Très bel été à toutes et à tous !...

Fermeture des services
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L'École de la recherche fermera ses portes du 26 juillet au 23 août 2021 pour les vacances.

La bibliothèque fermera ses portes du lundi 26 juillet au dimanche 15 août 2021 inclus.

Du 16 au 23 août, la bibliothèque du 25SG sera ouverte de 9h30 à 18h.
A partir du 23 août, les bibliothèques du 25SG, du 30SG et du 199BSG seront ouvertes de 9h30 à 18h.
Tous les inscrits à la bibliothèque peuvent bénéficier d'un prêt de longue durée pendant les vacances. A partir du 9 juillet vous pourrez emprunter des documents jusqu'au 30 août.

Le service reprographie sera fermé du lundi 2 au lundi 23 août 2021.

Toute l'équipe de l'École de la recherche vous souhaite un très bel été et vous donne rendez-vous à la rentrée...
et continuez à prendre soin de vous et de vos proches...
 
 
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Rentrée solennelle de l'École de la recherche

Jeudi 26 août 2021 à partir de 14h - En présentiel
  • Actualité Sciences PoActualité Sciences Po

En présence de Bénédicte Durand, Administratrice provisoire de Sciences PoGuillaume Plantin, Directeur scientifique, Pierre François, Doyen de l’École de la recherche, les Directeurs et Directrices d'études ainsi que toute l'équipe de l'École de la recherche.

 
Toute l'équipe de l'École de la recherche se réjouit
de vous accueillir et vous rencontrer !  
 
Date : Jeudi 26 août 2021 à partir de 14h00
Lieu : Amphithéâtre Jacques Chapsal, 27 rue Saint-Guillaume – 75007 Paris.  

Réunions des nouveaux étudiantes, étudiants de masters 

Ce premier échange sera suivi, immédiatement après la rentrée solennelle, d'une réunion spécifique à votre master, organisée par votre Directeur d'étude. 
 
De 16h00 à 17h30 : 
 
  • Economie (Prof. Sergei Guriev) : Salle 15 (27 rue Saint-Guillaume)
  • Histoire (Prof. Mario Del Pero) : Salle 13 (27 rue Saint-Guillaume)
  • Sociologie (Prof. Ettore Recchi) : Salle 21 (27 rue Saint-Guillaume)
  • Science politique (Prof. Colin Hay)  (La salle vous sera communiquée ultérieurement)

Réunion des nouvelles doctorantes, nouveaux doctorants : 

De 16h15 à 17h45 :
 
  • Réunion animée par le Doyen, Pierre François - Salle de réunion de l'École de la recherche (3ème étage, 199 boulevard Saint-Germain)


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Cérémonie du diplôme de l'École de la recherche

Promo 2021 | Retrouvez la vidéo en replay
  • Pierre François accueille Nonna Mayer, notre invitée d'honneurPierre François accueille Nonna Mayer, notre invitée d'honneur

La remise des diplômes des étudiant-e-s de l’École de la recherche s’est tenue le vendredi 26 juin 2021.

Nous tenons encore une fois à féliciter tous nos étudiant-e-s diplômé-e-s et leur souhaitons plein succès.

Nous remercions également très chaleureusement notre invitée d’honneur, Nonna Mayer, directrice de recherche émérite au CNRS/ Centre d’études européennes et de politique comparée.

Merci également à nos deux diplômés d'honneur, Naomi Cohen et Andrew Zola pour leur merveilleux discours.

Enfin, merci à tous ceux qui ont contribué à l'organisation et au succès de cet événement.

=> Retrouvez l'intégralité de la cérémonie

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Pauline Poupart

reçoit le Prix de thèse en Relations internationales et sciences politiques
financé par le Centre d'analyse, de prévision et de stratégie (CAPS), Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères
  • Pauline Poupart,Prix de thèse en Relations internationales & sciences politiquesPauline Poupart,Prix de thèse en Relations internationales & sciences politiques

pour sa thèse « Médiations en puissance au Sahara-Sahel : Le rôle de l’Algérie et de la Libye dans la gestion de conflits au Nord du Mali et au Nord du Niger (2006-2018) », soutenue en 2019 et menée sous la direction de Bertrand Badie, Professeur à Sciences Po.

Nous lui adressons toutes nos félicitations.

Pauline est actuellement Chercheuse Sahel au sein du département  "Conflit, Paix et Sécurité" pour le Stockholm International Peace Research Institute (Sipri) .

 

[ Juillet 2021 ]

Hugo Carlier

reçoit le prix "Ithaque-Marquet" du mémoire d'histoire économique 2020
  • Hugo Carlier, Prix Ithaque-Marquet 2020Hugo Carlier, Prix Ithaque-Marquet 2020

pour son mémoire de master « Négocier la souveraineté monétaire sous la Troisième République. La monnaie métallique dans l'empire colonial français (1879-1939) » préparé sous la direction d'Alain Chatriot, professeur des universités à Sciences Po (CHSP). 

Nous lui adressons toutes nos félicitations.

Diplômé du master d’histoire en 2020, Hugo prépare actuellement l'agrégation d'histoire, et envisage de poursuivre une thèse sur sur la place des savoirs monétaires dans la pratique du pouvoir colonial et la définition de la souveraineté monétaire. 

Le prix Ithaque-Marquet récompense le lauréat par la publication du mémoire aux éditions Ithaka. Le livre est paru le 7 juin dernier, sous le titre :

La souveraineté monétaire dans l'empire colonial français 1879-1939

Au delà d'une domination monétaire coloniale, l’ouvrage montre une relation politique, administrative, et financière conflictuelle entre Paris et les administrateurs coloniaux. A travers l'enjeu de la répartition des bénéfices budgétaires qu'elle procure, la monnaie donne à voir une souveraineté métropolitaine confrontée à celle territoires de l'empire comme la Tunisie, où la souveraineté monétaire du Bey est protégée. L'iconographie monétaire républicaine apparait alors au second plan des préoccupations des acteurs, qui élaborent progressivement les critères budgétaires de la souveraineté. Des monnaies comme les piastres d'Indochine, les bons de caisse des Antilles et de la Réunion, ou encore les francs du Togo, du Cameroun et de Tunisie, sont à la fois témoins et objets d'une souveraineté disputée à l'intérieur de l'Etat colonial. 
  

 


______________________________________________

Le prix "Ithaque-Marquet" du Master d'Histoire économique récompense un travail original d'histoire moderne ou contemporaine sur une période postérieure au xviiie siècle. Le prix valorise le travail d'un étudiant de master rédigé en langue française, fondé sur l'exploitation originale, raisonnée, et justifiée de sources primaires -archives manuscrites, sources statistiques, orales, iconographiques ou électroniques. Le jury attend du lauréat des qualités d’érudition, une capacité à formuler une problématique et à traiter un thème large. Le prix récompense le lauréat par la publication de son mémoire aux éditions Ithaka. 

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[ Juin 2021 ]

Eva Davoine

Diplômée du Master en Économie poursuit ses études en doctorat à l’Université de Berkeley
  • Eva Davoine, diplômée du Master en ÉconomieEva Davoine, diplômée du Master en Économie

Eva Davoine, diplômée du Master en Économie de Sciences Po a consacré son mémoire de recherche à la crise des Gilets Jaunes sous la direction des professeurs Yann Algan et Benjamin Marx et travaillé comme assistante de recherche pour un économiste du groupe de recherche de la Banque mondiale.

Pourquoi l'économie ? Pourquoi un doctorat ? Pourquoi à Berkeley ? Comment a-t-elle choisi son sujet de thèse ? Quels conseils souhaite-t-elle donner aux futurs doctorants ?

Eva a eu la gentillesse de répondre à quelques questions, nous la remercions chaleureusement pour sa contribution.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à vous engager dans un Master en économie à Sciences Po ?

J'ai suivi un cursus scientifique au lycée et j'ai donc découvert l'économie pendant mes études au Collège Universitaire de Sciences Po. J'ai trouvé cette discipline fascinante. J'ai particulièrement apprécié le cours " Macroéconomie appliquée : Politiques économiques dans les pays émergents " qui m'a donné envie d'étudier en profondeur l'économie des pays en voie de développement. J'ai donc suivi tous les cours d'économie que je pouvais et me suis spécialisée en économie pendant ma troisième année à l'étranger, en Californie. J'ai découvert que l'économie était enseignée très différemment aux Etats-Unis, de manière plus appliquée, ce qui a renforcé mon envie d'approfondir cette discipline. C'est donc tout naturellement que j'ai décidé de poursuivre ma formation en économie et je me suis engagée dans un Master en économie à l’École de la recherche de Sciences Po.

Comment avez-vous choisi le sujet de votre mémoire de master ?

