induisent des comptages différents, et chaque comptage correspond à une méthodologie spécifique : cela signifie que différentes façons de comptabiliser co-existent, chacune correspondant à une définition différente du "féminicide". C’est un aspect que l’on ne remarque pas forcément lorsque l’on survole la presse, mais que l’on découvre lorsque l’on se penche sur le travail des collectifs, des institutions et des médias qui réalisent leurs propres comptages.

Fiona : Oui, c’est en comprenant qui crée quelles catégories — et dans quels intérêts — que l’on peut saisir les différentes dimensions des controverses. Durant notre travail nous avons sans cesse cherché comment s’articulent les critères (sociaux, pénaux), les comptages qui les traduisent, et les personnes — ou plutôt les groupes de personnes — qui créent et diffusent ces comptages.

COMMENT AVEZ-VOUS PROCÉDÉ ?

Fiona : Nous avons entrepris une recherche en plusieurs étapes. D’abord, nous avons établi une première bibliographie. Dans un second temps, nous avons approfondi nos recherches. Puis, à mesure que la bibliographie s’allongeait, nous avons priorisé les lectures, synthétisé les documents que nous lisions pour les partager aux autres membres du groupe. Jusqu’au moment de la publication du site, nous avons continué à découvrir de nouvelles ressources documentaires, ce qui est à la fois frustrant et stimulant !

Grâce à ces recherches, dès le mois de mars nous avons identifié des personnes expertes du sujet des féminicides : plusieurs juristes et avocates, une psychologue, des responsables d’organisations, … Sept d’entre elles nous ont accordé un entretien ; nous leur en sommes vraiment reconnaissantes, d’autant plus dans le contexte de crise sanitaire que nous traversons ! Le recueil de leurs paroles directes a été un complément très précieux pour notre travail.

Huifang : Même si la majorité de nos recherches se concentrent sur la France, nous avons aussi voulu étudier comment les organisations internationales agissaient vis-à-vis des féminicides : nous avons notamment découvert UNSA Vienna Femicide Team, qui a fondé Femicide Watch Platform en 2017, conjointement avec UN Studies Association (UNSA) Global Network.

EN QUOI LE SITE WEB QUE VOUS AVEZ CRÉÉ PEUT AIDER À LA "MISE EN POLITIQUE" DU SUJET DU COMPTAGE DES FÉMINICIDES ?

Auriane : Le site vise à déployer et articuler les enjeux de la controverse : l’objectif est de mettre en évidence l’interdépendance entre les questions de définition et de quantification. En sciences humaines et sociales, comme en physique quantique, ce que l’on observe est indissociable de la manière dont on l’observe. Nous avons également voulu rendre compte de la constitution d’un champ de recherche, les études de genre, à l’aune de l’objet social "féminicide". Enfin, nous souhaitons bien sûr que ce site constitue un outil d’information, voire de prévention, dans l’optique d’une meilleure prise en charge institutionnelle et pluridisciplinaire.

Cloë : Au cours de notre enquête, nous nous sommes rapidement aperçues que de nombreuses données co-existaient, et qu’elles variaient parfois en fonction du contexte, notamment politique, dans lequel elles sont récoltées. C’est d’ailleurs le principal obstacle à l’établissement d’une étude des féminicides à l’échelle internationale : la façon de compter ces crimes découle du contexte, mais est également un signal très fort, puisqu’elle influence ensuite les politiques de prévention. Nous espérons que notre site pourra permettre de montrer quels sont les enjeux du comptage des féminicides bien au delà des statistiques, pour mieux protéger les potentielles victimes, et ce notamment par l’instauration de politiques qui prennent en compte les spécificités de ce crime.

Cassandre : L’intérêt de ce format est aussi de laisser la possibilité au lecteur d’approfondir certains aspects qui l’intéressent. Sur notre site, le féminicide est abordable par quatre thématiques : la définition, le comptage, les enjeux juridiques et psychologiques. Il est aussi possible d’entrer dans le sujet par une cartographie permettant de situer une partie des acteurs et actrices associée avec la controverse, ou de retracer l’histoire du concept de féminicide à travers une chronologie thématique. Trois formes qui donnent à voir le féminicide sous des angles complémentaires.

SI VOUS DEVIEZ RETENIR UN ENSEIGNEMENT DU TRAVAIL QUE VOUS AVEZ ACCOMPLI DANS CE COURS, QUEL SERAIT-IL ?

