Forum carrières en ligne

Du 14-16 octobre 2020
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Le Forum Carrières de Sciences Po est le rendez-vous annuel de rencontre entre les entreprises qui recrutent et nos étudiants et jeunes diplômés en recherche de stages, 1ers emplois, apprentissages et VIE/VIA.

Pour la sécurité sanitaire de toutes et tous, l’édition 2020 se tiendra pour la première fois en ligne sur la plateforme Seekube du 14 au 16 octobre.

Le Forum Carrières en ligne, c’est une occasion unique pour les élèves de :

  • s’informer sur les entreprises qui recrutent dans différents secteurs
  • trouver un stage, apprentissage, 1er emploi…
  • s’entraîner aux entretiens de recrutement
  • développer leur réseau professionnel.

À noter: ce Forum étant organisé en ligne, il permet à tous les recruteurs, étudiants et jeunes diplômés hors de France de participer.

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Good Economics for Harder Times

Retour sur la leçon inaugurale avec Esther Duflo
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“Tout patrimoine culturel mérite d'être connu et étudié"

Entretien avec Zina Akrout, lauréate du Prix Max Lazard 2020
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Zina Akrout est étudiante au sein du master politiques publiques de l'École d’affaires publiques. Elle a reçu le prix Max Lazard pour conduire un projet sur les “Berbères de Tunisie”. Retour sur sa trajectoire, guidée par son insatiable curiosité et une forte dimension internationale. 

Vous avez d’abord suivi un double bachelor entre Sciences Po et UCL. Pourquoi avoir choisi ce programme, et quelle a été votre expérience ? 

J’ai d’abord choisi ce programme pour son contenu, qui implique à la fois de se spécialiser dans une discipline des humanités et d’étudier une langue européenne (le français, l’allemand, l’espagnol ou l’italien, selon le profil, les aptitudes et le choix de chaque étudiant), pendant les quatre ans que dure le programme. J’étais impatiente de vivre cette expérience entre deux institutions, et d’apprendre de différentes perspectives. 
Ce programme m’a aussi permis de personnaliser mon parcours en fonction de mes centres d’intérêt. J’ai ainsi choisi de passer mes deux premières années sur le campus de Sciences Po à Menton, afin de suivre des enseignements portant sur la région de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, d’apprendre l’italien*, et de développer des connaissances en droit international… 

J’ai beaucoup aimé passer de l’approche interdisciplinaire de Sciences Po à l’approche plus anglo-saxonne de UCL - université dans laquelle j’ai suivi des cours de politiques publiques, des séminaires thématiques (politiques de la ville, géographie politique…), et des cours de langues. Dans l’ensemble, ce programme a été une merveilleuse expérience académique, mais aussi une aventure personnelle, puisque je m’y suis fait des amis pour la vie et que j’ai eu accès à des expériences extracurriculaires très riches. 

Aujourd’hui, vous êtes étudiante en master Politiques publiques à Sciences Po. Dans ce cadre, vous avez passé un semestre d’échange en Italie - séjour qui ne s’est pas déroulé comme prévu en raison de la crise sanitaire... De quelle façon cet échange s’est-il déroulé, et quelle influence a-t-il eu dans votre parcours étudiant ? 

J’ai choisi de passer mon dernier semestre d’étude à l’Università Commerciale Luigi Bocconi de Milan. Il est vrai que c’était un moment étrange pour participer à un programme d’échange, surtout dans le Nord de l’Italie qui a été si durement impacté par la crise sanitaire ! L’université a fermé ses portes à la fin du mois de février, deux semaines seulement après le début des cours, et a opéré un passage en ligne immédiat. 

Ils se sont adaptés de façon très réactive, et ont réussi à mettre à disposition des ressources en ligne et des outils numériques pour que les enseignements puissent se poursuivre - à partir du moment où les étudiants avaient assez d’espace, de connexion Internet et de motivation pour participer aux cours, bien entendu. 

Cet échange m’a donc permis de suivre des cours en management et en développement durable pour compléter mon parcours, et de découvrir encore une autre approche universitaire avec la méthode business school de la Bocconi, très différente de ce que j’ai pu voir à l’École d’affaires publiques. Je conseille vivement aux étudiants de master de participer à un échange universitaire, que ce soit pendant une éventuelle année de césure ou au cours de leur dernier semestre ; c’est une expérience très enrichissante et une possibilité trop souvent méconnue. 

Vous avez reçu le Prix Max Lazard pour un projet intitulé “Berbères de Tunisie”. Pouvez-vous nous en parler ? 

C’est un projet personnel que je développe en parallèle de mes études : en tant que citoyenne franco-tunisienne, je suis très intéressée par le patrimoine et l’identité berbères. Mon objectif est donc de réaliser un voyage de terrain qui me permettra d’approfondir ma compréhension de la culture berbère en Tunisie. 

La communauté berbère de Tunisie est en situation de minorité, et souffre d’un manque de reconnaissance de son identité et de sa culture. J’aimerais conduire une enquête sociologique, sous la forme d’un sondage, afin de comprendre le sentiment des Tunisiens d’origine berbère à l’égard de leur propre culture, de leur intégration et de leurs revendications éventuelles. Cette recherche sera combinée avec un voyage de terrain pour cartographier les différentes initiatives visant à protéger et promouvoir la culture berbère en Tunisie (notamment dans la partie Sud-Est du pays). Ce sujet est cher à mon coeur, et je suis très reconnaissante d’avoir reçu le Prix Max Lazard pour le conduire. 

Quelle forme prendra ce projet ? Quand prévoyez-vous de le mener ? 

La perception de l’identité berbère en Tunisie est très différente de ce qu’on observe dans d’autres pays de la région et peu étudiée à ce jour. J’espère être en mesure de réunir assez d’informations et de connaissances à travers ce projet, qui pourrait servir à d’autres personnes qui s’intéressent à ce thème. C’est avant tout un projet personnel, mais j’espère aller aussi loin que possible dans la recherche et la réflexion, et pourquoi pas contribuer à redonner une voix à ceux qui sont peu entendus aujourd’hui par le gouvernement et ses parties prenantes. Tout patrimoine culturel mérite d’être connu et étudié. 

Ce projet aboutira a priori à la publication d’un article et d’un reportage vidéo, si les personnes que j’interroge acceptent d’être filmées. Si, au contraire, ces personnes ne souhaitent pas parler à la caméra, peut-être transformerai-je ce projet en exposition (virtuelle ou réelle) de photos accompagnées de légendes. 

J’espère mener ce projet cet été, si les mesures gouvernementales en réponse à la crise sanitaire le permettent. Cela dépendra aussi de la disponibilité de celles et ceux que je veux interroger. Et si ce n’est pas possible cet été, ce sera pour l’hiver prochain ! 

Que souhaitez-vous faire après l’obtention de votre diplôme ? 

Pour l’instant, je dois encore terminer mon master de politiques publiques (spécialité Digital, New Technology & Public Policy (EN)) à l'École d'affaires publiques. En parallèle, j’étudie la géographie alimentaire à la Sorbonne. Lorsque j’aurai présenté mon mémoire pour ce deuxième programme, j’espère poursuivre une carrière dans le domaine de la politique alimentaire, et plus spécifiquement dans celui de la food tech (technologie alimentaire). 

Article initialement publié sur le site de Sciences Po par son équipe éditoriale

*à partir de 2020, l’italien ne sera plus enseigné sur le campus de Menton

À propos du Prix Max Lazard 

Depuis 1956, le Prix Max Lazard soutient des candidats désireux d'approfondir une idée ou une passion et de se confronter à eux-mêmes et au monde. Il rend hommage à Max Lazard (1875-1953), homme engagé qui s'écarta de la banque fondée par sa famille, devint travailleur social bénévole, et rédigea une thèse sur le chômage. Max Lazard seconda Albert Thomas durant la guerre de 14-18 et se mobilisa ensuite pour l'éducation civique et politique dans un esprit européen.

Le prix récompense des projets originaux qui témoignent d’une démarche personnelle et ont souvent une portée sociale et civique. Il peut s'agir d'une enquête, d'un voyage d'étude ou de découverte, d'un séjour dans une institution ou dans un groupe social en France ou à l'étranger, ou d'une recherche documentaire ou éditoriale. Le prix a distingué à ses débuts Serge Klarsfeld, puis bien d'autres lauréats dont certains sont devenus des chercheurs reconnus. 

Les lauréats reçoivent un accompagnement financier d’un montant de 3000 euros et se voient offrir la possibilité de publier un article ou dossier sur le site de la revue Sens public, sous réserve d’acceptation par le comité scientifique. Les candidats sélectionnés et reçus par le jury peuvent également participer aux blogs liés à Sens Public et à leur rédaction.

Pour en savoir plus :

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"Je ressentais le besoin de m'engager pour une cause qui me tenait à cœur"

Alice Voirand raconte son engagement pour la santé des femmes
  • Alice Voirand ©AVAlice Voirand ©AV

Nouvellement diplômée du Master Politiques publiques de l’École d’affaires publiques, Alice Voirand vient d’obtenir la Certification avancée en études de genre qui valide son parcours de formation pluridisciplinaire en études de genre. Elle nous raconte son engagement universitaire, professionnel et associatif pour la santé des femmes.

COMMENT EST NÉ VOTRE INTÉRÊT POUR LES ÉTUDES DE GENRE ?

J’ai grandi dans un environnement plutôt masculin, avec deux frères aînés que je prenais pour modèles. J’ai passé mon enfance à vouloir m’affirmer et prendre ma place auprès d’eux, j’étais guidée par des figures de femmes fortes, notamment le personnage d’Hermione Granger dans Harry Potter. En arrivant au lycée, j’ai découvert la sociologie : j’ai compris que les garçons et les filles étaient socialisés différemment, que l’image de la femme reflétée par la société n’était pas la même que celle de l’homme, j’ai compris que dans la société actuelle nous n’avions pas les mêmes opportunités. J’ai donc voulu m’élever contre cela et les biais que j’ai pu intérioriser, qui me poussent encore aujourd’hui à toujours vouloir prouver ma valeur.

POUVEZ-VOUS NOUS RETRACER VOTRE PARCOURS À SCIENCES PO ?

J’ai suivi plusieurs cours en études de genre à Sciences Po, enseignés notamment par Camille Froidevaux-Metterie, Réjane Sénac et Marta Domínguez Folgueras. Ces cours m’ont permis de clarifier mon projet professionnel : c’est au travers de ces enseignements et d’engagements personnels que j’ai compris l’importance du combat pour l’égalité femmes-hommes et la nécessité de défendre ces valeurs dans mon travail.
Pendant mon année de césure, j’ai suivi la Préparation Militaire Supérieure État-Major de la Marine nationale dont je suis diplômée deuxième de promotion, sur 120 : il était important pour moi de m’affirmer et de dépasser mes limites dans un environnement très masculin. Étant désormais officier, j’ai pour projet de trouver un contrat de réserve en lien avec les questions de genre, l’égalité femmes-hommes et la lutte contre les discriminations au sein des armées.

Aujourd’hui, je nourris mon intérêt pour les études de genre à travers la lecture d’ouvrages féministes et l’écoute de podcasts : cela me permet d’apprendre toujours plus, de mûrir et construire mon discours pour être capable de défendre les droits des femmes sans m’autocensurer.

VOUS AVEZ EFFECTUÉ VOTRE STAGE DE FIN D’ÉTUDES DANS UNE ENTREPRISE DE CULOTTES MENSTRUELLES FRANÇAISE. QUELLES ÉTAIENT VOS MISSIONS ?

FEMPO est la première marque française de culottes menstruelles. J’ai découvert l’entreprise début 2019 et ai eu un énorme coup de cœur ! D’abord pour les culottes, qui ont révolutionné mes règles en me permettant de vivre cette période de manière beaucoup plus confortable tout en protégeant ma santé et la planète, mais aussi pour le projet global — aider les femmes à se réapproprier leur corps —  et pour le site web, qui donne envie de dépasser ses limites, de s’affirmer. C’était pendant mon année de césure, et je remettais beaucoup en question mon orientation : je ressentais de plus en plus le besoin de m’engager pour une cause qui me tienne vraiment à cœur, d’avoir un impact. Et rien n’est plus important pour moi que d’améliorer la condition des femmes dans leur vie, au travail. Je me suis donc immédiatement tournée vers FEMPO pour mon stage de fin d’études !

De janvier à juin 2020, j’ai été stagiaire marketing et responsable des partenariats dans le domaine de la santé et de l’éducation : j’organisais des événements visant à faire connaître la marque, rendre visibles les règles, sensibiliser à la santé féminine, je gérais également les partenariats avec des associations humanitaires, à travers des dons mensuels de culottes. J’ai aussi créé des offres destinées aux professionnels de santé, leur proposant de tester les culottes et d’y sensibiliser leur patientes. Enfin, j’ai co-créé et animé le podcast FEMPO, qui vise à informer et sensibiliser les femmes pour qu’elles comprennent mieux leur corps tout en brisant le tabou des règles.

POUVEZ-VOUS NOUS EN DIRE PLUS ?

Avant de créer la culotte menstruelle FEMPO, Claudette et Fanny, les créatrices de la marque, ont fait un sondage auprès de 3000 femmes et se sont rendu compte qu’il y avait une profonde incompréhension sur les règles et la santé féminine, et surtout un énorme désir de connaissance : les femmes connaissent mal les menstruations et obtiennent parfois des informations fausses, qui peuvent être préjudiciables pour leur santé. Il est donc essentiel de parler librement de ce sujet et d’informer les femmes sans tabou ! Elles ont donc décidé de créer un lieu d’échange et d’information en ligne pour aider les femmes à mieux comprendre leur corps. Cela a commencé avec le blog FEMPO : nous recevons énormément de questions sur des sujets liés à la santé féminine, auxquelles nous répondons en rédigeant des articles.

En complément du blog, nous avons décidé de créer pendant le confinement le podcast FEMPO, avec ma collègue Nina. Le podcast est dédié à la santé féminine, avec des épisodes courts informatifs et des épisodes longs d’interviews de professionnels de santé ou d’associations. Nina et moi sommes toutes les deux passionnées par la santé féminine et voulons faire tout notre possible pour aider les femmes à se réapproprier leur corps et leur biologie. Nous avons réalisé une quinzaine d’épisodes, dont huit avec des professionnels de santé et nous bénéficions d’environ 2 000 écoutes par épisode. C’était une expérience réellement passionnante !

VOUS AVEZ CHOISI D’ABORDER LE TABOU DES MENSTRUATIONS ET DE LA PRÉCARITÉ MENSTRUELLE LORS DE VOTRE GRAND ÉCRIT. POURQUOI CE SUJET ?

