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24 juillet 2026
La gentrification n'implique pas moins de ségrégation scolaire
La gentrification résidentielle dans la métropole parisienne n'implique pas forcément une gentrification scolaire observable dans les collèges publics. Le rôle des secteurs scolaires et le contournement de la carte scolaire via le privé y contribuent.
Les auteurs, Lise Lécuyer et Marco Oberti analysent l'origine sociale des élèves dans des quartiers historiquement populaires ou mixtes de la métropole, mais dont la sociologie change, avec l'arrivée de ménages issus de classes supérieures. Ils mobilisent une approche multi-échelles (quartier, secteur de collège, établissement) qui permet de relier finement recomposition résidentielle et ségrégation scolaire.
Le texte relève qu'au niveau du Grand Paris, la part des cadres et professions supérieures a progressé de 5 points pour atteindre 36 % de la population active. Plusieurs de ces quartiers en cours de gentrification se trouvent sur l'ancienne "ceinture rouge", dotée d'un parc social qui garantit une certaine mixité. Les auteurs, qui ont déjà publié plusieurs travaux sur la ségrégation scolaire, constatent que la composition sociale des collèges de secteur change peu, malgré l'arrivée de ces nouvelles familles. C'est donc du côté des stratégies d'évitement scolaire qu'il faut enquêter. Un facteur explicatif est dominant : le recours à l'enseignement privé, particulièrement choisi par les familles de cadres du privé ou des professions libérales.
L’étude montre ainsi qu’une plus grande mixité résidentielle ne se traduit pas mécaniquement par une moindre ségrégation entre établissements, du fait des stratégies de contournement.
Lise Lécuyer, Marco Oberti, “Does residential gentrification lead to school gentrification? Evidence from the Paris metropolitan area, methodological challenges and diversity of configuration”, Educational Review, July 9th, 2026.
(crédits : Pit Stock (via Shutterstock))
