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Sciences sociales et psychanalyse
Basculement d’époque ?

Analyses comparées des déséquilibres de notre temps
Le séminaire 2026-2027 prolonge le questionnement des années précédentes, consacré à l’examen des modalités d'articulation des sciences sociales et de la psychanalyse. Dans cette perspective nous avions focalisé notre attention sur des objets tels que la violence et plus précisément sur les ressorts psychiques de la haine et de la cruauté dans des contextes socio-historiques variés. Les deux ouvrages publiés aux Éditions Hermann en 2024 et en 2026 témoignent de ce souci de confronter les deux champs disciplinaires en explorant à la fois les apports et les limites d’un tel rapprochement.
Tout en maintenant une attention vive aux questions épistémologiques, ce nouveau cycle de séminaires propose de porter le regard sur le contemporain : dans quelle mesure peut-on dire qu’on assiste à un « basculement d’époque » ? L’actualité fournit beaucoup d’arguments en faveur d’une telle hypothèse.
La croissance exponentielle de l’IA semble imprimer un tournant décisif à notre époque. Sa pénétration dans tous les secteurs de la vie laisse entrevoir des possibilités de transformation tous azimuts parmi lesquelles celle d’un contrôle intégral des gestes de chacun, la confiscation de la politique par une élite « techno » et la mutation du champ politique démocratique en un espace centralisé, vertical où la démocratie n’a plus de place, seulement l’atomisation.
Depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, on assiste à l'accélération de l’ébranlement des institutions internationales qui affecte les champs traditionnels de la sécurité collective — judiciaire, militaire, sanitaire et environnementale. Sur la scène internationale, l’éloge de la force ne se donne même plus l’alibi du droit. Les surenchères de puissances cyniques s'exposent désormais sans scrupule, comme en témoignent à la fois les prétentions exprimées par le président américain sur le Canada, le Groenland et le canal de Panama, ses interventions au Vénézuéla ou en Iran, ou le retour en force de l'impérialisme russe, l'invasion de l'Ukraine faisant peser la menace d'un élargissement de la guerre à l'ensemble du continent européen.
Comment interpréter la perte de confiance qui affecte les institutions démocratiques et leur mise en question par la montée des illibéralismes et des autoritarismes? Au plus loin de l’idée d’un usage public de la raison, les espaces publics sont balayés par des idéologies de haine, xénophobes, racistes ou antisémites. Dans une large partie du monde, la radicalisation des régimes autoritaires donne un poids croissant à « l'anti-démocratie » .
Ces constats nous conduisent à reformuler les questions adressées à nos collègues des sciences sociales et ceux de la psychanalyse.
Faisons-nous face à un « basculement d’époque », quels en sont les signes collectifs et individuels et quelles catégories nous permettent-elle de le penser ?
Doit-on parler de crise et si oui, une crise de quoi exactement, sachant que la modernité participe par définition d'une dissolution des repères de certitude ?
Doit-on parler de rupture et si oui, avec / de / par rapport à quoi ? Parlera-t-on de régression ? Par rapport à quel repère ou à quelle norme ? Sur quelle échelle de temps devons-nous l’analyser ?
En quels points précis les textes fondateurs qui, dans une autre crise de la démocratie, ont entrevu les effondrements de l'entre-deux-guerres (Freud, l'École de Francfort, Cassirer, Elias…) restent-ils pertinents aujourd'hui ?
La catégorie de la civilisation est-elle engagée dans ces diagnostics ? Pour ceux qui parlent de recul civilisationnel, sur quels indices s'appuient-ils ? Peut-on parler d'une reviviscence des anti-Lumières ?
Programme
Cycle de séminaire 2026-2027
CERI, 28 rue des Saints-Pères, Paris 7e, Salle Pierre Hassner (1er étage) / 18h-20h
Notre séminaire se développe en trois parties.
I. Technologies et pouvoirs
Les technologies de l’IA semblent imprimer un tournant décisif à notre époque compte tenu de leur puissance de calcul, de prédictibilité, de contrôle mais aussi de bouleversement des repères traditionnels en terme d’activité et d’emploi ainsi que de consommation des ressources naturelles. Peut-on l’interpréter en terme de « basculement d’époque » ?
