Séminaire sur les approches postcoloniales (SAP)

Responsables scientifiques : Frédéric Ramel et Mina Kleiche-Dray.
Comité d’organisation : Ayrton Aubry, Pablo Barnier-Khawam,Léonard Colomba-Petteng, Aline Martello (masterante, EHESS), Adèle Maudeux (masterante, PSIA), Louise Perrodin (doctorante, Université Paris-Est/LIPHA, Ater Sciences Po) et Mathieu Quet (chargé de recherche IRD, HDR, Paris V/Ceped).

 
Le premier semestre d’existence du SAP confirme le constat dressé dans sa première présentation : les approches postcoloniales (anti-coloniales, études subalternes, postcoloniales, décoloniales) occupent une place mineure dans l’enseignement et la recherche en sciences sociales en France, alors qu’elles y occupent une place significative dans l’espace international.  Peu de centres de recherche se consacrent à la situation postcoloniale ou à ses manifestations et évolutions contemporaines.

Pourtant, de nombreux doctorant.e.s et chercheur.se.s travaillent sur les questions postcoloniales. La mise en place d’un espace de réflexion, de discussion, d’actualisation des débats et de partage sur cette question s’impose. L’objet de ce séminaire mensuel est de construire un espace pour accueillir des doctorant.e.s, des chercheur.ses, des étudiants de masters qui discutent ces approches scientifiques ainsi que des militants qui en font usage en dehors du milieu académique.

Le format régulier de ce séminaire consiste en une présentation d’un travail de recherche achevé ou en cours, suivie d’une discussion. Nous devenons cette année un séminaire partagé entre le CERI et le CEPED (Centre Population et Développement) de l’Université Paris Descartes et de l’Institut de recherche pour le développement. Grâce aux réflexions menées entre les deux institutions au deuxième semestre de l’année 2018-2019, nous avons défini les axes de recherche ci-dessous.

Axe 1 : Lecture critique de la réception des approches postcoloniales
Cet axe s’attache à l’étude des circulations, réceptions, transformations des approches postcoloniales ainsi qu’aux résistances qu’elles rencontrent dans différents contextes. Il vise à comprendre les causes, les effets et les changements provoqués par les approches postcoloniales tant dans l’espace scientifique que social.

Axe 2 : (Post)colonalisme, impérialisme, et histoire
Bien que le terme “postcolonial” ne renvoie pas seulement à l’après-décolonisation, il reste étroitement lié à l’histoire du fait de son renvoi constant aux périodes marquées par différentes formes de colonisation et l’expansion impériale de la science moderne. Cet axe propose ainsi de réfléchir aux liens entre histoire et approches postcoloniales tant sur le plan empirique que théorique.

Axe 3 : Approches postcoloniales et activités militantes
Le lien entre approches postcoloniales et activités militantes est autant utilisé à charge contre ces approches que pour en louer l’épistémologie située. Cet axe a donc pour objectif d’éclaircir la construction des rapports  entre activité scientifique et militantisme dans les  approches postcoloniale en dialoguant aussi avec ceux qui s’en saisissent pour l’action.

Axe 4 : Approches postcoloniales et SHS
Cet axe vise à penser la place des approches postcoloniales dans le renouvellement des SHS. Dans quelle mesure l’approche critique par la différence qu’elles proposent en critiquant l’universalisme des SHS permet de remettre en cause leurs fondements épistémologiques ? Quelles opérations méthodologiques produisent-elles pour désenclaver l’approche monodisciplinaire et eurocentrée des sciences humaines et sociales ?

Programme

Axe 1 : Lecture critique de la réception des approches postcoloniales
Séance 1
1er octobre, 17h-19h
CEPED, 45 rue des Saint-Pères, Paris 6e

Universalté et décolonialité : comment vraiment ouvrir les sciences sociales ?
Invité : Stéphane Dufoix, professeur des universités en sociologie à l'Université Paris Nanterre, SOPHIAPOL

Séance 2
5 novembre, 17h-19h
CERI, 56 rue Jacob, Paris 6e
La critique (post-coloniale) est-elle eurocentrique? Une sociologie politique internationale de la 'domination occidentale' dans la discipline des Relations internationales
Invitée : Audrey Alejandro, assistant professor à la London School of Economics and Political Science     

Axe 2 : (Post)colonalisme, impérialisme, et histoire

Séance 3
3 décembre, 17h-19h
CEPED, 45 rue des Saint-Pères, Paris 6e, salle J536 bâtiment Jacob
Eurocentrisme et décolonial, le grand malentendu tel que vu par une historienne
Invitée : Catherine Coquery-Vidrovitch, professeure émérite en histoire à l'Université Paris Diderot, CESSMA.

Séance 4
4 février, 17h-19h
CERI, 56 rue Jacob, Paris 6e
L'histoire au prisme de la théorie décoloniale : enjeux et pratiques

Invitée : Lissell Quiroz-Perez, maîtresse de conférences en histoire à l'Université de Rouen, ERIAC.  

Axe 3 : Approches postcoloniales et activités militantes

Séance 5
10 mars, 17h-19h
CEPED, 45 rue des Saint-Pères, Paris 6e, salle J536 bâtiment Jacob
Marxisme et postcolonialisme

Invité : Selim Nadi, ATER à l'Université Lyon 2 et chercheur invité à l'Université d'Oxford. Titre de la séance : « Marxisme et postcolonialisme »

Séance 6
7 avril, 16h-18h
CERI, 56 rue Jacob, Paris 6e
Etudes décoloniales et théologie de la libération

Invité :  Luis Martinez Andrade, post-doctorant invité au sein de la chaire "Global South(s)" et de l'initiative de recherche "Mouvements sociaux à l’âge global" de la Fondation Maison des sciences de l'homme (FMSH)

Axe 4 : Approches postcoloniales et SHS

Séance 7
5 mai, 17h-19h
CEPED, 45 rue des Saint-Pères, Paris 6e, salle J536 bâtiment Jacob
Invité à confirmer 

Séance 8
2 juin, 17h-19h
CERI, 56 rue Jacob, Paris 6e, salle Jean Monnet
Invité à confirmer

Les séances du séminaire ont généralement lieu le premier mardi du mois de 17h à 19h et sont partagées entre le CERI, 56 rue Jacob, Paris 6e et le CEPED, 45 rue des Saints-Pères, Paris 6e.

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