Cloë : J’ai appris énormément de choses lors de ce cours, si bien qu’il est difficile d’en choisir une. Mais si il faut le faire, je dirais l’importance de travailler ensemble avec bienveillance et écoute. Ce travail est le résultat d’une confiance mutuelle et d’une entraide permanente, et j’y vois une très belle expérience de sororité !

Auriane : Au-delà d’une formidable expérience de travail en groupe, de la richesse des échanges et de la grande bienveillance des actrices rencontrées, j’en retiendrais deux : le rôle crucial autant que la difficulté d’être impartiale — à défaut d’être neutre — et le caractère indissociable des questions de définition et de quantification.

Huifang : Ce cours a été un véritable enrichissement intellectuel ! Si je devais retenir un seul enseignement : c’est de reconnaître le fait que l’on vit dans une perpétuelle complexité, souvent sans solution tranchée, donc il faut être curieux sur les arguments de toutes les parties-prenantes et essayer de comprendre les positionnements des autres, et de pouvoir finalement avoir une vision plus objective et claire vis-à-vis des phénomènes sociétaux.

Fiona : Durant l'enquête, il nous a fallu rester vigilantes et ne pas se focaliser sur des figures connues, médiatisées, qui prennent régulièrement la parole sur les féminicides. En se recentrant systématiquement sur les actrices et acteurs de la controverse ayant un positionnement basé sur un "savoir spécialisé", j'ai appris à mieux distinguer la controverse de la polémique, et à être attentive aux voix, certes plus discrètes vis-à-vis du public, mais pas moins engagées sur le sujet.

Cassandre : Au delà de l’enrichissement méthodologique et de la curiosité sans faille générée par ce cours, je retiendrai la richesse de réflexion que peut procurer la cohésion au sein d’un groupe d’étudiantes venant d’horizons très différents. La rencontre de nos regards complémentaires et des savoirs-faires acquis lors de nos formations (pour le coup très diverses) a su nous animer tout au long de nos recherches. C’était une expérience très enrichissante, pour chacune d’entre nous.

 

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Paroles d'étudiantes : Laura Salesse et Loanne Guérin du Master finance et stratégie

Voyage au coeur de la Start-up Nation
  • Étudiants participant à la learning expedition © Bérengère de Drouas/Sciences PoÉtudiants participant à la learning expedition © Bérengère de Drouas/Sciences Po

Après la Silicon Valley en 2017 et le MIT en 2019, le Centre pour l’Entrepreneuriat a organisé sa troisième Learning Expedition en Israël, pays équivalent en taille à un département français mais qui détient le record mondial du nombre de start-ups par habitant (1 pour 6000). Sur quoi repose ce “miracle entrepreneurial”, et quelles en sont ses limites ?

Parmi les douze étudiants qui ont été sélectionnés pour prendre part à l’aventure, Loanne Guérin et Laura Salesse (respectivement en première et deuxième année du Master finance et stratégie) témoignent.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de participer à cette expérience ?

Laura Salesse : Au moment de candidater, j’avais déjà commencé mon chemin dans l’entrepreneuriat. A travers mes activités associatives et plusieurs stages dans des start-ups, j’avais développé une petite expérience de terrain et surtout un objectif précis : travailler dans le domaine du capital-risque. Après avoir suivi les premières learning expeditions sur les réseaux sociaux, j’ai participé à un événement pour rencontrer les participants de l’édition précédente au MIT, et j’ai envoyé ma candidature.

Loanne Guérin : Le monde des start-ups m’intéressait depuis longtemps. Le jour où j’ai reçu un courriel présentant le programme, je n’en suis pas revenue. C’était trop beau pour être vrai ! L’occasion rêvée de se retrouver au coeur d’un écosystème très performant, avec une dimension culturelle unique. J’ai tout de suite postulé. Ce programme devrait être beaucoup plus connu au sein de Sciences Po.

L’expression start-up nation a été inventée en référence à Israël. Que désigne-t-elle ?

L.S. : L’expression “start-up nation” vient d’un livre de Dan Senor et Saul Singer, publié en 2009, et qui cherchait à mettre des mots sur l’émergence d’un écosystème entrepreneurial extraordinaire, et en quelque sorte sorti de nulle part. Toute l’économie avait l’air de se diriger vers l’entrepreneuriat, la technologie et l’innovation, et en dépit (ou en raison, d’ailleurs) de nombreuses contraintes géopolitiques, géographiques, et démographiques. Plus récemment, en France, Emmanuel Macron a contribué à la popularisation du terme “start-up nation”, mais dans un contexte très différent...

