Le campus de Nancy fête ses vingt ans !

Créé en 2000, ce campus se distingue par sa dimension européenne
  • Campus de Nancy © Martin Argyroglo / Sciences PoCampus de Nancy © Martin Argyroglo / Sciences Po

À la rentrée de l’année 2000, 42 étudiants rejoignaient le premier campus régional de Sciences Po, inauguré par Richard Descoings, et dont l’ouverture précéderait celle des sites de Reims, du Havre, de Poitiers, de Dijon et de Menton. Ce campus accueille aujourd’hui 300 étudiants (dont plus de la moitié sont internationaux) pour les deux premières années d’un bachelor avec une spécialisation géographique sur l’Europe et l’espace franco-allemand. En 20 ans, plus de 2000 étudiants sont passés par ce campus.

À la croisée de la France, de l'Allemagne et du Luxembourg, et à seulement 1h30 de Paris en train, Nancy est une ville universitaire (50 000 étudiants) ouverte sur l'Europe et l'international. Connue pour l’ensemble architectural de la Place Stanislas, classé au patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco, et l'École de Nancy, fer de lance de l'Art nouveau en France, Nancy est une ville où l'on découvre et l'on vit la richesse du legs historique. Le campus est d’ailleurs situé dans un cadre prestigieux du XVIIIe siècle, l’Hôtel des Missions Royales. Les étudiants profitent par ailleurs d’une vie culturelle intense, animée par l'Opéra national de Lorraine, le Ballet national de Lorraine, le Centre dramatique national - Théâtre de la Manufacture, ou encore l'Autre Canal, nouvelle scène nancéienne des musiques actuelles. 

Une spécialisation européenne avec un focus sur les relations franco-allemandes

Dans le cadre de la formation pluridisciplinaire en sciences humaines et sociales commune à l’ensemble du Collège universitaire, les étudiants ont la possibilité d’approfondir les enjeux politiques, économiques et sociaux de l’Union européenne dans une perspective comparée entre la France et l’Allemagne. 

En suivant ce cursus francophone qui inclut certains enseignements en anglais et en allemand, les étudiants étudient les grandes questions européennes telles que la constitution d’un espace politique européen, du marché économique intégré ou de la monnaie unique, tout en approfondissant leurs connaissances sur l’espace franco-germanophone (notamment grâce au séminaire de la Chaire Alfred Grosser). Ils peuvent également choisir de suivre un double-diplôme avec University College London (UCL) ou Freie Universität Berlin. 

Les étudiants peuvent enfin apprendre les langues de la zone géographique telles que l’allemand, l’anglais, l’italien, mais aussi l’espagnol, le russe, le suédois.

Pour aller plus loin

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Une rentrée inédite et novatrice

Sciences Po met en place le modèle du "double campus"
  • Étudiante sur le campus de Reims © Paul Rentler / Sciences PoÉtudiante sur le campus de Reims © Paul Rentler / Sciences Po

Comment organiser la rentrée universitaire dans le contexte actuel ? Après un semestre à distance, Sciences Po continue de se mobiliser afin de garantir à tous ses étudiants une scolarité complète et exigeante, fidèle à sa vocation de former des esprits libres, engagés et critiques, structurés intellectuellement par la recherche, les expériences de terrain et les contacts avec les professionnels, et de leur donner les moyens d’agir plus que jamais dans un monde incertain.

Un dispositif inédit et novateur permettra d’ouvrir aux 14 000 étudiants de l’établissement l’ensemble des programmes de formation auxquels ils sont inscrits, le premier jour de rentrée ayant été fixé au 14 septembre 2020.

Dans le respect de toutes les règles de sécurité sanitaires, Sciences Po continuera de promouvoir l’excellence de ses formations et fondera cette rentrée inédite sur trois grands principes :

  • l’égalité d’accès pour tous les étudiants à leur programme, quelle que soit leur localisation ; 
  • l’hybridité des formes pédagogiques, qui associeront enseignements à distance et modules de formation dans les murs ; 
  • la réversibilité pour s’adapter à l’évolution de la situation sanitaire. 

Une rentrée inédite selon le modèle de “double campus”

Au cours du semestre d’automne 2020, tous les étudiants de Sciences Po auront accès à un double campus :

  • Un campus numérique, offrant l'ensemble des contenus pédagogiques, dispensés dans des formats variés, adaptés à chaque cours.
  • Un campus physique, dans chacune des sept villes où Sciences Po est présent, sera ouvert et fera la part belle à l’activité étudiante en petits groupes : classes inversées, ateliers, tutorats, projets collectifs, travaux de groupes, activités associatives encadrées, etc. Ce campus physique sera bien évidemment connecté afin de garantir la participation des étudiants qui ne pourront pas être présents dans les locaux. 

Ce double campus combinera les avantages des formes pédagogiques numérique et physique en les articulant étroitement. Il sera flexible pour offrir une expérience académique la plus complète et la plus féconde possible, y compris pour ceux qui seront éloignés géographiquement, quelle que soit la durée de cet éloignement. Il accordera une large part aux événements de tous ordres qui ponctuent la vie de l’établissement et assurera la continuité d’une riche vie étudiante pour toutes et tous. L'accent sera mis sur l'accompagnement personnalisé, pédagogique mais également technique, pour offrir à chacune et à chacun une connexion optimale au campus numérique.

Ce dispositif s'appuiera sur l'expérience, entamée dès fin février dernier et généralisée depuis le 23 mars, au cours de laquelle tous les enseignements de de Sciences Po ont été délivrés à distance, grâce à la mobilisation exceptionnelle des professeurs, des équipes pédagogiques, administratives et techniques, et à la solidarité dont a fait preuve la communauté étudiante. 

Les responsables du Collège Universitaire et de chacune des Écoles préciseront prochainement les maquettes et les modules pédagogiques qui seront proposés à la rentrée.

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Lettre de Bergame, emblème d’une Europe souffrante et solidaire

Témoignage de Giovanni Moro, étudiant en 3A (campus de Reims), confiné dans sa ville natale en Italie
  • Un balcon à Bergame, le 28 mars 2020 ©Luca Ponti / ShutterstockUn balcon à Bergame, le 28 mars 2020 ©Luca Ponti / Shutterstock

Nous reproduisons ci-dessous le témoignage personnel de Giovanni Moro, daté du 19 avril 2020.

En écoutant le discours du président de la République s'adressant aux Français, le 13 avril, en pleine épidémie, je me suis arrêté pour réfléchir à l'hommage que Monsieur Emmanuel Macron a rendu à ma ville. "Oui, nous ne gagnerons jamais seuls", a déclaré le président, "parce qu’aujourd’hui à Bergame, Madrid, Bruxelles, Londres, Pékin, New York, Alger ou Dakar, nous pleurons les morts d’un même virus".

Ces derniers jours, je suis rentré à Bergame, dans le nord de l'Italie, une ville d’environ cent vingt mille habitants érigée aux pieds des “Alpi Orobie”, où je suis né et où j'ai fait mon lycée. C'est cette ville et ces montagnes que j'ai quittées en 2017 pour partir étudier en France, à Sciences Po Paris, où j'ai appris la langue dans laquelle je vous écris. Bergame est une petite ville charmante de Lombardie, en comparaison des grandes métropoles mentionnées par le Président. Une province, qui aujourd'hui est martyrisée par le coronavirus, enregistrant une augmentation, selon l’Institut National de Statistique italien, de 337% des décès par rapport à l'année dernière pour causes imputables à la pandémie. Le maire de Bergame, Giorgio Gori, affirme que près d’un demi-million de personnes pourraient avoir été infectées dans cette province, ce qui représente la moitié de sa population.

Comme tous ceux qui vivent loin de chez eux en raison de leurs études ou de leur travail, mais se retrouvent subitement à vivre avec leurs proches en ce temps de crise, je pense pouvoir partager la même appréhension face à une situation inédite qui entraîne des changements majeurs au sein de notre mode de vie. Mais qu'est-ce qui a pu changer dans la vie d'une famille en si peu de temps ? Tout, nous apprend ce virus qui, ici à Bergame, déchire l’affection, la douceur, la chaleur, bouleverse le rythme quotidien, et crée des abîmes. La famille, comme notre ville natale, est tout ce que nous avons : elle reste notre refuge, le lieu de communion vers lequel on ne peut pas se passer de revenir, a fortiori lorsqu’il faut partager la douleur. Bergame est devenue l’épicentre européen d’un drame qui nous plonge dans le deuil des êtres chers. Cela m'attriste de voir des images de rangées de convois militaires transportant les corps hors de la ville pour être incinérés, parce qu’il n'y a plus de places disponibles au cimetière. Cela me fend le cœur de savoir que les personnes qu’on aime meurent à l'hôpital seules, sans leurs proches à leur côté, ou, pire, à la maison, sans avoir accès à des soins médicaux.

