Discussion sur la réforme des retraites avec Laurent Berger

Rencontre avec le secrétaire général de la CFDT le 7 février 2023
  • Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT © Anne Bruel/CFDTLaurent Berger, secrétaire général de la CFDT © Anne Bruel/CFDT

L'École d'affaires publique invite les étudiants, enseignants et salariés de Sciences Po à une rencontre exceptionnelle avec Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT le mardi 7 février 2023 à 19h15. Cette conférence, proposée en français, sera l'occasion d'échanger sur la réforme des retraites. Après la présentation de Laurent Berger, une large place sera réservée aux échanges avec les communautés de Sciences Po. 

La rencontre sera modérée par Philippe Martin, doyen de l'École d'affaires publiques, professeur d'économie au département d'économie de Sciences Po. 

Informations et inscriptions (réservé à l'interne aux étudiants, enseignants et salariés de Sciences Po)

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Enjeux et défis de la souveraineté européenne

Report de la conférence avec Laurence Boone
  • Laurence Boone, Secrétaire d'État chargée de l'Europe @MEAELaurence Boone, Secrétaire d'État chargée de l'Europe @MEAE

Suite à un conflit d'agenda, la conférence du 1er février 2023 est annulée et reportée à une date ultérieure. Les personnes inscrites à la conférence recevront l'information dès que possible, si une nouvelle date est proposée. 

L'École d'affaires publique invite les étudiants, enseignants et salariés de Sciences Po à la conférence « Enjeux et défis de la souveraineté européenne » le mercredi 1er février à 17h. Cette conférence, proposée en anglais, sera la séance d'ouverture du cycle intitulé "European Seminar", cycle de 6 conférences proposé dans le cadre du Master affaires européennes et qui donne la parole à des personnalités importantes de l'Europe (Ministre, députés européens, commissaires...). 

A propos de la conférence

Enjeux et défis de la souveraineté européenne

Notion désormais centrale dans le débat public européen, la souveraineté européenne demeure parfois le lieu d’incompréhensions. Elle s’avère pourtant indispensable pour cerner les enjeux et les défis qui pèsent aujourd’hui sur l’Union européenne. C’est en mettant en œuvre un agenda de souveraineté qu’elle pourra préserver l’unité du continent européen, s’affirmer comme une puissance géopolitique à part entière et renforcer le sentiment d’appartenance des citoyens au projet européen.

Invitée : Laurence Boone, secrétaire d'État chargée de l'Europe

Modérateur : Olivier Rozenberg, professeur associé à Sciences Po (CEE), conseiller scientifique du Master affaires européennes.

> Informations et inscriptions (réservé à l'interne aux étudiants, enseignants et salariés de Sciences Po)

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Connaissez-vous le parcours recherche de l’École d’affaires publiques ?

  •  Une étudiante prenant un livre à la bibliothèque © Marta Nascimento/Sciences Po Une étudiante prenant un livre à la bibliothèque © Marta Nascimento/Sciences Po

L’École d’affaires publiques (EAP) offre deux possibilités aux étudiants qui sont intéressés par la recherche :

1) Les étudiants de Master 2 peuvent choisir d’écrire un mémoire dans le cadre de leur semestre hors-les-murs au semestre 4 (quatre options leurs sont proposées : mémoire, stage, échange universitaire et projet personnel) ;

2) Les étudiants de Master 1 qui sont déjà attirés par la recherche et qui souhaitent approfondir leurs compétences dans ce domaine peuvent suivre un parcours approfondi, dès la 1ère année de Master, intitulé le parcours recherche (ou research track en anglais)

PARCOURS “CLASSIQUE” : L’OPTION MÉMOIRE EN M2

Afin de répondre à une demande croissante des étudiants souhaitant approfondir un sujet de leur choix, acquérir des compétences analytiques approfondies et se familiariser avec la méthodologie de la recherche, l’EAP propose à ceux qui le souhaitent de consacrer leur dernier semestre de formation à la rédaction d’un mémoire de master, tout en bénéficiant d’un accompagnement méthodologique. Chaque année, une quarantaine d’étudiants de Master 2 choisissent cette modalité de semestre hors-les-murs (semestre 4).

PARCOURS APPROFONDI : “PARCOURS RECHERCHE” DÈS LE M1

Les étudiants en 1ère année de Master cherchant à développer leurs compétences en matière de recherche en sciences sociales, voire envisager une carrière académique peuvent rejoindre le parcours recherche. 

Réservé à une dizaine d’étudiants sélectionnés chaque année sur dossier, ce parcours s’appuie sur un partenariat avec le Master en science politique de l’École de la Recherche de Sciences Po. Il propose un programme hybride entre ces deux écoles qui permet notamment aux étudiants sélectionnés de suivre dès le semestre 2 des cours théoriques, des cours d’analyse quantitative et qualitative et des ateliers de méthodologie de la recherche. Les étudiants rédigent un mémoire de recherche (plus long que celui attendu dans le cadre du parcours classique) qu’ils peuvent soutenir devant un jury élargi leur permettant de postuler à un financement de thèse à Sciences Po.

Durant ce parcours, les étudiants restent inscrits à l’EAP et obtiennent le diplôme de cette seule école.

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PrépaConcours : les résultats exceptionnels de nos étudiants aux concours administratifs !

  • Etudiants en épreuve écrite © AimPix/ShutterstockEtudiants en épreuve écrite © AimPix/Shutterstock

La préparation aux concours administratifs français permet aux étudiants en cours de Master 2, étudiants déjà diplômés ou encore étudiants externes de suivre une formation d’un an pour se présenter aux concours de la haute fonction publique (INSP, Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, Banque de France, Affaires maritimes, INET, EHESP…). L’offre pédagogique associe des enseignements, des entraînements et un accompagnement personnalisé et elle constitue aujourd’hui une référence en France pour intégrer la haute fonction publique. 

En témoignent une nouvelle fois les résultats exceptionnels de nos étudiants aux derniers concours : 

  • INSP (ex-ENA) : 80% des admis sont issus de Sciences Po, soit 37 admis sur 46 places au concours externe et au concours Talents. Parmi nos lauréats, nous comptons 43% de femmes et 24% de boursiers et 2 sont issus de notre Prépa Talents. 
  • INET, Administrateur territorial : 60% des admis sont issus de Sciences Po. Parmi nos lauréats, nous comptons 55% de femmes, 27% de boursiers et 3 sont issus de notre Prépa Talents. 
  • EHESP, Directeur d'hôpital : 24% des admis sont issus de Sciences Po 
  • Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, Administrateur de l'Etat "Orient" : 100% des admis sont issus de Sciences Po
  • Assemblée Nationale, Administrateur-adjoint : 58% des admis sont issus de Sciences Po
  • Sénat, Administrateur : 80% des admis sont issus de Sciences Po
  • Banque de France, Cadre de direction : 26% des admis sont issus de Sciences Po 
  • Affaires Maritimes, Administrateur : 56% des admis sont issus de Sciences Po
  • Ville de Paris, Attaché : 46% des admis sont issus de Sciences Po

Au total, Sciences Po compte 130 lauréats issus de ses rangs dans près de 15 concours administratifs. Cette réussite témoigne de la qualité et du savoir-faire de notre préparation aux concours administratifs. Elle reflète par ailleurs la diversité du corps étudiant de Sciences Po tant en termes d'équilibre femme/homme, avec une quasi parité de nos lauréats à l'INSP et l'INET, que d’ouverture sociale, un engagement renforcé par la création de notre Prépa Talents dont 11 élèves de la première promotion ont réussi des concours variés (INSP, INET, EHESP, MEAE). Enfin, nous pouvons nous réjouir de la diversité des origines académiques de nos lauréats : ils proviennent pour certains du Collège Universitaire, d’autres nous ont rejoint en Master et enfin un dernier groupe a intégré directement la PrépaConcours suite à une formation dans une autre institution. 

Bravo à tous les lauréats !

Mathias Vicherat, directeur de Sciences Po, félicitant quelques lauréats (décembre 2022) © Thomas Arrivé/Sciences Po

Mathias Vicherat, directeur de Sciences Po, félicitant quelques lauréats (décembre 2022) © Thomas Arrivé / Sciences Po 

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Transformer l’action publique, mieux préparer ceux qui la conduisent

Conférence exceptionnelle avec Stanislas Guerini le 25 janvier 2023
  • Stanislas Guerini © Ministère de la Transformation et de la Fonction publiquesStanislas Guerini © Ministère de la Transformation et de la Fonction publiques

Pour ouvrir le semestre de printemps, l'École d'affaires publiques aura l'honneur d'accueillir Stanislas Guerini, Ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, le mercredi 25 janvier 2023 de 19h15 à 20h45

Chargé d’une grande réforme sur l’attractivité de la fonction publique attendue pour cette année, le ministre de la Transformation et de la Fonction publiques reviendra sur ses priorités en la matière et l’action du Gouvernement pour renforcer l’accessibilité des services publics sur tous les territoires.

Stanislas Guerini répondra également aux questions de celles et ceux qui envisagent une carrière dans la haute fonction publique, et ce quelques semaines après l’annonce d’une nouvelle étape dans la réforme de la haute fonction publique présentée par le Président de la République.

Une large part de la conférence sera consacrée aux échanges avec les étudiants qui auront la possibilité de lui poser un grand nombre de questions.

Déroulé

  • Discours d'accueil de Mathias Vicherat, Directeur de Sciences Po et Philippe Martin, Doyen de l'École d'affaires publiques (10')
  • Présentation de Stanislas Guerini (15')
  • Échanges avec les étudiantes et les étudiants (60')

inscriptions

Événement ouvert à l'interne (étudiants, enseignants et salariés de Sciences Po). 

Crédit photo: © Ministère de la Transformation et de la Fonction publiques

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3 questions à Isabelle de Silva, conseillère scientifique de la spécialité Administration publique

  • Isabelle de SilvaIsabelle de Silva

Isabelle de Silva, haut fonctionnaire, conseillère d’Etat a occupé des postes variés dans l’administration et au sein du Conseil d’Etat. Elle a ainsi été membre puis présidente de l’Autorité de la concurrence jusqu’à fin 2021, et a placé son mandat sous le signe des sujets numériques. Au sein du Conseil d’Etat elle a notamment été commissaire du gouvernement et présidente adjointe de la Section sociale, et a été nommée en mai 2022 présidente de la sixième chambre du Conseil d’Etat. Spécialiste des questions d’environnement et d’urbanisme, elle a également occupé les fonctions de Directrice des affaires juridiques du ministère de l’écologie et du développement durables. Elle a enfin occupé les fonctions de rapporteur adjoint au Conseil constitutionnel et de commissaire du gouvernement près le Tribunal des conflits. Elle est ancienne élève d’HEC, de l’ENA, titulaire d’une licence de Philosophie de l'Université Paris I Sorbonne et du diplôme de la Community of European Management Schools. Elle est professeur associé à l'École d'affaires publiques (EAP) depuis novembre 2022 et conseillère scientifique de la spécialité Administration publique. Elle succède ainsi à Bernard Stirn.

Pour quelles raisons avez-vous accepté de devenir professeur-associé au sein de l'EAP ?

Cela faisait un long moment que les fonctions de professeur associé me tentaient, afin de retrouver le contact avec les étudiants et de pouvoir transmettre la connaissance du droit acquise par mes fonctions. La proposition qui m’a été faite de rejoindre l’EAP est venue à point nommé car j’occupe à présent des fonctions qui sont compatibles avec cette mission. J’ai été particulièrement honorée de cette proposition, car le prestige de l’Ecole d’affaires publiques n’est plus à démontrer, et la diversité des parcours qu’elle offre me paraît correspondre parfaitement à mes expériences passées : les champs de l’administration, de l’action ministérielle, du contentieux, de la régulation, des affaires européennes me sont familiers par les postes que j’ai pu occuper, et au cœur des enjeux actuels de la société.

Vous êtes aujourd'hui  la conseillère scientifique de la spécialité Administration publique dont l'attractivité ne se dément pas puisqu'elle accueille plus de 300 étudiants cette année, parmi lesquels un certain nombre se destine à la fonction publique. Quels sont les sujets sur lesquels vous souhaitez travailler durant les mois qui viennent ? 

La spécialité « Administration publique » est une institution ancienne, qui a formé des générations d’étudiants, mais qui a su parfaitement se renouveler pour s’adapter aux transformations de Sciences Po et aux nouvelles aspirations de ceux qui la rejoignent aujourd’hui. Elle accueille des étudiants qui ont des parcours universitaires d’excellence et qui recherchent à la fois la transmission des savoirs fondamentaux dans les domaines du droit, de l’économie, des questions sociales ou de la science administrative, mais aussi l’ouverture sur l’Europe, le monde, et les nouveaux enjeux tels la transition écologique. Mon souhait est de poursuivre le travail remarquable effectué ces dernières années par Bernard Stirn, qui a constitué une équipe pédagogique particulièrement solide et chevronnée, en m’attachant, avec les responsables de l’EAP, à anticiper les évolutions nécessaires. A cet égard, la transformation de la fonction publique, avec les réformes en cours de l’encadrement supérieur, sera un point d’attention. De même, la prise en compte des enjeux climatiques et de la révolution numérique sont des évolutions de long terme qui doivent être reflétées dans les enseignements de l’école. Et il est important qu’à côté des disciplines centrales qui font la réputation de l’Ecole, les étudiants puissent trouver des enseignements plus spécialisés répondant à leurs centres d’intérêts et aux débouchés qu’ils privilégient.

Vous allez enseigner un cours sur la régulation des plateformes numériques au printemps 2023. Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

Après avoir consacré une large part de mon mandat de présidente de l’Autorité de concurrence aux enjeux numériques, il m’a semblé intéressant de proposer aux étudiants de l’EAP une vision d’ensemble de la régulation des plateformes numériques, qui analyse tous les outils aujourd’hui mis en œuvre - droit de la concurrence, protection de la vie privée, régulation des contenus - et ceux qui le seront demain : Digital Markets Act et Digital Services Act notamment. L’idée de cet enseignement est de donner aux étudiants une connaissance experte de ces sujets, mais aussi de nourrir, plus largement, une réflexion sur l’efficacité des différents modes et systèmes de régulation. Comment définir l’objectif d’une régulation, quelle architecture institutionnelle, comment mesurer son efficacité ? La régulation européenne peut-elle inspirer le reste du monde ? Ces questions sont essentielles pour des futurs décideurs publics, mais aussi pour ceux qui envisagent une carrière dans le secteur privé, car aujourd’hui l’action des grandes plateformes numériques a une influence qui transcende les secteurs, et affecte autant la vie économique que la vie publique. Ce projet me motive beaucoup, et j’espère qu’il sera utile aux étudiants !

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Les frères Dardenne à l'École d'affaires publiques

Retour sur la Masterclasse Culture du 28 septembre 2022
  • Jean-Pierre et Luc Dardenne © Christine PlenusJean-Pierre et Luc Dardenne © Christine Plenus

Le 28 septembre 2022, dans le cadre des Masterclasses Culture de l’École d’Affaires Publiques, Sciences Po a accueilli les frères réalisateurs belges Jean-Pierre et Luc Dardenne à l’occasion de la sortie de leur dernier film Tori et Lokita, ainsi que le critique de cinéma Jean-Michel Frodon et le PDG de la maison de distribution Diaphana Michel Saint-Jean. Cette rencontre a été l’occasion de comprendre comment monter, créer, et diffuser un film social aujourd’hui en compagnie d’artistes et professionnels du secteur cinématographique. 

