Liberté pour Fariba, liberté pour la recherche

Editorial d'Alain Dieckhoff, directeur du CERI.


"Au début du mois de septembre, le CERI a fait sa rentrée, et le fil normal de nos activités a repris progressivement. Cette rentrée a toutefois un goût amer car notre collègue Fariba Adelkhah, directrice de recherche à Sciences Po, n’a pu l‘effectuer : elle a, en effet, été arrêtée en Iran en juin 2019 et y est toujours incarcérée. 

Comme elle en a l’habitude depuis des années, Fariba conduisait, au vu et au su de tous, des recherches sur l’Iran contemporain. Elle revenait ainsi, après un détour de quelques années par l’Afghanistan, à ce terrain iranien qu’elle avait arpenté sans relâche pour mieux faire comprendre, dans toute sa complexité, cette société « post-révolution islamique ». Fidèle à la méthode éprouvée des anthropologues, elle s’était donc engagée dans une enquête de terrain de longue haleine, guidée par une seule ambition : la soif de mieux comprendre l’épaisseur de cette société.

Ses activités ont toujours été - faut-il le préciser ? - strictement universitaires et Fariba Adelkhah n’avait pas d’engagement politique public. On ne peut donc que se perdre en conjectures, invérifiables, sur les raisons qui ont pu pousser des forces, à l’intérieur de la République islamique, à s’en prendre ainsi à une chercheuse qui a toujours effectué, en toute transparence, ses activités de recherche."

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