En décembre 2018, lorsque j'ai dû faire ce choix, la crise des Gilets Jaunes venait de commencer. À l'époque, je travaillais avec le Pr. Yann Algan. J’étudiais le déclin de la confiance et son impact sur la montée du populisme en France et en Europe. Le mouvement de révolte inédit des Gilets Jaunes a donc naturellement suscité mon intérêt et j'ai voulu en comprendre les raisons. Travailler sur une question brûlante m'a fait prendre conscience que la recherche peut réellement influencer les politiques publiques. Après avoir présenté mon mémoire de master, j'ai eu l'occasion de poursuivre mes recherches au Conseil d'analyse économique (CAE) et j'ai participé à la rédaction d'une note adressée au Premier ministre dans laquelle nous présentions des recommandations pour résoudre la crise.

Vous venez de passer deux ans à travailler au sein du Groupe de la Banque mondiale. Pouvez-vous nous parler de cette expérience, notamment dans ce contexte particulier de crise sanitaire ?

J'ai adoré ! Je travaillais en tant qu'assistante de recherche pour un économiste du groupe de recherche de la Banque mondiale. J'ai contribué à la rédaction de plusieurs articles universitaires. Cette expérience a été très enrichissante, même dans le contexte de crise sanitaire. Je me considère très chanceuse car j'ai eu la possibilité de passer une année complète à Washington DC et de continuer à travailler depuis chez moi à Paris, près de mes amis et de ma famille. De plus, j'ai trouvé très intéressant de travailler dans une telle institution pendant cette période. J'ai été témoin des actions menées par la Banque mondiale pour lutter contre les dommages causés par la pandémie, notamment en veillant à ce que les vaccins soient également distribués par le monde, quel que soit le niveau de développement.

Quand avez-vous décidé de vous engager dans un doctorat ? Pourquoi avez-vous choisi l'université de Berkeley ?

J'ai fait une année de césure entre les deux années de mon master à Sciences Po et j'ai travaillé à la fois avec des chercheurs à la Banque mondiale et sur des missions opérationnelles à ONU Femmes au Maroc. Avec cette expérience, j’ai compris que j'étais davantage intéressée par la compréhension et l'analyse du monde en développement que par la mise en œuvre de programmes et de projets dans ces pays. La décision de m'engager dans un doctorat s'est donc imposée naturellement, car j'avais hâte de consacrer du temps à mes propres projets de recherche pour approfondir des questions que j'avais étudiées à la Banque mondiale. J'ai choisi de le faire aux États-Unis, à UC Berkeley, en raison des conditions et des ressources exceptionnelles qu'offre cette université. Pourtant, il n'a pas été facile de décider de déménager si loin de chez moi pour les cinq ou six prochaines années.

Quelle carrière envisagez-vous après le doctorat ?

J'aimerais devenir professeur universitaire pour continuer à faire de la recherche, mais aussi pour transmettre ce que j'ai appris et enseigner !

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants qui hésitent à se lancer dans un doctorat ?

Pendant ou après le master, je les encourage à développer leurs expériences professionnelles dans les secteurs académiques et non académiques, exactement comme je l'ai fait pendant mon année de césure. Travailler comme assistant de recherche est un bon moyen de se rendre compte si le monde de la recherche peut les attirer ou non ! Dans tous les cas, c'est une expérience qui leur servira ensuite, surtout s'ils décident de postuler en doctorat.

En savoir plus sur nos programmes en Économie :

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Journée portes ouvertes Masters : 27 novembre 2021

  • Portes ouvertes Masters 2021Portes ouvertes Masters 2021

Quel master de Sciences Po est fait pour vous ? Comment réussir votre admission ? Ne ratez pas la Journée portes ouvertes Masters 2021 ! Une édition entièrement virtuelle pour obtenir les réponses à toutes vos questions.

Ouverte et accessible à tous, notre prochaine Journée portes ouvertes de Sciences Po dédiée aux masters sera organisée entièrement en ligne le 27 novembre 2021 !

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Sociologie | Offre de contrat doctoral

Choix résidentiels et inégalités éducatives. Une comparaison de plusieurs métropoles françaises. Date limite de candidature prolongée jusqu'au 6 juillet 2021
  • Image Ji_Elle (CC BY-SA 4.0)Image Ji_Elle (CC BY-SA 4.0)

Offre de contrat doctoral CNRS, à l'Observatoire sociologique du changement (Sciences Po - OSC) pour une durée de 36 mois à compter du 1er octobre 2021.

Choix résidentiels et inégalités éducatives. Une comparaison de plusieurs métropoles françaises

La thèse est encadrée par Marco Oberti, Professeur des universités en sociologie à Sciences Po.

Temps complet, rémunération de 2135€ brut mensuel.

La forte augmentation des prix de l'immobilier dans les métropoles conduit une partie des classes moyennes à développer des stratégies résidentielles mettant en jeu l'accession à la propriété, le logement locatif privé ou social afin d'accéder à une offre scolaire publique attractive. La thèse contribuera à analyser ces dynamiques qui ont un impact important sur la ségrégation résidentielle et scolaire, et recoupent des dimensions politiques locales.
La cas parisien faisant déjà l'objet d'études, il s'agira d'élargir l'analyse à d'autres grandes villes françaises, afin de mieux saisir les spécificités locales, et ainsi mieux penser l'articulation des politiques du logement et scolaires dans un objectif de lutte contre les inégalités éducatives.

Compétences attendues : méthodes qualitatives (entretiens et analyse textuelle), méthodes quantitatives (R, Stata), connaissances en cartographie (QGIS), anglais oral et écrit, aptitude au travail en équipe.

Pour déposer votre candidature, créez un compte sur le site emploi du CNRS, puis suivez ce lien vers l'offre proposée (bouton "postuler") où les documents à fournir sont indiqués (mémoire de M2, relevé de notes, lettre de motivation et de recommandation). La date limite de réponse a été prolongée jusqu'au 6 juillet 2021 (15 juin 2021).

 

En savoir sur notre programme de Doctorat en Sociologie

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Droit | Semaine Doctorale Intensive (SDI)

10ème édition en ligne, du 14 au 18 Juin 2021
  • Actualité Sciences PoActualité Sciences Po

Initiée en 2011, la Semaine Doctorale Intensive (SDI) est une initiative co-organisée par l’École de droit de Sciences Po et l’École doctorale Droit et Science Politique de l’Université Paris Nanterre.

Pour sa dixième édition, la Semaine Doctorale Intensive se réinvente. Elle aura lieu en ligne sur une de ses 3 chaînes spécifiquement dédiées à l’événement. En plus de ses ateliers et séminaires d’écriture (ID Writing), la SDI 2021 verra la mise en place d’une chaîne entièrement consacrée à la recherche en droit (ID Tube). La SDI offrira également des lieux de rencontre virtuels (ID Loungeoù les jeunes chercheurs et les universitaires du monde entier auront la possibilité de réagir aux émissions diffusées sur la ID Tube et de discuter de leurs projets de recherche respectifs.

ID Tube commencera à diffuser son programme le lundi 14 juin à 12.00 (heure de Paris).

Vous pouvez déjà vous inscrire en ligne afin de recevoir vos liens d’accès. Ceux-ci seront envoyés quelques jours avant le lancement de la chaîne.

Un aperçu des personnalités qui apparaîtront dans les émissions d’ID Tube, est disponible sur la page personnalités.

Découvrir le programme de la chaîne ID tube.

En savoir plus

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Droit | Semaine Doctorale Intensive (SDI)

10ème édition, en ligne, du 14 au 18 Juin 2021

Initiée en 2011, la Semaine Doctorale Intensive (SDI) est une initiative co-organisée par l’École de droit de Sciences Po et l’École doctorale Droit et Science Politique de l’Université Paris Nanterre.

Pour sa dixième édition, la Semaine Doctorale Intensive se réinvente. Elle aura lieu en ligne sur une de ses 3 chaînes spécifiquement dédiées à l’événement. En plus de ses ateliers et séminaires d’écriture (ID Writing), la SDI 2021 verra la mise en place d’une chaîne entièrement consacrée à la recherche en droit (ID Tube). La SDI offrira également des lieux de rencontre virtuels (ID Loungeoù les jeunes chercheurs et les universitaires du monde entier auront la possibilité de réagir aux émissions diffusées sur la ID Tube et de discuter de leurs projets de recherche respectifs.

ID Tube commencera à diffuser son programme le lundi 14 juin à 12.00 (heure de Paris).

Vous pouvez déjà vous inscrire en ligne afin de recevoir vos liens d’accès. Ceux-ci seront envoyés quelques jours avant le lancement de la chaîne.

Un aperçu des personnalités qui apparaîtront dans les émissions d’ID Tube, est disponible sur la page personnalités.

Découvrir le programme de la chaîne ID tube.