Cependant, les Italiens serrent les dents et, l’âme stoïque, austère, s’apprêtent à se retrousser les manches, prenant leur courage à deux mains pour rebâtir ensemble tout ce qui a été détruit. Ici chacun contribue dans la mesure où il peut : il y a ceux qui sauvent des vies en travaillant à l’hôpital ; et ceux qui sauvent des vies en restant à la maison. "Je vais renaître, tu vas renaître" sont les mots d'une chanson qu'un auteur-compositeur local a dédiée à Bergame, et qui résonnent dans toute l'Italie, en nous donnant ainsi un nouveau souffle de vie. Sur les balcons on voit nombreuses bannières avec des mots d’encouragement comme « Berghem mola mia », en lombard, « courage, tiens bon, Bergame ». Si aujourd'hui cette ville, bien que durement touchée, réussit à lutter contre le virus, c'est parce que ses citoyens font appel aux valeurs qui la distinguent. C’est pourquoi je souhaiterais que Bergame soit considérée comme un emblème européen non pas seulement pour sa souffrance, mais aussi pour son esprit du sacrifice, de résistance, de l’union des volontés. Le peuple de cette ville et de ses vallées verdoyantes traversant les Alpes est traditionnellement réservé, modeste, discret : aujourd’hui Bergame pleure en silence et secrètement la mort des êtres chers mais n'a jamais perdu une bataille. Jamais cette ville n’a cessé d’être héroïque, depuis que, à l’heure de l'Unification de l'Italie, elle s’est distinguée par le nombre d’habitants qui se sont joints à Garibaldi lors de l'Expédition des Mille en 1860. Les murs des fortifications de la Ville Haute, théâtre du Risorgimento, témoignent de la bravoure atavique de Bergame. Inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, ils protègent la vieille place, décrite par l’architecte Le Corbusier comme la plus belle d'Europe. Bergame est, par ailleurs, un mélange d'histoire et de modernité, parce que c’est un centre de l’économie italienne ; c’est le cœur de son football aussi : Atalanta nous rend fiers de voir notre équipe pour la première fois cette année en Ligue des Champions. En ce moment, dans nos familles, dans nos villes, on n’a besoin que de cet esprit d'équipe, de cette audace, de cet effort collectif pour vaincre ensemble le virus. Je souhaiterais qu’en Europe nous essayons tous de combattre avec l'esprit de camaraderie de Bergame, qui, par le civisme de ses citoyens, accède à la plus haute valeur du sens de la communauté. En Italie on se dit que “andrà tutto bene”, que “tout ira bien” : nous en sommes convaincus. Nous avons raison d’y croire fermement, parce que cela nous donne le courage de résister. Tout ce qui afflige l’Italie ne peut pas étouffer l’envie de regarder au-delà, tout simplement ce désir de vivre, qui a toujours caractérisé cette robuste terre depuis Bergame jusqu’à Palerme. Cela ne peut pas nous empêcher de planifier à l’avance : d'imaginer le moment joyeux où nous hériterons de la flamme olympique de Paris 2024, pour célébrer, ici, en Italie, les Jeux Olympiques d'hiver 2026. Lorsque la pandémie sera terminée, la beauté du sport saura nous unir à nouveau, et, ensembles, nous serons plus rapides, plus hauts, plus forts.

Les paroles du Président Macron sont ici accueillies comme une manifestation de l’humaine empathie qui, face à la destruction, nous donne le courage de joindre nos forces à celles de nos compatriotes européens. Elles renouvellent l'esprit de fraternité qui nous unit, citoyens d’Europe, dans notre guerre contre un commun ennemi invisible. Cela me rappelle ce sentiment de sympathie, que j'ai vécu moi-même pendant mes années à Sciences Po Paris et dans la famille française qui m'a accueilli durant mes études : un sentiment de grâce, d’harmonie, dont nous avons tellement besoin en ce moment. Je trouve réconfortant de penser qu'au-delà de ces Alpes, il y a un peuple qui, bien que souffrant autant que nous, démontre toute la compassion pour la tragédie que vivent ma ville et mon pays.

Cette compassion est l'essence de notre amitié européenne qui repose sur deux piliers : se réjouir ensemble, mais aussi souffrir ensemble. Cet appel fort du Président Macron à l'Europe est précieux dans une période de désespoir. Une crise, comme le trahit son étymologie, n'indique pas seulement une aggravation d'une situation, une insoluble aporie, mais présente aussi une connotation positive : un moment de crise doit être, surtout, une période de réflexion, d'évaluation, de discernement, et peut se transformer en condition préalable nécessaire à une renaissance, à une Europe florissante portant les valeurs humaines qui nous réunissent en ces jours sombres. Aujourd’hui, dans nos familles, dans nos villes, il faut nourrir l'espoir, consistant, comme l’a dit le Président de la République italienne Mattarella à l'aube de la nouvelle année, « dans la possibilité d'avoir toujours quelque chose à atteindre ». Ces-jours-ci, l'espérance est celle de voir, au nom de la douleur qu’on partage, l’Europe renaître plus solidaire, s’inspirant des citoyens d’Italie, de France, d’ailleurs qui luttent avec la seule arme de l'abnégation pour défendre la concorde entre nos peuples. Le Président Macron évoque notre identité européenne comme une splendide opportunité de résilience, de refondation et de rénovation du projet de coexistence pacifique. Avec cet esprit, notre expérience collective face au coronavirus pourra donner une nouvelle vie au projet d'intégration européenne, dans le sillage de nos pères fondateurs, dont l'héritage est maintenant plus vivant que jamais. Bergame est la ville qui ouvre les bras pour mettre en œuvre l’intérêt communautaire, parce que, comme résonnent ici les mots du Président Macron, « nous ne gagnerons jamais seuls ». C’est pourquoi, au cours de la pandémie, tout comme à l’issue de la Seconde Guerre Mondiale, nous devons répondre à l'appel irrésistible de l’Europe unie : nous devons continuer à imaginer la vie ensemble, à ne pas renoncer au tendre souvenir des douceurs du lendemain, à être nous-mêmes signes d'espérance pour la reconstruction commune de l’avenir.

Giovanni Moro, étudiant en troisième année - Avril 2020.

Keep Learning : comment Sciences Po est passé en ligne

Entretien avec Bénédicte Durand, Directrice de la formation
  • Keep Learning : pas de confinement pour les idées ! ©Alexander Trou/ShutterstockKeep Learning : pas de confinement pour les idées ! ©Alexander Trou/Shutterstock

14 000 étudiants issus du monde entier et sur tous les continents, 700 cours par jour : le passage en ligne imposé par la crise sanitaire a constitué un défi inédit pour Sciences Po. C’est aussi l’opportunité d’inventer de nouvelles façons d’apprendre et d’enseigner. Bénédicte Durand, Directrice de la formation, raconte l’énergie déployée par toutes les communautés dans cette aventure qui transformera durablement Sciences Po.  

Les cours à Sciences Po ont repris à distance depuis lundi 23 mars. Comment mettre en ligne 700 cours par jour ?

Bénédicte Durand : Les nuits ont été courtes ! Quand nous avons décidé de passer la fin du semestre en ligne, nous avons commencé par fixer trois principes directeurs : d’abord, préserver la qualité de la formation, et donc du diplôme. Ensuite, alléger la maquette pédagogique pour permettre aux étudiants de réorganiser leur travail en fonction de leur capacité de connexion. Enfin, développer un suivi individuel renforcé de tous nos étudiants. Puis, nous avons choisi l’outil le plus adapté : il s’agit de la plateforme Zoom, que nous testions depuis quelque temps déjà. En utilisant l’outil nous-mêmes, avec les équipes pédagogiques, nous avons pu définir ce qu’il était possible de faire avec, et ce qui devait se faire autrement. 

Bénédicte Durand

À Sciences Po, les parcours de formation sont nombreux, du bachelor au doctorat, et les formats pédagogiques très variés, de l’amphi aux “conférences de méthode” : qu’est-ce qui vous a guidé pour ce passage en ligne ?

B.D. : Nous avons resserré la maquette pédagogique sur l’essentiel, à savoir les fondamentaux de la formation ; mais nous conservons 80 % des cours. En considérant le fait qu’il fallait gérer une communauté étudiante qui est présente sur tous les fuseaux horaires de la planète, nous avons vite réalisé l’importance d’enregistrer les cours et de multiplier les supports pédagogiques. La nouvelle offre aujourd’hui est proposée pour une part sur Zoom mais aussi sur d’autres types d’outils - Moodle, e-mails, dépôts de documents sur Drive - pour éviter que les étudiants qui peuvent avoir des difficultés d’accès à internet ne soient pénalisés. D’où la nécessité de consacrer une semaine à la construction de cette offre... 

Qu’est-ce qui vous a guidé dans le choix des outils ? 

B.D. : On a voulu embarquer toute la communauté, des plus “experts” au plus débutants. Bien sûr, certains de nos enseignants étaient déjà très innovants en matière de numérique. Mais nous avons voulu construire une offre accessible à tous, y compris les plus novices. C’est l’opportunité pour nous de faire émerger une culture numérique partagée. Et de montrer que ces outils doivent s’intégrer dans la durée : notre monde a besoin de se réinventer avec moins de mobilité, plus de durabilité, et un contact préservé. 

Sciences Po compte des campus en région : comment le dispositif y est-il déployé et avec quelles spécificités ? Pourrait-il y avoir des mutualisations de cours ?

B.D. : Nous n’avons pas encore réfléchi en terme de mutualisation - nous avons eu le souci de  nous adresser aux étudiants dans leur communauté de campus, d’École. C’est important de garder ce cadre de solidarité, les étudiants se connaissent et se font confiance : il n’était pas question de “déranger” cela. En revanche nous avons tout de suite inclus les campus et les Écoles dans la réflexion pour co-construire cette nouvelle offre à tous les niveaux de formation et en prenant soin de respecter les spécificités pédagogiques. 

Comment accompagnez-vous les enseignants pour qu’ils s'approprient ces nouvelles approches ?

B.D. : Nous avons créé les comptes Zoom de tous les enseignants, équipes pédagogiques et administratives, et, nous leur avons envoyé des tutoriels très complets. Nous leur proposons des formations deux fois par jour pour les accompagner. Il faut évidemment adapter le format traditionnel des enseignements : deux heures de cours magistral en vidéo, c’est trop long. Mais chaque professeur est libre d’adapter sa session avec toute la souplesse nécessaire, en mêlant cours, chat, questions, échanges. Tout le monde découvre l’outil en même temps : profitons-en pour en faire un espace de liberté pédagogique. Cela servira pour la suite, j’en suis convaincue. 