La puissance extraordinaire des techniques de l’IA présagent-elles une domination intégrale sur nos modes de vie et de conscience ? Dans ces conditions quelle est la place conférée au désir, à la liberté, à l’autonomie, plus loin à l’inconscient ? Comment penser l’ordre politique propice à l’IA ? Quelle en est le régime politique qui lui correspond ? Que recouvre l’expression de « techno-césarisme » et celle de « charisme de la raison » ?
Plus précisément, quelle place la démocratie peut-elle occuper quand les oppositions doivent être éliminées et le conflit banni ?
- 28 septembre
Les machines ont-elles des idées ? Les surprises de l’IA générative
Alban Leveau-Vallier - 13 octobre
Donald Trump. Représentations, Sur-réalité et Domination charismatique
François Bafoil - 3 novembre
L’IA. Virtualité, inconscient, intersubjectivité
Elsa Godart (en distantiel) - 23 novembre
Éléments pour penser le basculement d’époque
François Bafoil / Paul Zawadzki - 7 décembre
IA et Environnement. Technique, démocratie, et sur-puissance
Dominique Bourg - 14 décembre
Machines charismatiques : une domination sans chef
Charles Corval
II. Crise contemporaine de la démocratie
L’enjeu sera ici d’analyser quelques-unes des dynamiques de basculement qui surgissent de l’intérieur de l’univers des démocraties contemporaines. Les logiques d’auto-empoisonnement qui les traversent risquent d’en saper les conditions de possibilité. Cette crise met en jeu des dimensions politiques, sociales et psychiques qu’il importe de saisir dans leur agencement propre. Qu’est-ce qui, dans cette crise, par comparaison avec la crise totalitaire de l’entre-deux-guerres, relève de l’inédit, du retour ou de l’invariant ?
- 11 janvier
"Historicité des affects? Retour sur la "revanche des passions" de Pierre Hassner"
Paul Zawadzki - 1er février
Le Laogai chinois. La « vigilance des masses », les ennemis du régime.
Jean-Philippe Beja - 1er mars
« Fatigue du temps », « désir d’en finir », "auto-empoisonnement des sociétés ouvertes
Alain Ehrenberg (en attente) - 22 mars
La post-vérité. le consentement à la barbarie
Laurence Kahn - 19 avril
Pensée machinique, pensée totalitaire. Les anti-lumières
Marlène Laruelle - 10 mai
Le racisme aux Etats-Unis. La répétition ?
Daniel Sabbagh (en attente)
III. Civilisation et décivilisation
Dans cette dernière partie, nous nous proposons une réévaluation critique de certains auteurs contemporains de la crise totalitaire (Freud, Cassirer, Ecole de Francfort, Arendt, Anders, Elias…) et d'autres types de basculements. Qu’est ce qui dans leurs textes reste contemporain pour penser la crise de l’aujourd’hui ? Nous nous arrêterons en particulier sur la notion de civilisation/décivilisation.
- 31 mai
La dialectique de la raison. Actualité de L’École de Francfort
Paul-Laurent Assoun - 14 ou 21 juin
Freud, Actualité du Malaise dans la culture
Gilbert Diatkine. - 5 juillet
Réalité et insensibilisation : autour de Günther Anders
Francois Bafoil / Paul Zawadzki / Claudine Haroche
CERI, 28 rue des Saints-Pères, Paris 7e, Salle Pierre Hassner (1er étage) / 18h-20h
Le massacre de la Saint-Barthélemy : une tuerie du désir ?
13 octobre 2025
Denis Crouzet, Professeur d’histoire émérite, Université Paris-Sorbonne
De la France du XVIe siècle au Moyen-Orient d’aujourd’hui, certaines similitudes peuvent surgir sous le regard de l’historien. Les contemporains des guerres de Religion eurent en effet la conscience effrayée d’assister à des déchaînements de violences qu’ils qualifièrent d’« inouïes », de « barbares », d’«inhumaines» parce qu’elles s’attachaient à mutiler, brûler, marquer atrocement les corps, jusqu’au paroxysme d’un crime de masse parisien en août-septembre 1572. Un théâtre de la « cruauté » enseignait la puissance d’un Dieu de colère refusant toute présence parmi Son peuple de fidèles d’un autre Dieu. Et la violence unissait les gestes assassins à un désir de Dieu ne tolérant pas qu'un autre Dieu soit honoré.
