Les dossiers du CERI

Selon le calendrier des évènements mondiaux (échéances électorales, conflits, catastrophes, enjeux stratégiques, signatures d’accords…), les dossiers proposent à un public curieux et déjà informé un éclairage scientifique sur une actualité internationale souvent compliquée à décrypter.

A raison de six numéros par an, chacun centré sur un thème et dirigé par un chercheur du CERI avec des contributions rédigées par des chercheurs ou des doctorants, les dossiers sont publiés sous format électronique en accès libre.

Directeur de la publication :
Alain Dieckhoff, alain.dieckhoff@sciencespo.fr

Responsable de la publication :
Corinne Deloy, corinne.deloy@sciencespo.fr, tél. +33158717068

Contact presse :
Karolina Michel, karolina.michel@sciencespo.fr, tél.+33158717007

ISSN : 2268-0632

02/2013

  • Illustration du dossier"Le mur fiscal" et au-delà:
    le deuxième mandat du président Obama
    sous la direction de Denis Lacorne

    Pour Tocqueville, le point de départ de la démocratie américaine prend place en Nouvelle Angleterre, avec l’arrivée des premiers pèlerins. Ceux-ci, parce qu’ils étaient « tout à la fois d’ardents sectaires et des novateurs exaltés », surent « combiner merveilleusement » deux éléments distincts : « l’esprit de religion et l’esprit de liberté ». Ce récit providentialiste, inventé par les historiens de la Nouvelle Angleterre, repris et élaboré par de grands historiens comme George Bancroft, au XIXe siècle, reste toujours actuel pour les conservateurs américains qui, depuis Reagan, et Bush père et fils, ne cessent de faire référence à la Jérusalem biblique, ou à la “Cité sur la colline” tant vantée par les puritains, à commencer par le plus célèbre d’entre eux, le Gouverneur de la colonie de la Baie du Massachusetts, John Winthrop.

    Légende photo : Le serment de défense de la Constitution. Barack Hussein Obama pose la main sur deux bibles fermées, celle de Lincoln et celle de Martin Luther King.

  • Amandine Barb

  • Audrey Célestine

  • Alix Meyer

12/2012

10/2012

06/2012

04/2012

02/2012

01/2012

11/2011

09/2011

06/2011

05/2011

04/2011

03/2011

  • CyberpolitiqueVers une cyberpolitique internationale
    sous la direction de Christian Lequesne

    La sociologie et la science politique échappent de moins en moins à la question des nouvelles technologies. En particulier, les cyber-technologies sont désormais au coeur de la recherche en sciences sociales, notamment du fait de leur lien solide avec les questions de mobilisations ainsi qu’avec la sécurité. S’il serait faux et naif de déclarer que les révolutions en Tunisie et en Egypte ont eu pour origine la nouvelle solidarité sur internet, il est clair que les réseaux sociaux ont aidé les opposants à s’organiser face aux régimes dictatoriaux. Les cyber-technologies amènent aussi à revisiter les notions de menace et de guerre. Elles constituent de nouveaux défis en matière de sécurité, tant pour les Etats que des acteurs privés dans le monde. Ces Etats et ces entreprises doivent penser aux cyber-technologies non seulement d’une manière positive mais aussi de manière réactive en vue d’échapper à d’éventuelles attaques de cyber-acteurs qui sont diffus par nature. Toutes ces nouvelles dimensions constituent le sujet de ce nouveau Dossier du CERI, dont l’objectif est de rendre explicite ce qu’internet implique à la fois pour les politiques nationales et pour les relations internationales.