Dans les croyances populaires et les mythes, les menstruations ont souvent été associées à l’impureté et prétendues nocives. Cela a donné naissance à un tabou profond qui isole les femmes et les exclut de certaines activités économiques et sociales. Aujourd’hui encore, les règles sont souvent associées au dégoût, à la honte ; elles peuvent constituer une étape difficile dans le développement des jeunes filles. Plusieurs problématiques liées aux menstruations ont fait surface récemment dans le débat public, mais le sujet n’a jamais été abordé dans sa globalité. Pourtant, les menstruations renferment des problématiques variées et doivent être abordées de manière globale. Pour mon Grand Écrit, j’ai donc analysé dans quelle mesure l’éducation et la sensibilisation à la santé féminine permettent de briser le tabou des règles tout en luttant contre la précarité menstruelle. J’ai abordé le tabou des menstruations, ses conséquences et les mesures d’information et de suivi sanitaire qui pourraient être mises en place pour y remédier.

Et je me suis aussi penchée sur la précarité menstruelle, problème de santé publique considérable, qui découle en partie du tabou des menstruations : c’est la difficulté ou le manque d’accès à des protections hygiéniques, par pauvreté, manque d’information, ou rareté. Selon l’association Règles élémentaires, 1,7 million de femmes seraient concernées en France, avec trois principales catégories de victimes : les femmes en situation d’extrême précarité, les femmes dans les lieux de privation de liberté, et les étudiantes pauvres. Cette problématique doit être traitée à l’échelle nationale : les politiques commencent à s’emparer du sujet, avec plusieurs rapports parlementaires, et des expérimentations vont être mises en place, avec notamment la gratuité des protections dans certains lieux clés — prisons, établissements scolaires, foyers… —, mais aussi des distributeurs permettant aux femmes d’acquérir des protections à travers une carte bancaire ou une carte prépayée, et le soutien des associations d’aide aux femmes précaires et sans domicile.

QUELS SONT VOS PROJETS POUR LA SUITE ?

J’enchaîne mon stage de fin d’études avec un CDD d’un an chez FEMPO ! Je suis chargée de mission marketing et partenariats. Je reste dans la même équipe, sur les mêmes missions que pendant mon stage. Et je m’occupe désormais de la rubrique éditoriale de FEMPO : j’optimise le blog et je rédige de nouveaux articles, pour informer au mieux sur la santé féminine. Le but est de permettre aux femmes de renouer un lien plus positif avec leur corps, leur biologie, leur cycle, pour les aider à s’affirmer ! Je vais aussi pouvoir participer de nouveau à des congrès de professionnels de santé, et des festivals organisés par des associations, pour présenter FEMPO et les bienfaits des culottes menstruelles.

À la rentrée, je vais aussi devenir bénévole pour Règles élémentaires, la première association française de lutte contre la précarité menstruelle. Je veux m’engager personnellement pour aider les femmes qui n’en ont pas les moyens à se procurer suffisamment de protections hygiéniques pour vivre décemment leur période de règles. Le droit à la santé menstruelle est un droit humain qui devrait être garanti pour toutes ! Alors j’ai l’intention de donner de mon temps et de mon énergie, en dehors de FEMPO, pour améliorer la situation.

Quant à la suite, je souhaite continuer à m’engager pour les droits des femmes et l’égalité femmes-hommes tout au long de ma carrière ! On verra où ce chemin me mènera, mais j’ai compris que c’était le meilleur moyen pour moi d’avoir un impact et d’être pleinement épanouie dans ma vie professionnelle.

Article initialement publié sur le site du Programme de Recherche et d'Enseignement des Savoirs sur le Genre (Presage)

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Arthur Renaud, fondateur de Stackadoc

Diplômé du Master Affaires publiques en 2015
  • Actualité Sciences PoActualité Sciences Po

Interview d’Arthur Renaud, fondateur de Stackadoc et diplômé du Master Affaires publiques*, filière générale, promotion 2015.

Sciences Po :  Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

Arthur Renaud : J’ai toujours pensé que la polyvalence et la capacité à créer des liens pluridisciplinaires étaient au cœur de toute réussite personnelle comme professionnelle. J’ai voulu que mon parcours académique, comme celui en entreprise, soit à l’image de cette philosophie. C’est pourquoi, après avoir suivi les enseignements de l’ENSAE ParisTech, notamment les premiers cours de Data Science, j’ai voulu aller plus loin et m’ouvrir à de nouvelles perspectives. Sciences Po a incarné cette transition. En rejoignant le Master Affaires publiques*, je pensais trouver de nouvelles compétences et une meilleure compréhension de l’articulation entre l’univers du privé et le monde du public. J’y ai découvert une passion vibrante pour la chose publique et le goût pour la complexité des enjeux. La binarité à laquelle on ramène trop souvent les problématiques sociales et politiques est elle-même problématique, comme j’ai pu l’apprendre lors des cours de lobbying de Sciences Po, dispensés par François Decoster et Axel de Martene.

Sciences Po : Quelles ont été les principales étapes de la construction de votre projet professionnel ?

Arthur Renaud : Dès la fin de ma formation à Sciences Po en 2015, j’ai décidé de lancer ma première entreprise et de me frotter à l’entrepreneuriat. J’ai donc été, dès le départ, au service des start-ups : nous avons lancé une grande campagne de collecte de données dans l’optique de déterminer les chances de réussite d’une startup et ainsi aider ces acteurs à les maximiser. Je remercie chaque jour mes équipiers de RaisUP pour cette magnifique expérience car j’ai alors appris faire le tri et à distinguer l’utile du superflu.

J’ai ensuite co-fondé, en août 2015, la start-up ETAONIS, avec un objectif : conseiller les grands groupes pour valoriser la donnée interne et externe, et ainsi accroître leur productivité. 

Après quatre belles années de développement plutôt orientées “Conseil”, j’ai décidé de mettre les algorithmes que j’avais développé sous la forme d’un produit, qui pourrait être utile à un plus grand nombre. Stackadoc est née de cette pulsion. Nous ne nous contentons ni de la collecte de la donnée, ni de l’analyse : nous exploitons les deux approches, certains que nos utilisateurs, tous professionnels des Affaires Publiques, sont sensibles à cette complémentarité dans leur veille parlementaire et réglementaire. 

Sciences Po : Comment se déroule le processus de recrutement chez Stackadoc ?

Arthur Renaud : (Rires) Comme je suis le fondateur de Stackadoc, j’ai dû m’arranger avec moi-même. Je vous laisse imaginer la difficulté... En réalité, c’est plutôt la genèse du projet Stackadoc qui est intéressante. Notre start-up est le fruit d’un constat simple : la politique est devenue « infobèse ». L’émergence des nouvelles technologies, et notamment des réseaux sociaux a démultiplié les possibilités de faire et d’être en politique. La présence sur Twitter de l’immense majorité de nos représentants politiques et les stratégies agressives de Donald Trump, bousculant jusqu’aux systèmes les plus traditionnels comme les relations diplomatiques, en sont une preuve inéluctable. La transition numérique de la politique est en marche et la plupart des professionnels des Affaires Publiques sont peu voire pas préparés à cette dernière. Stackadoc existe précisément pour faciliter ce processus en permettant à ces acteurs d’avoir un monitoring de l’actualité parlementaire en temps réel et une analyse de la parole politique dans toute sa complexité. 

Sciences Po : Quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui ?  

Arthur Renaud : A l’instar de ma formation et de mon parcours, mon poste de Fondateur Directeur-Général est protéiforme. En plus de gérer une équipe de trois data scientists, au coeur du perfectionnement constant de nos fonctionnalités, je coordonne la partie développement produit, celle qui nous permet de proposer de nouveaux contenus à nos utilisateurs en fonction de l’évolution de leurs besoins. Par ailleurs, je travaille chaque jour à rendre l’Intelligence Artificielle plus accessible et plus compréhensible pour nos clients. La polarisation autour de l’IA est pernicieuse, elle nous fait oublier que l’IA est avant tout un outil, non une fin en soi, et qu’à ce titre, elle demeure sous notre contrôle. Plus encore, l’IA est déjà partout autour de nous. Des suggestions automatiques à chaque page Web ouverte aux conseils que l’Intelligence Artificielle nous offrent, cette dernière est déjà au centre de nos vies. Compte tenu des mutations à venir des Affaires Publiques, nous faisons le pari que l’exploitation de la puissance de cette technologie doit se faire dès maintenant. Nos utilisateurs l’ont pleinement compris et nous rappellent fréquemment à quel point le gain de temps que notre application leur octroie est salutaire. Je suis fier de participer à cette belle dynamique. 

Sciences Po : Quelles ont été les contributions de votre formation à l'Ecole d'affaires Publiques envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ? 

Arthur Renaud : J’en ai tiré une capacité d’adaptation et une compréhension fine des rouages parlementaires dont je peux faire bénéficier mon équipe technique et qui se sont avérées précieuses dans l’identification des besoins de nos utilisateurs. Dans un milieu aussi mouvant que celui des start-ups, c’est un point de repère inestimable. Mais c’est véritablement mes cours de lobbying de l’EAP qui m’ont permis d’entrer dans la complexité des enjeux et de pouvoir, sans difficulté, échanger avec nos utilisateurs. Ces derniers, par leur expertise et la spécificité de leur domaine, partagent un univers linguistique particulier, que l’EAP permet de maîtriser à la perfection, tant grâce à son ouverture à l’international que par l’amplitude des connaissances prodiguées. Enfin, Sciences Po est une école pionnière pour l’introduction du digital dans l’enseignement supérieur. Lors de mon entrée en M1, Sciences Po était déjà en voie de numérisation. J’ai voulu aller plus loin et faire du passage au digital mon métier. Avec Stackadoc, j’ai, moi aussi, tracé ma voie. 

*L’Ecole d’affaires publiques qui abrite les Masters Politiques Publiques et Affaires Européennes a été créée en septembre 2015. Le Master Affaires publiques filière générale mentionné correspond aujourd’hui au Master Politiques publiques, spécialité Administration Publique. 

 

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"L'égalité des chances doit aussi être territoriale" Salomé, Fondatrice de Chemins d'Avenir

Salomé est diplômée du Master affaires publiques
  • Actualité Sciences Po © Thomas ArrivéActualité Sciences Po © Thomas Arrivé

Originaire de l’Allier, Salomé Berlioux a livré une longue bataille contre l’autocensure avant d’obtenir son diplôme de l’École d’affaires publiques de Sciences Po. En 2016, elle engage le combat à grande échelle en fondant l’association Chemin d’avenirs, qui aide aujourd’hui 1000 jeunes issus des campagnes et des petites villes à surmonter les obstacles qui entravent leurs ambitions. Entretien avec une alumna déterminée.

Vous êtes vous-même issue d’une zone rurale, éloignée des filières élitistes et des codes qui vont avec... Quel a été votre parcours d’études ? 

Salomé Berlioux : J’ai grandi dans l’Allier et j’ai passé mon baccalauréat à Nevers, dans la Nièvre. À l’époque, mon professeur de philosophie m’avait conseillé de ne viser que des classes préparatoires à Clermont-Ferrand ou Dijon. J’étais très attachée à l’Allier, mais j’avais aussi envie de découvrir d’autres horizons. J’ai déposé des dossiers à Paris. J’ai eu la chance de rejoindre une classe préparatoire littéraire au lycée Fénelon. J’ai fait des études littéraires pendant cinq ans, notamment le master “De la Renaissance aux Lumières” proposé par l’École normale supérieure et la Sorbonne. C’est plus tard, grâce à Sciences Po, que j’ai compris que je pouvais m’ouvrir à bien d’autres voies.

Comment avez-vous découvert Sciences Po ? 

Salomé Berlioux : J’en ai entendu parler quelques semaines avant le baccalauréat, bien trop tard pour me préparer, même si j’ai tout de suite été attirée par l’école. Quelques années plus tard, admissible en master, j’ai raté l’oral d’admission. Il faut dire que je ne maîtrisais absolument pas les codes qui permettaient d’y briller. J’ai retenté ma chance et j’ai finalement intégré l’École d’affaires publiques. Sciences Po est une école à laquelle je dois beaucoup : j’ai eu enfin le sentiment que les portes s’ouvraient vers un avenir moins déterminé par mes origines géographiques. J’étais logée chez mes grands-parents et, en tant que boursière, je n’ai payé aucun droit de scolarité : rien n’aurait été possible sans cela. 

Quand et comment avez-vous commencé à vous intéresser aux jeunes des territoires ruraux et aux obstacles qu’ils rencontraient ? 

Salomé Berlioux : Durant mes études, j’ai donné des cours à des lycéens qui voulaient eux aussi intégrer Sciences Po. Année après année, il m’apparaissait évident que les jeunes des territoires ruraux travaillaient aussi dur que les autres, mais échouaient plus souvent à l’oral que leurs camarades urbains. C’était le cas pour Sciences Po mais aussi, plus largement, pour d’autres filières sélectives. Mon cas individuel prenait une résonnance collective. Il faut dire que 23 % des moins de 20 ans grandissent en zone rurale, et 42 % dans les petites villes : Moulins, Verdun, Charleville-Mézières… Ces jeunes plein de potentiel sont majoritaires, cumulent les obstacles et sont pourtant longtemps demeurés dans l’angle mort des politiques publiques. 

Vous avez fondé en 2016 l’association “Chemin d’avenirs” pour aider les jeunes des zones rurales à briser ces obstacles. L’association compte aujourd’hui 12 salariés et accompagne un millier de jeunes partout en France. Quelle est l’originalité de votre action ? 

Salomé Berlioux : Puisque les pouvoirs publics ne proposaient pas de dispositifs spécifiques pour les jeunes éloignés des grandes métropoles, c’était à la société civile d’agir ! Nous avons été la première structure à accompagner les jeunes des zones rurales, indépendamment de leurs résultats scolaires et quelles que soient leurs ambitions : qu’ils aient envie de devenir diplomate, artisan, ingénieur ou agriculteur. L’impératif n’est pas de tous les envoyer dans de grandes écoles, mais de leur permettre d’être libres de réaliser leur potentiel. Aujourd’hui, ce n’est pas encore le cas, loin s’en faut. Ces jeunes sont souvent assignés à résidence pour des raisons économiques ou psychologiques, avec moins d’opportunités culturelles, académiques ou professionnelles à proximité de leur domicile, moins de "rôles-modèles" auxquels s’identifier. Leur champ des possibles est réduit, dès le départ, alors que leurs origines géographiques pourraient représenter un véritable atout. Notre mission est de les accompagner dans la réalisation de leur parcours. Mais aussi, à plus grande échelle, de tisser des liens entre les territoires, entre les générations, les professions, au profit de la cohésion nationale.

Témoignages de filleuls Chemins d'avenir :

Qui accompagnez-vous et comment ? 

Salomé Berlioux : Nous nous adressons à tous les profils, dès le collège et le lycée. Le seul critère pour rejoindre l’association : être motivé. Dans les faits, les jeunes qui postulent pour nous rejoindre sont en majorité des élèves qui ont entre 8 et 13 de moyenne, sur lesquels personne ne semblent parier… et qui peuvent pourtant aller très loin. Mais aussi des élèves en décrochage ou au contraire d’excellents éléments. L’association s’attaque minutieusement à la chaîne d’obstacles qui limite leurs aspirations, en luttant contre le manque d’informations et les biais d’autocensure mais aussi en proposant des solutions concrètes, sur le terrain. Avec l’Éducation nationale et nos partenaires privés, nous avons ainsi construit une méthode de connaissance de soi pour nos filleuls. Le parrainage constitue un autre pilier de notre action, sur le modèle du mentorat qui a fait ses preuves dans d’autres domaines. Nous proposons également des formations thématiques pour les jeunes, et des opportunités en plus pour nos bénéficiaires (stages, bourses, ateliers d’empowerment, rencontres avec des professionnels.) Notre objectif n’est pas de tout réinventer, mais de construire un écosystème de réussite. Nous misons avant tout sur le bon sens et le pragmatisme, en mesurant chaque année notre impact à l’aide d’indicateurs de réussite qualitatifs et quantitatifs.