Et aujourd’hui, force est de constater que le radicalisme islamique donne lieu en Occident à une perception tout aussi effrayée qui occulte parfois le fonctionnement d‘une raison alternative de la rationalité occidentale moderne, une raison de Dieu que le désir des hommes cherchent à rencontrer pour accéder à un désangoissement eschatologique. Se pose donc la question suivante : les guerres pour Dieu de jadis et maintenant ne répondraient-elles pas à une sotériologie nécessitant la cruauté parce qu’elles se veulent des guerres de Dieu, agies pour Dieu et par Dieu à travers le don sacrificiel de soi qu’est l’engagement à lutter contre ce qui est censé être le mal, les puissances du diable fantasmées comme suractivées désormais parce que la fin des temps serait proche ? Les corps de l’ennemi de Dieu ne seraient-ils pas des messages glorifiant la Toute-puissance divine, des pédagogies de la gloire de Dieu, un théâtre de la cruauté qui est aussi une propédeutique de l’absolue Transcendance divine et de l’obligation de soumission totale de l’humain au désir divin ?
Marée mondiale réactionnaire et émancipation des femmes. Post-scriptum Contre les femmes (Abram de Swaan, 2019)
10 novembre 2025
Abram de Swaan, Sociologue, Professeur émérite à l'Université d'Amsterdam
Depuis les six années écoulées après la parution de Contre les femmes. La montée d’une haine mondiale, les extrémistes de droite et les fondamentalistes chrétiens se sont imposés aux États-Unis et, dans bien des pays, ils tiennent désormais les rênes du pouvoir ou gagnent sans cesse du terrain dans l’opinion. Ces radicaux, religieux ou politiques, incarnent exactement les courants idéologiques que j’avais désignés dans mon livre comme les adversaires farouches de l’émancipation féminine. Et pourtant, je terminais cet ouvrage sur une note d’espérance : partout dans le monde, même dans les sociétés les plus réactionnaires, l’éducation des filles n’a cessé de progresser au cours du dernier siècle.
Ce que je n’avais pas prévu, en revanche, c’est l’adhésion croissante, au cours de ces dernières années, d’un grand nombre de femmes elles-mêmes aux croyances et idéologies réactionnaires. Le mouvement féministe aurait-il suscité, par contrecoup, une contre-offensive parmi les femmes plus conservatrices, celles dont la vie se concentre avant tout au foyer, et qui se sentent méprisées par la condescendance de certaines féministes envers celles qui « ne font qu’élever leurs enfants et tenir leur maison » — une source pourtant essentielle de fierté pour tant d’entre elles ? Dans le même temps, fondamentalistes et réactionnaires ont infléchi leur discours à l’égard des femmes, mais de façon éminemment ambivalente puisque s’ils disent que la place des femmes est avant tout au foyer, ils n’excluent pas qu’elles accèdent à des postes de pouvoir, pourvu qu’elles s’emploient à glorifier ce rôle traditionnel de gardiennes du foyer.
Les ‘bons gènes’ du président Trump. Réflexions sur la difficile dé-racialisation de la société américaine
8 décembre 2025
Denis Lacorne, Directeur de recherche émérite, CERI-Sciences Po/CNRS
Que se passe-t-il lorsque l’on vit, comme aux États-Unis, dans une société qui reste hyper-racialisée ? Une société où l’on a, trop longtemps, divisé la population entre deux races antagonistes : les Blancs et les Noirs et plus récemment les Blancs d’origine européenne et les nouveaux immigrés — des peuples de couleur originaires du Mexique et du Sud global. Comment se soustraire à l’essentialisme racial, au suprémacisme blanc et à la peur atavique d’un « grand remplacement » ? Comment résister aux catégories raciales imposées par les agents du recensement ? Quelles sont les conditions de possibilité d’un désengagement, d’une dé-racialisation de la société ? Peut-on imaginer une nation « sans race », aveugle ou indifférente à la question de couleur? En bref, est-il possible de « déracialiser l’Amérique » sans détruire toutes les formes de diversité, comme le président Trump et ses émules tentent de le faire en manifestant une forme inédite de «wokisme à l’envers » ? La question du charisme de Trump, au sens wébérien du terme, sera aussi abordée. On montrera que ce charisme est indissociable d’une forte instrumentalisation du religieux à des fins politiques et d’un certain virilisme destiné à humilier les groupes les plus faibles et les adversaires apparemment les plus redoutés.