  • Yves Gonzales-Quijano

  • Florian Toepfl

  • Heli Tiirmaa-Klaar

01/2011

09/2010

07/2010

06/2010

  • G20Les politiques sociales du gouvernement travailliste 1997-2010 : un bilan mitigé
    sous la direction d' Anne Daguerre

    Au lendemain des élections législatives du 6 mai 2010, comment qualifier le bilan social du gouvernement travailliste resté au pouvoir treize ans, entre 1997 et 2010 ? Le verdict délivré par les électeurs est simple : il aurait pu mieux faire.
    En matière de santé, si la qualité des soins a été améliorée grâce à un investissement massif dans le système national de santé, le fameux National Health Service (NHS), les inégalités en matière d’accès à la santé se sont maintenues. En matière de lutte contre l’exclusion, si la pauvreté enfantine a régressé - on compte 550 000 enfants pauvres de moins entre 1999 et 2009 - quatre millions d’enfants vivent encore au-dessous du seuil de pauvreté. Dans le domaine de l’emploi, si le chômage des jeunes a diminué de manière spectaculaire entre 1997 et 2003, les travaillistes n’ont pas réussi à réduire massivement l’inactivité économique : 2,63 millions de personnes sont titulaires de pensions d’invalidité en 2010, contre 2,7 millions en 1997. Lire la suite...

  • Michael Traynor

  • John Macnicol

04/2010

02/2010

11/2009

09/2009

06/2009

05/2009

06/2008

05/2007

  • La réglementation du lobbying dans l’Union européenne
    sous la direction de Cornelia Woll

    La question de la démocratie est devenue un enjeu central pour les Institutions européennes au regard de l'euroscepticisme parmi les opinions publiques et de la crise constitutionnelle de 2005. Familiariser les citoyens avec la politique de l'Union européenne et lutter contre l'image négative d'une administration accusée d'être élitaire et bureaucratique est l'objectif déclaré de la Commission de José Manuel Barroso qui a pris ses fonctions en 2004. La transparence, la responsabilité des décideurs européens et la communication sont ainsi considérées par les Institutions européennes comme les conditions de leur légitimité. A l'initiative de Siim Kallas, commissaire chargé des affaires administratives, de l'audit et de la lutte anti-fraude, un groupe de travail transversal réunissant les commissaires Margot Wallström, Siim Kallas, Danuta Hübner et Mariann Fischer Boel a proposé une Initiative européenne pour la transparence en 2005 afin de formaliser les règles d'éthiques du système communautaire. Le 3 mai 2006, la Commission a publié le Livre vert sur la transparence pour lancé un débat public sur ces questions.

    Les propositions se concentre sur trois domaines liés au risque de fraude et de corruption dans le système communautaire : (1) l'information disponible sur les bénéficiaires des fonds communautaires comme la politique agricole commune, (2) l'intégrité et les normes éthiques s'appliquant aux législateurs à Bruxelles et (3) le contrôle du lobbying. L'Initiative de transparence représente donc le cadre qui fixera les règles de conduites pour les contacts entre acteurs publics et privés. Ce dossier tracera l'origine de cette initiative et en propose une première évaluation. ... 

  • Cornelia Woll

  • Sabine Saurugger

  • Richard Balme, Didier Chabanet

  • Irina Michalowitz

03/2007

11/2006

09/2006

  • Cinq ans de "Koizumisme" : la mue de la démocratie japonaise
    sous la direction de Jean-Marie Bouissou

    Le 21 septembre, le Parti libéral-démocrate japonais désignera son nouveau président, qui succèdera dans la foulée à Junichiro Koizumi à la tête du gouvernement. Sauf imprévu, les jeux sont faits en faveur de Shinzô Abe (51 ans), l’héritier que le premier ministre s’est choisi.

    Depuis 2001, Koizumi a transformé la vie politique nippone. Il a imposé son leadership aux barons du PLD, renouvelé la base électorale du parti gouvernemental, et fait entrer le Japon dans l’ère de la politique-spectacle. Même s’il a dû accepter nombre de compromis sur son programme de réformes, il a présidé à ce qui semble être la fin de la crise économique. Surfant sur la vague néo-nationaliste, il s’est beaucoup investi pour rehausser la posture internationale de l’Archipel, au prix de tensions très vives avec la Chine et la Corée. Ces tensions seront l’une des premières préoccupations de son successeur, auquel il lègue aussi une dette publique abyssale, une population qui a commencé à diminuer en 2005, une société travaillée par des inégalités croissantes – mais aussi un pays plus confiant en lui-même qu’il n’a jamais été depuis quinze ans.

