Smart-contrats: Code is Law

Charles Dehlinger & Yann Aouidef
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Séminaire des doctorants en droit

Suite à l’émergence de la blockchain, de nombreuses questions juridiques se posent. La plus énigmatique de toutes est sûrement celle-ci : Peut-on (et doit-on) croire la fameuse promesse Code Is Law ¹ ?

Dès lors, peut-on considérer qu’un smart-contrat contient, au sein de son code, des conditions suffisamment complètes pour qu’on puisse faire la réduction : légal/illégal - possible/impossible. Le smart-contrat a vocation, par construction, à organiser voire conditionner les interactions d’individus au sein d’une blockchain. Et ces interactions rejoignent celles déjà bien connues des mondes non-digital et digital tels que le financement de projet, la coopération sur divers sujets...

Également, la blockchain fait apparaître de nouvelles interactions entre les individus échappant aux cadres actuels notamment en matière de partage de la propriété, pouvant potentiellement redéfinir la définition juridique et économique de la propriété.

En présence de Charles Dehlinger, ingénieur support à Nomadic-Labs, et Yann Aouidef, doctorant au Centre de recherche en économie et droit (CRED).

Organisateur : Abdelhamid Abidi, doctorant à l’École de droit de Sciences Po.

¹ Le code (informatique) est la loi.

Event Date: 
Wednesday, 26 May, 2021 - 14:30
Event Location: 
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"Le métier d’avocat est le plus beau métier du monde"

Rencontre avec Vincent Desry, diplômé 2016
  •  Vincent Desry ©Harold Teboul Vincent Desry ©Harold Teboul

Pouvez-vous nous retracer votre parcours universitaire et professionnel ?

Après le Collège universitaire de Sciences Po, j’ai intégré l’École de droit et sa spécialité Contentieux économique et arbitrage. J’en suis sorti diplômé en 2016.

J’ai ensuite étudié à la New York University School of Law, afin de clôturer mon parcours universitaire. Le choix d’un LL.M. doit avant tout répondre à un projet personnel mûrement réfléchi. Me concernant, cela partait d’un double constat : (i.) la répression de la délinquance financière en France s’inspire, de manière croissante, des pratiques américaines (avec un décalage de quelques années) et (ii.), s’agissant des affaires pénales dites internationales, qui sont de plus en plus nombreuses, il est nécessaire d’avoir des connaissances qui dépassent le simple cadre national. Au surplus, un LL.M. constitue une occasion rare d’échanger, au long cours, avec des praticiens du monde entier. À titre d’anecdote, c’est lorsque j’étudiais à New York que son Procureur fédéral Preet Bharara a été limogé par le Président nouvellement élu Donald Trump, ce qui avait fait grand bruit à l’époque, celui-ci intégrant alors le corps professoral de l’École de droit de NYU. Je ne pouvais rêver meilleur environnement pour développer mes compétences en droit pénal. Je suis ainsi avocat aux Barreaux de Paris et de New York.

En parallèle, j’ai eu la chance de réaliser plusieurs stages très formateurs, notamment au sein du cabinet Dupond-Moretti & Vey et de l’équipe de droit pénal des affaires d’Allen & Overy. Et je garde un souvenir particulièrement fort de mon stage au Pôle financier, auprès de Renaud Van Ruymbeke, qui m’a permis de connaître "l’envers du décor". Ce que j’ai appris au cours de ces expériences professionnelles passées nourrit ma pratique quotidienne.

Quel poste occupez-vous aujourd'hui , et pourquoi ce choix de la défense pénale ?

J’ai intégré le Cabinet TEMIME il y a quatre ans, où ma pratique a principalement concerné des affaires dites politico-financières mais également des dossiers complexes de droit pénal financier, et notamment l’affaire de l’arbitrage Adidas-Tapie, le dossier dit "Bismuth", soulevant notamment la problématique du secret professionnel de l’avocat, et les poursuites contre la banque suisse UBS AG.

Le métier d’avocat, particulièrement en droit pénal, est resté une profession unique, incomparable. Vos clients font appel à vous, comme on consulte un médecin de famille, dans le moment de leur vie qui est très certainement le plus difficile qu’ils aient à traverser : soit parce qu’ils sont accusés de quelque chose qu’ils ont commis, soit parce qu’on leur impute des faits qu’ils n’ont pas commis, soit, enfin, parce qu’ils sont les victimes de tels faits. En vous confiant la charge de les défendre, ils vous accordent une confiance immense, qu’il faut honorer par un investissement total.

La victoire est la seule option ; chaque décision défavorable est un échec et s’accompagne d’une remise en question. Comme en sport, la préparation est aussi importante, si ce n’est plus, que le match. Comme en amour, l’insécurité est constante, les succès passés n’assurent pas une réussite future et il convient de tout mettre en œuvre pour parvenir à son objectif.

Quel est l'enseignement qui vous a le plus marqué ?

Immédiatement, je vous cite l’enseignement "Stratégie du procès" du Professeur Dany Cohen.

Il incarne, selon moi, ce que doit être la force de l’École de droit de Sciences Po : permettre à des étudiants polyvalents de répondre immédiatement aux challenges de leur pratique professionnelle.

Ce cours se construit comme des modules distincts où, chaque semaine, les étudiants répartis en groupes doivent rédiger des écritures (demandes, défenses, jugements) dans un des domaines qui composent le "droit économique".

Le droit est alors utilisé comme un outil qu’il convient de s’approprier et d’user pour parvenir à un objectif déterminé.

Ce cours allie ainsi théorie et pratique, et constitue, selon moi, la meilleure voie de perfectionnement en droit.

En quoi l’École de droit de Sciences Po forme-t-elle des avocats singuliers ?

Il est illusoire de penser que chaque spécialité professionnelle peut être pratiquée en vase clos. Une affaire dite pénale n’implique pas uniquement des questions de droit pénal. Il n’est pas rare qu’elle comporte des composantes civiles, de restructuring, d’arbitrage, de propriété intellectuelle ou encore de droit social ou fiscal.

La force de l’École de droit est donc, au cours d’un même cursus, de former des avocats et juristes qui pourront aisément interagir dans ces différentes spécialités : la meilleure preuve en est la diversité des pratiques professionnelles de ses alumni, quelques années après l’obtention de leur diplôme.

Surtout, l’École de droit constitue pour une grande majorité d’étudiants la suite de leurs études au Collège universitaire. Ces diplômés ont donc bénéficié d’une formation globale qui les rend pleinement conscients des enjeux du monde contemporain dans lequel ils seront amenés à exercer.

Un conseil pour celles et ceux qui souhaiteraient rejoindre l'École de droit de Sciences Po ?

Le métier d’avocat est le plus beau métier du monde. C’est une profession dans laquelle il est possible de s’épanouir pleinement, mais surtout où l’on peut souvent faire la différence en déployant une force de travail importante, tout en croyant en ses capacités. Pour moi, il n’y a aucun doute : l’École de droit est la meilleure préparation pour cette aventure personnelle et professionnelle.

Vincent Desrydiplômé 2016 du master Droit économique spécialité Contentieux économique et arbitrage (CEA)

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Alexandre Senegacnik, Special Mention of the Jury of the Suzanne Bastid Prize

Congratulations!
  • Announcement of this special mention, SFDI's annual conference, May 6-7, 2021Announcement of this special mention, SFDI's annual conference, May 6-7, 2021

The Jury of the Prix Suzanne Bastid of the French Society for International Law awarded a special mention to Alexandre Senegacnik for his doctoral thesis entitled "La critique de l’interprétation des traités de protection des investissements étrangers : la volte-face de l’Arlequin", directed by professors Diego P. Fernández Arroyo and Emmanuel Gaillard, defended at Sciences Po Law School in December 2019.

Alexandre pursued his research as a visiting scholar at Columbia Law School in New York (US) the Max Planck Institute for Comparative Public Law and International Law in Heidelberg (Germany), Kyoto University (Japan), the National University of Singapore (Singapore) as well as the Max Planck Institute for International European and Regulatory Procedural Law (Luxembourg).

The Prize of the French Society for International Law, created in 1992, was renamed "Prix Suzanne Bastid" in 1995, in honor of Professor Suzanne Bastid, founder of the Society which she chaired for twenty years, before becoming its honorary president. Professor Suzanne Bastid gave her first courses in international law at the École libre des Sciences Politiques before becoming the first lecturer teaching fundamental course at the Institut d'études politiques.

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Le Juge et l'assassin (1976)

Doctoral Candidate Seminar: Law & Cinema Club
  • Michel Galabru et Philippe Noiret dans Le Juge et l'assassinMichel Galabru et Philippe Noiret dans Le Juge et l'assassin

Le juge et l'assassin
(Bertrand Tavernier,1976)

Réalisateur connu pour ses engagements à gauche, Bertrand Tavernier a développé, à travers des films historiques d’une grande richesse thématique, des réflexions fortes sur les questions sociales de son temps. Pour rendre hommage à ce cinéaste disparu il y a peu, le Law and Cinema club propose de revenir sur un des films les plus marquants de sa filmographie.

Le récit questionne le rapport de la société bourgeoise à son système judiciaire. Le film aborde ainsi un grand nombre de problématiques (traitement des marginaux, limites de la responsabilité pénale, légitimité de la violence, domination juridique de la bourgeoisie, colonialisme) entrant en résonnance avec les réflexions qui nous animent en tant que juristes.

Tous les doctorants sont donc chaleureusement conviés à discuter de cette œuvre engagée et des interrogations qu’elle soulève le mercredi 26 Mai 2021 à 18h00.

The Law and Cinema Team
Louis HillVittoria Becci et Edward van Daalen

Sur invitation uniquement.

Event Date: 
Wednesday, 26 May, 2021 - 18:00
Event Location: 
En ligne
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European financial integration and EU Member States: The impact of the Banking Union and beyond

CALL FOR PAPERS - Marie Sklodowska-Curie Grant
  • Europe viewed from space at night ©NicoElNino/shutterstockEurope viewed from space at night ©NicoElNino/shutterstock

IMPACTEBU Workshop
Sciences Po Law School, 4 & 5 October 2021
Organiser: Diane Fromage, Marie Sklodowska-Curie Individual Fellow

The economic and financial crisis that hit Europe a decade ago showed that the rules in force in the European Union (EU) could not cope with a banking and debt crisis appropriately. To tackle this problem, the adoption of a Single Rulebook to achieve a unified regulatory framework for the EU financial sector was set as a goal in 2009, and the European System of Financial Supervision was created in 2010.

