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21 septembre 2026
L'AEAP a une présidente!

Découvrez Colombe Iannone, première présidente de l'AEAP, l'Association de l'École d'Affaires Publiques de Sciences Po.
Dans ce portrait, elle nous raconte son parcours et ses ambitions pour l'Association.
Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire eT professionnel ?
C’est juste après l’obtention de mon baccalauréat que j’ai été acceptée à Sciences Po, attirée par son exigence, son ouverture disciplinaire et sa capacité à nourrir ma grande curiosité.
Mon choix s’est porté sur le campus européen trilingue de Nancy, où j’ai vécu deux années formidables. J’y ai acquis les fondamentaux des sciences humaines et sociales, découvert mon appétence pour la sciences politique et pour l’anticipation des risques à l’international, rencontré des professeurs qui m’ont sensibilisée à l’urgence de consolider le projet européen et des amis qui m’accompagnent aujourd’hui encore.
J’y ai multiplié les stages dans des domaines très variés, de la culture à la défense, affûtant ainsi mon projet professionnel. Grande fan de cinéma et de musées d’art, j’ai longtemps envisagé une carrière dans le secteur culturel. Pourtant, le parcours civique, mes belles expériences aux Bibliothèques de Nancy et la rédaction de mon Grand Ecrit sur les tiers-lieux, m’ont convaincue que la culture resterait mon domaine de prédilection, non professionnel, mais personnel. En parallèle, curieuse de tout, j’ai cherché à élargir mon socle de connaissances en choisissant des cours sur des sujets qui m’étaient inconnus. C’est ainsi le cours « Les enjeux de défense aux XXIe siècle » qui a révélé une vocation : l’anticipation des risques géopolitiques. Si j’avais toujours aimé la géopolitique, je ne pensais pas pouvoir en faire un métier. Pour confirmer cette intuition, j’ai suivi un autre cours, dispensé par un chercheur de l’IRIS sur la défense européenne et réalisé à un nouveau stage, en appui au commandement, à la direction du Service Interarmées des Munitions.
Mon projet pour la troisième année s’est inscrit dans la continuité naturelle de mon bachelor. En intégrant le département de sciences politiques de la très réputée Ludwig-Maximilians Universität de Munich, je me suis fixé trois objectifs : perfectionner mon allemand, appréhender l’Europe sous un angle inédit et approfondir mes connaissances en défense européenne et enjeux de sécurité. Mon intégration en Allemagne, bien que culturellement et géographiquement proche, a été une épreuve formatrice : rythme de vie, fonctionnement universitaire, modalités de sociabilité, tout différait. Grâce à des cours intensifs d’allemand, des visites culturelles à travers l’Europe et la rédaction de mémoires sur les violences politiques, je suis fière d’avoir regagné la France trilingue, enrichie de nouvelles connaissances en théories des conflits, et convaincue de rejoindre l’École d’Affaires Publiques, son master en affaires européennes et sa spécialité Sécurité et défense.
La combinaison de ce master et de cette spécialité, le tout dans un environnement de travail très rigoureux, a élargi mes connaissances et mes horizons professionnels. J’aime l’idée de me spécialiser dans un domaine vaste tout en élargissant mes perspectives grâce à mon ancrage européen. Ma première année à l’École d’Affaires Publiques a aussi été l’occasion de relever des défis extérieurs au cursus traditionnel : apprentissage d’une nouvelle langue, représentation des étudiants, organisation d’un cycle de conférence sur le cyber dans l’association SPDS, préparation physique aux concours d’officiers, ainsi que celle du concours AD5.
Mon parcours à Sciences Po m’aura dotée de connaissances solides dans une grande variété de domaines, d’une capacité à traiter simultanément plusieurs thématiques complexes, d’une résilience face à un rythme de travail exigeant et d’une aptitude à porter des projets ambitieux, tels qu’un débat réunissant huit candidats aux élections européennes, un voyage d’études à Bruxelles ou une conférence avec le directeur général de l’ANSSI.