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Economics | PhD Day via Zoom - June 11th

  • Paper in a typewriter on which it is written "New Research"Paper in a typewriter on which it is written "New Research"

This year the Department is dedicating June 11th to our PhD students on Zoom, COVID-19 obliged. Our first year students will have the opportunity to present their work for the first time to their peers and faculty members. 

First time presentations can be daunting - save the date and come join us to warmly support our first year PhD Candidates !

  • 10.15–10.45 Leonard LE ROUX : Traditional leaders and local government in South Africa (thesis supervisor: Benjamin Marx
  • 10.45–11.15 Kevin PARRA RAMIREZ : Exchange of information and bank deposits in international financial centres (thesis supervisor: Philippe Martin
  • 11.15–11.30 Break 
  • 11.30–12.00 Nourhan HASHISH : The Egyptian Public Sector Minimum Wage: A Driver for Married Females Labor Force Participation? (thesis supervisor: Sergeï Guriev
  • 12.00–12.30 Mylene FEUILLADE : Within- and Between-City Real Income Disparities (thesis supervisor: Pierre-Philippe Combes)
  • 12.30–13.45 Lunch Break 
  • 13.45–14.15 Juan Sebastian IVARS : Team performance and market competition (thesis supervisor: Jeanne Hagenbach
  • 14.15–14.45 Moritz HENGEL : Hosting Media Bias: Evidence from the Universe of French Television and Radio shows (2002-2020) (thesis supervisor: Julia Cagé
  • 14.45–15.00 Break 
  • 15.00–15.30 Valentin MARCHAL : Is a low-inflation target compatible with degrowth? (thesis supervisor: Stéphane Guibaud
  • 15.30–16.00 Clemens GRAF VON LUECKNER : Decrypting Hidden Capital Flows (thesis supervisor: Stéphane Guibaud)

When ? Friday, JUNE 11th, 2021 - 10:15 AM to 4 PM
Where ? Join on Zoom (link to follow)
For students whose internet connection is not optimal, they may present their work in Room H 405 (28, rue des Saints Pères)

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Deux ans de détention pour Fariba Adelkhah

  • #FreeFariba - 2 ans de privation de liberté pour Fariba#FreeFariba - 2 ans de privation de liberté pour Fariba
Rendez-vous samedi 5 juin. A 11h45, la Mairie de Paris procédera à l'accrochage de la photo de Fariba sur la façade de la Mairie de Paris Centre, 2 rue Eugène Spuller.
Venez y assister pour manifester publiquement votre soutien à Fariba !

En défense de la liberté de recherche, par Alain Dieckhoff, directeur du CERI

Difficile à croire, et pourtant, ce 5 juin, cela fait deux ans que Fariba Adelkhah, directrice de recherche au CERI, a été arrêtée en Iran, en même temps que Roland Marchal, chercheur CNRS au CERI. Ce dernier a été libéré le 20 mars 2020, au terme de tractations diplomatiques longues et complexes, après neuf mois et demi de détention éprouvante. Malheureusement, Fariba demeure retenue contre son gré. Certes, son sort s’est quelque peu amélioré puisqu’elle a été, en octobre 2020, assignée à résidence à son domicile, mais elle ne bénéficie pas de ce droit élémentaire qu’est la liberté d’aller et de venir, de la liberté, donc, de quitter l’Iran. Elle reste condamnée à cinq ans de prison pour « collusion en vue d'attenter à la sûreté nationale », une condamnation révoltante contre laquelle la communauté universitaire de Sciences Po, mais aussi ailleurs, en France comme à l’étranger, continuera de se dresser farouchement. 

Le sort de Fariba, aussi douloureux soit-il pour nous, a suscité une ample et bienvenue réflexion sur la liberté de recherche, et plus largement la liberté académique. D’ordinaire, quand tout va bien, nous ne nous interrogeons, nous chercheurs, qu’accessoirement sur notre métier. Une crise majeure, comme la détention prolongée de notre collègue, met brutalement en lumière le fait que la liberté de mener des recherches que nous pouvons tenir légitimement comme acquise, ne l’est pas. Sans doute, comme beaucoup d’entre nous travaillons sur des terrains difficiles, entre régimes autoritaires et situations de conflit, nous savons bien qu’il convient d’allier la prudence à la ruse, la souplesse à la détermination, pour mener à bien nos enquêtes et conduire nos entretiens. Mais une chose est de disposer de ce savoir abstraitement, une toute autre chose est d’éprouver, concrètement, la fragilité réelle de notre condition de chercheur sur certains terrains. La difficulté de la situation dans laquelle nous nous trouvons est réelle : il nous faut poursuivre notre travail d’élucidation du social, y compris sur des terrains compliqués, tout en sachant que nous pouvons nous retrouver injustement en posture d’accusés. 

Cette réflexion sur soi nous a aussi montré que les obstacles à la liberté de recherche ne sont pas l’apanage de régimes dictatoriaux. Certes, ils se posent en des termes heureusement très différents dans les sociétés ouvertes. La liberté d’expression qui y est garantie offre une protection forte aux chercheurs, mais elle ne règle pas tout. Dans les Etats démocratiques, les obstacles surgissent particulièrement dès lors que l’on travaille sur certaines questions sensibles (affaires militaires, maintien de l’ordre, politiques migratoires…). Un obstacle récurrent est alors l’accès à l’information primaire, qu’elle passe par la difficulté à établir des échanges avec certains acteurs institutionnels (armée, diplomatie…) ou l’impossibilité d’accéder à certaines archives. Il est compréhensible que, même dans un Etat démocratique, la transparence ne puisse être absolue, mais tout est une question d’équilibre : la protection de l’intérêt de la puissance publique ne doit pas servir d’excuse pour empêcher des recherches qui pourraient révéler une « part d’ombre ». 

Plus que jamais nous réclamons haut et fort : Liberté pour Fariba ! Liberté pour la recherche !


Lire le texte de Philippe Testard-Vaillant, Fariba Adelkhah, un combat pour la libertéCNRS Le Journal, 2 juin 2021

Regarder la vidéo 2 ans de privation de liberté pour Fariba

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Alexandre Senegacnik

Docteur en droit, reçoit une mention spéciale du Jury du Prix Suzanne Bastid
  •  Alexandre Senegacnik, mention spéciale du Jury du Prix Suzanne Bastid Alexandre Senegacnik, mention spéciale du Jury du Prix Suzanne Bastid

Le Jury du Prix Suzanne Bastid de la Société française pour le droit international a décerné une mention spéciale à Alexandre Senegacnik pour sa thèse de doctorat intitulée "La critique de l’interprétation des traités de protection des investissements étrangers : la volte-face de l’Arlequin", dirigée par les professeurs Diego P. Fernández Arroyo et Emmanuel Gaillard, soutenue à l’École de droit de Sciences Po en décembre 2019.

Nous lui adressons toutes nos félicitations.

Alexandre a poursuivi ses recherches doctorales en tant que chercheur invité à la Columbia Law School à New York (États-Unis) l’Institut Max-Planck de droit public et international comparé à Heidelberg (Allemagne) la faculté de droit de l’Université de Kyoto (Japon) ainsi qu’à la faculté de droit de la National University of Singapore (Singapour) et à l’Institut Max Planck de droit procédural réglementaire international et européen (Luxembourg).

_____________________________________

Prix Suzanne Bastid :  Le Prix de la Société française pour le droit international, créé en 1992, a reçu en 1995 le nom de "Prix Suzanne-Bastid", en hommage à la Professeure Suzanne Bastid, fondatrice de la Société qu’elle a présidée pendant vingt ans, avant d’en devenir présidente d’honneur. La Professeure Suzanne Bastid a donné ses premiers cours en droit international à l’École libre des Sciences Politiques avant de devenir la première enseignante titulaire d’un cours fondamental de l’Institut d’études politiques.

[ Juin 2021 ]

Deux ans de détention pour Fariba Adelkhah

  • #FreeFariba - 2 ans de privation de liberté pour Fariba#FreeFariba - 2 ans de privation de liberté pour Fariba

En défense de la liberté de recherche
par Alain Dieckhoff, directeur du CERI

Difficile à croire, et pourtant, ce 5 juin, cela fait deux ans que Fariba Adelkhah, directrice de recherche au CERI, a été arrêtée en Iran, en même temps que Roland Marchal, chercheur CNRS au CERI. Ce dernier a été libéré le 20 mars 2020, au terme de tractations diplomatiques longues et complexes, après neuf mois et demi de détention éprouvante. Malheureusement, Fariba demeure retenue contre son gré. Certes, son sort s’est quelque peu amélioré puisqu’elle a été, en octobre 2020, assignée à résidence à son domicile, mais elle ne bénéficie pas de ce droit élémentaire qu’est la liberté d’aller et de venir, de la liberté, donc, de quitter l’Iran. Elle reste condamnée à cinq ans de prison pour « collusion en vue d'attenter à la sûreté nationale », une condamnation révoltante contre laquelle la communauté universitaire de Sciences Po, mais aussi ailleurs, en France comme à l’étranger, continuera de se dresser farouchement. 