L’ÉCRITURE, LA RÉALISATION ET LA DISTRIBUTION DE TORI ET LOKITA 

Jean-Pierre et Luc Dardenne nous ont d’abord décrit le travail d’écriture et de réalisation de Tori et Lokita. Avant même d’écrire le film, ils savaient qu’ils raconteraient l’histoire d’amitié de deux jeunes migrants, mus par la conviction que l’amitié est essentielle lors de telles épreuves, car elle permet de garder des relations de confiance tout en étant loin de chez soi. Les réalisateurs ont ensuite écrit leur film en le pensant comme un acte de résistance contre le discours dominant dans notre société. Pour cela, ils se sont documentés sur les situations vécues par des immigrés en Belgique. Cette étape a été primordiale dans le processus de création : les réalisateurs ont bénéficié de contacts avec la police pour obtenir des renseignements sur le milieu du trafic de stupéfiants et d’armes. Ils ont également rencontré des directeurs et directrices de centres d’accueil de migrants en Belgique et ont appris les rouages administratifs de l’accueil des mineurs exilés non-accompagnés dans un numéro dédié à la question dans la Revue de l’enfance et de l’adolescence. Les deux artistes nous expliquent enfin que leur scénario est né et s’est structuré à partir de l’écriture des personnages principaux. Pour Luc Dardenne, le film n’est né que lorsque Tori et Lokita ont commencé à exister.  

Un moment central de la rencontre a été le développement passionnant des deux frères sur la mise en scène de leurs œuvres. Ils restent fidèles à plusieurs principes qu’ils répliquent de plateaux en plateaux : ils filment les scènes dans la continuité, c’est-à-dire en suivant l’ordre narratif du scénario, conservent les décors tout au long de la durée du tournage (jusqu’à deux mois et demi), organisent des semaines de répétition dans les décors même inachevés, entre eux deux ou avec les actrices et acteurs, qu’ils soient professionnels ou pas, et filment en de longs plans-séquence (un plan dans Tori et Lokita dure sept minutes).  

Du côté de la distribution, Michel Saint-Jean nous a présenté son métier qui constitue le dernier maillon de la chaîne de production d’un film. La question fondamentale que tout distributeur doit se poser est de savoir pourquoi tel film en particulier doit être distribué. Il est néanmoins appelé à intervenir à diverses étapes de la création du film : il relit le scénario que les Frères Dardenne lui envoient, s’occupe de la création de l’affiche, du choix de la date de sortie et du nombre de copies du long-métrage à fournir. En ce qui concerne Diaphana, Michel Saint Jean a la particularité de ne distribuer que des films qu'il aime fondamentalement ou qui interrogent le monde dans lequel on vit. Il dit aussi aimer créer des compagnonnages artistiques sur le long terme, comme avec les frères Dardenne ou Ken Loach. 

LA SINGULARITÉ DU CINÉMA DES FRÈRES DARDENNE : QU’EST-CE QU’UN CINÉMA SOCIAL ET POLITIQUE ? 

Qu’est-ce qu’un artiste engagé ? Luc Dardenne déclare qu’un film est politique dès lors qu’il s’intéresse à un individu. « Si l’on parvient à filmer l’individu, on est déjà engagés par rapport à la massification. » L’art s’intéresse aux individus, aux détails, aux choses vivantes, et pour Jean-Pierre Dardenne, leur engagement en tant que cinéastes est de rester à la hauteur des personnages sans les prendre pour des objets d’études. Bien que « le sens émerge de la matière », il ne faudrait pas pour autant se servir des personnages pour produire un discours, aussi bienveillant soit-il.

Quand nous interrogeons les deux artistes sur ce qui fait la spécificité de leur cinéma social, Jean-Pierre Dardenne répond par une simple citation du dramaturge napolitain Eduardo de Filippo : « Si tu cherches le style, tu trouves la mort. Si tu cherches la vie, tu trouves le style. » Ils reconnaissent que le passage par la réalisation de films documentaires leur a permis d’apprendre leur métier du point de vue technique, puis quand ils se sont rendu compte qu’ils commençaient à accorder une grande importance à la mise en scène, ils se sont finalement tournés vers la fiction. Par ailleurs, les deux frères soulignent que le façonnement  de leurs personnages est influencé par les différents portraits qu’ils ont pu créer dans leurs films documentaires. Ainsi, ces personnages existent avant, pendant et après leur passage à l’écran.

Masterclasse Culture avec les frères Dardenne du 28 septembre 2022 © CD/Sciences Po

Jean-Michel Frodon souligne qu’il s’agit ici du cœur du travail de l’artiste engagé. Il voit le cinéma des Dardenne comme porteur de mouvement, de pensée et de sensibilité. Leur cinéma interroge la question du vivre ensemble à partir d’histoires singulières et cherche les possibilités de créer un espace commun. Il identifie par ailleurs dans Tori et Lokita deux singularités : la simplicité du film et l’exploration du genre de l’aventure. Les deux jeunes gens vivent des aventures mais inscrites dans la réalité, sans tout autant tomber dans le buddy movie hollywoodien, souvent construit autour d’amitiés masculines. Le dernier film des Dardenne propose un tandem inhabituel : un duo fusionnel et combatif formé par un petit garçon et une adolescente. Selon le critique de cinéma, cette histoire amicale originale suggère la puissance de créativité, d’inventivité, de courage et de force unique qui ne pourraient exister dans d’autres situations. 

LE CINÉMA FRANÇAIS EN CRISE ? DES SALLES VIDES À LA PRISE EN COMPTE DE LA QUESTION ÉCOLOGIQUE 

L’industrie du cinéma français fait face à une crise de fréquentation des salles sans précédent. Michel Saint-Jean, directeur de Diaphana, nous alerte sur la gravité de la situation : le cinéma français vit son moment le plus difficile depuis 1895, date de la première séance de cinéma dans une salle Boulevard des Capucines à Paris. La Taxe de Solidarité Additionnelle (TSA), taxe sur les billets de cinéma, est le fond de soutien de tout l’écosystème de l’industrie cinématographique française et la chute de ventes de billets ébranle sa pérennité. Son fonctionnement repose sur un seuil de fréquentation des salles d’environ 200-220 millions d’entrées par an. Or, depuis la crise du covid, le nombre d’entrées a chuté de 30 à 40%, atteignant un niveau moyen de 140-150 millions entrées par an. Michel Saint-Jean nous déclare que nous devons inventer et distribuer plus intelligemment. L’urgence absolue est de faire revenir le public en salle, mais le distributeur admet que les prix exorbitants des tickets de cinéma posent un immense problème. 

Jean-Michel Frodon martèle l’importance de proposer des politiques culturelles innovantes afin de continuer à découvrir, penser et à comprendre notre monde grâce au cinéma. La façon dont elles sont dessinées aujourd’hui est selon lui l’explication principale de la crise structurelle que l’industrie du cinéma français traverse. Le simple subventionnement n’est plus une politique suffisante d’aide à la création et à la diffusion.  

La dernière question que nous avons posée à nos quatre invités s’est révélée épineuse. Qu’en est-il de la transition écologique dans la production et distribution cinématographique en France ? Michel Saint-Jean, un peu interdit, nous confesse que le sujet l’interpelle en tant que spectateur et citoyen, mais pas réellement en tant que distributeur. Jean-Michel Frodon élabore en nous apprenant que le CNC a tout récemment publié une directive imposant un nouvel encadrement pour la consommation d’énergie et d’électricité dans les salles de cinéma. Il regrette pourtant que cette politique ne soit que « cosmétique », et rappelle qu’un des enjeux écologiques majeurs du cinéma demeure l’empreinte environnementale des festivals internationaux. Des milliers de visiteurs traversent le monde en avion pour quelques jours à Cannes, Venise, New York ou Toronto, donc la question subsiste : comment concilier ces moments importants dans la vie du cinéma mondial et sa transition écologique ?

Quant à Jean-Pierre et Luc Dardenne, ils ont même évoqué la possibilité de réaliser un film sur un réfugié climatique et reconnaissent que des aberrations écologiques sont encore courantes sur les plateaux de tournage, entre l’abondance des bouteilles d’eau en plastique et la multitude de véhicules motorisés utilisés. 

La première Masterclasse Culture de l’année 2022-2023 à l’École d’affaires publiques a offert aux étudiantes et étudiants de Sciences Po le privilège d’écouter des professionnels et artistes parler d’industrie du cinéma, de politiques culturelles, de cinéma et d’art à un moment où le cinéma français subit une profonde crise. Le mot de la fin d’Eléné, moment phare de la rencontre, a secoué de rire la salle comme les frères Dardenne. Notre camarade a rendu un joli hommage au film par l’évocation de la ritournelle “Alla Fiera dell’Est” que chantent en chœur Tori et Lokita mais qu’elle se refuse à fredonner, puis a rappelé à l’assemblée la lourde tâche dont nous ont chargés les quatre invités : tout simplement « sauver le cinéma français » et créer de nouvelles politiques culturelles ambitieuses, « pas seulement en donnant des sous », en faisant référence à l’inefficacité des politiques de subvention pointées par Jean-Michel Frodon. Le discours d’Eléné, tendre et incisif à la fois, a permis de clôre en beauté la première Masterclasse culture de l’année 2022-2023 : aux institutions en charge des politiques culturelles ainsi qu’aux actrices et acteurs même de l’industrie du cinéma incombe la responsabilité d’affronter la crise structurelle rencontrée par le cinéma tout en proposant des projets cinématographiques ambitieux qui se confrontent eux aussi aux fractures économiques, politiques et sociales de notre société. 

Article rédigé par des étudiants de la spécialité Culture de l'École d'affaires publiques : Liv-Ophélie Forsans, Louise Hottinguer, Louise Leport, Romane Levi, Eléné Pluvinage et Maya Soler.

Projection privée organisée pour les étudiants le 28 septembre au matin au cinéma Le Silencio des Prés © CD/Sciences Po

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Uma Kalkar, promotion 2022

Du Master politiques publiques, double diplôme avec l'Université de Toronto, spécialité Digital, New Technology and Public Policy, au poste de chercheure à GovLab
  • Uma Kalkar © Amanda BurnsUma Kalkar © Amanda Burns

Pouvez-vous DÉCRIRE VOTRE PARCOURS UNIVERSITAIRE ET PROFESSIONNEL ?

Après avoir appris ce qu'étaient les "wicked problems" au cours de ma première année d'études, j'ai su que je voulais contribuer à la création de politiques utiles et positives. J'ai obtenu un baccalauréat en sciences avec mention de l'Université de Toronto, avec une majeure en études sur la paix, les conflits et la justice et une double mineure en biologie et en mathématiques. 

Pendant mes études à l'Université de Toronto, j'ai obtenu un poste d'assistante de recherche au département d'informatique avec le professeur émérite Ronald Baecker pour soutenir son livre, Computers and Society: Modern Perspectives (Oxford University Press, 2019). Grâce à cette recherche, j'ai compris l'importance de construire des outils technologiques éthiques et responsables et le besoin urgent d'étudier l'impact des outils numériques dans de multiples secteurs.  

En 2019, j'ai été l'un des trois étudiants de la Munk School sélectionnés pour représenter l'Université de Toronto en tant que boursier présidentiel au Center for the Study of the Presidency and Congress à Washington, DC. Grâce à cette bourse d'un an, j'ai mené une recherche quantitative sur la corrélation entre l'accès à Internet et la partisanerie américaine dans les districts urbains et ruraux du Congrès. Cette recherche, intitulée "Digital Fault Lines : An Examination of Internet Inequality in the United States" a reçu le prix David M. Abshire et a été publiée dans la Fellows Review.

Pendant mon premier cycle, Sciences Po et la Munk School of Global Affairs and Public Policy ont lancé un programme de double diplôme de master. Ayant passé 12 ans à perfectionner ma maîtrise du français tout en grandissant entre les États-Unis et le Canada, j'ai été attirée par l'opportunité unique d'étudier dans deux écoles de classe mondiale et d'acquérir une perspective transatlantique sur les pratiques politiques et la recherche en développement social. 

À Sciences Po, j'ai découvert par hasard les travaux du GovLab sur l'intelligence collective et le gouvernement ouvert dans le cadre du cours "Updating Democracy // Rebooting the State" dispensé par Mauricio Mejía. J'ai commencé à suivre leurs travaux et à entrer en contact avec les GovLabbers actuels pour en savoir plus sur leurs recherches. J'ai rejoint en janvier 2020 le programme de recherche sur les données du GovLab en tant que stagiaire de recherche diplômée, et en juin 2022, je suis passée à un poste de chercheur à temps plein dans l'équipe. En plus de mon travail à GovLab, je suis directrice de la stratégie et de l'innovation de 18by Vote, le seul organisme à but non lucratif américain qui se concentre exclusivement sur l'augmentation des opportunités civiques parmi les électeurs "en devenir" (les jeunes âgés de 15 à 19 ans).

QUELLES ONT ÉTÉ LES PRINCIPALES ÉTAPES DANS LE DÉVELOPPEMENT DE VOTRE PARCOURS PROFESSIONNEL ?

Les principales étapes qui m'ont conduit à mon travail au GovLab aujourd'hui peuvent être attribuées à trois pratiques : explorer la recherche et le développement professionnel en dehors de mes cours ; travailler sur des projets de groupe ; et utiliser ces techniques pour acquérir la confiance et le savoir-faire nécessaires pour lancer des projets ambitieux. 

À l'école, j'ai exploré différents types de méthodes de recherche, de l'analyse documentaire à l'exploration de données, dans les domaines de l'histoire, de l'écologie, de l'informatique et de l'économie. En dehors de l'école, j'ai travaillé dans le monde de l'entreprise, dans une société de mathématiques et de technologie basée à Toronto. À Paris, j'ai expérimenté le travail pour une organisation internationale en tant que stagiaire en transformation stratégique au bureau du directeur général de l'UNESCO, unité de transformation stratégique. Ces opportunités m'ont aidé à devenir la généraliste que je suis aujourd'hui, en adoptant une approche globale des problèmes de politique publique. De plus, j'ai bénéficié du mentorat de professeurs et de praticiens, j'ai construit mes relations professionnelles et j'ai enrichi mon expérience professionnelle. 

Au cours des deux masters, les projets de groupe m'ont aidé à développer mes compétences en matière de leadership et de travail en équipe, afin d'affiner les forces individuelles pour un impact maximal de la collaboration. Dans le cadre d'un projet pour le cours de Barbara Ubaldi "Digital & Innovative Government" à Sciences Po, mon équipe a appliqué les processus de gouvernement ouvert pour concevoir une stratégie de distribution fluide de l'aide COVID-19 à Paris. Pour le projet capstone réalisé à la Munk School, j'ai aidé à effectuer une analyse thématique afin de formuler des recommandations stratégiques pour une société d'investissement de Toronto qui cherchait à s'engager auprès des nouveaux groupes démographiques de personnes très fortunées. 

L'acquisition de ces compétences m'a permis de piloter de manière constructive 18by Vote avec deux de mes amies, Jazmin Kay (Deloitte) et Ava Mateo (18by Vote). J'ai utilisé mes connaissances en matière de recherche et de politique par méthodes mixtes pour concevoir des initiatives d'engagement civique dirigées par des jeunes. Par exemple, j'ai réutilisé l'analyse de régression multiple que j'ai utilisée pour ma bourse présidentielle et mon mémoire d'études pour exploiter les données sur la démographie locale et les taux de vote afin de cibler des communautés hyperlocalisées qui sont classées comme des " déserts civiques ", ou des zones manquant d'opportunités d'engagement civique, pour construire une action civique soutenue par les jeunes locaux. 

