Une école en mouvement

Depuis sa création en 1872, Sciences Po est une institution en mouvement permanent, qui n’a cessé d’innover et de bousculer les modèles.

Notre histoire

Sciences Po a vu le jour sous le nom de "l'École Libre des Sciences Politiques", créée en 1872 par Émile Boutmy pour répondre à la crise politique et morale qui frappe la France au lendemain de la guerre de 1870. Elle entend former de nouvelles élites et produire des savoirs modernes pour une France nouvelle.

Une exception française

Sciences Po présente une triple originalité dans l’enseignement supérieur français. Par son statut d’école privée constituée en société par actions, elle est libre de choisir ses étudiants, ses enseignants et ses programmes.

portrait d'Émile Boutmy

Émile Boutmy, le fondateur

De 1871 à 1906, durant 35 ans, Émile Boutmy imprime sa marque à l’École. Jeune homme sans fortune et sans réputation mais entrepreneur de talent, comment le "père fondateur" de Sciences Po est-il devenu "l'éducateur merveilleux", créant une école appelée à devenir le "carrefour des classes dirigeantes" ? Portrait à lire sur Sciences Po Stories

Par son projet éducatif novateur, elle initie une pédagogie interactive sous la forme des conférences de méthode qui réunissent des petits groupes d’étudiants et des enseignants issus de la haute fonction publique, du monde des affaires et de l’université.

Par son ambition scientifique, elle privilégie une approche plurielle des “sciences politiques” (droit, histoire, sociologie, géographie, économie) et l’étude inédite des mondes contemporains et étrangers, afin de faire dialoguer la recherche et l’enseignement pratique.

Après la période de fondation, l’École libre se recentre sur la préparation aux concours des grands corps de l’État tout en formant aux carrières des affaires.

Une tradition : innover

En 1945, Sciences Po est partiellement nationalisée et dédoublée en une Fondation nationale des sciences politiques (FNSP) et un Institut d’études politiques (IEP). L’autonomie de Sciences Po est néanmoins préservée. Cette autonomie, sans cesse confirmée par les pouvoirs publics, a fait de Sciences Po un laboratoire de projets institutionnels, pédagogiques et scientifiques innovants. Ce modèle a été conforté et clarifié par la réforme des statuts de janvier 2016. 

Déjà fréquentée dès les années 1920-1930 par des étudiants étrangers, Sciences Po devient pionnière en matière d’ouverture internationale lorsqu’elle instaure en 1999 une scolarité en cinq ans, sur le modèle du Bachelor-Master-Doctorat. Inscrivant dans son programme une année obligatoire à l’étranger pour tous ses étudiants, elle noue des partenariats avec de prestigieuses universités du monde entier.

Pionnière également en matière d’égalité des chances, Sciences Po instaure en 2001 des procédures spéciales d’examen d’entrée, les Conventions éducation prioritaire (CEP), qui ont contribué à accroître la diversité sociale des étudiants.

photo d'archives d'une salle de lecture de la bibliothèque de Sciences Po
La bibliothèque a été créée en 1872

Sciences Po a enfin su renouveler ses enseignements et ses recherches, en investissant les champs pionniers de la science politique, des relations internationales, de la sociologie des organisations et de l’histoire du temps présent après 1945, des arts politiques, des humanités scientifiques et des études numériques à la fin des années 2000.

Toujours fidèle à sa mission originelle de dialogue entre savoirs scientifiques et savoirs appliqués, Sciences Po a conservé son identité unique d’école prestigieuse de formation des élites et d’université de recherche en sciences sociales de rang international.

1871
Émile Boutmy rédige deux programmes intellectuels et scientifiques pour la future École libre des sciences politiques, dont il dépose les statuts le 2 décembre 1871.

1872
L’École libre des sciences politiques tient sa séance d’ouverture le 10 janvier et délivre ses premiers cours ; elle se constitue en société anonyme le 10 juillet 1872.

1879
Le don de la Duchesse de Galliera permet l’acquisition de l’hôtel de Mortemart au 27, rue Saint-Guillaume et entérine l’installation définitive de Sciences Po dans le quartier Saint-Germain-des-Prés.

1919
Les premières femmes étudiantes sont admises à Sciences Po.

image d'archives d'étudiants pratiquant le sport
La première association sportive de Sciences Po voit le jour en 1931

1923
L’École libre des sciences politiques signe le premier accord de Junior YearAbroad avec l'Université de Delaware et accueille en moyenne 20% d'étudiants étrangers durant l'entre-deux-guerres.

1941
Une grande réforme pédagogique instaure une scolarité en trois ans, composée d’une année préparatoire (l’AP) et de deux années de deuxième cycle au sein de quatre sections (Service Public, Ecofi, Section générale et Section internationale), qui conduit à l’obtention du prestigieux diplôme de Sciences Po à l’issue d’une série d’épreuves dont le légendaire « grand O » (grand oral).

