Observatoire de l’Afrique de l’Est

L’Observatoire de l’Afrique de l’Est (2017-2020) est un programme de recherche coordonné par le CEDEJ Khartoum (MAEDI-CNRS USR 3123) et le CERI de Sciences Po. Il se situe dans la continuité de l’Observatoire de la Corne de l’Afrique qu’il remplace et dont il élargit le champ d’étude - les notes de l’Observatoire de la Corne de l’Afrique (2013-2016) sont disponibles sur le site Les Afriques dans le Monde 

L’Observatoire de l’Afrique de l’Est a vocation à produire des Notes d’analyse et d’actualité autour des thématiques qui travaillent la région et ses relations au monde, tels que les dynamiques religieuses contemporaines, les violences politiques, les grands projets de développement, ou encore les circulations humaines. Il entend d’une part mettre en perspective historique l’actualité politique et d’autre part les alimenter d’études empiriques parfois négligées ou souvent difficilement accessibles. 

Logo observatoire


Ce programme de recherche bénéficie du soutien de la Direction Générale des Relations Internationales et de la Stratégie (ministère de la Défense français). Il s’appuie par ailleurs sur un large réseau de partenaires à l’étranger, notamment les Institut français de recherche à l’étranger (le CFEE d’Addis-Abeba, l’IFRA Nairobi, le CEDEJ du Caire) et en France (l’Institut français des relations internationales, le CSBA, LAM-Sciences Po Bordeaux).

Vous trouverez sur cette page les Notes réalisées par les chercheur.e.s partenaires, les programmes et les vidéos des séminaires annuels (octobre 2017-2018-2019).

Contacts: Jean-Nicolas Bach (cedejkhartoum@gmail.com), Roland Marchal (roland.marchal@sciencespo.fr)

Notes

Dynamiques des mobilisations en Ethiopie depuis les élections de 2015

08/2017
Résumé

Les protestations qui ont secoué l’Ethiopie à partir de novembre 2015 ont souvent été interprétées en termes de conflits ethniques et de mécontentements locaux conjoncturels relatifs au développement autant récent que rapide du pays, dégénérant en raison de leur instrumentalisation, via internet, par les opposants de la diaspora et autres ‘ennemis extérieurs’ du régime éthiopien. Néanmoins, l’examen de leurs dynamiques de mobilisation révèle les limites de ces interprétations classiques. Amorcées moins de six mois après la tenue et les résultats fort controversés des élections législatives de mai 2015, ces protestations d’une ampleur et d’une durée inédites sont davantage le produit de soulèvements spontanés locaux non partisans contre l’accumulation des injustices liées à la corruption des administrations étatiques, dont une grande partie des populations éthiopiennes s’estime victime. Ces mouvements sociaux émergent d’abord localement, là où les tensions foncières sont souvent les plus vives, comme les territoires convoités de la région oromo autour d’Addis-Abeba. Ils s’étendent ensuite rapidement avec la multiplication d’incidents tragiques et la répression violente et désordonnée des forces de l’ordre, favorisant le développement de solidarités transrégionales improvisées – en particulier entre Oromo et Amhara –, relayé par internet et la conduite d’actions communes visant à paralyser l’économie du pays.

Kenya 2017: The Interim Elections?