Depuis 2020, 18by Vote a accueilli deux classes de Civic Engagement Fellows qui mettaient en vedette 50 jeunes à travers 20 districts du Congrès pour construire des communautés locales d'autonomisation civique parmi les jeunes électeurs. En 2022, 18by Vote a lancé un programme Civic Hub qui crée des opportunités civiques à long terme dans six États battleground confrontés à de multiples déserts civiques. Notre travail a été présenté dans The Daily Show with Trevor NoahCIRCLE, et d'autres. Nous avons réussi à toucher plus de 1,6 million de personnes pour favoriser une culture de l'action civique et du vote.  

En arrivant au GovLab avec un bagage généraliste et entrepreneurial, j'ai pu acquérir une perspective sur la façon dont les processus de gouvernance fonctionnent dans les secteurs public, privé et de la société civile, et apprendre à former des partenariats ciblés avec des donateurs, des détenteurs de données et des parties prenantes communautaires pour créer un changement social efficace et durable.

QUELLES SONT LES PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES DE VOTRE POSTE AU SEIN DE GOVLAB ?

Le Govlab est un centre de recherche-action, ce qui signifie que nous réfléchissons aux pratiques actuelles de gouvernance des données et cherchons des moyens de prototyper de nouvelles méthodes de gouvernance et/ou de données pour faire progresser le bien social. En tant que GovLabber, je travaille avec une multitude de partenaires du secteur privé, d'organisations internationales et de gouvernements dans plusieurs domaines, notamment la durabilité des systèmes alimentaires, la mobilité urbaine, les technologies de la paix, le genre et la migration. La nature interdisciplinaire du travail exige de comprendre les stratégies de gouvernance existantes d'un point de vue multipartite et de mettre en œuvre des processus pratiques pour développer des produits minimum viables qui favorisent les bonnes pratiques de gouvernance. Deux des nombreux aspects intéressants de mon travail sont qu'il n'y a pas deux semaines identiques et que j'ai l'occasion de travailler avec de nombreuses organisations et régions géographiques différentes ! 

Parmi les projets que j'ai menés, citons la délimitation du champ des approches de l'IA en matière de gouvernance locale (AI Localism), l'organisation de sessions en studio avec des experts de haut niveau pour voir comment rendre opérationnels de nouveaux concepts de gouvernance (Digital Self Determination for Migrants via the Big Data for Migration Alliance), et la cartographie thématique des domaines émergents où les données et la gouvernance des données jouent un rôle important (PeaceTech Topic Map dans le cadre du Global PeaceTech Hub). 

QUELS ONT ÉTÉ LES APPORTS DE VOS ÉTUDES À L'ÉCOLE D'AFFAIRES PUBLIQUES, NOTAMMENT LA SPÉCIALITÉ DIGITAL, NEW TECHNOLOGY AND PUBLIC POLICY, SUR LE POSTE QUE VOUS OCCUPEZ AUJOURD'HUI ?

Mon passage dans le programme de double diplôme, en particulier pendant mes études à Sciences Po, a eu un effet énorme sur l'obtention de mon poste à GovLab. 

L'École d'affaires publiques m'a permis d'explorer l'espace "tech for good" sous l'angle de la réglementation, de la politique et de la stratégie, et de la sociologie. Les cours fondamentaux, tels que "Analytical Approaches to Public Policy" (Approches analytiques de la politique publique), enseigné par Colin Hay, et "Quantitative Analysis and Empirical Methods" (Analyse quantitative et méthodes empiriques), enseigné par Jan Rovny, m'ont donné un aperçu complet de ce qu'est la politique publique et de la façon de mesurer l'impact social et politique de manière quantitative. 

En ce qui concerne plus particulièrement la spécialité " Digital, New Technology and Public Policy ", j'ai apprécié le fait que nombre de mes professeurs soient également des praticiens de l'OCDE et de la Commission européenne, et qu'ils m'aient donné un aperçu de la manière dont les politiques digitales sont réellement créées et comprises au niveau européen et international. En dehors des cours, j'ai eu l'occasion de participer à des offices hours et d'obtenir des conseils de ces professionnels sur le domaine de la politique en matière de numérique.  

En outre, je suis reconnaissante de tout ce que j'ai appris de mes camarades de classe. En tant que membre de l'Association de cybersécurité de Sciences Po, j'ai travaillé avec mes pairs pour organiser des événements sur la cybersécurité et rédiger des blogs et des articles sur l'état actuel de la cyberpolitique, ce qui m'a permis d'acquérir une compréhension collaborative, dirigée par les étudiants, des concepts de cours. Je suis fière de dire que le réseau de jeunes professionnels inspirants que j'ai développé à Sciences Po continue de rester soudé longtemps après la fin du programme du Master.

AVEZ-VOUS UN CONSEIL À DONNER AUX ÉTUDIANTS ACTUELS OU À UN FUTUR JEUNE DIPLÔMÉ ?

Soyez ambitieux. Le Master est l'occasion d'explorer de nouveaux domaines et de prendre des risques. Vos collègues et professeurs sont là pour soutenir vos aspirations et vos efforts. Prenez des cours de culture, rejoignez des clubs intéressants et laissez-vous aller ! Par exemple, le développement de projets parallèles ou l'approfondissement de vos travaux universitaires (par exemple, la soumission de travaux de classe à des revues) est un excellent moyen de développer votre répertoire universitaire et votre confiance en vous. 

Faites appel à votre programme et aux départements d'orientation professionnelle. Je suis extrêmement reconnaissante du soutien que j'ai reçu de ma responsable pédagogique, Léa Douhard, pour entrer en contact avec des experts en politique afin d'organiser des conférences et des événements spéciaux, ainsi que du personnel de Sciences Po Carrières et de leurs newsletters hebdomadaires sur les nouvelles opportunités. 

Réseau, réseau, réseau. L'un des points les plus importants de mon passage à Sciences Po a été la communauté diversifiée d'experts, de professeurs et d'amis que j'ai eu le plaisir de rencontrer. Ce sont les personnes de votre secteur d'activité qui vous aideront à briser la glace lors de la recherche de nouvelles opportunités. Restez en contact avec vos anciens professeurs et allez vers d'autres diplômés de Sciences Po pour construire votre communauté de professionnels sur laquelle vous pourrez vous appuyer pour progresser dans votre carrière. 

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Un jeu de rôle pour appréhender la coopération dans le monde du spatial

Focus sur une expérience pédagogique originale
  • Vue d’artiste d’une exoplanète © NASA, ESA, and G. Bacon (STScI)Vue d’artiste d’une exoplanète © NASA, ESA, and G. Bacon (STScI)

Une coopération très… spatiale ! Un jeu de rôle pour apprendre comment coopérer entre acteurs internationaux dans le cadre d’une mission spatiale internationale

« Explorer le monde au-delà de notre Terre – l’Europe peut-elle le faire seule ? » Tel était le thème de l’une des séances du cours « European Space Policy and Space Law ». Pour rendre plus concrète cette notion de coopération dans le monde du spatial, une simulation de négociations a été organisée, permettant à des étudiants de Master 1 et Master 2 de l'École d'affaires publiques d’endosser le rôle d’un expert au sein d’une agence spatiale, d’un scientifique en charge d’un instrument, ou encore d’un industriel chargé de réaliser le satellite d’une mission. Un exercice animé, et formateur !

Le pitch – une nouvelle planète et un potentiel scientifique inédit à explorer

Grande nouvelle ! Un groupe de scientifiques internationaux vient de découvrir une nouvelle planète, baptisée « 27RSG », située en dehors de notre système solaire. D'après les premières observations, « 27RSG » semble avoir des propriétés géologiques et atmosphériques très intéressantes. Des connaissances plus approfondies sur cette planète pourraient conduire à des découvertes très importantes sur notre propre planète Terre, et sur les conditions d'émergence de la vie. Par conséquent, il existe un intérêt international partagé pour mettre en place une nouvelle mission scientifique, afin d'atteindre et d'observer cette nouvelle planète, et d'effectuer une approche à sa surface. Il est temps pour les agences, les scientifiques et les industriels de se mobiliser pour cette mission, Scientific Probe for Infinite Planet Observation (S-PIPO).

L’exercice – défendre des positions tout en trouvant des compromis

Chaque étudiant s’est donc transformé en expert de l’ESA, en spécialiste des détecteurs de plasma, ou encore en ingénieur-technicien pour la construction du satellite de la mission… 25 rôles différents, et autant de positions à défendre, avec des convergences mais aussi des différences !

Avec quelques éléments de position initiaux, la première étape a consisté à répartir les rôles et les responsabilités de chacun, afin de bien comprendre les différents acteurs autour de la table des négociations.

Schéma de répartition des responsabilités pendant la simulation

Malheureusement, la vie d’une mission spatiale n’est pas un long fleuve tranquille, et nombreux sont les imprévus (catastrophe naturelle, crise sanitaire et ses répercussions économiques, problèmes techniques, contraintes juridiques et protestations sociales…). Chaque acteur a donc dû s’adapter, faire preuve de compromis… mais aussi parfois de conviction pour rallier des partenaires à ses positions.

Des étudiants au travail !

Le retour d’expérience – de l’importance de bien communiquer

Une bonne nouvelle, tout d’abord, les négociations (parfois âpres !) ont permis de mener la mission à son terme – « S-PIPO » a vu le jour !

L’exercice a surtout mis en lumière l’importance d’une communication continue entre les différentes parties prenantes, pour éviter les erreurs d’interprétation, et aboutir à des accords endossés par tous. Dans le feu de l’action, il est parfois tentant de considérer certaines choses comme acquises là où elles méritent d’être clairement exprimées !

Par ailleurs, chacun a pu découvrir la diversité des positions et des points de vue parmi les acteurs impliqués dans la mission : une agence spatiale n’a pas toujours les mêmes priorités que les scientifiques de son pays, ni les mêmes contraintes que les industriels !

Ce jeu de rôle a pu enfin illustrer l’alliance, parfois subtile, à trouver entre le respect de ses positions, et la nécessité de trouver des compromis, pour progresser ensemble.

Article rédigé par Amélie Gravier, enseignante du cours European Space Policy and Space Law

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Ester Davanzo, promotion 2021

Du Master affaires européennes, spécialité Politics and Public Policy au poste de Chargée de mission communication à la Direction Générale des Entreprises au Ministère de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique
  • Ester Davanzo © Vincent BlocquauxEster Davanzo © Vincent Blocquaux

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

J’ai commencé mon parcours universitaire en Italie, avec une licence en Études internationales à l’Université de Trente. Pendant ces trois années, je me suis particulièrement intéressée aux affaires européennes et j’ai eu la possibilité de participer à plusieurs simulations du processus décisionnel de l’Union Européenne (Model European Union) partout en Europe : à Zagreb, Sofia, Tallin, Paris. J’ai également effectué un échange Erasmus à Valence, en Espagne, et j’ai ensuite décidé d’approfondir mes connaissances des liens entre l’Europe et l’Amérique latine en écrivant mon mémoire sur les relations entre l’UE et le Mercosur, à Buenos Aires. 

Suite à ma licence plutôt axée relations internationales, j’ai choisi de me spécialiser dans les affaires européennes, avec un master à l'École d'affaires publiques de Sciences Po.

Quelles ont été les étapes majeures de la construction de votre projet professionnel ?

J’ai commencé à regarder de plus près la communication quand, pendant mon master à Sciences Po, j’ai compris l’importance que celle-ci avait dans la politique, depuis toujours et en particulier de nos jours. J’ai ainsi enrichi mes études avec des cours en communication politique et numérique. J’ai également choisi d’effectuer ma deuxième année de master en apprentissage, en tant que chargée de communication digitale aux Ministères sociaux. Je m’occupais de la gestion éditoriale du site internet du ministère du Travail et de celui du ministère de la Santé, ce qui m’a permis de toucher du doigt la communication institutionnelle en ligne et en temps de crise, car il s’agissait de l’année 2020, au début de la crise de covid-19.

En parallèle, j’ai été ambassadrice des carrières européennes pour EPSO (European Personnel Selection Office) auprès des étudiants de Sciences Po. Dans mes missions, j’ai utilisé la communication via internet et l’organisation d’événements – essentiellement à distance, covid oblige – pour partager des informations et échanger des bonnes pratiques afin de commencer une carrière dans les institutions européennes. 

Une des étapes majeures de la construction de mon parcours professionnel a été mon expérience dans le secteur privé. S’agissant d’une petite structure, j’ai eu la possibilité de me confronter à une communication à 360° : des réseaux sociaux à l’organisation d’événements, des relations presse au développement communautaire. Cela m’a permis de monter en compétences et de comprendre ce que je préférais faire parmi les nombreuses déclinaisons de la communication de nos jours.

Quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui en tant que chargée de mission communication à la DGE ?  

Aujourd’hui je suis en charge de la communication interne et externe du Service de l'Économie Numérique à la Direction générale des Entreprises (DGE) au ministère de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique : je coordonne les actions de communication du service, en étant l’interlocutrice privilégiée du bureau de la communication du Secrétariat Général de la DGE et du Service de la communication du ministère. J’organise et anime des conférences, des événements institutionnels, des séminaires, des salons professionnels et des activités spécifiquement conçues pour des secteurs précis de l’économie française.

En interne, j’anime la communication dans un objectif de partage des connaissances parmi les plus de 130 agents du service. Je conçois des projets de communication : production de newsletters, élaboration de contenus pour le site web et les réseaux sociaux, création d’infographies ; je contribue à des actions de communication médias (production TV, campagnes média), je veille au respect des standards tels que le respect des chartes gouvernementales, l’accessibilité, etc.

Enfin, j’ai le plaisir de pouvoir épauler la coordinatrice structurelle du service dans la gestion interne de ce dernier.

En parallèle de mes missions en tant que chargée de communication, je suis aussi membre de l’équipe projet DG’Elles. Créé dans le cadre du plan d’action de la DGE le 8 mars 2021, DG’Elles est le premier réseau professionnel féminin de la direction et a pour ambition d’être une instance d’échanges et d’entraide pour les femmes de la DGE, ainsi qu’un vecteur de sensibilisation à l’égalité pour tous les agents. Depuis sa création, le réseau DG’Elles a mis en place un dispositif de mentorat pour les femmes de la direction, organisé des petits déjeuners d’échanges à destination des femmes de la direction, des conférences ouvertes à tous sur des thématiques relatives à l’égalité femmes-hommes, ainsi que des ateliers de coaching sur l’équilibre vie pro – vie perso ou encore la réussite au féminin.

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'affaires Publiques, puis de votre parcours en apprentissage, envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ?  

Ce que je garde avec beaucoup de reconnaissance de Sciences Po est avant tout la possibilité de créer mon propre plan d’études, tout en suivant des lignes directrices et des cours obligatoires, ce qui donne la possibilité de se former dans plusieurs domaines à la fois. 

Des expériences extrêmement formatrices au cours de mon M1 ont été le Projet collectif et l’Incubateur de Politiques Publiques : ceux-ci m’ont permis de me confronter au monde du travail et de voir les échanges entre le secteur public et le secteur privé, ce qui m’a ensuite amenée à choisir la DGE en tant que représentante de l’État vis-à-vis du tissu économique français. 

