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16 mars 2026
Marie Labussière : les travailleurs à l'épreuve des transformations technologiques
Marie Labussière est depuis quelques semaines une nouvelle chercheuse du CRIS. En complément de sa page institutionnelle, elle nous donne quelques éléments sur son parcours, son domaine d'étude et ses premiers projets de recherche.
- Parcours professionnel
Pendant mes études à l’École nationale de la statistique et de l’administration économique, plusieurs stages dans des laboratoires de sociologie m’ont permis d’explorer comment les données et les outils statistiques peuvent éclairer l’analyse des inégalités. Après l’obtention de mon diplôme d’ingénieur, j’ai choisi d’intégrer le Master « Pratique de l’interdisciplinarité » (EHESS/ENS-PSL) afin d’élargir mes approches théoriques et méthodologiques. J’ai ensuite réalisé ma thèse à l’Université de Maastricht (Pays-Bas), avant de travailler pendant quatre ans comme postdoctorante à l’Université d’Amsterdam. J’ai rejoint le CRIS en janvier 2026. - Champs scientifique - Quels domaines d'intérêt ?
Mes travaux portent sur différentes thématiques, mais ont en commun d’analyser comment les inégalités entre individus se construisent au fil des trajectoires de vie, en interaction avec des contextes institutionnels et socio-économiques. Ma thèse, par exemple, s’est intéressée à la façon dont les enfants d’immigrés naviguent dans le système scolaire néerlandais selon si leurs parents ont acquis — et à quel moment — la nationalité néerlandaise, un processus lui-même façonné par l’évolution du cadre législatif en matière de naturalisation. Dans la même perspective, j’étudie comment les trajectoires professionnelles se construisent dans un contexte de transformations rapides des marchés du travail. - Feuille de route - Premiers projets au CRIS
Mon agenda de recherche porte sur l’articulation entre les transformations technologiques et les inégalités entre travailleurs. Alors que l’IA bouleverse rapidement le monde du travail, nous disposons encore de peu d’outils pour mesurer ces transformations et comprendre comment elles façonnent les trajectoires professionnelles selon les formations et les compétences des travailleurs. J’explore donc comment de nouvelles méthodes — d’analyse textuelle ou de prédiction, par exemple — ainsi que de nouvelles sources de données, comme les offres d’emploi, peuvent nous aider à mieux les appréhender. Convaincue de l’intérêt d’une approche interdisciplinaire, j’ai également développé un cours à la croisée de la sociologie, de l’économie et de l’anthropologie sur ces questions. - Des méthodes, une conviction
Je crois à l’utilité des méthodes statistiques, tout en restant consciente des erreurs, biais ou manipulations possibles dans les données et résultats. Dans un contexte de défiance envers les chiffres, il me semble essentiel de renforcer nos pratiques de recherche et d’assurer leur transparence et reproductibilité. Cela passe par le partage du code — et des données lorsque c’est possible — ainsi que de tous les éléments nécessaires à la reproduction d’une analyse. Comme écrire du code reproductible demande du temps et certains savoir-faire, j’ai développé des ateliers pour diffuser ces pratiques et je m’investis dans les réseaux dédiés à la recherche reproductible.
Légende de l'image de couverture : Marie Labussière (CRIS) (crédits : B.C. (CNRS, CRIS))