Cette crise aura-t-elle des effets durables sur la façon d’enseigner à Sciences Po ? 

B.D. : Oui, je pense qu’on ne pourra plus reprendre les cours dans leur format traditionnel, comme si de rien n’était. Cette crise, c’est aussi l’occasion pour les enseignants et les étudiants de réaffirmer une volonté de poursuivre les apprentissages et la transmission des connaissances, coûte que coûte. Malgré la difficulté, il s’en dégage une énergie incroyable. Les étudiants et enseignants vont inventer des choses qu’ils auront envie de poursuivre, j’en suis convaincue !

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"Menton Livraison" : quatre étudiants s'engagent

Pour aider les personnes à risque, quatre étudiants créent une plateforme de livraison solidaire
  • Vue sur le clocher de Menton © Joanna Peel / Sciences PoVue sur le clocher de Menton © Joanna Peel / Sciences Po

Au début du mois de mars 2020, alors qu’une grande partie de la France vit encore dans l’insouciance, Tommaso Campomagnani, Nolwenn Menard, Joseph Moussa et Mathilde de Solages, étudiants en première année sur le Campus de Menton, anticipent la possibilité d’un confinement. Dans cette ville où un tiers de la population a plus de soixante ans, ils créent la plateforme Menton Livraison, qui garantit la livraison de produits de première nécessité par des bénévoles pour les personnes à risque. Mathilde et Nolwenn nous racontent cette aventure collective, faite de difficultés administratives et de belles rencontres.

Comment l’idée de créer Menton Livraison vous est-elle venue ?

Mathilde : Début mars, Joseph est venu nous voir sur le campus et a proposé de nous présenter son idée en cinq minutes. Le soir-même, nous étions réunis tous les quatre chez lui pour imaginer le fonctionnement de Menton Livraison, un service destiné aux personnes à risque.

Nolwenn : Il est vrai qu’à ce moment-là, l’idée de confinement pouvait sembler très éloignée. Certains pensaient que nous aurions du mal à mobiliser des partenaires. Mais en même temps, Menton baignait déjà dans une atmosphère particulière du fait de sa proximité avec l’Italie... Au retour des vacances de février, plus de la moitié des étudiants de Sciences Po étaient en quarantaine, parce qu’ils avaient transité des villes comme Milan. Tommaso, qui est Italien, avait des nouvelles alarmantes de ses proches de l’autre côté de la frontière. On voyait les Mentonais de plus en plus inquiets, des regards soupçonneux quand on toussait dans un espace public…

Mathilde : Nous sommes tous conscients que Menton est une ville particulière dans sa démographie. Même si la réalité ne correspond pas au cliché persistant de la « ville de vieux », plus d’un tiers des Mentonais ont plus de 60 ans ! Nous avons regardé ce qui s’était passé en Chine et en Italie, la courbe d’évolution de la maladie, et nous avons pensé : c’est le calme avant la tempête.

Comment fonctionne Menton Livraison ? Quand ce service a-t-il été lancé ?

Mathilde : Menton Livraison est un numéro de téléphone qui permet aux personnes à risque de commander des articles de première nécessité, listés sur notre site Internet, puis de se les faire livrer à domicile par des bénévoles.

Nolwenn : Initialement, nous avons pensé à une application. Puis, très rapidement, l’idée d’une hotline s’est imposée comme étant plus adaptée à un public de personnes âgées. Nous avons choisi un serveur vocal qui enregistre les commandes et qui les restitue, soit sous forme d’enregistrement vocal, soit sous forme de retranscription écrite. Ainsi, la ligne n’est jamais occupée, et nous pouvons traiter les demandes à mesure qu’elles arrivent.

Mathilde : La ligne a été mise en service le jeudi 26 mars à 10h. Dès le premier jour, nous avons livré une douzaine de commandes ! Et nous avons invité chaque bénévole et chaque bénéficiaire à nous faire des suggestions pour améliorer le service sur la durée. Depuis le lancement, les retours sont très positifs, ce qui est gratifiant - car c’est le fruit d’un long travail. Lorsque nous nous sommes lancés, nous n’avions aucune idée des délais induits par les obligations administratives, légales, sanitaires ! Il a d’abord fallu créer une association, ce qui est une démarche simple mais qui prend un certain temps. Puis, chaque aspect de l’activité a nécessité un traitement propre. Pour livrer des médicaments, par exemple, nous devrons attendre le feu vert des organismes de direction régionale, puis nationale. Ce n’est pas encore gagné.

Nolwenn : Heureusement, la Mairie est un partenaire très actif du projet. Les services municipaux et le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) nous ont guidé dans toutes ces démarches, ils nous ont mis en relation avec les autorités compétentes, et ils nous procurent du matériel indispensable pour assurer la sécurité de tous (bénévoles comme bénéficiaires) : masques, gants, gel hydro-alcoolique…

Sur qui pouvez-vous compter pour vous aider ?

Mathilde : Grâce à l’aide de la Mairie, qui a parlé de nous sur ses réseaux sociaux, nous pouvons compter sur une soixantaine de bénévoles prêts à agir (dont un tiers de « sciences-pistes »).

Nolwenn : Et bien sûr, nous pouvons compter sur l’implication du Carrefour City Félix Faure, qui est un partenaire très motivé. Cette enseigne est tenue par des particuliers qui ont tout de suite adhéré au projet. Ce sont eux qui nous ont fourni la liste des produits de nécessité les plus fréquemment achetés par les clients. Evidemment, si nos bénéficiaires veulent d’autres produits, ils peuvent en faire la demande ; mais la disponibilité des produits proposés sur notre site est garantie par le magasin.

Mathilde : Pour une petite ville comme Menton, et une petite enseigne comme le Carrefour City Félix Faure (qui ne dispose que d’un livreur en temps normal), l’action de bénévoles est essentielle pour faire face aux très nombreuses demandes déjà reçues par le CCAS.

Quelle est la force de votre équipe ?

Nolwenn : Chacun apporte ses connaissances, ses compétences et son expérience propre. D’abord, nous venons d’horizons différents : Tommaso, qui est italien, habitait à Tenerife avant de rejoindre Sciences Po ; Joseph, libanais, habitait en Arabie Saoudite ; Mathilde, française, habitait au Pays Bas ; et moi, qui suis franco-américaine, je vivais à San Francisco. Nous avons chacun connu des environnements, des systèmes de santé et de protection qui diffèrent d’un pays à l’autre. 

Mathilde : Et puis, nous avons mis en commun des « savoir-être » complémentaires. Joseph a une grande mémoire et réfléchit très rapidement. Tommy est très créatif. Quant à Nolwenn et moi, nous aimons aller à la rencontre des gens, et les échanges nombreux et nécessaires avec l’administration française ne nous font pas peur ! Enfin, tous les quatre, nous avons tendance à nous engager très intensément dans ce que nous entreprenons. Ce niveau d’implication doit être égal dans une équipe. 

Comment travaillez-vous aujourd’hui ?

Chacun est dans son lieu de confinement, mais nous travaillons quotidiennement par téléphone ou par visioconférence. Pas besoin d’être ensemble pour agir ! 

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Isabelle Autissier, invitée d'honneur de la pré-rentrée à Paris

Regardez son interview en vidéo
  • Isabelle Autissier ©Thomas Arrivé / Sciences PoIsabelle Autissier ©Thomas Arrivé / Sciences Po

La navigatrice Isabelle Autissier, première femme à avoir accompli un tour du monde lors d'une compétition, également écrivain et présidente du WWF-France, était l'invitée de la pré-rentrée des élèves de première année sur le campus de Paris, mercredi 22 janvier. Retrouvez son interview en vidéo.

Le Fact-Checking est-il vraiment efficace ?

De la vérification à la discussion : les nombreuses méthodes de fact-checking
  • Revues sur la mission Apollo @Steve Jurvetson/Flickr, CC BY-NDRevues sur la mission Apollo @Steve Jurvetson/Flickr, CC BY-ND

Par Manon Berriche - Le fact-checking ne date pas d’hier. Dès son lancement, en 1923, le magazine Time avait déjà recruté une équipe de fact-checkers. Leur rôle à l’époque : vérifier scrupuleusement toutes les informations avant qu’elles ne soient publiées. Mais à l’ère du numérique, l’essor des réseaux sociaux a entraîné un bouleversement du fonctionnement de l’espace public traditionnel.

Illustration > La mission Apollo a été récemment remise en question par de nombreux Américains persuadés qu'il s'agissait d'une intox. Steve Jurvetson/Flickr, CC BY-ND

Comme l’explique Dominique Cardon dans son livre La Démocratie Internet, la pertinence attribuée à une information ne résulte plus d’une évaluation normative de son contenu par des experts mais émane plutôt d’une « agrégation numérique ». C’est-à-dire que, désormais, les informations exposées sur la toile ne sont plus filtrées en étant au préalable passées au crible par des experts et journalistes. Elles sont à la place hiérarchisées a posteriori par des algorithmes de classement et de référencement qui dépendent en partie des clics et « likes » des internautes.

Essor du journalisme de vérification

Cette reconfiguration de l’espace public ouvre ainsi la porte à de nouveaux contenus, pas toujours vérifiés, ni toujours pertinents, pour le débat public, parmi lesquels certaines fake news.

Dans ce nouveau contexte, les rubriques de fact-checking ont largement augmenté depuis une dizaine d’années afin de valider cette fois-ci a posteriori l’exactitude des chiffres et des informations énoncées publiquement. En Europe, par exemple, plus de 90 % des sites de fact-checking ont été établis depuis 2010, avec une intensification accrue ces dernières années.