L.G. : Je dirais que cette expression désigne d’abord un état d’esprit, une philosophie de vie, qui combinent une nécessité d’entreprendre et la sacralisation de la science et de l’ingénierie comme “destinations” de l’effort. Cet assemblage est vraiment primordial pour saisir la particularité de l’écosystème de Tel Aviv. Ensuite, sur le plan économique et géopolitique, il y a l’importance du lien avec les Etats-Unis, qui s’incarne de plusieurs façons : l’implication d’investisseurs américains en Israël, la présence des multinationales américaines (qui ont toutes des centres de Recherche & Développement à Tel Aviv), l’introduction fréquente de start-ups israéliennes au NASDAQ… Ces allers-retours font partie intégrante du modèle de la “start-up nation” : Tel Aviv est un laboratoire qui incube puis exporte vers le marché américain (beaucoup plus important que le marché domestique israélien).

Comment expliquer ce miracle ?

L.S. : Toutes les personnes que nous avons rencontrées ont apporté leur propre réponse à cette question. Dans l’ensemble, on voit quatre facteurs se dégager. Premièrement, l’existence d’une menace géopolitique extérieure, qui pousse à innover sur le plan technologique. Deuxièmement, le service militaire obligatoire, avec des unités militaires dans lesquelles on forme une véritable élite technologique. Troisièmement, la disponibilité de financements importants, notamment de capital-risque. Et quatrièmement, le phénomène culturel de la chutzpah, que nous avons abordé de façon théorique avant de partir et dont nous avons constaté l’existence bien réelle : c’est une sorte de culot, de détermination, voire d'agressivité dont beaucoup de nos interlocuteurs se prévalent. Ce trait de caractère, qui permet de soulever des montagnes, peut aussi se révéler choquant - par exemple quand il signifie l’absence totale “d’enrobage” poli autour d’un rendez-vous d’affaires...

L.G. : Ce miracle a des racines historiques. Il est étroitement lié à l’histoire de la diaspora juive, et à la façon dont elle a valorisé la connaissance et le savoir comme une ressource dont on peut toujours disposer, même dans l’adversité. Il faut rappeler que le Technion, cette université de Haïfa qu’on compare souvent au M.I.T., a été créée trente-six années avant la fondation de l’Etat d’Israël. Ensuite, comme le souligne Laura, la formation des talents est étroitement liée au développement de l’armée, où les jeunes passent deux à trois ans dans des unités d’excellence, et y créent un réseau très durable et soudé. Lors de notre visite au Technion, le Directeur du Design Tech Lab, nous a d’ailleurs montré une boucle whatsapp appelée la “magic box” : il s’agit d’une liste de personnes rencontrées à l’armée, désormais actives dans de nombreux domaines, et sur laquelle circulent de petites annonces (par exemple “je cherche une star du code”) qui ne restent jamais sans réponse très longtemps. Autre différence culturelle de taille : en Israël, la chutzpah (culture de l’audace) existe même au sein de l’armée, où l’on est encouragé à questionner les ordres et à remettre en question l’autorité...

Qu’est-ce qui vous a... surprises ?

L.S. : J’ai été d’abord surprise par le contraste très fort qui existe au quotidien entre la dynamique de travail et le contexte de violence - par exemple, dans une même journée, entre un rendez-vous avec un investisseur et une heure plus tard, une notification de bombardement à à peine une heure de route…

L.G. : Et moi par tellement de choses que je ne sais pas par où commencer ! Mais je commencerai par l’existence de programmes universitaires accessibles aux enfants dès 4 ou 5 ans, ou encore de bachelors en sciences ouverts aux adolescents de douze ans - ce qui montre à quel point la science est valorisée socialement.

… Impressionnées ?

L.S. : J’ai été impressionnée par la ville de Tel Aviv, qui est un endroit vivant, intéressant, agréable, où j’aurais pu rester beaucoup plus longtemps...

L.G. : L’existence d’une “exception économique” comme Tel Aviv, au milieu d’un désert, et à proximité du berceau historique qu’est Jérusalem, force l’admiration. On passe d’un monde à un autre en moins de deux heures. C’est vrai aussi pour l’écart qui existe entre les Juifs orthodoxes, qui vivent dans une pauvreté et un isolement volontaire, et la population de la “startup nation” - en contact permanent avec l’international et l’innovation...

… Déçues ?

L.S. : J’ai été déçue d’avoir si peu de temps sur place, quand nous aurions pu discuter des heures avec chaque interlocuteur de leur parcours et de leurs projets.