Avez-vous des exemples d’actions simples qui permettent d’ouvrir les possibilités ?

Salomé Berlioux : Prenons le seul exemple des oraux d’admission. En la matière, l’information est le nerf de la guerre. Il suffit d’expliquer aux jeunes ruraux comment ces oraux fonctionnent, quels sont les attendus. C’est une évidence, ces élèves ne sont pas plus bêtes que les autres ! Mais si on ne leur donne pas les clés, ils subissent les entretiens. Nous aidons les candidats des territoires isolés à devenir acteurs de leurs oraux. Nous les aidons à décrocher des stages, à avoir des engagements associatifs qui en diront beaucoup sur leur personnalité. Mais il faut à mon sens aller plus loin, en faisant entrer le critère territorial dans la démarche d’ouverture sociale des grandes écoles et des filières sélectives. De même, les entreprises gagneraient à faire évoluer leur définition de la diversité, en y intégrant la dimension territoriale. 

Où en est l’association aujourd’hui et quelle sont vos objectifs pour la suite ? 

Salomé Berlioux : Aujourd’hui l’association accompagne 1 000 jeunes, avec 1 000 parrains sur tout le territoire et des partenariats locaux et nationaux. Nous allons désormais densifier le travail dans nos 8 académies partenaires avant de poursuivre notre essaimage et accroître aussi notre indépendance économique. En parallèle, nous intensifions notre action de plaidoyer. En 2023, Chemins d’avenirs aura accompagné individuellement 3 000 jeunes. La question en interne est celle de notre impact systémique et des leviers de transformation que nous pouvons actionner. Mais c’est aussi aux politiques publiques de s’emparer du sujet, pour toucher massivement les jeunes concernés. Il faut passer à la vitesse supérieure. J’ai bon espoir.

Avez-vous des pistes à proposer pour les politiques publiques plus efficaces en la matière ? 

Salomé Berlioux : Avec les associations du Collectif mentorat, nous travaillons depuis près d’un an de façon à ce que nos expériences conjuguées débouchent sur un programme national de mentorat, soutenu par l’État. Le mentorat est un véritable levier d’ascension sociale et de réalisation de soi, auquel nous croyons fermement et qui produit des résultats quantifiables. L’enjeu est aujourd’hui que chaque jeune qui en a besoin soit accompagné par un professionnel du secteur public ou privé et puisse avancer en confiance dans la construction de son parcours. Ce serait un signal formidable à opposer aux fractures territoriales et sociales de l’après crise sanitaire et un signe d’espoir pour la cohésion nationale.

Article realisé par L'équipe éditoriale de Sciences Po et initialement publié sur www.sciencespo.fr

En savoir plus 

  • Sur Salomé Berlioux : Diplômée du Master affaires publiques de Sciences Po, Salomé Berlioux est passée par le conseil stratégique en communication et des postes en cabinets ministériels, notamment au ministère des Affaires étrangères. Elle est fondatrice et directrice générale de l’association Chemins d’avenirs. Elle est co-auteure des Invisibles de la République (avec Erkki Maillard, éditions Robert Laffont, janvier 2019). Elle a été missionnée par le ministre de l’Éducation nationale et de la jeunesse sur le thème « Orientation et égalité des chances dans la France des zones rurales et des petites villes » et a rendu son rapport en mars dernier. Son nouvel essai paraitra en octobre prochain aux éditions de L’Observatoire.
  • Sur l’association Chemins d’Avenir
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Journée portes ouvertes Masters : 28 novembre 2020

  • Journée des Masters 2020Journée des Masters 2020

Quel master de Sciences Po est fait pour vous ? Comment réussir votre admission ? Ne ratez pas la Journée des masters 2020 ! Une édition entièrement virtuelle pour obtenir les réponses à toutes vos questions.

Ouverte et accessible à tous, notre prochaine journée portes ouvertes de Sciences Po dédiée aux masters sera organisée entièrement en ligne le 28 novembre 2020 !

En raison des incertitudes sur la situation sanitaire, aucun visiteur ne sera accueilli sur nos campus de Paris.

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Témoignage d'une étudiante diplômée

Du Master affaires européennes à PwC
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Quels sont les parcours de nos diplômés après l'École d’affaires publiques (EAP) ? Découvrez le témoignage de Katharina Poirier, ancienne étudiante du Master affaires européennes, filière Energie. 

Pouvez-vous nous décrire votre parcours académique et professionnel ?    

J'ai d'abord fait ma licence en communication et management à Hanovre, en Allemagne, puis mon master en affaires européennes à l'Ecole d'affaires publiques de Sciences Po à Paris, que j'ai terminé en 2019.  Pendant mes études, je me suis spécialisée dans l'énergie, les ressources et le développement durable et j'ai eu l'occasion de faire des stages aux Nations unies au Canada et à l'AIE (OCDE) à Paris.

Depuis 2019, je travaille pour PwC au sein du département Énergie et services publics. J'ai commencé à Düsseldorf, en Allemagne, et j'ai fait partie de la cellule des audits énergétiques relatifs aux subventions aux énergies renouvelables. Je travaille actuellement comme consultante dans l'équipe française de gestion de portefeuille et de programmes, où mes collègues et moi avons comme objectif la réussite d’une transition écologique européenne. 

Quelles ont été les principales étapes de la construction de votre plan de carrière ?   

Tout d'abord, une suite logique. Toutes mes expériences, positives et négatives, m'ont permis de m'orienter professionnellement et m'ont aidé à prendre des décisions. J'ai toujours été passionnée par l'environnement, l'énergie et la Communauté européenne. Par exemple, pendant ma licence, j'ai commencé par un stage dans le domaine de la biodiversité et j'ai ensuite trouvé que le thème de la transition énergétique était un très bon lien, que j'ai continué à approfondir.

Deuxièmement, de nombreuses opportunités. En Allemagne, je n'ai pas commencé par un emploi, ce que j'avais imaginé auparavant. Néanmoins, l'expérience professionnelle a été très enrichissante et m'a permis de passer en interne à l'équipe française de PwC et de faire maintenant exactement ce que je voulais faire. Il est important de rester ouverts et d'envisager différentes possibilités en ce qui concerne votre carrière. 

Quels conseils donneriez-vous à un étudiant qui s'engagerait, comme vous l'avez fait, dans un cabinet de conseil ?    

En particulier en début de carrière, le conseil est une très bonne occasion de se familiariser avec une grande variété d'entreprises et de se constituer un réseau professionnel. Je recommande à chacun d'utiliser pleinement ce réseau, d'organiser de nombreux déjeuners d'affaires et de tirer parti des connaissances des autres. Chaque jour est passionnant, et des entreprises comme PwC proposent de nombreuses initiatives, des groupes de travail et un développement commercial interne où vous pouvez poursuivre vos passions et développer votre plan de carrière. 

Quelles sont les principales caractéristiques de votre travail aujourd'hui ?    

Varié, instructif et souvent imprévisible. Il est donc important dans ce métier d'être curieux et flexible. 

Quelles ont été les contributions de votre formation à la fonction que vous occupez aujourd'hui ?    

Pendant mes études à Sciences Po, j'ai appris à aborder les questions et les problèmes de manière structurée et méthodique. Cela m'aide de façon quotidienne et c’est très apprécié. De plus, le contenu des études a constitué une très bonne base, complète, pour débuter dans le domaine de l'énergie et des services publics. Vous acquérez des connaissances spécialisées supplémentaires au cours des projets et grâce à votre équipe.  En outre, le travail d'équipe est important non seulement pendant les travaux de groupe à Sciences Po, mais aussi pendant le travail dans des entreprises comme PwC. Ainsi, mon engagement dans l'Association de l'École d’affaires publiques, par exemple, a été une excellente préparation pour le poste et pour travailler avec d'autres collègues. Je recommande vivement cette expérience. 

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Thomas Monarchi-Comte, Responsable des affaires publiques

Du Master politiques publiques à l'écosystème pionnier Ulterïa
  • Thomas Monarchi-Comte © Alexandre SurreThomas Monarchi-Comte © Alexandre Surre

Découvrez le parcours de Thomas Monarchi-Comte, depuis l'obtention de son Master Politiques publiques, spécialité Administration publique, en 2018 jusqu'à son poste de Délégué général de la Fondation actionnaire et Responsable des Affaires publiques chez Ulterïa. Thomas est également conseiller municipal d’une commune de l’Yonne depuis mars 2020. 

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

J’ai intégré Sciences Po après mon Bac ES. D’abord pour 2 ans au sein du campus de Dijon, afin de donner dès le début de mon cursus une dimension internationale et européenne. J’ai ensuite souhaité profiter de ma 3A pour faire un stage professionnel aux Etats-Unis. J’ai travaillé dans un secteur que je ne connaissais pas du tout, l’investissement immobilier à Miami, mais qui fut riche en enseignements. De retour en France, j’ai intégré le Master Politiques publiques à Paris. Cela a ensuite été pour moi l’occasion de réaliser mon stage de fin d’études dans une agence de communication parisienne, au sein de leur équipe d’affaires publiques. Cette même agence, Rumeur Publique, m’a proposé un emploi de consultant en Affaires publiques à l’issue de mon stage. Après un peu plus de deux ans passés chez Rumeur Publique, je souhaitais donner une nouvelle orientation à ma carrière, aspirant à plus de sens dans mon emploi et éventuellement à quitter Paris. Je crois que c’est d’ailleurs très à la mode après le confinement que nous avons vécu ! 

J’ai eu une belle opportunité début 2020 dans une grosse PME en Bourgogne, qui se développe notamment … dans le village où j’ai grandi ! La jolie histoire est devenue une nouvelle étape dans ma (jeune) carrière.  

Quelles ont été les principales étapes de construction de votre projet professionnel ?

Ma 3e année en stage professionnel a confirmé mon intérêt pour le secteur privé mais je conservais un fort tropisme pour le secteur public. Le lobbying était donc un moyen de réaliser cette jonction entre les sphères entrepreneuriales et publiques. Tout l’intérêt de mon métier réside dans ce fait d’être une interface entre les problématiques respectives des décideurs privés et publics. 

Aujourd’hui, je me sens beaucoup impliqué dans la revitalisation des territoires ruraux, presque oubliés de la mondialisation. L’Yonne en est un bon exemple je trouve. Ulterïa s’est bâti autour de valeurs très fortes, dont un ancrage sincère dans les territoires où sont implantées ses menuiseries.  

Comment s’est déroulé le processus de recrutement chez Ulterïa ?

C’est avant tout une histoire de chèvres ! 

Mon recrutement est d’abord passé par une rencontre avec les deux fondateurs d’Ulterïa (150 salariés) en novembre 2019 lors de l’inauguration d’une chèvrerie bio qu’ils avaient en partie financée. Au milieu des chèvres, nous avions échangé sur leur entreprise et leur développement, je trouvais qu’ils ne valorisaient pas assez leurs réussites et leurs valeurs. Ils construisent notamment dans l’Yonne la première usine recyclable (principe Cradle-to-Cradle) en Europe, et personne ne le sait… Nous avons continué d’échanger et en décembre, j’ai passé 4 entretiens chez Ulterïa, avec les 2 fondateurs et 2 autres salariés. Au-delà d’entretiens formels, ce sont des discussions. Ensuite ils prennent une décision en intelligence collective. 

Quelles sont les principales caractéristiques de votre job aujourd'hui ?

La polyvalence. Je m’occupe de leur fondation actionnaire (Ulterïa est une des premières entreprises françaises à avoir cédé une partie de son capital à un organisme à but non lucratif) mais aussi de leurs affaires publiques, du suivi des appels d’offres et d’autres projets, notamment sur leur communication et positionnement de marques. 

Les problématiques, très différentes les unes des autres, nécessitent une très bonne capacité d’adaptation personnelle. 

En valorisant publiquement les engagements d’Ulterïa (philanthropie, entreprises bientôt B-Corp, éco-conception de leurs produits…), c’est une véritable participation au développement de l’entreprise. C’est aussi une plongée dans le concret, « les pieds dans la glaise », aux côtés d’une PME pionnière quand beaucoup se mettent seulement maintenant à parler de « RSE, missions, engagements etc. »  

Quels conseils donneriez-vous à un.e étudiant.e ou jeune diplômé.e cherchant une première expérience professionnelle ?

La 3A peut être une première occasion pour l’étudiant d’effectuer un stage professionnel long, en plus à l’étranger. Les stages ont cet avantage de valider ou d’infirmer sa réflexion sur « est-ce bien cela que je veux faire plus tard ? », outre le fait d’augmenter sa confiance en soi et son adaptabilité pour appréhender de nouvelles situations. 

Avec cette première immersion dans le monde professionnel, les stages peuvent ensuite être mis en avant pour décrocher un premier emploi. Il faut que l’étudiant se demande ce que recherche l’entreprise, et adapte son CV afin de faire ressortir les actions passées ou compétences en lien avec l’emploi proposé et les travaux de l’entreprise. 

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'affaires publiques envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ?

L’EAP m’a permis de très bien appréhender le fonctionnement du secteur public, du processus décisionnel au sein de l’Etat et de ses administrations. Des connaissances extrêmement utiles lorsque l’on travaille à faire le lien entre le secteur privé et les décideurs publics ! Dans mon emploi actuel, ces connaissances me permettent de conseiller les co-fondateurs et codirigeants d’Ulterïa sur leurs relations avec les pouvoirs publics, sur les meilleures manières d’interagir et de construire une relation de travail avec eux. 

La richesse de la formation politiques publiques a résidé, selon moi, dans le fait qu’en plus de cours sur le secteur public, nous avons pu profiter d’enseignements sur l’entrepreneuriat et la vie en entreprise ou sur les nouvelles technologies. Je me souviens par exemple particulièrement d’un professeur, énarque et membre du Conseil d’Etat, à l’époque travaillant à la Commission de Régulation de l’Energie, qui dispensait un cours mettant en relation innovation digitale, souvent issue du secteur privé, et puissance publique. Cette richesse des cours permet à un étudiant de l’EAP d’appréhender aussi bien les problématiques du secteur public que privé.

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Imaginez le monde d'après la crise

Participez à la consultation “Notre nouvelle vie”
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Depuis le 27 avril 2020, Sciences Po mène aux côtés de TF1, de Bluenove et Cognito une grande consultation en ligne intitulée “Notre nouvelle vie”. Son objectif : faire émerger des propositions pour répondre aux conséquences sociétales, économiques et démocratiques de la crise du Covid-19. Originale dans sa forme, la consultation a déjà réuni plus de 58 000 réponses émanant de 5 100 participants. Il est possible de débattre de cinq thématiques jusqu'au 24 juin.

