Historique

BatimentLe CERI a été fondé en 1952, sous le nom de Centre d’études de relations internationales, par l’historien de la diplomatie Jean-Baptiste Duroselle et Jean Meyriat, théoricien et praticien des sciences de l’information et de la communication qui a dirigé le centre jusqu’en 1976.
Le changement de nom en Centre d’études et de recherches internationales a été décidé au début du mandat de Guy Hermet (1976-1985), sociologue et politiste, auteur de travaux sur l’Amérique latine et les questions de transition démocratique. Depuis, le CERI a successivement été dirigé par Jean-Luc Domenach, politiste, historien et sinologue (1985-1994), Jean-François Bayart, spécialiste de sociologie historique comparée du politique (1994-2000), Christophe Jaffrelot, politiste, spécialiste de l’Asie du Sud (2000-2008), Christian Lequesne, politiste, européaniste (2009-2013) et, depuis janvier 2014, par Alain Dieckhoff, politiste travaillant sur les questions du nationalisme et les problématiques israëliennes et palestiniennes.

Début 2015, dans le cadre du changement de l'identité visuelle de Sciences Po, le CERI modifie son nom, passant de «Centre d’études et de recherches internationales» à «Centre de Recherches internationales». Accessible à la compréhension de tous, cette nouvelle appellation reflète la spécificité de notre projet scientifique : la recherche sur l’espace mondial à travers la double approche des relations internationales et des aires régionales. Cette évolution nous permet également de réaffirmer plus clairement notre vocation de centre de recherche fondamentale ouvert sur la Cité. Notre acronyme demeure, quant à lui, inchangé.

Associé au CNRS depuis 1967, le CERI est devenu en 2002 une Unité mixte de recherche (UMR) sous la double tutelle de Sciences Po et du CNRS.

 

 Paroles d’anciens directeurs…

Jean Meyriat
Il faut un effort de mémoire pour se représenter maintenant les bien modestes origines de ce qui est devenu un des grands parmi les organismes scientifiques français. Quelques années après la fin de la Seconde Guerre mondiale, à peu près rien n'existait dans notre domaine. Pas d’organisme de recherche spécialisé, pas d'enseignement universitaire, pas de chercheurs «professionnels»... Nous nous proposions de mener simultanément notre effort dans deux directions. L’une devait conduire à une meilleure connaissance des États et des nations. L'autre devait porter sur les relations entre ces acteurs, leurs conflits et les formes de leur coopération. Les deux premières sections à se mettre au travail furent celles de l'URSS et de l'Allemagne. Parallèlement se constituaient quelques groupes dont l'intérêt se portait sur des phénomènes proprement internationaux, comme les organisations internationales ou l'intégration européenne.

Guy Hermet :
C'est en 1976 que le CERI a pris son appellation actuelle de Centre d'études et de recherches internationales. Cette dénomination devait énoncer ses orientations réelles du moment ; orientations partagées dans ces années entre ce que l'on appelait l'analyse des phénomènes politiques internationaux ou transnationaux, et celle des systèmes politiques étrangers. L'obligation d'affecter un sens au E et au R servait à point nommé un calcul encore peu avouable : elle permettait de suggérer que, bien qu'assujettis au devoir prioritaire de s'adonner à une recherche fondamentale guidée par l'unique souci du « progrès de la discipline », les chercheurs pouvaient répondre aussi sans déroger à la « demande sociale ». Et s'agissant de l'appellation du CERI, seul le sigle reste présent à l'esprit ; l'impropriété croissante de l'adjectif international ne gêne personne, quand bien même «gIocal» semblerait maintenant plus approprié avec son double accrochage au global et au local.

Jean-Luc Domenach
Quand, en septembre 1985, j'accédais à la direction du CERI, une transition était déjà engagée. L'évolution internationale donnait de plus en plus manifestement raison à l'orientation intellectuelle qui s'était progressivement dessinée parmi nous dans les années précédentes : si le communisme soviétique s'effondrait, si la texture des relations internationales se transformait, si la mondialisation se déployait, si les crises locales se multipliaient, c'est que notre méthode d'approche était juste. Nous avions eu raison de ne pas nous en tenir à une approche stratégico-diplomatique du monde et de ne pas diviniser l'État, mais de considérer ce qui était au-dessus, en dessous, à côté de lui et dans ses interstices comme des facteurs forts de l'histoire. Et nous avions raison de considérer que le recentrage des études internationales appelait la pratique d'une science politique enrichie par les grandes sciences sociales : histoire, économie, sociologie, anthropologie, linguistique...

Jean-François Bayart
Je me suis attaché à poursuivre quatre objectifs : Ia relance du comparatisme et de l'analyse des relations internationales ; le développement des études européennes et de l'économie politique. Une double alchimie est constitutive de la spécificité du CERI : une réelle ouverture sur l'extérieur, puisque séminaires et colloques accueillaient en permanence des chercheurs étrangers ; la réunion de scientifiques ou d'universitaires avec des représentants de la haute administration, de l’entreprise ou du milieu associatif. L’équilibre s'est fait tout naturellement par le contrepoids de la politique scientifique et par la priorité donnée à l'accès au terrain. Le terrain, voici le maître mot : le CERI parle de ce qu'il y voit, et non de ce qui s'en dit. Les événements du 11 septembre et leurs suites ont confirmé l'ampleur de notre ignorance des sociétés du monde. Contribuer à y remédier est un impératif éthique pour certains, en tout cas politique. L'existence d'une recherche forte est indispensable à la démocratie. En France et bien au-delà, le CERI n'est pas le moindre de ses rouages.

Christophe Jaffrelot
Si rien de ce que nous avons reçu en héritage n’a été remis en cause, qu’avons-nous ajouté au CERI en huit ans ? D’abord des nouvelles recrues : cette politique active de recrutement impliquant tant des membres du CNRS que des chercheurs FNSP a permis de combler des lacunes dans des secteurs prioritaires. L’internationalisation, elle, est passée par la multiplication des partenariats avec de prestigieuses institutions européennes, américaines, asiatiques… et la création d’une seconde collection d’ouvrages en anglais (chez Palgrave, la première étant hébergée par Hurst et Columbia University Press). La panoplie de nos collections illustre bien notre effort pour tenir ensemble recherche scientifique et diffusion de cette recherche. Si je me suis beaucoup impliqué dans le secteur des publications, c’est non seulement parce que le CERI avait déjà une réputation à faire fructifier dans de domaine, mais c’est aussi qu’il me paraissait essentiel d’aider les chercheurs à publier. Un chercheur a vocation à produire une œuvre...