L.G. : Plus que déçue, j’ai été dérangée par la façon dont le conflit, pour nos interlocuteurs, semblait être une donnée admise et lointaine, un élément presque immuable du monde. Tel Aviv est une bulle à l’intérieur de laquelle il est facile de fermer les yeux sur ce qui se passe autour.

Où en êtes-vous aujourd’hui ? Qu’est-ce que cette expérience a changé dans votre parcours, ou dans votre vision de l’entrepreneuriat ?

L.S. : Je ressors de cette expérience avec une passion renforcée pour le domaine de l’entrepreneuriat et de l’innovation. Aujourd’hui, je suis en stage chez Idinvest Partners, une entreprise de private equity où je me concentre sur les entreprises à forte croissance. Cette expérience m’a permis de mieux comprendre le marché israélien, dans lequel beaucoup d’investisseurs sont impliqués. Elle a déjà enrichi mon parcours.

L.G. : Ce projet m’a apporté trois choses essentielles. D’abord, le désir de me spécialiser dans l’innovation environnementale, et notamment dans le domaine urbain (la gestion des eaux, des espaces verts, de l’agriculture urbaine…). Ensuite, ce voyage m’a redonné le goût des sciences et notamment celui des maths, que j’avais presque abandonnées depuis mon double Bachelor Sciences Po / UPMC. Je me rends compte qu’il est possible de mettre la science au service de projets qui ont un réel impact social et environnemental. Enfin, ce voyage m’a donné envie d’entreprendre, de foncer, sans me poser de questions !

Quel message souhaitez-vous transmettre aux aspirants à la Learning Expedition 2021 ?

L.S. : N’hésitez pas à vous lancer ! La Learning Expedition est l'occasion de découvrir un pays, et de rencontrer ceux qui composent son écosystème entrepreneurial. Et c’est aussi une opportunité de nouer des liens avec des étudiants de masters différents pendant une semaine (et pour toute la vie).

L.G. : Postulez ! Et allez-y, quel que soit le pays. C’est une expérience extraordinaire, dont on revient avec des envies et de l’énergie. Et puis un écosystème est toujours représentatif d’une culture : il soulève des questions sociales, historiques, et culturelles passionnantes.

La Learning Expedition est un programme récurrent financé par le Centre pour l’Entrepreneuriat et ouvert à tous les étudiants de master.

 

Pour en savoir plus :

Parole d'étudiant : Steven Kaci du Master finance et stratégie

Collectivement, nous sommes plus forts malgré la distanciation
  • Portrait Steven Kaci © Steven KaciPortrait Steven Kaci © Steven Kaci

Alors que la diplomation approche à grands pas, l’actualité sanitaire a chamboulé les lignes tracées pour l’ensemble de nos étudiants.

Pour Steven Kaci, prochainement diplômé du Master finance et stratégie mention Stratégie et management, la nécessité de se mobiliser est apparue comme une évidence face cette crise sans précédent et il a choisi de s’engager pour sa commune, Carrières-sur-Seine.

UN ENGAGEMENT ÉVIDENT

Quand la crise du Covid-19 a commencé, Steven Kaci est confiné chez ses parents. Son stage de fin de master est maintenu, en télétravail. Néanmoins, il lui est apparu évident de devoir s’engager et d’utiliser sa formation, ses expériences et ses compétences au service du Bien Commun et de sa ville. Il met à profit sa formation pour poser un état des lieux.

D’une part, il perçoit un manque d’information et de visibilité sur les multiples initiatives organisées localement (mise en place des paniers solidaires, création de masques 3D, entraide…) et d’autre part que notre hyper connectivité ne nous empêche pas de sous-exploiter voire d’inexploiter les outils connectés et tous les services qu’ils peuvent nous rendre.

Fort de ce double constat, il décide de créer un site internet, https://carrieres-sur-seine-solidaire.fr, une page Facebook - COVID19 - Entraide Carrières-Sur-Seine - et un fil twitter. L’objectif étant de coordonner l’ensemble des initiatives locales, qu’elles soient personnelles ou venant du tissu associatif très développé, autour de moyens de communication capables de rassembler le plus grand nombre de public car « collectivement nous sommes plus forts malgré la distanciation ». Le succès est rapidement au rendez-vous.

Sa plateforme devient un point d’entrée pour relayer les initiatives locales, pour demander ou proposer son aide, qu’il apporte à titre personnel notamment aux commerçants souhaitant obtenir des conseils pour développer en temps de crise de nouveaux moyens de s’adapter tout en respectant les impératifs sanitaires.

L’objectif premier étant surtout de générer un cercle de solidarité totalement gratuit.