La deuxième année de master en apprentissage a été l’occasion d’être formée dans un cadre professionnel pendant une année entière et de pouvoir ainsi monter en compétences rapidement et être immédiatement opérationnelle à ma sortie d’école. 

Auriez-vous un conseil à donner à un ou une étudiant(e), futur jeune diplômé(e) ?

Soyez curieux, participez à toutes les conférences qui vous intéressent et aux projets proposés par Sciences Po, militez dans une association, mettez en pratique ce que vous avez appris sur les bancs du 27 rue Saint Guillaume et ne vous fermez aucune porte. Vous avez toutes les capacités pour forger votre destin comme vous le souhaitez.

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Camille Desrayaud, étudiante en double diplôme Sciences Po-Hertie School (Berlin)

Camille évoque son intérêt pour les politiques sociales et le développement durable, ainsi que les raisons qui l'ont poussée à étudier les politiques publiques à Paris et à Berlin
  • Camille Desrayaud © C.DesrayaudCamille Desrayaud © C.Desrayaud

Témoignage recueilli par les équipes de la Hertie School et initialement publié sur le blog des admissions de la Hertie School 

Lorsque son projet d'étudier à l'étranger aux États-Unis pendant son Bachelor en sciences politiques est tombé à l'eau à cause de la pandémie, Camille Desrayaud a décidé de chercher des opportunités internationales en Europe et s'est inscrite au double programme de Master of Public Policy (MPP) de la Hertie School avec l'École d'affaires publiques de Sciences Po. Après avoir terminé sa première année à Paris, en France, elle est maintenant étudiante en deuxième année de master à la Hertie School. Le programme de double diplôme, d'une durée de deux ans, combine l'étude de l'économie avec celle des politiques publiques et de la gestion, et permet aux étudiants d'obtenir deux diplômes en deux fois moins de temps. Après avoir terminé ses études, Camille aspire à travailler dans le conseil en politique publique en France et au niveau européen. Découvrez-en plus sur son expérience ci-après !

QUE FAISIEZ-VOUS AVANT DE COMMENCER VOS ÉTUDES CET AUTOMNE ? 

J'ai fait un stage au siège de l'UNESCO en France, dans la section Éducation au développement durable (EDD). C'était une expérience extraordinaire. J'ai eu l'occasion de contribuer à des projets passionnants, comme le lancement du nouveau réseau mondial EDD 2030, ainsi que de travailler avec des personnes engagées dans l'éducation au changement climatique du monde entier. Cette expérience a été la transition parfaite entre mes études à Paris et le début du semestre à Berlin.

POURQUOI AVEZ-VOUS CHOISI LE DOUBLE DIPLÔME MPP AVEC SCIENCES PO ET L'ÉCOLE HERTIE ? 

Pour la troisième année de mon Bachelor à Sciences Po, j'étais censée étudier à l'étranger aux Etats-Unis, mais à cause de la pandémie de COVID, je n'y suis jamais allée. Comme je voulais quand même vivre une expérience internationale, j'ai commencé à regarder les programmes de double master entre Sciences Po et d'autres universités européennes et Hertie était le meilleur choix pour moi ! Pendant mes études à Sciences Po, j'ai acquis une expertise approfondie en théorie politique, en sciences politiques et en sciences humaines. Étudier à Hertie m'a permis de compléter mon bagage théorique par des connaissances et des compétences pratiques en matière d'analyse de données dans les politiques publiques. Je n'étais jamais allée à Berlin auparavant, mais j'avais entendu beaucoup de choses positives sur cette ville pour les étudiants internationaux. 

QUELS ONT ÉTÉ VOS COURS FAVORIS JUSQU'À PRÉSENT, TANT À PARIS QU'À BERLIN ? 

Mon cours préféré à Sciences Po a été celui enseigné par le professeur Bruno Palier Welfare States, their Reforms and Futures, que vous pouvez choisir si vous faites partie de la spécialité Social Policy and Social Innovation. Ce cours se concentre sur la théorie des États providence et sur les défis contemporains auxquels ils sont confrontés, tels que le changement climatique, la mondialisation et la numérisation. Le professeur Palier est un expert en la matière, et il n'hésite pas à encourager le débat au sein de la classe. 

À Hertie, mon cours préféré jusqu'à présent a été Public Policy and Demographic Change, enseigné par le professeur Michaela Kreyenfeld. Ce cours porte sur la manière d'utiliser les politiques publiques pour s'attaquer à différents problèmes liés aux changements démographiques, tels que le vieillissement des populations, la migration et les changements dans la structure familiale. J'ai surtout apprécié le fait d'apprendre à manipuler les données démographiques pour mieux comprendre les politiques publiques et formuler des recommandations.

QU'ATTENDEZ-VOUS DE CE SEMESTRE DE PRINTEMPS - ET DE L'APRÈS ? 

J'ai hâte de commencer mon mémoire de master sur les politiques et la gouvernance de l'éducation en France. Ce mémoire est l'occasion pour moi d'utiliser toutes les connaissances théoriques et pratiques que j'ai acquises à Sciences Po et à Hertie pour réfléchir à la manière dont la gouvernance du système éducatif français a eu un impact sur les inégalités sociales entre les étudiants. Le fait d'être diplômée de deux grandes universités européennes de politique publique me permettra de poursuivre mon ambition professionnelle, à savoir travailler dans le conseil en politiques publiques en France et au niveau européen. 

QUELS CONSEILS DONNERIEZ-VOUS AUX FUTURS ÉTUDIANTS INTÉRESSÉS PAR UN DOUBLE DIPLÔME INTERNATIONAL COMME LE VÔTRE ? 

Si vous envisagez un double diplôme, vous devez réfléchir attentivement à ce que chaque université vous offrira. Vous devez vous demander : quels cours et quelles possibilités l'université A offre-t-elle que l'université B n'offre pas ? Ensuite, vous devez également réfléchir à la ville dans laquelle vous souhaitez étudier. En effet, le choix d'un programme de double diplôme porte autant sur les cours et les opportunités académiques que sur le fait de vivre à l'étranger, dans une société différente et de découvrir un autre mode de vie. 

BERLIN ET PARIS SONT DES VILLES TRÈS DIFFÉRENTES. COMMENT COMPAREZ-VOUS VOS EXPÉRIENCES DE VIE DANS LES DEUX VILLES, ET Y A-T-IL DES ENDROITS PRÉFÉRÉS QUE VOUS POUVEZ RECOMMANDER DANS CHACUNE D'ELLES ? 

Berlin et Paris sont des villes différentes. Ce que j'aime le plus à Berlin, c'est que c'est une ville internationale et accueillante. J'aime la culture, les arts et l'esthétique qu'offre Paris. Dans les deux villes, vous ne vous ennuierez jamais, il se passe toujours quelque chose. Si l'une des choses que vous aimez le plus est d'aller dans les musées, Paris et Berlin sauront satisfaire votre curiosité. Mon musée préféré à Paris est le musée d'Orsay. Vous pouvez y voir de magnifiques peintures (ma préférée est Le Déjeuner sur l'Herbe d'Edouard Manet) et profiter d'une belle vue sur Paris. À Berlin, l'un de mes endroits préférés est Tiergarten. C'est un beau parc, avec des sculptures, de grands arbres et des fleurs. Idéal si vous aimez la nature autant que moi. 

POURRIEZ-VOUS NOUS RÉSUMER EN UN MOT VOTRE EXPÉRIENCE DE DOUBLE DIPLÔME ? 

Incroyable !

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Outils numériques et open data au sein des institutions publiques pour une démocratie plus efficace et plus inclusive

Retour sur la Masterclasse de Paula Forteza
  • P. Forteza & étudiants de spécialite Digital, New Technology and Public PolicyP. Forteza & étudiants de spécialite Digital, New Technology and Public Policy

Le 16 novembre 2022, les étudiants de la spécialité Digital, New Technology and Public Policy de L'École d'affaires publiques ont eu le plaisir d'accueillir Mme Paula Forteza, ancienne députée française. Mme Forteza a rédigé de nombreux rapports relatifs à l’utilisation d’outils numériques par le gouvernement et le Parlement, aux droits numériques ainsi qu’à la démocratie numérique. En outre, elle a travaillé pour Etalab, un programme du Premier ministre français en charge de la politique de l’État en termes de données ouvertes (open data) et de partage de données publiques. Tout au long de sa carrière, elle a montré son attachement pour  l'innovation démocratique, s'engageant étroitement avec l'écosystème civic tech. Enfin,en tant que membre du Parlement français, elle a contribué à traduire le Règlement général sur la protection des données (RGPD) en droit français.

Mme Forteza a discuté avec nous du sujet : "Numérique et démocratie : les technologies numériques vont-elles sauver ou couler la démocratie ?". Elle a partagé avec passion son expérience au Parlement français où l'un de ses principaux engagements a été d'ouvrir les institutions à la société civile afin de les rendre plus transparentes et démocratiques. Elle a atteint ces objectifs grâce à des outils numériques qui se sont également avérés utiles dans la gestion des crises.

Elle a tout d'abord expliqué comment elle a lancé le « Bureau Ouvert », qui rassemblait des experts de différents domaines dans le but d'ouvrir le Parlement aux citoyens. Plusieurs projets ont été développés dans ce cadre comme la plateforme "Questions citoyennes" où les citoyens peuvent proposer des questions aux députés. Cela a constitué un canal direct pour interroger le gouvernement sur certains sujets. Mme Forteza, par le biais du Bureau Ouvert, s'est également fortement engagée à accroître la transparence de la vie publique : son équipe a créé une plateforme "Parlement Ouvert" sur laquelle les députés peuvent publier leurs dépenses par exemple.

Ces projets s'inscrivent dans la continuité du long militantisme de Mme Forteza en faveur de l'open data. Durant son mandat, afin d'accroître la transparence de la vie politique pour les citoyens, elle a publié son agenda afin de leur permettre de mieux comprendre le fonctionnement des activités de lobbying à l'Assemblée nationale. Ses dépenses en tant que députée ont également été rendues publiques. Elle a travaillé à l'ouverture de l'Assemblée nationale aux citoyens, notamment par le biais de séances de streaming sur Twitch. Toujours dans l'idée d'ouvrir le Parlement à la société civile, Mme Forteza a organisé et promu l’organisation de hackathons à l'Assemblée nationale. Ils avaient pour objectif de réunir l'administration et des hackers pour travailler de manière collaborative sur des solutions sur des sujets variés tels que les données financières publiques ou les résultats du Grand Débat National

Si les outils numériques peuvent devenir incontournables pour les institutions afin d'accroître la participation démocratique des citoyens et de regagner leur confiance, ils suscitent également des inquiétudes quant à la confidentialité des données collectées par exemple. Ainsi, à la fin de la rencontre, Paula Forteza a partagé avec nous son expérience sur les questions de régulation numérique. Selon elle, la régulation est un outil puissant entre les mains des États et des institutions pour nous aider à interdire ou limiter les mauvaises pratiques. Mme Forteza estime que l'Union européenne est le bon niveau pour travailler sur la régulation. Des textes réglementaires majeurs tels que le RGPD, le Digital Service Act (DSA) ou le Digital Market Act (DMA), ont montré la capacité des pays européens à être pionniers dans ce domaine. Parallèlement à ces efforts, Paula Forteza plaide pour le développement d'outils numériques conçus pour être démocratiques et respectueux de la vie privée afin de prévenir les mauvaises pratiques et utilisations. Elle estime que les entreprises privées ne devraient pas construire l'Internet de demain, c'est pourquoi elle pense que la gouvernance du web devrait être traitée comme un bien public ouvert à tous.

Article rédigé par les étudiants : Yasmine El Ghazi, Karin Hess, Deepal Khatri, Léa Roubinet et Simonas Zilinskas.

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Dissuasion, protection et intervention : le rôle de l’armée de l’Air et de l’Espace dans les trois grandes fonctions stratégiques

Retour sur la Masterclasse sécurité et défense du 9 novembre 2022
  • Masterclasse Sécurité et défense © C. Damoiseau/Sciences PoMasterclasse Sécurité et défense © C. Damoiseau/Sciences Po

Le 9 novembre 2022, nous recevions dans le cadre d’une masterclasse de la spécialité Sécurité et défense le général Bellanger et le général Moralès, respectivement responsable des Forces aériennes stratégiques (FAS) et du Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA). Après une présentation par les généraux des deux commandements de l’Armée de l’Air et de l’Espace, les étudiants de la spécialité ont pu échanger avec les intervenants sur les enjeux de défense ainsi que sur les perspectives professionnelles des étudiants de Sciences Po au sein des armées.

Dans un premier temps, les généraux Bellanger et Moralès ont présenté aux étudiants leur commandement respectif, tant dans les missions, les moyens et les problématiques qui leur sont posées dans l’exercice de leur fonction. 

Sur les Forces aériennes stratégiques repose la composante aéroportée de l’arme nucléaire française, et elles constituent la partie la plus visible dans la mécanique de dissuasion, en comparaison avec l’action plus secrète des Sous-marins Nucléaires Lanceurs d’Engins (SNLE). Le meilleur exemple de cette distinction est l’opération Poker, expliquée lors de la conférence par le général Bellanger. Cette opération régulière de l’Armée de l’Air et de l’Espace consiste d’abord en un entrainement de frappe nucléaire en territoire hostile, mais représente aussi une campagne de communication, une démonstration de force essentielle à la crédibilité de la dissuasion française.


Général Bellanger, commandant des FAS © Alexandre Chami

Le général Moralès a, quant à lui, présenté les nombreuses responsabilités du CDAOA, duquel relève notamment la protection du territoire et la défense de l’espace aérien national, la conduite des opérations aériennes, ainsi que la formation du personnel C2 (Command & Control) et de renseignement qui sont des segments importants de la défense aérienne. Avec plus de 300 interventions de chasseurs chaque année, la défense du territoire dans les airs est une mission du CDAOA qui demande un contrôle permanent et une capacité d’intervention rapide. Avec le maintien nécessaire de la dissuasion nucléaire potentiellement mobilisable à tout instant, les activités des FAS et du CDAOA illustrent bien l’importance de l’action continue des Armées dans la défense nationale.

Général Moralès, commandant du CDAOA © Alexandre Chami

Dans un second temps, les étudiants présents ont pu aborder des sujets très divers, tels que la place particulière des territoires d’outre-mer dans la défense aérienne, les défis techniques de vol auxquels font face les Forces aériennes stratégiques dans leurs opérations, ou bien l’utilisation croissante des drones dans les Armées en France et dans le monde. À l’occasion de la séquence de questions-réponses, les généraux ont appuyé sur l’importance d’une meilleure connaissance des enjeux militaires pour les cadres politiques, et ont discuté avec les étudiants des potentiels futurs professionnels dans les Armées après Sciences Po.

Dans ce contexte, et pour accompagner ses étudiants vers des professions liées aux Armées, la spécialité Sécurité et Défense de l'École d'affaires publiques a annoncé la création d’un parcours certifiant Armée de l'Air et de l'Espace, dont la masterclasse fait partie intégrante.

Article rédigé par les étudiants organisateurs : Barnabé Andrieu Decoster, Emilie Barré, Mathilde Borric, Alexandre Chami, Aly-Rémy El-Sayed Youssef, Eglantine Yelles.