07/2017
Résumé

The fear of violence hangs over elections in Kenya. The murders and population displacements that followed the disputed elections of 2007 still loom large in the minds of Kenyans, as well as internationally. In advance of the 2017 elections there have been multiple warnings from government agencies of the possibility of violence1. But the 2017 elections are unlikely to see conflict on the scale of 2007/8, though there has already been some lethal violence at a local level, and more is likely – particularly if there are significant problems with election processes. At the time of writing (early July), and with a month of campaigning still to go, the race is becoming increasingly close. Nevertheless, it currently seems likely that, unless one side conducts a very good or bad campaign, that incumbent president Uhuru Kenyatta will be returned to power in the first round with a marginal lead, defeating Raila Odinga, who is the candidate for the coalition National Super Alliance (NASA). Although this could still change in the last month of the campaigns as NASA continue to pick up ground and the elections become increasingly close. It also seems likely that Kenyatta’s new political vehicle – the Jubilee Party – will have a majority in parliament. Kenyatta is again running with William Ruto as his deputy, with the very explicit understanding that he will have Kenyatta’s support in running for the presidency in the next elections scheduled for 2022. The focus of attention has already partly shifted to those polls, and the August elections have often felt like an interim process – with much of the political calculations and manoeuvring revolving around a key question: will the voters and the political/business establishment of central Kenya really give their full support to William Ruto in five years’ time? This focus on presidential outcomes, immediate and future, distracts attention from the significance of other contests, especially those for the powerful positions of county governor created by Kenya’s 2010 constitution. These are the second national elections under that constitution – the first having been held in 2013. Kenyan voters will cast six ballots on 8 August: for president, member of parliament (MP), county governor, senator, member of county assembly (MCA) and women’s representative. Kenya’s new constitution, and subsequent legislation, have been explicitly intended to transform politics. That transformation has not realised the ambitions of some of its advocates; but the dynamics of Kenyan politics have changed significantly.

Le Soudan, un pays de destination ? Le cas des Syriens arrivés après 2011 à Khartoum

07/2017
Résumé

Le Soudan se trouve, au sein de la Corne de l’Afrique, au coeur d’un système migratoire particulièrement complexe. Affecté par le départ de ses propres citoyens, le Soudan doit également faire face aux migrations érythréennes, éthiopiennes, somaliennes, sud-soudanaises, au encore aux déplacements internes d’ampleur. Cette note rédigée en juin 2017 s’intéresse à un groupe particulier qui alimente depuis peu ces flux, celui des Syriens arrivés au Soudan après 2011 et dont on ignore encore largement les caractéristiques et les aspirations. Depuis le déclenchement de la crise syrienne en 2011, il existe en effet un flux ininterrompu des Syriens vers le Soudan, l’un des rares pays leur accordant encore une entrée sans visa sur son territoire. Considérant en toile de fond les nombreuses discussions et initiatives des pays de l’Union européenne sur la question des migrants, on verra que si le Soudan peut certes être perçu comme une étape dans le parcours migratoire des Syriens vers l’Europe, il peut en réalité tout aussi bien être considéré comme un pays de destination. On confrontera notamment l’esprit du Processus de Khartoum, qui perçoit le Soudan comme un territoire de transit, aux perceptions des migrants syriens eux-mêmes, dont l’installation à Khartoum a été facilitée ces dernières années par une véritable politique d’accueil soudanaise. En articulant ainsi les échelles d’analyse internationale, microsociale et étatique, cette étude contribue à une meilleure connaissance des caractéristiques et des conditions de vie de cette population à Khartoum.

Ethiopie: les forces de défense nationale à la manoeuvre

06/2017
Résumé

L’Ethiopie est rentrée dans une crise profonde. La déclaration de l’état d’urgence le 08 octobre 2016 est la réponse éthiopienne aux malaises politiques et sociaux du pays. Le régime autoritaire incapable de s’ouvrir s’est appuyé sur son outil de défense, lui-même peu enclin à s’ouvrir. La mise sous tutelle du territoire par les Forces de Défense Nationale Ethiopiennes (FDNE) est une réponse dangereuse car elle masque aussi les limites de la réforme du secteur de sécurité entamée en 1991 sous la houlette du général Tsadqan.

Une Election somalienne

04/2017
Résumé

Au terme d’un processus négocié et quelque peu chaotique, les élections se sont tenues en Somalie pour le renouvellement du Parlement, la mise en place d’une Chambre haute (appelée ici Sénat) et un nouveau Président. Ce texte analyse la difficile mise en place du processus électoral, les options discutées et donne des indications sur les fraudes qui ont entouré le choix d’une nouvelle représentation nationale. L’aspect sans doute le plus important est le renouvellement sans précédent des députés et l’accession au pouvoir d’un président qui a des relations difficiles avec l’Ethiopie. La vie politique somalienne risque d’être plus animée et conflictuelle dans les mois à venir, alors que les États fédérés et le gouvernement central doivent s’entendre sur les questions fondamentales de partage des richesses et de création d’une armée nationale.