  • Régine Serra

  • Guibourg Delamotte

  • OCDE

05/2006

  • La déroute des partis de l'opposition en Russie
    sous la direction de Gilles Favarel-Garrigues

    Deux ans après les dernières élections législatives, le « parti du pouvoir », Russie Unie, dévoué au Président Vladimir Poutine, maîtrise le jeu politique. Dominant les institutions fédérales, il s’impose dans les régions ; ses dirigeants se vantent de la croissance permanente de ses effectifs. Russie Unie entend dicter sa vision de l’ensemble de l’offre politique russe en revendiquant le statut de formation centriste, ou de pôle du centre-droit, et en dénonçant l’extrémisme de ses adversaires, toutes étiquettes confondues. Ces derniers semblent aujourd’hui incapables de l'emporter lors des prochaines élections fédérales, en 2007 et 2008. Les forces considérées comme « démocrates » et « libérales » peinent à surmonter leur défaite aux législatives de 2003, qui les a privées de représentation parlementaire au niveau national. Le parti communiste de la Fédération de Russie, principale force d’opposition depuis le début des années 1990, conserve un électorat, mais ne détient presque plus de positions de pouvoir. Quant au parti nationaliste Rodina (La patrie), qui a créé la surprise lors des dernières législatives, il est actuellement en proie à de profondes dissensions. La monopolisation du pouvoir politique produit des effets dévastateurs sur l’ensemble de ces formations : elle incite beaucoup d’opposants à rejoindre les rangs de Russie Unie tout en encourageant l’apparition de courants concurrents. Elle renforce enfin la désaffection des Russes vis-à-vis des partis d’opposition, comme le souligne la réémergence - certes timide - de mouvements sociaux partiellement déconnectés de ces formations.

  • Françoise Daucé

  • Marlène Laruelle

  • Henri Duquenne

  • Karine Clément

03/2006

  • Le Kosovo à la croisée des chemins
    sous la direction de Catherine Perron

    « Le temps est venu de passer à la phase suivante du processus politique »1. Cette petite phrase apparemment anodine de Kofi Annan, est-elle le premier pas vers une reconnaissance internationale de l’indépendance du Kosovo si ardemment souhaitée par la majorité albanaise de la province ? Au terme de près de sept années d’une opération de maintien de la paix menée sous l’égide de l’ONU au titre de la résolution 1244 du Conseil de sécurité, les responsables et experts internationaux en sont effectivement arrivés à la conclusion qu’il était impératif de s’attaquer à la résolution de la question du statut du Kosovo, et le Groupe de contact en charge de l’avenir de la province a laissé entendre à plusieurs reprises ces derniers temps que l’indépendance pourrait bien, en effet, en être l’issue.
    Ce dossier se propose de revenir sur les différents enjeux des négociations entamées les 21 et 22 février dernier à Vienne et d’examiner les positions et stratégies des différents acteurs que sont la communauté internationale et ses représentants, la partie serbe et la partie albanaise.

  • Muhamedin Kullashi

  • Lulzim Peci, Ilir Dugolli, Leon Malazogu

01/2006

  • Constitutionnalisme et pouvoir judiciaire en Chine
    sous la direction de Stéphanie Balme

