









Société Sciences-Po : succession sur fond de crise interne - ENTRETIEN M. Casanova : « Nous devons améliorer notre gestion » Propos recueillis par B. F. Jean-Claude Casanova est président de la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP). Son rôle dans la désignation du successeur de Richard Descoings est central. C'est lui qui présentera au conseil d'administration de la FNSP la synthèse des travaux des deux comités devant préparer la nomination du futur directeur. Il revient, pour Le Monde, sur le bilan de celui qui a profondément réformé l'Institut d'études politiques entre 1996 et 2012, faisant de cette école prestigieuse qui s'endormait sur ses lauriers un établissement aux normes internationales. « Son successeur mènera une politique de continuité et de consolidation », dit-il. Quel bilan faites-vous de l'action menée par Richard Descoings à la tête de l'Institut d'études politiques ? Sous sa direction, Sciences Po a connu une longue période de croissance et des réformes profondes. La durée de la formation est passée de trois à cinq ans. Le collège universitaire (les trois premières années, dont une année à l'étranger) a été étendu sur sept sites, dont celui de Paris. Le recrutement des étudiants a été diversifié par une procédure novatrice. Nous accueillons un très grand nombre d'élèves européens et étrangers du monde entier. Le budget a considérablement augmenté. Le nombre total d'étudiants a lui aussi progressé : il est proche de 12 000 aujourd'hui. La section « service public » et la préparation à l'ENA ne sont plus le centre exclusif de la maison. Cette croissance a fait de l'IEP une institution de rang international, mais cela a provoqué des tensions dans la maison. La période qui s'ouvre est donc une période de stabilisation. Il faut consolider ces avancées. De quel type de tensions parlez-vous ? Faudra-t-il également mettre en ordre les finances de l'IEP ? Le travail est devenu plus dur pour notre personnel, pour celui des inscriptions et de la scolarité, pour celui de la bibliothèque, pour tout le monde en fait, même si leur dévouement n'a jamais faibli. Nous devons gérer nos centres provinciaux. Organiser des enseignements multiples. Nous avons multiplié les masters et les écoles, ils ont besoin de mieux se connaître entre eux. Tout changement quantitatif induit des modifications dans la qualité. Observez les grandes universités américaines : quand elles atteignent une masse critique, elles se stabilisent pour mieux s'organiser et devenir plus efficientes. Nos finances ne sont pas en désordre, mais les temps sont durs pour tous, nous devons donc rechercher des ressources et, comme nous y invite la Cour des comptes, améliorer notre gestion. Nous avons pour règle de présenter à nos conseils des budgets équilibrés, de les respecter et de les clore aux échéances normales. Nous continuerons. Quelles doivent être les priorités du nouveau directeur ? Que doit être l'IEP dans dix ans ? Il s'agira d'une autre personne, et, de ce point de vue, ce sera un changement notable, car la personnalité de Richard Descoings était exceptionnelle. Mais son successeur mènera une politique de continuité et de consolidation, celle qui est approuvée par nos conseils depuis un an et celle que souhaitait mener Richard. Il n'est pas question de remettre en cause, mais au contraire de mettre en ordre, de renforcer ce qui a été construit depuis dix ans. Le successeur de Richard, nos étudiants et nos futurs étudiants, nos enseignants, l'ensemble de notre personnel recueilleront les fruits qu'il a semés. Dans dix ans, grâce à cette politique, menée avec continuité et fermeté depuis 1995, Sciences Po tiendra une place encore plus enviable dans l'enseignement supérieur européen. © 2012 SA Le Monde. Tous droits réservés. |
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