Explications détaillées avec Olivier Duhamel, Président de la FNSP et Yann Algan, doyen de l'École d’affaires publiques. 

Une consultation ancrée dans le projet éducatif et scientifique de Sciences Po 

Pour conseiller l’ensemble du dispositif tout au long de la consultation, Sciences Po a constitué un conseil scientifique réunissant Olivier Duhamel, Dominique Cardon, Yann Algan, Mirna Safi et Claudia Senik. Les chercheurs mobilisent leurs savoirs pour analyser les résultats du questionnaire et les différentes contributions. 

Les étudiants de Sciences Po, et en particulier ceux de l’École d’affaires publiques, sont également impliqués dans la consultation. Cet exercice, qui participe de la formation à l’innovation démocratique, permet de les préparer à devenir des experts responsables en prise directe avec le terrain et en interaction avec les citoyens.

Participez aux débats

Depuis le 27 mai, des analyses sont accessibles à la consultation sur le site de Notre nouvelle vie. Issues du questionnaire auquel ont répondu les citoyens du 27 avril au 20 mai, elles portent sur le travail, la vie sociale, la santé, l’environnement, le bien-être.

Les citoyens peuvent débattre en ligne des principaux sujets et raconter leurs récits d’un futur souhaitable jusqu’au 24 juin. Les discussions sont structurées autour de cinq thématiques : la vie quotidienne, l’environnement, la place de l’État, les inégalités, et les activités et métiers essentiels. 

Les résultats des analyses seront rendus accessibles aux participants de la consultation citoyenne sous licence creative commons d’ici la mi-juillet, et un événement de restitution sera organisé à l’automne 2020 à Sciences Po.

Article initialement publié sur www.sciencespo.fr

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Découvrez l'incubateur de politiques publiques de l'EAP

Proposé à tous les étudiants en fin de première année de Master, l'Incubateur de politiques publiques est l'un des programmes pédagogiques phares du Policy Lab (Laboratoire de politiques publiques) de l'Ecole d'affaires publiques.

L’objectif de ce programme est d’accompagner les étudiants dans la co-création de solutions concrètes visant à résoudre les préoccupations des citoyens, des administrations publiques et des entreprises privées, et ce au travers de prototypes novateurs, opérationnels et tournés vers les usagers. Les méthodologies innovantes et des technologies de pointe mobilisées à cet effet favorisent la démocratie ouverte et l'intelligence collective. En travaillant sur des défis réels, les étudiants acquièrent une véritable expérience professionnelle : ils suivent un cycle complet d’innovation basé sur un apprentissage par la pratique et une approche éthique fondée sur l'expérience et l’analyse de données factuelles. 

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« Pour une nouvelle approche française de la fiscalité du numérique »

Policy brief de Frédéric Douet, à l'invitation de la Chaire Digital, Gouvernance et Souveraineté
  • Actualité Chaire Digital, Gouvernance et Souveraineté. Photo © Igor BatrakovActualité Chaire Digital, Gouvernance et Souveraineté. Photo © Igor Batrakov

A l’invitation de la Chaire Digital, Gouvernance et Souveraineté, Frédéric Douet, professeur de droit privé et de sciences criminelles à l’Université Rouen-Normandie et expert de la fiscalité numérique dresse l’inventaire dans ce policy brief des dispositifs français actuels régissant la fiscalité du numérique. Il en évalue l’efficacité et les limites afin de proposer un nouveau modèle, fondé sur la mise en place d’une micro-taxe sur les transactions numériques.

Le Code général des impôts est, à l’heure actuelle, inadapté à l’économie numérique, comme l’illustrent les échecs de la taxe sur le trading haute fréquence ou du compte PME Innovation (CPI). Il convient donc, dans ce contexte, de réinventer notre système fiscal afin de répondre de manière satisfaisante aux défis du numérique. Frédéric Douet

Faisant l’analyse d’un système fiscal pensé pour imposer l’économie du XXème siècle et des défaillances des dispositifs spécifiques récemment mis en place, Frédéric Douet partage, dans ce policy brief, ses recommandations pour une fiscalité innovante et efficace de l’économie numérique.

Pour une nouvelle approche française de la fiscalité du numerique Pr. F. Douet, Juin 2020 (10 pages, 397 Ko)

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Océane Evrard (promotion 2018)

Du Double-Diplôme Sciences Po - HEC au cabinet Nordmann
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Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel? 

J’ai commencé mon cursus par le collège universitaire de Sciences Po, durant lequel j’ai réalisé ma troisième année à Philadelphie. A mon retour des Etats-Unis, j’ai souhaité compléter ma formation en intégrant le double-diplôme avec HEC Paris, intitulé Corporate and Public Management. Ce double-diplôme m’a permis à la fois de poursuivre mon exploration des sciences politiques en intégrant le master Affaires publiques de Sciences Po tout en acquérant des compétences en gestion et management. Non seulement cette double formation a été très complémentaire sur le plan académique, mais a également été très enrichissante sur le plan humain : elle m’a permis de découvrir des réseaux, des cultures, des manières d’aborder le marché du travail différemment !

J’ai intégré à la fin de mon cursus un cabinet de conseil en stratégie spécialisé en santé : le cabinet Nordmann. Entrée en tant que stagiaire de fin d’études, j’y suis aujourd’hui associée.

Quelles ont été les principales étapes de la construction de votre projet professionnel ?

C’est durant mes années de master que j’ai pu identifier plusieurs de mes attraits, qui continuent aujourd’hui à guider mes choix professionnels. En premier lieu, mon goût pour le risque et l’entreprenariat que j’ai découvert en réalisant plusieurs stages en start-ups et en m’investissant activement dans certaines associations. Ensuite, mon intérêt pour le management et la gestion que j’ai pu vérifier durant ma première année de master à HEC. Et enfin, mon souhait de m’investir dans un secteur qui fait sens pour moi : la santé.

Comme beaucoup de sciences-pistes, je me suis posé de nombreuses questions durant tout mon parcours, et de plus en plus ma date de diplomation approchant … J’ai envisagé de faire du conseil dans un Big Four, de passer les concours de la fonction publique pour devenir directrice d’hôpital… jusqu’à trouver la réunion de l’ensemble de ces envies chez Nordmann. C’est grâce à un ami de promotion qui y avait effectué son stage que j’ai découvert le cabinet : il m’offrait à la fois la possibilité de participer à une aventure entrepreneuriale ambitieuse (le cabinet a été créé en 2015 et a connu une forte croissance), d’être fortement et rapidement responsabilisée (nous sommes une petite équipe et les consultants sont très rapidement sur le terrain et en front office) et d’approfondir mes connaissances dans le secteur qui m’intéresse.

Comment s'est déroulé le processus de recrutement avec le cabinet Nordmann ?

Une fois la prise de contact réalisée, le processus de recrutement chez Nordmann a été très rapide. M’étant préparée aux entretiens des cabinets de conseil en stratégie, j’ai été peu surprise par le contenu. Surtout, nous avons très vite senti avec mon recruteur un réel « fit » qui a fait pencher la balance rapidement. Si j’avais un conseil pour les jeunes diplômés, ce serait le suivant : la démonstration de vos compétences est évidemment primordiale dans un entretien de recrutement, mais n’oubliez surtout pas de prendre en compte votre ressenti et le laisser parler afin que votre recruteur sente votre enthousiasme et qu’il ait envie de travailler avec vous.

Quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui ?

Ma progression chez Nordmann a été forte et rapide : après un peu plus de deux ans au sein du cabinet, je suis aujourd’hui associée au capital. 

Je gère donc aujourd’hui des missions de conseil en stratégie de A à Z pour des établissements de santé : projets de développement, projets d’investissement, refonte de la gouvernance, etc. Dans ce cadre, j’encadre plusieurs juniors pour la production des livrables, je suis responsable de la qualité et je gère la relation client.

Mais mon statut d’associée me permet également de participer activement à la stratégie de la boîte : business développement, stratégie RH, fonctionnement interne, … et tant d’autres ! Aujourd’hui, je vis grâce à Nordmann l’expérience entrepreneuriale dans laquelle je n’aurais pas osé m’engager seule en sortie d’école.

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'Ecole d'affaires publiques envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ? 

Ma formation à Sciences Po m’a beaucoup apporté : ma connaissance de la santé publique a tout d’abord été un réel atout pour m’immerger rapidement. Mais au-delà des connaissances théoriques, mon parcours à Sciences Po m’a permis de me familiariser avec la culture et le mode de fonctionnement du secteur public.

Sur le plan des compétences, ma formation m’a également donné des méthodes pour réfléchir et creuser un sujet, le mettre en perspective, gérer une charge de travail qui peut être variable, autant de compétences que j’ai pu enrichir et développer durant mon début de carrière.

Mais surtout, je dirais que Sciences Po a contribué à me forger en tant que personne : même si je ne suis pas au bout du chemin, mon école m’a appris à être proactive, à prendre des risques et surtout à rester toujours critique et en éveil intellectuel sur le monde qui m’entoure. C’est ce dont je lui suis le plus reconnaissante.

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Julien Rouvreau (promotion 2018)

Du Double-Diplôme Sciences Po - LSE en affaires européennes, à YCE Partners
  • Julien Rouvreau © Pierre-Luc DELAGE, 2019Julien Rouvreau © Pierre-Luc DELAGE, 2019

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

J’ai tout d’abord effectué la Licence de Lettres Parcours renforcé Sciences Po dispensée à l’Université de Poitiers - une formation pluridisciplinaire riche d’enseignements reposant sur les sciences sociales, la littérature, et les langues - qui m’a permis de me préparer à Sciences Po dans les meilleures conditions. Dans ce cadre, j’ai notamment eu la chance de réaliser un semestre d’études au King’s College London et deux stages dans le domaine des affaires européennes, à Bruxelles. J’ai ensuite choisi d’intégrer le double-diplôme en affaires européennes proposé par Sciences Po et la London School of Economics and political science (LSE) : ceci m’a permis d’être diplômé de l’école d’affaires publiques Sciences Po et du Msc in Political Economy of Europe de la LSE. Il m’était important de développer mes connaissances des affaires publiques nationales et européennes, tout en développant mes connaissances en termes de politiques économiques, pour lesquelles j’avais un intérêt grandissant.

Après l’obtention de mes diplômes en 2018, je suis retourné au Parlement européen à Bruxelles, en tant qu’assistant parlementaire accrédité. J’ai ainsi pu mettre en pratique les deux facettes que j’avais eu à cœur de développer pendant mes études : les affaires publiques et européennes et les questions de politique économique, en suivant la commission de l’emploi et des affaires sociales.

A la fin de la précédente mandature, je suis retourné à Paris pour découvrir un secteur qui attirait ma curiosité, que je ne connaissais que peu jusqu’alors : le domaine du conseil. Je me suis tout naturellement tourné vers YCE Partners, cabinet de conseil spécialisé en protection sociale qui avait déjà retenu mon attention lors d’un évènement conseil pendant mes études rue Saint-Guillaume.

Consultant chez YCE Partners depuis septembre 2019, je continue donc à m’inscrire dans cette double perspective qui m’est chère depuis maintenant plusieurs années : celle des affaires publiques en travaillant au plus près de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques publiques et celle des sujets de politique économique, notamment ceux liés à l’emploi et aux affaires sociales.

Quelles ont été les principales étapes de la construction de votre projet professionnel ?

Je dirais qu’il s’agit de chaque expérience m’ayant permis de me confronter concrètement au monde professionnel : j’entends par là les expériences de stages, associatives ou professionnelles. Étudiant, j’avais un intérêt très prononcé pour certaines questions, mais il m’était difficile de savoir si ces appétences pouvaient également s’établir dans le monde professionnel. C’est véritablement la mise en pratique de mes compétences et connaissances dans un environnement donné qui m’ont permis de construire durablement mon projet professionnel.

Comment s'est déroulé le processus de recrutement chez YCE Partners ?

Chez YCE Partners, le processus de recrutement se déroule en plusieurs temps : un premier entretien RH, un second entretien avec l’un de nos consultants ou managers, puis deux entretiens avec les associés. Le processus de recrutement est donc bienveillant mais exigeant, puisque chacune des étapes peut disqualifier les candidats.

J’ai particulièrement apprécié la possibilité d’échanger directement avec un consultant : ceci permet de poser des questions très concrètes sur le quotidien de notre métier et de ressentir une vraie authenticité dans les valeurs portées par le cabinet !

Quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui ?

Être consultant chez YCE Partners, c’est d’après moi être dans un environnement exigeant, engagé et convivial !

J’interviens actuellement auprès de la Direction Générale de Pôle emploi, que nous accompagnons dans le développement de nouvelles pratiques managériales. C’est un travail particulièrement intéressant, en prise avec les évolutions actuelles des modes de travail. Sur mission, nous sommes bien sûrs très mobilisés et disponibles pour nos clients !

Nous avons également un vrai terrain d’expression sur le plan de la vie interne du cabinet. Différents centres de compétences (CC) liés aux différents champs d’expertises d’YCE Partners nous sont accessibles. Je suis par exemple membre du CC Emploi et formation professionnelle, qui travaille notamment à faire monter en compétences l’ensemble du cabinet sur ces sujets capitaux. Je participe également avec plusieurs collègues au développement de nos relations avec différentes écoles. Ces différents travaux internes permettent d’avoir un fort esprit d’équipe et de partager de beaux moments tous ensemble !

Nous intervenons dans un secteur capital pour notre société : la protection sociale. Et ce, à la fois dans le privé et dans le public : cadre réglementaire, protection de base (publique), protection complémentaire (privée) et prévention. Ce travail me motive profondément, car il est véritablement utile : d’autant plus actuellement !

Quelles ont été les contributions de votre formation à l'École d'affaires publiques envers la fonction que vous occupez aujourd'hui ?

Elles ont été multiples ! Les connaissances acquises, notamment en termes de politiques publiques, me sont évidemment très utiles. Les multiples travaux de synthèse et de présentation effectuées au cours de ma scolarité me permettent également aujourd’hui d’être familier de ce type d’exercice très fréquents dans mes fonctions. Enfin, les nombreux travaux en équipe réalisés à Sciences Po contribuent aujourd’hui à mon travail : savoir travailler à plusieurs est une compétence capitale !

Je dois également souligner que les bénéfices de la formation reçue à l’École d’affaires publiques ont été considérablement renforcés par la Licence de Lettres parcours renforcé Sciences Po conventionnée avec Sciences Po ! C’est une très belle formation.

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Tâm Nguyen, étudiant en spécialité Administration publique

Découvrez son témoignage
  • Actualité Sciences PoActualité Sciences Po

Tâm Nguyen, actuellement étudiant en Master politiques publiques, spécialité Administration publique à l'École d'affaires publiques (EAP), nous parle de son parcours avant et pendant ses études à Sciences Po.

Quel a été votre parcours avant d'intégrer l'EAP ?  

