Denise Fisher

Compte tenu des territoires qu’elle y possède encore, la France est en Océanie une puissance à la fois locale et extérieure. A ce titre, et quand elle ne se contente pas de bénéficier d’avantages hérités, elle poursuit des objectifs stratégiques multiples. Il se trouve cependant que la donne a changé ces dernières années : la présence croissante de la Chine entraîne une modification de l’engagement des Etats-Unis, du Japon et de Taïwan, tandis que de nouveaux acteurs interviennent dans la recherche des ressources à l’échelle planétaire. Finalement, la France est désormais une puissance parmi d’autres dans une région lointaine qui a longtemps été négligée. Ces évolutions influent de manière positive sur les bénéfices stratégiques qu’elle tire de sa présence en Océanie, mais réduisent sa capacité à exercer son influence et à poursuivre ses objectifs. Parallèlement, elle doit faire face à des revendications d’autonomie, voire d’indépendance, des deux principales collectivités que sont la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française, fondements de la légitimité de sa présence dans la région. La réponse que la France apportera à ces demandes aura une influence déterminante sur la nature de sa présence dans la région, qui est son atout stratégique majeur.