UN PARCOURS UNIVERSITAIRE MAIS AUSSI PROFESSIONNALISANT

Steven Kaci a rejoint Sciences Po à la faveur du partenariat entre Sciences Po et l’université Paris Descartes qui lui a ouvert de nouvelles perspectives.

Après sa licence en économie et gestion, il intègre le Master finance et stratégie en 2017 avec pour objectif d’acquérir une formation complémentaire et approfondie. Son année de césure (un stage en mode strat-up et un autre en banque), lui a permis d’affiner son choix de mention et plus largement de réfléchir sur son projet professionnel. Cette année a été une expérience positive dans son parcours et lui a permis de son confronter au monde du travail où efficacité et rapidité sont les maitres mots.

Quant au milieu associatif, il reste un véritable pilier et notamment son engagement au sein de l’association Sciences Po Finance, pour laquelle il a contribué à créer et développer une identité de marque (avec l’aide de l’Assocom, association du Master communication, médias et industries créatives). Les valeurs du travail en équipe et la gestion en mode projet l’ont enrichi et lui ont donné des clés nécessaires lorsqu’il a décidé de s’engager.

Au-delà de sa formation au sein de son master, il souligne que les plus grandes richesses restent les rencontres humaines et d’avoir eu l’occasion de pouvoir se nourrir de la diversité des visions et des contenus qui ouvrent le champ des possible au sein de Sciences Po

ET APRES ?

Professionnellement, cette période inédite l’a poussé à se recentrer sur ses objectifs et ses priorités. Clairement, être en adéquation avec le projet de son futur employeur et de travailler avec une équipe soudée deviennent prioritaires.

Concernant son engagement, il espère que la plateforme d’entraide continuera de perdurer et qu’elle apportera une véritable valeur-ajoutée dans le quotidien des habitants de Carrières-Sur-Seine.

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Forum des métiers de la Transition Écologique

Du 20 au 29 mai 2020
  • Affiche du forum de la Transition Écologique ©Sciences PoAffiche du forum de la Transition Écologique ©Sciences Po

Face à l'urgence climatique et aux bouleversements planétaires, vous souhaitez vous engager dans des carrières liées à la transition écologique et ne savez pas toujours quels métiers et fonctions vous pourriez exercer ?

Vous souhaitez rejoindre en stage ou emploi des organisations dont les activités et / ou la raison d'être ont du sens ?

Afin de vous éclairer dans vos choix d'orientation et votre recherche de stage, nous vous invitons à participer au premier Forum thématique dédié aux métiers de la transition écologique qui aura lieu du 20 au 29 mai sur Seekube.

Tout au long des mois d'avril, mai et juin nous vous invitons également à participer à des présentations, tables rondes métiers réunissant des diplômés, des responsables RH et collaborateurs d'organisations qui s'engagent en faveur de la transition écologique.

 

En savoir plus

Le forum des métiers de la transition écologique sur le site de Sciences Po Carrières.

La Newsletter Carrières du 29 avril 2020.

Notre communauté en parle

La crise du Covid-19
  • Vie quotidienne des étudiants sur le campus de Paris ©M. Nascimento/Sciences PoVie quotidienne des étudiants sur le campus de Paris ©M. Nascimento/Sciences Po

le champagne devait connaître une crise mais le covid-19 l’accélère et l’amplifie

Par Martin Cubertafond, publié le 8 juin - L'Union 

Spécialiste de la stratégie dans l’univers du vin, Martin Cubertafond, auteur d’un ouvrage sur le champagne, livre son analyse de la crise actuelle et des évolutions qui en découlent... Lire la suite

Au sein de l'École du management et de l'Innovation, Martin Cubertafond co-enseigne l'enseignement La distribution et ses nouvelles frontières du Master finance et stratégie, l'enseignement Stratégies, marketing et communication sur le marché mondial du vin du master Marketing et l'enseignement Corporate Strategy in the Digital Age du master Master of Communications, Media and Creative Industries.