J’ai débuté mes études dans le supérieur par une classe préparatoire aux grandes écoles (voie économique et commerciale) au lycée Chateaubriand de Rennes, à la suite de laquelle j’ai intégré ESCP Europe en 2015. J’ai intégré l’EAP en 2017, en parallèle de mon Master 2 à l’ESCP. 

Pour quelles raisons avez-vous décidé de rejoindre la spécialité Administration publique du Master politiques publiques ?

Eu égard à ma volonté d’intégrer Sciences Po afin d’acquérir des compétences académiques supplémentaires et inhérentes au secteur public, le caractère généraliste de la spécialité Administration publique (AP) me convenait particulièrement. En matière de connaissances apprises, la spécialité AP peut effectivement s’apparenter au symétrique « secteur public » de ma formation à l’ESCP.

Quel est votre projet professionnel ? Pour quelles raisons ? En quoi l'EAP vous aide-t-il à le réaliser ?

Mon projet professionnel n’est pas précisément arrêté. Je suis toutefois certain de vouloir travailler dans le secteur public. L’EAP me permet ainsi de préciser mes appétences en la matière. En particulier, elle me permet de bien préparer ma décision de m’engager ou non dans la préparation des concours administratifs au sortir de ma scolarité à Sciences Po.  

Quel est le cours qui vous a le plus marqué à en M1/M2 ?

Je retiens particulièrement le cours de Finances publiques, dont j’ai beaucoup apprécié l’enseignement, du fait, notamment, de mon appétence globale pour les matières économiques et financières, mais également de l’écho que faisait ce cours à certaines de mes expériences professionnelles passées (en particulier l’une au Ministère de l’Action et des Comptes publics). Au-delà, j’ai beaucoup apprécié le caractère très spécifique de cette matière, dont j’ai, par exemple, pu constater toutes les différences avec les matières financières dispensées dans le cadre de mon master à l’ESCP.  

Un conseil pour celles et ceux qui souhaiteraient rejoindre l'EAP ?

J'encourage les étudiants issus des filières externes à Sciences Po de ne pas hésiter à s'engager dans la diversification et l’enrichissement de leurs compétences académiques vers des domaines d’études dont les enjeux concernent tout un chacun en tant que citoyen : la mise en œuvre des politiques publiques, le fonctionnement de la puissance publique. 

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Sonia Gorjup-Gatti, consultante chez Capgemini Consulting : “au forum, il faut valoriser et affirmer vos convictions"

Diplomée de l'École d'affaires publiques, présente en tant que recruteur au Forum Carrières
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Partenaire de longue date de Sciences Po, Capgemini Consulting, expert en transformation digitale, participe au Forum entreprises : l'occasion pour le cabinet de conseil d’expliquer la diversité du métier de consultant et de répondre aux questions des étudiants de Sciences Po sur la vie de consultant...et de recruter ! Précisions avec Sonia Gorjup-Gatti, diplômée de l'École d’affaires publiques de Sciences Po et aujourd’hui consultante Senior chez Capgemini Consulting.

Quelles sont les solutions que Capgemini Consulting apporte à ses clients ?

Sonja Gorjup-Gatti (S.G-G.) : Nous réalisons de nombreuses missions de stratégie et de transformation digitale, ainsi que des missions de management et d’organisation. Nous intervenons que ce soit sur les aspects d’innovation, d’amélioration de l’expérience client, d’optimisation de process de gestion ou de logistique à l’intérieur d’une entreprise. Au sein de l'entité Citizen Services, nous aidons nos clients à concevoir les services du citoyen de demain dans une vision des politiques publiques de bout en bout et dans une logique de synergies public/ privé. Nous portons la conviction que la transformation des services publics doit être tirée par les besoins et les attentes des citoyens.

Comment définissez-vous la vie d’un consultant au sein de Capgemini Consulting ?

(S.G-G.) : Elle est innovante et dynamique ! Nous avons récemment renouvelé notre promesse employeur, intitulée “Start Playing”, dans le but de renforcer la flexibilité du travail des consultants (télétravail, espaces de coworking, et ainsi assurer un bon équilibre vie pro/ vie perso) et de diversifier la vie au sein de l’entreprise. Avec, par exemple, nos nombreuses actions en faveur du mécénat avec Emmaüs Connect, un hackathon pour la Garde Nationale, le coaching de start up incubées par 50 Partners. Nous offrons également la possibilité à nos consultants de faire un échange de quelques semaines à quelques mois dans une start up partenaire afin de découvrir de nouvelles méthodes de travail et de nouveaux sujets innovants.

Quel est le profil des étudiants que vous recherchez ?

(S.G-G.) : Les formations de Sciences Po offrent tous les prérequis pour intégrer notre cabinet : capacité d’analyse, esprit de synthèse, communication écrite et orale, curiosité intellectuelle, connaissance des enjeux et des synergies possibles entre secteur public et privé, appétence pour l’innovation et pour le digital.

Quels conseils donnez-vous aux étudiants et jeunes diplômés avant le Forum ?

(S.G-G.) : Je conseille aux étudiants de contacter les diplômés de Sciences Po chez Capgemini Consulting qui se feront un plaisir de répondre à toutes les questions. Les étudiants peuvent également capitaliser sur nos interventions à Sciences Po tout au long de l’année, notamment dans le cadre de présentations au Service carrières, de cours ou des petit-déjeuners organisés avec les associations d’étudiants des différents masters. Il est important de se renseigner sur le monde du conseil et de pouvoir identifier ses propres compétences acquises tout au long de son parcours à Sciences Po : travail en équipe, connaissances académiques, premières expériences en stage, sans oublier les engagements associatifs ! Les parcours des étudiants de Sciences Po sont riches et variés. Il faut les valoriser et oser affirmer ses convictions.

Contacter Sonia Gorjup-Gatti sur Linkedin

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Eva Bernard, consultante à la Banque Mondiale

Master affaires publiques, promotion 2009
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Découvrez le parcours d'Eva Bernard depuis l'obtention de son Master d'Affaires Publiques en 2009 jusqu'à son poste de consultant au sein de la Banque Mondiale.

Pouvez-vous décrire votre parcours professionnel depuis Sciences Po ?

Eva Bernard (E.B.) - J’ai été diplômée du Master Affaires Publiques de Sciences Po en 2009. En parallèle, j’ai aussi été diplômée de l’Ecole Normale Supérieure de Cachan en économie-gestion. En 2009-2010, j’ai fait une année de préparation concours à Sciences Po et ai tenté le concours de l’ENA. Je ne l’ai pas eu et suis partie en fin d’année aux Etats-Unis pour commencer un VIA au Service économique de l’Ambassade de France à Washington. En 2013, j’ai terminé mon VIA et suis restée à Washington. Je travaille désormais pour la Banque mondiale.

Quelles ont été les principales étapes de maturation de votre projet professionnel ?

E.B. - Au cours de mon cursus, j’avais toujours cherché à concilier mon intérêt pour les affaires publiques et mon goût pour les contextes internationaux. J’avais découvert l’univers des organisations internationales grâce à un stage à l’OCDE et à Sciences Po, en plus d’avoir suivi de nombreux cours de questions internationales, j’avais participé à un projet collectif en lien avec les Nations Unies (le National Model United Nations). Mes missions à la Banque mondiale aujourd’hui me permettent également de concilier questions publiques et affaires internationales. 

Pourquoi avoir choisi la Banque Mondiale et quelles sont les principales caractéristiques de votre job aujourd'hui ?

E.B - La Banque mondiale m’intéressait depuis longtemps et depuis Washington, je suivais ses activités avec grand intérêt. La mission de l’organisation et le fait de travailler avec le monde en développement m’attiraient beaucoup. Depuis mon arrivée en 2013, j’ai pu travailler sur différentes missions : une évaluation des politiques d’éducation des pays membres du Partenariat mondial pour l’Éducation, les stratégies pays du Mali et du Tchad, afin que les deux pays atteignent les objectifs globaux et chiffres fixés par la Banque mondiale pour l’horizon 2030. Je travaille aussi actuellement sur un projet de transferts monétaires sociaux en Afrique. Dans mes différentes missions, j’utilise à la fois mes acquis Sciences Po (rédaction, esprit de synthèse, capacité à travailler sur des sujets très différents et mes capacités d’analyse économique (analyse de chiffres, recommandations de politiques économiques). D’ailleurs, une grande partie des personnes qui travaillent dans l’institution ont un profil juriste ou économiste.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées concernant notamment les spécificités du processus de recrutement, les différences culturelles ("personal branding", etc), les démarches de visa et la compétition avec les candidats américains notamment ?

E.B. - Il est vrai que d’une manière générale, les Américains savent très bien se mettre en avant et mettre l’accent sur leurs « réalisations » (ce qu’ils ont réussi dans leurs expériences passées) et à présenter leur parcours sous la forme d’une « histoire », souvent très cohérente. Ils sont en plus souvent à l’aise à l’oral et ont des profils plus spécialisés que les européens (ce qui peut s’expliquer par la structure des undergrads américains, avec deux grandes spécialisations alors que nous avons des profils plus généralistes). À la Banque mondiale, c’est un peu différent dans la mesure où les gens viennent du monde entier. Il est vrai que les diplômes américains sont très représentés et que la compétition est forte, mais il y a des besoins dans des domaines divers et savoir parler plusieurs langues est essentiel.

Quels conseils donnez-vous à un étudiant ou jeune diplômé cherchant une première expérience en organisation internationale et/ou aux Etats-Unis ?

E.B. - Tout d’abord, avoir le goût pour la mission de l’organisation. Nous travaillons avec les pays en développement, parfois des pays fragiles ou parmi les plus pauvres du monde et au quotidien, il faut collaborer avec une équipe et des collègues venant du monde entier, et souvent basés à l’étranger, dans les bureaux de la Banque mondiale sur le terrain ou dans les Ministères des pays dans lesquels nous travaillons. D’ailleurs, chez les candidats aux différents postes, l’expertise régionale et les expériences de terrain en pays en développement sont souvent valorisées. Les missions sont très intéressantes et stimulantes, mais la Banque mondiale traverse aussi une période de réformes et les contrats peuvent y être précaires (beaucoup entrent dans l’institution avec des contrats payés par jour travaillé, sans bénéfices, et peuvent ne pas avoir de bureau à leur disposition). Il y a quelques programmes auxquels les jeunes diplômés peuvent postuler : les jeunes professionnels, mais aussi un nouveau programme d’analystes réservé aux moins de 28 ans.

Pouvez-vous nous dire quelques mots de Washington et de son intérêt pour une première expérience professionnelle ?

E.B. - J’ai eu la chance de connaître deux aspects de la vie professionnelle à Washington. D’une part, avec l’Ambassade, j’ai pu découvrir le milieu politique américain. J’étais en contact avec des américains, venus de tous les Etats du pays, travaillant dans les institutions, au Congrès ou dans les think tanks de la ville. D’autre part, la Banque mondiale m’a immergée dans une « bulle internationale » (le FMI fait face à la banque mondiale), avec des gens venus du monde entier, qui ont souvent vécus sur plusieurs continents et voyagent encore beaucoup.

Washington est une ville agréable à vivre, de taille moyenne, avec de nombreux espaces verts, où le quart nord-ouest est une sphère politique, américaine et internationale. Il y a toutefois une grande pauvreté dans certains quartiers de la ville où il est déconseillé de s’aventurer.

Que pouvez-vous, en tant qu'Alumni USA, proposer aux étudiants et Jeunes diplômés de Sciences Po quand ils arrivent à Washington ? Qui peuvent-ils contacter ?

E.B. - Les nouveaux arrivés peuvent contacter l’association des Anciens Sciences Po à Washington, DC (washingtondc@sciencespo.org) et demander à être inscrits sur la mailing liste. Ils seront alors tenus au courant des évènements que l’association organise : happy hours, rencontres, débats, entre autres. Ils peuvent aussi se mettre en contact avec les anciens via les réseaux sociaux (il y a des groupes linkedin et facebook).

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Manon Grossard, stage de césure au Lycée français de New York

Master Politiques publiques, spécialité Culture, promotion 2017
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Etudiante à l'École d'Affaires Publiques, spécialité culture, Manon Grossard a choisi d'effectuer un stage de césure au Lycée français de New York entre son M1 et son M2. Témoignage d'une expérience professionnelle dans le domaine culturel...

"J'avais déjà une vraie attirance pour l'organisation d'événements culturels"

Manon Grossard (MG) - Avant d'entrer à Sciences Po, j'ai suivi une première année de master en management de projet culturel. En choisissant la spécialité culture à l'Ecole d'Affaires Publiques, j'avais déjà une vraie attirance pour l'organisation d'événements culturels mais de trop courtes expériences pratiques dans ce domaine. J'ai donc choisi d'effectuer un stage au Lycée français de New York pour mon année de césure, parce que sa description correspondait parfaitement au métier que je voulais découvrir.

"J'avais envie de mieux connaitre l'approche américaine du secteur culturel"

MG - J'ai trouvé ce stage en consultant les offres sur le site du Service Carrière. J'avais commencé à chercher dès les mois de janvier/février. Je savais que je voulais faire un stage aux Etats-Unis car j'avais envie de mieux connaitre l'approche américaine du secteur culturel. J'avais donc fait le choix de concentrer mes recherches sur cette zone géographique.

Quelles y sont tes missions et ton cadre de travail ?

MG - Le Centre Culturel du Lycée Français organise des concerts, des projections, des pièces de théâtre, des conférences et des résidences d'art visuel. J'ai donc touché aux différents arts et confirmé que je voulais travailler dans une institution multidisciplinaire. Mes trois missions principales y sont la communication, le marketing et la mise en place des événements du Lycée français de New York où je travaille aux côtés de Pascale Richard, la directrice du Centre Culturel. Nous ne sommes que deux à organiser les événements mais nous travaillons en étroite collaboration avec les équipes de communication et de développement. J'ai la chance d'être entourée de gens très accueillants qui ont accepté de me former, notamment sur les logiciels de design, sur les outils de communication et sur la photographie. Ils m'ont fait confiance et m'ont intégrée à l'équipe. Le lieu de travail est aussi très agréable, le Lycée est  très bien équipé. Il y un grand auditorium de 354 places où ont lieu la plupart des événements culturels, notamment des projections de films français en DCP .

J'ai comme missions toutes les missions liées au management de projet. Je fais beaucoup de communication  mais aussi de l'organisation à proprement parler pour préparer la mise en place des événements. Sinon, j'ai travaillé tout au long de mon stage sur un projet, une journée sur les cultures francophones au Lycée.

A quoi ressemble une journée type ?

MG - Je ne sais pas si je peux vraiment décrire une journée type car mes journées dépendent vraiment des évènements. Il peut y avoir une conférence le matin, un concert le soir où des rendez-vous à l'extérieur. J'assiste aussi à des évènements en dehors du Lycée. De manière générale mes journées sont partagées entre la communication (la création des affiches promotionnelles, la prise de contact avec la presse, nos partenaires et les agents des artistes que l'on reçoit) et l'installation à proprement parler des évènements (s'assurer que tout est en place, répondre aux questions des artistes, guider nos invités...)

