Présentation

L’objectif de ce blog, qui s’inscrit dans le cadre d’un projet de recherche financé par le Scientific Advisory Board (SAB) de Sciences Po, est de faire dialoguer deux univers de recherche : les approches historiennes de l’étude du communisme ; les recherches menées sur les arts et les matériaux visuels (affiches, caricatures, photographies, documentaires, films d’animation, peinture…) depuis d’autres disciplines de sciences sociales (notamment les études cinématographiques, la culture visuelle, les « performance studies »).

Depuis une vingtaine d’années, historiens, sociologues et politistes ont découvert le caractère heuristique d’une exploration des « objets politiques non identifiés » (Denis-Constant Martin) et notamment d’images dont le rôle n’était plus cantonné à l’illustration d’argumentations nourries par la consultation d’archives écrites. Elles faisaient dorénavant partie intégrante de la mise en intrigue du passé. L’on dispose désormais d’une très riche littérature sur l’histoire au cinéma et les usages historiens des sources cinématographiques – au premier chef dans le contexte français. D’autres supports iconographiques ont fait l’objet de traitements originaux comme la photographie ou les caricatures.

En parallèle, mais depuis d’autres questionnements, parfois sous-tendus par des affiliations disciplinaires distinctes (l’ethnographie, l’anthropologie et la sociologie, par-delà la seule histoire), une nouvelle génération de chercheurs venus des études est-européennes a tenté d’éclairer la vie quotidienne sous le communisme et les articulations entre espaces privé et public. A cette fin, elle a mobilisé à son tour des sources comme les journaux intimes (parfois illustrés), les photographies familiales, le vêtement, la décoration d’intérieur ou encore les programmes télévisuels, les documentaires et les fictions cinématographiques.

Enfin, un corpus très dense de travaux est en train d’émerger, qui n’a pas nécessairement pris pour objet les passés (qu’ils soient français ou est-européens), mais s’est développé sous l’influence de l’anthropologie des images et de la culture visuelle, dans une sensibilité aux questions de regard, de réception, voire de coproduction des images.

Dans le cadre du présent projet, l’on s’emploiera dès lors à explorer la façon dont les études visuelles et les sciences sociales du politique peuvent mutuellement s’enrichir en croisant leurs postulats, leurs méthodes de travail, leurs matériaux visuels.

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