Les choses sérieuses

Par Eloi Laurent, publié le 5 juin - Libération 

Quels indicateurs allons-nous privilégier pour sortir de la crise ? Ceux de la croissance et de l'économie ? Ou aura-t-on le courage de penser différemment.. Lire la suite

Au sein de l'École du management et de l'Innovation, Éloi Laurent co-enseigne l'enseignement fondamentalThe Great Transition,ainsi que l'enseignement transverse Political Economy of the Environment: Managing our Ecological Crises


‘‘Le monde d’après?’’ Tocqueville nous a mis en garde contre cette illusion

Par Romain Marsily, publié le 3 juin - Le FigaroVox 

Il n’y a pas de rupture en histoire, a expliqué le grand penseur dans «L’Ancien régime et la Révolution». Il est vain d’attendre un grand chamboulement des sociétés occidentales une fois la crise sanitaire jugulée, argumente Romain Marsily. Lire la suite

Au sein de l'École du management et de l'innovation, Romain Marsily, anime l'enseignement The Future of TV in the Digital Era du master Communications, Media and Creative Industries.  

 

Dans l’univers du management, la sagesse a toujours été un peu suspecte

Par Olivier Guillet, publié le 14 mai, ADN Innovation 

Quel impact aura la crise du Covid-19 sur l’organisation des entreprises ? Entretien avec Olivier Guillet, directeur exécutif de l’École de Management et de l’Innovation de Sciences Po – avec l’aimable contribution de Sénèque et Marc Aurèle. Lire la suite

Olivier Guillet, Directeur exécutif de l'École du management et de l'Innovation, anime l'enseignement du master Communication

 

Tous les commerçants sans exception ont vu leur rôle social revalorisé pendant la crise

Par Vincent Chabault, publié le 14 mai - L'Obs

Après huit semaines de confinement, marquées entre autres par les déboires judiciaires d’Amazon, il est temps pour les commerces physiques, de faire valoir leur « rôle social » Lire la suite

 Au sein de l'École du management est de l'innovation, Vincent Chabault anime l'enseignement transerve Mutations contemporaines de la consommation : des big data à l’économie collaborative

 

Notre ennemi n'est pas le virus, mais nous-mêmes

Par Gilles Boeuf, publié le 12 mai - La Tribune

LE MONDE D’APRÈS. Nous ne sommes pas en guerre contre un virus, mais contre nos propres manquements, nos propres agissements, notre propre irresponsabilité à l'égard de la planète. Nous sommes, en définitive, notre propre ennemi, assène Gilles Boeuf. En cause, notre servilité coupable à des dogmes - croissance, consommation, propriété, hâte, et bien sûr profit - au noms desquels l'humanité, aveuglée par son arrogance anthropocentrique, se croit autorisée et même stimulée à surexploiter le capital "nature" jusqu'à son anéantissement. Lire la suite

Au sein de l'École du management et de l'Innovation, Gilles Boeuf anime l'enseignement transverse Des sciences de la nature aux sciences politiques. Il a également prononcé la leçon inaugurale de l'École sur le thème de La résilience lors la rentrée universitaire.


Il y a une vraie créativité dans la mobilisation de notre génération

Par Hugo Travers, publié le 7 mai - Le Figaro

LA FRANCE D'APRÈS - Chaque jour, Le Figaro interroge une personnalité sur la façon dont elle envisage la France de l'après-crise. Le youtubeur dénonce «la politique politicienne qui prend le dessus sur l'importance de sauver des vies». Lire la suite

Hugo Travers, youtubeur et étudiant dans le Communication, médias et industries créatives

 

La rhétorique peut-elle sauver le débat ?

Par Clément Viktorovitch, publié le 6 mai - ADN Innovation

Tous les soirs sur Clique TV, il met « Les points sur les i » dans sa chronique qui décrypte la rhétorique de celles et ceux qui occupent l’espace médiatique. Et ça cartonne. La rhétorique peut-elle sauver le débat ? Entretien avec Clément Viktorovitch. Lire la suite

Au sein de l'École du management et de l'Innovation, Clément Viktorovitch co-anime les enseignements Réthorique du master Communication, médias et industries créatives.

 

Quand l'Idéologie Avance Masquée: Immunité Collective, Néolibéralisme et Darwinisme Social

Par Marie-Laure Salles-Djelic, publié le 4 mai - LinkedIn

L’une des réponses possibles face à la pandémie de coronavirus est celle qualifiée de ”l’immunité collective”. Telle que nous l’avons vue proposée ces dernières semaines, l’idée est simple. Il s’agit de laisser l’épidémie suivre son cours naturel. La contamination rapide d’une partie de la population devrait créer à terme un ”mur d’immunité” - ralentissant la propagation du virus, protégeant les individus non contaminés et endiguant finalement l’épidémie. Lire la suite

Marie-Laure Salles-Djelic, Doyenne de l'École du management et de l'Innovation, co-enseigne l'enseignement fondamental The Great Transition au sein de l'École.

