Historique

Le CERI a été fondé au sein de Sciences Po en 1952, sous le nom de Centre d’études des relations internationales, par l’historien de la diplomatie Jean-Baptiste Duroselle et Jean Meyriat, théoricien et praticien des sciences de l’information, qui l’a dirigé jusqu’en 1976. A l’origine de cette création, peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors qu’il n’existait en France ni organisme de recherche spécialisé, ni enseignement universitaire dans le domaine des relations internationales, il y avait la volonté de les développer dans deux directions : la meilleure connaissance des États et des nations étrangères ; l’étude des relations entre ces acteurs, qu’il s’agisse de leurs conflits ou des formes de coopération.
Le changement de nom en Centre d’études et de recherches internationales est intervenu au début du mandat de Guy Hermet (1976-1985), sociologue et politiste, auteur de travaux sur l’Amérique latine et sur la transition démocratique. La nouvelle dénomination était destinée à refléter la montée, dans les préoccupations scientifiques du centre, de l’analyse des systèmes politiques étrangers. Tandis que les recherches sur les relations internationales intégraient de plus en plus l’étude du « transnational » et du « régional », l’étude des « aires culturelles » et la politique comparée ont ainsi amorcé leur essor. Cette transition, synchronique des évolutions de l’espace mondial (fin du bloc soviétique, globalisation, multiplication des crises locales...), s’était poursuivie dans les années 1980 et 1990, alors que le laboratoire était successivement dirigé par Jean-Luc Domenach (politiste, historien et sinologue, 1985-1994) et Jean-François Bayart (spécialiste de sociologie historique comparée du politique, 1994-2000).

C’est également pendant cette période que le CERI, tout en continuant à se définir comme un centre d’étude du politique à l’échelle internationale, a commencé à s’enrichir des apports des autres sciences sociales – histoire, sociologie, anthropologie, économie – tout en élargissant son champ de recherches de l’étude des systèmes politiques à celle des sociétés. La méthode empirique, l’importance des « terrains », confortée par les connaissances linguistiques des chercheurs, sont ainsi devenues une « marque de fabrique » de l’unité, maintenue et consolidée sous les mandats de Christophe Jaffrelot (politiste, spécialiste de l’Asie du Sud, 2000-2008) et de Christian Lequesne (politiste et européaniste, 2009-2013). Cette proximité du terrain reste toujours une caractéristique forte du laboratoire.



Au fil du temps, la variété des approches et des objets étudiés s’est encore accrue, alors même que le laboratoire a augmenté en taille grâce à de nouveaux recrutements. Depuis la fin des années 2000, et encore davantage depuis le début en 2014 du mandat de son directeur actuel, Alain Dieckhoff (politiste travaillant sur les questions du nationalisme et les problématiques israéliennes et palestiniennes), la structuration du CERI en cinq grands axes thématiques de recherche a été affirmée, afin d’inclure dans un même ensemble les spécialistes des relations internationales et transnationales et ceux des études régionales. Durant la même période, tout en consolidant ses équipes travaillant sur le Maghreb et le Moyen-Orient, l’Amérique latine, l’Extrême-Orient et l’Asie du Sud, le centre a développé son potentiel de recherche dans le domaine des études africaines. Il a aussi engagé une dynamique de renouvellement de ses effectifs dans le domaine des relations internationales, qui se poursuit depuis 2012 et qui continuera au-delà de 2017.
Associé au CNRS depuis 1967, le CERI est depuis 2002 une UMR sous la double tutelle de Sciences Po et du CNRS. Début 2015, il a de nouveau modifié son nom, devenant Centre de recherches internationales. Sans modifier l’acronyme, la nouvelle appellation est d’abord le reflet de la conviction que « l’international » largo sensu, ou « l’espace mondial » contemporain, doit être étudié par la double approche des relations internationales/transnationales et celle des études régionales. Elle vise aussi à affirmer encore plus clairement que, bien qu’ouvert sur la Cité et sensible à la demande sociale, le CERI est avant tout un centre de recherche fondamentale.