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Apprendre, ça s'apprend

L'innovation pédagogique pour compenser les handicaps
  • Des étudiants pendant l'atelier métacognition ©Sciences PoDes étudiants pendant l'atelier métacognition ©Sciences Po

Comment apprendre à apprendre ? C'est le défi de tout élève, en particulier au moment de l'arrivée dans l'enseignement supérieur. Sciences Po a mis en place depuis septembre 2017 une innovation pédagogique qui apporte des réponses pratiques à ce défi : des cours inédits baptisés "ateliers de métacognition". Objectif de ces séances : mieux connaître le fonctionnement de son cerveau pour améliorer ses stratégies d’apprentissage.

Cette innovation s’inscrit dans le cadre d’un partenariat de recherche en innovation pédagogique entre Sciences Po et l’Université McGill (Canada), soutenu par le Programme Samuel de Champlain (2017-2018). Il est proposé à titre expérimental depuis septembre à des étudiants de première année. Reportage.

"Vous êtes romancier ou historien ?"

Retour sur la Journée des Auteurs 2017
  • Couverture de la série BD de Joann Sfar "Le Chat du Rabbin" ©Sciences PoCouverture de la série BD de Joann Sfar "Le Chat du Rabbin" ©Sciences Po

Le 18 novembre dernier, le traditionnel salon littéraire des étudiants de Sciences Po s’est tenu à la mairie du 7ème arrondissement. La “Journée des Auteurs”, organisée depuis 1947 par le Bureau des Arts, fêtait sa 70e édition en compagnie, entre autres, de l’auteur de bandes dessinées Joann Sfar et du prix Renaudot 2017, Olivier Guez. Retour sur la littérature française, les filiations littéraires et le sens du romanesque.

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Pascale Leclercq, nouvelle directrice du campus de Poitiers

  • Pascale Leclercq ©Sciences PoPascale Leclercq ©Sciences Po

Elle a passé ses 20 dernières années au coeur du réacteur de la formation à Sciences Po : la direction des études et de la scolarité (DES). “J’ai commencé ma carrière au sein de la direction des systèmes d’information mais, très rapidement, j’ai eu envie de basculer du côté de la formation, le coeur de métier de l’école”, se souvient-elle. Il y a encore peu directrice du pilotage transversal au sein de la DES de Sciences Po, Pascale Leclercq vient d’entamer une nouvelle étape de sa carrière en devenant la toute nouvelle directrice du campus de Poitiers. Portrait.

Dans les différents postes que j’ai été amenée à occuper à Sciences Po, j’ai toujours eu à coeur d’avoir une vraie relation de proximité avec les enseignants et les étudiants. C’est pourquoi je n’ai pas hésité une seconde lorsque cette opportunité de prendre la direction du campus de Poitiers s’est présentée”. Accompagner les étudiants, être au plus proche de leurs préoccupations… telles sont, en quelques mots, les motivations qui guident depuis plus de 20 ans Pascale Leclercq dans sa trajectoire professionnelle. La nouvelle directrice du campus de Poitiers succède à Tilman Turpin qui a pris la direction du campus de Reims.

Le campus de Poitiers propose une spécialisation géographique centrée sur l’Amérique du Sud, l’Espagne et le Portugal. Regroupant actuellement 180 étudiants, dont 63% d’étudiants internationaux, il déménagera à la rentrée 2018 dans un couvent des Jacobins du 18ème siècle anciennement occupé par l’ESCEM (École supérieure de commerce et de management). Ces locaux plus vastes au coeur de la ville historique sont en cours de réhabilitation pour offrir de nouveaux services et installations. Sont prévus 10 salles de cours au lieu de 6 actuellement, un pôle santé, une salle d’expression artistique, un espace de cafétéria, des locaux pour les associations… mais aussi trois amphithéâtres pour permettre d’ouvrir davantage le campus sur la ville. “Je me rends compte combien Sciences Po est ancré dans la vie locale et associative. Le déménagement va nous permettre d’organiser plus d’événements et de renforcer nos collaborations”, constate Pascale Leclercq, réjouie par cette perspective.