1945
Suite à une nationalisation partielle, l’École libre des sciences politiques est remplacée par une Fondation nationale des sciences politiques (FNSP), privée et indépendante, chargée de la recherche et de la documentation, et par un Institut d’études politiques (IEP), chargé de l’enseignement et rattaché à l’université de Paris mais géré par la FNSP.

1948
Sciences Po instaure le Certificat d'études politiques (CEP), un programme spécial destiné aux étudiants étrangers qui suivent une scolarité séparée mais calquée sur celle du diplôme.

1956
Jean Touchard, secrétaire général de la FNSP, créé le Cycle supérieur d’études politiques – ou troisième cycle de formation à la recherche. Avec l’instauration des deux premiers laboratoires de recherche de la Fondation, le CERI en 1952 et le CEVIPOF en 1960, Sciences Po se constitue en université de recherche.

1968-69
Mai 68 à Sciences Po : les examens sont repoussés, l’école occupée de mai à fin juin ; les nouveaux statuts de janvier 1969 redessinent la gouvernance de l’institution : les étudiants siègent au Conseil de direction et dans les Commissions paritaires.

1973
Création de la Formation continue.

1985
L’octroi du statut de Grand Établissement (au même titre que le Collège de France, le Muséum d’histoire naturelle ou l’École des hautes études en sciences sociales,  EHESS) permet à Sciences Po de préserver son autonomie en matière de gestion financière et de ressources humaines, de recrutement étudiant et enseignant, et de choix pédagogiques et scientifiques.

1989

éudiants de Sciences Po dans les années 60
Sciences Po accueille 2550 étudiants en 1961

La réforme pédagogique des études initiée par le directeur Alain Lancelot met l’accent sur la culture générale, l’internationalisation, la professionalisation.

1999
La réforme des études proposée par le directeur Richard Descoings est la plus ambitieuse depuis celle de 1941 : elle fait passer la scolarité du diplôme de trois à cinq ans, sur le modèle de la Licence-Master-Doctorat, et impose une année obligatoire à l’étranger.

2000
Création du premier campus de premier cycle délocalisé en région à Nancy, suivi de Poitiers (2001), Dijon (2001), Menton (2005), Le Havre (2007), Reims (2010). Ces premiers cycles sont des laboratoires pédagogiques de l’internationalisation et accueillent autant d’étudiants étrangers que de français dans un bain multilingue.

2001
Création des Conventions d’éducation prioritaire (CEP), initiative pionnière relève le défi de l’égalité des chances et de la diversité sociale dans le cadre d’une université sélective.

2002
Le programme Alliance réunit Columbia University, Sciences Po, Paris I et  l’École polytechnique autour d'actions de formation, de recherche et d'échanges.

2004
La mise en place d’une échelle progressive des droits de scolarité répond à la fois à une nécessité financière mais également à une politique de redistribution sociale, puisqu’une partie de l’argent ainsi récolté est redistribuée à des étudiants boursiers.

2004
Sciences Po renoue avec la politique d’acquisition immobilière en achetant le 13, rue de l’Université, ancien siège de l’ENA, et le 10, rue de la Chaise (2010), tout en s’installant au 28, rue des Saints-Pères (2008) – approfondissant sa stratégie de développement d’un campus urbain au cœur de Saint-Germain-des-Prés

2012
Sous la conduite de Richard Descoings, le PRES Sorbonne-Paris-Cité, regroupant Sciences Po, l’Inalco, l’École des hautes études en santé publique, l’Institut de géophysique du globe et les universités de Paris V, VII et XIII, remporte l’IDEX, étape cruciale vers la constitution d’une Communauté d’universités et d’établissements (COMUE).

2014
Frédéric Mion, directeur de Sciences Po depuis mars 2014, présente avec Sciences Po 2022 (pdf) les nouvelles orientations stratégiques de l’institution à l’horizon 2022, date des 150 ans de l’école.

2015-2016
La réforme des statuts conforte et clarifie le modèle de gouvernance de Sciences Po. 

FOCUS

A quoi ressemble Sciences Po près de 150 ans après sa création ? Découvrez en vidéo le récit de la folle année 2015, portrait d'une institution en prise directe avec l'actualité.

ZOOM SUR

photo d'archives de la Péniche de Sciences Po en 68

Sciences Po et mai 68

Si Sciences Po n’a pas été le fer de lance de la "révolution étudiante", l'établissement a essuyé la contestation et a été confrontée à des péripéties : le refus de composer se muant en grève générale, les meetings succédant aux AG, les banderoles recouvrant les affiches, l’invasion des locaux culminant en occupation... À Sciences Po rouge, rebaptisé Institut Lénine, dans le hall Che Guevara et l’amphi Rosa Luxembourg, la "révolution" fut – un bref instant – en marche. Lire le récit sur Sciences Po Stories