Les Études du CERI

 

Les études du CERI

La particularité des Études du CERI est de proposer des analyses qui peuvent tout autant éclairer les non spécialistes que servir de référence aux chercheurs. Quel qu’en soit le thème – un enjeu global majeur ou une évolution spécifique au « local » – chaque volume obéit aux règles d’une publication scientifique à comité de lecture, la double évaluation anonyme par les pairs étant appliquée lors de la sélection des textes. Autre trait significatif de cette collection, chaque livraison est le fruit d’une enquête de terrain réalisée par l’auteur.

En plus des monographies, la collection offre deux publications collectives à périodicité annuelle, consacrées l’une à l’Amérique latine, l’autre à l’Eurasie. Tous les volumes parus depuis 1995 sont disponibles en libre accès sur ce site.

Rédactrice en chef : Judith Burko, judith.burko@sciencespo.fr, tél. +33158717004

François d'Arcy

Dix-huit mois après l'accession de Lula au pouvoir, où en est le Brésil ?
N°105
Juillet 2004
Amérique latine et Caraïbes, Brésil, Démocratisation, Pauvreté, Pays émergents, Politiques sociales, Vie politique/systèmes politiques, Les études du CERI

S'interrogeant sur les chances de réussite du gouvernement de Luiz Inácio Lula da Silva, cette étude part de l'idée que le principal obstacle réside dans la structure du système politique brésilien. Faute de pouvoir le réformer, le président Lula a su, non sans habileté, s'y adapter, au prix cependant d'alliances hétérogènes. Respectant par ailleurs ses engagements de campagne, qui lui avaient permis d'être élu après trois échecs consécutifs, il a maintenu une politique de lutte contre l'inflation et de stricte discipline budgétaire, ainsi que de respect des contrats concernant tant la dette publique que les entreprises issues des privatisations. Cette politique macroéconomique, dans la continuation de celle de Fernando Henrique Cardoso, a dominé la première année de son gouvernement, retardant la mise en place de nouvelles politiques sociales ou de développement durable. Telles que celles-ci se dessinent, elles sont davantage marquées par la continuité que par la rupture, ce qui est sans doute le gage de leur réussite.

Comment citer ce volume :

François d'Arcy

, Dix-huit mois après l'accession de Lula au pouvoir, où en est le Brésil ? / Les Études du CERI, N°105, Juillet 2004, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Matthieu Salomon

Les arcanes de la « démocratie socialiste » vietnamienne
N°104
Mai 2004
Asie du Sud-Est, Démocratisation, Droit, Etat, Vie politique/systèmes politiques, Viêt Nam, Les études du CERI

Depuis les années 1980, et plus symboliquement depuis le VIe Congrès du Parti Communiste, le Viêt-Nam s’est engagé sur la voie des réformes (Dôi moi, « Renouveau»). Si ces réformes s’inscrivent en premier lieu dans une perspective de changement des règles régissant l’activité économique, elles renvoient également, depuis les années 1990, à des évolutions politiques, institutionnelles et légales. Sous l’influence tant de contraintes endogènes dues à la nécessaire adaptation de l’environnement politico-légal et à l’évolution des processus de légitimation du pouvoir, que de contraintes exogènes nées de la volonté d’intégration à la communauté et à l’économie internationales, le discours des autorités vietnamiennes et les textes politiques fondamentaux ont été renouvelés. Dans les faits, il semble impossible de nier que le système politico-légal vietnamien, malgré ses pesanteurs et ses permanences, évolue lentement et se « normalise ». Il ne s’agit pas d’avancer l’idée que le Viêt-Nam serait sur la voie d’une « transition démocratique » tendant vers un modèle occidental de référence. L’objectif du pouvoir peut être défini ainsi : « conforter le monopartisme tout en satisfaisant aux exigences de la modernisation ». A travers une analyse du système des assemblées populaires élues par la population et du système juridique/judiciaire, cette étude tente d’apporter un éclairage sur cette capacité d’innovation politico-légale du régime, et notamment sur sa capacité à structurer de nouveaux espaces de débats. Elle s’interroge sur les évolutions complexes des règles et acteurs de cet aspect des évolutions vietnamiennes trop souvent délaissé par l’analyse.

