"Faire l'Europe dans un monde de brutes"

Nathalie Loiseau, ministre des Affaires européennes
  • Nathalie Loiseau ©F. de la Mure/MEAENathalie Loiseau ©F. de la Mure/MEAE

Pour sa rentrée solennelle, L'École des affaires internationales (PSIA) recevait mercredi 5 septembre 2018 Nathalie Loiseau, ministre des Affaires européennes, qui s’est livré à un ardent plaidoyer pour l’avenir de l’Europe avant d’échanger avec les étudiants.

Félicitant les étudiants d’avoir choisi - dans cet ordre - “l’Europe, la France, et l’École d’affaires internationales de Sciences Po”, Nathalie Loiseau n’a minimisé aucune des menaces qui planent sur la construction européenne et sur le multilatéralisme “qui a mauvaise presse”, a-t-elle rappelé en introduction. Il s’agit de “faire l’Europe dans un monde de brutes”, a-t-elle résumé en citant les propos d’Enrico Letta, le doyen de l’École des affaires internationales.

On assiste “partout en Europe” à la montée des populismes, qui ne sont “pas l’apanage des extrêmes”, a précisé la ministre : “nous devons voir que les Européens se vivent aujourd’hui comme des “majorités menacées”, aussi irrationnel que cela puisse paraître". “Irrationnel” autant que “démocratique”, le Brexit consiste d’après elle à “défaire avec intelligence quelque chose en quoi nous croyons”, opération “frustrante” dont l’issue demeure incertaine à ce jour.

"Le projet européen n'est pas une partition écrite d'avance"

“Jamais l'Europe n'a été autant mise au défi, du dehors comme du dedans", a-t-elle résumé. Mais elle reste plus que jamais le meilleur cadre pour façonner au mieux la mondialisation et protéger nos citoyens.” "Médiatiquement, il y a cette volonté de faire croire qu'il y a une Internationale des populismes en Europe alors qu'il y a au moins cinquante nuances de populismes”, a affirmé Nathalie Loiseau, qui a rappelé la force de “l’envie d’Europe” et a exposé sa vision d’une souveraineté européenne destinée “non pas à remplacer la souveraineté nationale mais à la compléter.” Le projet européen [est une] construction qui n’est pas finie, ce n’est pas une partition écrite d’avance, a-t-elle conclu. Ce que je peux vous demander c’est d’en faire votre musique à vous pour que l’Europe de demain vous ressemble."

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