Le sort de Fariba, aussi douloureux soit-il pour nous, a suscité une ample et bienvenue réflexion sur la liberté de recherche, et plus largement la liberté académique. D’ordinaire, quand tout va bien, nous ne nous interrogeons, nous chercheurs, qu’accessoirement sur notre métier. Une crise majeure, comme la détention prolongée de notre collègue, met brutalement en lumière le fait que la liberté de mener des recherches que nous pouvons tenir légitimement comme acquise, ne l’est pas. Sans doute, comme beaucoup d’entre nous travaillons sur des terrains difficiles, entre régimes autoritaires et situations de conflit, nous savons bien qu’il convient d’allier la prudence à la ruse, la souplesse à la détermination, pour mener à bien nos enquêtes et conduire nos entretiens. Mais une chose est de disposer de ce savoir abstraitement, une toute autre chose est d’éprouver, concrètement, la fragilité réelle de notre condition de chercheur sur certains terrains. La difficulté de la situation dans laquelle nous nous trouvons est réelle : il nous faut poursuivre notre travail d’élucidation du social, y compris sur des terrains compliqués, tout en sachant que nous pouvons nous retrouver injustement en posture d’accusés. 

Cette réflexion sur soi nous a aussi montré que les obstacles à la liberté de recherche ne sont pas l’apanage de régimes dictatoriaux. Certes, ils se posent en des termes heureusement très différents dans les sociétés ouvertes. La liberté d’expression qui y est garantie offre une protection forte aux chercheurs, mais elle ne règle pas tout. Dans les Etats démocratiques, les obstacles surgissent particulièrement dès lors que l’on travaille sur certaines questions sensibles (affaires militaires, maintien de l’ordre, politiques migratoires…). Un obstacle récurrent est alors l’accès à l’information primaire, qu’elle passe par la difficulté à établir des échanges avec certains acteurs institutionnels (armée, diplomatie…) ou l’impossibilité d’accéder à certaines archives. Il est compréhensible que, même dans un Etat démocratique, la transparence ne puisse être absolue, mais tout est une question d’équilibre : la protection de l’intérêt de la puissance publique ne doit pas servir d’excuse pour empêcher des recherches qui pourraient révéler une « part d’ombre ». 

Plus que jamais nous réclamons haut et fort : Liberté pour Fariba ! Liberté pour la recherche !


Lire le texte de Philippe Testard-Vaillant, Fariba Adelkhah, un combat pour la libertéCNRS Le Journal, 2 juin 2021

Regarder la vidéo 2 ans de privation de liberté pour Fariba

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Enquêter sur un terrain « sensible » : ficelles méthodologiques, positionnement et dilemmes

Évènement en ligne / Online Event - 7 et 8 juin 2021
  • ©Jordan Madrid – Unsplash©Jordan Madrid – Unsplash

Colloque organisé en partenariat avec l'Institut de Recherche Stratégique de l'École Militaire (IRSEM) et l'Institut des hautes études en défenses nationale (IHEDN)

Mener une enquête qualitative sur des terrains considérés comme « sensibles » expose le chercheur à des obstacles, risques et périls qu’il importe de penser.

Par terrain « sensible », les contributeurs à ce colloque entendent toute enquête qualitative réalisée sur un objet affecté par des contraintes d’ordre sécuritaire qui infléchissent la démarche de recherche – par des interdictions, par le secret, par des risques de sanction – et imposent l’adoption de stratégies de contournement ou des accommodements spécifiques.
Ce caractère « sensible » se rattache aussi bien au thème de l’investigation, qu’au positionnement du chercheur sur son terrain, ou encore à son intégrité physique, morale et professionnelle, ainsi qu’à celle de ses enquêtés. Il se décline en un large éventail de situations allant de l’enquête au sein d’administrations responsables de la politique étrangère et de défense d’un pays à l’étude de groupuscules extrémistes violents, en passant par l’observation de mouvements sociaux dans des États totalitaires, ou encore de combattants sur un théâtre de guerre…

Cette définition recouvre ainsi des expériences empiriques diverses dont certaines caractéristiques convergent lorsque les chercheurs enquêtent sur le terrain. L’objectif de ce colloque est alors de réunir des chercheurs français et internationaux afin de les faire dialoguer sur le caractère sensible de leur terrain, de dresser des ponts entre leurs approches, et de fournir des clés méthodologiques pour mieux les appréhender.

En présence notamment de : 

  • Alain Dieckhoff, directeur du Centre de recherches internationales de Sciences Po (CERI) / CNRS
  • Roland Marchal, Sciences Po-CERI / CNRS.
  • Dércio Tsandzana, laboratoire Les Afriques dans le Monde – IEP de Bordeaux
  • Emmanuel Al Miah, Centre d’étude sur la sécurité internationale et les coopérations européennes (CESICE)
  • Robert Kluijver, Sciences Po-CERI
  • Mélanie Sadozaï, INALCO

Voir la suite du programme détaillé et s’inscrire

 

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Marleen Marra, Assistant Professor au Département d'économie

Invitée du prochain Facsem, du jeudi 3 juin de 12h30 à 14h00
  • Marleen Marra, Assistant Professor au Département d'économieMarleen Marra, Assistant Professor au Département d'économie

La direction scientifique de Sciences Po vous invite au FacSem de Marleen MarraAssistant Professor au Département d'économie.

Her research agenda: understanding individual and firm incentives in (bidding) markets. Ultimately, to improve their organization and advance public policy.

She specialises in the structural analysis of auction/procurement data, currently working on applications in public transportation, online platforms, and the allocation of airport take-off and landing slots.

Son exposé sera discuté par Sarah Guillou, directrice adjointe du Département de Recherche sur l'Innovation et la Concurrence à l'OFCE.

Séance en ligne
Inscription obligatoire: marina.abelskaiagraziani@sciencespo

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Anaëlle Vergonjeanne

doctorante en science politique, animera le panel "Listen to your earth”, le 26 mai 2021 de 14 h à 17 h 30 (Conférence en ligne)
  • Anaëlle Vergonjeanne, doctorante en science politiqueAnaëlle Vergonjeanne, doctorante en science politique

Anaëlle Vergonjeanne, dialoguera avec la militante du développement durable Kate Yeo lors du premier débat "Listen to your earth" qui ouvrira la conférence “Not only Erasmus – Making ourselves heard in Europe”  le 26 mai 2021 de 14 h à 17 h 30 (Conférence en ligne).

Cet événement numérique est organisé par l’Institut universitaire européen (European University Institute) et fait partie de la série de conférences publiques Tours d’Europe CIVICA qui vise à renforcer la culture scientifique citoyenne et à faciliter un dialogue direct entre les chercheurs en sciences sociales et la société prise dans son acception la plus large. Dans le cadre de ces Tours d’Europe, des chercheurs des universités membres du réseau CIVICA sont invités à présenter au grand public les résultats récents de leurs recherches et leurs questionnements sur des sujets d'actualité. 

En savoir plus et vous inscrire

Not only Erasmus - Making Ourselves Heard in Europe

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Camille Escudé, jeune docteure en science politique

dans un nouvel épisode de Prof : l'Arctique, enjeu transnational
  • Camille Escudé, jeune docteure en science politiqueCamille Escudé, jeune docteure en science politique

Camille Escudé, docteure en science politique, a reçu le premier prix scientifique (ex-aequo) de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) 2021pour sa thèse « Coopération politique et intégration régionale en Arctique (1996-2019) : construction d’une région. Naissance, développement et remise en cause d’un nouvel espace politique régional » soutenue en septembre 2020 et menée sous la direction de Guillaume Devin, Professeur des universités en science politique à Sciences Po.

Ses travaux portent sur les relations internationales dans les régions de l'Arctique, et plus précisément sur la construction de coopération politique régionale depuis la fin de la Guerre froide. Elle est également membre du groupe de recherche "Nordiques/Arctique" du Groupe d'Etudes Géopolitiques (GEG), du GDR Arctique du CNRS, ainsi que du Comité National Français de la Recherche Arctique et Antarctique, et rédactrice pour l’Observatoire de l’Arctique de la DGRIS (2019-2022).

Spécialiste de la gouvernance de l'Arctique, Camille Escudé enseigne à Sciences Po la conférence de méthode « Espace mondial » au Collège universitaire, mais également la sociologie des relations internationales, la science politique, et intervient dans la préparation à l’agrégation.