StopCovid: «Il est contre-productif de proposer une solution techniciste à un problème qui ne l’est pas»

Par Pierre-Antoine Chardel, Valérie Charolles, Mireille Delmas-Marty et Asma Mhalla, publié le 27 avril - Le FigaroVox

L’efficacité de l'application StopCovid est extrêmement discutable, alors même que la généralisation d’un tel dispositif pourrait aboutir à des atteintes irrémédiables aux libertés. Lire la suite

Au sein de l'École du management et de l'Innovation, Asma Mhalla anime les enseignements Customer Centricity, au cœur des nouvelles stratégies de transformation de l’entreprise et Les plateformes numériques, nouveau modèle de rupture : enjeux économiques et éthiques du master Marketing


Traçage : "Ce n'est pas le numérique qui pose question, mais notre capacité à penser le bien commun"

Par Stéphane Grumbach, publié le 27 avril - France Culture

Entretien | À travers le monde, les différentes solutions technologiques imaginées pour répondre à la pandémie via les applications de traçage "StopCovid" dessinent une carte assez précise de la façon dont le politique se saisit - ou pas - des questions numériques. Analyse avec Stéphane Grumbach, de l'INRIA. Lire la suite 

Au sein de l'École du management et de l'Innovation, Stéphane Grumbach anime l'enseignement Economies des données du Master innovation & transformation numérique.

 

Pas de « monde d'après » sans l'union de nos forces

Par membres de la Coalition 10 %, publié le 23 avril - Les Echos

La pandémie de Covid-19 interroge de manière impérieuse nos modèles économiques, sociaux et environnementaux. Ce n'est qu'ensemble, à travers des coalitions innovantes entre toutes les parties prenantes, que nous pourrons envisager un avenir partagé et renouveler les solidarités. Lire la suite

Marie-Laure Salles-Djelic, Doyenne de l'École du management et de l'Innovation, co-enseigne l'enseignement fondamental The Great Transition au sein de l'École.


Gestion de crise  : comment tirer les leçons du coronavirus ?

Par Henri Bergeron, Olivier Borraz, Patrick Castel et François Dedieu, publié le 22 avril - AOC

La crise que nous traversons est unique à maints égards, mais pas singulière. Tout laisse à penser qu’elle pourrait être suivie par des crises plus graves encore, notamment dues au réchauffement climatique. Il faut donc en tirer des leçons, tant sur cette crise et la manière dont elle est gérée, que sur les outils à mettre en place pour organiser un retour d’expérience qui pourra ensuite être appliqué à d’autres crises. Ce travail doit être pluriel pour que de la controverse scientifique émergent des résultats plus robustes encore. Lire la suite

Au sein de l'École du management et de l'Innovation, Henri Bergeron occupe la fonction de Directeur du Master Organisations et management des ressources humaines. Il co-enseigne au sein de ce même master les enseignements Enquête sociologique et Le Prix du livre RH avec Patrick Castel.

 

The Pandemic in the Age of Anxiety

By Olivier Bouin, Marie-Laure Djelic, Marc Fleurbaey, Ravi Kanbur and Elisa Reis, published on April 21 - The International Science Council (ISC)

Even before COVID-19, there was a growing feeling that the trajectory of global social progress was under threat. This sense of foreboding was paradoxical. The previous seven decades since the second world war had seen unprecedented progress across the globe in key economic and social indicators—per capita income, income poverty, life expectancy, infant mortality, maternal mortality, school enrolment, girls’ school enrolment, end of colonial rule, fall of non-democratic regimes, and so on. Of course, there were regional variations, and there had been setbacks, but the overall story was surely one of global social progress. Read more

Marie-Laure Salles-Djelic, Doyenne de l'École du management et de l'Innovation, co-enseigne l'enseignement fondamental The Great Transition au sein de l'École.

 

Le Temps.... Aux Temps du Coronavirus

Par Marie-Laure Salles-Djelic, publié le 20 avril - Thinkers & Doers

En ces temps troubles et troublés, j'engage une réflexion sur la manière dont les dimensions structurantes de nos vies sont ou seront transformées. Je mélange mon regard de sociologue avec une exploration à la fois personnelle mais aussi plus philosophique. Lire la suite

Marie-Laure Salles-Djelic, Doyenne de l'École du management et de l'Innovation, co-enseigne l'enseignement fondamental The Great Transition au sein de l'École.

