Résumé du projet de thèse de Rébecca Lévy Guillain

Les usages de la catégorie du consentement sexuel au croisement des rapports sociaux

Le consentement sexuel se situe désormais au centre des débats en France et fait l’objet d’abondantes productions discursives.

À partir d’une recherche empirique mêlant entretiens biographiques, analyse de sources écrites diverses et exploitation des grandes enquêtes sur la sexualité, cette thèse tente de caractériser la pluralité des appropriations de la catégorie du consentement sexuel – celles-ci étant notamment traversées par des rapports sociaux d’âge, de genre et de classe.

Après avoir retracé les différents usages qui se sont succédés depuis le début des années 1960 dans l’espace public et après avoir analysé ceux qui circulent aujourd’hui, elle se concentre sur ses usages individuels et socialement situés, c’est-à-dire sur les manières dont les individu.e.s mobilisent la catégorie pour s’exprimer et se prononcer sur leur sexualité. Ce faisant, l’enquête révèle que la catégorie est utilisée a posteriori des rencontres sexuelles de manière réflexive et genrée pour classifier ses expériences. En particulier, elle distingue les expériences vécues comme étant ordinaires, celles vécues comme des violences (expériences jugées non-consenties) et celles qui relèvent de la « zone grise », résultant d’une auto-contrainte (expériences pour lesquelles la question du consentement se pose).

La thèse cherche alors à identifier les mécanismes sociaux qui sous-tendent ce dernier type de rencontres sexuelles et investigue deux facteurs explicatifs : le rapport au désir et le rapport au refus. En mettant au jour la diversité des scénarios d’accès à la sexualité, la thèse montre enfin que la catégorie du consentement peine à caractériser un ensemble de pratiques stabilisé.

Article mis à jour le 03-03-2021
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