Yet, the coordination efforts among EU Member States fostered through these initiatives soon proved to be insufficient. For this reason, the European Banking Union (EBU) was established (2013), leading to the EU gaining competences in bank supervision (Single Supervisory Mechanism (SSM)) and bank resolution (Single Resolution Mechanism (SRM)). Both the SSM and the SRM operate under responsible EU bodies (the European Central Bank and an EU agency, the Single Resolution Board (SRB), respectively), although they exercise these mandates in cooperation with Member States’ authorities (National Competent Authorities (NCAs) and National Resolution Authorities (NRAs)), which have retained important powers.

A decade after the start of these reforms, this workshop aims at examining their consequences from a Member State’s perspective, the questions that arise in this regard being for instance:

  • How is financial and especially banking supervision organised in the various Member States?
  • Is one or more institution in charge, and how are the competences divided among the various institutions involved (where appropriate)? In particular: which is the model of institutional arrangement in place: functional (i.e. supervision is divided by line of business (classically: banking, insurance and securities market) and each of them is entrusted to a separate entity); institutional (the responsible supervisor is dependent on the official licensing of the institution (i.e. bank, insurance company, securities firm)); twin peaks (two supervisors (in most cases) share the responsibility of supervision: one is in charge of prudential objectives whilst the other is responsible for the conduct of business objectives) or single supervisory model (a single institution is entrusted with the supervision of all institutions and all functions)?
  • Have any reforms in this regard been conducted since the Great Financial Crisis? Were these reforms adopted in response to the changes operated at the global and/or EU level or were they, on the contrary, nationally-induced?
  • Where appropriate: have these reforms resulted in changes in the balance of powers among national institutions?
  • How is the national participation in EBU procedures and organs organised? Has this additional transfer of competences to the EU led to any tensions or reforms? For example, has it been necessary to establish cooperation mechanisms between the National Central Bank and the NCA where the NCA is not the Central Bank?

Further:

  • Have any issues in the areas of administrative, democratic or judicial accountability arisen?
  • Are the binding and non-binding legal instruments used at present adequate and/or are they causing tensions and uncertainty?
  • What lessons may we draw from the experience gained so far from a Member States’ perspective that could feed the on-going discussions on the strengthening and the completion of the EBU in the post-COVID period? 

These are but a few of the questions that the papers presented during the workshop could examine. Whilst the impact of the creation of the EBU is most felt by EBU Member States, the analysis of non-EBU as well as non-Euro area Member States (incl. the UK) is also necessary to gain a complete overview of the situation within the EU today, and to provide an assessment that could serve as a basis to devise the future reforms necessary to complete the EBU.

The proposed papers could thus examine the situation in one or more Member State, from a legal, a political science, an economic or a multidisciplinary perspective. Both analyses dealing with all or some of these issues in a single Member State, as well as cross-country, comparative analyses fit within the scope of this project.

Abstracts (250 words) should be submitted by 6 June 2021 to diane.fromage@sciencespo.fr. The selection of the papers is expected to be announced by 20 June 2021. The two half-day workshop is scheduled to take place on 4 and 5 October 2021 at Sciences Po Law School (Paris), although it may need to be moved (partially) online if the sanitary situation does not allow for an in-person event. After the workshop, the presented papers will be published as a journal special issue. All paper givers are expected to be committed to this common project, and will have to submit a draft paper ten days in advance of the workshop (that is by 24 September 2021).

This workshop is organised in the framework of "IMPACTEBU", a project that has received funding from the European Union’s Horizon 2020 research and innovation programme under the Marie Sklodowska-Curie grant agreement No 895841.

Event Date: 
Sunday, 6 June, 2021 (All day)
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"L’École de droit est véritablement une expérience collective"

Rencontre avec Mbaye-Yacine Thiam, diplômé 2017
  • Mbaye-Yacine ThiamMbaye-Yacine Thiam

POUVEZ-VOUS NOUS DÉCRIRE VOTRE PARCOURS ACADÉMIQUE ET PROFESSIONNEL ?

Je suis entré à Sciences Po juste après mon bac que j’ai obtenu à Toulouse d’où je suis originaire. J’ai intégré la deuxième promotion du tout nouveau Programme Europe-Afrique qui venait d’être créé l’année précédente et dont le cursus était encore dispensé sur le campus de Paris. Il s’agissait d’un cursus bilingue français-anglais dont une partie du programme portait sur l’Afrique, et notamment l’Afrique subsaharienne aux détours de matières telles que l’économie, l’histoire, le droit et la littérature notamment. J’ai effectué ma troisième année à l’étranger en Afrique d’abord au sein d’un cabinet de conseil en stratégie et management à Dakar au Sénégal avant de partir à Pretoria en Afrique du Sud pour six mois de stage au sein du bureau régional des Nations Unies en tant qu’assistant en communication et ensuite en tant qu’assistant en protection juridique au sein du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Lors de cette dernière expérience, qui m’a bouleversé, j’étais notamment chargé de l’évaluation des besoins en protection juridique des réfugiés en Afrique du Sud, lesquels étaient confrontés à une réalité humanitaire plus que préoccupante dans un pays lui-même en crise économique et sociale.

A mon retour en France, j’ai intégré l’École de droit avec la volonté de devenir avocat, sans pour autant savoir dans quelle spécialité. Intéressé à la fois par le droit des personnes mais aussi par le droit des affaires, je me suis dans un premier temps tourné vers le droit du travail en réalisant un court stage en droit social dans un cabinet français avant me tourner vers le droit commercial, plus international. Je n’ai pas fait de césure et suis directement passé en deuxième année de master au sein de la spécialité Global Business Law and Governance en partenariat avec Columbia Law School et Paris I Panthéon-Sorbonne. J’ai ainsi eu l’opportunité de passer les six premiers mois de mon année à New York à Columbia au cours desquels j’ai suivi cours de droit des sociétés, de droit international public et privé, de droits de l’Homme. La deuxième partie de l’année se passait à Paris, entre Sciences Po et la Sorbonne où j’ai essentiellement suivi des cours d’arbitrage, de droit pénal des affaires et de droit du commerce international.

J’ai effectué mon stage de fin d’étude au sein du département de contentieux des affaires d’un cabinet français à l’issue duquel je me suis vu proposer un contrat de juriste. Je suis resté dans ce cabinet pendant un an et demi, année pendant laquelle j’ai passé mon CRFPA. Une fois à l’école du Barreau, j’ai réalisé mon PPI en tant que consultant au sein du cabinet de conseil Deloitte en stratégie sociale et M&A. J’ai ensuite intégré le cabinet Orrick Rambaud Martel au sein du département contentieux et pénal des affaires pour mon stage final.

A l’automne 2020, j’ai intégré le cabinet d’affaires américain Jones Day en tant que collaborateur au sein du département Global Disputes qui regroupe les pratiques arbitrage et contentieux des affaires.

COMMENT EST NÉ VOTRE INTÉRÊT POUR LES ÉTUDES DE DROIT ?

Mon intérêt pour le droit est arrivé progressivement au fil de mon parcours à Sciences Po. Effectivement, je n’avais jamais envisagé la possibilité de devenir avocat avant ma troisième à l’étranger. J’ignorais même que cette voie était ouverte en passant par l’École de droit. En revanche, j’ai vite compris que j’aimais le droit, les principes fondamentaux qui en découlaient et la structure qu’il apportait pour comprendre, défendre ou questionner une position. Sur le plan personnel, j’étais et reste convaincu que le droit permet à l’individu de jouir pleinement de sa liberté, de son indépendance d’esprit, d’être au service de l’autre en lui permettant de trouver les solutions aux situations auxquelles il se confronte au quotidien. Sur le plan professionnel, j’ai choisi de devenir avocat en remarquant que j’étais particulièrement attiré par le contentieux judiciaire et la défense des droits. A cet égard, je me voyais davantage défendre une position que trancher un litige. L’avocat exerce une profession très complète en mobilisant à la fois ses connaissances, ses recherches, son expérience professionnelle, son vécu personnel, sa plume et son verbe. C’est un métier de service extrêmement exigeant, par lequel on apprend au quotidien sur les autres et sur soi-même et grâce auquel on acquiert des compétences réutilisables ensuite dans d’autres domaines.

QUELLES SONT LES PRINCIPALES CARACTÉRISTIQUES DE VOTRE POSTE AUJOURD'HUI ?

Au sein de l’équipe Global Dispute de Jones Day, je m’occupe principalement des dossiers de contentieux des affaires même si je peux être amené à intervenir sur des arbitrages internationaux. Ma pratique couvre l’ensemble du contentieux du droit des affaires à savoir le droit commercial, le contentieux post-acquisition, les enjeux de responsabilité bancaire, de responsabilité contractuelle et délictuelle ainsi que les produits défectueux. J’interviens à tous les stades du contentieux : lorsque les parties commencent à s’échauffer et qu’il faut calmer le débat notamment par la négociation d’un accord transactionnel, lorsque le débat s’est malgré tout cristallisé et qu’il faut bâtir la stratégie contentieuse d’attaque ou de défense et enfin lorsqu’il faut exécuter une décision de justice ou une sentence arbitrale. Je suis aussi amené ponctuellement à travailler pour d’autres départements (restructuring, droit social, corporate, bancaire) qui sollicitent parfois un avis pour les aspects contentieux de leurs dossiers.

La clientèle est très variée tant dans leurs domaines d’activité que dans leurs besoins et l’on devient très vite en véritable couteau-suisse du contentieux. Par ailleurs, je travaille essentiellement en français et en anglais compte tenu de l’internationalité de la clientèle. Enfin, la diversité et la technicité des problématiques juridiques qui se posent obligent à œuvrer de pédagogie et d’efforts de vulgarisation pour présenter et arbitrer des stratégies contentieuses ou traduire des spécificités procédurales propres au litige. Il s’agit pour nous de canaliser et de décharger le client du stress que peut générer tout contentieux, tant du point de vue médiatique que financier.

