Retour sur la Masterclasse Culture autour du roman S’adapter avec Clara Dupont-Monod et Manuel Carcassonne

  • © JF Paga (photo de gauche) et Olivier Roller (photo de droite)© JF Paga (photo de gauche) et Olivier Roller (photo de droite)

Un article de Lucie Grandjean

Le 9 mars 2022, les étudiants de la spécialité Culture / Cultural Policy & Management de l'École d’affaires publiques de Sciences Po ont accueilli la romancière Clara Dupont-Monod et son éditeur Manuel Carcassonne, directeur de la maison d’édition Stock, pour discuter du dernier roman de l’autrice S’adapter ainsi que des enjeux et défis du monde de l’édition aujourd’hui. 

S’adapter au processus de création d’un roman

Représenter la différence et donner une voix à ceux qui vivent en marge de la société, c’est la « grande obsession littéraire » de Clara Dupont-Monod autour de laquelle elle a construit toute son œuvre, et S’adapter ne déroge pas à ce principe. En effet, entremêlant subtilement fiction romancée et détails autobiographiques, le dernier roman de l’autrice dépeint la relation et l’adaptation des membres d’une famille à l’arrivée d’un enfant handicapé.

Malgré la difficulté du sujet et la forme complexe du roman à trois voix et aux personnages sans noms, la puissance des émotions que Clara Dupont-Monod partage, à la fois universelles et accessibles grâce à l’intimité du cadre, touche profondément les lecteurs et leur permet de s’approprier l’histoire. En effet, pour Clara Dupont-Monod, qui assure actuellement la promotion de son roman et prétend avec humour vivre dans un train corail et en connaître tous les horaires, une œuvre vraiment réussie entre dans des histoires personnelles de chacun et échappe complètement à l’écrivain : il est donc de son devoir d’écouter et d’échanger avec ses lecteurs.

L’écriture est pour la romancière un grand bonheur et un véritable jardin secret, mais elle nécessite aussi une lutte et un acharnement constant, en même temps qu’elle représente un risque car l’auteure se dévoile et s’expose au jugement parfois violent du public. 

S’adapter au fonctionnement du secteur de l’édition

Si selon l’autrice, « écrire est un risque », publier en est également un qu’il faut être prêt à prendre. En effet, reprenant la célèbre citation de l’éditeur Jean-Claude Fasquelle « il faut savoir mourir sur un texte », Manuel Carcassonne soutient qu’un éditeur doit toujours assumer complètement ses choix et ainsi être en mesure de défendre les textes qu’il publie. Il est ainsi primordial de créer une relation de confiance solide entre l’éditeur et son auteur et développer une connaissance intime de son univers afin de pouvoir soutenir ses textes et petit à petit construire son succès. Pour Manuel Carcassonne, cela peut se révéler complexe avec certains auteurs, mais heureusement pour lui, Clara Dupont-Monod est « une crème » !

Cependant, nos deux intervenants ont rappelé plusieurs fois que le succès d’un roman est complètement imprévisible et aléatoire, et il est ainsi très difficile d’établir à l’avance une stratégie commerciale pour promouvoir un roman. Le plus important est donc d’entretenir de bonnes relations avec les personnes qui peuvent participer au succès du livre tels que les critiques et les libraires, et affiner la stratégie au fil de l’évolution de la réception du roman. 

S’adapter aux nouveaux enjeux du monde éditorial

Pour Manuel Carcassonne, les nouvelles formes de consommation de la littérature représentent un enjeu émergent dans le secteur éditorial français mais le numérique ne constitue pour l’instant qu’une toute petite part du chiffre d’affaires global des maisons d’éditions qui ont volontairement freiné son développement en France pour protéger les librairies. Selon Clara Dupont-Monod, la littérature est « une affaire de corps » et l’objet livre et toutes les pratiques qui lui sont associées ne peuvent pas être remplacés numériquement. Cependant, Manuel Carcassonne n’hésite pas à rappeler l’essor spectaculaire de l’audiobook en France et dans le monde, et le voit comme une solution à la diminution de la vente de livres à condition d’en augmenter le nombre et la diversité. 

Concernant le projet de fusion des groupes Hachette et Editis, dirigé par l’homme d’affaires controversé Vincent Bolloré, Manuel Carcassonne relativise mais appelle néanmoins à la vigilance sur la protection de la diversité éditoriale qui est pour lui essentielle non seulement à la culture mais aussi au débat public. Cela passe par le maintien d’un équilibre entre petites maisons d’édition et géants du secteur, mais également par la défense de la diversité d’opinions dans les textes publiés. Clara Dupont-Monod est en accord avec cette vision et continue à défendre son choix d’avoir publié Le Premier Sexe d’Éric Zemmour, qui permettait alors de vocaliser les « peurs outrancières » des hommes et ainsi de nourrir le débat féministe, tout en condamnant son auteur et ses positions. 

Finalement, Manuel Carcassonne résume ces positions en décrivant l’édition comme « un miroir qui doit refléter son époque ».

Pour conclure cet article, nous proposons de partager avec les lecteurs « Le Mot de la Fin » de la Masterclasse, qui a été proposé par Chloé Le Rille, à l’issue de cette discussion passionnante, sous la forme d’une très belle liste d’infinitifs :

Accepter le risque d’un nouveau livre 

Accepter que les adaptations sont infidèles 

Accepter le mystère du succès et le mystère de l’échec 

 

Assumer de défendre l’œuvre mais qu’elle n’est plus à nous 

Assumer le service après vente de l’émotion, y compris pour les auteurs que l’on défend 

Assumer d’éditer sans forcément assumer les positions de celui qu’on édite 

 

Attendre le moment de la maturité 

Attendre l’envoi du manuscrit 

Attendre dans les trains Corail 

 

Partager une complicité et une confiance entre managers et artistes

Partager la jubilation autour de l’œuvre et autour du travail 

Partager une connaissance intime de l’univers de l’auteur et de l’univers de l’artiste que l’on défend. 

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CIVICA : Focus sur les cours joints

  • Cours joints CIVICA © Sciences PoCours joints CIVICA © Sciences Po

Article initialement publié sur www.sciencespo.fr par l'équipe éditoriale de Sciences Po.

Vendredi 29 avril 2022, les étudiants du cours joint sur les États providence en transitions dispensé par Bruno Palier de Sciences Po et Anke Hassel enseignante à la Hertie School ont enfin pu se retrouver, en présentiel à Sciences Po. Un point sur cette expérience pédagogique inédite avec Frank Stadelmaier et Carly Hafner respectivement Senior Manager et chargée de projet au sein de la Direction des études et des partenariats, CIVICA.

En quoi consistent les cours joints ? Comment s’organisent-ils ?

Les cours joints sont co-conçus et co-enseignés par deux professeurs membres de CIVICA à un groupe d'étudiants également issu des institutions partenaires. Ce format permet à la fois d'explorer un sujet sous des angles complémentaires pour les enseignants, mais aussi d'échanger entre enseignants et étudiants d'horizons différents. À Sciences Po, les cours joints CIVICA ont été organisés avec les enseignants ayant des relations de travail préexistantes avec les enseignants des autres universités CIVICA. Les enseignants travaillent ensuite ensemble, aux côtés des équipes académiques de chaque université, afin de concevoir le programme et dispenser le cours.

Depuis quand existent-ils ? Quelles sont leurs ambitions ?

La démocratie en crise’, premier cours joint de CIVICA, a été lancé à l'automne 2020 entre la Hertie et l'École d'affaires publiques de Sciences Po (enseigné par Florence Faucher, pour Sciences Po et Christian Freudlsperger pour la Hertie). Depuis, deux autres cours joints ont été développés par l'École d'affaires publiques : un deuxième cours avec la Hertie a été dispensé deux fois ("Welfare States in Transition" les États providence en transition, enseigné par Bruno Palier, Sciences Po et Anke Hassel, Hertie) et, ce semestre, un nouveau cours " Diving in the Digital Public Space" (Plonger dans l'espace public numérique) a été élaboré avec Central European University (enseigné par Jean-Philippe Cointet, Sciences Po et Marton Karsai, CEU). Les retours sur ces cours sont très positifs, et chaque nouvelle édition permet de procéder à des ajustements enrichissant ainsi l'expérience d'apprentissage des étudiants.

C'est la deuxième édition du cours "Welfare States in Transition" enseigné par Bruno Palier de Sciences Po et Anke Hassel de Hertie, et la première fois que Sciences Po a pu accueillir physiquement les étudiants de notre partenaire sur notre campus. Nous espérons que la combinaison de l'apprentissage en ligne et en présentiel renforcera les liens entre les étudiants et rendra l'expérience encore plus intéressante.

L'objectif des cours joints CIVICA est de créer un environnement d'apprentissage immersif et collaboratif entre les enseignants et les étudiants et de permettre aux étudiants de bénéficier d'une pluralité de perspectives. Lorsque nous lançons un cours joint, nous recherchons des idées qui sont complémentaires aux nôtres, qui offrent une perspective différente, ou qui apportent une spécificité géographique. Le cours joint enseigné par Bruno Palier de Sciences Po et Anke Hassel de la Hertie a été construit sur la base d’une initiative de recherche commune, ce qui a été particulièrement enrichissant pour les étudiants.

En quoi l’expérience du Covid a-t-elle été riche en enseignement ?

Frank Stadelmaier: Les cours joints ont été l'un des plus grands succès de l'offre d'enseignement proposée par CIVICA lors de la pandémie du COVID. Les enseignements se sont déroulés presque entièrement en ligne, ce qui a permis aux étudiants de suivre le même cours bien qu’en étant basés dans différents pays. Ainsi, les étudiants des cours joints de CIVICA peuvent se confronter à différentes cultures et perspectives sans avoir à quitter leur campus. En outre, nos enseignants ont pu expérimenter différents outils pédagogiques, lesquels ont donné des résultats positifs auprès des étudiants suivant le cours. Par exemple, le fait d'avoir des enseignements entièrement en ligne a permis, par le biais de salles de discussion virtuelles, d’engager des échanges en petits groupes entre étudiants des deux universités.

Nous sommes impatients de continuer à explorer et à multiplier les cours joints avec nos partenaires CIVICA dans les années à venir !

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Retour sur la Masterclasse Culture autour du film "Nous" d'Alice Diop

  • Masterclasse Culture autour du film Nous d'Alice Diop  © Florence Botello/EAPMasterclasse Culture autour du film Nous d'Alice Diop © Florence Botello/EAP

Article rédigé par Lisa Compagnon et traduit par Paula Nájera Muñoz, étudiantes de la spécialité Cultural Policy and Management de l'École d'affaires publiques.

 Dès sa création, le cinéma, invention des frères Lumière, “manifeste ses pouvoirs de rencontre et de compréhension entre des êtres différents, partout dans le monde, et mobilise dans le même temps des rapports d’exclusion et de domination, sous le signe des inégalités sociales, du racisme et du machisme. Plus d’un siècle après, (...) la question du rapport au divers est plus que jamais au cœur des pratiques et des effets du cinéma.” Dans la préface de son livre Le cinéma à l’épreuve du divers, le critique et historien du cinéma Jean-Michel Frodon rappelle le rôle central de la production cinématographique dans la fabrique du regard, de la compréhension du monde et d’autrui. À travers un parcours le long du RER B, le film Nous, réalisé par Alice Diop, cité dans l’ouvrage, propose justement de combler certains déficits de représentation, de déceler et d’exposer certaines vies encore invisibilisées à travers une forme de cinéma nouvelle, subtile, hors des paradigmes traditionnels.  

À l’occasion de la Masterclasse Culture de l’École d’affaires publiques du 22 mars 2022, les étudiantes et étudiants de la spécialité Culture et Cultural Policy and Management de l'École d'affaires publiques ont pu questionner Alice Diop et Jean-Michel Frodon sur leurs inspirations et visions artistiques, leur perception de la représentation du divers dans le cinéma et son rôle dans la construction du regard sur l’altérité.  

Nous, une invitation subtile au déplacement du regard  

Le regard est projeté dans l’immensité d’un paysage boisé, bercé par le chant des oiseaux et le calme de la forêt, à travers une première scène initiée sans guide, sans repère. Une famille est - comme le spectateur - plongée dans cette attente silencieuse. Qu’attend t-elle ? Et nous ? Cette introduction presque muette semble annoncer une approche cinématographique subtile, suggestive, loin de se plier aux habituelles (du moins fréquentes) exigences d’évidence et de clarté. Mais après tout, cette attente a-t-elle vraiment besoin d’un objet ? N’est-elle pas justement une invitation à s’apprécier elle-même, une ode à la patience, au temps, une modeste incitation à poser (pauser ?) le regard ? Au loin, un cerf apparaît, révélant - partiellement - l’intention des observateurs (eux-mêmes épiés), et suggère une première déclinaison des regards, de leur objet, leur origine, leur dessein.  

Puis, dans ce calme, cette lenteur, le décor change. Un éclairage vacille, les bruits de la ville s’invitent pour finalement céder leur rôle principal à Ismaël, un mécanicien immigré dont Alice Diop, derrière la caméra, suit le quotidien. Alors, les courts aperçus de l’ordinaire se succèdent : tour à tour, nous rencontrons N’deye Sighane Diop, la soeur de la réalisatrice, infirmière à domicile, ses patients; des royalistes de la cathédrale de St-Denis en plein hommage à Louis XVI; des lycéennes qui jouent au Uno; des enfants, des jeunes adultes, dehors, sur des bancs ou des campements improvisés, occupés à ne pas l’être sur un fond de George Brassens ou d’Edith Piaf. Les anecdotes, les scènes se superposent, sans qu'une interprétation limpide ou qu’une revendication politique explicite soit formulée (et encore moins imposées). Cette multiplicité de récits est entrecoupée par celui de la réalisatrice, qui partage quelques séquences d’archives personnelles, narrant par une voix off certains souvenirs familiaux. Nous comprenons alors les racines de sa philosophie, de sa cinéphilie : elle regrette les événements qui n’ont aucune trace, “ce qui a disparu, tout ce qui a été effacé”. “Je filme la maison pour avoir un souvenir”. Elle filme pour que la mémoire reste vive, pour faire perdurer l’existence de ce qui n’est plus, ou en insuffler une nouvelle, par l’image, à ceux longtemps omis par la narration officielle. À travers ce lien matériel qu’est la ligne du RER B, seul point commun (apparent) entre les protagonistes, Alice Diop explore - à la façon de François Maspero dans Les passagers du Roissy-Express, ou de l’auteur Pierre Bergounioux, sa dernière rencontre à Gif-sur-Yvettes, les individualités - les particularités, de ces “petites vies” qu’elle entend - par sa démarche - “arracher à l’ombre”. Ce dont il s’agit dans Nous, très loin des discours préconçus, revendicatifs ou exagérément sentimentalistes, c’est simplement d'offrir une représentation aux “gens qui avaient vécu sans jamais trouver de trace d’eux-mêmes dans les livres ou sur les images qui passent sur les écrans”, et d’offrir aux spectateurs une occasion nouvelle de déplacer leur regard, et d’enrichir - toujours sans consigne ni contrainte - leur perception du réel, des autres, et de ce Nous qui cimente notre humanité.  

Rejeter les simplismes et les formatages de la diversité  

Avec cette nouvelle œuvre, Alice Diop se sert du cinéma et de son langage poétique, humain, - plus approchable aussi - pour interroger les notions complexes d’identité, de regard, de représentation du divers, de mémoire. Le narratif des territoires, ici à travers une ligne de RER, permet, le temps d’un trajet, un déplacement de la pensée, des certitudes. Par ses lenteurs, Nous offre une sortie du furieux récit médiatique de l'immédiateté pour nous inviter à la contemplation de la banalité, de l’ordinaire. Ce voyage, la réalisatrice le propose sans aiguillage, “je n’avais pas de question (...) juste le désir de me laisser traverser par les rencontres, par les émotions, les sensations”. Dans un geste documentaire, elle entreprend un voyage d’un mois autour du tracé symbolique, métaphorique du RER B, et à partir de ses notes manuscrites, des aquarelles de son accompagnant, des échanges occasionnés, construit sa narration pendant plus d’un an. Mais pour davantage marquer les esprits, atteindre un public plus large - plus divers -, n’aurait-il pas fallu opter pour la fiction ? Pour Alice Diop tout comme pour Jean-Michel Frodon, il n’existe simplement pas de fracture entre les genres. Chaque film est un mélange, un équilibre entre fictif et réel, entre forme et fond, dont la mise en scène est, quel que soit le type et l’intention, au cœur de la création. Chaque film propose et construit notre relation à l’altérité, et, en raison de son individualité, de son unicité systématique, mérite d’être conçu et analysé en dehors des catégories rigides qui en simplifient l’examen.  