 

LES ENTRETIENS CONFINÉS “RETROUVER L'IDÉE DU BIEN-ÊTRE COLLECTIF"

Par Éloi Laurent, publié le 16 avril - France Inter

Confinement oblige, Camille Crosnier s'entretient à distance avec des personnalités scientifiques pour nourrir notre réflexion et construire le fameux "monde d'après". Aujourd’hui, l’économiste Eloi LaurentLire la suite

Au sein de l'École du management et de l'Innovation, Éloi Laurent co-enseigne l'enseignement fondamental The Great Transition,ainsi que l'enseignement transverse Political Economy of the Environment: Managing our Ecological Crises

 

NOUS SOMMES PASSÉS À UN MOMENT PLUS POLITIQUE

Par Henri Bergeron, publié le 15 avril 2020 - Le Monde

Propos recueillis par Paul Benkimoun et Chloé Hecketsweiler 

Selon le sociologue, l’allocution d’Emmnanuel Macron le 13 avril montre que la crise due au coronavirus est désormais abordée dans toutes ses dimensions, y compris économiques et sociales, après une première étape marquée par la prédominance des enjeux médicaux. Lire la suite

Au sein de l'École du management et de l'Innovation, Henri Bergeron occupe la fonction de Directeur du Master organisations et management des ressources humaines. Il co-enseigne au sein de ce même master les enseignements Enquête sociologique et Le Prix du livre RH

 

L'ETAT PROVIDENCE, NOTRE ATOUT LE PLUS PRÉCIEUX DANS LE SIÈCLE DES CRISES ÉCOLOGIQUES

Par Éloi Laurent, publié le 15 avril -  Les Inrockuptibles

Tous les jours, un entretien pour nous projeter dans le monde que l'on retrouvera au sortir de cette crise sanitaire. Aujourd'hui, l'économiste Eloi Laurent défend l'idée d'un “changement radical de cap” qui revaloriserait l'Etat providence. Lire la suite

Au sein de l'École du management et de l'Innovation, Éloi Laurent co-enseigne l'enseignement fondamental The Great Transition,ainsi que l'enseignement transverse Political Economy of the Environment: Managing our Ecological Crises


CORONOPTIQUES

Par Antoine Courmont, publié le 10 avril 2020 - Laboratoire d’Innovations Numériques (LINC), CNIL

La gestion de l’épidémie du Covid-19 mobilise de multiples dispositifs de surveillance, portés par des acteurs variés, qui contribuent à rendre visible le virus, sa propagation et les déplacements de la population. Quels sont ces coronoptiques ? Lire la suite

Au sein de l'École du management et de l'Innovation, Antoine Courmont co-anime l'enseignement transversal Enjeux socio-politiques des données : Dynamiques et controverses.

La nécessité de faire évoluer notre monde devient un enjeu majeur

  • 9, rue de la Chaise © Sandrine Gaudin / Sciences Po9, rue de la Chaise © Sandrine Gaudin / Sciences Po

 

Dans ce contexte de crise majeure, le projet et les valeurs de l'École du management et l'innovation, portés par sa Doyenne, Marie-Laure Salles-Djelic, s'incrivent pleinement dans les grands défis contemporains que nous devrons relever.

Que ces défis soient économiques, sociaux, environnementaux ou politiques nous avons à coeur de former des futurs leaders capables d'initier et d'accompagner une transformation responsable et durable pour prospérité inclusive.

"Il est nécessaire que notre système se transforme de manière assez radicale [...]. Cette convinction personnelle a rencontré un ADN qui est celui de Sciences Po, qui porte des préoccupations pour l'intérêt général et le bien commun" (M.-L. Salles-Djelic)

La nécessité de faire évoluer notre monde devient un enjeu majeur. C'est sur cette conviction que le projet et les valeurs de notre école se fonde depuis sa création.

 

La raison d'ëtre de l'École du management et de l'innovation

Interview menée par Adrien de Tricornot.

 

 Visionner la vidéo complète sur Xerfi Canal

 

 

 

Transformer l’entreprise dans la responsabilité et le progrès social

Interview menée par Adrien de Tricornot.

 

 Visionner la vidéo complète sur Xerfi Canal

  

 

Les étudiants de l’École du management et de l’innovation de Sciences Po apportent une indéniable valeur ajoutée

Interview menée par Olivier Rollot

 

En quatre ans l’École du management et de l’innovation de Sciences Po s’est installée comme l’une de ses composantes principales tout en devenant une alternative crédible aux meilleures business schools. Sa directrice, Marie-Laure Salles Djelic, dresse avec nous le portrait d’une école particulièrement impliquée dans les évolutions de la société. (Photo : Emerson Kailey)

L'intégralité de l'échange est disponible sur le site HEADway

 

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