Quels souvenirs gardez-vous de votre école, de votre promotion, de vos enseignants ?

L’École de droit m’a permis de découvrir progressivement un monde que je ne connaissais pas, de m’y sentir à l’aise et de bâtir un projet professionnel. Je dois beaucoup à l’école qui a notamment mis en place, en partenariat avec le cabinet Clifford Chance, une bourse d’excellence dont j’ai été l’heureux bénéficiaire et qui m’a également permis de partir à New York au sein de la Columbia Law School dans le cadre de la spécialité Global Business Law and Governance. Je garde aussi un excellent souvenir du cours dispensé par le Professeur Louis Assier-Andrieu sur les figures de la pensée juridique américaine, de l’énergie et de la technicité de Maître Reinhard Dammann en droit des biens ainsi que de la passion de la Professeure Horatia Muir-Watt pour le droit international privé.

Enfin, j’ai le souvenir d’une promotion brillante, bienveillante et unie, au sein de laquelle je me suis fait de nombreux amis que je retrouve toujours avec plaisir.

Un conseil pour celles et ceux qui souhaiteraient rejoindre l'École de droit ?

"One step at a time". C’est un conseil qu’une amie rencontrée à Columbia m’avait donné et qui s’est avéré fort utile pour la suite de mon parcours. En effet, le droit est une matière exigeante et il faut prendre le temps de mûrir personnellement, juridiquement et professionnellement pour être à la hauteur de ses ambitions, quelles qu’elles soient. L’École de droit offre d’incroyables opportunités à toutes les étapes du cursus et il faut les saisir en se faisant confiance, en apprenant de ses échecs, et en s’émancipant des discours qui voudraient nous voir emprunter une voie qui ne nous correspondrait pas. Enfin, il est illusoire de penser que ce processus de construction doit se faire seul voire en compétition avec les autres. Au contraire, le passage à l’École de droit est véritablement une expérience collective qui forge de solides amitiés vers lesquelles il ne faut pas hésiter à se tourner, elles sont d’une grande aide pour les défis qui nous attendent.

Mbaye-Yacine Thiamdiplômé 2017 du Master droit économique spécialité Global Business Law and Governance (GBLG)

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ÉVÉNEMENT ANNULÉ : Webinar Latournerie Wolfrom Avocats

  •  Marion Delaigue et Thibaut Kazémi Marion Delaigue et Thibaut Kazémi

ÉVÉNEMENT ANNULÉ

Chères étudiantes, Chers étudiants,

Maîtres Marion Delaigue et Thibaut Kazémi, associés, vous présenteront le cabinet Latournerie Wolfrom Avocats ainsi que leur vision de l'avenir et de l'emploi au sein des cabinets d'avocat lors d'un webinar organisé le mercredi 26 mai 2021 de 18h30 à 19h45.

Venez leur poser toutes vos questions !

Event Date: 
Wednesday, 26 May, 2021 - 18:30 - 19:45
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Ça s’est dit à la Revue…

Céline Bardet, une femme hors du commun
  • Céline BardetCéline Bardet

Bienvenue dans un nouvel épisode de Ca s’est dit à la Revue, le podcast de la Revue des Juristes de Sciences Po. Cette semaine, nous recevons Céline Bardet, juriste et enquêtrice internationale, spécialisée sur les questions relatives au droit pénal international, aux crimes de guerre et à la criminalité transfrontalière.

Elle est actuellement directrice générale de l’organisation non gouvernementale We are Not Weapons of War, spécialisée dans la lutte contre les violences sexuelles intervenues lors de conflits armés.

Avant d’avoir fondé cette ONG en 2014, elle avait notamment travaillé au Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie, au Bureau des Crimes et Drogues des Nations Unies et a été directrice juridique et conseillère de l’adjoint principal du Haut Représentant en Bosnie Herzégovine Elle a relaté son expérience dans les Balkans dans un ouvrage intitulé Zones Sensibles, une femme contre les criminels de guerre, paru en 2011. En 2018, elle est intervenue dans le documentaire de Cécile Allegra, "Lybie – Anatomie d’un crime" qui retrace son travail en tant qu’enquêtrice internationale pour recueillir sur le terrain des preuves de la commission de violences sexuelles. Dans cet entretien, nous revenons sur son parcours, les actions et les projets de We are not weapons of War.

Nous vous souhaitons une bonne écoute !
La Revue des Juristes de Sciences Po

> Ecouter le podcast

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L'AJSP recrute sa nouvelle équipe !

  • Logo AJSPLogo AJSP

Chers Amis.e.s,

L'Association des Juristes de Sciences Po (AJSP) recrute les membres de son Bureau 2021-2022 parmi les futurs étudiants des masters Droit économique (English track students are welcome!), Droit et finance et Carrières Judiciaires et Juridiques (CJJ).

Pour avoir une meilleure idée de qui nous sommes : notre but est d'animer la vie académique et sociale de l'École de droit. Nous voulons que les étudiants.es vivent la meilleure expérience possible à l'intérieur et à l'extérieur de Sciences Po !

Nous recrutons :

  • Un.e Président.e volontaire et organisé.e pour travailler en équipe et veiller à la cohérence entre les pôles. Nous cherchons quelqu'un d'impliqué qui n'a pas peur de travailler sur plusieurs projets en même temps. 
  • Un.e Vice-Président.e disponible pour soutenir au besoin la/le Président.e (et éventuellement diriger un pôle). Répartition de la gestion des projets avec la/le Président.e.
  • Un.e Trésorier.ère sans phobie administrative ou comptable pour gérer le budget de l’association (et éventuellement diriger un Pôle). Travail de coordination important. Coopération avec le Pôle Partenariats. 
  • Un.e Secrétaire Général.e dont le sens du contact est doublé de solides compétences en communication (et éventuellement diriger un Pôle).
  • Un binôme Responsables Partenariats pour contacter des professionnels du droit en vue de former des partenariats durables et pour travailler sur le financement externe de l'association.
  • Un.e Responsable du Pôle CJJ, issu.e du master CJJ, pour mettre en avant la diversité des débouchés du master et faire découvrir l’actualité du monde judiciaire à l’École de droit.
  • Un.e Responsable du Pôle Evénements matinal.e pour l’organisation des petits-déjeuners et couche-tard pour l’organisation des conférences et cocktails.
  • Un.e Responsable du Pôle Vie de Master pour l'organisation du Gala, d'afterworks et l'édition annuelle du Yearbook.
  • Un.e Responsable du Pôle Contentieux et Arbitrage, issu.e de la spécialité Contentieux Économique et Arbitrage (CEA).
  • Un.e Responsable Communication pour mener la communication de l'association sur les réseaux sociaux et par email (les esprits créatifs sont les bienvenus).
  • Un.e Responsable du Pôle Sciences Pi, issu.e de la spécialité Droit de l’innovation, pour animer sa spécialité avec une large palette d’activités.
    Candidature à envoyer séparément à sciences.pi@sciencespo.fr
  • Un Binôme de Rédacteurs en Chef de la Revue des Juristes de Sciences Po dont les deux membres ont un projet éditorial commun pertinent et disposent d’expériences préalables au sein d’une revue universitaire. Ils travailleront sur la parution d'un numéro papier par semestre.
    Ils coordonneront des travaux du blog avec les chroniqueurs et les étudiants de l'École de Droit. Ils s'occuperont enfin de la gestion administrative de La Revue : travail de développement des relations avec ses partenaires.
    Prérequis : une expérience au sein d'un comité de rédaction d'une revue et de bonnes compétences de gestions d'équipe sont préférées.
    Les binômes candidats doivent envoyer leurs CV et une lettre de motivation commune à revue.ajsp@gmail.com
Pour postuler, rien de plus simple que d'envoyer un bref email de motivation accompagné de votre CV à l'adresse contact.ajsp@gmail.com.Pour nous laisser le temps de rencontrer tous les candidats, nous vous demandons de bien vouloir postuler avant le 30 mai 2021.

Nous espérons que vos candidatures seront nombreuses !
Bonne chance à tous !

Le Bureau de l’AJSP

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Félicitations à l'équipe de l'Université Paris-Saclay

Résultats de la 16ème édition du Concours d'Arbitrage International de Paris (CAIP)
  • Équipe de l’Université Paris-Saclay, Premier prix du CAIP 2021Équipe de l’Université Paris-Saclay, Premier prix du CAIP 2021
  • Équipe de l'Université Paris Nanterre, Second prix du CAIP 2021Équipe de l'Université Paris Nanterre, Second prix du CAIP 2021
  • Alice Bello, École de droit de Sciences Po, Prix du Meilleur orateur, 2021Alice Bello, École de droit de Sciences Po, Prix du Meilleur orateur, 2021
  • Équipe de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, Prix du meilleur mémoire, 2021Équipe de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, Prix du meilleur mémoire, 2021

La finale de la 16ème édition du Concours d'Arbitrage International de Paris (CAIP) a eu lieu devant un tribunal arbitral simulé composé de Pierre Tercier (Président), Professeur émérite de l’Université de Fribourg, Président honoraire de la Cour internationale d’arbitrage de la CCI ; Diana Paraguacuto-Mahéo, Associée, cabinet Foley Hoag ; Tim Portwood, Associé, cabinet Bredin Prat ; Karolina Rozycka, Avocate, cabinet Clifford Chance ; Christophe von Krause, Associé, cabinet White & Case.

Après délibération, le tribunal arbitral simulé a décerné les prix suivants :

PREMIER PRIX : UNIVERSITÉ PARIS-SACLAY

Équipe de l’Université Paris-Saclay composée de Toni Landini, Eloïse Dronnier (titulaires), Mireine Manguilla, Nathalie Vazquez, Wilson Rita Ndombet (suppléantes) et supervisée par Olivier Laude.

Cette équipe a reçu un prix de 8 000 euros des cabinets d’avocats partenairesun stage de 6 mois dans l’un de ceux-ci offert aux deux membres titulaires et un abonnement aux éditions Lamy/Wolters Kluwer.

SECOND PRIX : UNIVERSITÉ PARIS NANTERRE

Équipe de l'Université Paris Nanterre composée de Ambre Riley, Léa Gagnepain (titulaires), Marion Dovran, Hugo Aubry, Théo Margrite, Flavia Caron (suppléants) et supervisée par Valentin Bourgeois.

