Qu'est-ce que l'accessibilité numérique ?

L'accessibilité du web : un enjeu social

Pour afficher les sous-titres de la vidéo : après l'avoir lancée, utilisez le bouton "Activer les sous-titres" situé à gauche de la barre inférieure droite. Cette vidéo a été réalisée par l'université de Nice-Sophia Antipolis, dans le cadre du programme Access-Key.

Définition, périmètre

L'accessibilité numérique consiste à permettre à tous, notamment les personnes souffrant de handicap, d'utiliser des ordinateurs et leurs logiciels, et de consulter ou créer des ressources numériques, sur tout type de support (ordinateur, téléphone portable, tablette...).

L'accessibilité numérique concerne tous les types de handicap : visuel, auditif, moteur, cognitif, technique...

Plutôt que d'adapter des produits aux handicaps, on préfèrera la notion de conception universelle, qui tend à réaliser des produits pouvant être utilisés par tous, sans distinction de sexe, d'âge, de situation ou de handicap. On retiendra également que l'accessibilité numérique favorise tous les types de handicap, y compris ceux dus au vieillissement, soit une population française de plusieurs millions de personnes. Et que bien des améliorations sont en réalité des bonnes pratiques (éditoriales, ergonomiques...) qui facilitent l'accès de tous aux sites ou applications numériques.

Le cadre réglementaire

L'Europe parle de l'accessibilité numérique comme d'une obligation citoyenne : une plus large diffusion de produits et services numériques accessibles favorise l'insertion professionnelle, l'intégration sociale et un cadre de vie autonome. La vidéo proposée en début d'article en est un excellent exemple.

Certains pays européens sont en pointe : l'Irlande ("Disability Act", 1999) ; la Grande-Bretagne (Disability Discrimination Act, 1995) ; l'Allemagne et l'Espagne (2002) ; la Grèce (2003)...

En France, la loi n° 2005-102 du 11 février 2005, "Pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées" impose, dans son article 47, "l'accessibilité des services de communication publique en ligne pour les services de l'Etat, des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent", dans un premier temps.

Aux États-Unis, l'accessibilité numérique a été prise en compte dès 1998, avec l'adoption par le Congrès d'un amendement couramment appelé "section 508" qui porte sur l'accessibilité des sites fédéraux et des ressources électroniques du gouvernement.

Les référentiels

Dès 1997, le W3C (World Wide Web Consortium), l'autorité des standards du web, s'est intéressé à l'accessibilité et a créé la WAI (Web Accessibility Initiative). La WAI a émis 61 recommandations permettant de rendre le web accessible, notamment aux technologies d'assistance utilisées par les personnes handicapées.

Sur cette base ont été créés des référentiels nationaux. Ils listent les tests à réaliser sur les pages web et les critères de succès pour valider leur accessibilité. Le référentiel est un document assez technique réservé aux professionnels. Il est utilisé pour auditer le site et mesurer son niveau d'accessibilité, pour corriger un site non accessible, ou pour déployer les bonnes pratiques dès le début du projet. À noter que l'accessibilité impacte le travail de tous les intervenants d'un projet web : concepteur, graphiste, développeur, intégrateur, rédacteurs...

En France, les deux référentiels historiques (Accessiweb et RGAA) ont été réunis en 2015, dans le RGAA V3, norme nationale.

On peut labelliser un site web, c'est à dire indiquer clairement quel niveau d'accessibilité il atteint. La France, comme l'Europe, recommande le niveau double A pour la labellisation des sites. Le niveau triple A concerne des contenus de type bien particulier et n'est pas déployable sur tous les sites.

Sciences Po utilise donc le référentiel RGAA, niveau double A, pour sa labellisation. L'attestation de conformité de ce site ainsi que le contact avec le référent "accessibilité" de la DSI est disponible par le lien "Accessibilité", en bas de chaque page.