    La fin du XXème siècle a été marquée par une vague constitutionnaliste dans le monde. Précédant ou succédant, avec un succès très contrasté, une vague de démocratisation, les pays de l’ex-bloc soviétique en particulier ont rapidement abandonné leur conception socialiste du droit. Le mouvement constitutionnaliste de ces jeunes démocraties s’est accompagné de deux autres phénomènes : la constitutionnalisation de la vie politique dans les anciennes démocraties et la promotion de l’Etat de droit par la communauté internationale.
    Engagés dans un travail de recherche de long terme sur les conditions d'émergence de l'Etat de droit à travers la modernisation technique de la puissance publique puis le passage (ou non) au constitutionnalisme et éventuellement à la formation d'une démocratie constitutionnelle, Stéphanie et Balme et Pasquale Pasquino ont organisé, les 12 et 13 décembre 2005, le plus important colloque international tenu en France sur l'évolution du constitutionnalisme et du pouvoir judiciaire dans la Chine d'aujourd'hui. Sujet habituel des vieilles démocraties occidentales, il est, en ce qui concerne la Chine, non seulement précurseur, mais vital...

  • Pasquale Pasquino

  • Hou Meng

11/2005

  • La Turquie interpelle : Islam, démocraties et identités
    sous la direction de Semih Vaner

    La Turquie évoque en nous, pêle-mêle, l’incomparable villemonde, Constantinople-Istanbul que Jean Cocteau comparait à « une vieille main couverte de bagues tendue vers l’Europe », L’Enlèvement au Sérail de Mozart, Bajazet de Racine, Aziyadé de Pierre Loti, les poèmes et les lettres de Nâzım Hikmet écrits durant sa longue détention dans la prison de Bursa, les romans de Yas¸ar Kemal et les films de Yılmaz Güney, les derviches tourneurs, les églises rupestres de la Cappadoce et les plages d’Antalya, Midnight Express, teinté de racisme, les petits restaurants un peu artisanaux de Munich, de Lyon ou de Bruxelles qui proposent la « pizza turque », les performances des sportifs en lutte, en haltérophilie et en football. Plus récemment, on se souvient des assertions géographiques de Valéry Giscard d’Estaing dissimulant mal une réticence culturelle dont le débat français sur la question de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne a révélé l’étendue.
    Les auteurs du présent ouvrage abordent tous ces thèmes, mais ils vont évidemment plus loin. Face à tous ces clichés, on peut se demander si la Turquie ne fait pas exception dans le monde musulman. Si la démocratie représentative est rare dans ce dernier, pour ne pas dire introuvable, la Turquie constitue un cas à part, rarement reconnu à sa juste valeur.

  • Semih Vaner

  • Deniz Akagül

  • Levent Ünsaldi

  • Sylvie Gangloff

11/2004

09/2004

  • Les élections indiennes de 2004
    sous la direction de Christophe Jaffrelot

    Les élections indiennes du printemps dernier resteront dans les annales à plus d'un titre. Elles ont d'abord fait perdre le pouvoir au parti nationaliste hindou, le BJP, que tous les sondages donnaient vainqueur et qui, de fait, connaissait une croissance continue depuis 20 ans. Elles ont ensuite marqué le retour au pouvoir d'un parti du Congrès qui n'en avait jamais été privé aussi longtemps depuis l'indépendance de 1947, puisque pour la première fois le pays a connu une législature complète - 5 ans - d'un régime non-congressiste de 1999 à 2004.
    Mais les 14èmes élections générales ont-elles refermé une longue parenthèse ou ouvrent-elles au contraire une ère nouvelle ? C'est pour mieux saisir la signification et la portée de ce scrutin que nous avons regroupé dans ce dossier des analyses et des données parfois difficilement disponibles en France, notamment lorsqu'elles concernent les Etats de l'Union indienne.
    Cet ensemble n'a pu être réuni qu'en raison de l'aide que nous avons reçue d'amis indiens, qu'il s'agisse de visiteurs - comme Zoya Hasan dont nous publions ici la communication qu'elle a faite au CERI en juin dernier - ou de partenaires institutionnels comme le Centre for the Study of Developing Societies de New Delhi à l'origine d'un remarquable sondage sortie des urnes et The Hindu, un quotidien national où ce sondage a été publié le 20 mai dernier, dont la correspondante à Paris, Vaiju Naravane, est une habituée du 56 rue Jacob et dont le rédacteur en chef, N. Ram a donné une conférence en décembre dernier au CERI. Qu'ils en soient tous vivement remerciés!