À peine installée à Poitiers, Pascale Leclercq a choisi de soutenir les étudiants dans leurs projets menés en partenariat avec le tissu local. Ceux avec le centre pénitentiaire permettant de sensibiliser l’opinion publique aux problématiques liées à l’univers carcéral, ainsi que le projet Volar sur les questions d’égalité entre les femmes et les hommes, illustrent bien les missions d’engagement citoyen du nouveau parcours civique du Collège universitaire. “Les étudiants doivent appréhender la citoyenneté et la responsabilité sociale au travers d’expériences sur le terrain, au service de la collectivité”, souligne Pascale Leclercq qui a pu mesurer combien les étudiants font preuve d’une grande maturité et à quel point ils aiment s’investir collectivement pour les causes qu’ils défendent.

C’est d’ailleurs sur ce mode collaboratif qu’elle voudrait inscrire sa direction, en associant autant que possible les étudiants et les enseignants aux différents projets du campus qu’elle se réjouit de partager avec sa nouvelle équipe. “J’aimerais être une directrice qui saura rester accessible. Et je suis également très attentive à la dimension de respect, qu’il s’agisse du respect des règles ou du respect à autrui.” Nul doute au regard de son enthousiasme et de sa personnalité qu’elle saura instaurer une vraie relation de proximité.

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"J'aimerais contribuer à réformer le système de santé de mon pays"

Lire l’interview d'Ashale Chi
  • Portrait d'Ashale Chi, étudiante à Sciences Po ©Didier PazeryPortrait d'Ashale Chi, étudiante à Sciences Po ©Didier Pazery

Elle veut faire évoluer le système de santé de son pays, le Cameroun, et elle va étudier pendant trois années à Sciences Po. Ashale Chi fait partie de la première promotion des boursiers Sciences Po - MasterCard Foundation, un programme qui permet d’accompagner et de former les futurs leaders du continent africain. Interview.

À quel moment avez-vous décidé d’aller faire vos études supérieures à l’étranger ?

J’ai fait ma seconde dans un lycée au Cameroun dans une filière scientifique. J’avais envie de faire une université à l’international, mais cela me semblait très difficile d’accès depuis ce lycée, alors j’ai pensé à la Enko La Gaieté International School à Yaoundé qui m’a semblée être une bonne préparation. J’ai donc rejoint Enko en première, et j’y ai passé un International Baccalaureate. Les enseignements y étaient assez généralistes et variés, cela m’a vraiment ouvert l’esprit et je me suis mise à envisager davantage de possibilités pour mes études supérieures. J’avais envie de continuer dans un parcours généraliste c’est pour cela que le bachelor de Sciences Po m’a beaucoup attirée.

Vous avez commencé les cours début septembre sur le campus de Reims. Quelles sont vos premières impressions ?

Ces premiers mois ont été assez mouvementés. J’ai des cours en français et en anglais, et je prends des cours de français en plus. Cela me plaît, car j’améliore vraiment mon niveau dans cette langue mais, en même temps, c’est difficile car je dois réapprendre en français toutes les notions que je maîtrisais déjà en anglais ! D’une manière générale, les études ici demandent de la rigueur, un peu comme le International Baccalaureate. J’ai une dissertation chaque semaine, des fiches à lire dans quasi toutes les matières, et les profs nous donnent aussi des bibliographies pour approfondir les sujets… La bonne nouvelle, c’est que je serai bilingue en sortant de Sciences Po alors, dans l’ensemble, je m’adapte ! En plus, les ressources mises à la disposition des étudiants sont formidables, et il y a beaucoup d’entraide sur le campus, les étudiants sont très solidaires.

Vous êtes volontaire aux “Cordées de la Réussite”, un dispositif visant à favoriser l’accès à l’enseignement supérieur de jeunes quel que que soit leur milieu socio-culturel. Qu’est-ce qui vous plaît dans cette association ?

J’aime le volontariat, j’aime aider les autres. C’est naturel chez moi et cela ne me demande pas d’efforts. Je dirais même que cela me fait du bien ! La relation avec les collégiens des “Cordées de la Réussite” est très amicale, c’est une vraie relation de confiance. Par exemple, on va au cinéma avec eux, puis lors de nos rencontres du lundi, on échange sur le film à travers des ateliers créatifs, on les incite à parler du film à travers leur création. Je me nourris vraiment de cette relation.

Au Cameroun, vous étiez bénévole à la Croix-Rouge et vous voulez rejoindre la Croix-Rouge à Reims. L’engagement est quelque chose d’important pour vous ?