Dernier ouvrage paru : De la race en Amérique, Gallimard, Coll. « L’esprit de la cité », 2025
La confiscation du corps de la femme dans l’islam et les sociétés musulmanes
19 janvier 2026
Houria Abdelahoued, Professeur à l'Université Sorbonne Paris Nord, psychanalyste et traductrice.
Autant les ouvrages de la littérature arabe conservent soigneusement les poèmes où l'homme donne libre cours à son fantasme, voire à son libertinage ou à son blasphème, autant les femmes ont été livrées à l'œuvre de l'effacement. La censure s'abat sur la femme dès qu'elle parle librement de son corps et de son désir.
Or des femmes rebelles existent bel et bien dans le monde arabo-musulman. Mais, des pans de leur histoire furent effacés lorsqu'ils n'ont pas été déformés. Plus elles sont libres, plus les historiens, sous le poids du politico-théologique, s'acharnent à effacer leurs traces, ce qui équivaut à un meurtre. Car comment concevoir que la femme puisse prendre son envol et parler de son désir, du pulsatile de son corps dans une contrée où elle n'est instituée que comme objet à posséder ou champ à labourer ?
L'historien s'appuyant sur les commentaires des hagiographes, a fabriqué une Histoire conforme à une politique du pouvoir voire du surpouvoir (si l'on fait nôtre cette expression de Foucault) et à un discours de domination dans un monde hiérarchisé recevant ses lois du ciel. Il a institué une suréminence masculine qui a fondé le politique sacré qui s'oppose à tout travail de pensée. Toute remise en cause équivaut à un blasphème. Les textes des hagiographes deviennent le Texte de la pensée politique et constituent le terreau conceptuel qui a permis l'exclusion de la femme de tous les dispositifs qui permettent une autonomie ou une émancipation ou une parole sur son désir, son corps ou sa chair.
https://www.desfemmes.fr/essai/face-a-la-destruction/
Des sadiques au cœur pur. Sur l’antisémitisme contemporain (Éditions Hermann, 2025)
16 février 2026
Gérard Bensussan, Professeur de philosophie émérite de l’université de Strasbourg
La démocratie n’est pas seulement un régime politique incorporé dans des institutions et des formes juridiques. Elle porte aussi un mode d’existence qu’elle effectue dans un espace partagé et parlé. A ce titre, elle est aujourd’hui frappée par une coagulation de ressentiments qui relève d’une psychopathologie de « l'être-ensemble-dans-un-lieu » (Levinas). De nombreux signes attestent cette situation critique : la guerre en Europe, le chaos des représentations, les diverses variétés de « populisme », l’antisémitisme sur lequel je m’arrêterai plus particulièrement. Ces signes sont redoublés par leur incessant déni dans le temps même où ils se disent, ce qui ajoute à leurs significations en les amplifiant.
Qu’est-ce que Sartre a vu et compris de l’URSS ?
16 mars 2026
Cécile Vaissié, Professeure en études russes, soviétiques et postsoviétiques, Université Rennes 2
Jean-Paul Sartre s’est rendu onze fois en URSS entre mai 1954 et la fin 1966, parfois avec Beauvoir, parfois seul, parfois pour quelques heures, parfois pour plusieurs semaines. Contrairement à Beauvoir, il n’a rien écrit sur ces voyages et pas grand-chose sur l’URSS. Au retour de son premier voyage, il a exprimé pour l’URSS un enthousiasme qui a surpris. Mais, à la fin des années 1960, il ne manifestait plus d’intérêt pour ce pays et son modèle de «socialisme ». Dans les années 1970, il s’est, en revanche, beaucoup intéressé aux dissidents, à leurs écrits au moins, ce qui l’a amené à modifier, parfois considérablement, certaines de ses positions, voire de ses indifférences.
Dès lors, des questions se posent : qu’a-t-il vu et qu’a-t-il compris de l’URSS et des Soviétiques ? Qu’a-t-il, le cas échéant, refusé de dire et pourquoi ? Et si, chez lui, l’essentiel était le jeu ?