"L'obtention du visa est une procédure qui prend beaucoup de temps" 

MG - Les visas américains sont assez facilement accordés, surtout dans le cadre d'un stage payé mais il y a beaucoup d'étapes à suivre. J'ai du passer par un "sponsor" pour ensuite me rendre à l'ambassade américaine. C'est une procédure difficile aussi pour l'entreprise qui accueille le stagiaire. Ma maître de stage a dû remplir de nombreux documents et justifier de l'intérêt de ce stage dans ma formation. J'ai obtenu mon visa le jour où je devais commencer mon stage, j'ai donc eu un peu de retard mais ils ont été très compréhensifs au Lycée.

"Un stage de plus de six mois permet de prendre totalement ses marques dans l'entreprise et de gagner des responsabilités"

MG - La césure permet de faire un long stage. Je pense que c'est très valorisant sur le marché du travail. J'ai pu ainsi suivre un projet de l'étape de sa conception à sa réalisation. Il y avait aussi l'occasion de découvrir New York et d'y vivre assez longtemps pour m'imprégner totalement de l'atmosphère de la ville et améliorer considérablement mon niveau d'anglais.

"Ce stage de césure m'a surtout permis de valider mon projet professionnel"

MG - Cette expérience m'apportera, j'en suis sure, beaucoup pour la suite de mon parcours car ce stage de césure m'a surtout permis de valider mon projet professionnel. J'ai travaillé seule avec la directrice et j'ai donc pu apprendre sur toutes les étapes du management de projet. Aussi, travailler dans une entreprise bilingue, avec des Français et des Américains est un véritable défi puisque les façons de réagir et d'intéragir sont différentes. Il faut donc sans cesse adapter sa manière de travailler. J'aurai surement, plus tard, à travailler avec des artistes ou des professionnels du monde entier. Le monde de la culture est aussi très différent aux Etats-Unis notamment en ce qui concerne les techniques de levée de fonds. C'est intéressant de connaitre les deux modèles pour être plus innovante dans mon approche du secteur culturel.

Et la vie à New York, c'est comment ?

MG - New York est une ville fascinante, j'en suis tombée totalement amoureuse. Il y a cet incroyable fossé entre des installations modernes et des équipements vieillissants. Il y a de très nombreux événements culturels, de magnifiques musées et des artistes du monde entier viennent y présenter leurs créations. C'est une ville dynamique, où tout le monde est toujours en mouvement. C'est très stimulant. J'ai aussi eu l'occasion de voyager un peu aux Etats-Unis et c'est aussi l'intérêt de partir faire son stage dans un autre pays.

Quels liens garderas-tu ? Quel est l'impact de cette expérience sur le développement de ton réseau professionnel ?

MG - Au travers des événements du Lycée mais aussi de tous les événements extérieurs auxquels j'ai pu assister dans le cadre de mon stage, j'ai eu l'occasion de rencontrer beaucoup de professionnels du secteur de la culture, autant des Français que des Américains. Le Lycée travaille en collaboration avec le FIAF, les services culturels de l’ambassade de France et la Francophonie et a reçu des personnalités comme Ibrahim Maalouf, Gad Elmaleh ou Jean Réno. Il est certain que toutes ces rencontres m'ont permis de développer mon réseau tant en France qu'aux Etats-Unis.

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Claudette Lovencin, cofondatrice de FEMPO

Master Politiques publiques, spécialité Social Policy and Social Innovation, promotion 2018
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FEMPO est une start-up qui propose des culottes en tissu lavable destinées à remplacer les protections hygiéniques. Accompagné par l’incubateur de Sciences Po en 2018, ce projet est né de la rencontre de deux alumnae, Fanny Abes, diplômée du master en politique économique internationale, et Claudette Lovencin, diplômée du master politiques publiques de l'Ecole d'affaires publiques. En à peine quelques mois, leur entreprise rencontre un beau succès avec près de 30 000 utilisatrices et un chiffre d’affaire qui double chaque mois. Rencontre avec les créatrices de cette success-story made in Sciences Po.

Pourquoi avoir décidé de créer une entreprise de création, production et vente de culottes menstruelles ?

Fanny Abes : Avec Claudette nous avons commencé par nous demander comment, à notre niveau, nous pouvions aider les gens. C’est seulement dans un second temps que nous avons réfléchi aux problématiques spécifiques aux femmes. Je pense que nous sommes naturellement allées vers un projet destiné à des personnes qui nous ressemblent, avec qui nous partageons les mêmes besoins.

Nous avons sorti un produit en lien avec le cycle menstruel pour proposer aux femmes de renouer un lien plus positif avec leur corps, leur biologie et leur cycle. Le but était de retourner la situation : ne plus subir notre corps de femme mais mieux le comprendre pour s’en faire un allié. Cela passe par la création d’une culotte menstruelle aujourd’hui, mais pourrait passer par d’autres projets dans le futur.

Qualifieriez-vous votre projet entrepreneurial de féministe ?

Claudette Lovencin : Créer une culotte menstruelle, c’était créer un objet concernant les femmes, du moins des personnes ayant leurs règles, donc on assimilera peut-être notre entreprise à un projet féministe. Mais on ne souhaite pas rentrer dans un cadre, on est plutôt dans la recherche de l’autonomie individuelle.

FA : Oui, on préfère parler de l’autonomisation comme processus de conquête.

CL : Aujourd’hui nous avons créé une culotte menstruelle mais la philosophie de notre projet c’est comment faire pour mieux comprendre son corps, comment il est, quels sont ses besoins. On ne cherche pas à donner un sens politique à notre action, même si cela peut s’assimiler à du féminisme, ou même à de l’humanisme.

FA : Ce que nous cherchons à faire aujourd’hui avec FEMPO c’est plutôt à donner des outils aux individus afin qu’ils puissent s’émanciper individuellement. Mais cela n’empêche pas de voir qu’il y a des combats politiques et sociétaux à mener collectivement.

En quoi vos parcours à Sciences Po ont-ils participé au développement de votre projet ?

FA : Maxime Marzin, le directeur du Centre pour l’entreprenariat de Sciences Po nous a beaucoup aidées. Il a eu un regard très fin sur notre projet et cela nous a permis de structurer et lancer FEMPO.

CL : De mon côté j’avais choisi une mineure en gender studies à l’université de Concordia. J’y ai amassé deux belles années de connaissances et je suis arrivée en master politiques publiques à Sciences Po avec ce bagage académique associé à six années d’expérience de terrain acquises au Canada au sein de la Société Elizabeth Fry qui aide des femmes marginalisées.

Il y a quelques mois Sciences Po a lancé une Chaire pour l’entreprenariat des femmes, dirigée par Anne Boring. Est-ce que porter un sujet qui ciblait un public 100% féminin vous a aidé en tant que femmes-entrepreneuses ?

FA : Je pense que le fait d’être des femmes et de répondre à un besoin qui nous concerne directement a apporté de la crédibilité à notre projet. À mes yeux aujourd’hui, le fait d’avoir été une femme n’a pas été du tout un frein : on a bien sûr rencontré des difficultés, mais de là à savoir si c’était parce qu’on était des filles, qu’on était jeunes ou qu’on venait de débarquer dans le secteur, je ne sais pas. En tous cas moi je n’ai pas ressenti de discrimination basée sur mon sexe.

CL : Je suis d’accord, c’est difficile à dire. C’est un peu compliqué aujourd'hui d’isoler pourquoi on a eu telle difficulté ou pas. Souvent les femmes entrepreneuses racontent qu’elles ont eu des difficultés à avoir des financements, alors que nous on a plutôt eu de la chance. Je pense que nous avons bénéficié de l’originalité de notre projet : nous ne sommes pas passées inaperçues.

Et aujourd’hui j’encourage toutes les personnes qui souhaitent se lancer dans un projet d’entreprise à utiliser les outils disponibles à Sciences Po. Fanny et moi nous avons commencé avec très peu, au début FEMPO c’était un projet “bouts de ficelle” ...

FA : Oui, nous avons commencé avec 250 euros et la machine à coudre de ma mère.

CL : Je suis convaincue qu’il faut se battre pour ses idées et mener son projet jusqu’au bout pour voir ce qu’il en est. Ça vaut toujours la peine d’essayer !

Entretien initialement publié sur le site du Programme PRESAGE

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Alexis Chalopin, consultant chez EY Consulting

Double diplôme Master affaires européennes Sciences Po/LSE, promotion 2018
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Découvrez le parcours d’Alexis Chalopin, depuis l'obtention de son double diplôme Master Affaires européennes Sciences Po/LSE jusqu'à son poste de Consultant, Government & Public Sector chez EY Consulting.

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

Après une classe préparatoire littéraire au lycée Louis-Le-Grand, je me suis dirigé vers Sciences Po dans l’objectif premier d’y faire de la recherche sur l’histoire de la construction européenne dans le cadre du double diplôme avec LSE. J’avais envie d’une formation qui soit à la fois théorique et pratique sur ces sujets. Après quelques mois, j’ai vite découvert un champ d’opportunités plus vaste encore et je me suis dit qu’il fallait tester d’autres voies avant de faire des choix d’orientation professionnelle.

J’ai eu l’occasion de faire un stage au Trésor en parallèle de mon M1 qui m’a apporté une connaissance technique des dossiers européens et m’a donné envie de poursuivre sur cette voie. À Londres, j’ai appris à connaître le monde du conseil et j’ai trouvé mon premier emploi lors d’une rencontre  d’anciens élèves. J’ai travaillé pour les clients publics britanniques et européens quelques mois chez Ecorys UK, un cabinet spécialisé dans l’évaluation des politiques publiques : c’est un métier qui me convenait bien, au croisement de la recherche et du conseil. J’ai ensuite rejoint EY à Paris pour élargir encore mes horizons notamment en matière d’’évaluation des politiques et afin de travailler en lien avec les sujets européens y restent mes champs de prédilection.

Quelles ont été les principales étapes de la construction de votre projet professionnel ?

C’est un processus qui s’est déroulé plutôt naturellement au gré des rencontres et des opportunités. Quand j’ai commencé chez Ecorys, je ne pensais pas que les métiers du conseil me plairaient autant. Quand j’ai passé mon entretien chez EY, je ne pensais pas non plus que j’y trouverai les missions sur lesquelles je voulais travailler, car je pensais plutôt que l’expertise sur les sujets européens était uniquement concentrée à Bruxelles.

Comment s'est déroulé le processus de recrutement chey EY ?

J’ai déposé un CV sur le site internet d’EY pour répondre à une offre de consultant en secteur public et j’ai été rappelé quelques semaines plus tard par les RH. Nous avons échangé très brièvement sur mes intérêts et sur les sujets sur lesquels je voulais travailler et nous avons convenu d’une date pour un assessment center, c’est-à-dire une journée complète de recrutement.

Quelques semaines plus tard, je me suis rendu à La Défense pour une journée complète d’entretien. Après un accueil avec un associé autour d’un petit déjeuner, qui m’a permis de mieux cerner le fonctionnement d’EY dans son ensemble, j’ai eu à passer une épreuve de groupe, puis des tests numériques et verbaux et un premier entretien avec un manager.

Ensuite, j’ai pu bénéficier d’un temps d’échange informel avec des consultants juniors pour le déjeuner avant de plancher pendant l’après-midi sur une étude de cas individuelle et d’en présenter les résultats à un autre manager.

C’était une journée intense, mais très bien organisée et qui m’a autant permis de faire mes preuves que d’en savoir plus sur EY. J’ai ensuite été contacté deux semaines plus tard et j’ai accepté l’offre proposée pour débuter chez EY en septembre.

Quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui ?

C’est un métier très dynamique où l’on peut jongler avec plusieurs missions en même temps sur des sujets très différents et je pense que cela me correspondait bien au sens où je ne voulais pas m’enfermer dans une fiche de poste contrainte en sortant de mon master. On ne s’ennuie jamais et on trouve toujours des opportunités de développement sur des sujets ou des compétences personnelles qui ne sont pas initialement les vôtres à votre arrivée.

C’est un métier qui est aussi très flexible au sens où il faut être prêt à travailler avec des gens différents tous les jours, à revoir son emploi du temps au gré des aléas ou des besoins des missions, et être prêt à voyager régulièrement pour aller rencontrer des clients ou faire des études de terrain. Cette flexibilité se retrouve aussi dans le mode de travail, vous pouvez décider d’organiser votre temps comme vous le souhaitez : l’important c’est que vous produisiez ce qu’on vous demande à la date demandée. Cela permet d’apprendre à cerner les attentes des clients, à comprendre leur environnement et à gérer des situations très diverses.

C’est aussi un métier où on ne reprochera pas à un junior d’avoir un esprit d’initiative et de proposer des choses à la fois dans le cadre des missions mais aussi en dehors, en participant notamment à la vie interne du cabinet.

Quels conseils donneriez-vous à un(e) étudiant(e) de Master 2 ou jeune diplômé(e) cherchant une première expérience professionnelle ?

Le premier conseil que je peux partager est d’être curieux de tout : lorsque j’étais à Londres, j’ai participé à des événements carrières de secteurs qui n’étaient pas forcément dans mes domaines de prédilection, au siège de banques, de grandes entreprises, etc. Je pense que cela permet vraiment de cerner ce que l’on veut faire et, ensuite, de mieux savoir pourquoi on choisit tel ou tel poste.

Il faut se laisser surprendre également et ne pas vouloir tout planifier à long terme : un emploi c’est certes des missions qui vous plaisent mais c’est aussi un environnement qui vous plait. Et parfois cela compte plus encore que les missions elles-mêmes. Personnellement, j’ai signé pour mon premier emploi chez Ecorys parce que j’ai eu un très bon feeling avec l’équipe ; quand je suis revenu à Paris, j’ai signé chez EY car c’est là que je me sentais le plus à l’aise et à ma place lors des entretiens.

Je dirais aussi en conclusion qu’il ne faut pas se laisser décourager. On envoie beaucoup de CV mais il suffit d’une seule réponse positive pour que tout commence !

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Arthur Binois, responsable de programmation culturelle au Musée d'Orsay

Master Politiques publiques, spécialité Culture, promotion 2015
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Découvrez le parcours d’Arthur Binois depuis l'obtention de son Master à l'École d'Affaires publiques jusqu'à son poste de responsable de la programmation pour les publics 18-25 ans au Musée d’Orsay.

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

Je suis entré à Sciences-Po Paris en première année en 2010 et sur concours après une terminale littéraire. J’ai effectué mon parcours au sein de l’école de manière très classique : deux ans sur le campus de Paris, puis une année à l’étranger à Valparaiso (Chili) et de retour, deux années de Master Affaires publiques, filière Culture jusqu’à l’obtention du diplôme à l’été 2015. Une fois diplômé, j’ai eu la chance de trouver un emploi directement après mes études, voire même pendant car mon recrutement au musée d’Orsay a découlé de mon stage de master 2.

Bref, avec un peu d’humour, je pourrais dire que j’ai choisi la formule de base pour ma scolarité à Sciences-po : entrée sur concours, sans double diplôme ni année de césure et avec embauche en sortie de stage.