Quelle a été votre motivation pour intégrer l'AEAP et pour vous présenter comme présidentE
Les engagements associatifs font partie intégrante de ma vie à Sciences Po depuis le premier jour. En bachelor, j’ai été membre puis présidente d’une association culturelle et d’une association de débat. J’ai pris plaisir à aider les lycéens à travers SOSciences Po, à déclamer des discours aux concours d’éloquence de SPK, à participer activement aux simulations du parcours de la loi européenne d’Eurocosmos ou à assister à des conférences.
Le monde associatif de Sciences Po est un cadre idéal pour rencontrer des personnes animées par les mêmes passions, pour développer des compétences pratiques complémentaires aux enseignements théoriques et pour apprendre à concilier plusieurs priorités.
C’est comme représentante des étudiants que j’ai commencé mon engagement à l’AEAP. Cette expérience m’a particulièrement plu car elle m’a permis de mettre mes compétences au service de mes pairs, de me confronter à des problématiques inédites et de découvrir les coulisses du fonctionnement pédagogique de Sciences Po. J’ai notamment eu la satisfaction d’organiser le voyage d’études à Bruxelles pour ma promotion : pendant trois jours, nous avons abordé des thèmes variés, des politiques de jeunesse au budget, en passant par l’augmentation des dépenses de défense et la politique de cohésion, et ce au sein des grandes institutions, entreprises et rédactions bruxelloises.
Postuler à la présidence m’a semblé l’occasion parfaite de confirmer les qualités dont j’avais déjà fait preuve et de continuer à travailler à l’amélioration des cursus à l’École d’Affaires Publiques. Cette candidature montre aussi ma persévérance : j’avais déjà candidaté à l’AEAP à mon entrée en master... mais ma candidature n’avait pas été retenue !
Quels seront, selon vous, vos prochaines étapes ou prochains défis, comme étudiante d'un côté, et en qualité de présidente de l'AEAP d'un autre?
Comme étudiante, je cherche à tirer profit de mon année de césure, pour qu’elle ne soit pas une pause mais un tremplin dans mon parcours. Mon stage actuel en sûreté et gestion de crise au sein de la direction sûreté du groupe Pernod-Ricard me fait faire très concrètement de l’anticipation des risques, au prisme des priorités d’une entreprise du CAC 40. Il me tarde de travailler, au semestre prochain, dans le secteur public, auprès de professionnels qui sauront m’éclairer sur les concours administratifs. Parallèlement, je suis des cours d’espagnol et suis à la tête d’une équipe d’une trentaine d’étudiants au sein de l’AEAP.
Comme présidente de l’AEAP, mes objectifs s’inscrivent dans une dynamique collective et dans un projet institutionnel plus grand que nous. Nous accordons une grande importance à intégrer toujours plus les étudiants internationaux et à proposer une offre d’évènements qui élargisse les horizons professionnels des étudiants, quelle que soit leur spécialité.
Allier ambitions personnelles et responsabilités associatives est un exercice exigeant, qui renforce chaque jour mes capacités d’organisation et de prise d’initiative.
Auriez-vous un conseil à donner à un ou une étudiant(e) arrivant en Master 1 à l'École d’Affaires Publiques?
L’arrivée en Master 1 à l’École d’Affaires Publiques est un moment charnière de son parcours académique. Il n’est pas toujours évident de naviguer entre les découvertes et les choix déterminants. Je retiens ces deux principes essentiels :
1) Poser des questions, à nos camarades, à nos enseignants, à nos maîtres de stage, à notre équipe pédagogique, car nous sommes encore en plein apprentissage. Le partage d’expérience est précieux et chacun se montre généralement ravi d’évoquer son parcours.
2) Ne pas chercher à faire comme tout le monde. Il existe autant de beaux parcours que d’étudiants, alors tâchons de ne pas nous laisser intimidés par celles et ceux qui semblent avoir des parcours plus linéaires ou plus avancés. En cela, il est important de préserver sa vie personnelle, ses loisirs et de s’engager.
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