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1 juillet 2026

Xinyuan LIANG, master de science politique (promotion 2020)

Xinyuan LIANG, master de science politique (promotion 2020)

De la philosophie à la théorie politique, puis des industries créatives à l’enseignement supérieur, Xinyuan Liang (Master de science politique, promotion 2020) a construit un parcours à la croisée de la recherche, de la culture et de la création. Elle revient sur les années qui ont façonné sa réflexion à l'École de la recherche, l'influence durable de sa formation et la manière dont elle met aujourd'hui les sciences sociales au service de projets artistiques, pédagogiques et culturels.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours acadÉmique ? Comment est nÉ votre intÉrÊt pour la science politique ?

Avant d’intégrer Sciences Po, j’ai étudié la philosophie pendant mon cursus de licence en Chine. Un cours m’a particulièrement marqué : il s’agissait d’un cours d’une année consacré à l’histoire de la pensée politique occidentale, au cours duquel nous avons étudié des penseurs allant d’Aristote et Platon aux philosophes libéraux modernes. 
Ce cours m’a permis d’élargir ma réflexion sur l’existence humaine à des questions plus vastes concernant la société : comment les institutions se construisent, comment le pouvoir s’organise, et ce qui rend un système social juste, légitime et constructif.

Cette transition intellectuelle, passant de la réflexion sur l’individu à la remise en question des structures collectives, m’a naturellement conduit à poursuivre un master en théorie politique à Sciences Po, où j’espérais approfondir ma compréhension de la philosophie politique au sein d’un environnement international riche et diversifié.

Que vous ont apportÉ vos annÉes d'Études À l'École de la recherche ? Quels souvenirs gardez-vous de votre École et de votre promotion ?

Mes années passées à l’École de la recherche m’ont apporté bien plus que des connaissances académiques. Elles ont façonné ma façon de penser, de mener des recherches, d’écrire et d’aborder des questions complexes. 

La formation que j’ai reçue a renforcé ma rigueur en matière de lecture, d’analyse et d’argumentation. Mais au-delà de cela, mes études en France m’ont permis d’acquérir une perspective bien plus multiculturelle. J’ai appris à confronter différentes traditions intellectuelles et à aborder les questions sociales sous de multiples angles.

L’un de mes souvenirs les plus marquants remonte à ma première année. Certains étudiants avaient organisé une grève et occupé des salles de cours ainsi que la bibliothèque en raison de leurs convictions sociales et politiques. Comme cela s’est produit peu avant les examens finaux, cela a posé des difficultés à de nombreux étudiants. 
L’école a organisé un vote pour savoir si les étudiants soutenaient cette action. La plupart d’entre eux s’y sont opposés. Cependant, l’administration a tout de même choisi le dialogue et la négociation plutôt que de simplement imposer son autorité, et l’occupation a finalement pris fin pacifiquement.

Cette expérience m’a permis de comprendre de manière très concrète l’équilibre entre la justice procédurale et la justice axée sur les résultats dans une société démocratique. 

Une autre période très enrichissante a été celle consacrée à ma recherche de mémoire de master, dans le cadre de laquelle j’ai étudié l’art de rue, les mouvements politiques et l’égalité d’accès aux ressources culturelles. Interroger des artistes de rue et des professionnels de la culture européens, et échanger des idées avec mon directeur de mémoire, a été une expérience extrêmement enrichissante qui a permis de faire le lien entre la théorie et les pratiques sociales concrètes.

Quel·le enseignant·e vous a le plus marquÉ·e?

La professeure Annabelle Lever m’a particulièrement marquée. 
Ses cours étaient extrêmement dynamiques, alliant des textes théoriques classiques à des perspectives contemporaines et originales. Les discussions étaient toujours stimulantes sur le plan intellectuel. 
Ses séminaires sur le féminisme, la rationalité moderne et la relation entre les structures sociales et les questions de genre m’ont incitée à approfondir ma réflexion sur des thèmes tels que les tâches ménagères, la reproduction et les droits des femmes. 
Son enseignement a également influencé ma pratique artistique, car il m’a encouragée à associer l’expression créative à la réflexion sociale.

Quels projets extra-scolaires avez-vous pu rÉaliser lors de vos annÉes d'Études? 

Pendant mes études, j'ai également participé à des projets artistiques et de commissariat d'exposition.

