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Réconcilier "humain" et "droits de l'homme" : Vanessa Topp, engagée pour les réfugiées

  • Vanessa Topp ©Sciences PoVanessa Topp ©Sciences Po

Pour elle, c’est bien plus qu’une vocation. Étudiante en master "Human Rights and Humanitarian Action" à l'École des affaires internationales de Sciences Po (PSIA), Vanessa Topp se rend chaque semaine dans le quartier de la Porte de la Chapelle à Paris à la rencontre des migrants pour leur apporter son soutien. Portrait vidéo d'une jeune femme pour qui étude des droits de l'homme rime avec engagement.

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"J'ai passé deux mois à étudier les favelas à São Paulo"

Découvrez le prix Max Lazard
  • Bruno Rammdjee ©Sciences PoBruno Rammdjee ©Sciences Po

Bruno Ramdjee a été lauréat du prix Max Lazard lors de sa dernière année à Sciences Po en 2016, ce qui lui a permis de passer deux mois et demi à São Paulo pour étudier les favelas. Ce prix, souvent méconnu des étudiants, permet de financer un projet personnel à l’international.

Bruno Ramdjee, vous êtes parti en 2016 à São Paulo pour étudier l’accès au soins des populations des favelas grâce à la bourse Max Lazard de Sciences Po. Comment vous est venue l’idée de ce projet ?

Le sujet du droit à la santé a toujours été très présent dans mon cursus. Avant d’entrer à Sciences Po, j’avais déjà commencé des études de médecine et je suivais également des études en droit. En arrivant à Sciences Po, j’ai donc tout naturellement choisi la filière “santé et protection sociale” du master en Affaires publiques. C’est dans ce cadre que j’ai découvert le système juridique brésilien qui est très différent de celui qu’on connaît. Là-bas, la santé est vue comme un droit de l’homme : tout individu a accès aux soins gratuitement. C’est ce qui m’a amené à aller là-bas une première fois pour étudier au Centre de recherche en droit de la Santé de São Paulo (CEPEDISA). Et c’est à l’occasion de ce séjour que j’ai eu envie de revenir pour étudier les favelas.

Concrètement, comment s’est déroulé votre séjour ? Qu’avez-vous fait ?

Je suis parti deux mois et demi à São Paulo, sur le terrain, aux côtés des “agents communautaires de santé”. Ce sont des professionnels qui font le lien entre les centres de santé et la population des favelas en allant à la rencontre des gens pour les encourager à aller consulter et à se soigner. C’est grâce à eux que j’ai pu rentrer dans les favelas et voir comme cela fonctionne. Grâce à ce séjour, j’ai pu mûrir mon sujet de thèse sur la protection constitutionnelle du droit à la santé. Enfin, humainement, c’était également très intéressant : c’était la première fois que je me retrouvais ainsi en immersion dans une nouvelle culture, avec une langue que je ne connaissais pas du tout, dans un milieu social très différent… et un contexte politique et démocratique particulier.

Qu’est-ce que le prix vous a apporté ?

Le prix m’a permis de le faire ! Il a financé le billet d’avion et le logement. Sans cela, cela aurait été impossible financièrement pour moi. Je suis aujourd’hui dans le jury du prix et j’encourage les étudiants à candidater. L’idée du prix, c’est vraiment de faire quelque chose d’un peu extraordinaire, de vivre une expérience. Il n’y a pas de restriction, cela peut être un peu de tout : une idée de reportage vidéo, l’étude de forages pétroliers, etc. La seule exigence est l’ouverture d’esprit et une démarche intellectuelle et personnelle sincère.

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"Je suis partisane du leadership de service"

Astou Diouf, boursière Sciences Po - Mastercard Foundation
  • Astou Diouf ©Didier PazeryAstou Diouf ©Didier Pazery

Astou Diouf vient du Sénégal, elle fait partie de la première promotion des boursiers Sciences Po - Mastercard Foundation, un programme qui permet d’accompagner des étudiants du continent africain engagés.

Vous arrivez bientôt à la fin de votre première année à Sciences Po. Quelles ont été vos premières impressions ? Comment votre expérience a-t-elle évolué au cours de cette première année ?

J’ai découvert un nouvel environnement, et il fallait comme tout nouvel arrivant m’adapter aux règles sociales et effectuer toutes les démarches administratives relatives à mon insertion sociale. Au début, j’étais dans cette phase de découverte et d’émerveillement par rapport à la ville de Reims et ses beaux bâtiments et impressionnée par cette diversité culturelle interne et externe à Sciences Po. Et au fur et à mesure, on a du mal à s’adapter au climat, au rythme imposé par les études avec cette transition plus ou moins abrupte du lycée à l’université. Mais grâce à un accompagnement et un suivi pédagogique très efficace, on gagne en expérience et en maturité.