Toutefois, malgré la prégnance de cette balance entre forme et fond dans chaque œuvre, Alice Diop précise que même si “avoir un questionnement politique sur la production des images” est essentiel, pour elle, “ce qui compte c’est le cinéma”. En d’autres termes, indépendamment de la portée politique, sociale, militante d’un film, ce sont la qualité de la proposition cinématographique, de la vision artistique qui restent les facteurs déterminants dans la création. Elle insiste cependant sur la nécessité immuable, - à laquelle elle tente de répondre avec Nous, de penser à l’empreinte politique des images, à leur rôle dans l’érection d’un contre-récit permettant de mieux penser la complexité du réel, sa densité, et surtout de repenser la représentation des femmes et des hommes ayant été configurée par autrui. En somme, créer des formes nouvelles pour offrir des occasions nouvelles de faire vaciller le regard. C’est d’ailleurs ce que soulève Jean-Michel Frodon : pour lui, Nous est un “modèle exemplaire” d’invitation à déplacer le regard libéré des mécaniques littérales, habituelles, faciles, qui répond à ce besoin d’exposition du divers - ici de la banlieue -, tout en apportant une réponse inusitée. D’ailleurs, il insiste sur cette distinction entre divers et diversité : la dernière n’est qu’une caricature, une approche simpliste, statistique qui appauvrit la réflexion en incitant aux mesures “pansement” - comme, inclure des acteurs et actrices issus des minorités, ce qu’il qualifie de “formatage coloré”, au lieu de profondément penser la narration, l’aspect politique et les effets sensoriels d’une oeuvre. À l’inverse, le divers recomplexifie la représentation et le rapport au différent en bouleversant justement ces lignes de formatage. C’est précisément dans cette lignée que s’inscrit Nous, dont l’humilité du discours, la subtilité de la mise en scène, les silences, la lenteur, nous offre une œuvre politique et contemplative déjouant les simplismes.    

Nous, documentaire réalisé par Alice Diop, 2022, 1h57. 

Une ligne, le RER B, traversée du nord vers le sud. Un voyage à l'intérieur de ces lieux indistincts qu'on appelle la banlieue. Des rencontres : une femme de ménage à Roissy, un ferrailleur au Bourget, une infirmière à Drancy, un écrivain à Gif-sur-Yvette, le suiveur d'une chasse à courre en vallée de Chevreuse et la cinéaste qui revisite le lieu de son enfance. Chacun est la pièce d'un ensemble qui compose un tout. Un possible "nous".

 

Le cinéma à l’épreuve du divers. Politiques du regard, Jean-Michel Frodon, 2021. 

Une Masterclasse préparée et modérée par Inès Bréchignac, Lisa Compagnon, Henri Cordonnier, Lucie Garnier, Louise Gauthier-Martinet, Julia Hancart, Léo Hervada-Seux, Diane Laurent, Aurélien Lemaitre, Emma Lézier-Gibout et Paula Najera-Munoz, étudiants et étudiantes des spécialités Culture et Cultural Policy and Management de l'École d'affaires publiques.

Pour aller plus loin dans la discussion, 3 questions posées à Jean-Michel Frodon :

Aurélien Lemaître : “Rien de plus difficile peut-être, dans le registre de la parole et de la vie politique, que de savoir ce que l’on dit lorsque l’on dit ‘nous’. Qui nous ? Vous et moi, et surtout pas elles, pas eux ? Moi et d’autres mais pas vous ? [...] Qu’est-ce que ‘nous’, comment est-il formé, déformé ?” Ces mots ne sont pas les miens, ils sont ceux de Marielle Macé, que vous, Jean-Michel Frodon, vous reprenez à juste titre dans votre livre pour évoquer la polyvalence à la fois dynamique et problématique de ce pronom. Selon vous, le film d’Alice Diop, illustre-t-il cette ambivalence du pronom, qui inclut et exclut à la fois? Et, de manière plus générale, un film peut-il participer à la construction d’un collectif?

Je ne crois pas que le film d’Alice Diop exclue. A l’évidence un film ne peut jamais « tout » représenter, ni tout le monde – un « tout » et un « tout le monde » qui sont d’ailleurs impossible à définir. C’est véritablement peut-être la question politique principale du cinéma : le hors champ. L’essentiel de ce que fait un film n’est pas ce qu’il montre mais ce qu’il fait de tout ce qu’il ne montre pas, et dont pourtant il invoque l’existence. La formidable puissance du film Nous tient à la manière dont il fait place à ce qu’il ne montre pas – les injustices, les inégalités, les violences passées et présentes aussi bien que l’immense multiplicité et diversité des existences collectives et individuelles, des habitats, des urbanismes, des imaginaires, des modèles de comportement, des manières de manger, de s’habiller, de (se) parler… grâce à ce qu’il montre. C’est le choix de ce qui est filmé, sans doute plus encore la manière de le filmer et la manière d’organiser ensemble les éléments enregistrés qui fabrique un « nous » infiniment plus vaste que la somme des personnes, des lieux et des situations physiquement présentes à l’écran. Et c’est en ce sens qu’un film peut travailler à la construction non pas d’un collectif mais d’un sentiment du collectif, d’approches renouvelées des multiples communautés dont chacun(e) de nous relève. J’aurais tendance à dire que même si c’est loin d’être aussi apparent que dans le cas du film d’Alice Diop, tout film le fait dans une certaine mesure (c’est un des sens de la formule « tout film est politique »), même si souvent de manière bien moins explicite, et surtout bien moins consciente.

Henri Cordonnier : Ma question porte sur la diversité des acteurs devant la caméra et sur l’invisibilisation d’une partie de ces talents au sein de l’industrie cinématographique. Je pense notamment à l’exemple d’un film, en 2018, qui devait avoir pour tête d’affiche Scarlett Johansson dans le rôle d’un homme transgenre. Il y a eu une polémique qui demandait à ce que le rôle soit tenu par un acteur transgenre. Scarlett Johansson a donc quitté le projet et ce dernier ne s’est jamais concrétisé. Cet exemple montre la difficulté de faire des films tout en favorisant la représentation des minorités. Ma question est donc la suivante : comment peut-on monter des projets tout en favorisant la représentation de nouveaux acteurs habituellement peu voire pas représentés? 

Vous avez raison en ce qui concerne l’exemple que vous évoquez, mais d’autres films se font et se feront. C’est un combat de chaque jour, auquel contribuent de manières différentes aussi bien le collectif 50/50 dont fait partie Alice Diop que le Fonds Images de la diversité du CNC que des mobilisations de nombreux collectifs, activistes et/ou professionnels – et, à leur mesure, le travail des critiques, de ceux qui produisent de la parole autour des films. Il reste énormément à faire, on ne peut pas nier que des avancées ont été obtenues. Il faut penser en termes de situations individuelles (comme l’exemple des personnes transgenres) mais aussi collectifs, il y a des collectivités entières qui sont sous ou non représentées, ou dont l’image est entièrement confisquée, je pense en particulier aux dits « peuples autochtones », même s’il y a là aussi des éléments d’évolution favorable. En gardant bien à l’esprit ce qu’Alice Diop a répété au cours de nos échanges : il ne s’agit pas seulement de faire des films, mais de se demander quels films, et comment ils sont mis en scène.  

Arnaud Leroy : Selon la professeure et critique de cinéma Nicole Brenez, le cinéma est « un grand art révolutionnaire », le rendant indissociable du politique, notamment en raison du pouvoir symbolique des images. Selon vous, est-il aujourd'hui important de porter un cinéma engagé ou militant, et quel accueil lui est-il réservé ? 

Le cinéma est assurément porteur d’enjeux politiques, enjeux qui sont très loin d’être tous révolutionnaires – il peut plus souvent être du côté de l’ordre, du conformisme, etc. Le mot important dans la formule de Nicole Brenez est « art », au sens où c’est seulement lorsqu’il explore ses ressources expressives, formelles, que le cinéma est susceptible d’être révolutionnaire, au sens de contribuer à nous transformer, à transformer nos perceptions, nos conceptions, nos relations. Encore que cela n’a rien d’automatique, in fine il faut toujours regarder les films un par un pour essayer de percevoir ce qui s’y active. Je ferais la différence entre cinéma militant et cinéma engagé, cinéma militant renvoyant à un rapport utilitaire des moyens du cinéma au service d’un discours préexistant, avec lequel on peut par ailleurs être d’accord, mais qui ignore ou refuse les ressources singulières du cinéma (l’ « art » dont parlait Nicole Brenez), et qui finalement entretient toujours un rapport vertical, dominateur, avec ses spectateurs (et d’ailleurs aussi avec les réalités auxquelles il se réfèrent, et les personnes qui les peuplent). Alors que cinéma engagé peut simplement renvoyer au fait d’activer consciemment les ressources propres du « grand art » du cinéma en relation avec un projet politique. En ce sens, Nous est un film engagé, et pas du tout un film militant. 

Pour clore cet article, nous proposons aux lecteurs d’écouter « Le Mot de la Fin », qui a été proposé à l’issue de cette Masterclasse par Inès Bréchignac :

« C’est aux lendemains des attentats de 2015 que vous avez voulu réaliser le film Nous. Face à l’hystérie médiatique ambiante et une vision diabolisante de la banlieue, Nous cherche à dépasser les fantasmes que l’on a pu accoler aux banlieues en racontant ses habitants et leur diversité. Et pour cela quoi de mieux que le cinéma ! Ici l’outil cinéma est utilisé comme un outil sensible afin de se faire rencontrer dans un même documentaire différentes existences et de les faire sortir d’un certain bannissement symbolique. 

Nous est un véritable hommage à la force du cinéma. D’abord par son fond : utiliser l’image pour dépasser les fantasmes accolés aux banlieues mais également à vous en tant que femme noire et réalisatrice. Nous est pour cela un film profondément politique : s’opposer à la violence d’avoir été configuré par l’autre à travers le regard de l’autre ; Et ainsi s’inscrire dans le réel en écrivant son propre contre-récit.

Puis cela passe par la forme et pour cela vous prenez votre temps. Comme votre sœur infirmière qui prend le temps d’écouter ses patients, vous prenez votre temps pour filmer ces fragments de vie et nous permet ainsi de nous immerger dans ces histoires comme si elles étaient les nôtres. 

Vous filmez sans jugement et sans a priori, chacun est filmé de la même manière en plan serré. Ici, vous sortez l’individu du groupe dans lequel il a été enfermé pour montrer son individualité et son humanité : que ce soient des royalistes à la cathédrale st Denis, un sans papier malien qui répare des voitures dans le froid ou encore des amateurs de chasse à courre. 

Nous est un documentaire tendre qui rend hommage au pouvoir du cinéma et à nous, peuple français. Avec Nous vous avez réussi, comme le poète de Gif sur Yvette, à « Me raconter une vie que je n’ai jamais vécue mais qui me touche comme la mienne ». Du coup, merci. »

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Jihye Kang, promotion 2015

Du Master affaires européennes à la mission de la République de Corée auprès de l'UE
  • Jihye Kang © Jihye KangJihye Kang © Jihye Kang

POUVEZ-VOUS DÉCRIRE VOTRE PARCOURS UNIVERSITAIRE ET PROFESSIONNEL ?

J'ai effectué mes quatre années d'études de premier cycle à Séoul, dont une année d'échange (similaire à "Erasmus") à Aix-en-Provence. J'ai fait un semestre de césure car je voulais acquérir une certaine expérience pratique avant ma quatrième année d'université. Pendant cette période, j'ai travaillé comme stagiaire à la Chambre de commerce et d'industrie franco-coréenne à Séoul.

Après avoir obtenu mon diplôme de premier cycle, j'ai été acceptée à Sciences Po où je me suis spécialisée en affaires européennes (promotion 2015). À l'époque, c'était un département différent de l'actuel Master en affaires européennes. Après la première année, j'ai effectué un stage d'été au KIAT, un institut du gouvernement coréen basé à Bruxelles. À la fin de ma deuxième année, j'ai eu l'occasion de travailler comme stagiaire à la Direction des affaires publiques et de la communication de l'OCDE à Paris.

Vers la fin de mon stage à l'OCDE, l'ambassade/mission de Corée en Belgique et auprès de l'UE m'a offert un poste au sein de la section politique. Depuis lors, je travaille en tant qu'analyste de recherche à la section politique, au sein de l'équipe des relations bilatérales Corée-UE depuis 7 ans.

QUELLES ONT ÉTÉ LES GRANDES ÉTAPES DE LA CONSTRUCTION DE VOTRE PROJET PROFESSIONNEL ? 

Il y a eu deux étapes majeures dans la construction de mon parcours professionnel jusqu'à présent. La première a été mon stage à l'OCDE, car j'ai toujours rêvé de travailler dans une organisation internationale. À la Direction des affaires publiques et de la communication, je faisais partie de l'équipe de gestion des participants et recevais les demandes de renseignements des participants internes et externes au Forum annuel de l'OCDE. Ce travail était très prenant et parfois délicat sur le plan diplomatique, mais il m'a permis d'améliorer mes compétences en matière de communication et d'engagement tout en traitant avec des personnes d'horizons professionnels divers.

En outre, sur mon lieu de travail actuel, j'ai pu m'appuyer sur l'expertise acquise au cours de mes études à Séoul et à Paris. Les amis et anciens élèves de Sciences Po sont partout à Bruxelles, ce qui m'a aidé à m'adapter rapidement au nouvel environnement lorsque j'ai déménagé de Paris, et à étendre mon réseau par la suite. Tout en écrivant des analyses diplomatiques et en élargissant mon réseau, le travail à l'ambassade m'a ouvert un nouveau défi, un projet de doctorat à temps partiel.

COMMENT VOTRE FORMATION À L'ÉCOLE D'AFFAIRES PUBLIQUES, ET PLUS PARTICULIÈREMENT LE MASTER AFFAIRES EUROPÉENNES, VOUS A-T-ELLE AIDÉ À POURSUIVRE VOTRE DOCTORAT ?

Outre le fait qu'il m'a permis d'approfondir ma compréhension de l'UE, le Master affaires européennes a été à tous égards une excellente expérience de formation, puisqu'il a donné lieu à de nombreuses discussions, présentations et rapports analytiques. Je dois admettre qu'il était très intense et que je me suis parfois sentie dépassée par le volume des lectures et des devoirs à effectuer pendant le programme. Cependant, tout cela m'a vraiment aidée à développer mes capacités d'analyse, mon esprit critique et ma capacité à parler en public. Je pense que cela est devenu le fondement de mes mémos professionnels et de mes rapports universitaires. En outre, comme le parcours d'un doctorat exige de l'autodiscipline et une recherche indépendante, les cours de Sciences Po m'ont fourni une formation solide pour relever de tels défis.

AURIEZ-VOUS UN CONSEIL À DONNER À UN ÉTUDIANT OU À UN FUTUR DIPLÔMÉ ?

C'est plus facile à dire qu'à faire. Je leur conseillerais d'essayer d'acquérir de l'expérience par le biais de stages dans le domaine dans lequel ils souhaitent travailler à l'avenir. Le profil d'une personne devient plus intéressant lorsqu'il y a une histoire et un thème cohérents. Une fois dans la branche, il est également très important de se constituer un réseau, grâce auquel ils pourront également trouver d'autres opportunités.

