"La recherche, c'est l'école de la rigueur"

Interview de Barbara Saden, diplômée de Sciences Po en mai 2014, après avoir suivi un master recherche de l’École doctorale en relations internationales. Son mémoire de recherche intitulé "Punir la Syrie" : la punition dans les relations internationales a obtenu le prix 2014-2015 de l’Institut des hautes études de défense nationale. Promise à un brillant avenir de chercheuse, elle nous explique pourquoi elle veut devenir....diplomate. Et à quoi lui ont servi ses travaux de recherche.

Vous voulez travailler dans la diplomatie : pourquoi avoir choisi un master recherche en relations internationales, et à quoi vous a servi cette formation pour ce que vous voulez faire ?

Barbara Saden : J’étais attirée par les métiers de la diplomatie, mais je voulais me former grâce aux méthodes de la recherche. Faire de la recherche, c’est une école de la rigueur. Cela permet de se forger une culture générale solide, car on lit énormément, et d’acquérir une aisance et un goût pour l’écriture.

Et puis, quand on se prépare à travailler dans les relations internationales, où tout est toujours en mouvement, avoir pu approfondir un sujet, en devenir en quelque sorte un “expert”, c’est un vrai luxe.

Vous avez choisi de travailler sur la Syrie et sur l’idée de “punition” dans les relations internationales. Pourquoi ?

B.S. : Je voulais un sujet qui me permette d’utiliser toutes les disciplines que j’ai abordées au cours de mes études supérieures : les relations internationales, le droit, mais aussi l’histoire et la philosophie. Ce concept de “punition” dans les relations internationales permet de le faire.

La Syrie est un des exemples qui me permet de questionner cette idée de “punir” un pays. Ce concept a été utilisé lors du débat sur l’intervention en Syrie après l’attaque chimique d’août 2013, et tout récemment au sujet de la crise en Ukraine. Mais ce n’était pas la première fois : le discours punitif est un refrain apparu à de nombreuses reprises dans l’histoire du recours à la force armée. En étudiant ses métamorphoses, on s’aperçoit que la punition est surtout une rhétorique médiatique efficace. ll y a des “postures” punitives, qui ont du succès dans les médias, qui permettent de sensibiliser. Mais du point du vue du recours à la force, le concept est pratiquement impossible à mettre en oeuvre.

En quoi est-ce particulier de faire de la recherche au sein de Sciences Po ? Qu’en retenez-vous aujourd’hui dans votre milieu professionnel ?

B.S. : D’abord, travailler avec des professeurs aussi brillants que ceux que j’ai eus à l’École doctorale de Sciences Po, c’est une ouverture fantastique. Ce sont les cours et ouvrages d’Ariel Colonomos (CERI) sur la “guerre juste” qui m’ont mené au concept de punition. Ce sont ensuite les conseils de Frédéric Ramel (CERI), mon directeur de mémoire, qui m’ont permis de formuler et d’organiser mes idées.

Enfin, le label « sciences po » s’applique aussi quand on fait de la recherche. Quand vous allez faire un stage en ambassade, vous vous apercevez que plusieurs générations de diplomates ont suivi les cours de Bertrand Badie... Tout autant qu’ils ont fréquenté les bancs du Basile*. Donc forcément, ça crée des liens.

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Faire un doctorat à Sciences Po

*ndlr : le café situé en face de Sciences Po, rue Saint-Guillaume.

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