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Félicitations à Manon Fortemps, récompensée par la Société Française de l’Évaluation pour son mémoire rédigé à l’EAP

  • Manon Fortemps (7è en partant de la gauche) à la remise des prix à Lille Manon Fortemps (7è en partant de la gauche) à la remise des prix à Lille

Chaque année, une cinquantaine d’étudiants choisissent de rédiger un mémoire dans le cadre de leur semestre hors-les-murs à l'École d'affaires publiques. Ils s'engagent ainsi dans un cursus qui leur permet d'approfondir leur expertise dans un domaine de politique publique qui les intéresse particulièrement, tout en bénéficiant d'un soutien pédagogique et méthodologique durant leur seconde année de Master.

Cette expérience permet à des étudiants de découvrir une réelle appétence pour le monde de la recherche, à l’instar de Manon Fortemps, diplômée en 2022, qui s’est vue remettre un prix par la Société Française de l’Évaluation pour son mémoire, lors d’une cérémonie qui s’est tenue à Lille le 17 novembre 2022. Témoignage.

POURRIEZ-VOUS DÉCRIRE VOTRE PARCOURS UNIVERSITAIRE ET NOUS EXPLIQUER LA RAISON QUI VOUS A MOTIVÉE À RÉDIGER UN MÉMOIRE ?

Je suis titulaire du Master politiques publiques, spécialité Economics and Public Policy de l’École d’affaires publiques de Sciences Po. C’est lors de mon année d’échange à l’Université de Georgetown (Washington DC) que j’ai découvert l’économie du développement. Pendant mon séjour à Washington DC, j’ai assisté à de nombreuses conférences sur l’aide au développement, la pauvreté et les inégalités dans les États fragiles, et les politiques de solidarité internationale. Être immergée dans une capitale qui abrite les institutions au cœur de l’architecture financière internationale pour le développement telles que la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International, m’a fait prendre conscience du paradoxe central de l’aide au développement. Les populations les plus pauvres et dépendantes de l’aide au développement se situent dans des pays dans lesquels les conflits, l’instabilité politique et la corruption, paralysent les flux de l’aide internationale. Mon mémoire était l’occasion d’étudier en profondeur les critères d’allocation de l’aide au développement.

POURRIEZ-VOUS NOUS PARLER DE VOTRE SUJET D'ANALYSE ET DE SA CONTRIBUTION AU CHAMP DE L'ÉVALUATION DES POLITIQUES PUBLIQUES ?

Mon mémoire porte sur l’“Évaluation de la politique et des institutions nationales (CPIA)” et sa relation avec les volumes d’aide au développement reçus par les pays en développement. Le CPIA a été développé dans les années 2000 par la Banque Mondiale pour aider l’institution dans son attribution de l’aide au développement. Mon mémoire révèle d’une part que les flux d’aide au développement reçus par un pays sont positivement corrélés avec son score CPIA, et d’autre part, que les volumes reçus sont d’autant plus élevés que le pays a obtenu un bon score dans la section du CPIA qui évalue la stabilité politique et à la bonne gouvernance. Concrètement, cela confirme que la Banque Mondiale fait office d’institution normatrice dans l’écosystème du développement et que le critère du CPIA a rapidement été repris par de nombreuses organisations publiques et privées pour l’allocation de leur aide au développement. Par ailleurs, la prime à la stabilité politique et à la bonne gouvernance pose la question de la pertinence de l’utilisation du CPIA dans un contexte où les trois quarts des individus en situation d’extrême pauvreté se situent dans des pays fragiles et en conflit, caractérisés par l’instabilité politique et la mauvaise gouvernance.  

DANS QUELLE MESURE LA RÉDACTION DE VOTRE MÉMOIRE A-T-ELLE ENRICHI VOTRE EXPÉRIENCE ACADÉMIQUE ET VOTRE INSERTION PROFESSIONNELLE?

La rédaction d’un mémoire était une chance unique de me familiariser avec la recherche en sciences sociales et d’améliorer ma rigueur méthodologique. Pendant l’écriture de mon mémoire, j’ai rejoint le comité d’aide au développement de l’OCDE, ce qui m’a permis d’enrichir mes recherches et de rencontrer des chercheurs et praticiens impliqués dans l’aide au développement. La rédaction d’un mémoire m’a également transmis une passion pour la recherche que j’entends cultiver puisque je suis actuellement en processus de candidature en doctorat. 

Parlez-nous du prix du mémoire de la Société Française d’Evaluation, et de sa contribution au champ de l’évaluation des politiques publiques ?

La Société Française de l’Évaluation (SFE) a récompensé mon mémoire dans la catégorie “Réflexion sur les pratiques évaluatives”. La SFE a pour mission de contribuer au développement de l’évaluation et de promouvoir son utilisation dans les organisations publiques et privées. Cette vocation s’inscrit dans la lignée du mémoire de l’École d'affaires publiques, puisque celui-ci a pour objet de formuler des recommandations de politiques publiques fondées sur une recherche scientifique rigoureuse et approfondie. La cérémonie de remise des prix, organisée pendant les Journées Françaises de l'Évaluation, était l’occasion de rencontrer des chercheurs et praticiens et d’échanger sur les thèmes de l’évaluation et du développement. J’encourage tous les étudiants qui se lancent dans l’aventure du mémoire à candidater à ce prix, afin de permettre à leurs travaux d’avoir un impact concret sur le champ de l’évaluation des politiques publiques. 

Manon Fortemps lors de la remise de son prix

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Axelle Dubois, promotion 2019

Du Master politiques publiques, spécialité Global Health, parcours en apprentissage, au poste de Consultante Senior Politiques publiques de santé & Chargée de développement commercial chez Alcimed
  • Axelle Dubois © Axelle DuboisAxelle Dubois © Axelle Dubois

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ? 

Après un bac littéraire, j’ai passé 2 années sur le campus de Sciences Po à Paris, dans le cadre d’un double diplôme avec Paris IV me donnant l’opportunité de mener en parallèle le collège universitaire de Sciences Po et une licence d’histoire. Un parcours qui n’était pas toujours de tout repos, mais extrêmement enrichissant ! 

Dans le cadre de ma 3A, je suis partie à Londres avec l’envie de découvrir d’autres méthodes pédagogiques au travers des cours dispensés par UCL. À mon retour, j’ai fait le choix de m’orienter vers un master de l'École d’affaires publiques de Sciences Po, spécialité “Global Health”. 

Ce master m’a permis de monter les premières marches de mon parcours professionnel, en réalisant une année d’alternance au sein du cabinet de conseil Antares Consulting, spécialisé dans le domaine de la santé. Je suis restée dans ce cabinet à la suite de l’obtention de mon diplôme, avant de partir vers de nouvelles aventures en février 2021 dans l’équipe Innovation et Politiques Publiques du cabinet ALCIMED,en conservant ma spécialisation en politiques publiques de santé.  

Quelles ont été les étapes majeures de la construction de votre projet professionnel ? 

Une fois le choix de mon master réalisé, je dirais que mon année d’alternance a été particulièrement décisive pour la définition de mon parcours professionnel. Les cours qui m’ont été dispensés ainsi que les missions menées au sein du cabinet m’ont permis de confirmer mon intérêt pour le monde de la santé - notamment de la santé publique - et d’identifier un secteur professionnel au travers duquel je pouvais m’y investir. 

Cette année a été une véritable porte d'entrée dans ce secteur spécifique, me permettant d’acquérir des connaissances, de forger mes premières convictions et de construire mon bagage professionnel pour la suite de mon parcours. 

Quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui en tant que consultante Senior Politiques publiques de santé & Chargée de développement commercial chez  Alcimed ?   

En tant que consultante, je réalise des missions variées pour des clients essentiellement publics, tant à l'échelle nationale que locale :  Assurance maladie, Agences régionales de santé, filières maladies rares, hôpitaux, etc. Je soutiens le montage de dispositifs innovants, je réalise des diagnostics portant sur les besoins de populations spécifiques, et j’évalue des expérimentations. Le champ des possibles est large et s’explique notamment par la philosophie d’Alcimed : l’objectif est de découvrir des terres inconnues, d’accompagner nos clients sur de nouveaux besoins, et d’étudier de nouvelles manières de faire. Il est ainsi plutôt rare de réaliser à plusieurs reprises des missions identiques. 

Être consultant c'est aussi contribuer à la vie du cabinet : animer des temps d'équipe, accompagner les consultants junior, réaliser des actions de communication.  

Depuis plus d'un an, je contribue également au développement de notre activité. J’échange ainsi avec de potentiels clients pour leur présenter ALCIMED et nos convictions, échanger avec eux sur leurs enjeux actuels et la façon dont nous pourrions les accompagner au mieux pour y répondre. Si un sujet est identifié, je construis et leur soumets une méthodologie de travail, qui sera ensuite conduite par l’équipe de consultants. 

Cette double casquette réalisation-commercial est une vraie opportunité à mon sens : elle me permet d’avoir des temps de respiration durant mes missions, mais surtout de pouvoir développer des thématiques qui m’intéressent particulièrement, et de les porter auprès de notre équipe.  

Quels seront, selon vous, vos prochains défis ? 

Je dirais que mon principal défi est aujourd'hui de poursuivre ma carrière au sein du cabinet Alcimed. J'aspire à pouvoir manager, soutenir une équipe et porter des projets, tout en restant dans le secteur des politiques publiques de santé qui me passionne. 

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'affaires Publiques envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ?   

Sciences Po dans sa globalité a été une expérience particulièrement formatrice, en matière de connaissances théoriques emmagasinées (épidémiologie, fonctionnement du système de santé, grandes notions de santé publique, appréhension de l’information…) mais peut-être et surtout en termes de réflexes qui aujourd'hui m’accompagnent dans mon quotidien.

L'entraînement à l’expression orale, les présentations synthétiques comme les rapports et argumentaires, l’usage d’Excel, le fait de développer un regard critique sur un sujet sont autant de codes permettant d’être très rapidement opérationnel dans le métier de consultant. En d’autres termes, la formation reçue à Sciences Po rend les jeunes diplômés aptes à saisir rapidement les enjeux d’un nouveau poste en se concentrant sur le fond des sujets sans qu’il soit nécessaire de revenir sur des bases acquises pendant les études.  

Sciences Po m’a également permis de découvrir le monde du conseil grâce à ses forums et de tester mon attrait pour ce secteur au travers du M2 en alternance - une année transitoire que je recommande à tous ceux qui en auraient l’opportunité. 

Je dirais aussi que mon double diplôme comme mon alternance, au-delà d’alimenter ma curiosité, m’ont permis d’apprendre à gérer une importante charge de travail, et à être particulièrement organisée et proactive - des capacités essentielles dans mon métier.  

Auriez-vous un conseil à donner à un ou une étudiant(e), futur jeune diplômé(e) ? 

Cela peut paraître simple mais je dirais que l’essentiel est de chercher un métier et une structure pour lesquels vous avez envie de vous lever tous les matins, qui soient alignés avec vos valeurs, qui vous fassent vous sentir à votre place. Pour ma part, c’est mon cas au sein du cabinet ALCIMED, et j’en suis extrêmement reconnaissante.

Pour cela, appuyez-vous sur la communauté Sciences Po. Par expérience, nous sommes partout ! Il ne faut donc pas hésiter, dès que vous êtes intéressés par une organisation, à identifier un sciencespiste à qui vous adresser pour en connaître les dessous, et savoir dans quoi vous allez vous engager. 

Dans mon secteur, les cabinets peuvent être extrêmement différents les uns des autres sur les conditions de travail, le nombre et la diversité des missions, l’ambiance d’équipe, ou le style de management. Il faut donc bien se renseigner pour faire un choix éclairé en fonction de ce qui vous conviendra le mieux. 

Cela fait le lien avec un second élément primordial à mon sens : apprenez à vous connaître, à comprendre vos envies, vos attentes. Certains métiers comme le conseil nécessitent d’être curieux, d’aimer travailler sur plusieurs projets à la fois, de ne porter un projet que sur des durées limitées… Cela ne convient pas à tout le monde, et il est donc essentiel de savoir ce qui vous motivera au quotidien.

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Apprendre la négociation stratégique par la mise en situation : La simulation Richelieu 3.0

  • Groupe de travail © F. Parmentier / CEVIPOFGroupe de travail © F. Parmentier / CEVIPOF

Réalisée en partenariat avec le Laboratoire d’innovations publiques de l’Ecole d’affaires publiques et la Chaire Outre-mer de Sciences Po, la simulation Richelieu 3.0 a pour double objectif de développer des compétences de négociation ainsi qu’une capacité à problématiser des enjeux complexes et peu abordés du débat public, faisant l’objet de controverses politiques, socio-économiques et scientifiques.

Ce cas de gouvernance annuel rassemble les étudiants du double diplôme Sciences Po / HEC et il est accueilli depuis 2022 au Pavillon de l’innovation du nouveau Campus du 1 Saint-Thomas. Au cours de la journée de simulation, chacun incarne des rôles diversifiés (personnel politique, haute administration, grandes entreprises, PME et start-up, associations, médias, etc.), avec leurs enjeux propres qu’il s’agit d’intégrer dans le communiqué final du Président de la collectivité territoriale de Guyane, maître du jeu.  

Comment appréhender le territoire guyanais, dans ses différentes dimensions économiques, institutionnelles, logistiques, énergétiques ou militaro-diplomatiques ? Et, de fait, comment encourager son développement socio-économique dans le cadre d’une trajectoire environnementale responsable, selon les objectifs du développement durable de l’agenda 2030 ?

Simulation © A. Nicolier/Sciences Po

Crédit photo : A. Nicolier/Sciences Po

Cette France équinoxiale, qui a accueilli le Centre spatial guyanais à Kourou sous l’impulsion du Général De Gaulle en 1965, est une terre de forts contrastes aux immenses défis. Limitrophe du Brésil et du Surinam, deuxième région de France la moins peuplée et en superficie, son territoire, boisé à 97 % (forêt primaire d’Amazonie), accueille près de 60 % de la biodiversité française. Les inégalités sociales et sanitaires, les problèmes de sécurité et l’aménagement du territoire font partie des enjeux que les différents acteurs ont à porter.

Aux étudiants de relever chaque année le défi au cours d’un stimulant exercice d’intelligence collective, pendant lequel ils sont les acteurs d’un apprentissage par expérience pratique d’un contexte ultra-marin unique !

Crédit photo : CEVIPOF/Sciences Po

Représenter la jeunesse au Women's Forum

Découvrez le témoignage des 6 étudiantes du Certificat égalité femmes-hommes et politiques publiques
  • Les 6 étudiantes du certificat au Women's Forum © Sciences PoLes 6 étudiantes du certificat au Women's Forum © Sciences Po

Fin novembre 2022, 6 étudiantes en Master à Sciences Po (École d'affaires publiques et Paris School of International Affairs), toutes inscrites dans le Certificat égalité femmes-hommes et politiques publiques, ont participé en tant que Youth Ambassadors au Women's Forum for the Economy and Society. Elles nous livrent leur témoignage sur cette incroyable expérience. 

Vous avez été sélectionnées pour participer en tant que Youth Ambassador au Women's Forum for the Economy and Society Global Meeting 2022. Pourriez-vous nous en dire plus sur cet événement ?

