"On me dit que je suis trop jeune pour la politique"

Elle est étudiante à Sciences Po, elle a eu 18 ans lors de l’entre-deux tours de l’élection présidentielle et elle est déjà candidate. Morgane Guerreau est la plus jeune représentante de ces élections législatives 2017, investie sous la bannière du parti Allons Enfants. Ses thèmes de campagne ? L'écologie, l'Europe, le numérique... Morgane Guerreau est représentative d’une jeunesse qui n’a plus envie d’attendre que ses préoccupations soient débattues à l’Assemblée. Interview.

Vous êtes la plus jeune candidate de ces élections, qu’est-ce qui vous a poussée à vous intéresser à la politique ?

Morgane Guerreau : C’est un peu un hasard ! Il n’y a pas de tradition d’engagement politique dans ma famille. J’avais envie de m’engager pour une cause mais je ne savais pas précisément pour quoi. Et puis, à Sciences Po, sur le groupe Facebook de la promotion 2021, j’ai découvert Allons Enfants, un parti politique transpartisan, organisé et géré par des jeunes de 18 à 25 ans. Leur programme m’a plu, il y a beaucoup de sujets qui me touchent : l’Europe, le digital, le développement durable, l’éducation. Il y avait un formulaire en ligne pour se présenter, j’ai candidaté, échangé avec eux, je suis venue à leurs réunions et... j’ai finalement été investie dans ma circonscription !

Vous vous présentez dans la 4ème circonscription du Val-de-Marne (94), comment se déroule la campagne ?

M.G. : Concrètement, on tracte sur les marchés le matin et on colle des affiches l’après-midi. Mais on discute aussi beaucoup avec les gens pour détailler nos 10 mesures phares. Certains nous trouvent un peu jeunes pour faire de la politique, nous disent de revenir plus tard, quand on sera grands  ! Mais la plupart sont positifs : les gens aiment bien l’idée que des jeunes bougent et essaient de changer les choses. Nos sujets de campagne sont par ailleurs assez bien accueillis, sauf l’Europe sur laquelle il faut généralement dialoguer davantage car il y a beaucoup d’eurosceptiques !

Que répondez-vous à ces eurosceptiques ?

M.G. : Beaucoup de personnes résument l’Europe à la peur d’une immigration subie alors que, dans le fond, la France a finalement accueilli peu de réfugiés. Et cette vision est réductrice. Le projet européen pourrait être une opportunité pour la France. Nous proposons de lancer de grands projets économiques comme Airbus, de développer à l’échelle européenne les énergies renouvelables, de porter des projets de recherche ou encore de créer des concurrents des GAFA [NDLR : les géants du web, Google, Apple, Facebook, Amazon]. L’Europe pourrait devenir un moteur de l’innovation.

Si vous êtes élue, quels sujets allez-vous porter en priorité ?

M.G. : Notre priorité sera le développement durable. C’est urgent, c’est en train de se passer maintenant, on ne peut pas attendre ! Et puis, notre autre grand sujet sera de faire passer notre loi “Allons Enfants” qui propose de limiter le cumul des mandats et d’imposer des quotas de jeunes dans les listes municipales qui seront présentées en 2020. Notre objectif : 10 000 jeunes dans les prochains conseils municipaux, tous partis confondus !

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