Cette équipe a reçu un prix de 4 000 euros des cabinets d’avocats partenaires et un abonnement aux éditions Lamy/Wolters Kluwer.

PRIX DU MEILLEUR ORATEUR : alice Bello

Alice Bello de l'École de droit de Sciences Po.

PRIX DU MEILLEUR MÉMOIRE : Université Paris I Panthéon-Sorbonne

Équipe de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne composée de Mathou KoitaRaïssa Diane Kotedje (titulaires), Agathe ChambeyronElise Steiner, Clara DragnevBassem Habibi Alaoui (suppléants) et supervisée par Yas Banifatemi.

Toutes nos félicitations aux heureux lauréats et à toutes les équipes participantes !

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"Allier la perspective d’ensemble au souci du détail"

Rencontre avec Lionel Chami, diplômé 2019
  • Lionel ChamiLionel Chami

Pouvez-vous nous décrire votre parcours académique ?

J’ai débuté mon parcours en intégrant le campus Moyen-Orient Méditerranée à Menton, un véritable trait d’union entre les deux rives de cette mer. Ce choix m’a permis d’approfondir ma connaissance du Levant d’où je viens, tout en élargissant mon horizon à de nouvelles disciplines. Ce sont notamment les enseignements de droit international qui y sont dispensés qui ont semé les graines de mon intérêt pour la science juridique.

J’ai ensuite effectué mon Erasmus en Irlande, à Trinity College Dublin. Cette année fut l’occasion pour moi de découvrir les auteurs irlandais comme William Butler Yeats et Oscar Wilde dans leur environnement natal.

J’intègre finalement en 2016 le master Droit économique de l’École de droit de Sciences Po. Suite à ma première année de master, j’effectue mon premier stage auprès de l’équipe d’arbitrage international de Squire Patton Boggs à Paris, avant de m’envoler pour Beyrouth où je rejoins le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies. Je travaille alors sur des questions d’anti-corruption et d’encadrement juridique de l’aide humanitaire.

Après Sciences Po, je décide de travailler aux côtés de Me Yann Aguila sur la promotion du projet de Pacte mondial pour l’environnement. Simultanément, je suis reçu à l’examen d’accès au Centre régional de formation professionnelle d’avocats (CRFPA) en 2020.

Pour quelles raisons avez-vous choisi la spécialité GGS proposée au sein de l’École de droit ?

J’avais pour souhait d’intégrer la spécialité Global Governance Studies (GGS) dès mon entrée à l’École de droit. C’est un Master qui est sous le signe de l’international tant au niveau des enseignements qui y sont prodigués que des nationalités des professeurs et des étudiants. Il correspond idéalement à celles et ceux qui recherchent un équilibre entre le concret du droit économique et la diversité qu’offre son ouverture internationale.

Quel poste occupez-vous aujourd'hui ?

Je travaille en tant que Conseiller spécial auprès du Pacte mondial pour l’environnement. Ce dernier est un projet de traité international actuellement sur la table de négociation des Nations unies. L’objectif du Pacte est de reconnaître les grands principes, droits et devoirs qui doivent guider l’action environnementale.

Très concrètement, mes fonctions sont à mi-chemin entre le conseil juridique en droit international et la coordination d’activités promotionnelles, dans le but de faire connaître le Pacte aux quatre coins du monde.

Par exemple, nous avons récemment lancé une plateforme intitulée Pathway to the 2022 Declaration, a Blog by Jurists for Diplomats. Son but est de faire parvenir des propositions juridiques concrètes aux diplomates afin de réformer en profondeur la gouvernance mondiale de l’environnement.

Quels souvenirs gardez-vous de votre école, de votre promotion, de vos enseignants ?

L’École de droit est avant tout un magnifique espace d’apprentissage. Si la première année offre un indispensable enseignement des fondamentaux du droit économique français, c’est durant la deuxième année que l’on s’épanouit réellement au travers des enseignements de spécialité.

Pour ma part, je suis particulièrement attiré par les problématiques d’énergie, d’environnement et de règlement des litiges liés aux investissements étrangers. Par conséquent, j’ai énormément appris du cours d’International Oil & Gas Industry, dispensé par Rebecca Major et Sharif Abusaada. Je suis également très reconnaissant aux professeurs Makane Mbengue et Laurent Neyret pour leurs enseignements exceptionnels de droit international public et de droit de l’environnement.

Je dois aussi beaucoup à la clinique de l'École de droit qui m’a permis de saisir le défi de l’adaptation du conseil juridique aux attentes du "client". J’ai ainsi eu la chance de corédiger un rapport pour l’Agence française de développement (AFD) sur les effets juridiques de l’accord de Paris sur le financement du développement.

Un conseil pour celles et ceux qui souhaiteraient rejoindre l'École de droit ?

La pente peut s’avérer raide au début, mais le jeu en vaut la chandelle ! L’exceptionnalité de sa formation fait qu’on y apprend à allier la perspective d’ensemble au souci du détail. Ces deux éléments permettent à la fois de donner du sens à ce que l’on fait, tout en apprenant à fournir un travail juridique de qualité.

Finalement, c’est un milieu où l’on prend conscience des contours de sa propre connaissance et de l’importance du travail en équipe. Le droit est un domaine si vaste que nul ne peut prétendre tout y connaître. La seule sagesse à laquelle on peut y prétendre, pour paraphraser T.S. Eliot, est la sagesse de l’humilité.

Et bien sûr, ce sont les rencontres que l’on fait en cours de route qui rendent l’aventure agréable !

Lionel Chamidiplômé 2019 du master Droit économique spécialité Global Governance Studies (GGS)

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"Réaliser un pas de côté pour découvrir le monde merveilleux de l'École de droit"

Rencontre avec Julien Bara, diplômé 2017
  • Julien BaraJulien Bara

POUVEZ-VOUS NOUS RETRACER VOTRE PARCOURS ACADÉMIQUE ?

Après l'obtention du baccalauréat dans ma ville natale de Bergerac, j'ai suivi un cursus complet à la faculté de droit... au sein de trois universités différentes ! Après deux années à Bordeaux, j'ai rejoint le magistère de droit public des affaires de Montpellier avant de terminer par un diplôme de Master 2 en droit public de l'économie au sein de l'Université Paris 2 Panthéon-Assas.

J'ai rejoint l'École de droit après ce diplôme, pour un retour en Master 1 (et pour le meilleur).

Pour quelles raisons avez-vous choisi la spécialité EMR proposée au sein de l’École de droit ?

Alors étudiant à la faculté, j'ai lu l'ouvrage "La cuisine du droitdu Pr Christophe Jamin et j'ai tout de suite adhéré à la philosophie de l'École de droit : approche par la pratique, pluridisciplinarité... j'ai été convaincu que cela complèterait parfaitement mon parcours classique et publiciste.

C'est donc naturellement que j'ai choisi la spécialité Entreprises, marchés, régulations (EMR), dont les enseignements m'ont permis d'intégrer l'approche privatiste du monde économique qui manquait à mon parcours.

Quel poste occupez-vous aujourd'hui ?

Dans la lignée de mon intérêt pour les relations entre l'État - et donc le droit dans tous ses aspects - et l'économie, j'occupe le poste de cadre budgétaire au sein des services du Premier ministre. Je participe à la préparation du projet de loi de finances pour la mission "Direction de l'action du gouvernement", qui regroupe notamment une dizaine d'autorités administratives indépendantes.

Cette position me permet de mieux comprendre les rouages étatiques tout en participant à mon échelle à la prise de décision en matière de dépense publique sur un périmètre particulièrement riche intégrant la protection des droits et libertés.

Quelle image attachez-vous à votre passage à l’École de droit ?

De la bienveillance des responsables pédagogiques à la main tendue des élèves, je retiens d'abord une acclimatation facilitée, qui rend propice un apprentissage de qualité.

J'ai ensuite été marqué par le niveau d'excellence des enseignements et pu constater directement sur mes camarades, qui découvraient la matière juridique, l'efficacité de la méthode prônée par l'École de droit.

Un conseil pour celles et ceux qui souhaiteraient rejoindre l'École de droit de Sciences Po ?

M'adressant à ceux qui, comme je l'ai été, sont étudiants à la faculté de droit, je dirais que le cursus universitaire peut être perçu comme un tunnel, une voie toute tracée. Je les inciterais à réaliser un pas de côté pour découvrir le monde merveilleux de l'École de droit qui renouvellera leur approche intellectuelle de la matière dans un contexte pédagogique idéal.

Julien Baradiplômé 2017 du master Droit économique spécialité Entreprises, Marchés, Régulations (EMR)

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Exporter le modèle coutumier ?

Séminaire des doctorants en droit : Groupe de lecture "Juristes anarchistes"
  • Peinture Warli, District de Thane, IndePeinture Warli, District de Thane, Inde

Il s’agira d’envisager ensemble la possibilité d’institutionnaliser l’autogestion à partir de l’imaginaire de la coutume. Notre réflexion portera aussi bien sur la coutume qui existe en dehors du droit et à laquelle les juristes reconnaissent parfois un caractère obligatoire, que sur la coutume judiciaire dont les juristes, et surtout les juges, sont les artisans. Sans négliger les limites de ces approches, nous tâcherons collectivement d’identifier les aspects de ce "droit spontané" qui peuvent nous aider à imaginer une société organisée librement.

LES LECTURES COMMENTÉES

Lectures principales (extraits choisis) 

  • Assier-Andrieu Louis, "La coutume", dans Chroniques du juste et du bon, Paris, Les Presses de Sciences Po, 2020, pp. 46-75
  • Leoni Bruno, La liberté et le droit [traduit de l’anglais par Charlotte Philippe], Paris, Belles lettres, 2006 [1961], pp. 131-158
  • Leroy Maxime, La coutume ouvrière : syndicats, bourses du travail, fédérations professionnelles, coopératives : doctrines et institutions , Paris, M. Giard et E. Brière, 1913, pp. 25-40

Lectures complémentaires (extraits choisis) 

  • Cruet Jean, La vie du droit et l’impuissance des lois, Paris, Flammarion, 1908, pp. 167-173 et 333-336
  • Hayek Friedrich, Droit, législation et liberté, Paris, PUF, 2013 [1973-79], pp. 215-244
  • Herrera Carlos-Miguel (dir.), Georges Sorel et le droit, Paris, Kimé, 2005, pp. 55-81, 135-138, 151-166 et 5-12
  • Scott James C., L’œil de l’Etat, Paris, La Découverte, 2021 [1998], pp. 535-536

PARTICIPATION

Cette séance et celles qui suivront sont ouvertes à toutes et tous. Les lectures sont disponibles sur ce Google drivePour toute question, merci de contacter Arié Lévy.