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Tatiana Carpentier, promotion 2021

Du Master affaires européennes, spécialité Management and Public Affairs, au poste de Chargée de relations institutionnelles chez Ferrero
  • Tatiana Carpentier © Marc JannotTatiana Carpentier © Marc Jannot

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

Après un baccalauréat littéraire, j’ai décidé de faire un  Bachelor de Politiques et Relations Internationales à l’Université de Bath en Angleterre. Ce fut notamment l’occasion d’apprivoiser les concepts élémentaires de théorie politique, et d’étudier comparativement les différentes pratiques en matière représentation d’intérêt. 

J’ai poursuivi mes études en intégrant Sciences Po au sein du Master affaires européennes, spécialité Management and Public Affairs de l’EAP. Ce choix était évident, l’enseignement à l’EAP permettant à la fois de se spécialiser sur certaines thématiques, tout en conservant un socle général riche. En parallèle de ce master extrêmement complet et professionnalisant, j’ai effectué un stage à la Chambre Américaine de Commerce en France, pour appliquer mes apprentissages en temps réel. J’ai choisi l’entreprise Ferrero pour mon stage de fin d’études en janvier 2021, où j’ai continué à travailler, une fois diplômée, en tant que chargée de relations institutionnelles. 

Quelles ont été les étapes majeures de la construction de votre projet professionnel ?

La possibilité de choisir des cours parfois très différents les uns des autres, sur des sujets aussi riches que variés, était un avantage majeur dans la construction de mon projet professionnel. Cela m’a permis d’identifier les thématiques pour lesquelles  j’avais le plus d'appétence, tout en conservant une grande ouverture d’esprit. S’il est pertinent de pouvoir se spécialiser dans une voie précise, il était aussi primordial pour moi de rester polyvalente. 

En parallèle, Sciences Po permet d’acquérir de l'expérience professionnelle tout au long de sa formation, sous différentes formes (alternance, stage, etc.). Cette opportunité contribue grandement à la construction d’un projet professionnel structuré et éclairé. 

Quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui en tant que chargée de relations institutionnelles chez Ferrero ?  

Les relations institutionnelles font la liaison entre la sphère privée et le monde politique. Ces deux sphères sont interdépendantes et se nourrissent l’une de l’autre, c’est pourquoi elles doivent dialoguer régulièrement sur leurs intérêts communs. Les échanges entre les entreprises et les pouvoirs publics prennent la forme d’un partage technique d’informations, ou de promotions d’actions et d’engagements divers.  

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'affaires publiques, et plus particulièrement la spécialité Management and Public Affairs, envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ?  

La spécialité Management and Public Affairs offre une compréhension fine des enjeux des entreprises aujourd’hui : réputation, communication stratégique et de crise, lien entre les pouvoirs publics et les entreprises, engagements RSE, etc. Ces éléments doivent faire partie intégrante des stratégies des entreprises, et sont tout particulièrement importants aujourd’hui à l’aune des attentes grandissantes de l’opinion publique sur les engagements du secteur privé. 

Auriez-vous un conseil à donner à un ou une étudiant(e), futur jeune diplômé(e) ?

Ne cédez pas à l’anxiété si vous ne savez pas vers quoi vous souhaitez vous orienter. Au contraire, cette incertitude est une formidable façon de s’ouvrir à des expériences multiples et diverses. À l’inverse, des idées très arrêtées et strictes peuvent parfois être un obstacle face à d’éventuelles opportunités inattendues mais néanmoins prometteuses.

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Félicitations à la cohorte 2022 du Certificat égalité femmes-hommes et politiques publiques

  • Séance de clôture du Certificat © C. Delaunay/Sciences PoSéance de clôture du Certificat © C. Delaunay/Sciences Po

Article initialement publié sur www.sciencespo.fr

Le 21 avril 2022, a eu lieu la séance de clôture du Certificat Égalité femmes-hommes et politiques publiques. Ce programme, proposé par l'École d’affaires publiques et le Programme de recherche et d’enseignement des savoirs sur le genre (PRESAGE) de Sciences Po, s’adresse à des élèves de l'École d’affaires publiques et de l’École des affaires internationales (PSIA) et forme aux politiques de lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes et les discriminations.

L’égalité en théorie… et en action

Pendant deux semestres, 31 étudiantes et étudiants de première année de Master ont suivi une série de conférences leur permettant de rencontrer des acteurs et des actrices engagées, de se familiariser avec l’état des savoirs, d'approfondir leurs connaissances théoriques sur ces sujets, avant de les mettre en pratique dans le cadre de missions confiées par 7 partenaires issus du secteur public, associatif ou privé.

Cette séance de clôture était donc l’occasion pour elles et eux de présenter leurs projets aux deux directrices de ce programme : Hélène Périvier, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et directrice du Programme de recherche et d’enseignement des savoirs sur le genre de Sciences Po et Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre des Droits des femmes puis de l'Éducation, actuellement directrice de l'ONG ONE pour la France.

Mettre en oeuvre l’égalité dans le monde professionnel

Deux missions en lien avec l’égalité professionnelle ont été confiées aux étudiantes et étudiants de Sciences Po. Un groupe de quatre élèves a travaillé avec le réseau SNCF Mixité sur un outil d’autodiagnostic sur l’accueil et l’intégration des femmes dans la société nationale des chemins de fer français qui ne comptait encore que 23% de salariées en 2021.

Un autre groupe a travaillé avec un Service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de la région Grand Est. L’occasion de se familiariser avec un milieu peu connu et d’apporter un regard extérieur et constructif sur un plan d’action relatif à l’égalité professionnelle dans la fonction publique.

Dans ces organisations, les étudiantes et étudiants ont découvert une nouvelle façon de parler d’égalité des femmes et des hommes, un nouveau vocabulaire.

Analyser la douzième élection présidentielle de la Vème République

Deux groupes ont travaillé sur l’élection présidentielle de 2022 et livré les grands enseignements de leurs travaux. Un rapport réalisé en partenariat avec l’Observatoire de l'égalité femmes-hommes de la Fondation Jean-Jaurès montre par exemple que les journaux de la presse quotidienne régionale traitent encore très peu de sujets relatifs à l’égalité femmes-hommes et aux féminismes. Un autre groupe a conclu, suite à une analyse précise de l’ensemble des programmes des candidates et candidats à l’élection présidentielle, à la persistance d’un clivage gauche-droite en matière d’égalité femmes-hommes.

Faire avancer l’état des savoirs sur des grands enjeux contemporains

Les autres élèves se sont emparés de thèmes d’actualité en les approchant au prisme des questions d’égalité. L’association Universités & Réfugié·es (UniR) a ainsi confié à quatre étudiantes la rédaction d’un rapport sur les défis rencontrés par les femmes réfugiées dans l’accès à l’enseignement supérieur en Île-de-France. D’autres étudiantes et étudiants se sont consacrés avec la Fondation des femmes à l’analyse approfondie d’émissions de téléréalité et de publications d'influenceuses et d’influenceurs sur les réseaux sociaux pour en analyser le degré de sexisme. Enfin, un groupe a réalisé un travail de vulgarisation et de diffusion de connaissances sur des sujets-clés des politiques publiques d’égalité femmes-hommes sous forme de podcast.

Une dynamique prometteuse

Les deux directrices du Certificat ont conclu la séance en félicitant l’ensemble des étudiantes et des étudiants pour leur investissement et la qualité de leur travail.

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Pauline Lego, promotion 2019

Du Master affaires européennes, spécialité Energy, Environment and Sustainability, double diplôme LSE, à la Commission de Régulation de l’Énergie
  • Pauline Lego © Sciences PoPauline Lego © Sciences Po

POUVEZ-VOUS DÉCRIRE VOTRE PARCOURS UNIVERSITAIRE ET PERSONNEL ?

Attirée par les sciences sociales depuis le lycée, j’ai décidé de débuter ma formation universitaire par une licence de droit à l’université Paris 2 Panthéon-Assas. En effet, une solide formation juridique est essentielle pour mieux comprendre les rouages de notre société. Ces trois années m’ont permis de me spécialiser en droit des affaires et droit international. Plus précisément, la découverte du droit européen et du droit de la concurrence a éveillé en moi une certaine curiosité et m’a vite convaincue de poursuivre dans cette voie. 

Curieuse et résolument tournée vers l’international, après l’obtention d’un baccalauréat en section européenne, j’ai souhaité m’orienter vers des cursus à l’étranger. J’ai  d’abord intégré le Collège de Droit en section droit international et comparé puis le master en droit comparé et de Common Law d’Assas, en partenariat avec l’université d’Oxford. Cette année au sein d’une des plus prestigieuses universités anglo-saxonnes, dans un contexte de Brexit, m’a convaincue d’autant plus de me tourner vers les carrières européennes. 

C’est également lors de cette année à l’étranger que j’ai commencé à m’intéresser aux sujets de l’environnement et de l’énergie dans le cadre de mes expériences associatives. J’ai compris alors rapidement que travailler dans le secteur de la régulation énergétique me permettrait d’allier à la fois mes convictions personnelles pour la transition énergétique et la construction européenne ainsi que mon intérêt pour le droit européen et le droit de la concurrence. 

Désireuse de diversifier mes connaissances et fortement attachée à la notion de service public, c’est donc naturellement que j’ai candidaté au double master entre Sciences Po et LSE, spécialité Energy, Environment and Sustainability.  

QUELLES ONT ÉTÉ LES ÉTAPES MAJEURES DE LA CONSTRUCTION DE VOTRE PROJET PROFESSIONNEL ?

La construction de mon projet professionnel est le fruit d’une véritable réflexion qui doit également à de nombreuses rencontres. 

Convaincue dès mes premières années de droit que je serais avocate d’affaires dans un cabinet anglo-saxon, j’ai progressivement réalisé que tout autre chose me correspondait. Mes deux expériences en Angleterre, à Oxford et Londres, ont été déterminantes dans ce chemin en me permettant de rencontrer d’autres étudiants venus d’horizons variés. Le contexte du Brexit m’a également convaincue de l’importance de s’engager pour la construction européenne. Mon année au sein de l'École d'affaires publiques n’a fait que renforcer cette conviction et mon désir de travailler dans le secteur public.

Enfin, les rencontres et les stages ont été de véritables moteurs dans cette construction. Je dois notamment beaucoup à certains de mes professeurs de Sciences Po qui m’ont permis de poursuivre mon projet dans le secteur énergétique et européen. C’est grâce à toutes ces étapes que la régulation de l’énergie m’est apparue comme une évidence car réunissant l’ensemble de mes compétences et de mes centres d’intérêts.

QUELLES SONT LES PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES DE VOTRE POSTE AUJOURD'HUI EN TANT QUE CHARGÉE DE MISSION AU SEIN DE LA DIRECTION JURIDIQUE DE LA COMMISSION DE RÉGULATION DE L’ÉNERGIE ?

Après six mois de stage « Blue Book » des plus enrichissants au sein de la Direction générale Énergie de la Commission européenne, j’ai compris que la construction européenne se faisait tout autant au sein des Etats membres. C’est donc armée de cette conviction que j’ai postulé au sein de la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), l’autorité administrative indépendante française qui régule les marchés de gaz et d’électricité. En effet, il m'apparaît primordial de développer une première expérience « de terrain » avant de tenter d’intégrer les institutions européennes.

J’ai pris mes fonctions en mars 2020 en tant que juriste au sein du département « réseaux et infrastructures ». J’ai eu notamment en charge l’indépendance des gestionnaires de réseau, une condition essentielle au bon fonctionnement et à la concurrence sur les marchés de gaz et d’électricité, et le développement des interconnexions entre la France et ses voisins européens. J’ai évolué en février 2022 en intégrant le département « accès aux marchés », toujours au sein de la direction juridique. Je traite désormais des sujets en lien avec la surveillance des marchés de détail de gaz et d’électricité et du mécanisme de capacité. 

Ce sont des sujets passionnants en cette période de crise de l’énergie et je réalise progressivement toute l’importance de mes missions. Ce poste me permet de me sentir pleinement alignée avec mes valeurs : contribuer à la construction du marché européen de l’énergie et concourir au bon fonctionnement des marchés français de l'électricité et du gaz naturel au bénéfice des consommateurs.

QUELLES ONT ÉTÉ LES CONTRIBUTIONS DE VOTRE FORMATION À L'ÉCOLE D'AFFAIRES PUBLIQUES, ET PLUS PARTICULIÈREMENT LA SPÉCIALITÉ ÉNERGIE, ENVERS LA FONCTION QUE VOUS OCCUPEZ AUJOURD'HUI ? 

Cela pourrait paraître un peu stéréotypé mais l'École d'affaires publiques m’a véritablement fait réaliser l’importance du service public. Les cours très variés de la spécialité énergie m’ont également appris à toujours être plus curieuse et à ne pas avoir peur d’appréhender certains sujets plus techniques. 

Avant tout, l’École d’affaires publiques, en plus d’avoir été une école du « savoir », a été pour moi une véritable école du « savoir-être ». Toute sa richesse réside, selon moi, dans la diversité des profils des étudiants et dans le vivier exceptionnel de professeurs aux carrières toutes impressionnantes. C’est au sein de cette école que j’ai appris à me constituer un réseau, à mener des projets d’ampleur, à m’exprimer avec clarté devant un public exigeant et à défendre mes idées avec conviction. Ce sont tout autant de compétences qui me paraissent primordiales dans le monde professionnel. 

AURIEZ-VOUS UN CONSEIL À DONNER À UN OU UNE ÉTUDIANT(E), FUTUR JEUNE DIPLÔMÉ(E) ?

Ne jamais s’autocensurer et croire en soi ! Je ne pensais jamais être admise au double master entre Sciences Po et LSE en affaires européennes, qui est très sélectif. Et pourtant, j’y suis arrivée ! Idem pour le stage à la Commission européenne. Il ne faut jamais avoir peur de tenter, c’est en échouant qu’on apprend le plus. Si vous croyez en vous et en votre projet, vous y arriverez un jour ou un autre, quoique les autres puissent vous dire !

Enfin, networking is the key! C’est grâce à mon réseau que j’ai pu réaliser un bon nombre de mes expériences. En plus de m’aider dans mes différents projets, ces rencontres m’ont permis de m’enrichir d’un point de vue personnel et de m’ouvrir à de nombreuses possibilités que je n’avais pas soupçonnées à l’origine. 

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Farrah Trari, lauréate de la bourse Marion Bruley

  • Farrah Trari Farrah Trari

Les étudiantes et étudiants de Sciences Po effectuant un stage aux Etats-Unis ont la possibilité, sous condition de ressources, de postuler à la bourse de mobilité Marion Bruley, financée par la Sciences Po American Foundation. Cette année, c'est une étudiante de l'École d'affaires publiques, Farrah Trari, qui a été désignée lauréate de cette bourse. Rencontre avec l'étudiante qui effectue actuellement un stage à New York. 

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire jusqu'à maintenant ?

J’ai intégré Sciences Po dès le Bachelor, que j’ai passé au campus européen franco-allemand de Nancy. Après quoi, désireuse de me décentrer du continent européen, j’ai passé ma troisième année à l’étranger à l’University of Texas à Austin. Cette expérience m’a confortée dans ma volonté d’orienter mon parcours vers l’international, j’ai donc choisi d’intégrer la track en anglais du Master politiques publiques, spécialité Culture, intitulé Cultural Policy and Management, dont les cours sont davantage centrés sur les politiques culturelles à l’international. Après une année passée en quasi totalité sur zoom, j’ai décidé de prendre une année de césure afin d’appréhender le secteur culturel professionnel et préciser mon projet professionnel. 

Cette année, vous avez choisi de faire une année de césure pour réaliser 2 stages de 6 mois. Pourriez-vous nous décrire en quelques mots le premier stage que vous avez effectué dans le cadre de votre année de césure ?