Le Global Meeting 2022 du Women’s Forum for the Economy and Society est un évènement international qui réunit des “leaders”, des professionels de divers secteurs (venant du privé et du public) mais aussi des étudiantes et étudiants. Il a pour but “de transformer le pouvoir des voix des femmes en initiatives économiques et politiques avant-gardistes pour le changement sociétal”. Cette année, la 17e édition du Global Meeting, qui avait pour thème central “Time to Act” (traduction : il est temps d’agir), se concentrait sur trois sujets d’actualité : le climat, la paix et la santé. 

En quoi consiste la mission de Youth Ambassador

La mission de Youth Ambassador répond à un désir d’inclure la jeunesse dans la résolution des crises actuelles, y compris dans le cadre du Women’s Forum. Concrètement, nous avons été invitées à participer à un workshop la veille du Forum. Celui-ci avait pour but à la fois de nous faire travailler sur notre domaine de “compétences” - l’un des 3 thèmes du forum - aux côtés d’activistes, de chercheuses et de spécialistes du domaine. Le workshop nous a aussi permis de travailler certains ‘soft skills’, comme la prise de parole en public, afin de nous offrir des outils de réussite pour notre vie professionnelle. L’objectif était donc double : nous permettre de creuser en amont des questions dont nous pourrions débattre directement avec les intervenantes et intervenants du Women’s Forum, et nous donner les clés pour nous affirmer dans le monde professionnel tout en portant nos convictions. 

Sur quelles thématiques avez-vous travaillé ? Cela vous a-t-il donné des perspectives de projets à mettre en place ou de "combats" à rejoindre ? 

Nous avons travaillé sur différentes thématiques, en fonction de nos parcours. 

Alexandra, Emilie et Julia : Nous avons travaillé avec d’autres Youth Ambassadors sur la thématique de la santé, et plus précisément sur la pertinence de la prise en compte de la santé menstruelle dans les agendas RH des entreprises. Répartis en deux équipes notre objectif était de débattre de la pertinence, ou non, d’une prise en charge du cycle menstruel au niveau de l’entreprise. Nous en avons conclu la nécessité certaine d’une prise en charge, au mieux au niveau de l’État et a minima au niveau de l’entreprise. Chacun et chacune de nous pouvons, et devons, agir à notre niveau pour faciliter la prise en compte du cycle menstruel féminin. À tous les niveaux, le cycle menstruel ne doit pas être un frein pour les femmes. Il est donc important que la santé menstruelle soit prise en compte par les politiques publiques et l’agenda RH.

Meyya-tia : J’ai travaillé avec d’autres Youth Ambassadors sur la thématique du climat. Le débat sur lequel nous avons travaillé portait sur quel rôle les femmes devaient jouer dans le “combat contre le réchauffement climatique”, et plus précisément si elles devaient être les actrices principales de ce combat. Les discussions avec les autres jeunes qui participaient à mon débat ont permis de soulever des points intéressants et nouveaux auxquels je n’avais pas réfléchi - par exemple, le fait qu’à différents “niveaux d’action” (au niveau politique, au niveau “militant”, au niveau des ménages etc.), aujourd’hui les femmes ne sont pas impliquées de la même manière dans le combat contre le réchauffement climatique. Au-delà de ces discussions durant le workshop, toutes les conférences qui liaient genre et climat durant le Forum m’ont motivée à personnellement explorer davantage ce lien, en choisissant par exemple le projet “Campagne de sensibilisation : femmes et environnement” durant le prochain semestre à Sciences Po (dans le cadre du Certificat). 

Marianne : Ellen et moi avons été placées dans le groupe “Peace”, qui travaillait plus particulièrement sur la question du sort des femmes dans les conflits armés et dans les processus de paix. La sélection s’est en général faite sur notre parcours personnel - par exemple, dans mon cas (Marianne), j’avais fait un stage auprès de la Commission de la Vérité Colombienne, ce qui m’avait permis de travailler à la fois sur le processus mémoriel et sur le sort des minorités dans les conflits. Durant le workshop, nous avons pris part à des débats sur la manière d’inclure les femmes dans le processus de résolution de conflit, en nous opposant par exemple sur leur priorisation éventuelle. Cela a donné lieu à des échanges plus [variés/généraux] sur la manière de protéger les femmes et les minorités, et sur les violations innombrables de droits humains lors de ces épisodes . Dans mon cas, cela a ravivé mon intérêt pour ces questions, intérêt que je n’avais pas forcément eu l’occasion de creuser depuis mon stage, en me sensibilisant aussi à la violence vis à vis des jeunes garçons - particulièrement les violences sexuelles, qui font l’objet d’un tabou. Les interventions au Women’s Forum ont quant à elles conforté le désir d’Ellen de se concentrer sur la défense des droits des femmes dans la région MENA. Nous avons toutes les deux assisté à plusieurs interventions qui nous ont particulièrement touchées lors du Forum lui-même: je pense à la discussion sur le futur du combat #WomanLifeFreedom en Iran, animée par Roya Boroumand, Mahnaz Shirali, Nazenin Ansari et Sahand Saber, ou encore la présentation du travail de la photographe Fatimah Hossaini sur les femmes afghanes dans le cadre de son projet “Beauty amid war”.

À Sciences Po, vous êtes étudiantes du certificat égalité femmes-hommes et politiques publiques. Les enseignements que vous avez suivis dans le cadre de ce certificat vous ont-ils été utiles dans le cadre de ce forum ? 

Oui, beaucoup de conférences et d’échanges faisaient écho à des interventions que nous avions eu dans le cadre du certificat. Les enseignements précédemment reçus nous ont notamment permis de mieux comprendre les différents biais et enjeux à prendre en compte pour parler d’égalité. Beaucoup des conférences auxquelles nous avons eu la chance d’assister ont concrétisé un enseignement théorique que nous avions reçu. De plus, les enseignements du certificat se concentrent sur le cadre public. Toutefois, les difficultés que les femmes rencontrent pour accéder à des postes de pouvoir, y rester et y être crédibles sont les mêmes dans les entreprises privées. Le Forum nous a donc permis de mettre en perspective les acquis du Certificat.

Si vous reteniez une chose de votre expérience en tant que Youth Ambassador au Women's Forum Global Meeting 2022, ce serait quoi ?

Julia : D’enrichissantes rencontres avec des femmes de tous horizons, qui agissent avec volonté pour participer à résoudre collectivement les grandes crises de notre époque !

Marianne : Au-delà du contenu des interventions, je retiens vraiment la grande bienveillance et la disponibilité des femmes et des hommes présents - leur capacité d’écoute, leur enthousiasme et même le désir de certaines de nous “prendre sous leur aile” pour nous pousser à poursuivre nos projets !

Meyya-tia : La possibilité d’écouter, de rencontrer et de discuter avec des femmes inspirantes - et une rencontre qui m’a particulièrement marquée est la discussion que j’ai eue avec la journaliste “climatique” Mélissa Godin, une discussion enrichissante, inspirante et motivante ! 

Alexandra : Que des progrès sont à faire dans toutes les sphères, publiques comme privées et sur tous les continents, et que ce n’est que par l’union que l’égalité à laquelle nous aspirons sera atteinte.

Emilie : Concernant les droits des Femmes, l’actualité est une sorte de chaud-froid permanent : un progrès s’accompagne souvent d’un nouvel obstacle. Ce forum a été l’occasion d’écouter et de rencontrer des hommes et des femmes inspirant(e)s, qui portent un beau message d’espoir pour l’avenir. 

Témoignage de : Emilie Dufour, Julia Fertil, Alexandra Girard, Ellen Löfgren, Marianne Mignot Ogliastri et Meyya-tia Ramandraivonona. 

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Prenez votre place pour la journée des carrières internationales !

  • IOCD © Sciences Po CarrièresIOCD © Sciences Po Carrières

Sciences Po Carrières, l'École d'affaires publiques et l'École des affaires internationales (PSIA) se réjouissent de vous accueillir à la 4ème édition de la la journée des carrières internationales ! (Sciences Po's International Organisation Career Day). 

Pendant une journée, les représentants RH de différentes organisations internationales sont invités sur le campus pour rencontrer les étudiants et les anciens élèves qui découvriront leurs futurs parcours professionnels. Vous apprendrez les compétences et savoir-faire nécessaires pour travailler avec eux, ainsi que des astuces et conseils pour vous démarquer dans leur processus de recrutement.

Inscription obligatoire ici (étudiants de Sciences Po)

programme

  • 9.45 - 11 am > General opening and panel discussion n°1
  • 11 am - 2 pm > Individual presentations by organisations (45mn each)
  • 2 pm - 3 pm > Panel discussion n° 2
  • 3 pm - 6 pm > Individual presentations by organisations (45mn each)
  • 9.45 am - 6 pm > Exhibition Center with HR representatives open all day

organisations participantes

                          

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Lucas Hassan, promotion 2020

Du Master politiques publiques, spécialité Sécurité et défense, au poste de chargé de mission cybersécurité à la Direction Générale des Entreprises du Ministère de l'Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique
  • Lucas Hassan © NexterLucas Hassan © Nexter

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ? 

Après une classe préparatoire scientifique, j’ai d’abord intégré une école d’ingénieur (l’ENSTA ParisTech) au sein de laquelle j’ai suivi un parcours en mathématiques appliquées. J’ai ensuite rejoint dans le cadre d’un graduate program l’entreprise Nexter qui produit des matériels militaires pour l’armée de Terre. Cela m’a permis d’occuper différents postes sur les deux ans que duraient ce programme, notamment des postes à la frontière des sujets techniques et commerciaux (innovation, création de nouveaux produits, etc.). 

À la fin de mon graduate program, j’ai été admis à Sciences Po au sein du Master politiques publiques, spécialité Sécurité et défense. J’avais choisi cette spécialité car elle me permettait de conserver une certaine logique dans mon parcours tout en m’ouvrant à des sujets bien éloignés de ceux enseignés en école d’ingénieur ! À l’issue de Sciences Po et de quelques stages en administration publique, j’ai rejoint la direction générale des entreprises en tant que chargé de mission « industries de cybersécurité ». Après avoir occupé ce poste pendant près de deux ans et demi, je commence dans quelques jours un nouveau poste de chef de projet « attribution des fréquences et déploiement mobile ». 

Quelles ont été les étapes majeures de la construction de votre projet professionnel ?

L’étape la plus importante à mon sens a été de comprendre que ma vocation n’était pas d’approfondir un champ technique particulier (à l’image de mes camarades ayant fait une thèse), mais plutôt d’apprendre à expliquer les sujets techniques complexes à un public non spécialiste et savoir les combiner avec des enjeux plus larges (juridiques, géopolitiques, politiques, etc.) qui permettent d’avoir une vision globale des sujets traités. Je pense que dans une société dans laquelle les sujets scientifiques et techniques prennent une importance toujours plus forte, il y a un besoin de personnes en capacité de traduire ces sujets en termes compréhensibles pour les décideurs et c’est ce que je souhaite faire dans ma carrière. 

En outre, j’ai aussi rapidement compris que je souhaitais travailler au profit de l’État. D’abord parce que cela permet de donner un sens au travail que l’on produit tous les jours, mais aussi parce que je crois profondément au rôle de l’État pour organiser la société et orienter son développement. 

Quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui ? 

Le poste que j’ai jusqu’ici occupé consistait à travailler au développement de la filière française de la cybersécurité. Il s’agit en premier lieu d’identifier les enjeux qui se posent à la filière puis de proposer des politiques publiques à même d’y répondre, en mobilisant tous les leviers à la main de l’État (réglementaire et financier notamment). Concrètement, j’ai notamment travaillé à la mise en œuvre de la stratégie nationale d’accélération pour la cybersécurité et la mise en place du Campus Cyber. L’enjeu de ce poste est de réussir à appréhender les sujets techniques, de pouvoir les traduire en termes de politique publique puis les défendre auprès de nos interlocuteurs (cabinets ministériels, autres administrations, etc.) 

Je prendrai dans quelques jours un nouveau poste en tant que chef de projet « fréquence et déploiement mobile ». Dans ce cadre, j’aurai à m’impliquer dans les travaux européens et internationaux visant à réglementer l’usage des différentes bandes de fréquences et à coordonner le travail d’un chargé de mission sur le sujet du déploiement du réseau mobile en métropole et en outre-mer. Là encore, l’un des enjeux principaux de ce poste sera de réussir à sortir des seules considérations techniques pour traduire ces sujets en termes de politique publique et les porter auprès des décideurs. Il présentera aussi une dimension managériale qui m’intéresse pour la suite de ma carrière. 

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'affaires publiques, et plus particulièrement de la spécialité Sécurité et Défense, envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ? 

Avant tout, ma formation à Sciences Po m’a permis d’acquérir une véritable ouverture d’esprit : concevoir et mettre en œuvre une politique publique exige de prendre en compte des enjeux très divers sans pour autant être un expert de tous ces sujets. Avoir étudié à Sciences Po permet de se rendre compte rapidement qu’un élément manque ou a été mal pris en compte et, le cas échéant, de pouvoir se renseigner auprès d’un expert. La qualité des intervenants à Sciences Po et la possibilité d’échanger sur leur parcours m’a aussi beaucoup aidé car ces discussions permettent de mieux comprendre le mode de pensée des décideurs et la façon dont ils prennent leurs décisions. 

Plus particulièrement, la spécialité Sécurité et défense m’a apporté une bonne culture générale des enjeux propres à ce milieu. Travailler dans le secteur de la cybersécurité, c’est travailler dans un secteur dont l’organisation est très complexe et en perpétuelle évolution. Les cours de la spécialité m’ont donné les bases pour comprendre les enjeux qui sous-tendent ces mutations et me permettre de mieux appréhender le rôle des différents acteurs qui composent le secteur. 

Auriez-vous un conseil à donner à un ou une étudiant(e), futur jeune diplômé(e) ? 

Mon premier conseil serait d’avoir confiance en soi : venant d’une formation d’ingénieur, j’ai été très surpris par le fait que de nombreux élèves à Sciences Po doutent de leurs compétences professionnelles alors que la plupart m’ont semblé extrêmement brillants. Les étudiants de Sciences Po ont la capacité d’apprendre vite et de mêler des connaissances dans des domaines très divers, ce sont des compétences essentielles dans le monde professionnel ! Il ne faut pas penser que les employeurs cherchent forcément des personnes connaissant parfaitement les moindres détails des postes qu’ils proposent. L’important est d’être capable d’apprendre vite et mon expérience à la direction générale des entreprises m’a montré que les élèves de Sciences Po en sont capables. 

Mon second conseil serait de commencer tôt à réfléchir à ce qu’on souhaite faire plus tard, quitte à changer régulièrement d’avis : l’idée n’est pas de se fixer aujourd’hui pour savoir ce qu’on fera dans 20 ou 30 ans, mais se donner un cap permet d’avancer plus facilement, quitte à bifurquer plus tard en fonction des opportunités ou de ses envies.

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Discours sur l'état de l'Union européenne : promouvoir la solidarité et la démocratie

  • Arancha González, Olivier Rozenberg, Valérie Drezet-Humez, Philippe Martin © DRArancha González, Olivier Rozenberg, Valérie Drezet-Humez, Philippe Martin © DR

Article initialement publié sur le site de Sciences Po par l'équipe éditoriale de Sciences Po.

Le mercredi 14 septembre, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a prononcé son discours annuel sur l’état de l’Union devant le Parlement européen. À cette occasion, elle a invité la Première Dame d’Ukraine, Olena Zelenska et a renouvelé le soutien inconditionnel de l’Europe envers l’Ukraine, ainsi que d’autres annonces d’importance.

