"Welcome Refugees : reprendre son destin en main"

C’est une histoire de transmission. Un passage entre les étudiants, les professeurs, la direction et les salariés de Sciences Po, tous volontaires, et d’autres jeunes réfugiés des pays en crise et en guerre. Avec ce pari : donner un accès aux connaissances pour reprendre son destin en main. Reportage

Apprendre et créer des liens

Grâce à un partenariat avec l’association Wintegreat et Sciences Po, Welcome Refugees accueille aujourd’hui pour la deuxième promotion du programme, vingt étudiants, réfugiés de Syrie, d'Irak, du Bangladesh, d'Afghanistan et du Kenya. Ils ont entre 21 et 36 ans et possèdent tous une formation supérieure. Ils vont suivre des cours de français et d’anglais, disposer d’une carte d’auditeur libre à Sciences Po, bénéficier de soutiens, rencontrer d’autres étudiants, parler, échanger, recevoir des conseils, créer des liens et des amitiés.

“Saisir ma chance”

C’est un mélange. De cultures, d’horizons divers. Yama, Ali et Omaid viennent d'Afghanistan. Ahmed, du Bangladesh. Arif, également. “Mon père est un politicien”, dit le jeune homme de 22 ans. “Il a dû fuir le pays. Depuis, nous sommes sans nouvelles. Le gouvernement a commencé à nous menacer, ma mère, moi, et le reste de notre famille. J’ai dû fuir aussi”. Etudiant en commerce, Arif veut saisir la chance qui lui est donnée avec ce programme de poursuivre sa formation. Sindi se définit elle-même comme réfugiée. “Je n’ai pas de problème à me dire comme telle”, dit la jeune femme, timide, souriante, émue aussi. “J’ai quitté l’Albanie pour pouvoir continuer à étudier. La France était mon ambition. Depuis que je suis ici, je peux respirer. La liberté n’a pas de prix. Avec les cours et ma formation en français acquise à Sciences Po, la nouvelle famille que j’ai rencontrée ici, je me sens chez moi. Je sais que je peux faire ce que je veux et atteindre des objectifs inimaginables là-bas, comme celui de devenir avocate.”

“Cesser la paralysie des politiques”

Sophie, Guilia et Anthony sont étudiants en master à l’Ecole des affaires internationales (PSIA) à Sciences Po. “La société évolue”, disent-ils. “Il faut mélanger nos expériences, se nourrir des leurs, considérer que ces réfugiés sont une force”. Pap Ndiaye est professeur et directeur du département d’histoire à Sciences Po. “J’ai commencé à fournir des livres aux réfugiés de mon quartier”, dit-il avant de connaître le programme de Sciences Po et de s’y investir comme volontaire. “Ce que nous traversons aujourd’hui est une crise majeure, telle que nous n’en avons pas connu en Europe depuis 1945”. Un test également pour nos démocraties. “C’est là que la culture et la connaissance ont un rôle à jouer. Il faut éradiquer la peur et cesser la paralysie des politiques”, poursuit-il. “Et amplifier les initiatives comme celle de Sciences Po. Aller vers ces réfugiés pour mieux les connaître, se familiariser. Il s’agit de nos frères et de nos soeurs. Après ce qu’ils ont vécu, ils forcent l’admiration mais ils nous grandissent aussi”. Alexis Bernard a parcouru l’Europe en stop, s’est arrêté à Calais, mais aussi à Zagreb. “J’ai vu ces personnes qui avaient traversé la mer. A leur contact, tout prend sens" dit cet étudiant en master de développement international à l’Ecole des affaires internationales. Un sens qui donne envie de s’engager et d’agir.

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“Une bonne campagne, c’est de l'humain...et des data”

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Chaque semaine, Arthur Muller et Guillaume Liégey viennent enseigner aux étudiants de Sciences Po les meilleures méthodes pour faire gagner une élection à un candidat. Ceux qui s’attendent à rencontrer des spin doctors prêts à leur enseigner des tactiques dignes de la série House of cards, en seront pour leurs frais. Nos deux enseignants, cofondateurs d’une start up spécialisée dans la data électorale, préfèrent en effet s’inspirer des recherches les plus récentes et des big data pour élaborer leurs stratégies. Interview.

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Candidats en master : derniers conseils pour les oraux

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Vous avez été déclaré admissible à un master de Sciences Po. Il vous reste à réussir l’entretien oral pour intégrer l’une de nos 7 écoles. Les épreuves d’admission se déroulent du 25 avril au 10 mai. Elle peuvent parfois générer du stress car vous vous posez encore des questions sur le profil des candidats recherchés, sur votre capacité à démontrer votre motivation et à défendre votre projet…. Restez serein et gardez confiance en vous ! Voici nos derniers conseils pour cette dernière ligne droite. 

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Et le vainqueur est… le populisme

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Une analyse de Luc Rouban (Cevipof). Le premier tour de l’élection présidentielle de 2017 a mis au jour la transformation de l’espace politique français. Cette transformation apparaît clairement dans le faible score cumulé par les candidats des deux principaux partis politiques qui ont dominé la scène électorale depuis 1981. Au total, François Fillon pour LR et Benoît Hamon pour le PS ne totalisent que 26 % des suffrages exprimés alors que 74 % de ces suffrages sont portés par des candidats qui n’ont ni joué le jeu des primaires ni dominé la vie parlementaire avec leurs députés depuis des décennies. The Conversation

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"Il manque un débat de fond pour savoir ce qui est acceptable pour un candidat"

“Renouvellement”, “éthique”, “système”... jusqu'au second tour de la présidentielle, les étudiants internationaux du Collège universitaire (le 1er cycle de Sciences Po) prennent la parole dans Paris Match sur un mot qui compte pour eux en politique. Lukas Hochscheidt, 19 ans, étudiant allemand en double diplôme avec la Freie Universität Berlin sur le campus de Nancy a choisi de commenter le mot “éthique”. Il nous explique pourquoi.

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Présidentielle : tracts & slogans collector

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Professions de foi, bulletins de vote, affiches officielles... ou officieuses, autocollants et tracts pour... ou contre. Depuis sa création en 1960, le Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF) collecte les documents se rapportant aux élections françaises. Après avoir publié les fonds consacrés aux élections législatives, le CEVIPOF et la bibliothèque de Sciences Po rendent accessible le fonds présidentiel, soit plus d'un millier de documents collectés entre 1965 et 2012 au cours de 9 campagnes présidentielles ! Best-of en diaporama.

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La Boussole présidentielle : une arme contre l’indécision

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Dans cette campagne où le débat de fond a bien souvent fait les frais des révélations sur les affaires, la Boussole présidentielle mise au point par le Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), en partenariat avec 20 Minutes, a déjà aidé plus d’un million de citoyens à retrouver le cap. Un outil scientifique et civique qui replace les programmes au centre du jeu. Explications avec Thomas Vitiello, doctorant au Cevipof, qui travaille sur l’outil depuis 2012.

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Quand la bande dessinée raconte l’Histoire

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Depuis quelques années, la bande dessinée a gagné ses lettres de noblesse, au point de devenir un objet de recherche en soi. Isabelle Delorme, qui vient de soutenir sa thèse au Centre d’histoire de Sciences Po, s’intéresse à ce qu’elle nomme « les récits mémoriels historiques en bande dessinée », des ouvrages dans lesquels les auteurs croisent histoire familiale et grande Histoire, tel le célèbre Persepolis de Marjane Satrapi. Qu’apporte l’étude de la bande dessinée à la recherche ? Réponse d’une chercheuse passionnée par son sujet.

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“L’humanitaire est un outil de la diplomatie”

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