En décidant d’effectuer une année de césure, un de mes objectifs principaux était de pouvoir avoir une expérience dans le secteur privé et une autre dans le secteur public. C’est donc ce que j’ai eu la chance de pouvoir faire en intégrant dans le cadre de mon premier stage l’agence en ingénierie culturelle “abcd culture”. Ce cabinet de conseil, à l’intersection entre la culture et l'urbanisme, intervient auprès des acteurs publics et privés dans la mise en place de leurs projets culturels. Ce stage a été très formateur et m’a permis d’appréhender les différents rouages de l’action culturelle à l'échelle des collectivités territoriales. 

Vous terminez votre année de césure de la plus belle des manières car vous avez été désignée lauréate de la bourse Marion Bruley pour votre second stage. Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur cette bourse de mobilité et le processus de sélection ? 

J’ai eu en effet l’immense chance et l'honneur d’être lauréate de la bourse Marion Bruley dans le cadre de mon deuxième stage que j’effectue actuellement aux Services Culturels de l’Ambassade de France à New York/Villa Albertine. Cette bourse est dédiée aux étudiants de Sciences Po boursiers qui s’apprêtent à effectuer un stage aux États-Unis, en particulier dans les ambassades ou consulats français ou encore dans des institutions internationales. Le processus de sélection consiste à rédiger une lettre de motivation ainsi que remplir un dossier en y joignant relevés de notes et CV. 

Pourriez-vous expliquer en quoi consiste le stage pour lequel vous avez été récompensée ?

J’effectue mon stage au département des échanges artistiques des Services Culturels. Ce département a vocation à promouvoir la culture et les artistes français dans les secteurs des arts vivants, des arts visuels et de la musique. Les leviers d’actions passent notamment par des programmes de bourses mis en place par les services culturels, mais aussi des résidences artistiques à travers la très récente Villa Albertine, inaugurée en 2021 et qui propose 60 résidences artistiques chaque année. En tant que stagiaire, je viens en soutien à l'attaché culturel et les chargés de missions et suis au cœur de différents projets artistiques. Je travaille actuellement notamment sur les bourses de la FACE foundation, qui permettent à des artistes et curateurs français de pouvoir se produire aux Etats-Unis et collaborer avec des institutions et artistes américains. Les missions sont globalement très variées et me permettent d'appréhender pleinement le fonctionnement des échanges artistiques internationaux. 

En quoi les enseignements de l'École d'affaires publiques, et en particulier de la spécialité Cultural Policy and Management, vous ont aidés dans cette année d'expérience professionnelle ? 

La formation du Master politiques publiques, spécialité Cultural Policy and Management, a été très formatrice dans le cadre de mes deux stages. Tout d’abord, il m’a permis de maîtriser les différentes politiques culturelles à l'échelle de la France mais aussi à l'international. Le Workshop Global Cities Award, a été particulièrement intéressant puisqu’il s'agissait d'un cas pratique permettant de s’immerger dans la conception de politiques culturelles dans une ville choisie. Cela m’a été particulièrement utile durant mon premier stage, qui était au croisement entre culture et urbanisme. Par ailleurs, dans le cadre de mon stage actuel, je fais largement profit des connaissances acquises lors des différents cours notamment concernant le système culturel états-unien et ses institutions, mais aussi le fonctionnement des industries culturelles et créatives, dont les Etats-Unis sont des acteurs majeurs. 

Un conseil à donner aux étudiants qui hésiteraient à postuler à la bourse Marion Bruley ?

Je conseille à tout étudiant étant éligible à la bourse Marion Bruley d’y postuler, tout d’abord car le coût de la vie aux Etats-Unis, et notamment à New York n’est vraiment pas à sous-estimer comparé au coût de la vie français, même parisien. Cette bourse vous donnera ainsi l'opportunité de, en plus de pouvoir subvenir à vos besoins, de vivre une expérience complète aux Etats-Unis, vous permettant de profiter des nombreuses opportunités culturelles que ce pays offre. 

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Claire Versini, promotion 2013

Du double diplôme Master affaires européennes et LSE à l'Institut Jacques Delors, aujourd'hui engagée à l’Union des Fédéralistes Européens, dans l’association Tous Tes Possibles et chargée de formation et développement chez I3L
  • Claire Versini © Claire VersiniClaire Versini © Claire Versini

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

Après un double master en affaires européennes Sciences Po – London School of Economics, j’ai travaillé 5 ans à l’Institut Jacques Delors, successivement en tant que responsable de l’édition, des archives de Jacques Delors, des événements, de l’Académie Notre Europe et du Développement. 

En 2018, je me suis lancée dans une activité que l’on qualifie de « slasheuse », principalement dans des activités de facilitation en intelligence collective et accompagnement au changement, ainsi que plusieurs missions de conseil, pilotage de projets, et formations, via l’entreprise i3L. 

Depuis 2020, je suis aussi salariée de l’association Tous Tes Possibles, qui cherche à trouver, expérimenter et disséminer des solutions innovantes pour celles et ceux qui sont le plus éloignés de l’emploi. 

Co-pilote de son équipe « Laboratoire », je suis notamment en charge de la « dynamique humaine » de l’équipe, afin de prendre soin des individus et du collectif, dans une équipe qui ne travaille qu’à distance ; et de plusieurs projets dont un qui s’intéresse à la santé des demandeurs d’emploi comme levier de leur insertion professionnelle.

Engagée dès 2009 au sein de l’association des Jeunes Européens – Fédéralistes, j’ai eu plusieurs responsabilités aux niveaux local et national. Je prolonge aujourd’hui mon engagement fédéraliste au sein de l’Union des Fédéralistes Européens.

Je suis aussi devenue, depuis 2015, animatrice de loisirs sportifs – coach de fitness quoi ! J’ai débuté en tant qu’animatrice de gym suédoise et suis aussi aujourd’hui formée en Pilates. 

Quelles ont été les étapes majeures de la construction de votre projet professionnel ?

Je suis entrée à Sciences Po en 2008 avec la ferme intention de devenir journaliste... et ai été rattrapée par l’UE, dont le projet politique m’a tout de suite passionnée ! J’ai confirmé mon intérêt en choisissant les options permettant de l’approfondir et m’engageant aux Jeunes Européens et ai rapidement su que le Master affaires européennes était fait pour moi !

C’est au sein des Jeunes Européens que j’ai découvert et posé les bases d’un autre fil rouge de mon projet professionnel : la pédagogie active, l’engagement citoyen et l’intelligence collective. 

Et en travaillant pour un think-tank et une mission d’évaluation de politiques publiques de santé en lien avec la mise en œuvre des Objectifs du Développement au cours de ma 3A à la Johns Hopkins University, que j’ai confirmé un intérêt certain pour le parapublic ! 

Avant de partir pour Londres, j’ai effectué quatre mois de stage au sein de l’unité Salto Euromed Jeunesse, au sein de l'INJEP (Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire). L’occasion de découvrir le quotidien des ministères et d’être publiée une première fois dans un Cahier de l’Action ! Et de comprendre que ce n’était peut-être pas au sein de l’administration publique que j’allais étancher ma soif d’action au service des citoyens, ni dans la recherche que j’allais m’épanouir…

À l’issue du Master, j’ai été très heureuse de trouver un emploi au sein de l’Institut Jacques Delors : sujet européen, structure associative, éléments concrets et opérationnels plutôt que de la recherche, et même un peu de pédagogie et d’engagement citoyen, puisque je suis très vite devenue responsable des événements de l’Institut Jacques Delors, responsable des partenariats puis responsable pédagogique de l’Académie Notre Europe qui ouvrait aux jeunes qui en étaient éloignés des grands sujets européens, et au sein de laquelle j’ai même eu le plaisir de travailler avec mon ancienne directrice de master, Imola Streho ! 

C’est en parallèle de toutes ces activités que je me suis formée au coaching sportif et ai commencé à donner des cours de gym suédoise en tant qu’auto-entrepreneuse. Une activité que j’ai conservée à côté de mes autres activités professionnelles, mais qui est aussi venue enrichir ma réflexion sur mon avenir professionnel. 

Après 5 ans à l’Institut Jacques Delors, j’ai ainsi décidé de me lancer à mon compte dans une activité assez éclectique mêlant chefferie de projet, facilitation en intelligence collective, mise en mouvement, et accompagnement, avec en fil rouge une raison d’être : contribuer à donner aux personnes les moyens de devenir actrices de leurs projets.

Je me suis fait accompagner pour monter une entreprise et en ai utilisé une autre comme incubateur, au sein de laquelle j’ai signé un contrat de professionnalisation qui m’a permis de me former pour développer des compétences en facilitation, formation, accompagnement au changement, pédagogies actives, etc.

Ma formation en accompagnement au changement m’a donné envie de trouver une mission me permettant d’accompagner les personnes éloignées de l’emploi… Et c’est ainsi que je suis entrée en contact avec Tous Tes Possibles où je suis aujourd’hui cheffe de projet « santé des demandeurs d’emploi », et co-responsable de l’équipe « Lab » de l’association, en charge notamment de sa « dynamique humaine » !

Quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui ? 

Je manage une équipe, pilote des projets, conçois et conduis des facilitations et formations, effectue des recherches et mises en relation afin de décortiquer un sujet de recherche qui devient un sujet d’expérimentation, pilote des mesures d’impact, et donne des cours de sport ! 

J’ai finalement construit un équilibre professionnel qui me convient parfaitement et ne nécessite pas de monter ma propre structure : mes envies et besoins en matière de diversité de missions, liberté et flexibilité d’organisation, sens et cause au service desquels travailler, sont parfaitement comblés dans la configuration dans laquelle je me trouve aujourd’hui. 

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'affaires publiques, et plus particulièrement du Master affaires européennes, envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ?  

Sans vouloir verser dans le lyrisme, le Master affaires européennes, et Sciences Po en général, m’ont offert l’immense opportunité de pouvoir suivre des choix et intuitions de cœur, en me donnant beaucoup de clefs et me laissant la possibilité de pousser ou non beaucoup de portes très diverses.

Les fonctions que j’occupe aujourd’hui sont globalement assez éloignées des affaires européennes, et pourtant ce que j’ai appris en Master et dans cette École me sert tous les jours : des demandes de subvention aux impacts de directives et règlements européens dans les domaines de l’insertion et de la formation professionnelle, en passant par tout ce que m’a appris l’associatif en matière de gestion de projet et mise en action opérationnelle, le réseau formidable de personnes rencontrées en cours et en association, profs, étudiants à Sciences Po ou en échange, ou encore l’ouverture multiculturelle… les contributions sont vastes !

Auriez-vous un conseil à donner à un ou une étudiant(e), futur jeune diplômé(e) ? 

Ne pas se focaliser sur le titre d’un diplôme ou d’une option. Sciences Po vous apporte bien d’autres choses, saisissez toutes les opportunités que cette formation vous offre, utilisez les connaissances et compétences qu’elle vous apporte sur le terrain, en asso, en stage, en alternance, et profitez de cette chance incroyable que vous avez de pouvoir pousser toutes les portes, d’être curieux, de tout tester !

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Clément Beaune à l'École d'affaires publiques

Retour sur le European Seminar du 16 mars 2022
  • Clément Beaune en amphithéâtre Boutmy © Sciences PoClément Beaune en amphithéâtre Boutmy © Sciences Po

Article initalement publié sur www.sciencespo.fr par l'équipe éditoriale de Sciences Po

EUROPE ET GUERRE EN UKRAINE : CLÉMENT BEAUNE PARTAGE SON ANALYSE

Clément Beaune, secrétaire d’État chargé des affaires européennes, était l’invité de l'École d’affaires publiques le 16 mars dernier pour discuter du rôle de l’actuelle présidence française du Conseil de l’Union européenne (UE) et plus particulièrement, dans le contexte géopolitique que nous connaissons aujourd’hui, de l’invasion russe en Ukraine.

Cette conférence s’est inscrite dans le cadre du cycle de conférences European Seminar du Master affaires européennes et plus largement dans une série d’événements organisés par les écoles et centres de recherche de Sciences Po visant à apporter un éclairage scientifique à l’analyse de la guerre en Ukraine. Comme rappelé par Philippe Martin, doyen de l’École d’affaires publiques, la communauté scientifique de Sciences Po propose son approche sur les dimensions économiques, financières, humanitaires, stratégiques et désormais européennes, au travers de l’intervention de Clément Beaune. Modérée par Olivier Rozenberg, professeur associé au Centre d’études européennes et de politique comparée de Sciences Po et conseiller scientifique du Master affaires européennes de l’École d’affaires publiques, cette conférence a permis un échange vif et passionné entre l’invité et les élèves.  

“Nostalgique et ému” de s’exprimer depuis la chaire de l’amphithéâtre Boutmy qu’il a bien connu lors de ses années d’étudiant rue Saint Guillaume, le secrétaire d’État a fait preuve d'une certaine prudence face à l'ampleur des dangers qui menacent l'Europe et notamment la guerre en Ukraine. “Mon message est peut-être un message d’humilité ou d’incertitude, néanmoins c’est le but aussi d’un environnement académique, il faut essayer à tout moment, même quand l’actualité nous frappe, de penser, de réfléchir. Je vais essayer de le faire avec vous”.

“Sommes-nous capables d’articuler coopération et puissance en Europe ?” 

Alors que la France assure actuellement la présidence du Conseil de l’Union européenne, Clément Beaune a logiquement fait valoir l’importance de la réponse de l'UE qui a fait preuve d’une “accélération indéniable” face au conflit actuel. “Sur le plan militaire, celui de la solidarité et de l’accueil face à la crise migratoire, cela nous montre que l'Europe n’est pas condamnée à une forme d’immobilisme, de lenteur ou d’impuissance”. Mais comme l’analyse Olivier Rozenberg, le secrétaire d’État a également, de façon moins attendue, fait part de certains doutes et de saines interrogations : en faisons-nous assez ? Sommes-nous Munichois ? Gardons-nous au contraire tout notre sang froid ?

Il y a certainement de nombreux bilans à tirer. En citant notamment pour exemples le Brexit ou plus récemment la crise sanitaire de Covid-19, Clément Beaune a exposé une situation finalement assez récente, qui a poussé l’Europe à “repenser des impensés”, des situations auxquelles elle ne s’était historiquement pas préparée. “Quand on n'arrive pas à penser des choses qu’on ne veut pas voir, on n’arrive pas non plus à réagir, à anticiper ou à réformer suffisamment fort et suffisamment tôt”, a-t-il clairement synthétisé. 

Aujourd’hui, le conflit en Ukraine met l’Europe face à des réalités qu’elle avait voulu oublier, alors que depuis 75 ans, elle cherche à imposer le droit face à la force : “la démarche européenne, comme projet de paix et de réconciliation, a du mal à concevoir l'idée même que l’on puisse agir par la force”. En rappelant que le projet européen qui, jusqu’ici, avait réussi à rester fidèle à ses engagements de départ portant sur le tissage de liens politiques et économiques solides entre États et par l'application du droit, Clément Beaune a précisé que par cette ambition commune, “nous avons choisi la coopération mais nous avons laissé de côté la puissance”. 

Alors même qu’au moment de la création du projet européen au sortir de la seconde guerre mondiale, les sujets de préoccupation des États portaient davantage sur l’intérieur, il faut admettre qu’aujourd’hui, l’horizon et les perspectives des citoyens se tournent plutôt vers l’extérieur de l’Europe, dans son rapport au monde : les crises climatique et migratoire, la révolution numérique et aujourd’hui la guerre…, qui sont tous “des sujets de puissance”. Se pose alors la question : “sommes-nous capables d’articuler coopération et puissance en Europe ?”, s’est-il interrogé. 

Le sens de nos démocraties

Avec la guerre en Ukraine remontent à la surface des sujets et situations qui semblaient parfois acquis, notre combat pour la liberté par exemple. La souveraineté européenne, nos démocraties, sont-elles menacées ? “Nous redécouvrons que la souveraineté, ce ne sont pas seulement des notions politiques ou philosophiques, c’est la capacité à défendre son territoire, ses valeurs et ses intérêts. Et c’est une leçon que nous retenons aussi des Ukrainiens aujourd’hui”. 