Event Date: 
Friday, 21 May, 2021 - 10:00 - 12:00
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"L’important, c’est le goût du droit et l’ouverture"

Rencontre avec Paul Perney, diplômé 2019
  • Paul PerneyPaul Perney

POUVEZ-VOUS NOUS DÉCRIRE VOTRE PARCOURS ACADÉMIQUE ?

J’ai rejoint Sciences Po en 2013 après le baccalauréat dans le cadre du double-cursus entre Sciences Po et l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en mathématiques appliquées et sciences sociales.

Après une troisième année à l’Università L. Bocconi à Milan, j’ai décidé d’intégrer le master Droit économique proposé par l’École de droit dans l’idée de devenir avocat en droit financier. J’ai donc pris une année de césure pendant laquelle j’ai réalisé plusieurs stages en cabinet dans différents types de structure, petite et grande, française et anglo-saxonne. Pendant ma dernière année à Sciences Po, j’ai effectué un stage en parallèle du master au sein de la direction juridique de Natixis dans le département de dérivés structurés.

Après ma diplomation en 2019, j’ai obtenu l’examen du CRFPA et j’ai intégré le Master 2 Droit bancaire et financier de l’Université Panthéon-Assas pour me spécialiser dans ce domaine du droit des affaires. Je suis actuellement en stage final et je devrais prêter serment dans quelques mois après avoir obtenu le CAPA.

Pour quelles raisons avez-vous choisi la spécialité EMR proposée au sein de l’École de droit ?

Dès le premier cycle de mon cursus universitaire, j’ai développé un goût prononcé pour la matière financière. La spécialité Entreprises, Marchés, Régulations (EMR) s’est donc imposée à moi assez naturellement car elle permet de conserver une ouverture dans les matières étudiées. Cette spécialité propose une grande diversité de cours et chaque étudiant a la possibilité de construire son semestre en fonction de ses préférences et de son projet.

A mon sens, cette spécialité conviendra à tous les étudiants intéressés notamment par le M&A, le droit bancaire et financier et/ou le droit de la concurrence. Toutefois, il conviendra également à tout étudiant qui hésite et qui souhaite prendre le temps de découvrir de nouveaux sujets et de mûrir son projet.

QUEL EST VOTRE PROJET PROFESSIONNEL ?

Une fois mon stage final achevé, je vais démarrer une collaboration dans le domaine du droit des services financiers au sein du département Corporate/Regulatory du cabinet Bredin Prat, qui présente une forte composante transactionnelle. Le regulatory est en pleine expansion et implique la réalisation d’analyses juridiques approfondies. Cette pratique nécessite également de bien comprendre les enjeux opérationnels des établissements bancaires et financiers. De plus en plus de cabinets sont d’ailleurs en train de créer et/ou développer leur practice regulatory / services financiers à Paris.

Quels souvenirs gardez-vous de votre école ?

Je garde de très bons souvenirs de mes années à Sciences Po. Même si l’ambiance du master droit économique est très studieuse, je me souviens surtout des pintes du Basile et cette nostalgie m’émeut en cette période de pandémie !

Un conseil pour celles et ceux qui souhaiteraient rejoindre l'École de droit ?

J’ai eu un parcours assez linéaire et focalisé autour du droit bancaire et financier. Pourtant, je me rends compte que ce n’est pas le cas de la majorité des étudiants qui rejoignent l’École de droit. Ce n’est pas grave de ne pas avoir d’idées précises sur sa future vie professionnelle ! L’important, c’est le goût du droit et l’ouverture. Je pense donc que multiplier les expériences à travers vos cours et vos stages permet de ne pas avoir une vision trop étroite du métier d’avocat. J’ai seulement découvert l’existence des clés RPVA et des toques à l’EFB !

Paul Perneydiplômé 2019 du master Droit économique spécialité Entreprises, Marchés, Régulations (EMR)

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"Il faut être à la hauteur de ce que l'on investit en vous"

Rencontre avec Quentin Dachy, diplômé 2018
  • Quentin DachyQuentin Dachy

POUVEZ-VOUS NOUS DÉCRIRE VOTRE PARCOURS ?

J'ai un parcours de juriste venu au droit par la littérature.

J'ai débuté mes études en rejoignant le double diplôme entre le Collège universitaire de Sciences Po et la licence de lettres de Sorbonne Université.

Pendant cette période, j'ai eu l'opportunité d'être assistant parlementaire à mi-temps, ou encore de partir étudier à University College London (UCL) en 3ème année.

C'est en second cycle, en rejoignant le master Droit économique de l'École de droit, que je me suis pleinement plongé dans l'univers juridique.

J'ai effectué des stages juridiques en cabinets d'avocats (Paul Hastings, Bredin Prat) et au sein d'institutions européennes (CJUE, Commission européenne).

Après Sciences Po, j'ai poursuivi mes études juridiques pendant un an, puis j'ai intégré l'École de formation professionnelle des barreaux de la cour d’appel de Paris (EFB).

QUEL POSTE OCCUPEZ-VOUS AUJOURD'HUI ?

Je termine mon stage final au sein du cabinet Obadia, Stasi & Avocats. Le cabinet intervient en droit pénal général, économique, financier et médical. Il est hautement qualifié en droit pénal de la santé et dans le contentieux des accidents collectifs, et est en outre très reconnu en matière de harcèlement moral et sexuel ainsi qu’en droit de la presse.

J'y ai définitivement attrapé le virus de la matière pénale, après un stage au Parquet. La pratique du contentieux permet d'être constamment rappelé aux enjeux les plus concrets de la défense. Être confronté au Tribunal, c'est en quelque sorte jouer sa vie dans l'esprit du justiciable. Il faut être à la hauteur de ce que l’on investit en vous.

Je travaille sur des dossiers très variés, ce qui s’avère passionnant et formateur pour un jeune professionnel. Je vais d’ailleurs rejoindre le cabinet à la rentrée, puis prêter serment !

QUELS SOUVENIRS GARDEZ-VOUS DE L'ÉCOLE DE DROIT ?

Je garde le souvenir d'une école qui donne à ses élèves l'opportunité de se plonger dans la complexité du droit, à la fois dans ses aspects les plus pratiques, par la confrontation avec des professionnels aguerris qui ont à cœur de transmettre leur expérience, tout en ayant l'opportunité de se plonger dans la théorie.

Aussi, j'ai pu étudier de façon précise la mise en place d'enquêtes internes au sein des grandes entreprises, par les interventions d'Antonin Levy et Aurélien Hamelle en Droit de la compliance, tout en intégrant le Programme d'initiation à la recherche (PIR), où j'ai travaillé à une déconstruction du concept d'identité constitutionnelle, avec les outils de la psychanalyse ! Ce travail de recherche a été supervisé par le Professeur Mikhail Xifaras, qui m'a poussé à ne pas me fixer de limites théoriques.

Le droit s’avère souvent être un vaste champ de bataille. Il s’agit d’une matière inflammable, où il faut s'armer de concepts, et savoir les manier avec adresse pour parvenir à ses objectifs. C’est tout l’intérêt d’un projet pédagogique qui selon moi permet de se frayer un chemin singulier parmi les divers lieux du droit, aux apparences souvent contradictoires. Ihering ne s'y trompait pas, quand il parlait en 1890 de Lutte pour le droit.

QUELS SONT VOS PROJETS POUR LA SUITE ?

Ne jamais cesser d'apprendre, et puis enseigner.

Nous avons pour projet, avec une camarade de promotion, de dispenser un cours sur le parcours d'un accusé, depuis l'ouverture d'une enquête jusqu'à l'exécution d'une possible condamnation.

Nous aimerions y convoquer, autour d'un même thème, des éléments concrets de procédure, avant de débattre autour de textes historiques, littéraires, philosophiques.

Il me semble important d’instaurer un dialogue avec les étudiants, en tentant de leur donner à voir le vaste terrain de jeu que peut être la pratique du droit.

UN CONSEIL POUR CELLES ET CEUX QUI SOUHAITERAIENT REJOINDRE L'ÉCOLE DE DROIT DE SCIENCES PO ?

Ne pas concevoir le droit comme une discipline, mais plutôt comme un levier de transformation !

Quentin Dachydiplômé 2018 du master Droit économique spécialité Entreprises, Marchés, Régulations (EMR)

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Conférence d'actualité de droit administratif : Le statut du droit de l'Union européenne en droit interne

Bertrand Dacosta et Alexandre Lallet

IMPORTANTInitialement prévue le jeudi 27 mai 2021, cette conférence est avancée au mardi 25 mai 2021.

Annonce de la conférence

Event Date: 
Tuesday, 25 May, 2021 - 17:00
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Webinar White & Case

Maîtres Guillaume Vallat, Raphaël Richard, François Guilhem-Vaissier et Jean-François Le Corre

Logo white & caseChères étudiantes, Chers étudiants,

Maîtres Guillaume VallatRaphaël Richard et François Guilhem-Vaissier, associés, ainsi que Maître Jean-François Le Corre, en charge du Programme Stagiaires, vous présenteront la firme White & Case, son bureau parisien ainsi que ses pratiques M&A Corporate/Private Equity, Debt Finance et Développement et Financement de projets au cours d'un webinar qui aura lieu le mercredi 19 mai 2021 de 18h à 19h30.

Nous vous attendons nombreuses et nombreux pour échanger de façon interactive.