En tant que jeune artiste et commissaire d’exposition, j’ai organisé trois expositions d’arts plastiques au Jardin Denfert, une résidence d’artistes indépendante située dans le 14e arrondissement de Paris. Ces expositions abordaient des thèmes tels que la conscience de soi, les droits des femmes et la diversité culturelle. 

Bien que ces projets se soient déroulés en dehors du cadre universitaire, ils étaient étroitement liés aux questions que j’explorais à Sciences Po : l’identité, la société, la culture et la relation entre les individus et leur environnement.

Quelle fonction occupez-vous aujourd'hui ?

Aujourd’hui, je travaille à Paris, à la croisée de l’enseignement supérieur, des industries créatives et du développement culturel. 

J’enseigne la culture de la mode et des matières liées au luxe en anglais à l’École Conte, et j’interviens également en tant que conférencière invitée dans le cadre du programme « Culture de Luxe » à Élysées Marbeuf.

Parallèlement, j’occupe le poste de chef de projet en photographie de mode chez Dashi Scope, un studio créatif indépendant, où je contribue à l’élaboration de projets visuels permettant aux personnes d’exprimer leur identité, leur créativité et leurs points de vue à travers la mode et la photographie. 

J’accompagne également les étudiants et les jeunes professionnels du Club Chine de Sciences Po dans leur développement de carrière, en particulier les étudiants internationaux confrontés à des questions de positionnement professionnel et de reconversion.

Quelles ont ÉtÉ les principales Étapes de la construction de votre projet professionnel ? 

Mon parcours professionnel s'est construit progressivement à travers différentes expériences, plutôt que de suivre une trajectoire entièrement linéaire. 

Ma formation en théorie politique m'a permis d'acquérir les outils nécessaires pour analyser la société, la culture et le comportement humain. Par la suite, mon expérience dans les industries créatives m'a permis d'explorer la manière dont les idées, l'esthétique et l'identité peuvent s'exprimer à travers la mode et la culture visuelle.

L'enseignement est devenu un pont naturel entre ces deux univers. J'ai pris conscience que l'éducation ne consiste pas seulement à transmettre des connaissances, mais aussi à aider les gens à se comprendre eux-mêmes, à développer leur confiance en eux et à trouver leur propre voie. 

Aujourd'hui, mon projet professionnel s'articule autour de la mise en relation de la créativité, de la culture et du développement personnel.

Quelles ont ÉtÉ les contributions de votre formation À la fonction que vous occupez aujourd'hui ? 

Ma formation à Sciences Po continue d’influencer mon travail au quotidien. 

Les compétences analytiques, la curiosité intellectuelle et la capacité à comprendre les dynamiques sociales complexes que j’y ai développées sont essentielles dans mes activités actuelles.

Que ce soit lorsque j’enseigne la culture de la mode, que j’accompagne des étudiants ou que je participe à des projets créatifs, je m’efforce toujours d’aller au-delà des apparences et de poser des questions plus profondes : que révèle cet objet, cette image ou ce secteur sur la société ? Quelles valeurs véhicule-t-il ? Comment la créativité peut-elle contribuer au développement personnel et collectif ? 

Cette approche interdisciplinaire est l’un des atouts les plus précieux que j’ai tirés de ma formation.

Auriez-vous un conseil À donner À un·e Étudiant·e qui souhaite s'orienter vers le secteur d'activitÉ dans lequel vous travaillez aujourd'hui ? 

Mon premier conseil serait le suivant : ayez confiance en vos idéaux, mais apprenez à les transformer en actions concrètes. 

Pour les personnes passionnées et ambitieuses, il est important de ne pas attendre de trouver la voie parfaite avant de se lancer. Le progrès passe souvent par de petites expériences, des mises en pratique et la volonté de se tromper.

Un autre conseil qui me touche particulièrement provient d’une interview que j’ai vue un jour avec G-Dragon, une pop star coréenne que j’admire beaucoup. Il disait qu’il ne fallait pas se concentrer uniquement sur la recherche de réponses, mais continuer à chercher des questions qui ont du sens.

Je crois que la curiosité est l’une des qualités les plus importantes dans les secteurs créatifs. Rester ouvert d’esprit, s’interroger sur le monde et explorer différentes possibilités, c’est ce qui nous permet de continuer à grandir et à devenir des personnes plus intéressantes.

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