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13 janvier 2026
Quand les mobilités s’entremêlent : trajectoires comparées des populations migrantes et non-migrantes originaires de la Martinique et de la Corse
Soutenance de thèse de Tania Moutai, programme de sociologie de Sciences Po, jeudi 19 février 2026.

Quand les mobilités s’entremêlent : trajectoires comparées des populations migrantes et non-migrantes originaires de la Martinique et de la Corse
Membres du jury : Nathalie Bernadie-Tahir (Université de Limoges), Marine Haddad (Directrice de recherche - INED), Haley MCAVAY (LSE), Ettore RECCHI (Directeur de recherche - CRIS), Mirna Safi (CRIS), Franck Temporal (Université Paris Cité et CEPED).
Les recherches sur les déplacements se sont organisées autour d'une tripartition paradigmatique séparant l'étude des migrations, des mobilités résidentielles et touristiques. Cette segmentation a conduit à une compréhension morcelée des parcours, occultant le rôle que peuvent avoir ces mobilités dans la construction des aspirations, projets et réalités (non-)migratoires.
À partir d'une étude des trajectoires des populations insulaires corses et martiniquaises, cette thèse dépasse ces cloisonnements en reconstituant les parcours des (non-)migrants selon une double approche : d'une part, en analysant comment les mobilités structurent les aspirations (non-)migratoires et participent à la préparation du départ ; d'autre part, en examinant comment elles reconfigurent le lien au territoire d'origine une fois ces choix effectués.
S'agissant de l'influence des mobilités sur les trajectoires migratoires, la thèse démontre que les mobilités résidentielles locales peuvent être préliminaires au départ et que des mobilités touristiques extra-insulaires intensives et diversifiées peuvent contribuer à calibrer le projet de départ et à réduire les coûts d’une socialisation en migration.
S'agissant de la reconfiguration du lien à la région d'origine, cette thèse montre d'abord que les retours au pays produisent des effets contrastés sur les migrants, oscillant entre réaffirmation identitaire et prise de distance lorsqu'une altérisation touristique révèle l'écart qui s'est installé avec la communauté d'origine ; ensuite, elle montre que les mobilités ponctuelles des non-migrants vers le continent constituent des stratégies permettant d'accéder aux ressources hexagonales tout en évitant la rupture que représenterait une migration.
Tout du long, cette thèse montre que les mobilités sont à la fois le produit de dispositions situées en même temps qu’elles en cristallisent de nouvelles, à la croisée des rapports de classe, de race, de genre et des configurations territoriales propres à chaque espace insulaire.
(crédits : Anatolijs Gizenko (via Shutterstock))