Au Sénégal, vous avez participé à un camp d’été consacré au développement des compétences en matière de leadership et d’entrepreneuriat. Quelles sont selon vous les qualités nécessaires pour un leader ou entrepreneur aujourd’hui ?

Dans une certaine mesure les qualités d’un entrepreneur et d’un leader sont complémentaires. Elles reposent sur le fait de pouvoir identifier les besoins de sa communauté et d’y répondre de manière efficace. Il ne s’agit pas d’une action individuelle où l’objectif est de se mettre en avant et de démontrer ses compétences mais une action collective qui nécessite la participation active de chaque membre de la communauté. Je suis partisane du leadership de service et c’est de là que découle ma volonté de venir en aide aux nécessiteux à travers un investissement concret et à impact.

Vous êtes une Mastercard Foundation Scholar et vous comptez un jour créer une entreprise dans le secteur de l’agroalimentaire. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce projet ?

Le projet consiste à développer le secteur de l’agroalimentaire au Sénégal avec la transformation des produits agricoles passant par l’amélioration des relations producteur-consommateur, une restructuration industrielle et l’élaboration de stratégies efficientes et adaptées aux structures sociales. Et à plus grande échelle, l’objectif de ce projet est de favoriser une coopération interrégionale dans ce secteur en Afrique facilitant l’intégration économique. Compte tenu des dynamiques mondiales autour du secteur agricole, j’estime qu’il est impératif de le renforcer en Afrique et de pouvoir répondre aux défis alimentaires et environnementaux. Et grâce au camp d’été auquel j’ai participé, je me suis intéressée aux filières de l’agroalimentaire et j’ai eu le privilège de côtoyer des étudiants, des chefs d’entreprises, tous aspirant à contribuer au développement du continent et j’aimerai apporter ma pierre à cet édifice.

Qu’avez-vous appris à Sciences Po qui vous aidera à accomplir ce projet ?

D’une manière générale, j’ai appris à développer mon esprit critique et mes capacités d’analyse sur un sujet donné au travers des modules proposés. Ce fort focus sur les dynamiques politiques, économiques et sociales dans le monde me permettront d’étudier et d’analyser les aspects sur lesquels il faudrait insister pour mener à bien mon projet.

Comment le programme Mastercard Foundation vous accompagne-t-il dans votre expérience à Sciences Po et dans vos projets professionnels ? 

C’est une opportunité en or de pouvoir faire partie de ce programme et de côtoyer d’autres jeunes africains qui partagent cet amour pour l’Afrique. Et grâce à nos responsables que je ne manquerai pas de citer Mme Marie Azuelos et Mme Lucille Amsallem, mes camarades et moi avons pu surmonter les difficultés qui se présentaient à nous tant sur le plan académique que social. Et par rapport à nos projets professionnels, nous avons participé à plusieurs activités nous permettant d’expérimenter des situations valorisantes dans le monde professionnel à l’exemple du Forum Afrique Destination Emplois qui a été organisé à Paris. Par ailleurs, le programme nous offre l’opportunité de nous créer un important réseau grâce à un système de mentorat et des rencontres organisées avec des cadres, des hauts fonctionnaires…

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"L'escrime est un sport spectaculaire"

Sciences Po remporte 4 médailles aux championnats universitaires
  • Quatre membres de l'équipe d'escrime de Sciences Po ©Sciences Po / DRQuatre membres de l'équipe d'escrime de Sciences Po ©Sciences Po / DR

Quatre médailles, dont deux en or, c’est le très beau palmarès de L’Assaut, l’équipe d’escrime de Sciences Po, aux derniers championnats de France universitaires. Entretien avec le capitaine de l’équipe, Adrien Dorny.

Adrien Dorny, vous et votre équipe êtes revenus avec quatre médailles, dont deux en or, des derniers championnats de France universitaires d’escrime. Est-ce une consécration ?​

Nous sommes très fiers de ces résultats ! Quatre médailles, c’est notre plus gros total lors de championnats de France universitaires. Les deux médailles d’or par équipe nous font particulièrement plaisir. À l’épée dame, le titre de champion de France est d’autant plus beau qu’il s’est joué dans les derniers instants de la finale. Pour ce qui est du fleuret homme, nous avions à cœur de remporter l’or par équipe, après nous être contentés de l’argent l’année dernière. Tous nos tireurs repartent médaillés, nous aurions difficilement pu imaginer mieux !

Depuis quand pratiquez-vous l’escrime ? Comment articulez-vous le temps consacré à vos études et votre passion pour ce sport ?

