Le maillage territorial du vote – en attendant le premier tour, 1/3
À quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, l’Atelier de cartographie de Sciences Po propose de brefs articles autour de la dimension cartographique de ce sujet. Cela permet d’éclairer certains points méthodologiques, de proposer des données et des fonds de cartes ainsi que de suggérer des usages immédiats avec Khartis.
Le premier article porte sur le matériel préalable à toute cartographie électorale : les unités géographiques du vote. Elles sont importantes puisqu’elles conditionnent la structure du fond de carte et des données.
Bureaux, circonscriptions, départements et nation
Le résultat de l’élection présidentielle s’applique au niveau national, le territoire français constituant alors l’unique circonscription. À des fins d’analyse, on peut avantageusement jouer avec les échelles dont les différents niveaux « s’emboîtent » géographiquement. Les voix ne sont comptabilisées qu’à l’échelon le plus fin, celui des bureaux de vote. Le résultat national résulte donc d’une vaste somme des étages inférieurs.
Nous optons pour le premier niveau agrégé, celui des circonscriptions législatives. Observer le vote à cette échelle présente un équilibre intéressant car il permet une vision d’ensemble au niveau national tout en conservant les détails et aspérités plus locales. Pour les autres niveaux, d’une part les bureaux de vote sont très nombreux, malgré leur pertinence pour l’analyse sociologique ; et d’autre part les départements proposent une géographie très agrégée, trop simplificatrice.
À l’heure de l’open data, on déplore l’absence de fond de carte officiel de référence sur les circonscriptions qui soit à la fois précis, libre et exploitable. Après un travail de nettoyage, d’adaptation et de vérification des données de toxicode, nous proposons un fichier qui fonctionne ! Attention, ce fond ne couvre pas les territoires d’outre-mer (TOM) ni les français votant de l’étranger.
Équivalence des circonscriptions, contrastes entre départements
Au plan cartographique, le choix des circonscriptions a deux conséquences.
D’abord, leur tracé est parfois biscornu car leur découpage est en soi un enjeu politique. Ensuite, le nombre d’inscrits dans chaque circonscription s’avère relativement homogène, la dimension démographique étant un des critères. Ainsi, les départements les moins peuplés (Creuse, Lozère) ne comptent qu’une seule circonscription quand le plus habité (Nord) en rassemble plus d’une vingtaine. Nous verrons dans un article à venir que cette homogénéité peut réduire l’efficacité de certaines cartes en points proportionnels.
Les deux cartes simples ci-après, entièrement réalisées avec Khartis, illustrent ces deux aspects.
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