Anne Moyal, docteur en sociologie

Titre de sa thèse :
Une liberté sous contraintes ? Rationalisation des pratiques des professionnels libéraux de soins primaires en Maisons de Santé Pluriprofessionnelles en France.
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Le 5 mars 2021, Anne Moyal a soutenu une thèse de sociologie dont le sujet est :

Une liberté sous contraintes ? Rationalisation des pratiques des professionnels libéraux de soins primaires en Maisons de Santé Pluriprofessionnelles en France.

Jury :

Henri Bergeron, Directeur de recherche CNRS, Sciences Po, Centre de Sociologie des Organisations (directeur de thèse)

Lawrence D. Brown, Professor in Health Policy and Management, Columbia University, Mailman School of Public Health

Patrick Hassenteufel, Professeur des universités en science politique, Université Paris-Saclay (UVSQ), laboratoire PRINTEMPS (rapporteur)

Christine Musselin, Directrice de recherche CNRS, Sciences Po, Centre de Sociologie des Organisations (présidente du jury)

Magali Robelet, Maîtresse de conférences en sociologie, Université Lumière Lyon 2, Centre Max Weber

François-Xavier Schweyer, Professeur en sociologie de l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique, Centre Maurice Halbwachs

Nadège Vezinat, Maîtresse de conférences HDR en sociologie, Université de Reims Champagne-Ardenne, laboratoire REGARDS (rapporteure)

Résumé :

Cette thèse s’intéresse aux Maisons de Santé Pluriprofessionnelles (MSP), en tant qu’instrument d’action publique participant d’un processus de rationalisation du secteur ambulatoire en France. Introduites à la fin des années 2000 et regroupant des professionnels libéraux de soins primaires (principalement médecins généralistes et professionnels paramédicaux), ces nouvelles organisations sont présentées par l’État et une part croissante de professionnels de santé comme l’une des principales réponses au problème d’accès aux soins, permettant d’attirer des médecins généralistes sur certains territoires et de faciliter le transfert de tâches vers d'autres professionnels, pour compenser la baisse de la démographie médicale.

Dans un secteur à dominante libérale, le gouvernement a choisi une politique incitative et contractuelle pour encourager – et non contraindre – les professionnels à se regrouper en MSP. Celle-ci passe par une labellisation des structures par l’administration sanitaire ainsi que l’attribution de nouvelles rémunérations par l’assurance maladie, qui s’ajoutent aux rémunérations individuelles et à l’acte des professionnels libéraux. Sans remettre en cause leur statut libéral, cette nouvelle relation contractuelle avec les autorités sanitaires s’accompagne de règles et procédures, inédites dans le secteur libéral, qui touchent à la fois à l’accès aux soins, aux types de soins et à la coordination entre professionnels.

Comment expliquer que des professionnels libéraux acceptent de s’engager dans une relation contractuelle avec les autorités sanitaires qui vient encadrer leur traditionnelle liberté d’exercice ? Quels sont les effets des nouvelles procédures de rationalisation sur leurs pratiques ? À travers une analyse sociologique qualitative aux niveaux national et surtout local dans 6 MSP, nous montrons que les professionnels de santé libéraux parviennent à maintenir leur autonomie professionnelle en s’appropriant les nouvelles procédures de rationalisation pour en limiter la contrainte, voire en faire une nouvelle ressource pour faire évoluer leurs pratiques dans un sens qui leur convient. Nous montrons, par ailleurs, que le contexte organisationnel crée de nouvelles situations de coopération entre médecins généralistes et autres professionnels du secteur ambulatoire, qui mènent à une reconfiguration des territoires professionnels à l’échelle des organisations.

Replay du débat :

Cent ans de sous-reconnaissance des maladies professionnelles
  • Cent ans de sous-reconnaissance des maladies professionnellesCent ans de sous-reconnaissance des maladies professionnelles

Retour sur le Débat : Cent ans de sous-reconnaissance des maladies professionnelles du 8 février 2021

Autour de l'ouvrage "Cent ans de sous-reconnaissance des maladies professionnelles" sous la direction de Catherine Cavalin, Emmanuel Henry, Jean-Noël Jouzel et Jérôme Pélisse (Presses des Mines)

 

 Accès à la retransmission (durée : 1h44)

 

Cet ouvrage est consacré aux effets du travail sur la santé et de leurs prises en charge insuffisantes par les pouvoirs publics, rendant en grande partie invisibles les origines professionnelles de nombreuses maladies et décès. 