Comment citer ce volume :

Matthieu Salomon

, Les arcanes de la « démocratie socialiste » vietnamienne / Les Études du CERI, N°104, Mai 2004, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Florence Padovani

Les effets sociopolitiques des migrations forcées en Chine liées aux grands travaux hydrauliques. L'exemple du barrage des Trois-Gorges
N°103
Avril 2004
Asie du Nord-Est, Chine, Economie politique, Environnement, Etat, Migrations, ONG/société civile, Pays émergents, Politiques sociales, Vie politique/systèmes politiques, Les études du CERI

L'étude des mouvements de populations suscités en Chine par les grands travaux hydrauliques donne l'occasion d'observer, au-delà des apparences, la réalité des transformations des relations entretenues par l'Etat chinois et la société. La construction du barrage des Trois-Gorges par exemple, source de polémiques importantes tant à l'étranger qu'en Chine même, est exemplaire. Ce projet d'aménagement du territoire touche aux domaines politique, économique, juridique et bien sûr social, en particulier parce qu'il a provoqué des migrations forcées. La façon dont cette question a été gérée tant par le gouvernement central, qui l'a planifiée, que par les gouvernements provinciaux qui sont en prise directe avec des impératifs de temps, de moyens financiers et humains, témoigne de l'évolution du pays par rapport au modèle autoritaire de l'époque maoïste. Son étude permet d'observer la manière dont les autorités locales ont traduit dans la réalité les directives venues du Centre, et la difficulté que les dirigeants de Pékin ont à faire respecter leur vision centralisée de la nouvelle Chine. La gestion de la délicate question des migrations forcées, enfin, met en lumière les enjeux des disputes entre différents acteurs : les cadres des multiples administrations, les pouvoirs locaux, les populations déplacées et celles d'accueil. Les modes de justification spécifiques à chaque catégorie donnent des pistes pour comprendre la complexité de la nouvelle « société civile » chinoise.

Comment citer ce volume :

Florence Padovani

, Les effets sociopolitiques des migrations forcées en Chine liées aux grands travaux hydrauliques. L'exemple du barrage des Trois-Gorges / Les Études du CERI, N°103, Avril 2004, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].
Les administrations publiques et les modes de gouvernement à l'épreuve de l'européanisation. Une comparaison Europe du Sud, Europe de l’Est
N°102
Décembre 2003
Etat, Europe centrale et orientale, Européanisation, Grèce, Pologne, Portugal, Union européenne, Vie politique/systèmes politiques, Les études du CERI

L’élargissement constitue aujourd’hui la priorité de l’agenda européen. Dans une perspective comparative, en considérant le Portugal et la Grèce d’un côté, la Pologne de l’autre, cette Etude analyse les cheminements originaux et singuliers de chacune des configurations nationales, à partir de l’examen des changements administratifs et étatiques, notamment à travers la dimension régionale, la réorientation des politiques et les transformations des modes de gouvernement. Du fait de l’importance de l’acquis communautaire à intégrer, de la nature des interventions de la Commission et du caractère avant tout réglementaire des directives européennes, cette dimension paraît l’une, voire la plus importante à l’oeuvre dans le processus d’européanisation : l’administration joue comme un filtre dans cette dynamique et les Etats nationaux se trouvent paradoxalement renforcés par la construction européenne. Cette comparaison permet de souligner l’importance des innovations et la singularité des modes de gouvernement, suggérant que certains arrangements mis en oeuvre dans les pays de la cohésion peuvent jouer comme autant de sources d’inspiration pour les nouveaux entrants, confrontés à des problèmes similaires de compétences administratives, de blocages bureaucratiques, et d’héritages politiques et étatiques éloignés du modèle de gestion publique, d’organisation bureaucratique et des règles européens. Sous l’effet de la contrainte européenne, une triple dynamique s’opère : une dynamique de délégation ou de privatisation via la création d’agences, de bureaux ou d’instituts, une dynamique de (re)centralisation politisée, et une dynamique d’innovation politique, institutionnelle et sociale. On assiste ainsi à des emprunts partiels et sans cesse remodelés, à la formation de constructions hybrides, et donc à des configurations qui n’en sont pas moins européennes que ce qui est donné à voir dans ce que l’on nomme le « coeur » de l’Europe.