Quelles ont été les principales étapes de construction de votre projet professionnel ?

Je suis entré à Sciences Po sans projet professionnel précis. J’avais énormément de centres d’intérêts, et Sciences Po me permettait de continuer d’explorer des domaines et des disciplines très variés. En quelque sorte, Sciences Po m’offrait la possibilité de ne pas choisir tout en me donnant la garantie d’une formation reconnue et de qualité.

Comme beaucoup de mes camarades, mon année à l’étranger a été déterminante dans la maturation de mon projet professionnel. Le fait d’avoir un an pour réfléchir à mon choix de master m’a permis d’aborder cette réflexion avec sérénité et d’opter sans regrets pour la filière Culture du Master Affaires publiques.

De manière sans doute involontaire, ce master m’a ensuite convaincu de ne pas présenter les concours administratifs. Cependant, cet enseignement a confirmé mon désir de débuter ma carrière dans le monde culturel, les cours « professionnalisants » ayant de loin  ma préférence sur les approches « théoriques ». Enfin, mon stage de master a été déterminant dans mon orientation professionnelle car il m’a permis la rencontre d’un milieu et de personnes avec lesquelles le courant est tout de suite passé.

Comment s’est déroulé le processus de recrutement au Musée d’Orsay ?

Mon entrée au musée d’Orsay est le fruit d’un recrutement en plusieurs étapes. Je dois mon premier contact à un de mes professeurs de M1 qui y travaillait et qui nous a fait découvrir, à mes camarades et moi-même, la diversité des métiers représentés. Il est vrai qu’à l’époque, je ne soupçonnais pas qu’un « Sciences Po » puisse avoir sa place dans un musée. L’année suivante, j’ai posé un premier pied au musée d’Orsay grace à mon stage de Master 2, au service culturel et de l’auditorium. Ce stage qui m’a énormément plu m’a permis de découvrir en profondeur cette célèbre institution et de voir se conjuguer avec plaisir patrimoine et spectacle vivant.

A cette époque, le stage de M2 était au premier semestre, ce qui ne favorisait pas l’embauche des étudiants, ceux-ci devant retourner rue Saint Guillaume pour le second semestre. Heureusement pour moi, le musée m’ayant proposé une vacation à temps partiel, Sciences Po a accepté d’aménager mon emploi du temps afin de pouvoir mener simultanément mes études et mon insertion professionnelle. Une fois diplômé, j’ai postulé à un poste vacant au sein du service dans lequel j’effectuais mon stage et, grâce à ma connaissance de l’institution, j’ai eu la joie de voir ma candidature retenue malgré mon jeune âge.

A mon sens, ce parcours d’embauche illustre bien l’importance de tisser et de cultiver des liens entre monde universitaire et professionnel même avant la fin de son cursus.

Quelles sont les principales caractéristiques de votre métier aujourd'hui ?

Depuis plus d’un an, je suis « Programmateur concepteur en charge du public 18-25 ans au musée d’Orsay ». Derrière cet intitulé obscur, se cache un métier fabuleux, celui de programmateur culturel. J’ai pour mission de soutenir la mesure de gratuité pour les moins de 26 ans instaurée depuis 2007 dans les musées nationaux en développant une offre culturelle attractive (spectacle vivant, musique, médiation, conférences). C’est un travail très polyvalent qui sollicite aussi bien des compétences administratives que celles requises pour être sur le terrain aux côtés du public. Globalement je dirais que ma formation à Sciences Po ne m’avait pas particulièrement préparé à ce métier dans le sens où il ne requiert aucune expertise particulière. En revanche, l’esprit de synthèse, la culture générale, le sens des rapports humains, de la communication et l’esprit d’initiative sont des qualités cultivées dans cette école et qui me servent au quotidien.

Si je devais résumer mon travail en quelques mots, je dirais qu’il repose en trois temps : la prospection artistique et la documentation préparatoire indispensable à toute programmation culturelle, la coordination des équipes en interne et enfin la présence physique sur le terrain. Ce travail m’enchante car il m’offre de multiples occasions de continuer d’apprendre et de voir beaucoup de belles choses tout en restant dans le concret et le contact direct avec le public.

Quels conseils donneriez-vous à un(e) étudiant(e) ou jeune diplômé(e) cherchant une première expérience dans le secteur culturel en France ?

Si je me fie à ma propre expérience ainsi que sur celle de mes camarades de promotion, je dirais qu’il ne faut pas hésiter, surtout dans le monde culturel, à pousser la porte des institutions même si en tant que Sciences Po on se sent parfois illégitime par rapport à des cursus plus « culturels ».  En effet, j’ai l’impression que l’on assiste peu à peu à un renouvellement des profils notamment en faveur des « Sciences Po »,  qui allient des compétences pratiques à leur bagage culturel. Par-delà des connaissances, c’est avant tout un état d’esprit, une méthode que les étudiants de Sciences Po ont à offrir aux institutions.

Enfin, je rajouterais une invitation sans réserve à garder contact aussi bien avec les professeurs qu’avec ses camarades de master après le diplôme, surtout dans un domaine comme celui-ci où les vacances de postes peuvent parfois rester relativement « confidentielles ».

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Coline Debayle, co-fondatrice d'Artips

Comment elle a créé sa start-up à la sortie de l'Ecole d'affaires publiques
  • Coline Debayle © ArtipsColine Debayle © Artips

Diplômée en 2013 du Double diplôme Corporate and Public Management, délivré par HEC et l'École d'affaires publiques, Coline Debayle a co-fondé Artips, une startup qui s'est donné pour mission d'apporter une dose de savoir et de culture au quotidien. Soucieuse de s'adresser à la fois aux "éternels curieux" et à ceux que la culture intimide, elle raconte son parcours.  

Qu’est-ce qui vous a donné envie de créer Artips alors que vous étiez encore étudiante à Sciences Po ? 

Lorsque je suis arrivée rue Saint Guillaume, j’étais très complexée par ce que je percevais comme mon absence de culture générale : je ne venais pas de Paris, j’avais peur d’avoir beaucoup de retard par rapport aux autres étudiants… Alors j’ai pris des cours dans des domaines très variés. Cette période d’exploration ne m’a pas seulement donné un sentiment de légitimité ; elle m’a aussi permis d’élargir mes horizons. 

Ensuite, dans le cadre de mon double-diplôme avec HEC, j’ai fait un stage dans le secteur de la finance qui m’a appris deux choses. La première, c’est qu’avec des journées “8h-minuit / sushi / taxi”, le secteur de la finance rassemble certes des gens brillants mais il ne favorise pas la créativité ! Et la deuxième, c’est que la vie active n’offre pas assez d’occasions de se cultiver.  

Alors, quand je suis revenue à Sciences Po pour ma deuxième année de master, je me suis dit : je vais suivre tous les cours que je n’aurai plus jamais l’occasion de suivre - même si ce n’est pas “utile” ou “cohérent”. C’est comme cela que je me suis inscrite dans le cours d’histoire de l’art de Gérard Marié. Ca a été une vraie découverte. Il avait une façon incroyable de dénicher et de raconter des anecdotes sur le monde de l’art. Sans avoir besoin de réviser, j’apprenais sans effort.

Un jour, j’ai entendu parler d’un startup weekend organisé par HEC. Comme il fallait venir avec une idée, j’ai réfléchi à ce qui comptait pour moi et j’ai eu cette envie : qu’à travers une newsletter, Gérard Marié puisse raconter ses histoires au plus grand nombre, au-delà des complexes des uns ou du manque de temps des autres. 

Avec un petit groupe de 8 personnes que je n’avais jamais rencontrées auparavant, nous avons travaillé tout le week-end sans dormir. À la fin du week-end, avec Jean Perret, ingénieur de profession, nous nous sommes promis de continuer l’aventure. Quelques mois plus tard, nous avons tous les deux mis un peu d’épargne dans l’aventure, et Gérard Marié a accepté de valider les contenus. Artips était né ! 

Portraits de musiciens

Portraits de musiciens © Artips

Quels ont été les premiers pas d’Artips ? 

Nous avons commencé par écrire cinq histoires, que nous avons envoyées à un fichier composé de façon assez artisanale - des amis, des connaissances rassemblées sur Facebook, des proches de proches… Et deux semaines après, sans publicité, nous avions 5000 abonnés et les premiers articles de presse ! 

Evidemment, nous n’avions pas résolu la question cruciale : comment en vivre ? De mon côté, j’étais encore étudiante. J’y passais tout mon temps libre. J’ai même rédigé les statuts avec des amies, étudiantes de l’École de Droit, dans la cafétéria de Sciences Po… 

Ensuite, nous avons eu l'opportunité de rejoindre le Camping, un accélérateur de startups (devenu Numa aujourd'hui). Nous y avons tout reçu : aide, mentorat, soutien financier… C’est grâce à cet accompagnement que nous avons grandi jusqu’à recruter notre première employée - une ancienne de Sciences Po. 

Qu’est-ce que l’histoire de l’art peut apporter au quotidien ? 

J’ai deux réponses à cette question. La première est positive : l’histoire de l’art répond à un besoin d’évasion, à une nécessité d’apprendre, au plaisir de comprendre le monde tout en s’amusant. La deuxième est un constat plus froid : ce qu’on appelle la “culture générale” peut être un atout comme un handicap, selon l’endroit où on se trouve... Pour moi, c’est un plafond de verre qui ne dit pas son nom. Par exemple, dans le secteur de la finance, on peut tout à fait être recruté sur la foi des diplômes et des compétences ; mais pour progresser dans sa carrière, le capital culturel est indispensable. 

C’est d’ailleurs ce constat qui nous a amené à élargir notre activité par la suite : la gamme d’Artips s’est étendue de l’histoire de l’art à la science (avec Sciencetips) et à l’économie (Economitips). Pour moi, c’était une évidence. Les cours d’économie à Sciences Po m’ont permis de comprendre tant de choses. Pourquoi enseigne-t-on si peu cette discipline dans le secondaire ? Pourquoi laisser les jeunes grandir sans cette clé de compréhension du monde ? Pourquoi laisser tant de place aux “faits alternatifs” et aux visions fantaisistes de la science ? Et c’est ainsi que nous avons embarqué de nouveaux partenaires, comme le CNRS ou France Stratégie, dans notre démarche de démocratisation des savoirs.

A quoi ressemble Artips aujourd’hui ? 

Aujourd’hui, Artips emploie quarante personnes, pour la plupart en CDI, et pour certaines en alternance ou en stage. La moyenne d’âge est assez jeune, et l’équipe compte beaucoup de diplômés de Sciences Po. Notre activité s’est diversifiée et se structure désormais autour de deux univers. L’univers média, d’une part, avec nos lettres d’information sur l’artla musiquela science, et l’économie, qui comptabilisent un million d’abonnés. Cet univers est financé par des partenariats prestigieux avec des institutions qui veulent participer à la démocratisation des savoirs, et dont nous valorisons le patrimoine. Et l’univers du micro-learning, d’autre part, qui connaît un très grand essor aujourd'hui. 

Qu’appelez-vous le “micro-learning” ? 

Le micro-learning part d’un constat ennuyeux mais indéniable : notre capacité d’attention a fortement diminué ces dernières années. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’en associant deux éléments, à savoir la narration et le format court, il est possible de s’insérer dans les nouvelles habitudes d’apprentissage. 

Artips conçoit donc des cours en ligne qui se décomposent en capsules de 8 minutes maximum. Chaque capsule commence pas une histoire qui tient lieu de “hameçon”, conduisant l’utilisateur à un contenu pédagogique riche, interactif et original. De cette façons, nous rendons accessible un large éventail de sujets - du plus populaire au plus ardu : diversité, design thinking, réchauffement climatique, histoire industrielle, pathologies rares…

Et l’aventure avec Sciences Po continue ! D’abord, nous mettons nos cours de culture générale à la disposition des membres de la communauté Sciences Po. Ensuite, il nous arrive de développer ensemble des initiatives, comme Econofides, une série de cours d’économie développée avec Yann Algan et désormais proposée à tous les élèves de Lycée en France. Nous en sommes très fiers, car c’est exactement le projet d’Artips : pousser l’échelle de diffusion, rentrer dans les quotidiens, transmettre du savoir…

En quoi l’épidémie de Covid-19 et la politique de confinement transforment-elles votre activité ?

Même si nous traversons cette période comme un défi, nous avons deux avantages : notre activité est largement compatible avec le télétravail, et nous accompagnons des clients fidèles, qui rivalisent d'inventivité pour rencontrer leurs publics malgré la fermeture de leurs portes. La Philharmonie, par exemple, a décidé de proposer gratuitement nos cours de musique pour le grand public

Il est difficile de savoir si ces démarches annoncent une tendance de fond dans le digital. Pour l’heure, la tendance est à la générosité, donc à la gratuité ; par conséquent, les pratiques digitales s’élargissent. Une fois cette crise passée, on découvrira certainement de nouveaux usages qu’on n’avait pas imaginés. Cela nous engagera peut-être, en tant que société, à repenser nos dispositifs d’enseignement... Mais nous ne pourrons remplacer tous nos professeurs par du numérique ! 

Les sollicitations digitales sont très nombreuses au quotidien. Que peut faire "l’homo numericus" pour s'en préserver ?  

Il est indéniable que nous sommes addicts au numérique. À titre individuel, nous pouvons essayer d’encadrer notre consommation. Par exemple, j’essaie de limiter les écrans et de ne m’abonner qu’à des contenus de qualité (parmi lesquels on trouve d'ailleurs la newsletter Une Semaine à Sciences Po). 

Sur le plan collectif, je pense que nous avons une action cruciale à mener, non dans le sens de la limitation mais dans celui de la compréhension de nos propres pratiques. Il faut veiller à ce que les jeunes développent une meilleure conscience des mécanismes du numérique (algorithmes, filtres de beauté, contenus sponsorisés, bulles de filtres, clickbaits, etc.) et de la cognition (like qui libère de la dopamine, listes numérotées qui titillent notre curiosité…). Or, bien souvent, ils ignorent ces mécanismes, et ce à leurs dépens. 

Ces questions sont essentielles pour Artips qui a pris des engagements forts dès sa création, comme ne jamais céder de données ou faire de la publicité personnalisée. On s’est beaucoup moqués de nous au départ. Mais aujourd’hui, cela nous singularise, et nous sommes fiers de servir nos publics en toute indépendance. 

Entretien initialement publié sur le site institutionnel de Sciences Po

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Marie Gervier, consultante en communication et événementiel aux Nations Unies

Master politiques publiques, spécialité culture, promotion 2018
  • Actualité Sciences PoActualité Sciences Po

Marie Gervier est diplômée du Master Politiques publiques de l'École d’affaires publiques, spécialité Cultural Policy and Management. Elle travaille actuellement en tant que consultante en communication et événementiel pour l'Office des Nations Unies à Genève. Témoignage.

