OXPO, une mobilité internationale vue du CEE, interview de Cyril Benoit

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Cyril Benoît est chercheur CNRS au Centre d’études européennes et de politique comparée de Sciences Po depuis octobre 2018. Il fait de l’économie politique comparative, c’est-à-dire qu’il s’intéresse, au sens large, à l’interdépendance entre pouvoirs politiques et économiques dans les démocraties capitalistes avancées. 

Pourriez-vous nous dire en quelques mots en quoi consiste le programme de mobilité OXPO  ?

OXPO est un partenariat entre Sciences Po et l’Université d’Oxford, qui permet notamment aux chercheurs des deux institutions, quel que soit leur statut (doctorant, post-doctorant, chercheur statutaire) d’effectuer des séjours (soit à Oxford, soit à Paris), dans mon cas de deux mois, pour y mener des travaux de recherche et pour développer des collaborations scientifiques.

Pourquoi était-il pertinent pour vous de le suivre et pourquoi maintenant ?

Il y avait deux raisons principales qui ont motivé ma participation au programme. La première est que je terminais un projet de recherche sur la protection sociale privée en France et en Europe, et la façon dont une série de politiques règlementaires du secteur de l’assurance avaient profondément recomposé ces activités – il s’agissait donc pour moi de confronter ces travaux à ceux de nombreux spécialistes de ces questions à Oxford, notamment au Department of Social Policy, ce que j’ai fait, notamment par le biais de présentations à des séminaires. La deuxième raison c’est que je débute un nouveau projet sur le contrôle législatif des agences de régulation, en France et au Royaume-Uni et qu’il y a à Nuffield College et au Department of Politics de nombreux spécialistes de ces sujets ou des méthodes que l’on peut utiliser quand on a ce genre de questions. Et donc il s’agissait aussi de préparer au mieux ce projet en échangeant avec des collègues, en testant auprès d’eux des idées ou hypothèses.

Quels étaient les points forts de cette mobilité ?

Je vois au moins trois points forts à cette mobilité. D’abord la vie académique sur place est très riche : dans mon cas, il y avait les séminaires du Department of Social Policy, du Department of Politics, ceux de la Maison française d’Oxford aussi, animés par Agnès Alexandre-Collier, ou encore les rencontres du Politics Group de Nuffield chaque mardi. Un autre point fort est qu’un séjour prolongé à Oxford vous permet d’envisager des collaborations durables. Au cours de ce séjour, j’ai par exemple commencé à travailler avec Tim Vlandas, qui est professeur en économie politique sur les questions de groupes d’intérêts, et OXPO nous a accordé un petit financement pour poursuivre notre collaboration. Un dernier point très fort quand vous êtes en visite à l’Université d’Oxford, est que vous êtes rarement le seul dans cette situation. Donc vous faites aussi des rencontres moins attendues, dans mon cas c’était avec Lawrence Jacobs et Gary Cox, deux universitaires américains qui sont ensuite venus présenter leurs travaux à Sciences Po au CEE.

Recommanderiez-vous ce programme de mobilité et le cas échéant : pourquoi?

Je recommanderais sans réserve le programme OXPO : d’abord parce qu’on trouve généralement à Oxford tout ce qu’on s’attendait à trouver (une vie intellectuelle presque sans équivalent en Europe, des collègues brillants, un environnement de travail fantastique) mais aussi parce qu’on y trouve tout un tas de choses que l’on ne s’attendait pas à trouver (des rencontres impromptues, des idées nouvelles, etc.). Donc l’expérience en vaut vraiment la peine.

 

#Interview_CEE

 

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