Ainsi, en France, Libération, via sa rubrique « Désintox » (2008), fait figure de pionnier. D’autres médias ont suivi avec notamment « Les Décodeurs » (2014) pour le journal Le Monde, l’émission radio dédiée de France Info « Le Vrai du Faux » (2012) ou encore « AFP Factuel » (2017) pour l’Agence France Presse.

Les Décodeurs. Le Monde

Info fact-checkée, info approuvée ?

Face à l’émergence de ce nouveau mode de traitement journalistique de l’information, le public peut ainsi se tourner de plus en plus vers des vérifications réalisées par des experts pour s’assurer de la validité de différents contenus.

Un sondage réalisé par les étudiants de Sciences Po auprès d’une centaine de personnes révèle d’ailleurs que 90 % d’entre elles se disent familières des méthodes de fact-checking et très favorables à leur développement.

Mais au-delà de cette appréciation positive du fact-checking par le grand public se pose la question de son efficacité : dans quelle mesure celui-ci permet-il réellement de discréditer certaines fake news et d’endiguer la formation de croyances infondées ?

À cette question, plusieurs études, et notamment une méta-analyse – qui combine les résultats de plusieurs études scientifiques indépendantes –, indiquent un effet général significatif du fact-checking sur les opinions individuelles pour contrer certaines fausses informations.

Identifier les formats et les méthodes les plus efficaces

Finalement, l’enjeu actuel est surtout d’identifier les formats et méthodes les plus ajustés pour convaincre le grand public. Sur ce point, une expérience a par exemple montré qu’il pouvait être plus efficace de proposer des visualisations de données synthétisant le nombre de propos trompeurs tenus par des hommes ou femmes politiques, pour fournir aux gens des indicateurs sur la fiabilité de certains émetteurs d’information, plutôt que de procéder à des rectifications énoncé par énoncé.

Alexander Agadjanian et al.2019, Author provided

Une autre recherche a aussi suggéré que le recours à des formats vidéo pouvait s’avérer particulièrement persuasif. Ainsi, bien que YouTube soit fréquemment accusé de faciliter la diffusion d’informations erronées, sans doute n’est-il pas inutile de souligner que dans le même temps cette plate-forme a aussi permis l’émergence de nombreux vidéastes dont l’objectif est précisément de démonter les fake news, comme Aude Favre et sa chaîne WTFake.

Le lama, mai 2019.

La politique privilégiée au détriment des infos scientifiques

Si les études scientifiques montrent que le fact-checking peut être efficace pour lutter contrer la prolifération d’informations fallacieuses, il faut néanmoins noter que certains thèmes sont parfois moins traités par les rubriques de fact-checking.

Pour étudier cette question, les étudiants de Sciences Po ont récolté les 50 derniers articles de trois rubriques de fact-checking : (1) l’AFP Factuel ; (2) Les Décodeurs ; (3) Checknews. Résultats ? Ils ont trouvé que les corrections étaient souvent centrées sur les sujets d’actualité politique et économique. A contrario, la place réservée aux questions écologiques ou de santé publique était beaucoup plus faible (variant respectivement entre 2 % et 10 % et 2 % et 8 %).

Des initiatives associatives, telles que Science Feedback, commencent cependant à émerger pour aider le grand public à mieux discerner la solidité d’énoncés scientifiques sur la santé ou le réchauffement climatique.

   

 

Les vidéos de vérification sur la santé sont-elles bien perçues ?

Face à cette moindre considération des sujets de sciences dures, dont la santé au sein des rubriques de fact-checking traditionnelles, les étudiants de Sciences Po ont décidé de focaliser leur enquête sur cette thématique, en s’intéressant notamment à la force persuasive des vidéos de débunkage à propos de certaines informations scientifiquement infondées sur les vaccins.

Pour cela, ils ont réalisé une analyse approfondie des 130 commentaires suscités par une vidéo de la chaîne Youtube Hugo Décrypte visant à expliquer pourquoi certaines informations circulant sur les vaccins (telles que « les vaccins favorisent l’autisme ») sont erronées. Leurs résultats montrent qu’une importante majorité de ces commentaires (67 %) étaient favorables à la vidéo.

« Les vaccins sont-ils dangereux ? » (Hugo Décrypte).

Mais une catégorisation plus fine de ces commentaires révèle que la réception de la vidéo ne se réduit pas à la seule question de la validité de son contenu dans la mesure où celle-ci a également donné lieu à des remarques plus personnelles pour remercier le vidéaste (11 %) mais aussi pour lui proférer des attaques ad hominem (9 %). Au-delà de son seul contenu, l’appréciation de la vidéo dépend donc aussi du degré de considération et de légitimité accordé à son émetteur, ce qu’indique d’ailleurs également une des six personnes interviewées par les étudiants après un visionnage de la vidéo :

« Je pense qu’il est important de savoir qui est l’auteur, sa formation quand on regarde une vidéo de fact-checking » (femme, 49 ans, cadre)

 

 

Quand les internautes deviennent eux-mêmes fact-checkers

Au-delà des méthodes de fact-checking déployées par des médias traditionnels ou des chaînes de vulgarisation scientifique, il faut aussi noter que des processus d’autorégulation peuvent se mettre en place entre les internautes sur les réseaux sociaux.

En effet, les commentaires qui accompagnent certaines fake news ne sont pas nécessairement le signe d’une crédulité passive de la part des internautes. Bien au contraire, ces derniers peuvent faire preuve de vigilance et prévenir les autres du caractère fallacieux d’une information en mettant en doute sa véracité par un commentaire du type « attention, vérifiez la source » ou encore en renvoyant vers un article la débunkant.

Parfois, il arrive même qu’ils mènent des enquêtes minutieuses pour contredire eux-mêmes certaines fausses informations, à l’instar de cet internaute qui a effectué une recherche par image inversée pour retrouver la source originelle d’une photo (prise en nouvelle Zélande en 2016) et ainsi prouver qu’il ne s’agissait pas du tout d’une route endommagée par un séisme en vallée du Rhône.

L’AFP Factuel recommande d’ailleurs aux gens de regarder les commentaires des autres afin d’évaluer plus facilement la fiabilité des informations.

Des études ont d’ailleurs montré que les commentaires accolés aux contenus médiatiques pouvaient être des sources de corrections effectives face à certaines fausses informations ou encore que la perception d’un consensus au sein des commentaires d’autres internautes pouvait moduler l’attitude des individus sur les questions liées au réchauffement climatique exemple. Ainsi, une piste intéressante pour contrer le phénomène de la désinformation pourrait être de mobiliser l’intelligence collective du grand public.

Le pouvoir de l’intelligence collective

D’après une récente étude de psychologie le grand public peut discerner avec autant de justesse des sources fiables de sources moins fiables que des fact-checkers professionnels.

C’est le pouvoir de l’intelligence collective. En France, il est ainsi positif de noter qu’un fact-checking collaboratif est en train de se développer, avec par exemple l’intermédiaire de la plate-forme indépendante comme CaptainFact.

Dans ce cadre, les internautes collaborent pour vérifier eux-mêmes des informations présentes sur le web. Chacun peut citer une affirmation présente et la valider ou l’infirmer avec des sources. Au-delà de corrections factuelles, il pourrait ainsi être également pertinent d’encourager davantage de dispositifs facilitant les débats et échanges d’idées pour permettre aux démocraties contemporaines d’être réellement participatives et délibératives.

Dialoguer pour mieux raisonner

Une récente expérience, menée pendant la Fête de la Science 2018 et le Forum des Sciences Cognitives 2019, suggère d’ailleurs qu’il pourrait être intéressant pour les chercheurs de s’engager davantage avec le grand public pour animer des discussions sur certains sujets controversés, comme la vaccination ou les OGMs, en expliquant au public ce que signifie une preuve en science et quel est le consensus actuel de la communauté scientifique sur ces sujets.

En effet, à l’issue de cette expérience, les participants étaient plus nombreux à trouver les vaccins bénéfiques pour la santé humaine, et à considérer les OGMs comme non néfastes.

C’est que, comme l’ont montré les chercheurs de psychologie cognitive Dan Sperber et Hugo Mercier, le raisonnement est une compétence sociale particulièrement performante lors de contextes dialogiques, où arguments et contre arguments peuvent être échangés librement, et plus particulièrement au sein de groupes où règne une certaine diversité de point de vue.

Ainsi, plutôt que des « faux » estampillés au feutre rouge indélébile, comme des annotations laconiques réalisées dans les marges d’une interro surprise, à propos desquelles un élève n’aurait rien le droit de rétorquer, peut-être est-ce davantage des formats médiatiques facilitant le dialogue avec le grand public qu’il faudrait encourager. Car, comme le soulignait déjà Kant au XVIIIe siècle, pour que les citoyens puissent faire un « usage public de leur raison », il est nécessaire de garantir la liberté d’expression et de publication de tous.

Lise Kinnenman, Alexandre Potin et Antoine Chossat, étudiants au Collège Universitaire de Sciences Po, ont contribué à cet article en menant un travail d’enquête sur le fact-cheking dans le cadre du cours de « Culture et enjeux du numérique ».

Manon Berriche, Doctorante, Sciences Po – USPC

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

The Conversation

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10 bonnes raisons d'étudier à Reims

Découvrez le plus grand des campus du Bachelor
  • Étudiantes et étudiants dans la cour de l'église ©Paul Rentler / Sciences PoÉtudiantes et étudiants dans la cour de l'église ©Paul Rentler / Sciences Po

Après avoir découvert qu’on pouvait faire Sciences Po (Paris) ailleurs qu’à Paris, la plupart des lycéens se posent LA question fatidique : quelles différences y a-t-il entre les sept campus du premier cycle ? Et comment faire son choix entre Dijon, Le Havre, Menton, Nancy, Paris, Poitiers, ou Reims ? Focus sur le campus champenois et ses solides arguments.