  • Zoya Hasan

  • Yogendra Yadav

  • Alistair Mcmillan

  • K.C. Suri

  • Sanjay Kumar, Alistair Mcmillan

  • Suhas Palshikar, Sanjay Kumar

  • Suhas Palshikar with CSDS Team

  • Abhay Datar

  • Haryana CSDS Team with Ashutosh Kumar

05/2004

01/2004

  • Violences et changements politiques en Indonésie
    sous la direction de Romain Bertrand 

    Depuis la démission forcée du président Suharto en mai 1998, l’Indonésie a connu une étonnante et dramatique trajectoire politique. Dans le temps même où progressait la libéralisation du système politique, grâce au retour au multipartisme et au démantèlement des structures répressives d’ancien régime, les situations d’extrême violence se multipliaient : politique de la terre brûlée de l’armée au Timor Est en septembre 1999, émeutes « intercommunautaires » dans le sud de Kalimantan et massacres entre milices se réclamant de communautés religieuses aux Iles Moluques en 1999 et 2000, sale guerre de l’armée indonésienne contre le mouvement séparatiste Aceh Libre au nord de Sumatra, lynchages populaires à Java Centre et Java Est etc. Des milices et des organisations islamistes et néo-fondamentalistes (Milices du Djihad, Front des Défenseurs de l’Islam, Hizb ut-Tahrir) ont tenu le devant de la scène médiatique nationale en tentant, parfois les armes à la main, d’instituer hic et nunc une « société idéale », expurgée du «vice». Au nom de la lutte contre la décadence de l’Indonésie et d’une vision géopolitique marquée au sceau de l’anti-américanisme et de l’antisémitisme, le réseau terroriste de la Jemaah Islamiyah a frappé par deux fois, à Bali en octobre 2002 puis contre l’Hotel Marriott de Jakarta en août 2003. Les élections libres, la genèse d’un espace public parlementaire et la conclusion de pactes entre les élites civiles et militaires sont donc allés de pair avec un regain de tensions politiques en presque chaque point de l’archipel. Autrement dit, violence et démocratie se sont enchevêtrées toujours plus avant. C’est ce paradoxe que tente d’éclairer et d’expliciter le dossier bimestriel consacré par le site du CERI à l’Indonésie.

  • Rémy Madinier

  • Andrée Feillard

11/2003

  • Russie. La stabilisation en trompe-l'oeil du régime poutinien
    sous la direction de Marie Mendras