Event Date: 
Wednesday, 19 May, 2021 - 18:00 - 19:30
Event Location: 
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La fiction chez Bentham : L'utilitarisme entre science et grammaire

Vivien Krystkowiak, Docteur en philosophie

ATELIER SAB PROCBENTHAM

Logo centre BenthamIl est maintenant largement admis, parmi les spécialistes de Jeremy Bentham, que sa morale utilitariste doit être interprétée, au moins en partie, en fonction de sa théorie des fictions. Or cette théorie implique un grand renouveau dans l’interprétation de l’utilitarisme. Il était en effet d’usage de considérer Bentham comme un simple héritier du projet empiriste : la morale devait se constituer en science et trouver son fondement dans l’observation de la nature humaine, ici, la recherche des plaisirs et l’évitement des peines. Il était alors possible d’opposer à cette théorie les mêmes objections qu’on oppose à l’empirisme de John Locke ou David Hume. Dès lors, l’utilitarisme devait soit échouer dans l’identification objective des perceptions mesurables que seraient les plaisirs et les peines, soit dans la psychologisation de la morale. Cependant, la théorie des fictions de Bentham, en tant que théorie du sens des propositions, permet justement à ce dernier de s’émanciper de certains des problèmes majeurs de l’empirisme et d’ouvrir une nouvelle voie pour l’interprétation du vocabulaire moral notamment. Cette voie peut être comparée à ce qu’on appelle avec Wittgenstein la "grammaire philosophique".

Cette intervention visera donc à donner les raisons qui nous poussent à établir un lien entre la théorie de Bentham et celle de Wittgenstein, à situer la théorie des fictions de Bentham en fonction de cette "grammaire philosophique" et, enfin, à considérer certaines des implications morales de cette interprétation de la théorie des fictions.

Vivien Krystkowiak, Docteur en philosophie. Les recherches de Vivien Krystkowiak portent principalement sur les thèmes de la philosophie morale et de la philosophie du langage. Elles concernent en particulier la morale utilitariste et les analyses wittgensteiniennes concernant la signification. Il a, au cours de son doctorat, interprété les concepts clefs des théories morales utilitaristes en fonction de ces théories de la signification. Celles-ci lui ont permis de souligner les difficultés qui se posent aux théories utilitaristes de la signification et donc aussi à leurs théories morales. Cette démarche lui a non seulement permis de présenter une interprétation originale des théories morales utilitaristes classiques mais aussi d’évacuer certaines des difficultés qu’ont leur oppose habituellement et d’en exposer de nouvelles. Dans la continuité de ces travaux, les recherches de Vivien Krystkowiak portent aujourd’hui sur la place qu’il est possible d’attribuer aux plaisirs et aux peines dans l’action humaine et dans le domaine de la morale : une fois que les difficultés utilitaristes ont été soulevées, il reste à savoir si, lorsqu’elles ne se posent plus, le plaisir et la peine peuvent encore jouer le rôle que leur accordaient les utilitaristes.

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Friday, 28 May, 2021 - 14:00 - 16:00
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"Si on est assez curieux, absolument tout est possible après cette École"

Rencontre avec Constance Allain, diplômée 2019
  • Constance AllainConstance Allain

Pouvez-vous nous décrire votre parcours académique et professionnel ?

Je suis rentrée à Sciences Po en 2013 directement après un bac littéraire en intégrant le programme Europe Afrique dont le campus était encore à Paris à l’époque (je suis si vieille !). En troisième année j’ai fait le choix de partir en stage, d’abord à Londres en Ambassade puis à Montréal dans une association qui faisait de l’inclusion sociale auprès de personnes en situation d’itinérance. J’ai intégré le master Droit économique de l’École de droit à mon retour à Paris dont la scolarité a été ponctuée d’une année de césure des plus formatrice. Je suis passée par trois structures de cabinets très différentes : Darrois Villey, Navacelle et Freshfields. J’y ai découvert la pratique du pénal des affaires, du pénal général et de la fusion acquisition. Ne m’étant retrouvée dans aucune des trois mais ayant adoré l’expérience de la pratique du métier d’avocat, c’est là que j’ai commencé à ne plus savoir où donner de la tête ! Après moult hésitations, j’ai fini par intégrer en M2 la spécialité Entreprises, Marchés et Régulations (EMR). Ce n’était pas un choix du cœur mais cela avait le mérite de me fermer le moins de portes possibles et surtout de me permettre de travailler à mi-temps pendant l’année dans une petite société de production ciné. A la fin de l’année scolaire j’ai rejoint en stage la Quinzaine des Réalisateurs pendant le Festival de Cannes et ai passé mon barreau dans la foulée à ma sortie de Sciences Po en 2019.

J’ai décalé mon entrée à l’EFB d’un an et ai effectué une année au sein du Master Spécialisé Médias de l’ESCP où j’ai fait une pause avec le droit certes mais étudié un milieu qui me passionne depuis toujours, celui du cinéma. J’ai continué mon engagement pour les festivals en rejoignant de nouveau la Quinzaine (finalement annulée en raison d’une certaine pandémie) puis le Cinemed, le Festival de Cinéma Méditerranéen de Montpellier. Dans le cadre de mon PPI j’ai ensuite intégré le Master 2 Droit Economie et Gestion de l’audiovisuel, le D2A, de La Sorbonne. Actuellement je suis en stage à la direction juridique du Groupe M6 et y fais enfin le lien entre avocat et cinéma ! Je garde toujours un lien très fort avec la Quinzaine et réintègre l’équipe cette année 2021 le temps du festival à Cannes en juillet.

Quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd’hui ?

Je dirais que LA principale caractéristique de mon poste actuel est qu’il me permet de mettre à profit chacune de mes formations. Le droit de l’audiovisuel a cela de passionnant qu’il est à la croisée des chemins, un peu comme Sciences Po : il y a du contentieux mais aussi (surtout !) beaucoup de conseil, ce qui répond parfaitement à mon M2 EMR effectué à Sciences Po. Il y a l’identité même du groupe M6 et l’univers du PAF (i.e paysage audiovisuel français) que mon MS Médias à l’ESCP m’a permis d’appréhender et d’analyser en profondeur. Enfin, il y a la pratique du droit qui me passionne : le droit public de la communication audiovisuelle enseigné par Christine Nguyen, professeure extraordinaire, la propriété intellectuelle appliquée à l’audiovisuelle (par le tout aussi extraordinaire Professeur Edouard Treppoz), les droits voisins (par le très impressionnant Tristan Azzi) et bien sûr le droit des obligations, mon cours coup de cœur en M1 à Sciences Po, enseigné par Julia Heinich, l’une des meilleures professeurs que j’ai pu avoir, toute scolarité confondue !

Quels sont vos projets pour la suite ?

Je commence en septembre mes cours à l’École de Formation du Barreau avant d’intégrer en janvier 2022 pour mon stage final le cabinet Taylor Wessing en droit de l’audiovisuel et du cinéma. A ce jour je souhaite prêter serment dès ma sortie de l’EFB et embrasser ma spécialisation à bras le corps au sein d’un cabinet parisien. Mon cœur balance toujours entre avocat et cinéma. J’ai des étoiles dans les yeux à l’idée d’intégrer une équipe de festival, mais j’ai des papillons dans le ventre quand je rends un contrat bien saucissonné clause par clause. La faute à Sciences Po qui nous ouvre trop grand les yeux sur le monde je crois… Je voudrais pouvoir tout faire ! Je considère que la vie est trop longue (ou trop courte ?) pour ne faire qu’un seul métier. Les États-Unis aussi, découvrir une autre pratique de l’univers audiovisuel me plairait beaucoup !

Quelle image attachez-vous à votre passage à l’École de droit ?

Je garde un merveilleux souvenir de mon Master 1, j’avais rarement été aussi stimulée académiquement ! Un bonheur aussi d’ENFIN toucher du doigt ce que je voulais faire depuis toujours : du droit ! L’année de césure a été salvatrice tant elle m’a permis de me rendre compte que l’on pouvait tout faire. On a souvent l’impression qu’une seule porte s’ouvre à nous, celle du Barreau, pour faire du droit des affaires et dans le meilleur des mondes du contentieux. Mais que nenni ! Si on est assez curieux, absolument tout est possible après cette École. Jamais je n’aurai cru faire tout ce que j’ai fait depuis mon passage à l’École de droit et je sais que c’est en grande partie à cette dernière que je dois tout ce que j’ai pu faire depuis la diplomation.

Un conseil pour celles et ceux qui souhaiteraient rejoindre l’École de droit ?

Ne faites jamais l’erreur de considérer Sciences Po comme une fin et non pas un moyen. L’École de droit de Sciences Po, Sciences Po tout court, sera le moyen d’être à la hauteur de vos ambitions. C’est une étape de parcours, la plus belle des formations mais je pense qu’il est très important de ne pas oublier qu’il y a un après. Et même si cet après est flou, voire effrayant tant Sciences Po nous offre un cocon hors du commun, presque déconnecté du monde, il ne faut pas avoir peur de ne pas savoir ce que l’on veut. Ce n’est pas grave de ne pas savoir et je dirais même que c’est le privilège de notre âge. On a toute la vie pour savoir ! J’ai dû attendre d’arriver en Master 2 pour enfin parvenir à définir ce que je voulais faire (parce que j’ai même essayer de passer la FEMIS à l’époque, pour vous dire à quel point j’étais perdue !). Et il a fallu que j’arrive à mon troisième Master 2 pour avoir la certitude de ne pas me tromper…

Les Sciences pistes ont la fâcheuse tendance à détester ne pas savoir ; je pense au contraire que c’est ce que mon École m’a transmis de plus précieux. La conscience de tout ce que je ne sais pas, l’étendue de mon ignorance en somme ! Et la conscience de l’infini des possibles qui s’offre à nous en sortie d’études. J’ai 25 ans et j’ai déjà l’impression d’avoir eu trois vies professionnelles différentes. Sciences Po a été un levier pour moi, qui m’a permis de me définir, de me trouver et d’arriver à qui je suis aujourd’hui. Je dis souvent pour rire que Sciences Po c’est un peu l’école de la vie, mais je le pense sincèrement. Plus que du savoir faire ou des "hard skills", Sciences Po m’a appris et transmis un savoir être dont la valeur est inestimable. En cabinet parisien, en festival à Cannes ou Montpellier, en association en Seine-Saint-Denis ou en entreprise, ce que Sciences Po m’a transmis me suit partout. Sciences Po m’a apporté et donné beaucoup de choses. J’espère à mon tour pouvoir rendre la pareille en enseignant un jour à l’École de droit une introduction au droit de l’audiovisuel (à bon entendeur…) !