1. Un campus sorti tout droit de Harry Potter

Les campus de Sciences Po en région sont tous implantés sur des sites historiques et architecturaux exceptionnels. Ouvert en 2010, celui de Reims en est l’un des plus beaux exemples : construit au XVIIe siècle, l’ancien “Collège des Jésuites” a ainsi renoué avec sa vocation d’enseignement. Depuis les voûtes des anciennes cuisines jusqu’aux vitraux et peintures d’époque, en passant par les cours arborées et la vigne multi-centenaire, l’atmosphère du lieu se situe quelque part entre Oxford et la Sorbonne. Magnifiquement restauré, le campus offre à la fois la beauté d’un monument historique classé et la modernité nécessaires aux étudiants de ce siècle. Notre coup de cœur : les boiseries et dorures baroques de l’ancienne bibliothèque des Jésuites, devenue salle d’études, qui pourraient facilement servir de décor à un épisode de Harry Potter.

2. Les avantages d’une grande ville….

Dotée d’un immense patrimoine architectural, la “Cité des Rois” possède trois sites inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Connue notamment grâce à sa cathédrale du XIIIe siècle, c’est à Reims que les souverains recevaient, sous l’Ancien Régime, le sacre qui leur conférait la majesté royale

Désignée “Ville d'Art et d'Histoire”, Reims abrite une vie culturelle riche, avec un Opéra et de nombreux festivals de musique. Douzième ville de France par sa population, avec près de 200 000 habitants, on y trouve tous les services et équipements nécessaires à une vie étudiante, festive et sportive bien remplie. Last but not least, Paris se situe à 45 minutes en TGV, de quoi profiter également des nombreuses possibilités offertes par la capitale. 

3. ...sans les inconvénients !

Les conditions de vie à Reims sont plus faciles qu’à Paris, avec notamment des logements beaucoup moins chers, proposés par le CROUS et les autres résidences étudiantes. De très nombreux logements sont disponibles à moins de cinq minutes à pied du campus. Moins coûteux, le quotidien s’en trouve aussi moins stressant, avec des trajets moins longs et des activités, loisirs et services facilement accessibles. De même, à l’échelle du campus : deuxième campus du Collège en taille, après celui de Paris, il rassemble désormais près de 1600 étudiants. Une communauté à la taille idéale, à la fois propice aux échanges et à la cohésion.

4. Vivre en V.O.

Plus de la moitié des étudiants rémois de Sciences Po sont des étudiants internationaux, issus de 50 nationalités différentes, avec une forte représentativité des États-Unis. Les programmes sont enseignés en anglais et en français, les deux langues officielles du campus, que tous les étudiants maîtrisent à la sortie du Bachelor. De quoi, également, accueillir les professeurs de langue anglaise les plus réputés dans leurs domaines respectifs.

Le campus de Sciences Po à Reims est ainsi une opportunité unique de rencontrer et de se lier d’amitié avec des gens aux expériences multiples, de pratiquer les langues étrangères - de l’espagnol à l’arabe en passant par le swahili - et de vivre l’international au quotidien.

5. Un programme historique dédié aux États-Unis

Sciences Po with an American twist!” : depuis sa création en 2010, le campus de Reims accueille le programme “Amérique du Nord” du bachelor. Quelles différences entre les systèmes de droit français et américain de common law ? Pourquoi les États-Unis n’ont-ils eu qu’une seule Constitution depuis la fin du XVIIIème siècle ? Comment y est pensé le concept d’égalité ? Qu’est-ce que "l’affirmative action" ? Dans ce cursus anglophone, les étudiants explorent les relations transatlantiques avec une approche comparée des institutions, de l’histoire, de la politique étrangère, en lien avec les problématiques contemporaines.

6. Et de deux ! Un nouveau programme consacré à l’Afrique

Depuis 2015, Reims est devenu le seul campus à proposer une deuxième spécialisation géographique avec l’arrivée du programme Afrique. Dans le cadre de ce cursus francophone, les étudiants explorent l’histoire du continent africain ainsi que les questions politiques, démographiques, environnementales, géopolitiques ainsi que le développement économique et urbain. Quelques exemples de cours : “Usage et pratique de l'histoire en Afrique subsaharienne (19e - 21e)” ou “Conduire une négociation à l'international: l'Europe et l'Afrique”, mais aussi “Les solutions mises en place au Canada pour lutter contre la pauvreté pourraient-elles être efficaces en Afrique ?”. La coexistence des programmes Europe-Amérique du Nord et Europe-Afrique ouvre en effet des perspectives de comparaison très riches.

7. Le plus vaste choix de doubles diplômes

Autre originalité : Reims permet d’avoir accès à sept doubles diplômes de niveau bachelor, à commencer par le nouveau double diplôme "Environnement et sociétés durables" avec l'Université de Reims Champagne-Ardenne, dans le cadre du Bachelor of Arts and Sciences.

Les étudiants peuvent également suivre 6 des 9 doubles diplômes internationaux de niveau bachelor :

  • Columbia University (New York, USA)
  • University of California Berkeley (USA)
  • University of Hong Kong
  • National University of Singapore (NUS, Singapour)
  • University of British Columbia (UBC, Vancouver, Canada)
  • University of Sydney (Australie)

8. Passion associations !

Échanges et cohésion se construisent  via une vie associative très riche, qui rythme la vie du campus tout au long de l’année. Une trentaine d’associations permettent aux étudiants de vivre leurs passions dans des domaines aussi variés que les arts et culture, le sport, le débat et la politique, l’éducation, l’environnement, l’international, la lutte contre les discriminations, la santé, la solidarité...

9. Des dizaines de possibilités, un seul et même diplôme

Comme sur tous les campus de Sciences Po, des professeurs de toutes spécialités et de tous les pays permettent d’étudier les matières fondamentales de Sciences Po : droit, économie, histoire, sociologie, science politique et les humanités. Sans oublier les enjeux du numériques et les liens entre sciences et société. C’est le cœur de la formation pluridisciplinaire en sciences humaines et sociales commune à l’ensemble du Collège universitaire, dispensée dans chacun des campus. Quelle que soit la spécialisation géographique choisie, à Reims comme ailleurs, les étudiants appartiennent à une seule et même grande famille, celle du Collège universitaire de Sciences Po. Les étudiants préparent tous le même diplôme de bachelor.

10. Un billet pour le monde (et pour Paris)

Comme tous leurs camarades de premier cycle, les étudiants de Reims partent tous passer leur troisième année d’études à l’étranger dans une de nos 470 universités partenaires. Et une fois leur diplôme obtenu, tous les étudiants ont la possibilité de se retrouver à Paris pour suivre l’un des 27 masters, ou 47 doubles diplômes de master de Sciences Po, tous enseignés sur notre campus parisien, dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés, en plein cœur de la capitale. Le temps est désormais venu de sortir du cocon rémois pour explorer de nouveaux horizons !

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Sciences + Sciences Po : une double licence inédite

Deux nouveaux programmes ouverts dès la rentrée 2020
  • Portes ouvertes 2019 sur le campus de Reims @Paul Rentler/Sciences PoPortes ouvertes 2019 sur le campus de Reims @Paul Rentler/Sciences Po

Dès la rentrée universitaire 2020, une nouvelle double licence interdisciplinaire, le Bachelor of Arts and Sciences (BASc), sera proposée aux étudiants de première année, en partenariat avec des établissements universitaires français. Ce double cursus en quatre ans associe sciences et sciences humaines et sociales pour apprendre à penser et agir face aux défis de notre siècle. Les deux premiers parcours ciblent en particulier celui de la transition écologique. 

Un diplôme inédit en France 

Forte de sa longue expérience en matière de doubles diplômes, Sciences Po lance avec ce Bachelor of Arts and Sciences une double licence inédite par son degré d’interdisciplinarité : les étudiants suivront à la fois la formation de premier cycle de Sciences Po, une licence en sciences chez le partenaire, mais aussi des cours originaux qui mêlent les deux domaines, conçus et délivrés conjointement par les deux institutions. 

Ce nouveau double diplôme se déploiera dès la rentrée de septembre 2020 sur deux campus et deux thématiques différentes : 

Deux autres doubles diplômes conçus sur le même modèle en partenariat avec l’Université de Paris verront le jour en 2021 : 

  • Un double diplôme “Algorithmes et décisions” en mathématique/informatique et sciences humaines et sociales pour explorer les défis du big data sur nos modes de vie.
  • Un double diplôme “Politiques du vivant et identités” en sciences du vivant et sciences humaines et sociales sera lui orienté vers les questions éthiques qui portent sur la manipulation du vivant. 

Pour Frédéric Mion, directeur de Sciences Po, “l’idée n’est pas seulement de juxtaposer les disciplines mais bel et bien de former des futurs responsables aux profils hybrides, capables d’apporter un regard nouveau sur les enjeux cruciaux de notre époque, dans lesquels sciences humaines et sociales et sciences dites dures ou fondamentales apportent des éclairages aujourd’hui indissociables.”

Un parcours exigeant en 4 ans

Ces nouvelles double licences se dérouleront en quatre ans : deux années en France entre les deux établissements partenaires, une année à l’international, et une dernière année consacrée à l’approfondissement des enseignements scientifiques et aux cours interdisciplinaires. 

