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"J'aimerais contribuer à réformer le système de santé de mon pays"

Lire l’interview d'Ashale Chi
  • Portrait d'Ashale Chi, étudiante à Sciences Po ©Didier PazeryPortrait d'Ashale Chi, étudiante à Sciences Po ©Didier Pazery

Elle veut faire évoluer le système de santé de son pays, le Cameroun, et elle va étudier pendant trois années à Sciences Po. Ashale Chi fait partie de la première promotion des boursiers Sciences Po - MasterCard Foundation, un programme qui permet d’accompagner et de former les futurs leaders du continent africain. Interview.

À quel moment avez-vous décidé d’aller faire vos études supérieures à l’étranger ?

J’ai fait ma seconde dans un lycée au Cameroun dans une filière scientifique. J’avais envie de faire une université à l’international, mais cela me semblait très difficile d’accès depuis ce lycée, alors j’ai pensé à la Enko La Gaieté International School à Yaoundé qui m’a semblée être une bonne préparation. J’ai donc rejoint Enko en première, et j’y ai passé un International Baccalaureate. Les enseignements y étaient assez généralistes et variés, cela m’a vraiment ouvert l’esprit et je me suis mise à envisager davantage de possibilités pour mes études supérieures. J’avais envie de continuer dans un parcours généraliste c’est pour cela que le bachelor de Sciences Po m’a beaucoup attirée.

Vous avez commencé les cours début septembre sur le campus de Reims. Quelles sont vos premières impressions ?

Ces premiers mois ont été assez mouvementés. J’ai des cours en français et en anglais, et je prends des cours de français en plus. Cela me plaît, car j’améliore vraiment mon niveau dans cette langue mais, en même temps, c’est difficile car je dois réapprendre en français toutes les notions que je maîtrisais déjà en anglais ! D’une manière générale, les études ici demandent de la rigueur, un peu comme le International Baccalaureate. J’ai une dissertation chaque semaine, des fiches à lire dans quasi toutes les matières, et les profs nous donnent aussi des bibliographies pour approfondir les sujets… La bonne nouvelle, c’est que je serai bilingue en sortant de Sciences Po alors, dans l’ensemble, je m’adapte ! En plus, les ressources mises à la disposition des étudiants sont formidables, et il y a beaucoup d’entraide sur le campus, les étudiants sont très solidaires.

Vous êtes volontaire aux “Cordées de la Réussite”, un dispositif visant à favoriser l’accès à l’enseignement supérieur de jeunes quel que que soit leur milieu socio-culturel. Qu’est-ce qui vous plaît dans cette association ?

J’aime le volontariat, j’aime aider les autres. C’est naturel chez moi et cela ne me demande pas d’efforts. Je dirais même que cela me fait du bien ! La relation avec les collégiens des “Cordées de la Réussite” est très amicale, c’est une vraie relation de confiance. Par exemple, on va au cinéma avec eux, puis lors de nos rencontres du lundi, on échange sur le film à travers des ateliers créatifs, on les incite à parler du film à travers leur création. Je me nourris vraiment de cette relation.

Au Cameroun, vous étiez bénévole à la Croix-Rouge et vous voulez rejoindre la Croix-Rouge à Reims. L’engagement est quelque chose d’important pour vous ?

Il y a quatre ans, il y a eu une épidémie au Cameroun et mon père est tombé malade. Cela a été très compliqué de lui trouver un traitement et j’ai réalisé à quel point le système de santé au Cameroun est obsolète. Il y a beaucoup à faire pour que, en cas d’épidémie par exemple, la population soit informée, soignée et rassurée. C’est ainsi que mon intérêt pour la santé s’est développé. J’ai vraiment envie de m’investir pour participer au développement du système de santé camerounais, et c’est le sens que je pense donner à mon parcours professionnel après mes études.

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"Être LGBTI n'est pas une influence occidentale, c'est une réalité humaine"

Il a créé la première association LGBTI de l’histoire du Laos
  • Anan Bouapha devant Sciences Po ©Sciences PoAnan Bouapha devant Sciences Po ©Sciences Po

Œuvrer en faveur des droits des lesbiennes, gays, bis, transexuels et intersexes (LGBTI) dans un pays loin de l’Europe, qui en comprend encore souvent mal les enjeux… c’est la vocation de Anan Bouapha, président et fondateur de la première association LGBTI de l’histoire du Laos. De Vientiane à Paris, ce fervent défenseur du droit à la différence a choisi d’étudier à Sciences Po.

En 2012, à l’âge de 25 ans, vous et votre association “Proud to be us Laos”, organisiez la première “LGBT Pride” au Laos. Quels étaient le contexte et les objectifs de cette action ?

