“J’ai encore besoin de m’entraîner”

A la fois joueur de badminton professionnel et étudiant à Sciences Po dans le programme Sportifs de haut niveau, Brice Leverdez se prépare intensément pour les Jeux Olympiques de Rio. Âgé de 30 ans, il a déjà remporté huit titres de champion de France et gagné douze tournois internationaux. À un mois du coup d'envoi des JO 2016, nous l’avons rencontré.

Quand avez-vous commencé à jouer au badminton ?

Brice Leverdez : J’ai commencé à 12 ans. Auparavant, j’avais fait sept ans de judo : mon père était entraîneur dans un club et j’ai noué ma première ceinture blanche dès l’âge de 5 ans. Je me débrouillais bien...mais je ne supportais pas de perdre [rires]. J’ai été blessé à la clavicule pendant un entraînement, c’est pour cela que j’ai décidé de changer de sport. Ma soeur s’était inscrite dans un club de badminton en septembre et arrêtait en cours d’année : j’ai repris sa licence et j’ai commencé le badminton. Ensuite je suis vite devenu le meilleur de mon club. A 14 ans, j’ai intégré le CREPS [centre régional] de Châtenay-Malabry puis à ma majorité j’ai été sélectionné à l’INSEP [centre national], après avoir remporté une médaille de bronze aux championnats d’Europe en double hommes.

Pourquoi avez-vous choisi de rejoindre le programme pour sportifs de haut niveau proposé par Sciences Po ?

B. L. : C’est la renommée de Sciences Po qui m’a attiré. J’avais arrêté les études depuis quelques années, je souhaitais reprendre une formation qui me faisait vraiment envie. Je sentais que cette formation pouvait m’apprendre des choses et je ne suis pas déçu ! J’aurais pu entamer une formation à l’INSEP ou dans une autre école avec des aménagements horaires, mais je suis convaincu que Sciences Po était la meilleure option pour moi. Mes professeurs réussissent à être à la fois très intelligents et très terre-à-terre avec leurs élèves, je n’avais jamais ressenti une telle relation prof-étudiant avant.

Comment faites-vous pour concilier entraînements et études ?

B. L. : En ce moment ça n’est pas très simple parce que l’entraînement me demande beaucoup d’énergie et que j’ai récemment lancé ma propre entreprise de vente de vêtements. Mais j’ai pu m’arranger avec mes professeurs à Sciences Po pour réduire la cadence de mes cours et ainsi pouvoir lancer ma marque tout en continuant mes entraînements quotidiens.

Avez-vous remarqué des points communs entre la préparation d’examens universitaires et la préparation sportive ? Est-ce qu’il y a des liens entre ces deux parcours ou ce sont deux trajectoires que vous menez en parallèle ?

B. L. : C’est un peu pareil pour tout : qu’on veuille réussir un examen ou une compétition sportive, il faut s’entraîner ; et plus on s’entraîne mieux on réussit ! Il faut aussi savoir bien réagir à la pression. A Sciences Po on se retrouve face à des questions sur une feuille, il faut réussir à y répondre en utilisant le plan qu’on a appris sans trop nous éloigner du sujet. En sport c’est pareil : on a un plan tactique pour un match et on essaie de s’y tenir. Mais si cette technique ne fonctionne pas contre le joueur adverse, il faut qu’on sache trouver une autre tactique sans nous éloigner de notre but.

Vous venez de rentrer de deux déplacements sportifs en Indonésie et en Australie. Comment se sont passés vos tournois ? Vous sentez-vous prêt à participer aux Jeux Olympiques ?

B. L. : J’ai encore besoin du mois qu’il me reste pour m’entraîner intensivement. Dans mes récents tournois il y a eu du bon et du moins bon. Lors du premier tournoi, j’avais un bon niveau de jeu, mais j’ai perdu face à un adversaire meilleur que moi. En revanche,  je suis passé à côté du match du second tournoi. Maintenant il faut que je comprenne pourquoi, afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs.

Avez-vous un petit rituel pré-match ou des chaussettes porte-bonheur les jours de tournoi ?

B. L. : Non je n’ai pas de chaussettes porte-bonheur [rires]. Par contre j’ai toujours un petit nounours dans mon sac de badminton quand je joue. Il me fait penser à ma famille, c’était mon père qui me l’avait offert.

Quels sont vos projets à plus long terme, après votre carrière de sportif ?

B. L. : Ce que je voudrais c’est réussir à construire un projet qui marche. Si ma marque de vêtement “décolle”, ça sera très bien. Dans un futur plus proche, j’espère continuer mes études à Sciences Po pour développer mes compétences et apprendre plus de choses sur l’univers professionnel. Je trouve que c’est un très bon "mix" d’avoir lancé ma propre marque en parallèle de mes cours à Sciences Po, car les deux entrent en corrélation.

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