Comment citer ce volume : Béatrice Hibou, Les administrations publiques et les modes de gouvernement à l'épreuve de l'européanisation. Une comparaison Europe du Sud, Europe de l’Est / Les Études du CERI, N°102, Décembre 2003, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Jean-Pierre Pagé

Tableau de bord des pays d'Europe centrale et orientale 2003 (Europe orientale)
N°101
Décembre 2003
Comment citer ce volume :

Jean-Pierre Pagé

, Tableau de bord des pays d'Europe centrale et orientale 2003 (Europe orientale) / Les Études du CERI, N°101, Décembre 2003, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Jean-Pierre Pagé

Tableau de bord des pays d'Europe centrale et orientale 2003 (Europe centrale)
N°100
Décembre 2003
Comment citer ce volume :

Jean-Pierre Pagé

, Tableau de bord des pays d'Europe centrale et orientale 2003 (Europe centrale) / Les Études du CERI, N°100, Décembre 2003, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Marc Dixneuf

La santé, enjeu de la gouvernance mondiale ?
N°99
Décembre 2003
Acteurs transnationaux, Gouvernance, Mondialisation, ONG/société civile, Organisations internationales, Santé, Les études du CERI

Dans les pays en développement, l’impact de l’épidémie d’infection à VIH a révélé les effets potentiellement dévastateurs de politiques de santé inadaptées : disparition des adultes en âge de travailler, diminution des ressources alimentaires, arrêt de la croissance, instabilité interne, monopolisation des faibles ressources au détriment d’autres investissements. Cet impact négatif des épidémies ne se limite pas aux Etats, mais intéresse directement la gouvernance mondiale. La santé apparaît comme un domaine d’intervention majeur des politiques internationales pour les années à venir, une mésestimation des enjeux pouvant conduire à une plus grande instabilité globale. Notre objectif est de montrer dans cette Etude l’importance de la santé pour la gouvernance mondiale et de faire l’état des transformations qu’elle suscite ou requiert au niveau global. Dans un premier temps, elle s’intéresse aux acteurs. La place croissante prise par les acteurs non gouvernementaux souligne les limites des Etats et des organisations internationales, et ceux-ci doivent ajuster leurs pratiques aux enjeux sanitaires. Dans un second temps, l’étude s’intéresse aux cadres d’élaboration des politiques de santé, en s’interrogeant sur la participation de certains acteurs à l’orientation des politiques et à l’adéquation du cadre commercial multilatéral avec les enjeux de la santé. Dans la mesure où elle remet en question ses modes de régulation, la santé apparaît comme un enjeu de la gouvernance mondiale.

Comment citer ce volume :

Marc Dixneuf

, La santé, enjeu de la gouvernance mondiale ? / Les Études du CERI, N°99, Décembre 2003, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Christian Milelli

La Corée du Sud, nouveau modèle de la « nouvelle économie » ?
N°98
Septembre 2003
Asie du Nord-Est, Corée du Sud, Etat, Nouvelles technologies, ONG/société civile, Les études du CERI

