"Il y a plus de geeks à Sciences Po que ce qu'on pense !"

  • Alexia Toulmet et Tom Bry-Chevalier ©Sciences PoAlexia Toulmet et Tom Bry-Chevalier ©Sciences Po

Espace Numérique est une association d’étudiants de Sciences Po qui souhaite faire vivre la culture numérique. Leur site internet foisonne de conseils informatiques et d’articles sur l’univers Internet et les réseaux sociaux. Nous avons rencontré Alexia Toulmet et Tom Bry-Chevalier, deux membres de l’association.

Votre association organise toutes sortes d’évènements, d’un tournoi Mario Kart à une conférence intitulée “Le transhumanisme est-il un humanisme ?” à Sciences Po. Comment définiriez-vous votre mission ?

Tom Bry-Chevalier :

Notre but est de diffuser la culture numérique à Sciences Po. On fédère toute une communauté en ligne, particulièrement dans ce qui est ludique comme les jeux vidéos. On organise aussi quelques évènements au cours de l’année pour faire découvrir la culture numérique sous un autre angle.

Alexia Toulmet :

On offre aussi un service de nettoyage et de dépannage d’ordinateurs gratuit aux étudiants en tenant un Helpdesk quatre heures par semaine. D’ailleurs pour faire fonctionner ce service et toute l’association nous avons besoin de volontaires, donc on en appelle à tous les potentiels candidats qui liront cet article ! [rires]

Vous avez publié sur votre site un article sur les clichés associés aux “geeks” [de l’allemand geck signifiant “fou”]. Être geek et étudiant à Sciences Po, c’est possible ?

A.T. :

Bien sûr ! [rires] Il y a bien plus de geeks à Sciences Po qu’on ne peut le penser. C’est de moins en moins difficile à assumer. On remarque que pendant les tournois de jeux vidéo que l’on organise certains élèves laissent vraiment libre cours à leur côté geek : quel que soit leur bord politique ou leur style vestimentaire, ils jouent ensemble, c’est une forme de diversité.

T. B.C. :

Il faut aussi dire qu’Espace Numérique compte beaucoup de filles comme membres actives, c’est une association complètement mixte. Et ces membres ne jouent pas forcément à des “jeux de filles” mais plutôt à des MMO RPG [jeux de rôle en ligne massivement multijoueurs] tels que World of Warcraft.

Certains jeux vidéo font-ils écho à ce que vous étudiez pendant vos cours ?

T. B.C. :

Oui, le jeu vidéo c’est quelque chose d'extrêmement varié : on peut trouver des jeux de simulation politique, à portée historique ou à propos de systèmes économiques complexes. Par exemple le jeu Europa Universalis est un jeu de stratégie historique : le joueur doit diriger un État européen de 1444 à 1821, et doit réussir à prendre en compte la situation géopolitique. J’ai trouvé beaucoup de correspondances entre ce jeu et un cours que j’ai suivi à Sciences Po sur l'empire ottoman.

A.T. :

Il existe aussi This War of Mine : The Little Ones. C’est un jeu dans lequel le joueur suit un petit groupe de civils pendant une guerre

Faites-vous partie de ceux qui considèrent les jeux vidéos comme des oeuvres d’art ?

T. B.C. :

À mon avis tous les jeux vidéos ne sont pas des oeuvres d’art.

A.T. :

Le jeu vidéo ne doit pas être vu seulement comme de l’amusement, c’est quelque chose de très sophistiqué. Certains jeux, comme Child of Light, ont une ambiance très poétique.

T. B.C. :

Il y avait cette année au Musée d’art ludique de Paris une exposition dédiée à “l’Art dans le jeu vidéo”. On ne s’en rend pas toujours compte mais le jeu vidéo est un art complet qui fait appel à presque tous les autres types d’art. Le cinéma, le dessin et la musique sont les plus évidents car ils créent l’univers visuel et auditif d’un jeu ; mais l’architecture est aussi centrale dans certains jeux, et on pourrait presque considérer les mouvements de certains personnages comme de la danse.

Vous souhaitez vous développer en dehors de Sciences Po pour qu’un maximum d’internautes puisse bénéficier du contenu de votre site Web. Pensez-vous que la culture numérique souffre d’un manque de reconnaissance ?

A.T. :

Je trouve que ça va de mieux en mieux, que la culture numérique est de plus en plus connue et répandue, mais il reste du travail à faire. Le numérique, ça n’est pas juste une bande de geeks, c’est une part très importante de l’économie, de plus en plus d’élèves de Sciences Po travaillent dans des start-up dédiées au numérique. Et on voit bien qu’au sein de Sciences Po des efforts sont faits par l’administration pour permettre aux étudiants de maîtriser plus facilement les outils et la culture numériques.

L’été est là et des listes de “lectures d’été” commencent à fleurir sur Internet. Auriez-vous des jeux, films interactifs ou lectures à recommander à ceux qui voudraient en apprendre plus sur la culture numérique ?

T. B.C. :

Beaucoup de jeux sortent pendant l’été. Fire Emblem est un jeu communautaire tactique qui plairait aux sciencepistes je pense.

A.T. :

On peut aussi découvrir la culture des jeux vidéo sans jouer, en regardant d’autres joueurs jouer en stream, sur Twitch par exemple [une plateforme de streaming et de VOD de jeux vidéo]

T. B.C. :

Il existe beaucoup de livres aussi, notamment sur le sujet du transhumanisme.

A.T. :

Et je conseillerais aussi les grands classiques de la culture geek, du Seigneur des Anneaux aux livres d’Isaac Asimov en passant par H2G2 le Guide du Voyageur Galactique.

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