Ce diplôme du Bachelor of Arts and Sciences s’adresse à des bacheliers dont les résultats sont tout aussi excellents dans les disciplines scientifiques que dans celles qui relèvent des sciences humaines et sociales. Une cinquantaine d’étudiants seront admis pour la première promotion à la rentrée 2020, puis une centaine par an à partir de la rentrée 2021. Les candidats suivront la procédure classique de recrutement pour le Collège universitaire, avec un oral d’admission devant un jury composé de représentants de chaque université. 

À l’issue des quatre années de formation, les étudiants obtiendront le Bachelor of Arts and Sciences délivré par Sciences Po ainsi qu’une licence de l’université partenaire de Sciences Po. Les étudiants diplômés pourront ensuite poursuivre leurs études en master à Sciences Po ou choisir l’un des masters en sciences de l’université partenaire.

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Intéressés par Sciences Po ? On répond à toutes vos questions

Voir ou revoir les vidéos de nos émissions
  • Comment intégrer Sciences Po après le Bac ?Comment intégrer Sciences Po après le Bac ?

Accessible à partir du baccalauréat (ou son équivalent à l’étranger), le Collège universitaire est une formation fondée sur l’étude des sciences humaines et sociales qui se déroule en trois ans sur l’un des sept campus de Sciences Po. Elle permet d’obtenir le diplôme de bachelor (bac +3).

À l'occasion de  deux émissions en direct nous avons répondu à toutes vos questions sur les enseignements, les procédures d'admission, la préparation aux épreuves, ou encore la vie quotidienne sur les sept campus de Sciences Po.

Voir ou revoir les vidéos des émissions

Émission en français, 13 novembre 2019

Avec la participation de :

  • Stéphanie Balme, doyenne du Collège universitaire de Sciences Po
  • Gabriela Rehorova Crouzet, directrice des admissions de Sciences Po

Émission en anglais, 5 novembre 2019

Avec la participation de :

  • Tilman Turpin, directeur du campus de Reims de Sciences Po
  • Morgane Gertz, responsable de la procédure d’admission internationale du Collège universitaire de Sciences Po

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Retrouvez toutes les informations sur nos émissions en direct

Journées portes ouvertes 2019 : nos campus en régions vous ouvrent leurs portes !

  • Portes ouvertes Bachelor 2019Portes ouvertes Bachelor 2019

Visitez l’un de nos campus en France et découvrez notre bachelor en sciences humaines et sociales (grade de licence), un programme pluridisciplinaire qui vous permettra notamment d’effectuer votre 3ème année à l’étranger !

Qu'apprend-on au Collège universitaire ?

Entretien avec la Doyenne Stéphanie Balme
  • Stéphanie Balme, Doyenne du Collège universitaire ©Thomas Arrivé / Sciences PoStéphanie Balme, Doyenne du Collège universitaire ©Thomas Arrivé / Sciences Po

La pluridisciplinarité. La troisième année à l’étranger. L’histoire. La science politique. Étudier à Paris. Ne pas étudier à Paris. Chaque étudiant a sa raison bien à lui de choisir le bachelor de Sciences Po. Mais de quelles sciences humaines et sociales parle-t-on ? À quoi cela peut-il bien servir plus tard ? Entretien avec la Doyenne du Collège universitaire, Stéphanie Balme, sur cette formation “iconique” du parcours à Sciences Po.

Comment résumer l’originalité de ces trois années d’études post-Bac que l’on appelle à Sciences Po le “Collège universitaire” ?

Stéphanie Balme : 
Nous sommes une université en sciences humaines et sociales, et nous croyons que c’est un atout pour agir sur le monde au XXIe siècle. C’est là toute la singularité de ce bachelor, qui résulte à la fois de l’histoire de Sciences Po, et de la façon dont nous anticipons l’avenir de nos étudiants. Nous voulons qu’ils deviennent des acteurs de leur vie d’adulte et de leur vie professionnelle. Pour cela, la formation combine l’enseignement disciplinaire, pluridisciplinaire, l’ouverture sur le monde, et l’engagement au service des autres. Sans oublier le réseau unique en son genre de nos 7 campus en France, avec chacun sa coloration géographique.

La promotion du bachelor qui sera diplômée en 2020 est la première à avoir découvert le cursus réformé en 2017. Comment s’organise le parcours des étudiants désormais ?

S. B. : En résumé, la première année est disciplinaire, les deux autres sont interdisciplinaires. La première année repose sur notre socle de cinq disciplines, le cœur commun de la formation : droit, économie, histoire, science politique, sociologie. Les cours proposent une introduction à chacune de ces disciplines. Au global, c’est l’histoire qui est la matière la plus enseignée... À cela nous avons ajouté un “nouveau” champ avec les humanités. Il s’agit en réalité d’une tradition que nous avons réintégrée dans les maquettes. En deuxième année, les étudiants découvrent la pluridisciplinarité.

Qu’est-ce que cela signifie, concrètement ?

S. B. : Cela passe par le choix d’une majeure parmi les trois créées en 2017. Dans chaque majeure, on va croiser des disciplines différentes. Commençons par la majeure “Politique et Gouvernement”, qui allie droit et science politique. C’est l’ADN de Sciences Po : elle rassemble environ 40% des étudiants. La majeure “Économies et sociétés” combine la science économique et la sociologie - avec une bonne dose de mathématiques, il faut le préciser ! Environ 30% des étudiants la suivent. Même proportion pour la majeure “Humanités politiques”, qui allie histoire et philosophie, avec des méthodes tout à fait nouvelles. Lors de la troisième année à l’étranger, l’étudiant doit choisir un projet en continuité avec sa majeure : c’est également une nouveauté de la réforme.

Y’a-t-il encore des cours en commun en deuxième année ?

S.B. : Oui, évidemment, on consolide le socle commun avec un cours magistral qui approfondit une ou plusieurs des cinq disciplines, et également un cours d’histoire du XXe siècle. Par ailleurs, tous les étudiants suivent un cours de sociologie des sciences (Sciences et sociétés), et un cours d’humanités numériques (Cultures et enjeux du numérique). Tous ces cours visent à créer du commun pour des étudiants qui viennent de 150 pays, avec des cultures parfois radicalement différentes !

La politique de langues est aussi une grande tradition à Sciences Po. Peut-on suivre le bachelor de Sciences Po sans parler français ?

S.B. : Sans le parler couramment, oui, mais pas sans l’apprendre ! Nous avons adopté une idée venue des universités scandinaves : tous les étudiants internationaux doivent s’inscrire à un cours de français. Et bien sûr, nous maintenons une politique très ambitieuse en matière de langues étrangères, avec plus de 25 langues différentes enseignées, du portugais au persan ! C’est une richesse extraordinaire.

Autre grand pilier du bachelor, le tout nouveau Parcours civique, mis en place en 2017. Comment s’est passée la mise en place de ce programme, et quel est son objectif ?

S.B. : Nous sommes convaincus que chacun doit s’investir à son échelle, quels que soient ses atouts et ses faiblesses. Avec le Parcours civique, tous les étudiants s’engagent dans une mission au service des autres. L’idée c’est de s’ancrer dans la société où l’on vit. Mais il ne s’agit pas de s’engager pour s’engager : il faut comprendre le contexte au-delà. Lors du “grand écrit”, qui est l’épreuve finale du bachelor, on va leur demander de faire le lien entre les différentes expériences vécues sur le terrain et la théorie, c’est-à-dire tous les enseignements suivis pendant leurs trois années d’étude.

Comment décririez-vous un diplômé de bachelor de Sciences Po à l’issue de ces trois ans ? Quelles sont ses qualités ? Qu’a-t-il ou elle appris ?

S. B. : Nous voulons que les diplômés du bachelor soient capables de poser les grandes problématiques du monde avec un regard kaléidoscopique. La “méthode Sciences Po” n’est pas un carcan. C’est un moyen pour aller plus loin dans un sujet. Nous voulons former des élèves capables de s’adapter à différents contextes et différentes méthodes. C’est le passage d’une méthode à l’autre qui suscite la créativité. Le plus important, c’est de savoir poser les bonnes questions.

Pour aller plus loin

Hommage à Peter Awn, l'homme qui a relié Sciences Po et Columbia

À Reims, la bibliothèque portera son nom
  • À reims la bibliothèque portera le nom de Peter J. Awn ©Martin ArgyrogloÀ reims la bibliothèque portera le nom de Peter J. Awn ©Martin Argyroglo

Un homme plein d’énergie, excentrique, intelligent, non-conventionnel, brillant, passionné...Les amis et anciens élèves n’ont pas suffisamment d’adjectifs pour décrire Peter J. Awn, ancien Doyen des General Studies à l’Université Columbia, disparu il y a quelques mois et à l'origine du rapprochement entre Sciences Po et Columbia. Le campus de Sciences Po à Reims lui rendait hommage le 4 septembre dernier, en donnant son nom à sa bibliothèque.

Peter Awn, Doyen des General Studies de 1997 à 2017, a été le co-fondateur avec Francis Vérillaud, ancien directeur des affaires internationales de Sciences Po, du programme de double diplôme avec Columbia. Fruit de leur vision commune de ce que doit être une formation universitaire de premier plan, internationale et multiculturelle, le programme permet aux étudiants d’étudier deux ans à Sciences Po (sur le campus de Reims, du Havre ou de Menton), et deux ans à Columbia University à New York.

Bien plus qu'un professeur

Doyen de la section General Studies de Columbia pendant quatre décennies, Peter Awn incarnait ce programme comme nul autre. Baptisée "GS", ce parcours a été créé en 1947 pour permettre aux anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale de revenir à l'université et de reconstruire leur vie. Ancien prêtre jésuite devenu spécialiste de l'islam, Dean Awn croyait en leur “seconde chance”. Il a étendu cette vision à tous les étudiants «non traditionnels» (anciens combattants, artistes-interprètes, entrepreneurs, dirigeants de carrière ou membres du clergé) qui avaient dû interrompre leurs études supérieures ou les repousser à plus tard. La création de la double licence avec Sciences Po, lancée en 2010, reflète bien ces valeurs.