Constance Allain, diplômée 2019 du master Droit économique spécialité Entreprises, Marchés, Régulations (EMR)

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Juristes en temps de crise : faire face avec les entreprises dans un environnement juridique profondément renouvelé

LexisNexis et la Revue des Juristes de Sciences Po

Daniel Kadar Sonia Arrouas Aurélien Hamelle

Photos : Daniel Kadar, Sonia Arrouas et Aurélien Hamelle

LexisNexis et la Revue des Juristes de Sciences Po sont heureux de vous convier à un webinaire le jeudi 10 juin 2021.

À la crise sanitaire, est venue s’ajouter la crise économique. En effet, la pandémie de Covid-19 a engendré une forte récession économique. La relance économique, soutenue par les mesures gouvernementales, implique de financer les investissements afin de préserver au mieux l’économie et les entreprises. Si cette relance nécessite un engagement du secteur économique et financier, le rôle des juristes ne peut être éludé.

Les juristes, aussi bien les juges, les avocats et les juristes d'entreprise, constituent en effet une force d’accompagnement nécessaire pour mettre en œuvre les mesures de relance économique.

Par quels moyens et dans quelle mesure les juristes ont-ils un rôle à jouer pour assister les entreprises et les aider à faire face à la crise économique actuelle ?

Intervenants :

  • Maître Daniel Kadar, Avocat associé du cabinet Reed Smith
  • Sonia Arrouas, Présidente du Tribunal de commerce d'Evry
  • Aurélien Hamelle, Directeur juridique du groupe Total
Event Date: 
Thursday, 10 June, 2021 - 09:00 - 10:30
Event Location: 
En ligne
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Rencontre avec Adrien Lonchampt

Diplômé 2017 et juriste Strategic Equity chez BNP Paribas CIB Legal
  • Adrien LonchamptAdrien Lonchampt

Pouvez-vous nous décrire votre parcours académique et professionnel ?

Mes études supérieures m’ont tout d’abord conduit sur les bancs de l’université Paris X, où j’ai fait ma bi-licence Droit et Economie/gestion. Au terme de ces trois années, j’ai eu la chance d’intégrer le master Droit économique de l’École de droit de Sciences Po. Mon objectif était alors de conserver une approche pluridisciplinaire doublée d’une large ouverture à l’international.

Entre mes deux années de master, j’ai choisi de faire une année de césure partagée entre un stage de six mois en cabinet d’avocat en contentieux des affaires, suivi d’un semestre d’échange à la Law School de l’université de Keio à Tokyo. Ce semestre d’échange fut pour moi l’occasion de me confronter à des systèmes juridiques différents et surtout de rencontrer et d'échanger avec de nombreux étudiants et juristes d’origines très diverses.

Pour ma dernière année de master, j’ai opté pour la spécialité Entreprises, Marchés et Régulations (EMR) et en parallèle j’ai participé au programme RISE (Responsabilité et Innovation Sociale des Entreprises) de la Clinique de l’École de droit. Au cours de cette année charnière, j’ai pu découvrir le droit bancaire et financier en suivant les cours de M. H. Le Guen ce qui a conforté mon intérêt pour ces sujets juridiques en prise directe avec l’activité économique.

C’est donc pourquoi, une fois diplômé, j’ai naturellement rejoint le département juridique de la banque d’investissement de BNP Paribas (CIB Legal). Dans un premier temps, j’ai travaillé au sein de l’équipe chargée des contrats financiers relatifs aux produits dérivés OTC à Paris. J’ai eu ensuite la possibilité de partir travailler pendant deux ans à Montréal, pour BNP Paribas CIB Legal New-York & Canada. Au terme de cette expérience outre-Atlantique on m’a offert l’opportunité de rejoindre l’équipe juridique Strategic Equity à Paris.

Quelles sont les principales caractéristiques de votre poste aujourd'hui ?

En tant que juriste Strategic Equity chez BNP Paribas CIB Legal, mon rôle consiste à accompagner les clients de la banque d’investissement dans leurs opérations financières intégrant l’utilisation de produits dérivés actions. Aussi est-il nécessaire de pouvoir intervenir sur de nombreux terrains juridiques différents (allant du droit des contrats au droit des sociétés, en passant par le droit des marchés financiers et le droit des entreprises en difficulté). Par ailleurs, la dimension internationale des transactions réalisées par nos bureaux exige de l’équipe une forte appétence pour les sujets de droit international.

Au-delà de l’aspect purement juridique, l’activité requiert une exacte compréhension des opérations financières et du fonctionnement des marchés financiers. Pour cela, notre équipe composée de cinq juristes se nourrit fréquemment de dialogues stimulants avec nos collègues des équipes de structuring et de trading de la banque.

La complexité et les enjeux des transactions rendent à mes yeux l’activité passionnante ! Et je suis certain que le master EMR m’a donné tous les outils pour mener à bien ces missions et répondre pleinement à l’ensemble des défis posés par l’activité du desk "StratEq".

Ayant rejoint l’équipe depuis peu, mon projet est donc de poursuivre mon intégration au sein de l’activité de l’équipe et au gré des diverses missions qui me sont confiées.

Quelle image attachez-vous à votre passage à l’École de droit ?

Je retiendrais principalement trois éléments marquants lors de mon passage à l’École de droit.

Le premier tient évidemment à la particularité de l’enseignement – à la fois théorique et pratique – nombres de cours étant enseignés par des praticiens du droit. Cette méthode rompait avec mes habitudes universitaires acquises précédemment et a eu pour avantage de me confronter dès le master à la pratique proche de celle des professionnels du droit que ce soit en cabinet ou en entreprise.

Ensuite, les opportunités offertes aux étudiants tout au long de leur formation. En effet, Sciences Po accompagne les étudiants en proposant un large éventail d’échanges universitaires parmi les universités les plus prestigieuses au monde. Pour ma part, j’ai pu bénéficier de cette opportunité en partant étudier à l’université de Keio au Japon. Cette expérience a définitivement et profondément marqué mon parcours.

Par ailleurs, Sciences Po donne la possibilité aux étudiants de compléter leur formation initiale par de nombreux programmes participant à leur ouverture d’esprit. En ce qui me concerne, j’ai pu travailler sur des sujets de droit innovants au sein de la Clinique de l’École de droit pendant toute ma dernière année avec une binôme en or !

Enfin, je ne peux m’empêcher de mentionner les rencontres faites avec les étudiants et professeurs de toutes origines (souvent au Basile, il est vrai), toutes aussi passionnantes les unes que les autres !

Un conseil pour celles et ceux qui souhaiteraient rejoindre l'École de droit ?

Au gré des rencontres faites au sein de l’École, on peut facilement se rendre compte que tous les étudiants partagent une caractéristique commune à savoir, une grande curiosité intellectuelle ! Mon conseil aux étudiants serait donc de la cultiver par tous les moyens, en diversifiant leur parcours le plus possible et en ne se limitant pas uniquement à la sphère académique (par ex. en développant leur(s) engagement(s) dans des projets extra-scolaires et ou en cherchant des expériences à l’international).

L’oral d’entrée à Sciences Po est d’ailleurs un bon moyen pour mettre en avant la cohérence de son parcours et sa curiosité. Ce moment passé en compagnie du Professeur Christophe Jamin m’a laissé un souvenir impérissable !

Adrien Lonchamptdiplômé 2017 du master Droit économique spécialité Entreprises, Marchés, Régulations (EMR)

 

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"L’École de droit permet de rentrer de manière accélérée dans un nouvel univers"

Rencontre avec Agathe de Marcillac, diplômée 2018
  • Agathe de MarcillacAgathe de Marcillac

Pouvez-vous nous décrire votre parcours universitaire ?

Après un bac option internationale britannique, je suis rentrée à Sciences Po en faisant le choix du campus de Reims par intérêt pour une formation bilingue et biculturelle avec le monde anglo-saxon. J’y ai eu l’opportunité de suivre un double-diplôme avec l’université de Colombie Britannique (Vancouver) pour un double bachelor en sciences politiques ce qui m’a donné la chance – assez enviée je pense – de partir deux ans en 3ème année de Bachelor (3A)

À mon retour en France, j’ai fait le choix des études de droit, et j’ai suivi la spécialité Global Business Law and Governance (GBLG) en deuxième année de master qui est cohabilité avec la Columbia Law School et l‘Université Paris I. Avec une promotion paritaire franco-américaine, nous avons eu la chance d’étudier à New York au premier semestre puis à Paris (Sorbonne et Sciences Po) au second semestre… Nous étions moins dépaysés au second semestre mais c’était l’inverse pour nos amis américains (ils ont même expérimenté les blocages de Tolbiac) !

Après mon diplôme de Sciences Po, j’ai obtenu mon CRFPA en 2018 et j’ai intégré l’École du Barreau de Paris (EFB). Pour approfondir mes connaissances juridiques, notamment vis-à-vis d’étudiants ayant le droit comme spécialité depuis le bac, j’ai rejoint en parallèle de l’EFB le master 2 de contentieux de l’université Paris II-Assas. C’est un programme de spécialisation pratique avec des cours de procédure pénale et civile dispensés par des praticiens (avocats, huissiers...). Il se combine également parfaitement avec l'École du Barreau puisque le deuxième semestre est entièrement en stage.

J'ai ensuite prêté serment à l'automne 2020. 

Quel est l'enseignement qui vous a le plus marquée au sein de la spécialité GBLG ?

Après des années à Sciences Po, j'ai beaucoup aimé la construction tripartite du cursus en GBLG. J'ai été très marquée par un cours croisé de la law school et de business school de Columbia, "Financial Crises, Regulatory Reforms", dispensé par les Professeurs Gordon et Bolton, qui se combinait parfaitement avec l'enseignement de la Professeure Katja Langenbucher à Sciences Po. Son objet était de replonger sur les mécanismes juridiques et financiers à l'origine de la crise économique de 2008 et les fondements de la régulation financière internationale : peut-être le cours le plus difficile mais le plus passionnant que j'ai jamais suivi.