Dernier ouvrage paru: Sartre et l’URSS. Le Joueur et les survivants, Rennes, PUR (Presses Universitaires de Rennes), 2023.
Zola-Cézanne : une amitié sous le feu vif de critiques. Proches échos de l’Affaire?
30 mars 2026
Jean-Yves Tamet, membre de l’Association Psychanalytique de France et directeur de la revue Le Présent de la psychanalyse.
Le propos de Jean-Yves Tamet s’effectue sur un chemin buissonnier qui part de l’Histoire dans ses rapports à la chose inconsciente, se poursuit avec la psychanalyse et son histoire avant de placer un intermède sur l’amitié avec une énigme à la clé : comment se fait-il qu’Émile Zola ait endossé, aux yeux de l’Histoire, pendant si longtemps, le rôle de « l’ami qui abandonne Paul Cézanne » ? Face à cette question, simple en apparence, je suis parti à la recherche d’éléments qui pourraient brosser une toile de fond plus juste, dégagée de quelques médisantes scories. Le propos est construit en quelques tableaux suivant en cela la démarche d’Aby Warburg dans l’Atlas Mnémosyne. L’auditeur aura le soin de relier les tableaux entre eux.
La psychanalyse en Europe de l’Est Histoire comparée Est-Ouest
13 avril 2026
Gilbert Diatkine, Psychiatre, psychanalyste, ancien président de la Société Psychanalytique de Paris et ancien directeur associé pour la formation de l’Institut Psychanalytique d’Europe de l’Est. Auteur de Le Surmoi culturel, Éditions Fario, 2023
L’histoire de la psychanalyse en Europe de l’Est est inséparable de l’Histoire des pays qui la constituent. Dans certains de ces pays, la psychanalyse a disparu pendant de longues années, tandis que dans d’autres des groupes de psychanalystes plus ou moins clandestins ont survécu. Il en a résulté de grandes différences d’un pays de l’Est à l’autre quand, après la chute du communisme, la formation des psychanalystes et leur activité est redevenue possible.
La psychanalyse renaît quand se crée après 1991 un Institut Psychanalytique d’Europe de l’Est. La fermeture programmée de cet Institut a coïncidé avec le retour de la Russie à un système dictatorial. Aujourd’hui, le régime tolère la pratique de la psychanalyse, mais les contacts entre les analystes du reste du monde et les analystes russes sont devenu difficiles, alors que la psychanalyse reste bien vivante dans les autres pays d’Europe de l’Est.
Qu’apprenons-nous de Stanley Milgram ? Les fragilités disciplinaires de la psychologie sociale
11 mai 2026
Anna Zielinska, Maîtresse de conférences en philosophie morale, philosophie du droit et philosophie politique à l’université de Lorraine
L’histoire de la psychanalyse en Europe de l’Est est inséparable de l’Histoire des pays qui la constituent. Dans certains de ces pays, la psychanalyse a disparu pendant de longues années, tandis que dans d’autres des groupes de psychanalystes plus ou moins clandestins ont survécu. Il en a résulté de grandes différences d’un pays de l’Est à l’autre quand, après la chute du communisme, la formation des psychanalystes et leur activité est redevenue possible.
La psychanalyse renaît quand se crée après 1991 un Institut Psychanalytique d’Europe de l’Est. La fermeture programmée de cet Institut a coïncidé avec le retour de la Russie à un système dictatorial. Aujourd’hui, le régime tolère la pratique de la psychanalyse, mais les contacts entre les analystes du reste du monde et les analystes russes sont devenu difficiles, alors que la psychanalyse reste bien vivante dans les autres pays d’Europe de l’Est.
Juin 2026
Riva Kastoryano
Migrations et identité
Photo : Lev Radin, Washington, DC-January 6, 2021: Rioters clash with police trying to enter Capitol building through the front doors, Shutterstock
Ouvrages

Violences, Cruautés, Dénis
Sciences sociales et psychanalyse, vol. II
François Bafoil, Paul Zawadzki (dir.)
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Cruauté, honte et mélancolie
L'inconscient collectif en histoire
François Bafoil, Paul Zawadzki (dir.)
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Empathie et désir d'origine
L'inconscient collectif en sociologie
François Bafoil
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Politiques de la destructivité
Sciences sociales et psychanalyse
François Bafoil et Paul Zawadzki (dir.)
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