Comprendre l’évolution des régimes d’Etat‑providence

soutenance de HDR
Emanuele Ferragina, 27 mars 2017
  • A Crowd outside Camden Job Centre (N19± - CC BY-SA 3.0)A Crowd outside Camden Job Centre (N19± - CC BY-SA 3.0)

Soutenance de HDR en sociologie

Emanuele Ferragina

Assistant Professor, OSC & LIEPP

Lundi 27 mars 2017 à 14h, 199 boulevard Saint-Germain, 75007 Paris

Membres du jury : Fran BENNETT, Bernhard EBBINGHAUS, Olivier GIRAUD,
Olivier GODECHOT (dir.), Colin HAY, Serge PAUGAM.

emanuele_ferraginaThe Three Worlds of Welfare Capitalism is part of a long scholarly tradition rooted in deductive reasoning and the use of ideal types. This work moves from a similar theoretical standpoint: typologies are a fundamental methodological tool in understanding and interpreting the evolution of social security systems, even for those who claim that in-depth analysis of a single case is more suited to capture the complexity of different social policy arrangements. It contributes to the comparative social policy field and welfare regime literature in two ways: by proposing a dynamic outlook to welfare regime theory in counter-position to a debate characterised by a static approach and by considering welfare regime outcomes alongside institutional change.
There are several substantive reasons to differentiate between dynamic and outcome-oriented perspectives within welfare regime typologies. First of all, scholars have not yet integrated the most important domain of welfare state expansion in a period of ‘permanent austerity’, namely family policy, into welfare regime theory. Too often, scholars classify welfare regimes on the basis of the work-welfare nexus, overlooking the care-welfare dimension. In addition, the existing scholarship implies welfare regime stability when considering policies that deal with old social risks and the generosity guaranteed by system to the Average Production Worker (APW) – a white man with around 20 years of continuous employment in the industrial sector. In light of the progressive transition to a service-based economy beginning in the 1970s, however, we account for the emergence – or rather, the growing incidence – of ‘new social risks,’ namely problems related to the reconciliation between work and family life. These new risks mostly affect women, young people, migrants, and children rather than the APW. More broadly, this new work lends a sociological perspective to the welfare regime debate by comparing typologies based on institutional variables to classifications based on welfare outcomes, and carefully considering the relation between welfare state structures, specific policies and important societal outcomes.

 

L’ouvrage de Esping-Andersen Les trois mondes de l’État providence s’inscrit dans une longue tradition académique basée sur le raisonnement déductif et l'utilisation d’idéaltypes. Notre travail part d'une approche théorique similaire : les typologies sont un outil méthodologique fondamental pour comprendre et interpréter l'évolution des systèmes de protection sociale, même pour ceux qui prétendent que l’analyse de cas est plus adaptée pour saisir la complexité des différents systèmes sociaux-politiques. Ce travail s’inscrit dans le champ des politiques sociales comparées et des travaux sur l’État-providence (welfare state) de deux manières : en proposant une perspective dynamique de la théorie du régime d’État providence (welfare regime) s’opposant à une approche statique ; et en considérant les effets qu’il produit parallèlement au changement institutionnel.
Il existe plusieurs raisons de fond pour examiner les typologies de welfare regime du point de vue dynamique et des effets produits. Tout d'abord, le domaine le plus important d’expansion du welfare state en période ‘d'austérité persistante’, à savoir la politique familiale, n'a pas été suffisamment intégré dans la théorie du welfare regime. Trop souvent, ces régimes ont été étudiés sur la base du lien travail / protection (workwelfare), négligeant la dimension care / protection. Ensuite, la stabilité du welfare regime a souvent été validée par des études empiriques qui se basaient exclusivement sur les politiques relatives aux risques sociaux traditionnels (old social risks) et à la générosité garantie par le système à l'Average Production Worker (APW) : un homme blanc avec environ 20 années d'expérience dans le secteur industriel. Or, après les années 1970, avec la transition progressive vers une économie de services, nous avons assisté à l'apparition - ou mieux à la montée croissante - de « nouveaux risques sociaux », qui sont principalement liés à la conciliation entre travail et vie de famille. Ces nouveaux risques affectent plus fréquemment les femmes, les jeunes, les migrants et les enfants, que l’APW. De façon plus générale, notre travail fournit une perspective sociologique au débat sur le welfare regime en comparant les typologies basées sur les variables institutionnelles à celles basées sur les effets réels des politiques sociales, et en examinant attentivement la relation entre les structures de welfare state, les politiques spécifiques, et les principaux effets sociaux.

Entrée réservée aux invités et publics internes à Sciences Po.