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Projets portés par la Chaire
https://apolimer.cnrs.fr/projet/polycone/

Ce projet est la première tentative de développement d’un modèle d’utilisation soutenable des cônes marins. Il se concentre spécifiquement sur les espèces présentes en Polynésie française où l’on trouve 114 cônes marins, dont 20 espèces endémiques (1/8 de la diversité mondiale). Le travail comporte trois axes :
- L’amélioration des connaissances sur les cônes (taxonomie, taille des populations, abondance, reproduction, cycle de vie, habitat et régime alimentaire) pour constituer une collection de référence ;
- La création d’une banque de venin qui permettra une utilisation durable des conotoxines par des processus non destructifs et une régulation socio-écologique des espèces par les parties prenantes. Cette régulation peut conduire à l’établissement de zones protégées avec des quotas de récolte selon des critères socio-écologiques prédéfinis ou à l’aquaculture ;
- Le développement et la mise en œuvre
d’un mécanisme de régulation qui prend en compte les connaissances locales, domestiques, scientifiques et industrielles et prévoit le partage des bénéfices résultant de l’accès à ces ressources génétiques et biologiques. Le consortium a la capacité d’ouvrir la voie à une gestion adaptative des cônes.
Financement
Belmont Forum
En ligne
- Teaser : https://www.youtube.com/watch?v=MLG0A3p9eqw
- Article : https://theconversation.com/en-polynesie-francaise-la-recherche-et-les-populations-locales-font-cause-commune-pour-preserver-les-cones-marins-168421
- Reportage : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-grand-reportage/en-polynesie-francaise-les-pecheurs-se-reapproprient-la-gestion-de-leurs-lagons-4214239
Coordinateurs
Membres de l'IRN : Tamatoa Bambridge, CNRS, France | Camille Mazé, CNRS (France), France (WP0 et WP1) | Alexander Mawyer, University of Hawaiʻi at Mānoa | Thomas Burelli, Université d'Ottawa | Doctorants Valentin Raymond (La Rochelle Université) et Alessandra Shea (University of Hawaiʻi at Mānoa)
Projet porté par Camille Mazé-Lambrechts et Antony Dabila
Alors que la communauté internationale s’engage vers l’objectif « 30x30 » – protéger 30 % des océans d’ici 2030 – et que 2025 est proclamée « Année de la mer » en France, les aires marines protégées (AMP) occupent une place centrale dans les politiques environnementales. En Polynésie française, deux projets d’AMP sont en gestation depuis une dizaine d’années, aux Australes et aux Marquises, et semblent aujourd’hui relancés. Derrière ces initiatives, en particulier aux Australes, on retrouve des trusts caritatifs, au premier rang desquels le Pew Charitable Trust. Présents à toutes les étapes (diagnostics, consultations publiques, production scientifique), ils jouent un rôle majeur dans la gouvernance des océans. Mais leur influence soulève des interrogations. Dans un contexte de tensions croissantes dans le Pacifique, la prétendue neutralité des AMP est remise en cause. Derrière les objectifs de conservation, ces dispositifs apparaissent pour certains analystes comme des outils d’influence géopolitique et on leur reproche des formes de « colonialisme bleu ». Dans ce contexte, le rôle et la transparence de la production scientifique, qui fonde la légitimité des AMP, méritent d’être questionnés. Face à ces enjeux cruciaux de gouvernance environnementale et de souveraineté maritime, il devient essentiel d’interroger de près le rôle des trusts caritatifs dans la création et la gestion des AMP en Polynésie française ?
https://apolimer.cnrs.fr/projet/barachoisspm/

La socio-écologie en actes
État des lieux du GRAND BARACHOIS, la plus grande lagune de l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon aujourd’hui menacée par plusieurs facteurs anthropiques et risques climatiques et environnementaux. Actions en faveur de la connaissance pour des solutions de gestion socio-écologiques partagées pour la préservation du site et de ses usagers.
Dans un contexte d’eutrophisation croissante du milieu, un consortium pluridisciplinaire, rassemblant des acteurs de divers horizons (scientifique, institutionnel et société civile) a été créé. Ce projet résulte d’une volonté de répondre aux alertes quant à l’évolution du site en lien avec le développement indésirable d’algues filamenteuses (échouages massifs sur les berges et colonisation des herbiers) et la dynamique hydro-sédimentaire (variations de profondeur). Six actions sont prévues d’ici juin 2028 pour évaluer les causes et les conséquences de dégradation, proposer des actions de restauration écologique, mais aussi sensibiliser et impliquer l’ensemble de la population locale sur la nécessité de préserver durablement ce site d’intérêt patrimonial indispensable à la biodiversité de l’archipel.
A1. Pilotage concerté du projet
A2. État de l’art des connaissances sur la lagune du Grand Barachois
A3. Caractérisation écosystémique : géomorphologie et physico-chimie
A4. Caractérisation écosystémique : biocénose aquatique
A5. Création d’une Aire Marine Éducative (AME) et terrestre (ATE)
A6. Propositions d’actions de restauration écologique
Des membres de l’IRN APOLIMER pilotent et contribuent à l’activité A2 en lien étroit avec les autres activités du projet. Cette action vise à réaliser un état des lieux socio-écologique des connaissances sur le Grand Barachois en utilisant différentes voies.
