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10 février 2026

Rapport européen sur les attitudes climatiques : des résultats issus des données produites par le CDSP

Le CDSP est le laboratoire responsable du panel CRONOS pour la France. À ce titre, il assure la production et le suivi des données françaises intégrées dans le rapport européen Topline Results - European Attitudes to Climate Change, Fairness, and Action, rédigé par Wouter Poortinga (Cardiff University).

Ces analyses reposent sur les données collectées dans 11 pays européens, dont celles issues du panel français géré par le CDSP, qui contribuent directement aux résultats présentés. Le projet CRONOS 3 est financé par le programme Horizon Europe de l'Union Européenne. En France, le dispositif est coordonné par Emiliano Grossman, et le suivi opérationnel est assuré par Sarah Blain

Les résultats présentés ici proviennent du pilier « Make it green », consacré aux perceptions de la responsabilité climatique et de l’équité de l’action, et agrègent les cinq vagues de CRONOS 3, collectées entre septembre 2024 et juin 2025.

Qui est responsable du changement climatique ? Les entreprises et l’industrie, selon une majorité d’Européens

Ce nouveau rapport révèle un constat sans ambiguïté : les citoyens placent nettement la responsabilité principale sur les entreprises et l’industrie. Les scores moyens d’attribution de responsabilité se situent entre 7 et 9 sur une échelle de 0 à 10 selon les pays, ce qui en fait de loin les valeurs les plus élevées parmi tous les acteurs évalués (entreprises, gouvernements, individus).

Le rapport souligne ainsi que « business and industry consistently attracted the highest levels of assigned responsibility », avec des niveaux supérieurs à ceux attribués aux gouvernements et très au-dessus de ceux assignés aux individus.

(crédits : Cronos3, Wave 1 (2024). Post-stratification weights have been applied for country level analysis (w1gq9-w1gq11))

Un signal politique clair dans un contexte européen sous pression

Ces résultats interviennent dans un contexte de débats européens sur la régulation environnementale des entreprises, la CSRD, les obligations de transparence et le rôle du secteur privé dans la transition. Les controverses autour des profits du secteur énergétique, du greenwashing et des contentieux climatiques renforcent la portée de ce signal.

« Les citoyens demandent que l’effort climatique commence par les acteurs qu’ils jugent les plus responsables », indique le rapport, résumant la structure observée : business ≥ government > individuals.

Des entreprises perçues comme responsables… mais pas encore contributrices

Si les entreprises et l’industrie sont vues comme les principaux responsables, moins de 10 % des répondants estiment qu’elles font plus que leur part pour lutter contre le changement climatique. Ce décalage entre responsabilité attribuée et contribution perçue souligne un enjeu central de confiance.

Les données CRONOS 3 suggèrent ainsi que des politiques climatiques ciblant prioritairement les entreprises peuvent bénéficier d’une forte acceptabilité sociale, à condition d’être perçues comme équitables et efficaces.

À propos du rapport

Le rapport analyse également d’autres dimensions issues de CRONOS 3, notamment les préférences de financement des politiques climatiques, la volonté individuelle d’agir, la disposition à payer et l’évolution des attitudes entre vagues.  Il s’inscrit dans un programme de recherche européen visant à mieux comprendre les conditions sociales et politiques de la transition écologique.