Prof., c'est la websérie vidéo qui vous fait vivre Sciences Po de l’intérieur. À chaque épisode, nous vous emmenons au cœur des salles de cours, dans cette rencontre entre un « Prof. », une discipline, et ses étudiants. Quel est le secret d'un cours réussi ? Une confrontation des points de vue parfois inattendue, souvent drôle, toujours passionnée. Pour revoir tous les épisodes de la série, rendez-vous sur notre chaîne Youtube.

Photo: Épisode de Prof. avec Camille Escudé

Crédits @Stéphanie Samper / Sciences Po

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Un nouveau mandat pour les opérations de paix onusiennes

Interview de Mathilde Leloup, doublement primée pour sa thèse en science politique
  • Mathilde LeloupMathilde Leloup

Suite à la destruction de biens culturels classés au patrimoine mondial au Mali, en Irak et en Syrie entre 2012 et 2015, de nouveaux instruments ont été mis en place par le Conseil de sécurité de l’ONU. Désormais, ce dernier est en mesure d’accorder aux opérations de paix onusiennes un mandat de protection des biens culturels s’ils sont menacés lors d’un conflit armé. C’est à étudier les causes de ce phénomène dans toute leur complexité que Mathilde Leloup, jeune docteure de Sciences Po, a consacré sa thèse de doctorat « Redéfinir l’humanité par son patrimoine : l’intégration de la protection des sites culturels dans le mandat des opérations de paix onusiennes ». Récompensé par le Prix Dalloz et par le premier Prix scientifique (ex-aequo) de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN), son travail permet de décrypter des enjeux de cette disposition qui vont au-delà des buts affichés.

En analysant l’intégration de la protection des sites culturels dans le mandat des opérations de paix onusiennes, quel était votre objectif ?

Mathilde Leloup : L’idée était de démontrer que le patrimoine culturel, une question sous-étudiée en science politique, constitue une entrée pertinente pour comprendre les tensions actuelles du multilatéralisme.
J’ai souhaité faire de cette thèse un témoignage du caractère exceptionnel de la crise que l’UNESCO a dû affronter entre 2012 et 2015, avec la destruction systématique de sites du patrimoine mondial. À partir de juin 2012, le nord du Mali est occupé par le groupe terroriste Ansar Dine qui détruit les mausolées et les manuscrits de Tombouctou. En réaction, le Conseil de sécurité de l’ONU adopte, le 25 avril 2013, la résolution 2100 qui demande à la nouvelle opération de paix onusienne lancée au Mali (MINUSMA) de « protéger les sites culturels et historiques du pays contre toutes attaques ». En 2015, les sites classés de Mossoul, Hatra (Irak) et Palmyre (Syrie) font à leur tour l’objet de destructions par l’État islamique.

L’exemple de la MINUSMA devient alors le cœur d’un fervent plaidoyer de l’UNESCO pour la systématisation de la protection du patrimoine culturel immobilier (les monuments et les sites archéologiques) par les missions onusiennes. Deux ans plus tard, la résolution 2347 qui érige la MINUSMA en modèle pour les futures opérations de paix est adoptée.

Après un terrain de près d’un an aux sièges de l’UNESCO à Paris et de l’ONU à New York, je suis arrivée à la conclusion suivante : si la protection du patrimoine culturel par la MINUSMA est passée du statut d’événement isolé à celui de symbole international, c’est parce qu’elle donne corps à l’humanité, une notion aussi complexe que séduisante pour les organisations internationales. En droit, l’humanité est traditionnellement pensée à la fois par ce qui la menace — ses ennemis — et par ce qu’elle possède — un patrimoine commun. Ainsi, le fait que des sites du patrimoine mondial aient fait l’objet d’attaques systématiques par des groupes terroristes entre 2012 et 2015 a paradoxalement fait apparaitre leur protection comme un « besoin de l’humanité » et renforcé le rôle de certains acteurs (l’UNESCO entre autres) au sein du multilatéralisme.

Quelles ont été les stratégies mobilisées pour parvenir à cette fin ?

Dans une situation de crise, l’émergence d’un héros est permise par l’identification de coupables et de victimes. Cette hypothèse est née du constat selon lequel la crise de 2012 à 2015, lors de laquelle les sites culturels du patrimoine mondial ont été détruits, s’apparente aux atmosphères de « panique morale » et d’« euphorie morale » analysées et conceptualisées par Matthew Flinders et Matthew Wood(1).

La panique morale conduit à l’émergence d’un « agent social (groupe, communauté, individu) qui est craint par la société du fait de la déviance morale présumée de son comportement »(2). L’euphorie morale mène, pour sa part, à celle d’un « agent social (groupe, communauté, individu) qui est aimé et admiré par la société du fait de la force morale de son comportement»(3). Cette opposition m’a permis de parvenir au triptyque de la criminalisation/héroïsation/victimisation. Ainsi, pour se présenter en « défenseurs de l’humanité », l’UNESCO (mais aussi à une autre échelle sa Directrice générale et certains de ses États membres) ont identifié les coupables des atteintes envers le patrimoine culturel (processus de criminalisation). Parallèlement, ils ont identifié les victimes, c’est-à-dire les populations qui ont vécu la destruction des sites (processus de victimisation). À terme, cela leur a permis d’apparaître comme les héros de cette crise (processus d’héroïsation).

Selon vous, ce procédé sert également des objectifs de politique propres à l’UNESCO….

Oui, en réalité, ce triple processus révèle une instrumentalisation de la notion d’humanité à des fins politiques de la part des défenseurs d’une protection systématique du patrimoine culturel par les opérations de paix. De fait, il leur a offert l’opportunité de se repositionner dans la « hiérarchie du multilatéralisme » tout en recouvrant paradoxalement toutes leurs actions du « voile enchanté de l’apolitisme » décrit par Jacques Lagroye(4). Il a ainsi permis à l’UNESCO, qui souffrait depuis sa création en 1945 d’une absence de mandat opérationnel, d’être reconnue comme un « acteur humanitaire » (au même titre que le PNUD ou l’UNICEF) lors du Sommet mondial sur l’action humanitaire d’Istanbul de 2016.

Il a aussi donné la possibilité à la Directrice générale d’alors, Irina Bokova (2009-2017), d’apparaître comme une candidate crédible à la succession de Ban Ki-moon au poste de Secrétaire générale de l’ONU durant sa campagne de 2016. Enfin, il a facilité l’obtention d’un siège de non-permanent au Conseil de sécurité à certains États, comme l’Italie.

Quels terrains particuliers avez-vous explorés dans le cadre de ce travail ?

Mathilde Leloup : J’ai emprunté trois types d’approches : l’observation participante au sein des organisations internationales, les entretiens semi-directifs et l’analyse archivistique. Pendant sept mois, j’ai mené une observation participante au Secrétariat de l’UNESCO à Paris, en tant que stagiaire au Département de l’information du public puis consultante de l’Office de la Directrice générale. J’ai poursuivi cette observation pendant trois mois comme stagiaire au sein de l’Équipe des affaires civiles de la Division des politiques, de l’évaluation et de la formation du Département des opérations de maintien de la paix de l’ONU à New York. J’ai complété ces observations par 80 entretiens semi-directifs avec des fonctionnaires de l’UNESCO et de l’ONU, travaillant dans les secrétariats et sur le terrain, en particulier au Mali, en Irak et en Syrie. J’ai aussi interviewé les fonctionnaires d’autres organisations telles que l’OTAN et de certaines armées, française et américaine notamment. J’ai enfin procédé à une analyse des fonds archivistiques de l’ONU et de l’UNESCO afin de documenter l’existence d’opérations de paix antérieures à la MINUSMA, qui avaient pris en compte avant elle la protection des sites culturels, celle du Kosovo (MINUK) par exemple.

Sur quoi portent vos travaux actuels ?

Mathilde Leloup : Grâce au partenariat scientifique entre Oxford et Sciences Po, je mène une recherche postdoctorale, sous la supervision de Richard Caplan, au sein du Department of Politics and International Relations d’Oxford. Mon objectif est d’analyser la signification symbolique du patrimoine culturel au sein des conflits asymétriques actuels (Mali, Irak, Syrie). De fait, entre 2012 et 2015, la destruction systématique du patrimoine culturel est devenue partie intégrante de la « communication stratégique » de certains groupes terroristes, qu’il s’agisse d’Ansar Dine au Mali ou de l’État islamique en Irak et en Syrie.