« Nouvelle économie » rime en Corée du Sud avec Internet. En effet, « le pays du matin calme » est devenu en 2003 « le pays le plus connecté au monde ». La présente Etude multiplie les éclairages sur ce phénomène où Internet est appréhendé non seulement comme un réseau physique mais aussi comme un levier de transformation de la vie économique et sociale du pays. Si le rôle de l’Etat a été décisif et demeure central, il ne suffit pas toutefois à expliquer l’extrême rapidité de la propagation du nouveau média électronique et renvoie à un faisceau de causalités. L’expérience coréenne se différencie des autres expériences nationales antérieures par le « débordement » de la sphère marchande dans les domaines de l’éducation, de l’action associative et même de la vie politique. L’émergence d’une dimension nationale constitue une deuxième caractéristique qui semble, a priori, paradoxale, tant Internet est porteur d’universalité ; l’observation de l’évolution du trafic Internet au plan national atteste pourtant de cette orientation. La Corée du Sud n’est pas un cas isolé en Asie, bien au contraire, mais le pays a pris de l’avance sur ses voisins pour devenir un nouveau « modèle ». Au-delà de ces traits singuliers, l’expérience coréenne dans l’usage d’Internet constitue un nouvel avatar au plan mondial de la mise en oeuvre de la « révolution informationnelle » entendue comme un processus remodelant à un rythme rapide les fondements matériels de l’ensemble d’une société.

Comment citer ce volume :

Christian Milelli

, La Corée du Sud, nouveau modèle de la « nouvelle économie » ? / Les Études du CERI, N°98, Septembre 2003, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Caroline Dufy

Troc et transactions interentreprises en Russie : vers une normalisation des échanges après la crise du rouble de 1998 ?
N°97
Septembre 2003
Droit, Echanges économiques, Economie politique, Fédération de Russie, Marchés/finances, Multinationales/entreprises, Régulation, Russie, Les études du CERI

Le troc a été un objet saillant du débat public des années 1990 en Russie : il a engagé une réflexion globale sur la nature de l'économie russe et sur l'objectif visé par les réformes économiques. Ces enjeux majeurs ont cristallisé plusieurs lignes de fracture. L'opposition au gouvernement a présenté le troc comme un effet pervers des politiques économiques privilégiant la finance aux dépens de la sphère productive nationale. Pour d'autres, il était à interpréter comme l'héritage d'une industrie soviétique peu compétitive. La crise du rouble d'août 1998 a ouvert la voie à un mouvement inverse de diminution brutale du troc. Contrairement à la phase initiale de croissance, la réduction du troc a suscité peu de commentaires. Pourtant, ces évolutions heurtées fournissent l'occasion de revenir sur la pertinence des interprétations proposées. Par ailleurs, le travail de recontextualisation du troc dans une perspective historique donne des clés pour la compréhension des bouleversements intervenus au cours des années 1990 en Russie. L'indicateur statistique du troc nous servira d'appui pour poser une question centrale : comment interpréter cette baisse rapide du troc après un mouvement long de hausse soutenue ? S'agit-il d'une adaptation des comportements d'échange à de nouvelles conditions économiques, ou est-ce l'effet de normes juridiques plus contraignantes ? Dans ce dernier cas de figure, cette diminution officielle peut-elle masquer des pratiques économiques qui se tournent vers le secteur informel ? Comprendre les échanges en troc implique de ne pas en rester aux seuls faits stylisés. Par nature, la statistique tend à objectiver des phénomènes qui revêtent des facettes multiples. Notre analyse s'inscrit dans une anthropologie des échanges économiques, attentive à restituer la dimension dynamique et subjective que confèrent au troc les pratiques et les discours des acteurs. De ce point de vue, nous mettons en évidence que le troc est le produit d'interactions constantes entre processus juridique, conjoncture économique et contexte socioculturel. La diminution statistique de l'indicateur « troc » apparaît dès lors comme l'un des effets émergés des changements profonds qui marquent le nouvel environnement des entreprises russes.