Une Europe qui saurait garder son positionnement et ses convictions propres est-elle en mesure de faire face à la menace d’États agresseurs, d’autocraties, de dictatures, qui sont prêts à faire payer un prix parfois vital à leurs propres peuples ? Doit-elle pour cela se doter d’une puissance militaire, d’une capacité d’intervention spécifique, d’une indépendance technologique, énergétique et alimentaire ? “Les démocraties sont-elles assez fortes pour faire face à des événements aussi brutaux ?”, s’est questionné le secrétaire d’État. 

À la question de savoir si nous sommes prêts à défendre nos valeurs, Clément Beaune a le sentiment que nous saurons y répondre par le droit, celui de l’Europe, et non par la force, mais aussi par la fervente croyance en ce modèle démocratique européen. Mais pour cela, “nous aurons besoin de vos idées et de votre action”, a-t-il conclu en s’adressant à l’amphithéâtre Boutmy empli d’étudiantes et d’étudiants qui ne demandent qu’à en être convaincus à leur tour. 

L'équipe éditoriale de Sciences Po

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Vidéo © Thomas Arrivé/Sciences Po

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La formation par l’apprentissage à l'École d’affaires publiques

  • © Gorodenkoff/Shutterstock© Gorodenkoff/Shutterstock

La formation par l’apprentissage est possible à l’EAP depuis 2016. Si une cinquantaine d’étudiants a été séduite par cette modalité lors du lancement du dispositif, ce sont plus de 170 étudiants (plus de 20% des étudiants de M2) qui ont choisi d’effectuer leur seconde année de master en alternance cette année. 

A qui s’adresse la formation par l’apprentissage à l’EAP ?

La possibilité d’effectuer sa seconde année de master en apprentissage est ouverte à tout étudiant de l’EAP de moins de 30 ans ayant une maîtrise suffisante de la langue française (niveau B2 a minima), quel que soit son master et sa spécialité.

Pourquoi effectuer sa seconde année de master en apprentissage ?

L'apprentissage offre plusieurs avantages : d’une part, il permet aux étudiants d'acquérir une solide expérience professionnelle et de mettre en application sans attendre leurs connaissances théoriques et les compétences professionnelles développées au sein de leur formation en bénéficiant de l'accompagnement d’un maître d’apprentissage (au sein de la structure d'accueil) et d’un tuteur d’apprentissage (qui fait le lien entre Sciences Po et la structure d’accueil). D’autre part, il présente un intérêt financier : les droits de scolarité sont pris en charge par la structure d’accueil et l’étudiant perçoit un salaire. Enfin, une fois diplômés, les apprentis s’insèrent très rapidement sur le marché du travail. 

Les étudiants de l’EAP sont recrutés en alternance tant au sein de structures privées que de structures publiques. Ils sont actuellement accueillis chez Canal +, Ariane Groupe, Microsoft, Chanel, à la Fondation Hermès, chez Edf ou Engie… mais aussi au Sénat, à la Mairie de Paris, au sein du Ministère de la santé et des solidarités, du Ministère de la culture ou au Musée d’Orsay. L’apprentissage s’adresse donc autant à des étudiants qui souhaitent rejoindre le secteur privé une fois diplômés qu’à ceux qui envisagent de préparer les concours administratifs ; l’expérience acquise permet à ces derniers d’avoir une connaissance fine des modes de fonctionnement de l'administration, de ses forces et de ses contraintes, qu'ils peuvent valoriser lors des épreuves des concours.

Comment se déroule l’année de M2 en apprentissage ?

L’étudiant(e) en apprentissage effectue 3 jours en entreprise (lundi-mardi-mercredi) suivis de 2 jours en cours à Sciences Po (jeudi-vendredi), pour un total de 35 heures par semaine, durant un année complète. L’étudiant ne bénéficie pas des vacances universitaires, pendant lesquelles il est dans sa structure d’accueil, mais son statut lui confère 2,5 jours de congés payés par mois (voire davantage selon la convention collective) et 5 jours de révisions par an.

A quoi ressemble la maquette pédagogique d’un étudiant en apprentissage ? 

Les étudiants en apprentissage bénéficient d’une maquette pédagogique adaptée à leur parcours particulier. En plus des cours liés à leur spécialité, ils ont une offre de cours pratiques renforcée : ils suivent ainsi des ateliers d’outils informatiques et d’outils de gestion durant le semestre d’automne ; au semestre de printemps, ils suivent des ateliers de management qui leur permettent de prendre du recul par rapport à cette expérience professionnelle longue qu’ils vivent et à les outiller pour leurs futures fonctions.

Comment trouver un contrat d’apprentissage ?

L’étudiant est acteur de sa recherche d’apprentissage mais dispose de nombreuses ressources. Des offres sont régulièrement diffusées sur la newsletter “Infos carrières” de l’EAP, sur le site web de Sciences Po Carrières et les plateformes dédiées. L’apprentissage ne doit pas nécessairement être en lien avec la spécialité suivie au sein de l’EAP, tant que les missions sont en lien avec le projet professionnel de l’étudiant. 

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Félicitations à nos étudiants qui ont participé à la conférence annuelle 2022 du GPPN

3 étudiantes ont atteint la phase finale du concours
  • Joyce, Evelyn et Chelsea qui ont participé à la conférence annuelle 2022 du GPPNJoyce, Evelyn et Chelsea qui ont participé à la conférence annuelle 2022 du GPPN

L'École d'affaires publiques fait partie du Global Public Policy Network (GPPN) qui regroupe 7 universités majeures dans le domaine des politiques publiques.

Chaque année, l'une des universités partenaires organise une conférence annuelle, qui permet aux étudiants sélectionnés de se mesurer aux équipes des autres universités.

En 2022, la conférence annuelle a été organisée par la Hertie School (Berlin, Allemagne) du 4 mars au 6 mars. Le GPPN a demandé aux participants d'identifier un sujet important et urgent de politique publique à l’échelle régionale, nationale ou internationale et d’élaborer des propositions de réponses par équipe de 3 à 5 étudiants.

Les critères d’évaluation portaient sur l’adéquation de la solution proposée au problème identifié, son caractère innovant et convaincant, ses possibilités et contraintes de mise en œuvre, et la prise en compte du contexte du problème choisi.

Cinq groupes d'étudiants ont représenté l’École d’affaires publiques de Sciences Po lors de cette compétition. Trois d’entre eux,  Evelyn, Chelsea et Joyce, étudiantes au sein du Master Politiques publiques, spécialité Social Policy and Social Innovation nous livrent leur témoignage.

Lire leur témoignage (en anglais)

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Marcio Boka, promotion 2022

Du Master politiques publiques, spécialité Administration publique, à l'entrepreneuriat
  • Marcio Boka © Marcio Boka Marcio Boka © Marcio Boka

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

Après l’obtention de mon bac ES en section internationale américaine à Paris, j’ai voulu poursuivre mes études hors de la région parisienne. Le campus de Reims m’apparaissait comme l’opportunité parfaite pour profiter du socle de connaissances pluridisciplinaire de Sciences Po tout en continuant à étudier les relations transatlantiques entre l’Europe et les États-Unis. En effet, n’ayant pas une idée encore très précise de mes envies professionnelles, je savais néanmoins que je souhaitais avoir un impact sur la société et ce qui m’entourait, et la voie de la diplomatie me paraissait être le chemin le plus approprié pour comprendre le monde et pouvoir agir en son sein.

J’ai naturellement passé ma 3ème année d’études au cœur des enjeux économiques et diplomatiques mondiaux, à Washington D.C. En parallèle de mon échange universitaire j’ai eu la chance de travailler avec un chercheur français sur les relations transatlantiques dans un think tank ainsi qu’à l’Ambassade de France à Washington. Si l’on parle souvent de la « bulle » de Washington et des défauts qui l’incombent, c’est aussi le lieu où se rencontrent des esprits brillants, où des opinions se forgent et influencent le monde entier, quel que soit le milieu professionnel. Il en résulte une émulation intellectuelle conférant une aura tout à fait particulière à la ville. Mes expériences m’ont permis d’en être témoin, et je recommanderais à quiconque d’avoir une expérience là-bas qui sera assurément riche et unique. 

En rentrant de cette année de l’étranger j'ai rejoint l’École d’affaires publiques afin de préparer le concours de l’ENA – futur INSP, pour travailler un jour dans le corps diplomatique. Néanmoins un projet étudiant devenu start-up avec des co-fondateurs m’a réellement fait prendre goût à l’entrepreneuriat et j’ai décidé d’arrêter la préparation du concours de l’ENA pour m’engager pleinement dans cette voie-là, où j’estimais pouvoir porter davantage mes valeurs et ma vision au sein de la société. A ce titre, je vais intégrer le double master X-HEC Entrepreneurs à partir de septembre 2022.

Quelles ont été les étapes majeures de la construction de votre projet professionnel ?

Au-delà de la formation universitaire, les différentes expériences que j’ai pu avoir m’ont aidé à affiner et construire mon projet professionnel. J’ai pu profiter de mes stages comme analyste dans des think tank, consultant en cabinet de conseil, chargé de mission auprès d’un élu local, et dernièrement mon stage de fin d’études au sein de la Banque Européenne d’Investissement. Ces différentes expériences m’ont permis de mieux comprendre le paysage économique européen et français ainsi que les futures tendances et innovations dans le but de continuer à créer et porter des projets innovants au cours de ma vie professionnelle. Ainsi, j’attends du master X-HEC qu’il me donne les clés pour m’engager pleinement et avec confiance dans l’entrepreneuriat et mon parcours professionnel, comme l’a fait jusqu’à présent Sciences Po et l’École d’affaires publiques.

Comment s'est déroulée la création de Public + et quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui en tant que Président  ?  

Répondant à une commande de la Préfecture d’Ille-et-Vilaine, dans le cadre de l’Incubateur de politiques publiques de Sciences Po, notre rendu a pris la forme d’une plateforme numérique. Après de nombreuses itérations et échanges avec les acteurs de terrains, nous avons développé une solution numérique adaptable à toutes les structures publiques et parapubliques recevant des citoyens pour permettre de mieux gérer leurs rendez-vous et agenda et ainsi répondre au mieux aux attentes du public reçu.

Cette première expérience m’a permis d’explorer et d’élargir des aspects pratiques au-delà du parcours universitaire à Sciences Po. De la gestion administrative, au développement technique jusqu’au développement commercial, j’ai beaucoup appris. En tant que Président, il est nécessaire d’organiser avec harmonie ces différents éléments, parfois d’arbitrer, et toujours garder le cap sur sa vision et ses objectifs. L’aventure a notamment été rendue possible grâce aux personnes qui ont participé de loin ou de près au projet, mes co-fondateurs et associés, et bien entendu Sciences Po qui nous a soutenu dès le départ, ainsi qu’AWS. 

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'affaires publiques, et plus particulièrement la spécialité Administration publique, envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ?  

C’est paradoxalement au sein de la spécialité Administration publique que j’ai été épris d’entrepreneuriat, comme quoi c’est un master qui permet d’explorer des domaines variés, notamment grâce aux multiples opportunités permises par ce dernier : l’incubateur de politiques publiques, les rencontres professionnelles, les conférences… De plus, le parcours pédagogique permet une compréhension approfondie du système législatif français et européen, de l’économie et des finances publiques. Ce socle de connaissances nous sert notamment dans le cadre de Public + afin de mieux comprendre les contraintes, enjeux et attentes des opérateurs du service public avec qui nous travaillons au quotidien avec Public +. 

De manière plus générale, l’École d’affaires publiques m’a permis de m’ouvrir à tout, me donner des clés de lecture pour comprendre et surtout m’intéresser au monde qui nous entoure. 

Auriez-vous un conseil à donner à un ou une étudiant(e), futur jeune diplômé(e) ?

Je suis un grand adepte de la théorie développée par Bernard Lahire dans L’homme pluriel, selon laquelle les hommes et les femmes se caractérisent par de multiples socialisations. Si je rapporte cela à l’époque d’aujourd’hui, je dirais que chacun et chacune devient de plus en plus libre de ses choix, et qu’en tant qu’étudiant ou futur diplomé(e), il ne faut jamais s’interdire d’explorer, de découvrir et de constamment se laisser surprendre par les expériences, les rencontres, les autres… Choisir n’est pas renoncer, dès lors que l’on sait pourquoi ces choix sont faits, et pour cela il faut explorer, encore et toujours.

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Retour sur la Masterclasse de Steve McCurry

Le photographe américain et la curatrice Biba Giacchetti ont rencontré les étudiants en décembre 2021
  • Masterclass Culture avec Steve McCurry © SM/EAPMasterclass Culture avec Steve McCurry © SM/EAP

Article d'Emma Duquet, étudiante de la spécialité Culture à l'École d'affaires publiques

À l’occasion de l’exposition « Le monde de Steve McCurry » au Musée Maillol, l’artiste lui-même et la commissaire d’exposition Biba Giacchetti, partenaires et amis depuis plus de vingt-cinq ans, ont rencontré les étudiants de l’École d’Affaires Publiques de Sciences Po le 9 décembre 2021. 

C’est la quatrième fois que le musée Maillol ouvre ses portes à la photographie. Après Frank Horvat en 1999, Bert Stern en 2006 et Weegee en 2007, c’est au tour de Steve McCurry de voir une sélection de cent-cinquante de ses clichés orner les murs de l’institution, au plus grand bonheur d’Olivier Lorquin, Président de la Fondation Dina Vierny – Musée Maillol, qui a ouvert l’événement et qui voit en lui « un très grand photographe et un peintre qui, à travers l’objectif de son appareil, exprime une sensibilité hors du commun ».

L’exposition, que les étudiants des spécialités Culture et Cultural Policy & Management ont eu la chance de voir pour son inauguration, est l’occasion de proposer un panorama des quelque cinquante ans de carrière du désormais célèbre photographe de guerre. Celle-ci a réellement débuté en 1980 lorsqu’il franchit la frontière avec le Pakistan et accompagne des réfugiés afghans au cœur de leurs villages bombardés alors que la guerre fait trembler le pays. Ses images sont alors publiées dans la presse du monde entier ; Steve McCurry rejoint l’agence Magnum à partir de 1992 et reçoit le Prix de l’excellence de la part de The National Press Photographer Association. Ses multiples photo reportages en Inde et, plus largement, en Asie du Sud-Ouest, aboutissent en 2000 à la publication de son ouvrage South-Southeast. La décennie suivante est marquée par son travail sur les attentats des tours jumelles à New York, premier conflit documenté dans son propre pays, et par son projet The last roll of Kodachrome présentant 36 photographies iconiques capturées sur la dernière pellicule du modèle. Depuis lors, Steve McCurry n’a cessé de voyager dans de nouvelles contrées, explorant l’Éthiopie, Cuba, ou encore l’Antarctique, parmi d’autres destinations. Il explore parallèlement d’autres manières d’exposer et de présenter ses images, via le monde du numérique et du virtuel notamment. 

Si les images du photographe ont fait le tour des journaux à travers le monde, à l’instar du portrait de la jeune afghane aux yeux perçants, c’est également pour leur portée esthétique. Steve McCurry a notamment évoqué l’importance de la couleur dans ses photographies, celle de la post-production et du travail de retouche, et de leur capacité à toucher le spectateur : « chaque photographie a son histoire propre, et nous y ajoutons la nôtre » (Steve Mc Curry). « Parfois, ce qui est intéressant en regardant une photographie est que notre imagination peut s’évader dans plusieurs directions. Tout ne doit pas être expliqué » (Steve McCurry) : le photographe souligne l’importance de laisser leur part de mystère aux clichés, tandis que Biba Giacchetti insiste sur celle de l’art de les exposer afin d’orchestrer “une symphonie” curatoriale. 