Pour faire face à cette nouvelle stratégie, de nombreuses armées régulières formant les contingents des opérations uni- ou multilatérales (sous commandement de l’OTAN ou de l’ONU) ont pris des initiatives en matière de protection des biens culturels, initiatives qui ont été médiatisées dans le cadre de leur propre « communication stratégique ».
Ma recherche vise à répondre à deux questions essentielles : pourquoi le patrimoine culturel devient-il une composante stratégique de la communication des belligérants dans le contexte de guerres asymétriques ? Sous quelles conditions la valeur symbolique du patrimoine culturel peut-elle représenter un atout stratégique pour les institutions militaires ?
Mon hypothèse est la suivante : le rôle du patrimoine culturel dans les situations de conflit est souvent réduit à celui de cible apolitique, qu’il soit victime de « dommages collatéraux » lorsqu’il s’agit d’armées régulières, ou de « destructions intentionnelles » lorsqu’il est question de groupes terroristes. Or, il s’agit en réalité d’un outil politique de délégitimation de l’adversaire et de légitimation de soi : pour les uns par des actions de protection et pour les autres par des actions de destruction. À l’heure des guerres asymétriques, cette instrumentalisation des sites culturels est d’autant plus prégnante du fait de leur dimension symbolique extrêmement puissante. En d’autres termes, ma recherche vise à penser le rapport des institutions militaires à la dimension culturelle de leurs théâtres d’opérations.

Vous êtes docteure associée au CERI. Avez-vous des projets spécifiques dans le cadre de cette association ?

Mathilde Leloup : Depuis trois ans, je suis co-organisatrice du séminaire mensuel du Groupe de recherche sur l’action multilatérale (GRAM) au CERI avec Guillaume Devin et Sarah Tanke. Ce séminaire transdisciplinaire est ancré dans une perspective sociohistorique et vise à présenter les enjeux contemporains du multilatéralisme, par exemple l’environnement, la mondialisation ou encore la transnationalisation. Il a également pour objectif de favoriser le débat entre universitaires et praticiens issus des organisations internationales, des ambassades et des ONG. En février 2020, le GRAM est devenu un Groupement de recherche (GdR) et j’ai été chargée avec plusieurs collègues de la coordination du projet « Observatoire du multilatéralisme » qui visera à assurer une veille sur les thématiques traitées par les organisations internationales (notamment l’environnement, la culture, etc.). Je piloterai l’axe « multilatéralisme culturel » qui proposera un suivi des questions culturelles dans les organisations internationales, qu’il s’agisse par exemple de la protection du patrimoine culturel dans les situations d’urgence, ou de la contribution des industries culturelles aux objectifs du développement durable.

Propos recueillis par Miriam Perier, CERI

La thèse de Mathilde a été codirigée par Frédéric Ramel (Sciences Po/CERI) et Dacia Viejo-Rose (Université de Cambridge/McDonald Institute). Elle a fait l’objet de plusieurs publications, dont l’article « Heritage protection as stabilization: the emergence of a new “mandated task” for UN Blue Helmet » paru dans la revue International Peacekeeping en mars 2019 et, prochainement, l’article « Négocier l’élargissement de la sécurité à l’ONU : la protection du patrimoine culturel par les opérations de maintien de la paix » qui paraîtra dans la revue Négociations. Après l’obtention du prix des Éditions Dalloz et du premier Prix scientifique (ex-aequo) de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN)sa thèse fera l’objet d’une publication au printemps 2021 chez cet éditeur sous le titre "Défendre l’humanité en protégeant son patrimoine, un nouveau mandat pour les opérations de paix onusiennes.

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Sylvain Parasie

Professeur de sociologie à Sciences Po (médialab), invité du prochain Facsem : Jeudi 20 mai 2021 de 12h30 à 14h00
  • Sylvain Parasie, professeur de sociologie à Sciences Po (médialab)Sylvain Parasie, professeur de sociologie à Sciences Po (médialab)

La direction scientifique de Sciences Po a le plaisir de vous inviter au FacSem du Jeudi 20 mai 2021 de 12h30 à 14h30 au cours duquel : 

Sylvain Parasie, professeur de sociologie à Sciences Po (médialab) présentera ses travaux autour du thème : Quelle éthique journalistique à l’ère computationnelle ? Recherches sociologiques aux États-Unis et en France ?

Les travaux de Sylvain Parasie portent sur la façon dont les technologies numériques transforment les manières de s’informer, de débattre et de s’engager dans l’espace public. Il s’est particulièrement intéressé à la façon dont les données déplacent les manières établies de produire et de consommer l’information journalistique, aux États-Unis et en France. Ses recherches portent également sur les méthodes de l’enquête numérique.

Son exposé sera discuté par Philipp Brandt, Assistant Professor au Centre de sociologie des organisations de Sciences Po.

Ce FacSem est organisé à distance de 12h30 à 14h00.

Inscription obligatoire : marina.abelskaiagraziani@sciencespo.fr

 

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Lire, analyser et utiliser les études comportementales

Cours inter-semestre proposé par Lou SAFRA
Les 26 mai, 2, 9, 16 et 23 juin 2021
  • Lou SAFRA, docteure en sciences cognitives (ENS)Lou SAFRA, docteure en sciences cognitives (ENS)

Pour doctorantes et doctorants, étudiantes et étudiants en Master.
Aucun prérequis exigé

Lou SAFRA est docteure en sciences cognitives (ENS), Maître de conférences en psychologie politique (CEVIPOF), chercheuse associée au Laboratoire de neurosciences cognitives et computationnelles (LNC2)

Objectifs du cours

Les sciences comportementales occupent une place croissante dans le monde de la recherche en sciences sociales au sens large. Et pour cause, ces nouvelles méthodes, issues notamment de la psychologie expérimentale et des neurosciences, en font des outils particulièrement pertinents pour apporter de nouveaux éclairages sur les questions étudiées en sciences humaines. Néanmoins, comme tout champ de recherche, les sciences cognitives et comportementales ont également leurs limites. Aussi est-il important pour les chercheurs en sciences humaines d’acquérir un regard critique éclairé sur les sciences comportementales mais également de pouvoir s’approprier ces méthodes pour leurs propres recherches.

L’objectif de ce séminaire est d’initier les participant·e·s aux méthodes utilisées en sciences comportementales afin de les rendre autonomes dans l’analyse et la mise en place de protocoles expérimentaux en sciences comportementales. Plus précisément, à la fin de ce séminaire, les participant.e.s seront capables d’effectuer une lecture critique d’articles scientifiques issus des sciences comportementales, et de construire leurs propres protocoles de recherche.

Évaluation et crédits

À la suite de chaque séance, un travail personnel en lien avec le sujet de thèse ou de mémoire des étudiant.e.s sera demandé. La participation aux séances et la réalisation des travaux demandés donneront lieu à la validation de 4 crédits.

Structure du cours

Le cours sera structuré pour laisser le plus d’espace possible à la réflexion personnelle. Des séances hebdomadaires de 1h30 auront lieu sur Zoom, combinant présentations théoriques et pratiques, et discussion en groupe. En plus des séances hebdomadaires, une salle Zoom sera ouverte une heure par semaine pour offrir aux participant·e·s un espace d’échange supplémentaire avec l’enseignante.

Afin que les participant·e·s puissent mobiliser le plus rapidement et facilement possible les connaissances acquises lors de ce séminaire, le contenu des séances sera organisé autour de leurs thèmes de recherche (sujet de mémoire ou de thèse).

Séance 1. Présentation des sciences comportementales et des principaux thèmes pertinents pour les sujets de recherche des participant·e·s, discussion sur les liens entre sciences comportementales et recherche en sciences humaines.
Travail personnel: lecture d’un article de sciences comportementales choisi parmi un corpus proposé par l’enseignante.

Séance 2. Discussion autour d’articles de sciences comportementales et de leurs potentiels apports aux sciences humaines, présentation des spécificités de la recherche bibliographique en sciences cognitives.
Travail personnel: recherche et présentation critique d’un article de sciences comportementales en lien avec le sujet de recherche de l’étudiant·e.

Séance 3. Discussion autour des analyses critiques d’articles réalisées par les participant·e·s, présentation des principes généraux de la construction de protocoles expérimentaux en sciences comportementales.
Travail personnel: élaboration d’une question de recherche en lien avec le sujet de recherche de l’étudiant·e pouvant se prêter aux méthodes expérimentales utilisées en sciences comportementales.

Séance 4. Présentation des différentes méthodes utilisées en sciences comportementales et de leurs limites, discussion sur la création d'expériences de sciences comportementales en lien avec le sujet de recherche des participant·e·s.
Travail personnel : élaboration et présentation d’un protocole expérimental de sciences comportementales répondant à la question de recherche trouvée par l’ étudiant·e.

Séance 5. Discussion autour des protocoles expérimentaux proposés par les participant·e·s, discussion générale autour des apports des sciences comportementales à la recherche en sciences humaines. 

=> Pour vous inscrire merci de contacter : katia.dumoulin@sciencespo.fr


Julian Blum

reçoit la Mention spéciale du jury du Prix Dominique Baudis Sciences Po 2021
  • Julian Blum, Mention spéciale du jury du Prix Dominique Baudis Sciences Po 2021Julian Blum, Mention spéciale du jury du Prix Dominique Baudis Sciences Po 2021

pour son documentaire « Une université pour l’Europe centrale ».