Il y a quatre ans, il y a eu une épidémie au Cameroun et mon père est tombé malade. Cela a été très compliqué de lui trouver un traitement et j’ai réalisé à quel point le système de santé au Cameroun est obsolète. Il y a beaucoup à faire pour que, en cas d’épidémie par exemple, la population soit informée, soignée et rassurée. C’est ainsi que mon intérêt pour la santé s’est développé. J’ai vraiment envie de m’investir pour participer au développement du système de santé camerounais, et c’est le sens que je pense donner à mon parcours professionnel après mes études.

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"Être LGBTI n'est pas une influence occidentale, c'est une réalité humaine"

Il a créé la première association LGBTI de l’histoire du Laos
  • Anan Bouapha devant Sciences Po ©Sciences PoAnan Bouapha devant Sciences Po ©Sciences Po

Œuvrer en faveur des droits des lesbiennes, gays, bis, transexuels et intersexes (LGBTI) dans un pays loin de l’Europe, qui en comprend encore souvent mal les enjeux… c’est la vocation de Anan Bouapha, président et fondateur de la première association LGBTI de l’histoire du Laos. De Vientiane à Paris, ce fervent défenseur du droit à la différence a choisi d’étudier à Sciences Po.

En 2012, à l’âge de 25 ans, vous et votre association “Proud to be us Laos”, organisiez la première “LGBT Pride” au Laos. Quels étaient le contexte et les objectifs de cette action ?

Dans le contexte local, je n’ai pas utilisé le terme “LGBT” car il est sujet à malentendus. Les autorités, particulièrement, considèrent qu’il s’agit d’une idéologie occidentale, et cette impression pouvait être accentuée par le fait que nous comptions parmi nos soutiens des organisations internationales. L’objectif principal était de créer une plateforme publique pour toutes les personnes LGBTI, la société et les différents acteurs concernés, afin de pouvoir discuter sans peur de l’inclusion des personnes gays et transgenres dans le plan national de prévention du ministère de la Santé contre le SIDA. À la suite de notre action, le gouvernement a fait de nets efforts en ce sens. C’était un grand pas en avant et nous nous sommes saisis de cette opportunité pour mettre en place un dialogue. Être LGBTI au Laos, ce n’est pas être soumis à une influence occidentale, c’est tout simplement une réalité humaine. Il est temps d’en parler, et pas seulement dans un contexte de politique de santé, mais d’aborder aussi les enjeux sociaux, économiques et politiques.

Est-ce que les droits des LGBTI au Laos ont progressé depuis cette première action il y a 5 ans ?

Les progrès sont difficiles à mesurer parce qu’il y a beaucoup d’éléments à prendre à compte avant de pouvoir les évaluer. Cependant, notre action soutenue et continue, de même que les efforts du gouvernement pour mieux en saisir les enjeux, se font ressentir au sein de la communauté qui réalise que les choses s’améliorent un peu chaque jour. Par exemple, la première journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie en 2015 a été diffusée par la Lao National Television, une chaîne TV gouvernementale, et une personne transgenre a eu l’occasion d’y évoquer son histoire et ses espoirs. C’était un moment important pour nous ce témoignage diffusé sur un média national et un véritable coup de projecteur pour la communauté LGBTI du Laos. L’an dernier, à l’occasion de cette même Journée, des officiels du ministère des Affaires étrangères du Laos ont assisté à l’émission. C’est le début d’un changement positif.

Vous venez de débuter un master en “Advanced Global Studies” à Sciences Po, un cursus d’une année pour les jeunes professionnels. Qu’en attendez-vous ?

Je suis déjà en activité professionnelle donc j’espère que ce programme me permettra d’affuter mes compétences et de me construire un réseau. Je souhaite entrer en contact avec des diplômés et des professionnels inspirants ! J’ai également hâte de participer aux sessions avec des conseillers en carrière qui vont nous aider à travailler sur nos perspectives professionnelles après Sciences Po.

Justement, quels sont vos projets pour la suite ?

Je vais reprendre mes activités au sein de mon mouvement Proud to be us Laos, avec des outils et une meilleure compréhension des droits de l’homme et de la sociologie politique. Je vais essayer d’obtenir auprès du gouvernement un statut légal pour mon organisation. Ce qui ferait de Proud to be us la première organisation civile au Laos en contact étroit avec la communauté LGBTI. J’aimerais beaucoup voir Proud to be us devenir un think tank qui viendrait aider le gouvernement à sensibiliser ces populations parmi les plus à risques.

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