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

Je viens d'un petit village de Normandie. Mon lycée n'était pas dans les meilleurs et j'ai rejoint Sciences Po par le biais des "Conventions Éducation Prioritaire" (CEP). Avant d'entrer à Sciences Po, je ne pensais même pas que cela pouvait être pour moi, mais mon professeur de français m'a parlé de la procédure CEP, un examen différent, basé sur des revues de presse, pour les élèves de lycées comme le mien.  J'ai réussi l'examen et j'ai rejoint le campus de Sciences Po Poitiers, où le tronc commun est le même qu'à Paris, avec une spécialisation régionale sur l'Amérique latine, l'Espagne et le Portugal. J'ai choisi ce campus parce qu'il proposait des cours en espagnol et en portugais. Comme je parlais déjà le français et l'anglais, c'était une bonne occasion de parler quatre langues à la fin de ma licence. 

Après deux ans à Poitiers, il était temps de faire la troisième année à l'étranger, qui est obligatoire à Sciences Po. À l'époque, nous pouvions soit partir en échange, soit travailler sur un projet personnel, soit faire un stage. L'une des raisons pour lesquelles j'ai choisi d'étudier à Sciences Po était la possibilité de travailler à l'étranger pendant un an. Lorsqu'il a été temps de se décider, j'ai naturellement choisi le stage. 

À l'époque, je savais déjà que je voulais travailler dans la communication et la gestion d'événements dans les secteurs culturel, politique ou diplomatique. J'ai trouvé un poste très intéressant comme assistante personnelle de Faouzi Skali, conseiller en communication du Roi du Maroc. J'étais en charge de son agenda, de sa communication et de ses relations publiques, et j'ai également organisé de nombreux événements pour son agence. Je dirais que l'événement le plus formateur que j'ai organisé pour lui a été un symposium franco-marocain sur la "construction du radicalisme". C'était un tout petit projet au début, mais lorsque nous avons obtenu le soutien du président français et le patronage du roi, il est passé à un tout autre niveau. Deux orateurs figurant sur la liste noire de Daesh ont confirmé leur participation et j'ai dû travailler en étroite collaboration avec les services secrets français et marocains. Je n'avais que 20 ans et je m'en souviendrai toujours. C'était une occasion incroyable de contribuer aux aspects politiques, culturels et diplomatiques d'un événement et cela a confirmé que c'était ce que je voulais faire. Mon expérience au Maroc a été très enrichissante et a lancé ma carrière, car on m'a confié des missions de haut niveau et j'ai commencé à construire mon réseau. C'est au Maroc que j'ai rencontré mon patron actuel, Francesco Pisano, directeur à l'ONU en charge de la diplomatie culturelle à Genève. Il était conférencier lors d'un de nos événements. Il est venu me voir et nous avons commencé à discuter. C'est seulement après quelques minutes que j'ai réalisé que ses questions ressemblaient à un entretien. À la fin, il m'a dit que l'ONU Genève organisait des dizaines d'événements de diplomatie culturelle par an en partenariat avec les États membres (concerts, expositions, etc.). J'ai rejoint son équipe en tant que stagiaire et j'ai été promue consultante alors que je n'avais que 23 ans. Parfois, alors que je me précipite au Palais des Nations pour accueillir un artiste, pour monter des panneaux d'exposition ou pour rencontrer un diplomate, je souris bêtement et je me demande : est-ce bien réel ?

Quelles ont été les principales étapes de la construction de votre projet professionnel ?   

J'avais un objectif - travailler dans la communication et la gestion d'événements dans les secteurs culturel, politique et diplomatique, mais je n'ai jamais eu de plan de carrière pour l'atteindre. Je crois sincèrement que nous devons être conscients des différentes opportunités qui se présentent à nous et qu'il n'y a pas de plan unique pour atteindre un objectif. C'est du moins ce qui a fonctionné pour moi jusqu'à présent. Je ne me suis jamais dit qu'il fallait que je travaille pour un conseiller du roi, le Parlement français ou les Nations unies pour réussir, et je crois que c'est précisément ce qui m'a amenée là où je suis aujourd'hui. Je ne l'ai pas planifié, j'ai saisi les opportunités. 

Quels conseils donneriez-vous à un étudiant qui s'engagerait, comme vous l'avez fait, dans les Nations Unies ?  

Tout d'abord, vous devez être conscient qu'avoir un solide bagage universitaire est une bonne chose, mais pas suffisante. Travailler pour l'ONU est très compétitif. Il y a beaucoup de candidats pour les stages et seuls quelques-uns d'entre eux restent et obtiennent un emploi par la suite. 

Mon premier conseil serait donc : soyez humble et partagez avec nous ce qui vous rend intéressant, en dehors de vos diplômes. Il n'est pas nécessaire que ce soit des expériences professionnelles, même si cela peut aider. Pour un stage d’assistant événementiel, je serais intéressée par quelqu'un qui partagerait avec moi la façon dont il ou elle a contribué à l'organisation d'un mariage, d'une fête surprise ou de tout autre événement. Si vous avez fait du bénévolat, si vous avez vécu loin de chez vous, partagez avec nous ce que vous en avez tiré. C'est aussi quelque chose que nous apprécions dans une organisation internationale comme l'ONU. 

Deuxièmement, si vous voulez travailler pour l'ONU, vous devez vous demander : pour faire quoi ? Je rencontre beaucoup d'étudiants qui me disent que travailler pour les Nations Unies est leur rêve, mais quand je leur demande ce qu'ils aimeraient faire, ils me répondent "n'importe quoi". C'est certainement la mauvaise réponse. L'ONU est si diverse, nous avons des infirmières, des bibliothécaires, des experts en armes chimiques et tant d'autres profils. Trouvez votre domaine d'expertise et indiquez un intérêt spécifique. C'est ce qui vous rendra compétitif. 

Mon dernier conseil s'applique à tout étudiant ayant une première expérience professionnelle : soyez proactif. De nombreux managers sont très occupés et ne prennent pas toujours le temps de réfléchir aux tâches personnalisées qui pourraient être confiées à leurs stagiaires. Montrez-leur que vous pouvez faire les tâches générales qu'ils vous confient et, une fois que c'est fait, proposez-leur de faire autre chose. C'est une bonne occasion de montrer vos compétences, votre motivation et vos idées. Si vous vous restez en retrait, il y a peu de chances qu'ils vous gardent par la suite. 

Quelles sont les principales caractéristiques de votre travail aujourd'hui ? 

Mon travail consiste à organiser des événements de diplomatie culturelle pour les Missions permanentes basées à Genève. Ces événements peuvent être des expositions, des projections de films, des concerts ou même des défilés de mode. C'est très diversifié. Tous nos événements se déroulent à Genève en partenariat avec les États membres. Il s'agit d'entretenir des relations personnalisées avec les ambassadeurs, les diplomates et les membres du personnel de l'ONU et de travailler sur tous les aspects des événements de diplomatie culturelle : de la politique, de la diplomatie et du protocole au marketing et à la communication, en passant par les tâches administratives, financières et techniques.

Quels ont été les apports de votre formation à la fonction que vous occupez aujourd'hui ?

Sciences Po est une école internationale. Vous avez des étudiants de partout dans le monde. L'immersion dans un environnement aussi multiculturel pendant mes études a été très enrichissante et utile pour mon travail aux Nations Unies. Sciences Po fournit également des compétences pour analyser et comprendre les défis contemporains de l'humanité et trouver des solutions innovantes dans la poursuite du bien commun, tout comme le font les membres du personnel des Nations Unies. 

Les cours de la spécialité Cultural Policy and management du Master Politiques publiques sont très utiles pour les personnes qui souhaitent travailler dans le secteur culturel. L'École d’affaires publiques m'a donné l'occasion d'étudier les industries créatives, le droit de la propriété, l'économie de la culture et de l'art, mais aussi la collecte de fonds et le marketing dans le secteur culturel. Ces cours ont également été très enrichissants car les enseignants de l'École d’affaires publiques sont des experts dans leur domaine. Jean-Paul Cluzel, ancien directeur de l'Opéra de Paris, Aurélie Filippetti, ancienne ministre française de la culture, et tant d'autres professionnels du milieu culturel enseignent à Sciences Po. Le fait d'être entouré de professionnels aussi talentueux a été très inspirant pour construire ma propre carrière.

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Initiatives étudiantes : découvrez le travail de Sina Sobooti, étudiant du Master Politiques Publiques

  • Actualité Sciences Po © Lucas NakamuraActualité Sciences Po © Lucas Nakamura

Sina Sobooti, étudiant à l'Ecole d'affaires publiques de Sciences Po et ancien danseur classique à l'Opéra de Paris, a réalisé pendant ses études à Sciences Po un documentaire intitulé "La danse domestiquée". Il poursuit aujourd'hui son travail avec une orientation autant pédagogique qu'artistique.

Emile Magazine est revenu sur son engagement à Sciences Po et sur son obstination à rendre le médium de la danse plus accessible au sein de notre institution, mais aussi au-delà des frontières de notre établissement. Découvrir l'article d'Emile Magazine.

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Portrait de Benoît Mortgat, Analyste Sûreté chez Unibail-Rodamco

Master politiques publiques, spécialité sécurité et défense, promotion 2019
  • Actualité Sciences PoActualité Sciences Po

Benoît Mortgat, diplômé 2019 du Master Politiques Publiques, revient sur son parcours

Pouvez-vous décrire votre parcours universitaire et professionnel ?

Après un baccalauréat et une prépa scientifique en trois ans, j’ai intégré l’École Centrale Paris en 2013. Après un semestre et demi sur le campus de Châtenay-Malabry, j’ai réalisé un semestre d’échange en école de commerce à l’ESCP à Berlin. Ensuite, une année de césure m’a amené à faire un stage en finance à la Société Générale (Paris puis Hong Kong) en tant qu’assistant trader, puis un autre stage de 4 mois dans une StartUp dans le domaine du tourisme. Ma dernière année à l’École Centrale Paris a été l’occasion de me spécialiser en informatique. J’ai ensuite intégré Sciences Po en septembre 2017, faisant alors partie de la première promotion de la spécialité Sécurité et Défense du master Politiques Publiques. Ma deuxième année de master en apprentissage m’a permis de rejoindre la direction sûreté d’une entreprise du CAC40, Unibail-Rodamco-Westfield, dans laquelle je suis aujourd’hui en CDI !

Quelles ont été les principales étapes de construction de votre projet professionnel ?

A mon arrivée en école d’ingénieur, je n’avais, comme beaucoup d’étudiants, que peu d’idée de ce que je voulais faire comme métier, ni même dans quel domaine je voulais me spécialiser. J’ai alors eu la chance, pendant mon parcours centralien, de pouvoir « essayer » des domaines très variés : un semestre d’échange en école de commerce, un stage en finance, un stage en startup pour finalement me spécialiser en informatique en dernière année d’école d’ingénieur ! Progressivement au cours de mon cursus centralien, mon intérêt pour les questions de sécurité et de défense a grandi et mûri. En juin 2017, j’ai participé au cycle « grandes écoles » de l’IHEDN (Institut des Hautes Études de Défense Nationale) qui a confirmé mon appétence pour ce domaine. J’ai ensuite rejoint Sciences Po en spécialité Sécurité et Défense où j’ai beaucoup appris sur ce domaine de façon large.

Aujourd’hui, j’ai l’ambition d’une belle carrière dans ce domaine, conjuguant mes compétences techniques d’ingénieur centralien et mon parcours à Sciences Po !

Comment s'est déroulé le processus de recrutement chez Unibail-Rodamco-Westfield ?

J’avais à l’esprit en intégrant Sciences Po de réaliser ma deuxième année de master en apprentissage (alternance de 3 jours en entreprise et 2 jours à Sciences Po). Je me suis donc rendu à un Forum étudiants-entreprises en novembre 2017 dans l’idée de commencer à me renseigner sur les entreprises et organisations publiques qui recrutaient en alternance. J’étais alors plus attiré par les grandes industries de défense mais la rencontre d’un ami sur le stand d’Unibail-Rodamco (le rachat de Westfield n’ayant eu lieu qu’en juin 2018) m’a permis de mieux connaître cette entreprise et d’apprendre qu’un poste d’alternant en sûreté était en cours de création ! Les RH m’ont alors donné les coordonnées du Directeur sûreté France, avec qui j’ai passé un entretien. Puis quelques échanges supplémentaires avec les ressources humaines m’ont permis de décrocher ce poste d’alternant sûreté.

Le processus de recrutement a donc été bien singulier mais montre qu’il ne faut pas se mettre des barrières lors d’une recherche d’emploi et élargir les champs de recherche au maximum car notre place n’est pas toujours là où l’on pense !

Quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui ?

Après mon apprentissage, j’ai été recruté en CDI chez Unibail-Rodamco-Westfield où j’occupe actuellement le poste d’Analyste Sûreté Europe. J’ai la chance de pouvoir participer activement au développement d’une direction sûreté dans une entreprise du CAC40. En effet, la prise de conscience de la nécessité de mettre l’accent sur les enjeux de sûreté dans les centres commerciaux est assez récente et beaucoup de processus restent à définir et à mettre en place. Mon rôle est d’accompagner les équipes des centres commerciaux européens (une cinquantaine de centres) afin de mieux gérer leurs problématiques de sûreté. Les sujets dont je m’occupe au quotidien sont très variés : préparation et suivi d’un audit sur la sûreté des centres, gestion des données de sûreté pour permettre le pilotage et la prise de décision, systèmes d’alerte en cas de crise, communication, partage de retour d’expérience d’incidents, rédaction de documents de politique groupe, et plus encore !

Unibail-Rodamco-Westfield est une grande entreprise en capitalisation boursière mais est relativement petite en terme de nombre d’employés (seulement 3700 collaborateurs dans le monde !). Cela permet d’être très agile et rapide dans les prises de décisions, de pouvoir prendre des initiatives et d’être rapidement en contact avec le top management, ce qui est vraiment appréciable au quotidien !

Quels conseils donneriez-vous à un étudiant de Master 2 ou jeune diplômé cherchant une première expérience professionnelle ?

Mon premier conseil serait de discuter avec des jeunes (ou moins jeunes) professionnels de domaines et de métiers variés ! Qu’on sache parfaitement quel métier on aimerait exercer ou qu’on soit complètement perdu, il ne faut surtout pas hésiter à rencontrer des personnes de notre réseau personnel ou éducatif (le réseau des anciens de Sciences Po est très pratique pour ça !) et leur poser des questions précises sur leur quotidien. Ensuite, il me semble essentiel de postuler à plusieurs offres d’emploi et d’identifier pour chacune d’entre elles toutes les caractéristiques qui y sont liées ! En effet, un emploi n’est pas juste un métier mais c’est aussi une organisation, des valeurs, un lieu, des collègues, des horaires, une rémunération, etc... Il faut apprendre à toujours peser tout cela dans la balance !

Les étudiants de Sciences Po ont une grande valeur sur le marché du travail car ils ont de fortes capacités d’analyse et peuvent rapidement comprendre les multiples enjeux d’une situation donnée. C’est très précieux pour une entreprise dans un monde qui change vite et qui nécessite de toujours s’adapter !

Ne vous mettez pas de barrière !

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