Peter Awn qui avait pris sa retraite en tant que Doyen mais continuait d’enseigner à Columbia, est demeuré proche des étudiants et anciens étudiants du double diplôme jusqu’à son décès en février 2019. En baptisant la bibliothèque du campus de Reims à son nom, Sciences Po honore un partenaire, un collègue et un grand ami, à travers ce lieu symbole de réflexion et de curiosité intellectuelles.

À lire : "Sciences Po Dedicates Reims Campus Library to Late Dean Emeritus Peter J. Awn (eng.)", article sur le site de Columbia School of General Studies

Au collège univeristaire, une rentrée les yeux dans le bleu

  • Étudiantes lors de la rentrée du campus de Paris le 28 août 2019 @Judith AzemaÉtudiantes lors de la rentrée du campus de Paris le 28 août 2019 @Judith Azema

Premiers pas pour certains, retrouvailles pour d’autres, ce moment est un temps fort marqué par les différentes rentrées solennelles et leurs intervenants, sur tous nos campus du Collège universitaire (1er cycle).

Parmi les nouveautés de la rentrée pour le premier cycle de Sciences Po, l’ouverture d’un “cycle océan” consacré à la thématique maritime sur trois sites pilotes : les campus de Poitiers, Le Havre et Menton. Le grand bleu irrigue aussi le début de l'année avec une leçon inaugurale de l’océanographe François Sarano à Poitiers, et d’Anne Cullerre, vice-amiral de la Marine Nationale, qui interviendra au Havre sur le thème “Ruling the seas, our concern, our future”.

À Paris, les nouveaux admis passent leur semaine à préparer une simulation de débat sur la biodiversité, et écouteront en leçon inaugrale l’anthropologue et sociologue des sciences Bruno Latour sur les “Politiques de la terre”, et Jean-Marc Jancovici sur la transition énergétique.

Programme complet

  • mardi 27 août : rentrée du campus de Reims
  • mercredi 28 août : leçon inaugurale de Bruno Latour, anthropologue et sociologue des sciences - campus de Paris (première année), à revoir en intégralité sur notre chaîne Youtube.
  • jeudi 29 août : leçon inaugurale de Jean-Marc Jancovici, spécialiste du climat - campus de Paris (deuxième année) - à revoir en intégralité sur notre chaîne Youtube.
  • jeudi 29 août : Dr Viviane Dittrich, dir adjointe de l'Internationale Akademie Nürnberger sur "La vision multilatéraliste de l'UE" - campus de Nancy
  • mardi 3 septembre : leçon inaugurale d’Anne Cullerre, Vice-amiral de la Marine Nationale - campus du Havre
  • jeudi 5 septembre : leçon inaugurale de l’océanographe François Sarano - campus de Poitiers
  • lundi 9 septembre : rentrée solennelle - campus de Menton
  • vendredi 13 septembre : leçon inaugurale du journaliste et politologue Aleksander Smolar - campus de Dijon

Admission à Sciences Po en 1ère année : ce qui change pour 2021

Tout savoir sur la réforme
  • Admission en 1ère année : ce qui change pour 2021 ©Agence GorilleAdmission en 1ère année : ce qui change pour 2021 ©Agence Gorille

À compter de la promotion 2021-2022, les trois voies d’admission actuelles laisseront place à une seule procédure, aux critères d’excellence unifiés et étoffés, pour distinguer les talents de demain. 

Lire le communiqué de presse

Des critères d’admission à Sciences Po plus lisibles pour gagner en attractivité 

À partir de 2021, tous les candidats, français et internationaux, seront évalués de la même façon, selon quatre dimensions complémentaires

  • le contrôle continu au lycée sur trois ans, 
  • la moyenne des épreuves écrites du Baccalauréat, 
  • le profil du candidat et sa motivation, 
  • et enfin un entretien oral. 

Les critères d’admission, unifiés pour tous les candidats, seront plus lisibles et plus à même de révéler le potentiel de chacun, quel que soit son parcours.

Admission à Sciences Po sur Parcoursup

Par ailleurs, en intégrant Parcoursup, l’acte de candidature à Sciences Po se simplifiera pour les élèves de l’enseignement supérieur français : la voie “Sciences Po” figurera aux côtés de l’ensemble des autres parcours de l’enseignement supérieur, sélectifs ou non. Cette intégration aidera notamment à lutter contre l’autocensure, consciente ou non, de certains lycéens et les invitera à pousser les portes de l’établissement. 

Conjuguer excellence académique et ouverture sociale

Dans la droite ligne des exigences des plus grandes universités internationales, la nouvelle procédure a pour ambition de garantir la qualité et la richesse des profils en gardant le meilleur des trois voies qui coexistaient précédemment : l’exigence académique, évaluée notamment au travers des performances écrites des candidats, la prise en compte des expériences et engagements personnels, et l’importance de l’oral pour détecter parmi ces très bons élèves les personnalités les plus persévérantes, motivées, engagées. Autant de qualités que Sciences Po souhaite valoriser, convaincue que l’excellence ne se résume pas à l’accumulation de savoirs académiques.

Un dispositif Sciences Po / CEP renforcé et 30 % de boursiers a  minima par promotion

70 % des élèves défavorisés étudient hors des zones de l’éducation prioritaire. Pour  aller chercher les élèves les plus talentueux partout où ils se trouvent, dans les zones périurbaines mais aussi les zones rurales ou encore les DOM TOM, Sciences Po va renforcer le dispositif de ses Conventions Éducation Prioritaire

Pour cela, l’école va doubler le nombre d’établissements partenaires en passant de 106 à plus de 200 lycées dans les prochaines années et renforcer l’accompagnement des élèves volontaires au sein de ces lycées dès la seconde. 15 % des places seront réservées aux élèves ayant suivi ce parcours et 100 % des élèves recrutés via ce dispositif devront être boursiers.

Au total , Sciences Po s’engagera désormais à recruter a minima 30 % de boursiers dans chaque nouvelle promotion. Elle est le seul établissement sélectif supérieur à se donner un tel objectif. 

Vous souhaitez candidater à Sciences Po pour la rentrée de septembre 2020 ?

  • Rien ne change ! Seuls les élèves qui entrent en classe de première en septembre 2019 seront concernés par la réforme. Si vous entrez en Terminale en septembre 2019, vous pourrez présenter votre candidature à partir de l'automne prochain. Pour tout savoir, visitez notre site des admissions.

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À la découverte de la calligraphie

Un atelier artistique pour approfondir l’apprentissage de l’arabe
  • Vue d'une calligraphie arabe dessinée sur une feuille blanche ©Sciences PoVue d'une calligraphie arabe dessinée sur une feuille blanche ©Sciences Po

Sur le campus de Menton, les étudiants de Sciences Po apprennent l’arabe…  en dessinant. Chaque semaine, leur professeur Mohammad Abouelseoud leur propose en effet un cours de calligraphie. Un atelier artistique à la croisée du cours de langue, de l’écriture et du dessin.

Les ateliers artistiques

Sciences Po a choisi d’inscrire la pratique des arts au cœur de sa formation. Des enseignements obligatoires, les ateliers artistiques, ont été créés en 2011, afin d’amener les étudiants du premier cycle à construire un autre rapport, sensé et sensible, à eux-mêmes, aux autres et au monde, à questionner les enjeux de société à travers la démarche artistique. L’objectif est qu’ils s’engagent en tant qu’acteurs d’un projet d’expression personnelle, dans un espace commun de recherche et de partage d’idées.

Des ateliers d’écriture, de spectacle vivant, d’arts visuels, encadrés par des auteurs et artistes professionnels, sont aujourd’hui dispensés en première et deuxième année du bachelor sur tous les campus.

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Classement U-Multirank 2019 : Sciences Po, une des meilleures universités mondiales pour la mobilité étudiante

  • Campus de Reims vu du ciel avec des étudiants assis sur l'herbe ©Sciences PoCampus de Reims vu du ciel avec des étudiants assis sur l'herbe ©Sciences Po

U-Multirank vient de publier l’édition 2019 de son évaluation des universités. Sciences Po obtient un excellent résultat en se classant dans le top 25 des meilleures universités mondiales pour la mobilité étudiante.

La mobilité fait en effet partie intégrante des valeurs de Sciences Po et et la formation qui y est dispensée. Près de la moitié des étudiants sont internationaux. Représentant 150 pays, ils sont issus des meilleurs établissements à l’étranger.

Les étudiants bénéficient du réseau de nos 480 universités partenaires internationales avec une 3e année à l’étranger pour tous les élèves du Collège universitaire (licence), ainsi qu'un semestre en échange pour les élèves de master. Sciences Po propose également une quarantaine de doubles diplômes à l’international, et des cursus entièrement en anglais.

Initié par la Commission européenne en 2014, Multirank est un classement qui souhaite offrir une alternative aux grands classements internationaux des universités, avec une évaluation fondée sur un large échantillon de critères.

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Arturo, engagé dans la prévention des risques psycho-sociaux

Du côté de la vie
  • Arturo Garcia Gonzalez @Judith Azema / Sciences PoArturo Garcia Gonzalez @Judith Azema / Sciences Po

Arturo Garcia Gonzalez est étudiant en 2ème année de bachelor sur le campus de Poitiers. Né en France, il a vécu la majeure partie de sa vie au Mexique et a obtenu son bac au Lycée franco-mexicain de Mexico. Entretien avec un étudiant engagé, qui s’investit aujourd’hui dans la prévention des risques psycho-sociaux en milieu universitaire, dans le cadre de son Parcours civique.

