Mid-term elections en Argentine : derniers sondages

Dimanche 28 juin, les Argentins étaient appelés aux urnes pour renouveler une partie des sièges du Congrès National (environ la moitié des 257 députés et le tiers des 72 sénateurs). Ce scrutin était Initialement prévu pour octobre 2009. Mais la présidente Cristina Kirchnner a impulsé une modification du code électoral pour avancer la date du scrutin.

 

Le Partido Justicialista, principale force politique du pays, est marqué par des divisions internes. Pour ces élections intermédiaires, deux formations justicialistas s'affrontaient. La première, le « Frente por la victoria », est dirigée par l'ex-président Néstor Kirchner. C'est aussi la formation de son épouse, l'actuelle présidente de la Nation. A la veille des élections, elle était majoritaire au Sénat (avec 39 sièges) et à la Chambre des députés (116 députés). Plus conservatrice, la « Unión-pro » représente un « péronisme dissident », sous le leadership de l'actuel Gouverneur de la cité autonome de Buenos Aires, Mauricio Macri.

 

La Unión Civica Radical, deuxième force politique nationale, et la Coalicón Cívica se sont alliées autour d'une formation électorale conjointe appelée « Acuerdo Cívico y Social ». Dans sa liste de candidats au poste de député pour la ville de Buenos Aires figurent Alfonso Prat Gay (CC), R. G. Lavedra (UCR) et l'ancienne candidate à l'élection présidentielle Elisa Carrió (CC).

 

Au cas où les dernières intentions de vote publiées viendraient à être confirmées (voir tableaux ci-dessous), l'élection pour la Province de Buenos Aires pourrait permettre à une autre formation de s'ancrer dans la scène politique. Il s'agit du « Proyecto Sur », un mouvement de gauche nationaliste porté par la figure du cinéaste Fernando Pino Solanas (lui aussi candidat malheureux à la dernière élection présidentielle).

 

Acteur clé dans l'enjeu électoral, la presse locale a concentré son attention sur les campagnes de la Capitale Fédérale et dans la Province de Buenos Aires. Comptant autour de 37% des électeurs argentins, la Province a le plus fort poids électoral du pays. Trente-cinq des cent vingt-sept nouveaux députés en seront issus. Les derniers sondages publiés par le quotidien Clarín (édition du 26 juin) suggèrent que, dans la Capitale Buenos Aires, Gabriela Michetti (Unión-Pro) remporterait la victoire avec une marge confortable sur ses adversaires. Selon les différents instituts, l'Unión-Pro était créditée de 31% à 37% des intentions de vote, avec une avance de 9 à 18 points sur ses principaux concurrents. Derrière l'Unión-Pro, la lutte pour le deuxième poste de la capitale s'annonçait intense entre les candidats Prat Gay (Acuerdo Cívico y Social) et Pino Solanas (Proyecto Sur). Celui-ci semblait mieux positionné pour six des huit sondages. L'avantage donné à Pino Solanas variait entre 2,7 et 3,7 points pour cinq instituts. Ce n'est que dans le sondage de l'agence Analogías que Pino Solanas présentait un avantage significatif (6,5 points). Carlos Heller, candidat pour le « Frente por la victoria », n'était crédité que d'un faible score : entre 11,3% et 16,2% des suffrages.

 

Pour la province de Buenos Aires (hors-capitale), les enquêtes convergeaient à souligner le caractère indéfini de l'élection. L'avantage donné à Néstor Kirchnner par quatre instituts n'est en moyenne de 5,75 points (entre 35,7 et 38,9% des intentions de vote). Le principal adversaire de Kirchner, le candidat Francisco de Narváez (Unión-Pro) était quat à lui annoncé en tête des intentions de votes par deux instituts de sondages (33,1 et 35,4%). Toutefois, son avance restait très faible (plus ou moins deux points) par rapport au candidat du pouvoir. Derrière ces deux poids-lourds, les intentions de vote pour la candidate de l'Acuerdo Cívico y Social (Margarita Stolbizer) oscillaient entre16,5% et 21,9%, soit de 10 à 15 points de retard sur ses adversaires.

 

En dépit de la couverture donné par la presse argentine, la prédictibilité électorale offerte par ces instituts de sondages demeure limitée. A quelques jours du scrutins, le décalage entre les estimations ne permettait pas d'avoir une image claire des intentions de vote.