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13 juillet 2026

Rencontre avec nos diplômées 2026: Lucie Bétourné

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire eT professionnel ?

Lucie Bétourné, diplômée 2026 Cum Laude du Master politiques publiques, spécialité Politiques d’éducation et de recherche
Lucie Bétourné, diplômée 2026 Cum Laude du Master politiques publiques, spécialité Politiques d’éducation et de recherche (crédits : LB)

Mon parcours à Sciences Po a débuté en 2021 sur le campus de Poitiers. Ces deux premières années ont été d’une grande intensité, tant sur le plan académique que par mes engagements associatifs et mes rencontres humaines. Dans la continuité de la mineure Amérique latine du campus poitevin, je suis partie à Buenos Aires pour une année d’échange international qui bousculé mes certitudes et a largement dépassé mes espérances.
Au moment de choisir mon master, l’École d’affaires publiques s’est imposée naturellement pour concrétiser mon projet de travailler dans le secteur public. J’ai alors choisi la nouvelle spécialité « Politiques d’éducation, d’enseignement supérieur et de recherche », en accord avec mon intérêt de longue date pour ces questions. Cette année, je conclus mon master par un apprentissage à la Ville de Paris, au sein de la Mission Familles de la Direction des Familles et de la Petite Enfance.

Quelle a été votre motivation pour choisir votre spécialité à l'École d'affaires publiques

Mon premier réflexe a été de me tourner vers la spécialité « Administration publique », dans l’idée de rejoindre le secteur public et éventuellement de préparer les concours de la haute administration. Pourtant, je sentais au fond que ce choix relevait davantage d'un raisonnement logique et rassurant que d'une conviction profonde. La possibilité de rejoindre la première promotion de la spécialité “Politiques d’éducation, d’enseignement supérieur et
de recherche” a été l’opportunité de reconsidérer mes choix.
Les questions d’éducation traversent tous les secteurs, toutes les crises contemporaines. Elles sont un levier majeur face à la crise climatique, au désenchantement démocratique, aux menaces qui planent sur les droits humains, à l'avènement de l’intelligence artificielle mais également en matière de santé, de cohésion sociale, d’égalité des genres... Je crois que l’éducation se trouvait exactement à l’intersection de toutes mes convictions. Et puis c’est aussi une façon de renouer avec un projet qui m’a longtemps tenu à cœur, celui de devenir professeure des écoles.
Finalement, je ne regrette en rien d’avoir soutenu l’ouverture de cette spécialité. Les politiques publiques qu’elle aborde sont essentielles et il était urgent que Sciences Po forme ses étudiants à un sujet d’une telle envergure.

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'affaires publiqueS pour décrocher votre diplôme?

De ces années à l’EAP, je retiens surtout les rencontres et les échanges avec le corps enseignant. Bénéficier de la connaissance d’enseignants chercheurs, de professionnels du secteur de l’éducation et des nombreux fonctionnaires que nous avons eu la chance de rencontrer a durablement enrichi ma vision du monde et du système éducatif. Au-delà des savoirs fondamentaux, indispensables pour structurer sa pensée, ce sont ces espaces d’échanges avec les professeurs, de débat en cours et de vie étudiante qui m’ont apporté le plus. Sciences Po tire sa force de ses communautés étudiantes et enseignantes.
D’autre part, les opportunités professionnelles et ma participation à l’Incubateur de politiques publiques m’ont permis de confronter la théorie aux réalités du terrain. Travailler en équipe sur un projet concret d’accompagnement à la parentalité, au contact des équipes de la commune de Chilly-Mazarin, a été une chance formidable de développer un sens “pratique”
de la mise en œuvre des politiques publiques. “Trop souvent, ce qui est considéré comme noble par les élites dirigeantes, c’est le travail d’élaboration de la grande stratégie. [...] Il existe chez de nombreuses élites une forme de désintérêt ou pire de mépris pour les opérations de mise en œuvre”. Ces mots d’Henri Bergeron, doyen de l’EAP, lors de notre cérémonie de diplôme, me suivront longtemps, je l’espère. La si souvent citée "excellence académique" n'a de sens que si elle s'incarne par des réponses concrètes aux urgences et aux crises qui percutent nos générations.

Auriez-vous un conseil à donner à un ou une étudiant(e), futur(e) jeune diplômé(e)?

Ce qui me semble important, c’est de ne jamais cesser de s’interroger sur le sens de son parcours, de ses choix, mais aussi de se faire confiance ! Le piège serait de suivre la mécanique des parcours fléchés sans les mettre en résonance avec ses convictions.
Ecouter vos propres motivations, peu importe le prestige associé au chemin que cela vous demande d’emprunter. Nous ne sommes jamais aussi utiles que là où nous sommes portés par ce qui nous anime vraiment.

Quels seront, selon vous,  vos prochaines étapes ou prochains défis ?

Mon prochain défi sera de tirer le maximum de la classe préparatoire aux concours administratifs. Ma diplomation ne marque pas mon départ de Sciences Po, puisque je prolonge mon parcours d’un an au sein de l’école ! J’aimerais intégrer l’INET ou l’INSP ou, à
défaut, consolider une culture administrative solide, indispensable pour me rendre utile auprès du service public. Ensuite, mon ambition est de trouver un poste dédié aux politiques sociales ou d’éducation.

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