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18 février 2026
Diriger la culture aujourd’hui : enjeux et leadership des dirigeants culturels
À l’heure des transitions écologiques, démocratiques et sociales, diriger une organisation du secteur culturel n’a jamais été aussi exigeant. Entre impératifs artistiques, contraintes économiques et attentes sociétales, les dirigeants doivent inventer de nouvelles manières de décider, de rassembler et de donner du sens.
Sciences Po Executive Education ouvre un espace de réflexion et d’action pour accompagner ces transformations en ajoutant à son offre de formations deux programmes courts dédiés aux dirigeants culturels.
Dans cet entretien croisé, Ambroisine Bourbon, directrice des programmes France et Marion Laporte, responsable des programmes Culture et Luxe, partagent leur vision du leadership culturel aujourd’hui.
Pourquoi Sciences Po s’engage-t-elle auprès des dirigeants du secteur culturel ? En quoi ce lien est-il une évidence ?
Ambroisine Bourbon : Le lien entre Sciences Po et le secteur culturel est à la fois historique, intellectuel et pédagogique. L’institution s’engage auprès des dirigeants de ce secteur grâce à sa mission de formation continue qui vise à accompagner les décideurs dans la compréhension des grandes transformations sociales et sociétales, grâce à son approche résolument pluridisciplinaire — économie, sociologie, histoire, droit, science politique. Sciences Po forme des acteurs du changement capables de penser la complexité, de débattre, d’adopter une vision stratégique globale et de développer une posture de leadership réflexive et éthique, compétences essentielles pour les dirigeants culturels aujourd’hui.
Marion Laporte : Le secteur culturel a toujours été un terrain naturel pour Sciences Po : à la croisée du politique, du social et du symbolique. Former ses dirigeants, c’est reconnaître la complexité de leurs métiers et leur offrir un espace exigeant pour les accompagner dans les défis à relever, et leur permettre de penser leurs décisions, loin de l’urgence quotidienne.
Quelles transformations traversent aujourd’hui le secteur culturel et quels impacts concrets ont-elles sur le rôle du dirigeant culturel ?
Ambroisine Bourbon : Les dirigeants culturels sont en première ligne des grandes mutations contemporaines : transition écologique, recomposition démocratique, nouvelles attentes sociales, transformations du travail, transformation des modèles économiques. Leur rôle dépasse désormais la gestion d’un établissement : ils doivent donner du sens, tenir un cap et assumer une responsabilité intellectuelle et collective.
Marion Laporte : Le secteur culturel repose aussi sur un engagement fort, une dimension passionnelle et une relation très incarnée aux projets. Difficile à tenir quand on est face à une multiplication des injonctions parfois contradictoires : faire mieux avec moins, être plus inclusif, plus durable, tout en préservant l’exigence et le rythme artistique. Le dirigeant doit arbitrer, dialoguer, convaincre, souvent dans des cadres contraints. C’est une fonction devenue profondément stratégique.
Comment un dirigeant culturel peut-il garder le cap dans un contexte marqué par l’urgence, la complexité et les contraintes opérationnelles ?
Ambroisine Bourbon : Un dirigeant culturel garde le cap en développant une vision stratégique nourrie par cette approche pluridisciplinaire, en cultivant le débat et l’esprit critique, et en adoptant une posture réflexive lui permettant d’agir avec discernement malgré l’urgence et la complexité.
Marion Laporte : Les programmes de Sciences Po Executive Education proposent aussi des méthodes, des outils et surtout un travail collectif entre pairs. Le partage d’expériences permet de transformer la complexité en ressource, plutôt qu’en facteur d’isolement ou d’épuisement.
Pourquoi avoir conçu deux programmes courts distincts ?
Ambroisine Bourbon : Nous avons fait le choix de formats courts pour répondre aux exigences de temps des dirigeants. Il s’agit des 2 faces de la même pièce : accompagner le dirigeant culturel dans l’incertitude, d’abord sur la compréhension fine des grands enjeux et leur impact sur les modèles de son organisation, puis sur un programme centré sur ses soft skills pour accompagner le dialogue et la sérénité dans les tensions à l'oeuvre. Ensemble, ils forment une vision complète du leadership culturel contemporain.
Marion Laporte : Chaque dirigeant se situe à une étape spécifique de son parcours. Certains ont besoin de reprendre de la hauteur stratégique, d’autres de consolider leur pratique quotidienne. Les deux programmes peuvent être suivis séparément ou combinés, selon les enjeux professionnels et les trajectoires individuelles. Mais je crois à la force de “1+1=3”.
Quelles compétences - soft skills - ces formations permettent-elles de développer précisément ?
Et En quoi l’expérience de La Relève a-t-elle nourri l’accent mis sur les soft skills ?
Ambroisine Bourbon : Les formations de Sciences Po permettent de développer des soft skills essentielles : capacité de débat, esprit critique, posture réflexive, aptitude à affronter la complexité, vision stratégique globale.
L’expérience de La Relève a renforcé cet accent en montrant combien la mise en situation, la confrontation des points de vue et l’apprentissage actif transforment les participants, leur permettant de revisiter leurs certitudes et d’adopter de nouvelles attitudes pour agir.
Marion Laporte : Ces compétences sont travaillées de manière très concrète : mises en situation, études de cas, échanges entre pairs. L’objectif n’est pas d’ajouter des outils, mais de renforcer une posture : savoir dialoguer, arbitrer, embarquer et se faire confiance dans des contextes complexes.
À qui s’adressent ces formations et avec quelle ambition pour les dirigeants culturels qui les rejoindront ?
Ambroisine Bourbon : Aux dirigeants culturels qui souhaitent prendre ce (court) temps de formation pour renforcer leur capacité de discernement et construire de nouveaux modèles plus durables et articulés avec les valeurs portées par la culture.
Marion Laporte : Ces formations s’adressent à des professionnels en responsabilité, confrontés à des enjeux très concrets de pilotage, de management et de transformation. L’objectif est qu’ils repartent avec des repères solides, une vision renouvelée et la capacité d’agir sereinement dans leur quotidien de dirigeant.
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