L'École des affaires internationales (PSIA) et l’École d'affaires publiques de Sciences Po, avec la coopération de la représentation en France de la Commission européenne, ont organisé une conférence permettant d’analyser le discours de von der Leyen et ses implications pour la France, l’Europe et le reste du monde. Valérie Drezet-Humez était présente en tant que cheffe de la Représentation en France de la Commission européenne, remplacée au cours de la conférence par son adjointe Jessica Larsson. En tant que doyenne et doyen de PSIA et de l’EAP, Arancha González et Philippe Martin étaient les deux autres invités de l’événement.

ÉNERGIE ET SOLIDARITÉ : UN “MESSAGE D’ESPOIR

Valérie Drezet-Humez considère ce discours annuel iconique, qui existe depuis 2010, comme un véritable “moment démocratique et politique”. Il n’est pas l’occasion pour Ursula von der Leyen de revenir sur ses actions passées mais plutôt d’exprimer sa vision sur les défis stratégiques du moment. Prononcer ce discours en temps de guerre est une première à bien des niveaux, et a permis à la Présidente de la Commission européenne de livrer un “message d’espoir”, de solidarité et de courage. Elle se doit d’incarner l’Union européenne (UE) afin d’apaiser les inquiétudes de ses citoyens en leur apportant des solutions.

Arancha González a identifié quatre messages principaux dans le discours sur l’état de l’Union 2022, dont l’un est adressé à la Russie. La doyenne de PSIA, une école qui porte l'analyse des conflits internationaux et des luttes de pouvoir au cœur de son ADN, a perçu au travers du discours une réaffirmation du soutien de l’UE à l’Ukraine face à la Russie. Au sujet de l’usage stratégique de l’énergie russe comme arme contre l’UE, Arancha González affirme que la présidente von der Leyen a voulu exprimer clairement que l’UE ne “se laisserait pas faire” et qu’elle réussirait à “produire de l’énergie européenne”, coupant ainsi sa “dépendance envers la Russie, grâce à la solidarité”, accélérant dans le même temps son chemin vers la “neutralité carbone”. 

En effet, bien que les moyens permettant d’atteindre cet objectif soient toujours en attente, au grand dam de Philippe Martin qui ne comprend pas l’annonce six mois en avance de l’embargo russe sans mise en place de plafonnement des prix de l’énergie, Valérie Drezet-Humez explique que la solution ne réside pas seulement dans les prix de l’énergie mais aussi dans le type d’énergie, dans le “modèle que nous souhaitons investir”.

La doyenne de PSIA est convaincue qu’un autre message, “la locomotive européenne va vrombir”, est aussi adressé à des acteurs puissant tels que la Chine et les Etats-Unis, afin de leur faire comprendre que l’UE va se doter d’outils lui permettant d’être compétitive comme une plus grande flexibilité fiscale, des accords de marché, des investissements sur les matières premières, etc.

L’EUROPE NE PREND PAS LA DÉMOCRATIE À LA LÉGÈRE"

S’il y a un élément qui fédère les trois intervenants de la conférence, c’est bien l’importance de la démocratie, une valeur centrale de l’UE. Valérie Drezet-Humez est claire : le soutien européen de l’Ukraine n’est pas seulement militaire et humanitaire (pour les réfugiés), il représente un combat pour les valeurs européennes que sont la démocratie, la liberté, la liberté de la presse… Ce combat qui a été fondateur dans la naissance de l’UE est toujours d’actualité aujourd’hui et elle ajoute que les jeunes générations ne devraient jamais “se reposer sur leurs acquis”. Philippe Martin salue également la puissance certaine des démocraties européennes face à l’agression russe mais il alerte sur la relative faiblesse de la démocratie sur des sujets de moindre ampleur.

Arancha González identifie aussi dans le discours sur l’état de l’Union un message adressé aux citoyens européens : “l’Europe ne prend pas la démocratie à la légère”. Cependant, pour être “crédible à l’extérieur”, l’UE doit “être crédible chez soi”, et pour la doyenne de PSIA, cela peut découler de mesures comme combattre la corruption, accélérer le processus d’admission (particulièrement pour la Macédoine du Nord et l’Albanie), poursuivre le projet de convention européenne et construire une communauté politique européenne. Sciences Po apporte sa pierre à cet effort européen en créant des alliances avec d’autres universités européennes, par exemple avec le projet CIVICA. Le message qu’Ursula von der Leyen adresse au reste du monde est pour Arancha González que l’Europe prend à cœur la responsabilité de façonner les “biens public mondiaux”, de protéger les droits humains et des travailleurs, de conclure “un pacte migratoire digne”. Ces objectifs ne peuvent être atteints sans coopérer avec d’autres continents comme l’Afrique et l’Amérique latine.

Pour conclure, les deux doyens de Sciences Po s’accordent sur un même constat, le “message puissant” – et nécessaire – de ce discours sur l’état de l’Union doit laisser un espace pour la nuance et le débat. Philippe Martin souligne l’importance de pouvoir débattre et critiquer au sujet des sanctions contre la Russie, qu’il aurait espérées plus sévères. Arancha González déconseille de diviser le monde entre méchants et gentils et prévient qu’un “espace de dialogue et de coopération” doit être maintenu avec certaines autocraties, même si cela ne signifie pas “que l’on doit s’apprécier”.

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Rédiger un mémoire m'a permis de comprendre l'impact des politiques publiques sur la question de l'équité

Témoignage de Marisol Dextre Polo, récompensée par la Société Française d’Evaluation pour son mémoire
  • Actualité Sciences PoActualité Sciences Po

Chaque année, entre 40 et 60 étudiantes et étudiants choisissent de rédiger un mémoire dans le cadre de leur semestre hors-les-murs à l'École d'affaires publiques (EAP). Ils s'engagent ainsi dans un cursus qui leur permet d'approfondir leur expertise dans un ou plusieurs domaine(s) des politiques publiques qui les intéresse(nt) particulièrement, tout en bénéficiant d'un soutien pédagogique et méthodologique durant leur seconde année de Master. En s'appuyant sur des travaux de recherche pour étayer leurs démonstrations, raisonnements et conclusions, et en menant eux-mêmes des analyses, ces étudiants et étudiantes formulent des recommandations de politiques publiques à la lumière des pratiques de recherche en sciences sociales (droit, économie, histoire, science politique, sociologie). À l'image de l'EAP dans son ensemble, la rédaction d'un mémoire à l'EAP offre de nombreuses voies de réussite et d'insertion professionnelle. Cette expérience de recherche permet aussi à des étudiantes et des étudiants de découvrir une réelle appétence pour le monde de la recherche. Ce fut le cas de Marisol Dextre Polo, lauréate du Prix du mémoire de Master en évaluation des politiques publiques de la Société Française de l'Evaluation. Témoignage. 

POURRIEZ-VOUS DÉCRIRE VOTRE PARCOURS UNIVERSITAIRE ET EXPLIQUER POURQUOI VOUS AVEZ DÉCIDÉ D'ÉCRIRE UN MÉMOIRE ?

Je suis titulaire d'une licence en communication pour le développement de l'Université catholique du Pérou. Cette branche des études en communication se concentre sur l'utilisation des outils et des arts de la communication dans un but de développement social et durable. J'ai suivi des cours de sciences sociales et humaines tels que l'anthropologie, l'économie du développement, l'histoire, la psychologie et la philosophie, ainsi que des cours plus techniques et théoriques sur les communications. Après cinq ans de travail au sein d'ONG au Pérou sur différents sujets de développement, j'ai voulu en savoir plus sur la façon de concevoir et d'améliorer les politiques publiques, et j'ai donc décidé de faire un Master en politiques publiques avec une spécialisation en économie à Sciences Po. J'ai décidé d'écrire un mémoire parce que cela me donnait l'occasion d'étudier en profondeur une politique particulière, et de comprendre l'impact estimé qu'elle avait sur une question aussi importante que l'équité. J'ai également pensé que je me sentirais plus forte si j'étais capable d'appliquer les méthodes d'évaluation des politiques que j'avais apprises en classe à un cas réel, ce que j'ai fait.

POUVEZ-VOUS NOUS PARLER DE VOTRE SUJET D'ANALYSE ET DE SA CONTRIBUTION AU DOMAINE DE L'ÉVALUATION DES POLITIQUES PUBLIQUES ?

Mon sujet d'analyse est un phénomène que je trouve très intéressant et qui s'appelle "l'échec des aspirations". Il s'agit de situations où des personnes se fixent des aspirations professionnelles ou éducatives qui ne correspondent pas à leur talent et à leur potentiel. Les échecs d'aspiration se produisent lorsque les aspirations sont affectées par d'autres facteurs tels que le statut socio-économique, le sexe, l'origine ethnique, et même le fait qu'une personne soit l'aîné ou le cadet d'une fratrie. Dans mon mémoire, je me demande si le programme de transfert conditionnel d'argent "Juntos" (Ensemble en espagnol), qui aide financièrement les familles à faible revenu à la condition qu'elles emmènent leurs enfants à l'école, a un impact sur les aspirations des adolescents. Je trouve que les adolescents bénéficiaires sont entre 1,5 et 1,8 fois plus susceptibles d'aspirer à un niveau d'éducation plus élevé que les non-bénéficiaires, et entre 1,4 et 1,7 fois plus susceptibles d'aspirer à des emplois plus rémunérateurs qui exigent plus d'années d'éducation que les adolescents comparables non-bénéficiaires.

Mon mémoire (PDF, 463 Ko) est le premier à étudier les effets à long terme d'un programme de transfert monétaire conditionnel sur les aspirations éducatives et professionnelles des adolescents, ainsi que les effets différenciés selon le sexe, l'ethnie et l'ordre de naissance. Elle fournit un aperçu descriptif des mécanismes de fixation des aspirations dans un pays diversifié et émergent comme le Pérou.

DANS QUELLE MESURE LA RÉDACTION DE VOTRE MÉMOIRE A-T-ELLE ENRICHI VOTRE EXPÉRIENCE UNIVERSITAIRE ET VOTRE INSERTION PROFESSIONNELLE ?

La rédaction de mon mémoire m'a fait découvrir l'environnement académique de la recherche en sciences sociales, notamment dans le domaine de l'évaluation des politiques publiques et de l'évaluation d'impact. Après avoir reçu le prix de la Société française d'évaluation, j'ai assisté à quelques événements sur l'évaluation des politiques et j'ai appris que c'est un domaine où la discussion est très active, car il y a beaucoup d'approches et d'acteurs impliqués. La rédaction de mon mémoire m'a donné l'occasion de le présenter dans des endroits auxquels je n'avais jamais pensé, notamment au ministère péruvien de l'éducation. Enfin, je suis très honorée de vous annoncer que je vais bientôt rejoindre une équipe d'évaluation des politiques en tant que chercheuse en statistiques à Paris. 

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Arthur Duthoit, promotion 2016

Du Master Affaires publiques (nouvellement Politiques publiques), filière générale (nouvellement spécialité Administration publique) au poste de Senior Data Consultant chez Artefact
  • Arthur Duthoit © Baptiste DuthoitArthur Duthoit © Baptiste Duthoit

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

J’ai intégré Sciences Po après le baccalauréat sur le campus de Paris. Après les trois premières années de collège universitaire, dont une à Singapour, s’est posée pour moi la question de mon orientation professionnelle. Je souhaitais une carrière qui y réponde par trois dimensions majeures :

  • Un bon équilibre entre travail en équipe et travail en autonomie
  • L’opportunité de monter en compétences et en responsabilités
  • La possibilité d’être confronté à des problématiques intellectuellement stimulantes 

Ayant une attirance particulière pour les enjeux de politiques publiques, je me suis naturellement tourné vers le Master Affaires Publiques. J’ai eu plusieurs expériences liées à ce parcours, à la préfecture de la Vendée, à l’Assemblée Nationale ou à l'Institut Montaigne et j’ai préparé les concours administratifs.  

N’ayant pas eu celui que je souhaitais, je me suis interrogé sur le sens à donner à mon parcours. En repensant aux trois dimensions que je m’étais donnée, il m’est apparu que l’univers du conseil correspondait assez bien à mes aspirations, et étant intéressé par la mode et le design j’ai choisi de refaire un master en International Management à la Bocconi, qui est bien positionné sur ces sujets.  

Au cours et à l’issue de ce master, j’ai eu trois expériences :

  • Une expérience de conseil au sein des équipes de Capgemini Invent à New York
  • Une expérience de business analyst au sein des équipes de SAPIAN, une entreprise en LBO avec le fond Weinberg
  • Mon expérience actuelle de consultant data au sein d’Artefact 

Quelles ont été les étapes majeures de la construction de votre projet professionnel ? 

Le projet professionnel me semble plus relever de la démarche introspective en perpétuelle gestation que d’une liste d’objectifs à atteindre. A ce titre c’est vraiment une construction personnelle : 

  • La définition de ce que l’on veut faire ou ne pas faire - la découverte de ses envies, de sa personnalité, de ses ambitions…
  • La prise de conscience de ce que l’on peut faire ou ne pas faire - les offres qui existent sur le marché, les compétences valorisées…
  • La confrontation à ses premières expériences afin de déterminer ce dans quoi on est performant - le travail d’équipe ou l’autonomie, les projets courts ou les responsabilités de long-terme…
  • Une réflexion de long terme sur ce qui a vraiment de la valeur, du sens pour soi et qui doit évidemment confirmer ou remettre en cause les appétences initiales. 

En ce qui me concerne, cela s’est fait en deux temps : d’abord une remise en question un peu difficile, mais nécessaire suite aux concours administratifs, puis la maturation lente d’une trajectoire cohérente. 

En comprenant qu’une partie des concours administratifs n’était pas faite pour moi, j’ai réalisé qu’il me fallait donner une dimension positive à mon parcours et non pas seulement définir mon projet par défaut, parce que je ne voulais pas faire ou simplement “parce que, c’est la suite logique” ou “parce que c’est la voie royale”. Comme je l’ai déjà exprimé, les trois dimensions fondamentales pouvaient m’aider à me repérer mais pas à m’orienter précisément.  

Je me suis demandé ce qui avait le plus de sens pour moi : 

  • En termes de secteur, l’industrie du luxe et du design me plaisent pour leur rapport aux métiers artisanaux et l’équilibre entre l’histoire des maisons et la volonté d’innover.
  • Le geste-métier qui m’attire le plus est celui du marketing. Les réflexions qui guident la conception d’un produit, sa présentation et son offre afin de répondre aux attentes, aux besoins des clients me passionnent.
  • Je savais aussi qu’il était nécessaire pour moi de me former sur les enjeux de la technologie, de la data et du numérique qui sont de plus en plus présents pour les entreprises. 

Et j’ai eu l’occasion de tester ces différents aspects lors de mes différentes expériences à Capgemini Invent, SAPIAN et Artefact. 

Quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui chez Artefact ? 

Le rôle de consultant data à Artefact est marqué par trois dimensions essentielles, la polyvalence sur les différentes missions, la capacité à assurer le relais entre les équipes métiers et technologiques et les valeurs fortes de l’entreprise. 

La polyvalence est une constante dans les métiers du conseil. En tant que consultant data à Artefact, nous sommes amenés à intervenir sur l’ensemble des gestes métiers d’une entreprise (marketing, commerce, opérations, achats…), quel qu'en soit l’industrie (distribution, télécommunications, pharmaceutique, produits de grande consommation…), quelque soit la technologie utilisée (générique ou spécifique, on-premise ou cloud…) et quelque soit le type de problématique (stratégie data, gouvernance des données, accélération d’un programme d’intelligence artificielle, définition des cas d’usage data-marketing…). 