Je garde également un excellent souvenir du cours "Droit et politique" du Professeur Mikhaïl Xifaras et des cours de la clinique avec la Professeur Marie Mercat-Bruns en première année de master. J’ai beaucoup regretté de ne pas avoir pu poursuivre en deuxième année.

À quoi ressemble votre travail au quotidien ?

Je suis collaboratrice au sein de l'équipe de contentieux, arbitrage et pénal des affaires du cabinet August Debouzy où j'exerce principalement en droit pénal et en contentieux commercial.

J’ai donc une pratique très majoritairement contentieuse avec un peu de conseil sur des sujets de conformité, notamment en matière de corruption internationale. Ainsi, au gré des dossiers, je fais rarement la même chose deux jours de suite. Dans une même journée, je peux donc traiter des enjeux d’abus de biens sociaux, de fraude fiscale ou de rupture brutale de relations commerciales. En pratique, je rédige beaucoup et effectue de nombreuses recherches juridiques, la procédure étant de plus en plus écrite, notamment pour les dossiers complexes. J’ai également commencé à plaider.

Quelles ont été les contributions de votre formation à la fonction que vous occupez aujourd'hui ?

Je suis entrée à Sciences Po en 2011 et sortie en 2018. En sept ans, je crois que j’ai pris le temps d’explorer toutes les options que l’école pouvait offrir : double(s) diplôme(s), sports, vie de campus, césure, voyages, stages, programmes de recherche, La Revue des Juristes… En prenant mon temps et avec beaucoup de gourmandise, j’ai vraiment exploré tous les domaines qui m’intéressaient avant de trouver une discipline qui les combinait tous. C’est avec la même joie que j’aborde les dossiers du cabinet, avec l’excitation de découvrir un nouveau domaine et de m’y plonger complètement. C’est également à l’École de droit que j’ai appris les fondements des disciplines que j’exerce aujourd’hui mais aussi (et surtout) la gymnastique intellectuelle requise pour passer d’une discipline à l’autre.

Un conseil pour celles et ceux qui souhaiteraient rejoindre l'École de droit ?

L’École de droit permet de rentrer de manière accélérée dans un nouvel univers. Contrairement à l’université, nous sommes amenés au Barreau en deux ans au lieu de quatre ou cinq. Il est donc normal de trouver la formation intense. Sciences Po ouvre beaucoup de portes et le droit n’est que l’une d’elles : prenez le temps de réfléchir à ce qui vous motive, à vos centres d’intérêts et laissez-vous l’espace pour être guidés par vos découvertes et vos rencontres.

Agathe de Marcillacdiplômée 2018 du master Droit économique spécialité Global Business Law and Governance (GBLG)

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Rencontre avec Pierre Hutt, diplômé 2017

Avocat en droit de l’art et pianiste passionné
  • Pierre Hutt. Photo: ©Emilie MoyssonPierre Hutt. Photo: ©Emilie Moysson

Quels sont vos missions et votre cadre de travail actuels ?

Je suis avocat collaborateur au cabinet Hélène Dupin Avocats (HDA), qui est l'un des rares cabinets parisiens dont l'activité est exclusivement consacrée au marché de l'art. Le cabinet est historiquement engagé dans la défense des droits des artistes et dans la lutte contre les contrefaçons et les faux artistiques ; il représente notamment des artistes et héritiers d'artistes, des fondations, des musées, des galeries et des maisons de ventes aux enchères.

Le cabinet est à la fois très spécialisé sur des problématiques sectorielles propres au monde de l'art, et tout à fait généraliste dans son esprit puisque cela implique de travailler sur des problématiques juridiques aussi variées que les contentieux civils sur l'authenticité des œuvres d'art, la répression pénale des faux artistiques, la dévolution successorale des droits d'auteur ou la constitution de structures d'authentification d'œuvres d'art. Une formation souple comme celle de l'École de droit de Sciences Po a donc tout son sens pour travailler sur ce type de dossiers.

Le cabinet HDA est une très petite structure indépendante composée de sa fondatrice et de deux collaborateurs. Le fonctionnement est assez unique puisque l'équipe fonctionne en symbiose et que tout est fait et discuté ensemble, des rendez-vous avec les clients à la facturation en passant par la rédaction des actes et les publications. C'est, pour un jeune avocat comme moi, un excellent cadre d'apprentissage de toutes les facettes de la profession, qui me permet de pratiquer à la fois le conseil et le contentieux sur des dossiers de grand intérêt.

Le cadre de travail est très marqué par les spécificités du secteur puisque nous travaillons entourés d'œuvres d'art, en lien constant avec des clients qui partagent une même culture de travail. J'ai également la chance de bénéficier de conditions de travail équilibrées et très respectueuses de la vie personnelle.

Pouvez-vous nous décrire votre parcours et les souvenirs que vous gardez de votre école ?

J'ai débuté mes études à Sciences Po sur le campus franco-allemand de Nancy, où le cadre d'études et de vie était particulièrement agréable et stimulant. Cette première étape déterminante a été riche en rencontres, découvertes et projets grâce à l'esprit de liberté et au caractère très soudé des promotions sur le campus.

Le cours d'introduction au droit de la Professeure Marie-Anne Frison-Roche a d'emblée stimulé ma curiosité pour le droit, et j'ai pu approfondir cet intérêt lors de ma troisième année à l'université de Vienne. Ma formation juridique s'est déroulée un peu à l'envers par rapport au parcours traditionnel puisque j'ai commencé par du droit international privé autrichien en langue allemande avant même de rentrer dans le vif du droit civil français, mais avec le recul c'était une excellente chose car cela permettait d'être directement en prise avec la complexité de la matière. J'ai également pu satisfaire des intérêts personnels en suivant plusieurs cours passionnants à la faculté de musicologie de Vienne.

La formation reçue en première année du master Droit économique de l'École de droit était exigeante mais excellente. Je me souviens en particulier du cours de droit des obligations du Professeur Sébastien Pimont, qui était essentiellement consacré à la discussion d'enjeux doctrinaux sur la base d'une préparation individuelle du contenu du cours. Consacrer une telle place au débat lors de l'apprentissage de fondamentaux était un pari audacieux mais qui porte ses fruits.

Ce n'était pour moi pas facile de me projeter dans une orientation professionnelle et j'ai un peu tâtonné, étant intéressé par le droit de la concurrence sans parvenir à me projeter concrètement dans cette spécialité. Après un stage très enrichissant à la Direction Générale de la Concurrence de la Commission européenne pendant mon année de césure, j'ai décidé de rejoindre la spécialité Droit de l'innovation où les cours de droit d'auteur de Tristan Azzi m'ont ouvert de nouvelles perspectives. Je garde également un souvenir très vif des cours de contentieux de la propriété littéraire et artistique de Bruno Anatrella, qui a su nous transmettre son expérience d'avocat par une grande pédagogie et des entraînements très vivants à la plaidoirie.

En parallèle de l'examen puis de l'École du barreau, j'ai choisi de poursuivre mes études par une licence intensive d'histoire de l'art puis par le master 2 professionnel Marché de l'art de l'université Panthéon Sorbonne, qui m'ont mené vers un stage PPI au service juridique de la Société des auteurs dans les arts graphiques et plastiques puis vers un stage final au sein du cabinet HDA où je suis ensuite resté en tant que collaborateur. Cette poursuite d'études, qui m'a permis d'enrichir ma formation intellectuelle et de me diriger vers la spécialité que je souhaitais, a été facilitée par le bagage reçu à l'École de droit de Sciences Po dont elle était le complément.

Quels sont vos projets pour la suite ?

Après avoir coécrit avec Hélène Dupin un article sur la protection des comités d'artistes, qui paraîtra dans un ouvrage collectif de l'Institut Art & Droit en juin 2021, j'espère avoir l'occasion de prolonger cette réflexion par de nouvelles publications, et peut-être à plus long terme, par des activités d'enseignement.

Je souhaite également développer ma clientèle personnelle car c'est pour moi un aspect important de la profession d'avocat et un apprentissage complémentaire du travail sur les dossiers du cabinet.

En parallèle de ces projets professionnels, je poursuis également un projet personnel qui me tient à cœur en préparant un concours de piano amateur de haut niveau. Ce n'est pas toujours facile de se concentrer sur une sonate de Prokofiev après une journée de travail mais cela fait partie de mon équilibre et d'un goût pour l'interprétation qui n'est pas tout à fait étranger au droit !

Un conseil pour celles et ceux qui souhaiteraient rejoindre l'École de droit ?

Ne pas hésiter à sortir un peu des sentiers battus pour construire son propre parcours, car l'École de droit le permet et sera un atout quelle que soit la voie choisie ensuite !

Pierre Huttdiplômé 2017 du master Droit économique spécialité Droit de l'innovation

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Bénédicte Schuhler et Loreena Louiset, finalistes du CN2PI

Félicitations !
  • Bénédicte Schuhler et Loreena LouisetBénédicte Schuhler et Loreena Louiset

L'École de droit de Sciences Po s'est, cette année encore, distinguée au Concours National de Plaidoirie en Propriété Intellectuelle (CN2PI) organisé en ligne par l'Université de Toulouse.

Logo CN2PI

L'équipe de la spécialité droit de l'innovation du master 2 en droit économique, composée de Bénédicte Schuhler et Loreena Louiset, a brillé en finale, mais a finalement concédé la victoire à l'équipe de Toulouse.

Ce concours rassemble depuis douze ans des plaideurs de tous les masters français en propriété intellectuelle sur un cas mêlant droit de brevet, de marques ou de droit d'auteur et constitue généralement une occasion pour ces futurs professionnels de la discipline de se rencontrer et de démontrer leur éloquence.

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"Une discipline subversive"

par le Pr Dany Cohen
  • Actualité Sciences PoActualité Sciences Po

Le droit : ensemble de règles gravées dans le marbre ? Outil au service d’un argumentaire ou, à plus forte raison, d’une cause ?

C’est le cœur du cours que Dany Cohen, avocat et professeur, enseigne à l'École de droit de Sciences Po. Les étudiants de l’École de droit qui se destinent au barreau ou à la magistrature ont la chance, chaque semaine, de se mesurer les uns aux autres en conditions réelles, dans une salle de classe qui, pour quelques heures, devient salle d’audience.

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