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21 avril 2026

L’inclusion du handicap dans les organisations de travail : des régimes différenciés d’accès aux aménagements

Rachel Le Marois

Soutenance de la thèse Disability inclusion in work organizations: Differential accomodation regimes, le 15 juin 2026, École de la recherche de Sciences Po, Programme doctoral de sociologie, CRIS et emlyon busines school. Directrices de thèse : Anne Revillard (Full Professor, Sciences Po), Mar Perezts (Full Professor, emlyon business school, Lisa Buchter, Associate Professor, emlyon business school). Autres membres du jury : Géraldine Galindo (Full Professor, Full Professor, ESCP Business School), Eline Jammaers (Assistant Professor, Hasselt University, Belgique), Aude Lejeune (Directrice de recherche CNRS, CERAPS), Jérôme Pélisse (Full Professor, Sciences Po).   

De nombreux cadres juridiques occidentaux favorisant la non-discrimination, les quotas et les aménagements visent à accroître la participation professionnelle des personnes en situation de handicap. Pourtant, la littérature montre que ces personnes continuent d’être marginalisées, confrontées à des obstacles et à un accès inégal aux aménagements. Ma thèse examine les pratiques de (non-)inclusion organisationnelle en France. J’analyse comment les cadres juridiques, les pratiques institutionnelles et organisationnelles et les dynamiques interpersonnelles façonnent la (non-)inclusion des travailleurs en situation de handicap, en particulier ceux avec des handicaps invisibles.
 Ma thèse repose sur une enquête qualitative (2021-2023) combinant 87 entretiens semi-directifs, des observations et des analyses documentaires. Mes résultats montrent que la (non-)inclusion organisationnelle repose sur des mécanismes interdépendants. 
D’abord, le handicap doit devenir visible et lisible pour faire l’objet d’aménagements. Ensuite, la divulgation du handicap n’est pas seulement une décision individuelle, mais un processus collectif façonné par les cadres juridiques et les outils managériaux. Par ailleurs, le droit du handicap est traduit par l’État en des dispositifs managériaux et comptables qui privilégient les indicateurs de conformité à l’inclusion effective. Enfin, l’inclusion repose sur un système à deux voies où les aménagements formels coexistent avec des auto-aménagements invisibles. 
Ces dynamiques produisent des régimes différenciés d’aménagements où l’accès à la reconnaissance et aux soutiens varie selon la visibilité du handicap et la faisabilité perçue des aménagements.

(crédits : Bedlovska Liane (via Shuttertock))