Steve McCurry a été confronté à l’horreur de la guerre ; ses images en témoignent. Si Susan Sontag suggère dans Regarding the pain of others que “la photographie esthétise et annihile la réponse morale à ce qui est montré »*, le photographe apporte un tout autre point de vue sur la question. Il évoque la mission confiée aux reporters de guerre de lutter contre l’aveuglement et l’ineptie de l’opinion publique : « Devons-nous être informés de ce qui se passe dans le monde ? Ou devrions nous attendre que nos gouvernements nous le disent ? Je pense que cette deuxième option est une très mauvaise idée. […] Quelqu’un doit bien nous donner son avis. Nous avons besoin de quelqu’un qui aille là-bas et trouve la vérité » (Steve McCurry). Toutefois, la violence de certaines images considérées comme choquantes requiert une attention toute particulière de la part de la curatrice et de l’artiste qui préfèrent ne les montrer que lors de rares occasions, de peur de rompre le dialogue avec le spectateur : « Nous devons faire attention à ne pas heurter la sensibilité des gens. Certains photographes le font. Steve McCurry a ce genre d’images horrifiantes, mais il est trop douloureux de les regarder » (Biba Giacchetti). Biba Giacchetti porte d’ailleurs une attention toute particulière à rendre le travail de Steve McCurry accessible, tentant d’endosser au mieux le rôle du spectateur lorsqu’elle construit ses expositions. 

« Dans le monde de Steve McCurry » se tient au Musée Maillol jusqu’au 29 mai : une exposition qui, nous l’espérons, marquera les esprits par la force d’images à garder en mémoire : « Une bonne photographie a une mémoire. Nous pouvons nous souvenir d’une photographie. Elle reste en nous. Les mauvaises photographies tombent dans l’oubli » (Steve McCurry).

*  Sontag Susan, Regarding the pain of others, Farrar, Straus et Giroux, New York, 2003. Sauf mention contraire, nous traduisons : [la photographie] “beautifies” and “bleaches out a moral response to what is shown”.


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Vidéo © Thomas Arrivé / Sciences Po - Photos © SM / EAP

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La Cour des Comptes soutient la Prépa Talents

  • M. Vicherat et P. Moscovici © elombard / Cour des comptesM. Vicherat et P. Moscovici © elombard / Cour des comptes

Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes, et Mathias Vicherat, directeur de Sciences Po Paris, ont signé une convention de partenariat portant sur la prépa Talents coordonnée par Sciences Po, à laquelle sont associées les universités de Sorbonne Paris Nord, Reims Champagne-Ardenne et Poitiers. 

Par cette convention, la Cour des comptes manifeste son engagement en faveur de la diversité sociale dans la haute fonction publique. Au-delà d’une attention forte portée à la diversité dans ses propres recrutements, la Cour appuie les efforts faits pour aider les étudiants d’origine modeste à préparer les concours de la haute fonction publique dans les meilleures conditions.

Les étudiants de la prépa Talents coordonnée par l'École d'affaires publiques se verront ainsi proposer des stages à la Cour des comptes, des actions de mentorat, la participation à des colloques et autres événements utiles pour approfondir certains sujets et avoir accès aux meilleurs contenus. Le Premier président Pierre Moscovici interviendra lui-même pour présenter aux étudiants de la prépa Talents un panorama des finances publiques et des enjeux de politiques publiques que traite la Cour des comptes. 

Pour Pierre Moscovici, « L’ouverture est un gage d’efficacité dans l’action publique. La haute fonction publique doit mieux refléter la diversité de la société pour être plus proche des attentes de nos concitoyens et pour attirer tous les talents, d’où qu’ils viennent, au service de l’intérêt général ». 

« Nous sommes très heureux de ce partenariat avec la Cour des comptes et de son engagement au sein de nos classes préparatoires Talents afin de contribuer activement, à nos côtés, à la diversification de la haute fonction publique. Le soutien de la Cour des comptes est un atout précieux pour la réalisation de cette ambition d'ouverture sociale, d'excellence et d'égalité des chances qui est au cœur du projet pédagogique de Sciences Po depuis plus de 20 ans », se félicite Mathias Vicherat.

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L'Ecole d'affaires publiques recrute un enseignant vacataire

Pour un enseignement sur les migrations et les politiques publiques
  • © Gorodenkoff/Shutterstock© Gorodenkoff/Shutterstock

L'École d'affaires publiques recrute un professeur vacataire pour enseigner un nouveau cours électif dans le cadre de la spécialité Social Policy and Social Innovation

Ce cours, enseigné en anglais, sera donné au semestre d'automne 2022 et sera ouvert aux étudiants du Master politiques publiques et du Master affaires européennes, ainsi qu'aux étudiants de toutes les spécialités de l'école.  

Il s'agira d'un cours de 24 heures, à raison de 2 heures par semaine durant 12 semaines destiné à un groupe d'une vingtaine d'étudiants. La méthode pédagogique devra favoriser autant que possible l'interactivité. 

Le cours sera axé sur la migration, l'asile et les politiques publiques. Nous recherchons un enseignant qui soit prêt à montrer comment les politiques liées à la migration sont perçues et adaptées à travers différentes perspectives, tant d'un point de vue académique que politique, tout en utilisant une approche interdisciplinaire pour identifier et analyser une série de sujets dans ce domaine. Le programme doit inclure à la fois des recherches scientifiques et des ressources secondaires répondant aux événements actuels, ainsi que les débats politiques et sociaux sur les questions migratoires et les politiques publiques aujourd'hui.

Plus d'informations dans l'appel à candidature (en anglais) (PDF, 424 Ko)

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Retour sur la Masterclasse Culture autour du film documentaire Indes Galantes

  • Masterclasse Culture autour des Indes Galantes © CD/EAPMasterclasse Culture autour des Indes Galantes © CD/EAP

Article rédigé par Fanny Berdah, Maria Crevatin, Joséphine Villeroy de Galhau, étudiantes de la spécialité Culture/Cultural Policy and Management de l'École d'affaires publiques. 

Le 15 novembre 2021, dans le cadre des Masterclasses Culture de l’École d’Affaires publiques, les étudiants de l’Ecole d’affaires publiques, et de Sciences Po, ont rencontré trois figures clés de la réalisation du documentaire Indes Galantes : Philippe Béziat, réalisateur, Philippe Martin, producteur du film et directeur artistique de la “3ème scène” de l’Opéra et Feroz Sahoulamide, danseur. Un échange franc et généreux pour mieux saisir les enjeux esthétiques, politiques et institutionnels de ce projet artistique hors du commun.  

Une création plurielle et pluridisciplinaire

Sous un même nom, Indes Galantes désigne en réalité trois créations. À la genèse du projet, Clément Cogitore réalise en 2017 un court-métrage pour la “3ème scène” de l’Opéra de Paris. Il invite des danseuses et danseurs de krump à revisiter la Danse du grand calumet de la paix, extraite de l’opéra-ballet Indes Galantes de Rameau. Face à son succès, Stéphane Lissner, alors directeur de l’Opéra de Paris, lui propose de monter Indes Galantes dans son intégralité à l’Opéra Bastille, le spectacle y sera joué pendant douze représentations en 2019. Simultanément Philippe Béziat réalise un documentaire sur la création du spectacle, diffusé en 2021 et projeté à Sciences Po en novembre. 

Outre la pluralité des objets, Indes Galantes constitue une “fantasmagorie” pour Philippe Béziat, une “polyphonie” où se mêlent les différentes disciplines que sont la danse, la musique et le chant. L’opéra, “art total”, rencontre ici un “écosystème déjà très complexe” (Philippe Béziat) : les danses de rue (hip-hop, krump, flexing, etc.). Feroz Sahoulamide insiste bien sur cette “communauté” de danseur.euse.s qui ont leurs propres histoires, cultures et visions du monde réunies ici sur un même plateau. Le documentaire, “au cœur du laboratoire”, cherche à témoigner de ces enjeux de création, de cette véritable “utopie de collaboration”.  

Des perspectives institutionnelles

Envisagée d’abord comme une rencontre “éminemment politique et peu conforme”, la création n’a pas été reçue de la même manière par la presse et les publics, témoignant ainsi d’une dimension réellement transgressive. Il s’agit de saisir comment le projet a réussi à faire venir des corps, des pensées, des danses “à un endroit où elles ne viennent pas” habituellement, dans l'institution, “incarnation d’un lieu de pouvoir” (Philippe Martin). Pour Feroz Sahoulamide, le projet des Indes Galantes est une opportunité de “reprendre l’espace” par les corps, de se réapproprier le “je suis” par le “détournement”. Ce qui se fait aussi bien par la mise en avant de danses considérées comme minoritaires par l’institution que par une lecture décoloniale de l’œuvre de Rameau, nécessaire aujourd’hui.  

La recréation des Indes Galantes est-elle pour autant le signe d’un changement institutionnel ? Pour Philippe Martin, tout dépend de la direction. La création de la “3ème scène” est emblématique d’une institution qui a su être “visionnaire” sur des questions qui “agitent le monde du spectacle vivant” (ici le numérique). Mais les nouvelles directions et les contraintes budgétaires sont au contraire symptomatiques d’institutions qui restent “figées” et dans “une inertie incroyable”. Philippe Martin rappelle que l’Opéra n’avait pas les moyens de monter les Indes Galantes et que les répétitions comme le travail de création se sont faits “en dehors” de l’institution. Faudrait-il remettre en perspective le bouleversement institutionnel ? Si pour Philippe Martin, la “diversité des publics presque inhabituelle” et le succès auprès des abonnés en font une “expérience unique” dont il faut tirer des enseignements durables, Feroz Sahoulamide apporte une nuance en rappelant que ce public habitué ne s’est pas pour autant déplacé pour “venir les voir ailleurs”.  

Une aventure humaine

Mais au-delà d’une expérience de spectacle vivant unique et d’un projet transgressif, Philippe Martin nous rappelle que l’aventure Indes Galantes, c’est avant tout “une rencontre”. Entre des disciplines que tout semblait opposer, l’opéra et des danses de rue. Entre l’institution et “l’art du détournement” (Feroz Sahoulamide). Mais celle avant tout entre des artistes, des énergies rassemblées autour de ce que la chorégraphe du projet Bintou Dembélé désigne comme un “cercle”. 

En effet, cette aventure a débuté par un temps de formation au Centre National de la Danse à Pantin pour faire se rencontrer les danseur.euses et “apprendre à se regarder et se raconter”. Après le “choc générationnel”, la cohésion est née de ce travail préalable de découverte entre danseur.euses mais aussi en allant à la rencontre des technicien.nes, des chanteur.euses et d’autres corps de métier. 

De même que Feroz Sahoulamide objecte “Nous sommes allés les voir, ce ne sont pas eux qui sont venus”, nous ne pouvons que nous interroger sur les répercussions d’un tel projet : bouleversement éphémère ou mutation profonde ? L’avenir le dira, mais la nomination des Indes Galantes dans la catégorie du meilleur film documentaire aux Césars 2022 apparaît déjà comme une forme de reconnaissance institutionnelle. Un succès bienvenu pour ce projet qui vise juste précisément parce qu’il “met l’artiste au centre” de la création, comme le recommande Philippe Martin.  

Indes Galantes, documentaire de Philippe Béziat sur la création de l’opéra par Clément Cogitore, 2021, 48min. 

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Rencontre avec Sylvie Chevret, co-architecte du double Master Santé et politiques publiques

  • Site du 1 St Thomas d'Aquin © Caroline Maufroid / Sciences PoSite du 1 St Thomas d'Aquin © Caroline Maufroid / Sciences Po

Sciences Po et Université de Paris proposent un nouveau programme de double Master en Santé et politiques publiques, qui ouvrira en septembre 2022. Le programme vise à former ceux qui, demain, concevront, mettront en œuvre et évalueront les politiques publiques dans le secteur de la santé. Pour ce faire, le programme s’appuie sur le savoir-faire reconnu et complémentaire de chacune des deux institutions partenaires. 

Nous avons rencontré Sylvie Chevret, professeur de santé publique à Université de Paris, architecte de ce nouveau programme aux côtés de Didier Tabuteau, Conseiller scientifique de la spécialité Santé de l'École d'Affaires publiques et vice-président du Conseil d’Etat

Comment est né ce double diplôme entre Sciences Po et l’Université de Paris ? 

L’idée de ce double diplôme est née du constat partagé entre enseignants des deux formations d’un besoin accru de mise en commun de connaissances et compétences entre ces milieux différents, médical d’une part et lié à la haute administration d’autre part. Deux exemples ont illustré parfaitement ce besoin accru d’une interaction éclairée dans l’actualité récente : que ce soit dans la gestion d’une crise sanitaire, mais également face aux nouvelles dispositions d’accès précoces des médicaments auprès de la Haute Autorité de Santé. Il est apparu souhaitable qu’une formation s’adressant à de jeunes étudiants en formation de part et d’autre, leur permette d’échanger précocement dans leur cursus sur les particularités respectives de leur champ propre. 

Quels sont les atouts majeurs de ce nouveau double Master ?

Les atouts principaux de ce nouveau double Master sont la multidisciplinarité de la formation proposée, au sens large, non seulement en termes de disciplines stricto sensu (santé publique versus politiques publiques), mais également en termes de milieux professionnels des personnels impliqués dans la formation (hauts fonctionnaires, hospitalo-universitaires, hospitaliers, universitaires, chercheurs) et des champs d’application présentés (de l’épidémiologie à la recherche clinique et à la mise à disposition des médicaments, par exemple). Cette multidisciplinarité assure de plus une grande complémentarité pour étudier les champs concernés par la formation, à l’origine d’interactions positives entre les disciplines présentes et futures. 

En quoi consiste le programme ? 

Le programme s’étale sur deux années. En première année, l’enseignement est orienté principalement vers l’acquisition de connaissances en termes de compréhension des politiques publiques de santé et d’économie de la santé d’une part, tout en s’ouvrant aux grands enjeux de santé publique et sociaux, et aux méthodes d’évaluation en santé, avec quelques applications illustratives. La seconde année approfondit les acquis en santé publique, depuis les aspects réglementaires et éthiques d’une recherche biomédicale jusqu’à l’organisation des données en santé et leur utilisation à des fins de financement des hospitalisations, tout en présentant les mécanismes organisationnels des établissements de santé.

Quelles trajectoires professionnelles s’ouvrent aux diplômés de ce programme ?

Les trajectoires professionnelles sont larges et variées, que ce soit pour les étudiants en santé ou en politiques publiques. Elles concernent aussi bien la recherche en santé publique ou en évaluation médicale, que la mise en place de politiques de santé ou la gestion des établissements de santé. Elles s’ouvrent aux institutions publiques, milieux hospitalo-universitaires, instituts de recherche, laboratoires pharmaceutiques…

Quels sont les plus grands défis auxquels les étudiants diplômés du double Master en Santé et politiques publiques seront confrontés dans leur future carrière ?

L’actualité immédiate nous a montré l’importance de la gestion des problématiques de santé dans les politiques publiques et la nécessité d’une interaction large mais éclairée entre professionnels de santé et politiques. Les défis sont nombreux, depuis la gestion qu’on espère exceptionnelle d’épidémies en relation avec l’émergence de nouveaux germes, jusqu’à la mise en place d’une politique publique ambitieuse de santé : politique de financement des établissements de santé en tenant compte de sa spécificité et en assurant la qualité des soins et son accessibilité à tous et toutes ; politique d’incitation à la recherche biomédicale, en simplifiant les procédures technico-réglementaires qui l’alourdissent dans notre pays.  

 

 

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Marie Trelat, promotion 2020

Du Master politiques publiques, spécialité Administration publique, parcours en apprentissage, au poste de chargée de mission au sein du cabinet du Président du Grand Chalon
  • Marie Trelat © Marie TrelatMarie Trelat © Marie Trelat

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ? 

Originaire de Saint-Bérain-sous-Sanvignes, village d’environ 1000 habitants en Saône-et-Loire (71), j’ai poursuivi mon cursus scolaire jusqu’au baccalauréat dans la ville moyenne la plus proche, Montceau-les-Mines, dont le lycée dispose d’une Convention d’Éducation Prioritaire (CEP) avec Sciences Po. Sans ce dispositif et l’accompagnement de mes professeurs, je ne me serais certainement pas présentée au concours d’entrée du fait de ma méconnaissance de l’école et de l’inaccessibilité que représentaient alors pour moi les épreuves. 