     La Russie semblait s’être endormie dans une vie politique au ralenti, grâce à un petit mieux économique et à l’absence d’enjeux et de débats publics. Même la campagne électorale ne démarrait pas. On s’accordait à dire que les législatives du 7 décembre n’intéressait pas l’opinion et que la présidentielle de mars prochain était sans suspens : Poutine serait réélu quoiqu’il arrive. Aucun rival sérieux ne se présenterait ; les medias et les bureaux de vote subissent un contrôle suffisamment étroit.
    Le coup de tonnerre a donc frappé dans un ciel apparemment calme. Le 25 octobre, Mikhaïl Khodorkovski, patron de l’empire pétrolier Ioukos, était arrêté de manière très musclée en Sibérie. Près de la moitié des actions de la société étaient saisies. Le 30 octobre, la démission du puissant chef de l’administration présidentielle, Alexandre Volochine, était bien confirmée.
    Pourquoi une telle épreuve de force en période d’élections ? Pourquoi déstabiliser l’équilibre déjà fragile entre le Kremlin et les oligarques, détenteurs d’une bonne partie du patrimoine national et fournisseurs principaux des recettes de l’Etat ?
    Vladimir Poutine, en sa qualité de Président, n’a rien à gagner dans cette crise qui se révèle plus politique que judiciaire ou financière. La question que se posent tous les commentateurs russes est donc de savoir qui avait intérêt à provoquer la confrontation. Quelles personnes, quels groupes, quelles institutions ? Les services de l’ancien KGB ? D’autres serviteurs de l’Etat qui s’enrichiront en dépouillant les actionnaires de Ioukos ? Des financiers et hommes d’affaires? Les multinationales ? Poutine aurait-il tout simplement voulu casser un homme d’affaires qui se mêlait de politique ? Toutes les interprétations se croisent en une trame complexe d’intérêts personnels et corporatistes où le pouvoir politique apparaît autant comme un instrument aux mains de réseaux puissants que comme donneur d’ordres.
    La Russie connaît actuellement sa plus grave crise politique depuis la succession de Boris Eltsine. Même la guerre en Tchétchénie n’a pas provoqué de tels remous. Et il paraît difficile pour le Kremlin de refermer le rideau sur l’affaire Ioukos car elle a des ramifications nombreuses, en Russie et à l’étranger. Les institutions centrales en Russie ne pourront être les arbitres de cette confrontation car elles ne gèrent pas cette crise. Ni les instances législatives, ni le pouvoir judiciaire ne sont assez indépendants pour jouer leur rôle de garde-fou. L’opinion publique n’est pas en état de trancher. Elle se désintéresse de la grande politique. Les partis et mouvements politiques frappent par leur faible audience et leur manque de réaction, surtout en cette période de campagne électorale.
    Ce dossier propose quelques éclairages sur le contexte politique et social en Russie.

  • Nikolaï Petrov

  • Alexander Bim et Kim Iskyan

07/2003

  • La multifonctionnalité de l'agriculture : comment évaluer la demande sociale ?
    sous la direction de Hélène Delorme

     Les articles réunis dans ce dossier sont issus d'exposés présentés à la séance de l'Académie d'Agriculture de France réunie le 6 novembre 2002. Le thème commun qui les fédère est celui de la question pratique et théorique que pose la reconnaissance de la multifonctionnalité de l'agriculture : comment évaluer les demandes sociales que cette notion exprime et résume ?
    Le dossier que nous proposons n'a pas l'ambition d'épuiser un débat qui mobilise les experts de l'OCDE, les délégations nationales à l'OMC ainsi qu'une multitude d'universitaires dans un grand nombre de pays. Plus modestement, il retient une approche sélective qui fournit trois éclairages sur la manière dont une politique se donnant comme objectif la promotion de la multifonctionnalité peut et doit reconnaître les nouvelles demandes sociales adressées à l'agriculture.
    Le premier article, rédigé par Hélène Delorme, analyse les conditions d'émergence de la notion de multifonctionnalité et les principales conceptions qui en sont développées dans l'Union européenne.
    Le second article, signé par Jacques Weber, examine les questions que soulève l'utilisation de la méthode de l'évaluation contingente pour repérer et valoriser la fourniture de biens publics.
    Le troisième article, présenté par Jacques Rémy, étudie l'expérience française des contrats territoriaux d'exploitation qui fournit un bon exemple du potentiel et des limites que présente le recours à la délibération politique pour définir une politique de multifonctionnalité.
    Jean-Marc Boussard enfin présente les conclusions essentielles que l'on peut retenir des trois articles qui précèdent.

  • Hélène Delorme

  • Jacques Weber

  • Jacques Rémy

  • Jean-Marc Boussard

05/2003

03/2003

07/2002

06/2002

  • La coupe du monde dans la vie internationale
    sous la direction de Karoline Postel-Vinay