Comment citer ce volume :

Caroline Dufy

, Troc et transactions interentreprises en Russie : vers une normalisation des échanges après la crise du rouble de 1998 ? / Les Études du CERI, N°97, Septembre 2003, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Sébastien Colin

Le développement des relations frontalières entre la Chine et la Russie
N°96
Juillet 2003
Asie du Nord-Est, Chine, Commerce, Echanges économiques, Fédération de Russie, Frontières, Migrations, Russie, Territoire, Les études du CERI

Depuis la reprise de leurs pourparlers au milieu des années quatre-vingt, les relations entre la Chine et la Russie – qui était encore l'Union soviétique lors de cette relance – sont particulièrement dynamiques. Sur le plan international, les deux pays possèdent en effet plusieurs points de vue qui convergent. Ces préoccupations communes ont abouti à la signature d'un partenariat stratégique en 1997, puis à celle d'un nouveau traité d'amitié en 2001. La complémentarité qui règne entre les deux pays dans les secteurs de l'énergie et de l'armement rend également la coopération dynamique. Cependant, cette alliance n'est pas sans limites. Principalement visés par elle, les Etats-Unis ont largement les moyens de la court-circuiter, comme ils l’ont fait juste après les attentats du 11 septembre 2001. Dans le domaine de la coopération, l'intensité et la structure du commerce entre les deux pays sont également insuffisantes. L'évolution du commerce durant la décennie quatre-vingt-dix a été très irrégulière et marquée par une chute entre 1994 et 1996, dont les causes principales se situent à l'échelle locale, le long de la frontière sino-russe. Après avoir été dynamique entre 1988 et 1993, l'ouverture de la frontière a provoqué l'apparition de nouveaux problèmes comme l'immigration illégale chinoise dans les régions frontalières peu peuplées de la Russie. Si cette dernière a été très mal vécue par les populations locales russes, c'est surtout la question de la rétrocession de certains territoires à la Chine, lors de la démarcation frontalière entre 1993 et 1997, qui a radicalisé les esprits, paralysant la coopération frontalière. Les gouvernements russe et chinois sont intervenus activement pour essayer d'apporter des solutions à la plupart de ces problèmes, comme le montre l'épisode du programme Tumen. Depuis, les différentes autorités des deux pays tentent de relancer la coopération frontalière, mais il subsiste encore un certain nombre de problèmes, principalement d'ordre économique, qui varient selon les régions frontalières.

Comment citer ce volume :

Sébastien Colin

, Le développement des relations frontalières entre la Chine et la Russie / Les Études du CERI, N°96, Juillet 2003, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Frédéric Massé

Les Etats-Unis et l’Europe face au conflit colombien
N°95
Juin 2003
Colombie, Conflits/guerres, États-Unis, Europe occidentale, Politiques de sécurité, Règlement des conflits, Terrorisme, Vie politique/systèmes politiques, Les études du CERI

Le conflit colombien est devenu en l’espace de quelques années un véritable « casse-tête » pour les Etats-Unis comme pour les Européens. Violations massives des droits de l’homme, déplacements forcés de population, trafic de drogue, terrorisme... La Colombie semble désormais incarner tous les problèmes sécuritaires d’aujourd’hui. Avec le lancement du Plan Colombie en 1999, les Etats-Unis ont considérablement renforcé leur aide à ce pays. Aujourd’hui, les Américains soutiennent activement le gouvernement d’Alvaro Uribe dans sa lutte contre les mouvements de guérillas désormais qualifiés de « narcoterroristes » et les rumeurs d’intervention armée reviennent régulièrement à l’ordre du jour. Longtemps restée en marge de la « tragédie colombienne », l’Europe semble quant à elle condamnée à jouer les seconds rôles. L’option militaire représentée par le Plan Colombie avait dégagé un espace politique que les Européens avaient commencé à occuper. Mais avec la rupture des négociations de paix, cet espace s’est rétréci et a peut-être même définitivement disparu. Face aux efforts américains pour monopoliser la gestion du conflit colombien, on voit en effet mal comment l’Union européenne pourrait revenir sur les devants de la scène dans cette région du monde qui reste le pré carré des Etats-Unis. D’autant que l’on n’entend plus guère de voix s’élever pour demander aux Européens de faire contrepoids aux Etats-Unis. Entre concurrence, recherche de complémentarité et incompréhension, le cas colombien est une nouvelle illustration de l’état des relations Europe-Etats-Unis.