Comment se traduit votre engagement civique ?

Cette année, je fais mon projet de Parcours civique au sein de l’Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie. Nous menons une multitude de projets concernant majoritairement la prévention et la réduction de risques, comme par exemple des ateliers sur les produits stupéfiants dans le Centre Pénitentiaire de Vivonne.

Notre projet phare, orchestré par l'Agence Régionale de Santé, est de développer un réseau d'étudiants "ressources", qui seraient formés aux compétences psychosociales. Ces étudiants ont vocation à devenir des relais entre la communauté étudiante et les instances de santé, notamment en ce qui concerne les troubles psychoaffectifs. L’université de Poitiers est un site pilote pour ce projet que l’on voudrait nationaliser par la suite. 

Comment allez-vous former ces étudiants ? Comment seront-ils sélectionnés ?  

Nous voulons les aider à développer leurs compétences psychosociales et leur donner des pistes pour gérer des problématiques de mal-être étudiant, comme les relations interpersonnelles, la gestion du stress, la régulation des émotions. Le contenu de notre formation est en pleine construction, et nous espérons mettre en place le programme à la rentrée 2019. Les étudiants tuteurs seront choisis pour leur implication dans la vie universitaire (relais santé ou sociaux, service civique, etc.).

Il s’agit là d’un engagement très fort. Au-delà de ce Parcours civique, que représente-t-il pour vous ?

J’ai l’impression que la question du suicide est totalement oubliée de l’agenda médiatique, alors qu’elle représente un million de morts par an dans le monde. C’est un sujet tabou. L’Observatoire national de la vie étudiante relève de nombreux cas de dépression et de crises suicidaires. Les étudiants ont parfois du mal à trouver un interlocuteur pour faire face à ces difficultés. Former des étudiants pour qu’ils aident les autres permet de compléter la prise en charge institutionnelle, souvent mal connue. Et puis, c’est bien plus facile de parler à un autre étudiant, de manière informelle, quand on est dans ces situations compliquées. Cela aide à dédramatiser la question du suicide. 

Est-ce votre première expérience dans ce domaine ?

Non, l’année dernière, je suis parti en stage pendant sept semaines à Bogota, en Colombie, pour découvrir diverses institutions. J’ai d’abord travaillé dans une fondation privée qui aide des jeunes, plutôt issus de familles aisées, à sortir de l’addiction aux drogues. J’ai ensuite rejoint une  fondation publique qui aide des populations en grande détresse sociale, ce qui m’a apporté une vision complètement différente. Enfin, j’ai passé quelques temps dans la division psychiatrique d’un hôpital public du sud de Bogota, et à l’Institut National Pénitentiaire et Carcéral. Cela m’a permis d’avoir une vision globale, et cette expérience m’aidera dans notre projet actuel, qui concerne près de 25 000 étudiants.

Qu’envisagez-vous pour la suite ?

Je vais partir faire ma 3ème année de bachelor aux États-Unis, à l’Université de Pennsylvanie, afin de préparer mon master que j’envisage de suivre dans le domaine du management. Évidemment, je continuerai à m’engager. J'ai déjà repéré qu’il existe des formations en médecine dans mon université d’accueil : j'aimerais en profiter pour prendre part à leurs projets en matière de santé mentale.

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Poitiers : 5 choses étonnantes sur notre nouveau campus

Visite guidée pour l'inauguration
  • L'entrée du nouveau campus de Sciences Po à Poitiers ©Sylvain RochasL'entrée du nouveau campus de Sciences Po à Poitiers ©Sylvain Rochas

Présent à Poitiers depuis 2001, le Collège universitaire de Sciences Po était à l’étroit dans ses locaux de l’hôtel Chaboureau : avec une croissance continue des effectifs, l’attractivité du programme latino-américain du premier cycle rendait un déménagement nécessaire. C’est chose faite depuis septembre 2018 au sein d’un nouveau site construit au XVIIIe siècle et réinventé pour le XXIe siècle. Visite guidée à l’occasion de l’inauguration officielle qui a lieu mercredi 10 avril.

Ce n’est pas la première fois qu’il s’appelle “Collège”

Occupant un des bâtiments - construits début XVIIIe siècle - de l’ancien couvent des Jacobins, le nouveau campus permet à ce site de renouer avec sa vocation d’enseignement. Ancien siège de l’université de Poitiers, l’institution créée au Moyen-Âge par les religieux a réussi l’exploit de survivre aux péripéties de l’histoire jusqu’à la Révolution française. En 1789, le couvent devient siège du club... des Jacobins (à ne pas confondre avec leurs prédécesseurs sur les lieux), puis caserne et enfin prison. En 1842, un philanthrope rachète les lieux pour y fonder l’école Saint-Vincent de Paul. Les propriétaires (religieux) changent, la vocation éducative de l’endroit demeure. En 1902, l’établissement prend le nom de Pensionnat Saint-Jean-Baptiste de La Salle, qui ferme en 1905, rouvre ailleurs, puis revient, ressuscité en collège Saint-Stanislas, qui y demeure jusqu’en 1980. Acquis et aménagé par la Région, le site a accueilli l’école de commerce ESCEM jusqu’en 2017. Grâce aux travaux financés par la Région et la Ville, le voici à nouveau “Collège” mais “universitaire”, façon premier cycle de Sciences Po. Une façon de synthétiser toute l’histoire de ce lieu exceptionnel, sis au 23, rue Jean Jaurès. 

Poitiers, c’est le futur Paris

On s’explique : l’aménagement de ce nouveau site, prévu spécifiquement pour Sciences Po, a permis d’en faire un “campus idéal” pour les besoins des étudiants et enseignants du XXIe siècle. Les étudiants ont d’abord plus d’espace : avec trois amphis contre un seul de 90 places dans l’ancien site, et 10 salles de cours au lieu de 5. Mais les lieux proposent aussi plus d’espaces, pour tous les usages : une salle artistique, une cafétéria, des bureaux associatifs, des espaces de coworking, un espace de détente, etc. Les salles de cours sont équipées du matériel pédagogique dernier cri, et les étudiants ont désormais accès à un pôle santé équipé de locaux dédiés. 

Le site est donc un site pilote, qui préfigure d’autres évolutions de campus, et notamment celui de Paris autour du nouveau site de l’Artillerie, qui ouvrira ses portes en 2021-2022. La signalétique, entièrement accessible, en est un autre exemple.

“Rendez-vous en Mafalda”

Oui, le foyer des étudiants a été baptisé “Espace Mafalda”. Mais nous ne sommes pas sur le campus latino-américain de Sciences Po pour rien : sachez que ce personnage de bande dessinée, créé par le dessinateur argentin Quino, et très populaire en Amérique latine, a une dimension politique. Son éditeur, Julian Delgado, est mort sous la torture. 

Au total, ce sont huit personnalités marquantes du monde latino et ibérique qui donnent leur noms à des espaces du campus. Soit autant de figures choisies parmi les propositions des étudiants : 

  • Amphithéâtre Gabriela Mistral - poétesse chilienne, première femme latino-américaine à obtenir le prix Nobel de littérature (1889 - 1957) 
  • Amphithéâtre Rubén Darío, poète, diplomate et journaliste nicaraguayen (1867-1916)
  • Amphithéâtre Paulo Freire, pédagogue brésilien (1921- 1997)
  • Bibliothèque Gabriel García Márquez, romancier, nouvelliste, journaliste et militant politique colombien, prix Nobel de littérature en 1982 (1927- 2014)
  • Cafétéria Mercedes Sosa, chanteuse argentine (1935-2009)
  • Studio vidéo Luis Buñuel, réalisateur et scénariste espagnol (1900- 1983)
  • Salle artistique Frida Kahlo, artiste peintre mexicaine (1907-1954) 
  • Salle Ana de Castro Osorio, écrivaine et femme politique portugaise (1872- 1935) 

Un campus local

Avec ses 30 nationalités pour 187 étudiants, le campus de Poitiers - à l’image des autres campus délocalisés du Collège universitaire, est à la fois international et ancré dans le tissu local.  60 % des étudiants sont ainsi internationaux - Brésiliens et Espagnols en tête. Mais depuis 2007, le campus a reçu 950 candidats issus de la région Nouvelle-Aquitaine. Les étudiants admis viennent de tous les horizons, et sont à la fois engagés dans le tissu associatif local et amenés à rencontrer des dirigeants du monde entier (depuis 2013, les chefs d’État du Costa Rica, de l’Uruguay et de l’Équateur y sont venus) et qui, une fois diplômés, n’hésitent pas à devenir ambassadeurs de leur campus dans le monde entier. 

Une coloc’ avec la Région

Le bâtiment du campus accueille également plus de 30 agents de la Région Nouvelle-Aquitaine. Et pour cause ! L’acquisition du site a été financée à parts égales par la Région Nouvelle-Aquitaine, le département de la Vienne et la communauté urbaine de Grand Poitiers. Les travaux de réhabilitation du bâtiment ont été pilotés par la Région Nouvelle-Aquitaine dès juillet 2017 et financés par la Région Nouvelle-Aquitaine et Grand Poitiers. Sciences Po a équipé le bâtiment avec l’aide de la Région et du Grand Poitiers. 

Quelques chiffres

  • 187 étudiants
  • 100 enseignants à l’année
  • 2500 m2
  • 15 salles
  • 30 nationalités représentées
  • 58% d’internationaux
  • 25,5% de boursiers
  • + 15% d’effectifs au cours des 5 dernières années

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