La plupart d’entre nous a commencé l’escrime très jeune. Ce sport tient donc une place importante dans nos vies. Nous y avons de nombreux souvenirs associés. Il nous a permis de forger des amitiés, d’être confrontés à la défaite, ou encore de prendre confiance. Plus spécifiquement, l’escrime est un sport spectaculaire, particulièrement tactique, où l’endurance, la rapidité, la précision et la prise de risque sont valorisées. Conjuguer études, entraînements dans nos clubs respectifs et compétitions universitaires comme fédérales, est, depuis le lycée, un défi pour chacun d’entre nous. Cela n’est pas toujours évident au quotidien et cela nécessite une très bonne organisation.

Parlez-nous de votre équipe, L’Assaut. Faut-il être un champion pour vous rejoindre ?

Nous avions cette année huit membres qualifiés pour les championnats de France, issus à la fois du Collège universitaire (campus de Paris et de Reims), de master et du Certificat préparatoire pour sportifs de haut niveau de Sciences Po. Un savant mélange en somme !

Au total, notre équipe se compose d’une quinzaine de membres participant régulièrement aux compétitions universitaires. Nous nous adressons à tous, débutants comme confirmés. J’encourage l’ensemble des étudiants de Sciences Po à découvrir ce sport fascinant qu’est l’escrime via les cours d’initiation à l’épée proposés par l’Association Sportive. Pour ceux pratiquant ou ayant déjà pratiqué l’escrime par le passé, nous vous attendons sur les pistes dès l’année prochaine pour continuer de garnir notre armoire à trophées !

Comment voyez-vous l’avenir de votre équipe ?

Notre équipe, créée en 2015, est encore jeune. Nous souhaitons continuer à la développer pour en faire l’une des équipes incontournables de Sciences Po. Cela passe bien sûr par de nouvelles médailles aux championnats de France universitaires, mais également par davantage de membres et une communication efficace auprès des éudiants. À terme, l’un de nos objectifs serait de faire reconnaître l’escrime comme sport « mystère » du “Crit’”, la compétition inter-IEP,  ! Nos tireurs aideraient grandement Sciences Po à remporter la victoire finale, j’en suis certain.

Aux championnats de France universitaires 2018, Amélie Awong (épée) et Adrien Dorny (fleuret) ont remporté chacun une médaille de bronze lors de l’épreuve individuelle. L’équipe d’épée dame, composée de Amélie Awong et Mailys Vignoud, et l’équipe du fleuret homme, composée de Gautier Merit, Victor Querton, Adrien Dorny et Audric Heurtier, ont remporté chacune une médaille d’or.

En trois ans d’existence, L’Assaut, créée en 2015,  a remporté huit médailles nationales, dont quatre d’or.

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"Bubble box" : un projet étudiant primé par le prix Talents #2024

  • Extrait de la vidéo de présentation du projet Bubble Box ©Bubble BoxExtrait de la vidéo de présentation du projet Bubble Box ©Bubble Box

Le 10 janvier 2018, un projet nommé “Bubble Box” remportait le premier prix de l’appel à projets Talents #2024 de la Ville de Paris. Ce module d’hygiène mobile et autonome pour les migrants, les réfugiés et les sans-abris a été élaboré par quatre étudiants de l’École d’Affaires publiques de Sciences Po et de Harvard, pour aider les autorités publiques et les ONG dans la gestion de crises humanitaires et de catastrophes naturelles. Explications avec Pierre Noro, un des étudiants créateurs du projet.

Pouvez-vous nous expliquer le concept de Bubble Box ?

Pierre Noro : Concrètement, Bubble Box vise à apporter gratuitement l’hygiène dans les campements « improvisés » de migrants et de réfugiés, où les conditions sanitaires sont extrêmement précaires, afin d’améliorer la vie quotidienne et de restaurer la dignité de ces personnes.

Nous l’avons imaginé comme un module d’hygiène mobile et autonome. L’utilisation d’un système de filtration "Showerloop", inspiré de celui de la Station spatiale internationale, de batteries et de panneaux solaires, permettent au module de fonctionner pendant plusieurs jours sans être relié au réseau hydroélectrique. Construite dans un conteneur, Bubble Box est aussi très mobile : cela permet de déplacer l’installation facilement, de la laisser au sol pour le long terme, tout en pouvant la retirer afin de respecter les impératifs de politique urbaine et de sécurité.

Comment vous est venue cette idée pour améliorer la vie des migrants et des réfugiés ?  

P. N. : Ce projet est né pendant la Summer School for Social Innovation 2017, organisée en partenariat avec l’École d’Affaires publiques, Harvard et le Centre de Recherche Interdisciplinaire (CRI). Notre groupe de quatre étudiants était chargé de travailler sur le quartier de la Porte de Clignancourt à Paris. J’ai proposé à mes camarades d’aller observer les campements de Roms installés sur la zone de la “Petite Ceinture”, puis de continuer vers le centre d’accueil d’urgence de la Chapelle. C’est là que le déclic a eu lieu. Plusieurs milliers d’êtres humains se partageaient quatre robinets installés par la mairie comme seul point d’accès à l’eau.

