Julien Meimon

Dans le contexte international mouvementé de la fin des années 1950, la Ve République et ses dirigeants mettent en scène la fin du système colonial, c’est-à-dire de l’ensemble de ses institutions emblématiques : ministre et ministère de la « France d’outre-mer », corps administratifs de fonctionnaires coloniaux, et filière de recrutement (École nationale de la France d’outre-mer) disparaissent au profit d’un nouveau dispositif relativement complexe labellisé « coopération », et dont le ministère éponyme jouera un rôle important jusqu’à la fin du XXe siècle. La naissance de ce nouveau dispositif, résultant de l’éclatement de l’empire colonial, est largement associée à la problématique de l’aide au développement, et repose essentiellement sur des agents formés par les institutions coloniales, en quête de reconversion. C’est ce paradoxe d’une « nouvelle politique » incarnée par des agents imprégnés d’une culture coloniale que nous analyserons ici, en centrant notre regard sur ses modalités pratiques et discursives. On y décèlera l’une des faiblesses initiales de la politique africaine de la France, et l’une des raisons de son effritement progressif jusqu’à aujourd’hui.

David P. Calleo

Quels sont les défis que la fin de la guerre froide pose à l'Union européenne ? Saura-t-elle les relever ? Quels liens lui faudra-t-il conserver avec les Etats-Unis ? Quelles relations devra-t-elle instaurer avec la Russie ?
Les enjeux sont énormes : il ne s'agit de rien moins que de la stabilité et de l'harmonie du monde au prochain siècle. Les défis sont de tous ordres : politiques et de sécurité, économiques, institutionnels. L'auteur les explore et plaide pour une approche débarrassée des idéaux fédéralistes les plus irréalistes. Il se penche ensuite sur les Etats qui joueront les principaux rôles dans l'avenir de l'Europe : à l'intérieur, l'Allemagne et la France, à l'extérieur, la Russie et les Etats-Unis, et tente d'évaluer les chances qu'aura l'Europe de parvenir à se hisser à la hauteur des circonstances.