    A l'échelle locale et nationale comme au niveau international, le football est un phénomène sociologique, économique et politique majeur. Il véhicule une multitude d'enjeux qui, quand il s'agit de la Coupe du Monde, deviennent considérables, à la mesure de l'événement lui-même. Plus encore que les Jeux Olympiques, la Coupe du Monde de football est en effet la manifestation sportive la plus regardée de la planète. En se déroulant en Asie, l'édition 2002 de la Coupe du Monde rappelle combien la modernité occidentale reste la porte principale d'accès à la scène internationale. Le football, comme d'autres sports d'origine européenne (baseball, rugby), a été introduit en Corée et au Japon à la fin du dix-neuvième siècle, en même temps que se sont imposés les codes internationaux occidentaux. Se doter d'une équipe nationale de football aura été, pour ces pays asiatiques, l'un des éléments d'un programme complexe de modernisation : être qualifié pour la Coupe du Monde, et finalement organiser l'événement, en a été la suite logique. Le fait que le Japon et la Corée - rivaux, ennemis et partenaires dans une course à la reconnaissance internationale jamais achevée - ait été co-désignés, une première dans l'histoire de la Coupe, est par ailleurs très significatif. Les deux principales démocraties d'Asie orientale, en étant amenées à coopérer, auront l'occasion de montrer au reste de la région comment dépasser le poids du nationalisme. L'édition 2002 de la Coupe du Monde est donc aussi une excellente illustration de diplomatie par le sport, cette pratique très particulière, mais apparemment incontournable, des relations internationales.

  • Pascal Boniface

  • Brent Choi

  • Brent Choi

05/2002

  • Le phénomène transnational
    sous la direction de Riva Kastoryano

    La transnationalité comme nouvelle approche de la théorie des relations internationales et comme nouveau mode de participation politique occupe une place de plus en plus importante dans les sciences sociales. Liée à la problématique de la globalisation, elle pose la question du croisement des frontières territoriales, culturelles et politiques et conduit à des interrogations sur la permanence des Etats-nations.

    La transnationalité se réfère avant tout à une déterritorialisation du politique et se trouve à l’origine d’une redéfinition de la citoyenneté - extra territoriale - et du nationalisme - à distance - et, de ce fait, redéfinit le lien entre espace et territoire, culture et politique, Etat et nation.
    En prenant comme études de cas les populations musulmanes en France, la diaspora sikh ou encore les Haïtiens aux Etats-Unis et au Canada, les textes présentés dans ce dossier font état de la complexité de la réalité transnationale, de par la relation des acteurs transnationaux aux Etats, aux territoires. La transnationalité y apparait comme un mode d’institutionnalisation de la multiplicité des allégeances. 

  • John R. Bowen

  • Laurent Gayer

  • Micheline Labelle et Franklin Midy

02/2002

  • Libye : un nouvel eldorado
    sous la direction de Luis Martinez

    Depuis trois ans, à en croire le discours officiel des libyens, la Libye change. Sur le plan extérieur : conversion du colonel Kadhafi au pan-africanisme, ouverture aux investissements étrangers - qu'autorise désormais la suspension de l'embargo en avril 1999 -, volonté de rapprochement avec les Etats-Unis. A l'intérieur, le discours de Kadhafi, en janvier 2000, mettant fin au système de la Jamahiriyya a suscité l'attente de réformes politiques, administratives et économiques.
    Pour les Européens, la Libye redevient attractive. Le gouvernement libyen, de son côté, estime à 30 milliards de dollars les investissements nécessaires pour moderniser les infrastructures du pays.

  • Lisa Anderson

  • George Joffe

07/2001

  • La question de Taiwan à l'aune des politiques chinoises de la France et de l'Allemagne
    sous la direction de Françoise Mengin 