- Un bilan de l’ensemble des connaissances sera réalisé par la bancarisation des différentes études et données acquises sur le milieu lagunaire. Ce bilan permettra d’identifier les manques et les paramètres importants à suivre pour réaliser un état des lieux complet du Grand Barachois.
- En complément de la littérature, des entretiens seront réalisés auprès des institutionnels de l’archipel afin d’appréhender le contexte politique et géographique qui entoure ce site. Ces entretiens permettront notamment de mettre en évidence les usages et usagers des différents espaces et de comprendre les différentes solutions déjà réalisées pour endiguer le problème d’eutrophisation que subit la lagune.
- Enfin les connaissances et perceptions des populations plus âgées de l’archipel constituent de précieux éléments qui permettraient de compléter les informations consignées dans la littérature. La réalisation d’enquêtes pour percevoir les discours d’usagers du site permettra donc de brosser un portrait et un historique subjectifs de la lagune.
Financement
État (Fond vert)
En ligne
- Reportage : Des scientifiques au chevet du Grand Barachois de Miquelon : https://la1ere.francetvinfo.fr/saintpierremiquelon/des-scientifiques-au-chevet-du-grand-barachois-de-miquelon-1491899.html
- Reportage : https://la1ere.francetvinfo.fr/saintpierremiquelon/phoques-archipel-scrutes-loupe-417631.html
Coordinateurs
Fabrice Teletchea | Christophe Pagnout
Participants membres de l’IRN APOLIMER
Camille Mazé | Fabrice Teletchea | Eve Briand | Pascaline Caudal | Romane Aubertin
Terrain
Saint-Pierre et Miquelon
Autodétermination des peuples autochtones et soutenabilité : utilisation des terres, culture et développement économique au Groenland et en Nouvelle-Calédonie
Ce projet examine comment les conflits liés à l’utilisation des terres, à l’identité culturelle et au développement économique façonnent la conception de l’autodétermination chez les peuples autochtones du Groenland et de la Nouvelle-Calédonie, deux des derniers territoires coloniaux du monde. Ces deux territoires ont droit à l’indépendance en vertu du droit international et d’accords bilatéraux, mais n’ont pas encore opté pour la pleine souveraineté, ce qui crée des tensions entre les métropoles (le Danemark et la France) et la vision d’avenir que les peuples autochtones nourrissent. À l’heure du changement climatique et des défis écologiques, la question de l’autodétermination est inextricablement liée à la justice environnementale et au soutenabilité.
Les objectifs du projet sont les suivants : (1) conceptualiser la conception de l’autodétermination chez les peuples autochtones, (2) analyser les contradictions liées à l’environnement, à la culture et au développement économique qui structurent cette conception, et (3) identifier les arrangements institutionnels compatibles avec cette conception. L’hypothèse est que la conception de l’autodétermination chez les peuples autochtones est moins influencée par les idées occidentales de souveraineté et d’indépendance que par la perspective d’exercer une influence sur les ressources (terre, eau), d’assumer une responsabilité envers les générations futures et de pouvoir choisir leurs propres formes de développement économique.
Afin de décrire ces perspectives, le projet combine des études de terrain qualitatives (privilégiant les entretiens) avec des enquêtes expérimentales quantitatives. Ces expériences permettent de saisir comment les personnes interrogées hiérarchisent les différentes dimensions de l’autodétermination dans des situations électorales réalistes. La méthode se révèle particulièrement efficace pour étudier les compromis et les clivages politiques qui échappent aux enquêtes ou entretiens traditionnels. Ces méthodes, en partie novatrices, permettent de mieux comprendre comment, concrètement, les peuples autochtones concilient leurs intérêts divergents : la préservation de leur culture, le développement économique et la protection de l’environnement.
Le projet est unique en ce qu’il déplace l’attention des conceptions étatiques de l’indépendance vers les conceptions de l’autodétermination propres aux peuples concernés. Sa force scientifique réside dans : (a) l’élaboration théorique de notions d’autodétermination qui diffèrent des conceptions établies de l’indépendance et des États souverains, (b) le développement d’enquêtes expérimentales comme méthode, et (c) la validation empirique des interprétations de l’autodétermination par les peuples autochtones dans deux cas politiquement pertinents mais, de ce point de vue, peu étudiés : le Groenland et la Nouvelle-Calédonie. Ce projet est une collaboration internationale entre des chercheurs en sciences politiques et en anthropologie, experts en droit autochtone, politiques environnementales, démocratisation, études de terrain, méthodes quantitatives et enquêtes expérimentales, et fortement ancrés dans les contextes actuels. La collaboration inclut également un réalisateur de documentaires primé, qui filmera les entretiens. Ce qui rend ce projet unique, c’est la production de documents visuels de grande qualité, donnant la parole aux peuples autochtones et reflétant leurs expériences, ce qui permettra aux résultats d’atteindre un large public et les décideurs du Groenland et de la Nouvelle-Calédonie. Le projet vise à promouvoir le dialogue démocratique et à contribuer à l’Agenda 2030 en approfondissant la compréhension de la manière dont le droit des peuples autochtones à l’autodétermination peut être combiné à une gestion durable des ressources, à l’adaptation au changement climatique, au développement équitable et à des institutions inclusives.
Financement 2026-2030 FORMAS
Nous joindre ou nous rejoindre
Coordination :
- Camille Mazé-Lambrechts : Email
- Adresse : Sciences Po, 27 rue St Guillaume, 75007 Paris