Admise à Sciences Po à l’issue de la terminale, j’ai intégré le campus « Europe Centrale et Orientale » de Sciences Po à Dijon où je rêvais de débuter mon parcours. Passionnée par l’histoire de la construction européenne, j’ai acquis à Dijon une compréhension fine du fonctionnement de l’Union et de ses enjeux politiques. J’y ai forgé des convictions pro-européennes profondes que j’ai continué de défendre, notamment dans le cadre associatif. Mon arrivée sur ce campus fut également ma première immersion dans un univers multiculturel, opportunité que je n’avais jamais eue auparavant. 

Désireuse de mieux comprendre l’impact de l’Union européenne sur ses pays fondateurs, c’est à Rome que j’ai effectué ma troisième année à l’étranger. Outre mon cursus à l’université, j’ai fait de cette expérience une opportunité d’attiser ma curiosité pour un sujet que je connaissais trop peu : les affaires religieuses. Mes deux stages successifs au sein puis auprès du Saint-Siège, d’abord à la rédaction française de Radio Vatican puis à l’Ambassade de France ont marqué mon parcours universitaire. Gardant un intérêt et une sensibilité toute particulière pour ces questions, j’ai souhaité approfondir mes connaissances en effectuant un dernier stage au sein du Bureau central des Cultes au ministère de l’Intérieur. 

En cohérence avec ma volonté de mieux comprendre les modalités de mise en œuvre de l’action publique et dans l’optique d’intégrer la fonction publique, mon choix de Master s’est porté sur le Master politiques publiques, spécialité Administration publique de l'École d'affaires publiques de Sciences Po. Menée en parallèle d’un stage de collaboratrice parlementaire auprès d’une députée, ma première année de Master m’a fait prendre conscience de la difficulté de mettre en œuvre une politique publique efficace, qui réponde aux besoins d’un pays et de sa population. 

L’opportunité de réaliser une année césure en cours de Master étant laissée par Sciences Po, je l’ai saisi pour m’intéresser davantage aux enjeux relatifs à la communication de l’action publique. Durant cette année, j’ai ainsi pu travailler au sein du Service d’Information du Gouvernement (SIG) rattaché au Premier ministre puis dans l’agence PLEAD, filiale du groupe Vivendi-Havas, spécialisée en communication stratégique. 

Enfin, j’ai réalisé ma dernière année de Master en alternance. Souhaitant approfondir mes connaissances juridiques, j’ai effectué mon apprentissage auprès des administrateurs de la Délégation aux Collectivités Territoriales et à la Décentralisation de l’Assemblée nationale. Au cours de cette année, j’ai saisi l’impérieuse nécessité de mettre en œuvre une action publique nettement plus en prise avec la réalité et les besoins du terrain qu’elle ne l’est aujourd’hui. Cette expérience a confirmé ma volonté de m’engager au niveau local, aux côtés des élus, en faveur du développement et de la mise en valeur des collectivités territoriales par la concrétisation de projets de territoire. 

Depuis juillet 2020, je travaille donc en tant que collaboratrice au sein du cabinet du Président de la Communauté d’agglomération du Grand Chalon (Saône-et-Loire), Sébastien Martin. Mes missions me permettent de trouver ce que je suis venue chercher et de donner ce que je souhaite apporter : contribuer concrètement et le plus pragmatiquement possible à une politique publique qui réponde aux besoins d’un territoire, le tirer vers le haut et améliorer la vie de ses habitants, en mettant mes compétences au service des décideurs. C’est d’autant plus gratifiant que je le fais pour un territoire où j’ai grandi.

Quelles ont été les étapes majeures de la construction de votre projet professionnel ? 

Je ne pourrais pas identifier une étape majeure plus qu’une autre pour expliquer le projet professionnel que je mène actuellement. Les expériences professionnelles que j’ai pu avoir, les professeurs que j’ai pu rencontrer, les environnements multiples dans lesquels j’ai été immergée m’ont tous, dans leur ensemble, amenée à me forger des convictions fortes parmi lesquelles, celle de vouloir être utile, d’agir efficacement et au plus près des besoins du terrain, ce qui se retranscrit particulièrement dans le poste que j’occupe aujourd’hui. 

Toutefois, c’est certainement mon alternance à l’Assemblée nationale durant ma 2ème année de Master qui m’a définitivement convaincue de débuter ma carrière dans mon département d’origine pour mettre mes compétences au service de son développement. Alors que je pensais préparer les concours de la fonction publique d’État, mon désir de m’engager pour répondre à des problématiques concrètes, pour contribuer à tirer un territoire vers le haut et surtout, pour être utile, m’a semblé pouvoir être plus rapidement assouvi en travaillant auprès de ceux qui ont été élus pour assurer le développement de leur territoire. 

Quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui en tant que chargée de mission au sein du cabinet du Président du Grand Chalon ?   

Alliant stratégie et terrain, humain et technique, sens pratique et théorique, le poste que j’occupe aujourd’hui m’amène à participer, en appui des élus, à la stratégie globale de la collectivité pour laquelle je travaille, au service de son attractivité et du bien-être de ses habitants. 

Interface entre les élus de l’exécutif, les services de l’agglomération et les acteurs du territoire, je m’assure que les échanges entre tous ces interlocuteurs soient les meilleurs possible et que tous disposent des bons éléments de compréhension pour que les dossiers dont ils se saisissent atteignent les objectifs fixés. 

Pour ce faire, je suis donc amenée à suivre la mise en œuvre d’une politique publique de manière concrète, depuis l’identification des besoins du public jusqu’à l’évaluation de la mesure en passant par l’élaboration du projet.  Et cela, sur les multiples compétences de l’agglomération (mobilités, énergie, équipements sportifs, petite enfance...). 

D’autre part, j’appuie les élus dans leur quotidien en les amenant à se poser les bonnes questions, en leur fournissant les éléments qui leur permettront de prendre les bonnes décisions mais également, en leur permettant d’expliquer le mieux possible, aux principaux concernés, la politique publique qu’ils souhaitent concrétiser. 

Du fait de mes missions, j’ai donc la sensation de m’engager au quotidien pour l’émergence d’une organisation institutionnelle et territoriale française en laquelle je crois : une organisation plus décentralisée qui donne aux acteurs locaux la confiance, les moyens et les marges de manœuvre suffisantes pour mettre en œuvre les projets qui tireront vers le haut tout un territoire et à terme, l’ensemble du pays.    

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'affaires Publiques, et plus particulièrement la spécialité Administration publique, envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ?   

Mon passage à l’École d’affaires publiques de Sciences Po m’a apporté des connaissances théoriques solides relatives à la mise en œuvre de l’action publique aussi bien au niveau local que national. L’alternance que j’ai réalisée en deuxième année de Master à l’Assemblée nationale m’a permis de disposer d’un bon niveau de compréhension du fonctionnement des collectivités locales mais surtout, des enjeux politiques associés à l’exercice de leurs compétences. 

Aujourd’hui, ces connaissances me permettent de comprendre l’environnement dans lequel je travaille et celui dans lequel évoluent les élus et ma collectivité. Elles me permettent de cerner les intérêts de mes interlocuteurs et de savoir sur lesquels m’appuyer. Ces connaissances sont également des clefs de compréhension indispensables pour saisir pourquoi la collectivité pour laquelle je travaille doit tendre vers une stratégie plutôt que vers une autre, pourquoi elle devrait se concentrer sur une priorité plutôt que sur une autre. 

Du fait de la diversité des enseignements proposés dans la spécialité Administration publique, je dispose par ailleurs des connaissances suffisantes à la compréhension des enjeux relatifs à la mise en œuvre de la plupart des compétences de l’agglomération, quelles qu’elles soient, et de les synthétiser. Cela m’aide notamment lorsqu’il s’agit de transmettre aux élus pour lesquels je travaille le bon niveau d’information, de les conseiller lorsqu’ils sont amenés à se prononcer ou de les inviter à se pencher sur une nouvelle stratégie.   

Plus globalement, la richesse de mon parcours à Sciences Po me permet d’être force de proposition. Il m’amène à reproduire ce que j’ai été incitée à faire durant tout mon parcours universitaire :  m’intéresser à ce qui peut être mis en place ailleurs, comparer pour s’inspirer et proposer de nouvelles choses en se disant toujours qu’être innovante et inventive et n’appartient pas qu’aux autres. 

Auriez-vous un conseil à donner à un ou une étudiant(e), futur jeune diplômé(e) ?

Ne jamais suivre un parcours tout tracé sous prétexte qu’il serait celui que les autres attendent de soi. Je suis désormais persuadée que, loin de devoir être une ascension linéaire vers des postes à toujours plus hautes responsabilités, une carrière professionnelle doit avant tout être remplie d’expériences qui nous épanouissent pour être réussie.

Cela sous-entend de ne pas se poser de limites mais au contraire, d’oser poser des questions, frapper à des portes, s’engager dans de nouvelles aventures, remettre en question le parcours que l’on avait suivi jusqu’à présent. Sciences Po nous donne justement accès aux outils pour agir de la sorte. Il ne faut donc pas hésiter à s’en servir afin de s’investir pour des causes qui nous semblent justes.

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Ross Creelman, promotion 2017

Du Master affaires européennes au poste de Public Policy Manager chez ETNO (European Telecommunications Network Operators' Association)
  • Ross Creelman © Ross CreelmanRoss Creelman © Ross Creelman

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

J’ai intégré le Master affaires européennes de l’École d'affaires publiques suite à ma licence en langues et littératures étrangères : j’ai étudié le français et l’allemand à l’Université de St. Andrews en Écosse, avec une année Erasmus à l’Université de Bonn en Allemagne. Une fois diplômé de Sciences Po, j’ai effectué un stage à la Cour des comptes européenne au Luxembourg, et j’ai ensuite déménagé à Bruxelles pour débuter ma carrière en affaires européennes dans un cabinet de conseil. Je travaille à présent pour l’association professionnelle qui représente les sociétés de télécommunications à Bruxelles.  

Quelles ont été les étapes majeures de la construction de votre projet professionnel ?

Outre ma formation, les stages que j’ai effectués pendant mon Master à Sciences Po ont énormément contribué à la construction de mon projet professionnel. J’ai eu l’honneur de faire deux stages auprès de deux députés à l’Assemblée nationale, ce qui m’a permis de connaître cette institution et les questions liées à la politique européenne du point de vue d’un parlement national. J’ai fait mon stage de fin d’études à la Cour des comptes européenne où j’ai travaillé dans une équipe d’audit qui examinait le système des réexamens ex-post de la législation de l’UE. Cette expérience m’a permis d’analyser des procédures de la Commission européenne en détail et de découvrir le rôle d’autres institutions européennes.   

Quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui en tant que Public Policy Manager chez ETNO (European Telecommunications Network Operators' Association) ?

ETNO représente les opérateurs européens des réseaux de télécommunications auprès des institutions de l’UE, voire au niveau international. En tant que Public Policy Manager pour ETNO, j’ai l’occasion de travailler étroitement avec les experts de nos membres sur des questions telles que l’intelligence artificielle, la 5G, la gouvernance d’Internet et la régulation des plateformes. Nous avons des échanges réguliers avec la Commission européenne, les députés européens, les gouvernements des États-membres, ainsi que des organisations internationales comme l’Union internationale des télécommunications (UIT). 

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'affaires publiques, et plus particulièrement du Master Affaires européennes, envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ? 

La formation à l’École d’affaires publiques, en particulier le Master affaires européennes, offre une vue d’ensemble des questions de politique publique européenne, ce qui fournit les outils pour analyser des questions non seulement du point de vue juridique, mais aussi économique, politique, et – ce qui est crucial pour une carrière en affaires européennes – une appréciation du contexte commercial. Certes nos membres ont besoin d’une compréhension approfondie du système législatif européen, mais il faut interpréter ce qu’il se passe à Bruxelles en terme d’impact que peuvent avoir les politiques européennes pour une entreprise et ses clients.

Auriez-vous un conseil à donner à un ou une étudiant(e), futur jeune diplômé(e) ?

La formation ne se termine jamais. Certes, les études formelles s’achèvent à un moment donné, mais il faut considérer tout défi professionnel comme une occasion d’apprendre quelque chose. Cela comprend les choses que l’on apprend tous les jours au bureau, tout comme les cours qui existent, où l’on peut développer ses connaissances dans un domaine lié directement au travail, améliorer ses compétences professionnelles, par exemple parler en public, ou même raffiner ses compétences linguistiques.

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PSIA et EAP : bienvenue à la nouvelle doyenne et au nouveau doyen !

  • Arancha González Laya and Philippe MartinArancha González Laya and Philippe Martin

Article initialement publié sur le site www.sciencespo.fr par l'équipe éditoriale de Sciences Po.

Mathias Vicherat, directeur de Sciences Po, a nommé Arancha González Laya, doyenne de Paris School of international Affairs (PSIA) et Philippe Martin, doyen de l'École d’affaires publiques. Ces nominations ont été faites sur proposition de deux search committees, composés de membres internes et externes à Sciences Po. Ils prendront leurs fonctions respectives au début du mois de mars.

“Avec ces deux nominations, Sciences Po ouvre une nouvelle page. Je suis très heureux d’accueillir Arancha Gonzalez Laya, dont la riche expérience politique au niveau national, européen et international va nous permettre de franchir une nouvelle étape dans le développement de PSIA. Philippe Martin connaît parfaitement Sciences Po : éminent économiste de notre faculté permanente et président du Conseil d’Analyse Économique (CAE) depuis 2018, il porte une vision structurante pour l'EAP qui associe la prise en compte des nouveaux enjeux de la formation des responsables de demain et l'excellence de l'enseignement académique" a déclaré Mathias Vicherat.

Arancha Gonzalez Laya, nouvelle doyenne de PSIA

Diplômée en droit de l'Université de Navarre et titulaire d'un diplôme de troisième cycle en droit européen de l'Université Carlos III de Madrid, Mme Gonzalez est membre du Comité stratégique de PSIA depuis 2017. Elle possède une large expérience des affaires internationales au niveau multilatéral, européen et national. Elle a notamment été ministre des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la coopération de l'Espagne (2020-2021), sous-secrétaire générale des Nations Unies et directrice exécutive du Centre du commerce international (2013-2020), directrice de cabinet du directeur général de l'Organisation mondiale du commerce Pascal Lamy (2005-2013) et a occupé plusieurs postes importants à la Commission européenne.

Mme Gonzalez Laya prendra ses fonctions en s'appuyant sur les réalisations du doyen fondateur de l'École (créée en 2010), Ghassan Salamé et du doyen Enrico Letta auquel elle succède. Le succès de l'École se reflète dans le classement actuel de Sciences Po, deuxième université du monde dans la catégorie "Politique et études internationales" selon QS 2021 et doit beaucoup à son corps professoral, composé à parts égales d'universitaires et de professionnels réputés dans leurs domaines d’activité. Plus grande école d’affaires internationales du monde, sur ses 1 500 étudiants, 70% sont des étudiants internationaux de plus de 110 pays. Paris School of international Affairs (PSIA) offre un choix de sept programmes de Master dans les domaines majeurs des affaires internationales et a établi des partenariats et des doubles diplômes avec des universités de premier plan dans le monde.

Arancha Gonzalez Laya : « Après une longue carrière dans les affaires internationales, j'ai décidé de consacrer mon énergie et ma passion à préparer les leaders de demain. Je suis très honorée de rejoindre Sciences Po pour diriger PSIA, classée deuxième au monde parmi les écoles de politique et d'études internationales. En investissant dans les connaissances, les compétences et l'expérience, l'École occupe une position unique pour préparer les acteurs mondiaux à comprendre et à façonner notre monde complexe. Je remercie Mathias Vicherat pour sa confiance et me réjouis de travailler à ses côtés avec les professeurs et les étudiants pour un monde plus durable et plus pacifique »

Philippe Martin, nouveau doyen de l'École d’affaires publiques

Philippe Martin est diplômé de Sciences Po, de l’université Paris-Dauphine et titulaire d’un doctorat d’économie de Georgetown University, Washington DC.