Nous lui adressons toutes nos félicitations.

Ce film cherche à comprendre comment l’Université d’Europe centrale est devenue le symbole de ce qui divise cette région et la marque d'un nouvel engagement pour des milliers de jeunes hongrois après que le gouvernement de Viktor Orban se soit attaqué à elle en 2017. Cette vidéo constitue la base d'un documentaire plus long sur lequel Julian Blum, étudiant en master d'histoire, travaille actuellement.

Julian prépare un mémoire de recherche sur le thème « Penser l'innovation sous le premier septennat Mitterrand : le Centre d'Études des Systèmes et Technologies Avancées (1982-1987) » sous la direction d’Alain Chatriot, Professeur des universités à Sciences Po.

=> Voir la vidéo

 

 

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Prix Dominique Baudis : L’association Dominique Baudis se donne pour objet de valoriser la mémoire et le souvenir Dominique Baudis, qui a toujours placé le bien public au centre de son action. Ainsi, elle a décidé de s’associer à son alma mater, Sciences Po, pour organiser le Prix Dominique Baudis récompensant une œuvre audiovisuelle mettant en valeur un engagement pour le bien commun.
En savoir plus

[ Mai 2021 ]

Mathilde Leloup

doublement primée pour sa thèse en science politique
  • Mathilde Leloup, premier prix scientifique (ex-aequo) de l'IHEDNMathilde Leloup, premier prix scientifique (ex-aequo) de l'IHEDN

Après avoir reçu le Prix de thèse Dalloz 2020 en Science politique, Mathilde reçoit le premier prix scientifique (ex-aequo) l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) pour sa thèse « Redéfinir l’humanité par son patrimoine : l’intégration de la protection des sites culturels dans le mandat des opérations de paix onusiennes » soutenue en novembre 2019, menée sous la direction de Frédéric Ramel, Professeur des universités en science politique à Sciences Po et de Dacia Viejo-Rose, Lecturer in Archaeology at University of Cambridge et Director of the Cambridge Heritage Research Center. 

Cette thèse sera publiée sous forme d’ouvrage aux Editions Dalloz le 21 avril 2021.

Nous lui adressons toutes nos félicitations.

Mathilde Leloup est actuellement post-doctorante au sein du Department of Politics and International Relations (DPIR) de l’Université d’Oxford et membre associée du Nuffield College, ainsi que docteure associée au Centre de Recherches Internationales (CERI) à Paris. 
En tant qu’allocataire-monitrice (2014-2017) puis en tant qu’ATER (2017-2019), Mathilde Leloup a enseigné la Science Politique (notamment les Relations Internationales et la Sociologie Politique) à l’IEP de Paris, à l’IEP de Bordeaux et à l’Université Paris-Sud. 
Depuis 2018, elle est co-responsable du séminaire du Groupe de Recherche sur le Multilatéralisme (GRAM) avec Guillaume Devin et Sarah Tanke.
Entre avril et juin 2017, elle a également effectué un séjour de recherche en tant que chercheuse invitée au McDonald Institute for Archaeological Research de l’Université de Cambridge.

Résumé de la thèse : 
À partir de juin 2012, le groupe terroriste Ansar Dine s’empare du nord du Mali. De nombreux sites historiques et culturels sont alors détruits et pillés. Le 25 avril 2013, le Conseil de Sécurité charge la Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali (MINUSMA) par le biais de l’alinéa f) de la résolution 2100 « [d’] aider les autorités de transition maliennes, en tant que de besoin et, si possible, à protéger les sites culturels et historiques du pays contre toutes attaques, en collaboration avec l’UNESCO ». Alors qu’en 2015  l’Etat islamique entame une campagne de destruction systématique des sites du patrimoine mondial irakiens et syriens, la protection du patrimoine culturel par la MINUSMA devient le symbole de la défense de l’humanité face à l’inhumanité, de la civilisation face à la barbarie. Le 24 mars 2017, le Conseil de Sécurité donne à cette première expérience malienne le statut de précédent par l’adoption de la Résolution 2347. En son article 19, le Conseil de Sécurité : « Affirme qu’il peut expressément charger les opérations de maintien de la paix des Nations Unies […] [de] protéger en collaboration avec l’UNESCO le patrimoine culturel contre la destruction, les fouilles illicites, le pillage et la contrebande en période de conflit armé (…) ». Traditionnellement considérée comme une question importante, mais secondaire dans les situations de conflits armés et de crises humanitaires, la protection du patrimoine mondial est donc passée, à cette époque, du domaine « technique » de l’UNESCO à celui, « politique », du Conseil de Sécurité. 
Fondée sur une observation participante (UNESCO, Département des Opérations de Paix de l’ONU), sur des entretiens avec des fonctionnaires onusiens (au siège et sur le terrain) ainsi que sur un travail d’archives, cette thèse visait à démontrer que si l’exemple de la protection du patrimoine culturel par la MINUSMA était passé du statut d’événement isolé à celui de symbole international, c’est parce que certains acteurs (l’UNESCO, sa Directrice Générale, la France et l’Italie) avaient mobilisé la notion d’humanité, une notion aussi complexe que séduisante pour les organisations internationales. Pour donner corps à cette humanité par le biais de son patrimoine commun, ces acteurs ne se sont, selon nous, pas contentés de désigner les coupables des destructions (par un processus de criminalisation), mais également leurs victimes (par un processus de victimisation) ainsi que les défenseurs de l’humanité et de son patrimoine (par un processus d’héroïsation). 
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Les prix scientifiques de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) ont pour but de mettre en valeur la recherche consacrée notamment aux questions de défense, de sécurité, de relations internationales, de politique étrangère, d’armement et économie de défense.
Ils permettent également de favoriser les liens entre l’IHEDN et le monde universitaire.
Créés en 1998, ils récompensent chaque année des chercheurs en master II recherche et en doctorat, dont les travaux, soutenus dans l’année, font progresser les connaissances dans le domaine des sciences humaines et sociales.
Les candidatures sont étudiées par un jury composé d’universitaires et de personnalités qualifiées désignés par le directeur de l’IHEDN. La sélection des lauréats s’effectue d’après les critères indiqués dans le règlement du concours.
En savoir plus

[ Mars 2021 ]

Aux origines de l’assistance sociale : aider et contrôler

Interview de Lola Zappi, jeune docteure en histoire, doublement primée pour sa thèse
  • Actualité Sciences PoActualité Sciences Po

Agrégée d’histoire et jeune docteure de Sciences Po, Lola Zappi a vu sa thèse couronnée par le prix de la Chancellerie et le prix du Comité d’histoire de la sécurité sociale.

Consacrée à la naissance des services sociaux et du travail social dans l’entre-deux-guerres, sa recherche effectue un aller-retour entre une histoire institutionnelle et sociale et des récits individuels.
Fondé sur un corpus de dossiers du Service Social de l’Enfance, agissant pour le compte du tribunal pour enfants, ce travail met à jour les tensions entre la volonté d’aider et celle de contrôler, entre les intentions et les résultats. Enfin, en analysant l’institutionnalisation des services sociaux dans les années 1930, il expose ce que furent les ambitions et les limites de l’État social en construction. Interview.

Pourquoi avoir embrassé un parcours de recherche après votre master en affaires publiques ?

Lola Zappi : Avant de m’engager dans le master de l’École des affaires publiques, j’avais tout d’abord envisagé d’effectuer un master de recherche en histoire. Mais je n’étais pas sure de vouloir embrasser une carrière académique, d’autant que je savais que passer l’agrégation et obtenir un contrat doctoral serait difficile ! J’avais finalement opté pour une solution hybride : un master en affaires publiques doublé d’un parcours en histoire, en remplaçant le stage par un mémoire de recherche.

C’est cette expérience qui m’a convaincue : pour réaliser mon mémoire qui portait sur des militantes féministes au début du 20e siècle, je me suis appuyée sur un corpus de plusieurs centaines de lettres échangées entre elles. C’est ce travail qui m’a fait découvrir et donné le gout des archives : c’était très émouvant d’avoir accès à ces correspondances qui racontaient les temps de lutte, mais aussi les sociabilités entre femmes, la vie quotidienne à Paris au début des années 1900, etc. J’ai réalisé que la discipline historique, plus encore que la sociologie sur laquelle je m’appuie aussi, permet une analyse fine de ces trajectoires de vie : sans modélisation, sans idéaux types, avec un vrai souci de ne pas trahir les sources et de prêter sans cesse attention au contexte. Je crois que l’humilité de cette discipline, le côté “travail de fourmi”, font partie des éléments qui m’ont décidée à poursuivre la recherche.

Vous avez travaillé sur les assistantes sociales et les familles assistées dans l’entre-deux-guerres. Pourquoi ce sujet ?

