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07.01.2026

Naomi Cohen, master & doctorat en économie

POUVEZ-VOUS NOUS PARLER DE VOTRE PARCOURS ACADÉMIQUE ? COMMENT EST NÉ VOTRE INTÉRÊT POUR L'ÉCONOMIE ?

J’ai toujours été attirée par l’économie et les sciences sociales. Au lycée, j’ai choisi le parcours économie et mathématiques, avant de rejoindre l’Université Paris-Dauphine après le baccalauréat. Pourtant, à l’époque, je n’imaginais pas devenir chercheuse en économie : cela me semblait très abstrait, et les mathématiques n’étaient pas ma matière de prédilection à l’Université.

C’est grâce à quelques enseignants que les choses ont changé. Marin Ferry, alors doctorant à Dauphine, m’a transmis sa passion pour la macroéconomie. En troisième année, j’ai choisi la spécialité économie et sciences sociales, où j’ai découvert l’économétrie avec Régis Bourbonnais et élargi mes horizons grâce au cours de sociologie politique de Renaud Dorandeu. Ces enseignements m’ont donné le goût de la recherche.

J’ai ensuite poursuivi en master Économie internationale et développement à Dauphine, où j’ai eu la chance d’être formée par Baptiste Venet et Richard Dutu. Mais à l’époque, le département d’économie de Dauphine était très tourné vers l’économie du développement, tandis que mes intérêts se portaient davantage sur la macroéconomie et les politiques publiques. C’est ce qui m’a conduite à rejoindre l’École de la recherche de Sciences Po, afin d’approfondir ma formation.

QUE VOUS ONT APPORTÉ VOS ANNÉES D’ÉTUDES À L’ÉCOLE DE LA RECHERCHE ? QUELS SOUVENIRS GARDEZ-VOUS DE VOTRE ÉCOLE, DE VOTRE PROMOTION, DE VOS ENSEIGNANT·E·S ?

Mes deux années à l’École de la recherche n’ont pas été de tout repos : elles ont commencé avec la grève de la RATP, puis se sont poursuivies avec un an et demi de cours en ligne suite au COVID. Malgré ces conditions, j’en garde un excellent souvenir. L’esprit d’entraide et de collaboration, notamment à travers les problem sets en groupe, a marqué ces années. Je pense notamment à Mattis Gilbert, avec qui je travaillais sur les exercices d’économétrie au premier semestre de la première année, et qui est maintenant l’un de mes co-auteurs. Beaucoup d’étudiants du master poursuivent aujourd’hui un doctorat, à Sciences Po ou ailleurs, et c’est toujours un plaisir de se retrouver lors de conférences.

Les enseignements, articulés autour des trois grands blocs (économétrie, microéconomie et macroéconomie), m’ont apporté une rigueur et des outils essentiels pour la recherche. Sur le moment, on a parfois l’impression de faire davantage de mathématiques que d’économie, mais avec le recul, on réalise que ces bases sont indispensables pour pouvoir mener n’importe quel projet de recherche par la suite.

QUEL EST L’ENSEIGNANT·E OU L’ENSEIGNEMENT QUI VOUS A LE PLUS MARQUÉ ?

Je citerais d’abord Xavier Ragot, qui enseignait le cours de macroéconomie sur les agents hétérogènes, et Nicolas Coeurdacier, qui proposait un cours d’économie internationale (à l’époque en binôme avec Thierry Mayer). Ces deux cours ont été déterminants pour ma formation et la suite de ma thèse. Je garde également un excellent souvenir du cours de Julia Cagé sur Le Prix de la démocratie, qui m’a initiée à l’économie politique, un domaine que je ne connaissais peu avant Sciences Po.

QUELLES ONT ÉTÉ LES CONTRIBUTIONS DE VOTRE FORMATION DANS VOTRE PARCOURS DE RECHERCHE ?