Professeur d’Économie à Sciences Po, président délégué du Conseil d’Analyse Économique (CAE), chercheur associé en macroéconomie internationale et commerce international et vice-président du Centre for Economic Policy Research (CEPR), vice-président du conseil d’administration de la FNSP, Philippe Martin succède à Yann Algan en tant que doyen de l'École d’affaires publiques.

Philippe Martin a été successivement économiste à la Federal Reserve Bank de New York (2001-2002), professeur à la Paris School of Economics (2000-2008) ainsi qu’au Graduate Institute de Genève, directeur du département d’économie de Sciences Po (2008-2013) et conseiller économique d'Emmanuel Macron, Ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique en 2015-2016. Il a également été coéditeur de la revue Economic Policy de 2006 à 2011 et consultant à la Banque de France. En 2002, il a été récompensé par le Prix du meilleur jeune économiste de France.

Sept ans après sa création, l'École d’affaires publiques de Sciences Po s’est imposée comme l’une des meilleures formations aux affaires publiques, à l'échelle nationale et internationale. Plus de 2 100 étudiants, dont 30% d'internationaux, viennent se former au sein de ses deux masters et onze spécialités en français et en anglais, de ses doubles-diplômes nationaux et internationaux, de sa préparation aux concours administratifs français et européens (76% des admis au concours 2021 de l’ENA sont issus de Sciences Po), ou encore de ses masters en un an. L’École d'affaires publiques réinvente aujourd’hui sa mission de formation des futurs décideurs publics autour de l’intégration européenne et des enjeux liés aux transformations numériques et environnementales.

Philippe Martin : "Très attaché à Sciences Po où j'ai assumé différentes responsabilités, je suis enthousiaste de prendre la direction de l'École d'affaires publiques. En coopération avec toutes les communautés de l'École, je veux qu'elle continue à incarner l'excellence académique et qu'elle relève les défis du renouvellement des affaires publiques à la fois en France et en Europe".

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Nouvelle publication ! The challenge of a sustainable territorial inclusion in France

Paper publié par Madeleine Péron dans le cadre de la European Chair for Sustainable Development and Climate Transition
  • © Janaka Dharmasena/Shutterstock© Janaka Dharmasena/Shutterstock

The challenge of a sustainable territorial inclusion in France de Madeleine Péron a été rédigé sous l'égide de la European Chair for Sustainable Development and Climate Transition (Chaire européenne de développement durable et de transition climatique) de Sciences Po et publié en février 2022.

L'article affirme qu'une transition réussie vers une société plus durable ne peut se permettre d'ignorer les vulnérabilités existantes. Outre les inégalités sociales et économiques, les disparités territoriales représentent un enjeu spécifique que la transition durable peut soit renforcer, soit atténuer. Dans un pays comme la France, le mouvement des Gilets jaunes a révélé la nécessité d'une voie plus inclusive vers la durabilité. S'appuyant sur la littérature existante, l'article propose d'analyser les inégalités et les défis territoriaux dans un contexte d'objectifs de développement durable, en se concentrant sur plusieurs déterminants clés du bien-être (emploi, éducation et, de manière plus prospective, santé et relations sociales). L'auteur propose quelques perspectives pour intégrer les défis de l'inclusion territoriale dans le cadre du développement durable et la conception des politiques.

Madeleine Péron a obtenu son diplôme à la Paris School of Economics (Master Analysis and Policy in Economics). Elle a travaillé à l'Observatoire du bien-être du Cepremap, et est actuellement économiste au Conseil français d'analyse économique. S'appuyant sur diverses expériences, ses principaux centres d'intérêt convergent vers les politiques publiques et en particulier les sujets liés à l'économie du bien-être et aux inégalités territoriales.

Lire le paper complet : The challenge of a sustainable territorial inclusion in France (en anglais) (PDF, 1 Mo)

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(Re)voir la conférence de Bruno Latour & Nikolaj Schultz

Conférence du 10 février 2022 dans le cadre de la sortie de leur ouvrage "Mémo sur la nouvelle classe écologique"
  • Bruno Latour & Nikolaj Schultz ©Assouline (B. Latour) R.Yaghobzadeh (N. Schultz)Bruno Latour & Nikolaj Schultz ©Assouline (B. Latour) R.Yaghobzadeh (N. Schultz)

Dans le cadre du Master en arts politiques - SPEAP de l'École d'affaires publiques, Bruno Latour et Nikolaj Schultz sont venus présenter, le 11 février 2022, leur ouvrage "Mémo sur la nouvelle classe écologique" (Éditions La Découverte).

Pourquoi parler de classes géosociales ? Conversation entre Bruno Latour & Nikolaj Schultz

L'importance des préoccupations écologiques ne cesse de croître même si la visibilité politique de l'écologie reste incertaine. Une solution pourrait être de reprendre l'ancienne notion de classe sociale mais en l'infléchissant pour y intégrer la dimension géo-sociale plus à même de coller avec les enjeux actuels et de permettre de se repérer dans les nouveaux conflits écologiques. Nikolaj Schultz travaille depuis plusieurs années dans le cadre de sa thèse sur les classes géosociales. 

Modération : Frédérique Aït-Touati, directrice scientifique du Master en arts politiques - SPEAP.

Revoir la conférence (en français et en anglais)

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Julie Wang, promotion 2021

Du Master politiques publiques, spécialité Administration publique, au poste de Sales Development Executive chez SAP France
  • Julie Wang © SAPJulie Wang © SAP

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

Tout au long de ma formation, j’ai eu à cœur de construire une double expertise en sciences économiques et affaires publiques. Le double Bachelor Sciences Po - University College London (UCL) m’a permis de développer une vision globale des sciences sociales, économiques et politiques, avant de me spécialiser dans l’administration publique en Master politiques publiques à l'École d'affaires publiques de Sciences Po. 

En parallèle de mes études, j’ai pu travailler au confluent des secteurs public et privé, avec une vocation internationale. Mes expériences au sein des organisations internationales (UNESCO, ONU, OMC, UNEP) et dans la fonction publique (Ministère de l’Europe et des affaires étrangères, Ambassade de France en Thaïlande, Ministère de la transition écologique et solidaire) m’ont permis de travailler sur des initiatives internationales liées à des sujets qui me passionnent : éducation et inclusion sociale, commerce et développement international, diplomatie économique et culturelle, transition écologique… 

J’ai vite réalisé que cette ambition de contribuer aux changements de demain nécessite avant tout la compréhension d’un monde en plein changement, tourné vers le numérique. Je me suis ainsi lancée dans la découverte du ‘monde de la tech’, et plus précisément du cloud computing, du SaaS (Software as a Service) et du PaaS (Platform as a Service) à travers un stage de césure chez Amazon Web Services (AWS) à Londres et un stage de fin d’études chez SAP à Barcelone. 

Quelles ont été les étapes majeures de la construction de votre projet professionnel ?

Mes cours d’économie numérique à Sciences Po ont suscité chez moi une appétence pour les technologies disruptives (Cloud, IA, big data, machine learning, blockchain), qui s’est affirmée au cours de mes expériences professionnelles. 

Lors de mes stages dans le secteur public, j’ai pu appréhender les enjeux de l’innovation sociale numérique en travaillant sur des sujets divers tels les TIC dans l’éducation, la fracture numérique et l’entrepreneurial social numérique. Mes deux ans d’expérience dans le milieu des startups de hautes technologies (Fintech, Edtech, Medtech, e-commerce) à Londres m’ont apporté une connaissance concrète de l’écosystème numérique, à travers la mise en relation des entrepreneurs avec les incubateurs et les investisseurs et l’organisation de levées de fonds au sein de l’association Sino-British Summit. J’ai été immédiatement fascinée par le côté innovant et dynamique de ce secteur. 

Mon stage chez AWS a marqué un tournant décisif dans mon orientation professionnelle. En travaillant dans la vente B2B des services cloud, j’avais le sentiment de participer à une révolution technologique qui se concrétise dans le monde des entreprises, où un changement de paradigme se produit sur l’accès aux technologies et le cloud devient la source de l’innovation numérique menée par les startups et les PME. La poursuite de cette passion pour l’innovation numérique s’est ensuite traduite par un stage au sein des équipes commerciales de SAP France, où la transformation digitale des acteurs privés et publics prend tout son sens…

Quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui chez SAP ?  

En trois mots : humain, innovation, aventure. 

J’ai été avant tout marquée par le côté humain de ce géant de la tech. Par ‘humain’, j’entends le respect des valeurs et des principes, la préoccupation pour le bien-être des employés, l’organisation horizontale moins hiérarchique et la culture du mentoring. Les relations entre les collègues et avec les leaders-mentors se créent en un simple message sur Teams. Le partage d’expérience et de conseils est une activité courante et sans frontières. 

L’innovation est au cœur du métier de Sales Development Executive. D’un côté, nous aidons les entreprises à innover dans leur organisation, leur gestion des processus internes et leur business model, en leur proposant des solutions digitales adaptées et les accompagnant dans leurs projets de transformation digitale. D’un autre côté, nous innovons constamment en interne sur nos méthodes de travail, nos campagnes commerciales et nos approches stratégiques, tout en faisant preuve de créativité, d’agilité et de sensibilité à l’actualité. 

Ce poste est une combinaison de découverte, de challenge et d’apprentissage. En travaillant sur des secteurs (industries manufacturières, énergies, automobile, high tech, aéronautique et défense, chimie, transports, industrie 4.0, etc), des segments de marché (startups, PME, ETI, grands groupes) et des solutions divers, je ne reste jamais dans ma zone de confort et suis constamment amenée à acquérir de nouvelles connaissances. L’équilibre entre les tâches opérationnelles et le travail intellectuel exige une forte capacité en organisation et gestion de temps. La communication quotidienne avec les décideurs d’entreprise requiert un sens aigu des affaires et une perspicacité sur les enjeux implicites. Pour quelqu’un qui n’a jamais eu de formation en business management, je peux dire que c’est une véritable aventure et une expérience extrêmement formatrice !

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'affaires Publiques, et plus particulièrement la spécialité Administration publique, envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ?  

La spécialité Administration publique m’a permis d’avoir une perspective macroscopique et de politique publique sur les sujets que j’aborde avec les décideurs d’entreprise, ce qui me permet d’engager des conversations intéressantes avec ces derniers sur les nouvelles réglementations, les enjeux de protection des données et de réduction de l’empreinte carbone. Si la formation en administration publique semble assez éloignée de mon travail, elle m’a permis de développer des capacités d’analyse, de synthèse et d’argumentation, une habileté en communication et en networking ainsi qu’une éthique de travail importante que je mets en pratique tous les jours dans ma vie professionnelle. 

Auriez-vous un conseil à donner à un ou une étudiant(e), futur jeune diplômé(e) ?

Ne jamais se limiter ou s’autocensurer. Bien qu’on vous demande de faire des choix et de poursuivre un projet professionnel cohérent, il faut se donner le temps, la liberté et le courage de se découvrir, de saisir plusieurs opportunités et d’explorer les possibilités, que ce soit dans le secteur public ou privé, en France ou à l’étranger. N’ayez pas peur de vous tromper, d’échouer ou de changer de voie. Profitez de chaque expérience, élargissez vos horizons et poursuivez vos passions !

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Fanny Cornet, promotion 2019

Du Master politiques publiques, spécialité Sécurité et défense, au poste de Responsable sûreté et lutte contre la fraude du groupe Monoprix
  • Fanny Cornet © Godefroi BellouardFanny Cornet © Godefroi Bellouard

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ? 

J’ai eu la chance d’avoir des parents expatriés. À mes 9 ans, nous sommes partis de France pour vivre à São Paulo, au Brésil pendant trois ans, puis nous avons continué notre route à Mexico, au Mexique, pendant cinq ans, où j’ai passé mon bac au lycée franco-mexicain (LFM). J’ai été admise à Sciences Po et suis rentrée en France, à Poitiers pour réaliser mon Bachelor sur le campus euro-latino-américain. Durant la troisième année à l’étranger, j’avais soif de concret et d’être davantage sur le terrain. J’ai donc réalisé deux stages, le premier en Ambassade de France à Brasilia, et le second à l’Institut Français Culturel de Côte d’Ivoire à Abidjan. 

Ayant un intérêt tout particulier pour le domaine de la sécurité, je suis rentrée à Paris et ai choisi le Master politiques publiques, spécialité Sécurité et défense de l’École d'affaires publiques à Sciences Po. Nous étions la toute première promotion de cette spécialité !

Fraîchement diplômée, j’ai intégré un cabinet de conseil en sécurité publique dans lequel je suis restée deux ans. Je réalisais des Études de Sûreté et de Sécurité Publique pour les collectivités locales comme pour les groupes privés. Puis, j’ai souhaité me diversifier et je travaille désormais pour le groupe Monoprix en tant que Responsable sûreté et lutte contre la fraude.

Quelles ont été les étapes majeures de la construction de votre projet professionnel ? 

La construction de mon projet professionnel s’articule autour de plusieurs étapes.

J’ai toujours été intéressée par les relations internationales, l’histoire, la sûreté et la sécurité. Lors de la réalisation de travaux « libres », j’ai toujours choisi des projets autour de thématiques d’actualité et en lien avec l’insécurité : narcotrafic, mafias, terrorisme, sécurité et tranquillité publique, industries de défense... Mon projet s’est peu à peu concrétisé et à la suite de mon stage en Mission de Défense, la spécialité Sécurité et défense du master est devenu mon premier choix. 

Enfin, le côté pratique de l’apprentissage a occupé une place très importante. Les emplois saisonniers et les stages m’ont aidé à découvrir des métiers, faire des rencontres et apprendre la valeur de l’argent. Ils m’ont permis d’affiner mon projet professionnel et persévérer.

Quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui en tant que Responsable sûreté et lutte contre la fraude chez Monoprix ?   

Il n’existe pas de journées types dans mon poste, chaque journée est très différente ! Mes débuts au sein du groupe ont été difficiles car je suis arrivée dans l’entreprise en pleine crise covid. Et je suis également passée d’une PME de 20 personnes à un groupe de plus de 20 000 collaborateurs ! Cette expérience a donc été un beau challenge ! Dans mes fonctions, je m’occupe principalement de la lutte contre la fraude interne et externe, à l’échelle nationale. Les fraudes concernent en général des vols de marchandises et/ou du vol d’argent. Je mène donc des investigations et travaille en collaboration avec des huissiers de justice et les forces de l’ordre. Il existe aussi d’autres thématiques comme l’anti volage des produits, les dispositifs techniques (anti-intrusion, caméras…) et humains (sociétés de gardiennage) qui permettent de sécuriser nos magasins ainsi que les clients et les collaborateurs. 

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'affaires Publiques, et plus particulièrement la spécialité Sécurité et Défense, envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ?   

La formation de cette école et plus précisément de la spécialité est très variée et riche en contenu. La qualité première réside tout de même dans les intervenants. Les enseignants comme les acteurs ponctuels ont tous été d’une grande inspiration pour moi et disponibles, à l’écoute des élèves, même en dehors des cours. Ces intervenants ont transmis des informations importantes ainsi que leur expérience. 

Cette école offre également une possibilité aux élèves : quelle que soit votre spécialité, vous pouvez choisir des électifs dans d’autres spécialités de la même école. J’ai donc pu grâce à ce système participer à un cours sur les politiques de santé, et un second sur les politiques agricoles. J’ai donc pu m’enrichir dans d’autres domaines tout en confortant mon choix pour le domaine de la sécurité. 

Auriez-vous un conseil à donner à un ou une étudiant(e), futur jeune diplômé(e) ? 

Je pense que le conseil le plus important serait « soyez vous-mêmes ». La compétition est rude et il faut toujours se battre. Le travail est important mais les recruteurs cherchent le « petit plus » qui saura faire la différence, alors n’hésitez pas à être vous-mêmes, à en dévoiler un peu plus sur votre personnalité ou vos passions, à poser des questions. Et ayez confiance en vous, car même en période de doutes ne vous dévalorisez jamais ! Vous serez surpris du résultat…

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