Lola Zappi : J’ai voulu allier mon intérêt pour les politiques publiques avec une démarche d’histoire sociale, en me demandant comment ces politiques agissent sur les individus. Plus exactement, j’ai voulu comprendre comment avaient émergé les services sociaux dans l’entre-deux-guerres et quelle était la nature de la relation d’assistance liant les travailleuses sociales aux personnes assistées. Ce sujet a pu voir le jour grâce à la découverte d’un corpus d’archives hors du commun : les dossiers d’enquêtes et de suivi du Service Social de l’Enfance, un organisme privé d’assistantes sociales missionné pour prendre en charge les familles déférées devant le Tribunal pour enfants du département de la Seine (qui englobe à l’époque Paris et sa banlieue).
Par la suite, j’ai pu étudier les dossiers d’étudiantes des écoles d’assistantes sociales de l’entre-deux-guerres. Le métier d’assistante sociale apparait pour la première fois à cette époque : j’avais sous les yeux les premières générations de femmes ayant exercé cette profession. J’ai cherché dans ma thèse à tenir dans un même ensemble une histoire de l’institution – qu’est-ce que les services sociaux ? -, et une histoire aux dimensions sociales et humaines, celle des assistantes sociales et des personnes assistées.

Quels sont les points saillants de votre thèse ?

Lola Zappi : Ce que j’y montre est que les services sociaux s’institutionnalisent à une période où l’on cherche à rationaliser l’action sociale tout en luttant contre les « fléaux sociaux », comme la tuberculose, l’alcoolisme, et la pauvreté endémique. La volonté de contrôler le mode de vie des familles de classes populaires exposées à ces risques est importante et la prise en charge des assistantes sociales s’apparente à une forme de tutelle.

Cela n’est d’ailleurs pas sans décontenancer les jeunes femmes qui se tournent vers la profession d’assistante : issues de la bourgeoisie et souvent imprégnées de valeurs chrétiennes, elles cherchent avant tout à être les « amies » des familles populaires avant de se rendre compte que leur métier implique aussi une part de surveillance et de contrôle. Les services sociaux n’ont cependant pas un pouvoir de contrôle absolu et les personnes assistées, y compris dans le domaine très spécifique de la protection judiciaire de la jeunesse, parviennent à conserver une certaine liberté. Dans tous les cas, la relation entre les assistantes sociales des familles qu’elles encadrent est marquée par une distance importante.

Quelles étaient les principales missions de ces assistantes ?

Lola Zappi : Les assistantes du Service Social de l’Enfance sont en quelque sorte, les ancêtres des éducateurs spécialisés. Cela se traduisait par une prise en charge particulièrement coercitive : lorsqu’elles étaient chargées de suivre un enfant, qu’il s’agisse d’un délinquant ou d’un enfant “en danger”, leur première action consistait à les placer en dehors de son foyer familial. Ces placements concernent plus d’un dossier sur deux. Ensuite, leurs actions s’orientaient principalement vers des missions de surveillance morale de l’enfant (contrer l’indiscipline, les mauvaises fréquentations, etc.), mais aussi beaucoup d’orientation professionnelle. L’entre-deux-guerres est une période où la question de l’apprentissage des jeunes était cruciale pour les pouvoirs publics comme pour la philanthropie privée.

Mais cette logique d’investir dans la formation professionnelle des jeunes s’opposait le plus souvent à la volonté des familles : celles qui étaient sous la tutelle du Service Social de l’Enfance étaient des foyers pauvre souhaitant que leur enfant travaille le plus tôt possible afin qu’il contribue au budget familial. Seules quelques familles, soit parce qu’elles étaient plus aisées, soit parce que la charge de l’adolescent au sein du foyer familial était trop lourde, étaient favorables aux placements dans des instituts de formation professionnelle.

Il y avait-il d’autres types d’obstacles qu’il leur fallait surmonter ?

Lola Zappi : Oui, car elles manquaient d’outils juridiques pour imposer leurs décisions, notamment en matière de placement. Ce qu’on observe dans les dossiers, c’est que les familles se conformaient à cette décision pendant les premiers mois, sans doute car le souvenir du tribunal continuait de peser comme une menace symbolique. Mais j’ai constaté qu’en moyenne les placements ne duraient qu’un an et demi ; de nombreux parents finissant par reprendre leurs enfants malgré la désapprobation de l’assistante.
Enfin, l’intrusion des assistantes sociales dans la vie même du foyer familial était ce qu’il y avait de plus mal perçu par les familles. J’ai observé de nombreuses stratégies d’évitement (ne pas être à son domicile le jour de la visite, ne plus donner signe de vie, voire manifester ouvertement son hostilité) pour essayer de conserver une forme d’intimité et d’autonomie.

Vous soulignez aussi des tensions entre les intentions et leurs effets…

Lola Zappi : C’est vrai. On assiste dans l’entre-deux-guerres à une naissance de l’État social très paradoxale : alors que les élites réformatrices souhaitaient mieux intégrer les populations ouvrières à la société. Mais en réalité, leurs actions ont contribué à figer un fossé entre les institutions de prise en charge des classes populaires et ces dernières. Pour autant, cela ne signifie pas que les familles concernées refusaient en bloc l’intervention des services sociaux : elles n’hésitaient pas à mobiliser les ressources financières et matérielles, voire éducatives, qu’ils proposaient. À l’échelle parisienne, j’ai notamment observé l’importance cruciale qu’ont pris les services sociaux dans les années 1930 pour des familles confrontées à la crise économique et au chômage.

Vous êtes désormais docteure en histoire. Quels sont vos projets ?

Lola Zappi : En ce qui concerne mes projets de recherche, je commence un travail sur les services sociaux dans les milieux ruraux au 20e siècle. Je me suis en effet rendu compte avec ma thèse que l’histoire de la protection sociale reste très focalisée sur les villes, voire sur la seule capitale ; nous ignorons tout des figures de la pauvreté en milieu rural et des formes de sa prise en charge. Je souhaite par ce projet mieux mettre en valeur l’histoire des territoires ruraux et mettre à jour qui ont été les laissés-pour-compte de la modernisation économique rurale au 20e siècle.

Propos recueillis par Violette Toye, PRESAGE et repris dans le dernier numéro de Cogito, le magazine de la recherche

Lola Zappi est actuellement postdoctorante au Centre de Recherches de l’Institut de Démographie de l’université Paris 1 (Labex iPOPS), chercheuse associée au Centre d’histoire de Sciences Po (CHSP) et professeure agrégée d’histoire. En savoir plus.

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Camille Escudé

reçoit le premier prix scientifique (ex-aequo) de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) 2021
  • Camille Escudé, premier prix scientifique (ex-aequo) de l'IHEDNCamille Escudé, premier prix scientifique (ex-aequo) de l'IHEDN

pour sa thèse « Coopération politique et intégration régionale en Arctique (1996-2019) : construction d’une région. Naissance, développement et remise en cause d’un nouvel espace politique régional » soutenue en septembre 2020 et menée sous la direction de Guillaume Devin, Professeur des universités en science politique à Sciences Po.

Nous lui adressons toutes nos félicitations.

Camille Escudé est professeure agrégée de Géographie et docteure du CERI de Sciences Po en Science politique (septembre 2020). Elle est diplômée du Master de Science politique et Relations internationales de l'Ecole doctorale de Sciences Po et de l'Université Paris 1. Ses travaux portent sur les relations internationales dans les régions de l'Arctique, et plus précisément sur la construction de coopération politique régionale depuis la fin de la Guerre froide. Elle est également membre du groupe de recherche "Nordiques/Arctique" du Groupe d'Etudes Géopolitiques (GEG), du GDR Arctique du CNRS, ainsi que du Comité National Français de la Recherche Arctique et Antarctique, et rédactrice pour l’Observatoire de l’Arctique de la DGRIS (2019-2022).

Elle enseigne à Sciences Po la sociologie des relations internationales, la science politique, la conférence de méthode « Espace mondial » et intervient dans la préparation à l’agrégation.

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Les prix scientifiques de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) ont pour but de mettre en valeur la recherche consacrée notamment aux questions de défense, de sécurité, de relations internationales, de politique étrangère, d’armement et économie de défense.
Ils permettent également de favoriser les liens entre l’IHEDN et le monde universitaire.
Créés en 1998, ils récompensent chaque année des chercheurs en master II recherche et en doctorat, dont les travaux, soutenus dans l’année, font progresser les connaissances dans le domaine des sciences humaines et sociales.
Les candidatures sont étudiées par un jury composé d’universitaires et de personnalités qualifiées désignés par le directeur de l’IHEDN. La sélection des lauréats s’effectue d’après les critères indiqués dans le règlement du concours.
En savoir plus

[ Avril 2021 ]

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