La formation du master de recherche est particulièrement solide : les trois premiers trimestres sont consacrés à l’acquisition d’outils indispensables à la poursuite d’une thèse. Les cours de macroéconomie, via les modèles néo-keynésiens et la comptabilité nationale, ou encore l’apprentissage des logiciels comme R et Julia me sont encore utiles aujourd’hui.

Le mémoire constitue un moment clé : il permet de se confronter à un véritable projet de recherche, de vérifier son envie de poursuivre en doctorat et souvent de confirmer le choix de son directeur ou directrice de thèse.

POURQUOI AVOIR CHOISI DE POURSUIVRE EN DOCTORAT ?

J’avais déjà cet objectif en tête en intégrant le master de recherche à Sciences Po. Mes stages précédents, à la Banque de France et à la Direction générale du Trésor, sur des thématiques européennes, ont renforcé mon envie de continuer dans le domaine de la recherche, notamment en macroéconomie.

En relisant récemment ma lettre de motivation pour Sciences Po, j’ai constaté que j’y mentionnais la volonté de travailler aux côtés de Xavier Ragot et Nicolas Coeurdacier sur les déséquilibres macroéconomiques. C’est finalement ce que je fais aujourd’hui : Xavier est mon directeur de thèse, Nicolas fait partie de mon comité avec Isabelle Méjean, et mon papier principal porte sur le lien entre inégalités et union des marchés de capitaux dans la zone euro.

SUR QUEL SUJET PORTE VOTRE THÈSE ?

Ma thèse porte sur des questions de macroéconomie et de finance internationale.

L’ensemble de mes projets portent sur l’importance de la prise en compte de l’hétérogénéité sous différents aspects dans la conduite des politiques macroéconomiques, qu’il s’agisse des individus ou des pays. Mon papier principal étudie comment l’intégration des marchés financiers redistribue les risques au sein d’une union monétaire exposée à des chocs asymétriques. À partir de données microéconomiques sur les portefeuilles des ménages et de données macroéconomiques sur les actifs en actions transfrontaliers, je mets en évidence d’importantes disparités de participation financière au sein des pays, ainsi que des asymétries persistantes dans la diversification des portefeuilles entre eux. À l’aide d’un modèle à agents hétérogènes, je montre que l’intégration financière stabilise les agrégats macroéconomiques, mais qu’elle redistribue le bien-être de manière inégale, entre pays comme au sein de chacun d’eux.

VOUS AVEZ REMPORTÉ UNE BOURSE DOCTORALE BANQUE DE FRANCE, POURRIEZ-VOUS NOUS PARLER DE CETTE BOURSE ?

La bourse doctorale Banque de France (10 000 €) constitue un financement complémentaire pour la quatrième année de thèse, en parallèle d’un contrat d’ATER ou d’un postdoctorat. Au-delà du soutien financier, elle offre une véritable intégration à une équipe de recherche : j’ai été affiliée à l’équipe des relations européennes, en lien avec mon travail sur l’union des marchés de capitaux, et j’ai eu l’occasion d’y présenter mes travaux et d’échanger avec de nombreux économistes. Chaque lauréate se voit également attribuer une mentor : j’ai eu la chance d’être accompagnée par Giulia Sestieri, dont les conseils, à la fois professionnels et personnels, m’ont beaucoup apporté.

AURIEZ-VOUS UN CONSEIL À DONNER À UN·E  ÉTUDIANT·E QUI SOUHAITE POURSUIVRE EN DOCTORAT ?

Je recommanderais vivement de saisir toutes les opportunités de mobilité et de présentations possibles. J’ai eu la chance d’effectuer des stages au Fonds monétaire international, à la Banque centrale européenne, à la Réserve fédérale de St. Louis, et de passer quelques mois à l’Université de Chicago.

Sciences Po offre de nombreuses possibilités de partenariats et de financement pour ces séjours, mais aussi pour participer à des conférences à l’étranger. Ces séjours et conférences sont essentiels : ils permettent non seulement de présenter ses travaux dans un cadre international, mais aussi de prendre confiance en sa recherche et de se sentir pleinement partie prenante de la communauté scientifique.

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