Dans le contexte local, je n’ai pas utilisé le terme “LGBT” car il est sujet à malentendus. Les autorités, particulièrement, considèrent qu’il s’agit d’une idéologie occidentale, et cette impression pouvait être accentuée par le fait que nous comptions parmi nos soutiens des organisations internationales. L’objectif principal était de créer une plateforme publique pour toutes les personnes LGBTI, la société et les différents acteurs concernés, afin de pouvoir discuter sans peur de l’inclusion des personnes gays et transgenres dans le plan national de prévention du ministère de la Santé contre le SIDA. À la suite de notre action, le gouvernement a fait de nets efforts en ce sens. C’était un grand pas en avant et nous nous sommes saisis de cette opportunité pour mettre en place un dialogue. Être LGBTI au Laos, ce n’est pas être soumis à une influence occidentale, c’est tout simplement une réalité humaine. Il est temps d’en parler, et pas seulement dans un contexte de politique de santé, mais d’aborder aussi les enjeux sociaux, économiques et politiques.

Est-ce que les droits des LGBTI au Laos ont progressé depuis cette première action il y a 5 ans ?

Les progrès sont difficiles à mesurer parce qu’il y a beaucoup d’éléments à prendre à compte avant de pouvoir les évaluer. Cependant, notre action soutenue et continue, de même que les efforts du gouvernement pour mieux en saisir les enjeux, se font ressentir au sein de la communauté qui réalise que les choses s’améliorent un peu chaque jour. Par exemple, la première journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie en 2015 a été diffusée par la Lao National Television, une chaîne TV gouvernementale, et une personne transgenre a eu l’occasion d’y évoquer son histoire et ses espoirs. C’était un moment important pour nous ce témoignage diffusé sur un média national et un véritable coup de projecteur pour la communauté LGBTI du Laos. L’an dernier, à l’occasion de cette même Journée, des officiels du ministère des Affaires étrangères du Laos ont assisté à l’émission. C’est le début d’un changement positif.

Vous venez de débuter un master en “Advanced Global Studies” à Sciences Po, un cursus d’une année pour les jeunes professionnels. Qu’en attendez-vous ?

Je suis déjà en activité professionnelle donc j’espère que ce programme me permettra d’affuter mes compétences et de me construire un réseau. Je souhaite entrer en contact avec des diplômés et des professionnels inspirants ! J’ai également hâte de participer aux sessions avec des conseillers en carrière qui vont nous aider à travailler sur nos perspectives professionnelles après Sciences Po.

Justement, quels sont vos projets pour la suite ?

Je vais reprendre mes activités au sein de mon mouvement Proud to be us Laos, avec des outils et une meilleure compréhension des droits de l’homme et de la sociologie politique. Je vais essayer d’obtenir auprès du gouvernement un statut légal pour mon organisation. Ce qui ferait de Proud to be us la première organisation civile au Laos en contact étroit avec la communauté LGBTI. J’aimerais beaucoup voir Proud to be us devenir un think tank qui viendrait aider le gouvernement à sensibiliser ces populations parmi les plus à risques.

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Les 7 écoles de Sciences Po répondent à vos questions

Tout savoir sur les masters
  • Comment intégrer Sciences Po en master ?Comment intégrer Sciences Po en master ?

Tout au long des mois de novembre et de décembre, les sept écoles de Sciences Po présentent leur offre de masters lors d'une émission en direct sur le site web Campus-Channel. Pendant 40 minutes, vous pourrez poser toutes vos questions aux doyens et aux étudiants de Sciences Po afin de mieux connaître les programmes et les métiers auxquels préparent les écoles.

En savoir plus sur les émissions sur Campus Channel.

On vous dit tout sur le Collège universitaire

Posez vos questions sur le notre 1er cycle
  • Comment intégrer Sciences Po après le bac ?Comment intégrer Sciences Po après le bac ?

Rendez-vous le 8 novembre prochain à 18h00 en direct sur Campus-Channel pour une émission consacrée à notre premier cycle. Pendant une heure, Bénédicte Durand, doyenne du Collège universitaire, Myriam Dubois-Monkachi, co-directrice de la scolarité, accompagnées par deux étudiants de Sciences Po, répondront à toutes vos questions concernant les procédures d'admission, la préparation aux épreuves, les enseignements et la vie quotidienne sur les 7 campus de Sciences Po.

Tout savoir sur l’émission, revoir celle de l’an passé ou encore recevoir une notification dans votre agenda.

Pour ceux qui candidatent par la procédure internationale, une autre émission est programmée le 28 novembre à 14h00. Elle se déroulera en anglais.

Retrouvez toutes les informations relatives aux admissions.

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"La plus grande transformation urbaine depuis Haussmann"

Un MOOC pour comprendre les enjeux du Grand Paris
  • Dessin représentant de manière stylisée Paris ©Sciences PoDessin représentant de manière stylisée Paris ©Sciences Po

Un “Grand Paris” pour quoi faire ? Et pour qui ? Réunir Paris et sa banlieue en une vaste métropole de 7 millions d’habitants changera-t-il la donne de la capitale française ? Ce sont toutes ces questions qu’aborde le cours en ligne (MOOC) “À la recherche du Grand Paris” développé par l’École urbaine de Sciences Po en partenariat avec la Mairie de Paris et l’agence Grand Public. À l’occasion de la diffusion du premier cours ce lundi 23 octobre, entretien avec Patrick Le Galès, doyen de l’École urbaine de Sciences Po.