Comment citer ce volume :

Frédéric Massé

, Les Etats-Unis et l’Europe face au conflit colombien / Les Études du CERI, N°95, Juin 2003, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Emmanuelle Le Texier

Latino power ? L'accès au politique des Latinos aux Etats-Unis
N°94
Mai 2003
Amérique du Nord, Diasporas, Etat, États-Unis, Identités, Migrations, ONG/société civile, Transnational, Vie politique/systèmes politiques, Les études du CERI

Depuis le début des années quatre-vingt-dix, la visibilité nouvelle des Latinos en politique a fait parler du réveil d'un « géant endormi ». Le changement qualitatif de leur prise de parole politique, qu'il s'agisse des mobilisations contestataires durant les mouvements pour les droits civiques ou de la participation au système électoral, marque un tournant de l'intégration des Hispaniques dans la sphère publique américaine. Avec un nombre croissant d'électeurs, de candidats et d'élus, les Latinos sont sortis de l'ombre. Le rôle de plus en plus influent de groupes d'intérêt panethniques et les nouvelles opportunités de participation politique créées par le développement de stratégies transnationales contribuent à l'élaboration de ce nouveau cadre participatif. Pourtant, leur poids électoral et politique reste en deçà de l'importance démographique, économique, sociale et culturelle de ces quelque 35 millions d'individus qui forment plus de 12 % de la population américaine. Pour la majorité des minorités, les obstacles à l'accès au politique restent importants. Ils sont d'ordre structurel, mais aussi internes au groupe : aux divisions sur enjeux domestiques ou extérieurs, s'ajoutent des fragmentations selon l'origine nationale, le statut ou la génération. La nature singulière de l'immigration en provenance d'Amérique Latine, la continuité des flux migratoires et leur diversité, ravivent en permanence les divergences sur la stratégie de participation des Latinos au débat public. Elles mettent aussi en lumière le caractère fictif, à la fois fonctionnel et dysfonctionnel, de la catégorisation ethnique aux Etats-Unis. Instrument de participation, le carcan ethnique peut aussi s'avérer être un obstacle majeur à l'entrée en politique des minorités.

Comment citer ce volume :

Emmanuelle Le Texier

, Latino power ? L'accès au politique des Latinos aux Etats-Unis / Les Études du CERI, N°94, Mai 2003, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Ivan Crouzel

Les municipalités en Afrique du Sud : une autonomisation à polarisation variable
N°93
Avril 2003
Afrique australe, Afrique du Sud, Etat, Territoire, Vie politique/systèmes politiques, Les études du CERI