Après avoir mené plusieurs entretiens avec les ONG présentes sur place, il est devenu clair que le manque d’accès à l’hygiène relevait d’un dilemme de politique publique. D’une part, les camps improvisés sont éloignés de structures comme les bains-douches municipaux, qui ne sont pas préparées à gérer un tel flux d’utilisateurs, et les solutions individuelles (douches portables, kits d’hygiène personnelle) ont un impact très limité et risquent de faire l’objet de vols. D’autre part, l’installation de structures permanentes est impossible, puisque les campements se déplacent régulièrement, mais surtout parce que de telles installations pérenniseraient et légitimeraient ces camps, au détriment des actions sociales et humanitaires entreprises conjointement par la Ville de Paris et les ONG.

Bubble Box est donc apparu comme une évidence. Ce projet a été l’occasion pour nous de sortir de la passivité face à la détresse de plusieurs milliers d’êtres humains vivant à tout juste 20 minutes du cœur de Paris.

Votre équipe rassemble des étudiants d’Harvard et de Sciences Po de différentes nationalités et cultures : une « dream team » répartie sur deux continents.  Quelle organisation ! Quel est votre secret ?

P. N. : Organiser des réunions qui correspondent à trois fuseaux horaires distincts et traduire tous nos documents en français et en anglais peuvent être de vrais casse-têtes, mais la diversité de l’équipe a toujours été notre plus grande richesse. Parmi les quatre co-fondateurs, aucun d’entre nous n’est né dans le même pays ou n’a la même langue maternelle. Avoir une grande variété de talents, de cultures et même d’âges au sein de l’équipe est essentiel à la compréhension de la diversité des attentes et des besoins des personnes que nous essayons d’aider avec Bubble Box, et donc la réussite du projet lui-même.

L’équipe a depuis été renforcée par l’arrivée de Hoyoung Lee, un autre étudiant de Harvard, en ingénierie, et de Juno Grace Lee, notre designer, qui a étudié l’Histoire de l’Art à l’Université de Californie. Enfin, Alain Latour, ingénieur senior passé par Areva et Onet Technology, nous a rejoint comme coordinateur technique.

Vous êtes les lauréats pour l’appel à projets Talents #Paris2024. Félicitations ! Qu’est-ce que ça change pour vous ? Quels sont vos objectifs pour les mois à venir ?

P. N. : Le 1er prix de l’appel à projet Talents #Paris2024 nous a permis d’élargir notre audience, de rappeler l’importance de la crise humanitaire que nous traversons alors qu’elle est déjà victime d’une forme de banalité, de résignation. Outre la subvention de la Ville de Paris, l’appel à projets va nous permettre d’établir de nouveaux partenariats. C’est aussi grâce à ce prix que nous avons pu rencontrer Sensecube, l’incubateur d’innovation sociale parisien qui nous soutient.

Nous sommes également en partenariat avec l'Université Technologique de Compiègne qui a lancé ses travaux sur la filtration et le chauffage de l'eau, avec une équipe d'étudiants et de professeurs. Si tout se passe bien, nous pourrons tenir le très ambitieux objectif que nous nous sommes fixés jusqu’à présent : débuter la construction du prototype dès l’été 2018 et diffuser, par la même occasion, les instructions nécessaires à la construction d’un module BubbleBox sous licence ouverte, à but non-lucratif.

Enfin, quels conseils donneriez-vous à nos étudiants aux âmes d’entrepreneurs ?

P. N. : Soyez curieux ! Nous sommes une génération avec un accès quasi-illimité à l’information. Être capable de chercher, de trouver efficacement et de connecter entre eux des éléments est essentiel si vous voulez identifier correctement un problème ou proposer une solution pertinente et innovante.

Rob Lue, coordinateur de la Summer School for Social Innovation, répète souvent que nous vivons dans un monde où « créer du sens est plus difficile que de faire de l’argent. » Il me semble qu’il a entièrement raison. Construire un projet est une expérience parfois frustrante voire décevante. Aujourd’hui, BubbleBox continue d’exister car nous sommes convaincus que notre projet a du sens et qu’il contribue au bien commun. Je pense que c’est la clé de la réussite : une bonne idée est une idée qui appelle ’action !

Enfin, se lancer dans un projet d’innovation est une vraie leçon d’humanité et d’humilité. Il faut accepter que, face à un problème, une grande réponse inapplicable a moins de valeur et moins de légitimité qu’une action pour mettre en place une solution précise, même à petite échelle.

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