Pourquoi l’École urbaine de Sciences Po a-t-elle choisi de dédier un MOOC au sujet du futur “Grand Paris” ?

Parce que le projet du “Grand Paris” - créer une métropole réunissant ville de Paris et région Île-de-France -  est probablement la plus importante opération de transformation urbaine en cours en Europe ! Il ne s’agit pas seulement de la création d’une métropole de 7 millions d’habitants, c’est aussi la mise en place d’un système de transport innovant et de grande ampleur, le “Grand Paris Express”, ainsi que les aménagements pour l’accueil des Jeux Olympiques en 2024. Les enjeux sont très importants et concernent des millions de personnes. Une famille de la ville de Bagnolet, en proche banlieue de Paris, me disait que cela leur faisait un choc de passer du département “93” au Grand Paris ! Si cette opération de transformation urbaine se confirme, c’est un changement d’échelle et de transformation le plus radical depuis les aménagements du baron Haussmann au XIXe siècle.

Le MOOC est gratuit, ouvert à tous et ne nécessite pas de pré-requis. Quels sont ses objectifs ?

Nous avons souhaité faire un MOOC accessible au grand public et qui puisse aussi servir de module de formation pour la Mairie de Paris. En échangeant avec nos partenaires de la Mairie de Paris et nos collègues de l’École urbaine, nous nous sommes dit qu’il était intéressant de contribuer à une forme d’éducation populaire sur le sujet. Ceci se traduit par un MOOC beaucoup plus visuel qu’un MOOC universitaire classique : il comporte beaucoup de  vidéos, des archives de l’INA, etc. Il ne s’agit pas par ailleurs d’un cours magistral mais plutôt du recueil de paroles d’habitants de la région francilienne, de responsables associatifs et de chercheurs de différentes universités de la région. Nous avons aussi associé des historiens et des collègues étrangers pour donner de la perspective historique et comparative. Avec ce MOOC, notre objectif c’est de montrer ce que les sciences sociales peuvent apporter à la formation des citoyens et à la vie de la cité. Et c’est aussi, d’une manière plus globale, la mission de Sciences Po. L’École urbaine mobilise ainsi des données produites par les instituts et agences d’urbanisme de la ville et produit un bien collectif gratuit et accessible.

Le MOOC s’intitule “À la recherche du Grand Paris” : quels sont, selon vous, les enjeux de cette future métropole ?

On a introduit quelques controverses comme, par exemple, le sujet de la carte scolaire, le contrôle des populations ou l’intérêt d’un grand projet de transport, mais le MOOC n’a pas réellement vocation à prendre parti. Nous avons plutôt choisi de mettre l’accent sur les questions de transport, de culture et d’éducation, de développement économique, de risques, de sécurité, aux d’inégalités, de logement, etc. Dans le deuxième cours intitulé “Peuplement”, par exemple, il s’agit de savoir qui sont les habitants du Grand Paris, ce qui se passe en termes de ségrégation sociale et ethnique… On rappelle aussi les arrivées successives de migrants et de Français de toutes les régions. Les projets de construction de logement vont-ils marginaliser et éloigner les classes populaires ou produire davantage de mélange et de mobilité sociale ? La force de ce MOOC est de mettre dans un même “lieu” des thématiques qu’on ne pense pas forcément à lier entre elles, alors qu’elles sont connectées, et d’envisager les transformations, soit par les pratiques des habitants, soit par les politiques publiques.

Les étudiants de l’École urbaine ont pris une part active dans la construction de ce MOOC. Quel est leur apport ? Quel est l’intérêt pédagogique ?

Cinq étudiantes ont été étroitement associées à l’ensemble du projet et ce, dès le choix des thèmes. Elles ont préparé les séances, elles se sont formées à la vidéo pour mener les interviews des experts et une partie du travail documentaire. C’est intéressant d’un point de vue pédagogique de mener ainsi un projet de A à Z avec tous les aspects propres au mode projet : le respect des délais, la coordination, etc. Mais c’est également formateur pour elles d’écouter des populations très différentes raconter comment elles envisagent le Grand Paris. Cela les oblige à penser ce projet au-delà de la manière dont elles le vivent dans leur quotidien d’étudiantes. C’est aussi ce qu’on cherche à enseigner aux étudiants de l’École urbaine ici à Sciences Po : écouter et prendre en compte tous les points de vue dans le cadre d’un projet urbain. Cette année, dans le cadre de leur double master Stratégies territoriales et urbaines - Urban Policy en partenariat avec la London School of Economics (LSE), elles vont pouvoir comparer avec Londres !

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Le MOOC “À la recherche du Grand Paris, a été conçu  à Sciences Po par Patrick Le Galès, Maxime Crépel, et cinq étudiantes de l'Ecole Urbaine de Sciences Po (Ninon Beillard, Juliette Guichardet, Judith Lienhard, Valentine Quinio, Téloise Thibault ), avec Frédéric Gilli, directeur de l'agence Grand Public, professeur affilié à l’Ecole urbaine et Odile Gaultier-Voituriez . Il a été initié et financé en partenariat avec la Mairie de Paris. Il est disponible sur la plateforme FUN.