    Legs de la guerre civile chinoise, cristallisé par l'extension de la guerre froide à l'Asie, le contentieux sino-taiwanais est redevenu pour la quasi-totalité des chancelleries une question intérieure chinoise lorsqu'elles ont reconnu la souveraineté de la République populaire de Chine sur Taiwan. Parmi les partenaires diplomatiques de Pékin, seuls les Etats-Unis, tout en mettant fin aux relations officielles avec Taipei, se sont en effet engagés en faveur d'un règlement pacifique de la question de Taiwan. En choisissant d'aborder la question de Taiwan par une analyse des politiques chinoises de la France (J.-P. Cabestan et F. Mengin) et de l'Allemagne (G. Schubert), les textes présentés ici entendent mettre l'accent non seulement sur la faiblesse diplomatique de l'île, mais également sur la spécificité du contentieux sino-taiwanais. Ce faisant ils montrent les intérêts contingents avec lesquels toute politique étrangère doit composer, mais aussi l'enchevêtrement de sphères supposées distinctes - l'économique et le politique, le public et le privé, le civil et le militaire, le national et l'international - et, par là même, les effets pervers d'une relation pensée sur le mode strictement marchand. En complément, ce dossier présente quelques "solutions" proposées par des universitaires pour résoudre la question de Taiwan. Un texte de Jean-Pierre Cabestan expose celles de He Baogang - "Chine-Taiwan : l'impérieuse question de la souveraineté : réexamen de l'opposition de Pékin à l'adhésion de Taiwan aux Nations Unies" - et de Jeremy T. Paltiel - "Rugissants détroits : comment faire sortir Taiwan du jeu à somme nulle de la souveraineté" - publiées dans le n° 34, March-April 2001, de China Perspectives (n° 63, janvier-février 2001, pour la version française). On mentionnera également la proposition de trêve faite par Lynn T. White III et les commentaires qu'elle a suggéré à George W. Tsai, Guogang Wu, Lowell Dittmer, Françoise Mengin, Jürgen Domes parus dans le volume XIV (n° 1, 2000) de China Information. Pour un suivi régulier des rapports de force Chine -Taiwan on peut se reporter au site www.taiwansecurity.org

  • Jean-Pierre Cabestan

  • Gunter Schubert

  • Jean-Pierre Cabestan

05/2001

  • La politique agricole commune : une coordination souple des politiques nationales
    sous la direction de Hélène Delorme

    Principale politique économique commune de l'Union européenne (U.E.), qui consomme presque la moitié du budget européen, la politique agricole commune (PAC) est aussi la principale politique identitaire de l'U.E. La gestion de son système de prix et de financement communs est en effet le plus puissant facteur qui contraint les pays membres à régler les problèmes généraux (institutions, financement, monnaie, relations commerciales extérieures) que pose la construction de l'Europe.

    La PAC ne déroge pas pour autant au modèle intergouvernemental qui a inspiré jusqu'ici l'U.E. Certes la Commission joue un rôle déterminant pour la fixation de l'agenda communautaire car elle détient seule le droit de présenter les textes sur la base desquels la PAC est décidée, et elle dispose de l'autonomie nécessaire face aux gouvernements et face aux électorats devant lesquels, n'étant pas élue, elle n'est pas directement responsable. Mais la décision relève du Conseil des Ministres où les représentants des gouvernements décident à l'unanimité, le vote à la majorité qualifiée étant compris comme un aiguillon pour parvenir au compromis et non comme un moyen de contraindre les gouvernements minoritaires. 

    La PAC assure dans ces conditions une coordination souple des politiques nationales pour réguler leur concurrence sur le marché européen et leur ouverture sur les échanges internationaux. Au gré des élargissements, qui ont augmenté l'hétérogénéité structurelle des agricultures associées dans la PAC, ses instruments se sont multipliés pour s'adapter pour s'adapter aux pratiques et aux objectifs des politiques nationales.

    Le dossier commence par rappeler la genèse de la PAC et par évaluer ses perspectives. Il montre ensuite que la PAC s'accommode de l'absence d'une définition unique des agriculteurs et laisse aux politiques nationales la latitude de définir les bénéficiaires des transferts du budget communautaire. Il se poursuit par une analyse de la gouvernance à niveaux multiples sur laquelle repose la PAC qui fait intervenir pour sa formulation et sa gestion l'U.E., les Etats et les régions. Il se termine par une présentation des négociations internationales en cours sur les questions environnementales où l'U.E. peut jouer un rôle éminent du fait de sa structure et de ses pratiques multilatérales.

  • Hélène Delorme

  • Catherine Laurent

  • Daniel Perraud