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Prenez rendez-vous à la Clinique (de l’École de droit) !

©École de droit / Clinique du droit - Sciences Po

©École de droit / Clinique du droit - Sciences Po

Il peut être étonnant d’associer des termes appartenant (en apparence) à des univers très différents et (à première vue) sans lien. Jeremy PERELMAN,  Assistant Professor à Sciences Po, vous fait découvrir à travers 5 questions, la Clinique de l’École de droit qu’il dirige.

Qu’est-ce qu’une Clinique du droit ?

Une « Clinique » du droit, cela fait immédiatement penser à l’univers médical – et ce n’est pas sans lien. Le terme fait, en effet, référence à l’apprentissage par la pratique clinique dans les Centres Hospitaliers Universitaires, ainsi qu’au concept d’expérimentation.
Il s’agit donc de mettre en situation concrète et « en action » les éléments appris dans les livres par un travail de terrain effectué, non pas sur des patients mais avec des partenaires pédagogiques issus en majorité du monde associatif mais également des secteurs privé ou public. La Clinique définit avec ces partenaires pédagogiques des projets sur lesquels les étudiants travaillent dans le cadre de leur master. Ces projets sont marqués par l’intérêt général et leur orientation sociale.
La Clinique est donc un programme pédagogique offrant aux étudiants un espace unique d’expérimentation, de « learning by doing » tout en bénéficiant d’un fort encadrement assuré par professeurs, des enseignants et des praticiens. Les étudiants travaillent à la fois sur les projets de terrain et reçoivent, dans ce cadre, une formation spécifique, à la fois théorique et pratique, étroitement construite autour de ces projets.

Pourquoi une Clinique du droit à Sciences Po ?

Sciences Po est l’endroit idéal pour développer un tel programme. Initiée par des étudiants et des enseignants, la Clinique de l’École de droit se veut résolument porteuse de cette approche à la fois pédagogique, expérimentale et sociale. Elle a pu se développer autour de ces axes grâce à l’interdisciplinarité, qui fait la force de Sciences Po mais également grâce à l’approche contextuelle et réflexive du droit propre à l’École de droit.
Ce contexte unique permet de croiser les différentes disciplines, méthodes d’analyse et modes de résolution des problèmes sur des projets très concrets liés à des problématiques contemporaines.

Qu’y fait-on ? Sous quelles modalités ?

La Clinique de l’École de droit est l’une des seules au monde à permettre et à favoriser le recrutement des étudiants issus de différentes écoles : outre les étudiants de l’École de droit, qui restent majoritaires, la Clinique accueille, par exemple, des étudiants de la Paris School of International Affairs (PSIA) et du Master Affaires Européennes.
Sous la supervision d’un tuteur (un ancien de la Clinique, des doctorants et praticiens), chaque équipe d’étudiants consacre une demi-journée par semaine au travail sur le projet qu’ils ont choisi au sein de l’un des quatre programmes de la Clinique : Accès au Droit, Responsabilité et Innovation Sociale des Entreprises (RISE), Human rights Economic Development and Globalization (HEDG) et Migrations. En plus de cette demi-journée, les étudiants bénéficient, chaque semestre, d’un cours de 24 heures, propre à chaque programme, abordant sous un angle à la fois théorique et pratique les thématiques de chacun de ces projets. Les projets sont sélectionnés en amont par le Comité scientifique de la Clinique.

Qui sont les acteurs, les interlocuteurs ?

Les acteurs principaux sont les étudiants. Ce sont eux qui sont et font la Clinique. Si la Clinique permet une forme de professionnalisation, elle vise aussi à encourager l’initiative, à favoriser une réfléxivité sur le droit, une réflexion sur l’éthique professionnelle et sur des carrières au service de l’intérêt général.
Les partenaires, les tuteurs, l’équipe pédagogique et plus largement toute l’École de droit forment un ensemble unique qui s’est organisé autour de la Clinique, et lui permet de fonctionner en réseau.
Les ONGs, les entreprises privées, les organismes publics, les universités sont les partenaires pédagogiques de la Clinique.

Quels sont les projets sur lesquels travaillent les étudiants cette année ?

De multiples projets sont conduits cette année. On peut citer entre autres : un projet mené avec un grand groupe industriel français portant sur l’élaboration d’une méthodologie permettant le respect de ses engagements dans le domaine des droits de l’homme (HEDG/RISE), un projet s’intéressant à l’impact de la privatisation du secteur de l’éducation sur le droit à l’éducation (HEDG), une étude portant sur le paradoxe entre la richesse des ressources énergétiques et le faible taux d’électrification en République Démocratique du Congo (RDC), une étude pour la Mairie de Paris portant sur la compatibilité des principes de l’économie circulaire avec ceux de la commande publique (RISE), des projets s’intéressant aux problématiques liées à la situation des migrants en France, à travers une collaboration avec deux associations : l’Anafé et La Cimade (Migrations), et  enfin, un projet en collaboration avec le Défenseur des Droits, permettant aux étudiants d’être impliqués dans un large éventail de formes d’intervention juridique puisant dans la sensibilisation préventive, la médiation et le contentieux.