Accueil>L'institut>Missions

Missions

Les technologies numériques transforment rapidement nos sociétés et nousissent des débats intenses. D’un côté, leurs promoteurs y voient un potentiel d’émancipation, de nouvelles formes d’organisations collectives et de production des savoirs. De l'autre, des discours apocalyptiques prophétisent les pires catastrophes, de la désinformation de masse à l’effondrement des démocraties, en passant par le remplacement de l’humain par la machine. Ces deux visions partent d'une même hypothèse : le social est entièrement conditionné par son environnement technique. Les sciences humaines et sociales ont pourtant une responsabilité de défendre une position plus nuancée qui contextualise ces technologies et leurs usages dans un espace social, politique et culturel plus large.

La mission principale de l’Institut libre des transformations numériques est de re-poser un regard de sciences sociales sur le numérique. Créé dans le cadre de TIERED, projet d'ExcellencES financé par l'Agence Nationale de la Recherche, il accompagne l'ensemble des actions de Sciences Po en matière de l'enseignement, de la recherche et de la valorisation sur les transformations numériques. Il mobilise des analyses historiques, économiques, juridiques, sociologiques et politiques pour comprendre et expliquer les transformations induites par les innovations numériques, et pour examiner comment les technologies elles-mêmes s'adaptent aux évolutions de la société.

L'Institut libre des transformations numériques défend une vision alternative des technologies numériques et de leur impact sociétal, reflétant une approche française et européenne portée par nos valeurs démocratiques. Il entend développer un discours constructif, à la fois critique à l’égard des outils et services numériques et ouvert aux opportunités qu’ils offrent. Pour cela, il s’appuie sur les sciences humaines et sociales mais aussi sur des collaborations solides avec les autres secteurs des sciences (notamment via les partenaires du projet TIERED) afin d'étudier les objets techniques et les savoirs qui les sous-tendent avec le concours de celles et ceux qui produisent les données et conçoivent les algorithmes.

Fort d'une histoire d’engagement sur ces enjeux, Sciences Po propose, avec l’Institut libre des transformations numériques, des opportunités de recherche et de formation combinant une compréhension des outils techniques et de leur impact. Sciences Po s'affirme ainsi comme un voix singulière dans le paysage technologique français, européen, et mondial.

OBJECTIFS

  • Promouvoir le positionnement unique de Sciences Po sur les transformations numériques, en donnant visibilité et cohérence aux initiatives et programmes existants
  • Approfondir la recherche sur et avec le numérique, afin de faire de Sciences Po une université de recherche en sciences humaines et sociales de référence sur les enjeux du numérique pour nos démocraties 
  • Stimuler un dialogue inter et pluri disciplinaire sur ce sujet, à la fois à travers les disciplines traditionnelles de Sciences Po et avec les autres secteurs scientifique
  • Renforcer l’offre d’enseignement existante pour former l’ensemble des étudiants, toutes spécialités confondues et tout au long des études, aux enjeux et aux pratiques numériques
  • Contribuer à une nouvelle politique de diffusion et de valorisation des savoirs, par la science ouverte, l'engagement dans le débat public et de nouveaux manières d'associer le public à nos recherches

THÉMATIQUES

Cinq thématiques prioritaires orientent les axes de travail avec nos partenaires pour la période de 2025 à 2028 : 

  • Inégalités numériques : Loin de la neutralité instrumentale qu’ils promettaient, les algorithmes et les outils de prédiction de l’intelligence artificielle soulèvent de sérieux problèmes d’équité dans de nombreux domaines d’application (santé, éducation, administration, etc.) que leur opacité ne fait que renforcer. Comment rendre compte de ces inégalités et les combattre ?
  • Participation et numérique : Cette thématique décrit les nouvelles formes de participation en lien avec le numérique, qu’elles résultent de dispositifs délibératifs directement médiés par la technologie ou qu’elles émergent de formes de mobilisation et de prises de parole publiques spontanées en ligne. Elle suit les métamorphoses de la vie politique dans un contexte de défiance croissante vis -à -vis de la démocratie représentative. Comment se structurent les opinions et émergent de nouvelles formes politiques dans des espaces numériques transnationaux ? Comment les phénomènes de désinformation et de polarisation menacent-ils jusqu’à la légitimité des élections ?
  • Traces numériques pour les sciences sociales : Les données du social ne se réduisent plus aux statistiques produites par les agences d’Etat : à l'ère numérique, elles sont partout, à une échelle et une granularité inédite. Cela soulève des questions théoriques de sciences sociales mais aussi juridiques d’accès à ces données.
  • IA et société : Cette thématique transverse examine l'IA à la fois comme objet d'étude pluridisciplinaire en sciences humaines et sociales, de la sociologie à l'économie, du droit aux sciences politiques, et comme outil de recherche pour analyser et exploiter les données des sciences sociales.
  • Politisation de la science : L’expertise scientifique et plus largement les institutions scientifiques sont de plus en plus contestées et enrôlées dans des enjeux sociaux et politiques. Il s’agit de saisir les nouvelles interactions qui s’établissent entre sciences et société et dans un grand nombre de domaines (océans, santé, société, etc.).

Nous contacter