L’interface entre le business et la tech est propre au conseil en transformation par les données avec un besoin constant d’intégrer les évolutions du paysage technologique. Les missions sur lesquelles nous travaillons nous amènent à clarifier, voire définir le besoin métier avant de le traduire en problématique data ou tech. Dans le cadre de projets d’intelligence artificielle par exemple, une phase de “discovery” est nécessaire afin de cadrer les “features” que l'on souhaite développer et les bénéfices associés. Sur les projets de data-driven marketing la mission commence généralement par une phase d’audit du client sur différents aspects (outils, modèle opérationnel, usage de la donnée…) et de définition de recommandations pertinentes en fonction de la vision établie. Par la suite, nous participons à la conception de la solution. Sur un projet d’algorithme ou de produit data, les consultants peuvent être amenés à incarner une rôle de product owner. Dans le cas d’une mission data marketing ils adoptent une posture complémentaire aux équipes marketing, aux agences média et créa des clients. 

La culture de l’entreprise est propre à Artefact, mais elle est partagée avec les autres métiers techniques, digitaux et créatifs. C’est aussi ce qui fait la richesse de l’entreprise, pouvoir échanger avec des profils aussi éloignés qu’un software engineer ou un planeur stratégique. Gravitant autour des sujets tech / data, Artefact s’inspire des principes des entreprises de ce secteur, notamment :

  • La transparence sur les objectifs, les résultats et les bénéfices associés aux postes qui permet à chacun de se positionner dans l’entreprise et d’adapter ses attentes et ses objectifs par rapport à un plan de compétences par poste, des badges d’expertise et une grille de rémunération.
  • La confiance et l’autonomie avec la possibilité de s’investir sur des projets internes en fonction des sujets qui ont du sens ou des compétences que l’on souhaite développer : action environnementale, recherche sur des sujets data, partenariats avec les entreprises de la tech… 

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'Affaires Publiques envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ? 

A mon sens, l'École d’affaires publiques de Sciences Po est l’École qui s’inscrit le plus dans la lignée du campus universitaire. Au-delà des compétences communes aux écoles de commerce et d’ingénieurs, elle donne à ses étudiants des compétences simples mais essentielles et difficiles à acquérir. Je pense à trois en particulier :

  • Le sens de la synthèse, qui est une compétence fondamentale. Il permet en amont d’une mission de distinguer ce qui est important - dans le conseil, c’est souvent la valeur business - de ce qui ne l’est pas. En aval de ces projets il permet de ramasser l’essentiel en quelques messages clés pour faciliter la restitution / transmission des enseignements.
  • La rigueur dans l’expression écrite et la confiance dans l’expression orale. Ces compétences-clés sont systématiquement travaillées à Sciences Po à travers les exercices de dissertation et d’exposé. C’est tout à fait vrai au sein des affaires publiques qui valorisent l’expression claire et précise de concepts parfois complexes et difficiles.
  • La curiosité, qui n’est pas vraiment une compétence, mais plutôt une qualité. La formation à Sciences Po est pluridisciplinaire et apprend aux étudiants à rester à l’écoute d’idées différentes ou neuves. En un mot, l'École d'affaires publiques apprend à apprendre et c’est essentiel pour progresser dans n’importe quel métier. 

Auriez-vous un conseil à donner à un ou une étudiant(e), futur jeune diplômé(e) ? 

Il est sans doute plus intéressant de se tromper que de s’abstenir. En essayant, on apprend quelque soit le résultat et c’est je crois le plus important. Aussi, en sortant d’une école comme Sciences Po on peut généralement se payer le luxe de se tromper ou de connaître des échecs sans en payer le prix fort.

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Retour sur les temps forts de la rentrée des étudiants en apprentissage

  • Rentrée des apprentis 2022Rentrée des apprentis 2022

L'École d’affaires publiques offre la possibilité aux étudiants du Master politiques publiques et du Master affaires européennes d’effectuer leur seconde année en contrat d’apprentissage. Deux-cent-treize étudiants ont fait ce choix pour l’année universitaire 2022-2023, soit 29% des étudiants en Master 2. 

Jeudi 25 août, les apprentis ont pu se rencontrer et assister à différentes conférences afin de s’engager sereinement dans leur nouveau parcours.  

Ouverture avec la conférence « Prendre en main votre apprentissage. Une trousse à outils pour bien démarrer »

Pour la deuxième année, Manon Renonciat-Laurent, coach professionnelle et enseignante en « Atelier Professionnel et Management » à l’EAP*, a animé une conférence qui ouvrait la journée de rentrée des apprentis.

Cette conférence offrait aux étudiants des outils et clés essentiels pour bien démarrer leur apprentissage, en donnant – mais aussi en trouvant ! – satisfaction. 

Manon Renonciat-Laurent a présenté l’alternance comme un « terreau fertile » pour l’avenir professionnel des étudiants, qu’ils peuvent cultiver de façon intelligente et sensible pour faire grandir leur assurance, leurs talents et leurs projets professionnels. 

À travers un atelier en petits groupes et la transmission d’une « trousse à outils », Manon Renonciat-Laurent a ainsi éclairé les aspects sur lesquels les alternants ont la « main » pour se saisir au mieux de cette opportunité et poser de bonnes bases pendant leurs premières semaines. Elle les a invités à prendre le temps d’observer leur organisation avec curiosité et humilité pour y trouver leur place, oser rencontrer et questionner collègues et directeurs/directrices, construire et partager leur rapport d’étonnement. Mais aussi, définir leurs grands objectifs de l’année pour prioriser leurs tâches, connaître et savoir mobiliser leurs ressources en cas de difficulté.  Enfin, et surtout, penser leur réussite comme une alliance du plaisir et de la performance. 

Rencontre avec le Centre de Formation d'Apprentis (CFA) Formasup Paris

Les étudiants ont ensuite échangé avec un représentant de Formasup Paris, le CFA partenaire de Sciences Po dans l’établissement des contrats d’apprentissage. Il a été question de leur nouveau statut de salarié en formation. Contrat de travail, rémunération, congés, couverture sociale, aides spécifiques, rôle du maître d’apprentissage et du tuteur pédagogique ont été évoqués. 

Moment de cohésion avec le rugbyman Marc Lièvremont

Pour clôturer la journée, les apprentis ont reçu le rugbyman Marc Lièvremont, sélectionné 25 fois en équipe de France, puis sélectionneur du XV. 

Les paroles d’un sportif de haut niveau, capitaine et sélectionneur, étaient une manière décalée d’aborder des sujets auxquels les apprentis seront exposés très vite dans leur vie professionnelle et qu’ils approfondiront dans le cadre de l’atelier de management du second semestre. Ces sujets sont le leadership, le travail d’équipe, les valeurs du groupe, la gestion de carrière. De façon peut-être contre-intuitive, le rugby était aussi une façon de montrer que le leadership n’est pas nécessairement lié à la force ou à la virilité.

Marc Lièvremont a partagé avec les étudiants le récit d’une carrière avec ses espoirs, ses rencontres, une ambition, des doutes, des critiques, des revers, de la passion, des succès, des changements de cap, de la solitude parfois et du collectif. Ce moment a contribué à la cohésion de la promotion 2022-2023. 


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* L’Atelier Professionnel et de Management de l’EAP est un cours innovant et collaboratif, dédié aux étudiants en alternance en M2 et animé par des professionnels (dirigeants, consultants, coaches, DRH…). Les enseignants mêlent apports théoriques, outils pratiques et échanges en intelligence collective pour aider les étudiants à optimiser cette expérience d’alternance déterminante : trouver leur place dans leurs organisations d’accueil, gérer leur temps et leurs priorités, communiquer et entretenir de bonnes relations avec leurs managers et collègues, comprendre les bases du management. En fin de semestre, des séances sont dédiées à la définition et à la mise en œuvre des projets professionnels des étudiants. 

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“La puissance de la culture et la force de l’imaginaire” par Rima Abdul Malak

Retour sur la leçon inaugurale de l'École d'affaires publiques
  • Actualité Sciences PoActualité Sciences Po

Article initialement publié sur www.sciencespo.fr par l'équipe éditoriale de Sciences Po.

Après un retour par le directeur de Sciences Po et le doyen de l’École, sur les fondamentaux de cette formation, ses ambitions et ses évolutions, la ministre a partagé avec les étudiants son parcours et la manière dont celui-ci a nourri ses aspirations.

PROFONDEUR ET TRANSVERSALITÉ

S’il est un terme qui s’est fait écho lors de la rentrée des étudiants de l’École d’affaires publiques (EAP), c’est bien la transversalité. Évoquant la complexité de notre société, Mathias Vicherat, directeur de Sciences Po, a expliqué l’intérêt de “mêler toutes les sciences humaines et sociales dans une perspective internationale”. Philippe Martin, doyen de l’École et professeur des universités en économie a présenté les nouveautés du cursus comme le renforcement des enseignements sur la transition environnementale, les enjeux européens et la généralisation de l’évaluation des politiques publiques. Il a également rappelé ses attentes : “Allez en profondeur, soyez techniques, nous attendons de la réflexion, de l’action et que vous mettiez  en résonance les différentes dimensions des politiques publiques : politique, sociale,  juridique, économique etc.,” 

Avec 50% d’étudiants internationaux, une ouverture internationale rare dans les universités, Sciences Po encourage une approche comparatiste. Mathias Vicherat a aussi énuméré les autres piliers qui fondent l’EAP : l’alliance des savoirs universitaires et de la pratique, des méthodes d’apprentissage renouvelées, tout ceci pour former “des professionnels éclairés et engagés au service d’une société plus durable et plus juste”.

Plaçant la culture comme “une colonne vertébrale dans un monde en proie à la division”, le directeur de Sciences Po, a insisté sur le fait que “les sciences humaines et sociales ont besoin de se nourrir des arts ; l’expérience du sensible éclaire la construction de la pensée, de l’action et de l’engagement”. ” Il a rappelé qu’il y a 5 ans, Bruno Latour créait à Sciences Po un programme d'expérimentation en arts et politique (SPEAP). Il a ensuite annoncé le lancement prochain de la Maison des arts et de la création et partagé son espoir de créer un statut d’artiste confirmé pour celles et ceux souhaitant conjuguer études et pratique artistique à haut niveau.

PLACE À L’AUDACE !

Présentant son parcours, la ministre a exprimé sa profonde conviction dans la force transformatrice de la culture. Après avoir connu la guerre au Liban, son pays d'origine dont elle sera exilée, elle explique “c’est ma rencontre avec le théâtre qui m’a sauvé la vie, qui a dénoué mes blocages, qui m’a libérée de mes assignations identitaires”. Et d’ajouter, “ma liberté s’est forgée par la culture”. Plus qu’une femme politique, c’est une ambassadrice “habitée” qui fait face à l’audience attentive. Elle déclare, “la culture donne de l’ampleur à nos vies, nous relie à nos passés sans nous y enfermer. L’imagination est quant à elle une arme qui rend invincible !"

Diplômée de l’IEP de Lyon, Rima Abdul Malak a travaillé pour des ONG culturelles souhaitant “changer le monde” Elle a organisé des représentations inédites dans des pays occupés, dans des camps de réfugiés et découvert via ces expériences que “rien n’est impossible”. Elle évoque“ce fil universel de la culture, qui crée une histoire commune, qui laisse des traces par-delà les tragédies”. “Les oeuvres permettent de se projeter vers l’avenir”, explique-t-elle.

Evoquant la dernière étude menée par Luc Rouban, chercheur au Centre de recherches politiques de Sciences Po (CEVIPOF), qui met en exergue la défiance caractéristique de la population française, elle partage son sentiment qu’une fois encore la culture pourrait constituer une réponse à cette situation. Face au tiraillement identitaire, la ministre de la culture explique envoyer des artistes dans les diasporas pour créer les conditions du dialogue. Après avoir énuméré toutes les causes pour lesquelles son ministère s’investit : la lutte contre les inégalités, l’éducation artistique, la diversité des profils au sein de la culture et même l’urgence écologique… Elle a finalement clos son propos en appelant les élèves à faire preuve d’audace, à écouter et suivre leurs aspirations.

Photo © Thomas Arrivé/Sciences Po.

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Proposez vos défis à l'Incubateur de politiques publiques

  • Actualité Sciences PoActualité Sciences Po

Vous souhaitez participer à la cinquième édition de l’Incubateur de Politiques Publiques (IPP), proposé par l'École d’affaires publiques de Sciences Po ? L’appel à défis est ouvert jusqu’au 28 octobre 2022. Toutes les organisations publiques, privées ou associatives souhaitant proposer aux étudiantes et étudiants de travailler sur des problématiques d’intérêt général concrètes et réelles sont les bienvenues. 

Début des travaux prévu en Janvier 2023 !

COMMENT ÇA MARCHE ET POURQUOI PROPOSER UN DÉFI ?

L’Incubateur de Politiques Publiques (IPP) est un programme pédagogique phare de l'École d’affaires publiques. Chaque année, de Janvier à Mai, une centaine d’étudiantes et étudiants de première année de Master sont répartis en petits groupes de 4 à 6 personnes pour travailler autour d’une problématique concrète proposée par une organisation publique, privée ou associative. C’est ce que nous appelons “défi”.

L’originalité de ce programme est de s’appuyer sur des méthodologies issues du design avec pour objectif de former nos élèves à de nouvelles manières de concevoir et de mettre en œuvre les politiques publiques.

En tant que partenaire, c’est une occasion de faire un pas de côté dans la façon dont vous avez l’habitude de percevoir vos problématiques du quotidien : ainsi, les étudiants n’auront pas simplement pour mission de poser un diagnostic, mais bien de se nourrir des observations et constats qu’ils feront sur le terrain pour formaliser un dispositif concret testable directement auprès des usagers concernés. 

Depuis 2018, 47 partenaires très divers ont accepté de partager leurs enjeux avec nos étudiantes et étudiants et de leur ouvrir leurs portes. Ils se sont vus présenter en retour des prototypes de solutions apportant des réponses concrètes aux défis proposés (voir la galerie des défis en bas de page).

COMMENT PARTICIPER À LA PROCHAINE ÉDITION DE L’IPP ? 

Le présent appel à défis a pour but de sélectionner les partenaires, acteurs publics, privés ou associatifs, qui collaboreront avec la nouvelle promotion de l’IPP à partir de janvier 2023. 

Cette année, l’accent est mis sur les problématiques liées aux transitions environnementale et numérique, mais n’hésitez pas à nous soumettre toute autre problématique du moment qu’elle vous touche et concerne un sujet d’intérêt général ou d’action publique.

Tous les détails sur les objectifs pédagogiques du programme, son organisation et le processus de sélection des partenaires sont explicités dans l’appel à défis.

Vous pouvez proposer votre défi en remplissant ce formulaire. Toutes les propositions sont les bienvenues jusqu’au 28 octobre prochain pour un début des travaux en janvier 2023. La présentation des travaux finaux se tiendra le 16 mai 2023.

Pour toute question, contactez Léa Douhard ou Leïla Nciri à l’adresse : policy.lab@sciencespo.fr  

AVEC LE SOUTIEN DE 


EN SAVOIR PLUS

Découvrez des solutions imaginées lors de l’édition 2022


Parcourez la galerie des défis et prototypes issus de l’IPP

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