En Afrique du Sud, la transition négociée qui vise à la construction d’un ordre politique postapartheid a conduit à une transformation radicale de l’Etat. Un enjeu central de cette refondation était relatif à la forme territoriale du nouvel Etat. Les négociations constitutionnelles se sont traduites par la production d’un système hybride de type fédéral qui consacre un renforcement marqué de la sphère du gouvernement local, notamment pour en faire un contrepoids aux neuf provinces. Dans le même temps, un mode plus fluide de relations intergouvernementales a été introduit avec le principe du « gouvernement coopératif ». En rupture avec le système centralisé de l’apartheid, le gouvernement local est consolidé par un nouveau statut constitutionnel, qui lui garantit notamment une « part équitable » du revenu national. Il permet également la représentation des municipalités au niveau central à travers une organisation nationale du gouvernement local qui participe à différentes structures de relations intergouvernementales. Le nouvel espace d’autonomisation ainsi accordé au gouvernement local se heurte cependant à la pratique centralisatrice des relations intergouvernementales. Dans le contexte sud-africain, le gouvernement coopératif se révèle être un vecteur de consolidation du pouvoir national. Cette logique est également accentuée par la configuration du système de parti sud-africain. La position dominante de l’ANC à tous les échelons de gouvernement a ainsi un impact centralisateur sur la gestion des relations centre-périphérie. Pourtant, cette dynamique résulte en partie d’une centralisation « par défaut » liée à la faiblesse institutionnelle des gouvernements sub-nationaux. L’utilisation par les municipalités de leur nouvel espace constitutionnel dépend donc étroitement des capacités dont elles disposent, traduisant ainsi une dynamique d’autonomisation asymétrique. Faute de ressources propres, les municipalités rurales demeurent fortement dépendantes du gouvernement central. Au contraire, les métropoles parviennent à renforcer leur pouvoir et à se positionner en concurrentes de certaines provinces, devenant des acteurs centraux des relations intergouvernementales.

Comment citer ce volume :

Ivan Crouzel

, Les municipalités en Afrique du Sud : une autonomisation à polarisation variable / Les Études du CERI, N°93, Avril 2003, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Olivier Cattaneo

Comprendre le cycle de négociations commerciales multilatérales de Doha
N°92
Décembre 2002
Acteurs transnationaux, Commerce, Echanges économiques, Marchés/finances, Multilatéralisme, ONG/société civile, Organisations internationales, Les études du CERI

Cette étude se propose de fournir toutes les clés nécessaires à la bonne compréhension du nouveau cycle de négociations commerciales multilatérales lancé par les membres de l’Organisation mondiale du commerce, à Doha, le 14 novembre 2001. Elle présente d'abord les circonstances qui ont entouré et permis le lancement d’un nouveau cycle de négociations. En effet, après l’échec de la conférence ministérielle de Seattle, de sérieux doutes planaient sur la possibilité d’ouvrir de nouvelles négociations commerciales multilatérales. Néanmoins, différents facteurs, tels que l’amélioration des relations transatlantiques, la prise en compte des revendications des pays en développement et de la société civile, une meilleure préparation de la conférence et les événements du 11 septembre ont créé un contexte favorable à Doha. Elle décrit ensuite les caractéristiques et les enjeux du nouveau cycle de négociations. La lecture de la Déclaration de Doha est complexe, y compris pour les négociateurs eux-mêmes, tant ce texte recèle de compromis diplomatiques de dernière heure. L’organisation et les modalités pratiques des négociations sont également confuses et méritent quelques efforts de clarification. Cette étude présente donc, de manière synthétique, d’une part les différents sujets de négociations ainsi que leurs enjeux, et d’autre part l’organisation et les principales échéances des négociations. Elle analyse, enfin, l’état des lieux et les perspectives des négociations, sans entrer dans les détails, ni prédire l’avenir. Alors que les membres de l’OMC sont en cours de négociations, toute conclusion de ce type aurait vocation à être immédiatement dépassée. Néanmoins, cette étude révèle que le contexte qui prévalait à Doha n’existe plus, et que le progrès des négociations se heurte aujourd’hui à de nombreux obstacles, ainsi qu’en témoignent leurs débuts difficiles.

Comment citer ce volume :

Olivier Cattaneo

, Comprendre le cycle de négociations commerciales multilatérales de Doha / Les Études du CERI, N°92, Décembre 2002, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].

Jean-Pierre Pagé

Tableau de bord des pays d'Europe centrale et orientale 2002 (Europe orientale)
N°91
Décembre 2002
Comment citer ce volume :

Jean-Pierre Pagé

, Tableau de bord des pays d'Europe centrale et orientale 2002 (Europe orientale) / Les Études du CERI, N°91, Décembre 2002, [en ligne, www.sciencespo.fr/ceri/fr/papier/etude].