De gauche à droite :

S. Topaloff, J. Pélisse, S. Foulon, J-D. Combrexelle, A. Carre, B. Fervers, C. Cavalin, J-N. Jouzel et E. Henry.

 

 

 

 

 

Nos invités :
    • Alain Carre
      Responsable d’une consultation de suivi post-professionnel et ancien représentant CGT à la commission des Maladies Professionnelles du Conseil d’Orientation des Conditions de Travail
    • Jean-Denis Combrexelle
      Ancien Président de la section sociale et de la Section du contentieux au Conseil d'État, et ancien directeur général du travail au ministère du Travail et de l'Emploi 
    • Béatrice Fervers
      Coordinatrice du Département Prévention Cancer Environnement et Directrice adjointe du Centre Léon Bérard - Université Lyon 1
    • Sandrine Foulon,
      Rédactrice en chef du site Alternatives Economiques et m
      odératrice
    • Jérôme Pélisse,
      Sociologue au CSO et Professeur des universités à Sciences Po et l'un des co-auteurs de l'ouvrage,
    • Sylvie Topaloff, 
      Avocate du cabinet TEISSONNIERE TOPALOFF LAFFORGUE ANDREU & associés 
    • Les autres co-auteurs sont intervenus au moment des questions :
      Catherine Cavalin
      , Sociologue chargée de recherche CNRS à l'Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales (IRISSO), Emmanuel HenryProfesseur de sociologie à l’Université Paris Dauphine et Jean-Noël Jouzel, sociologue au CSO et directeur de recherche CNRS.

Parution : Sociologie historique du capitalisme

De Pierre François et Claire Lemercier
  • Sociologie historique du capitalismeSociologie historique du capitalisme

Pierre François et Claire Lemercier publient Sociologie historique du capitalisme, aux éditions La Découverte, dans la collection "Grands Repères". 

Au cours de la dernière décennie, le mot « capitalisme » a fait un retour remarqué dans le débat politique et dans la recherche. Ce livre s’appuie sur les travaux les plus récents en histoire et en sociologie économiques pour raconter les trois âges du capitalisme, de la fin du XVIIe siècle à nos jours.
Ce récit permet de répondre à des questions concrètes et variées : comment la satisfaction des actionnaires est-elle devenue une valeur dominante ? L’ubérisation est-elle un retour au XIXe siècle ? En quoi le commerce d’esclaves a-t-il contribué à la naissance du capitalisme ? Une finance chrétienne ou musulmane est-elle possible ? Qui a conquis les droits associés au salariat, et comment ? On apprend aussi qu’il n’y a pas vraiment eu de « révolution industrielle », que les dilemmes des mouvements de consommation engagée vers 1900 ressemblaient à ceux d’aujourd’hui, ou encore en quoi la crise financière de 2008 diffère de celle de 1929.

Cet ouvrage fera l'objet prochainement d'un débat au CSO.

Contrat ANR : CrisOrg - Organisations en crises

Avec O. Borraz, H. Bergeron, P. Castel, R. Crespin et E. Nouguez au CSO
  • Agence Nationale de la RechercheAgence Nationale de la Recherche

ANR

Dans la continuité de l’appel Flash lancé en mars 2020 et des projets Recherche-Action sur COVID-19 (coronavirus disease 2019), le projet intitulé Organisations en crises (CRISORG) est retenu pour une durée de 12 mois.

Olivier Borraz est le responsable du projet accompagné par un consortium de sept autres chercheurs dont quatre sont au CSO : Henri BergeronPatrick CastelRenaud CrespinEtienne Nouguez.
Cécile Fournier, maître de recherche à l’IRDES (Institut de Recherche et de Documentation en Economie de la Santé), Valérie November directrice de recherche CNRS au LATTS (Laboratoire Techniques, Territoires et Sociétés) et Audrey Vezian chargée de recherche CNRS à l’UMR Triangle s'associent également au projet.

RÉSUMÉ :

Cette recherche entend étudier à l’échelon national, local et au sein du système de soins la réaction de différentes organisations à la pandémie de Covid-19. Elle distinguera trois entrées : la prévention et la protection ; l’organisation du dépistage ; la prise en charge. Elle mettra au jour les capacités desdites organisations à se transformer ou non dans une période d’incertitude, en privilégiant une approche centrée sur l’action collective (pour analyser les formes de coopération ou de conflit qui naissent durant la gestion de la crise) et une approche cognitive (qui s’intéresse à la manière dont les acteurs font sens de la crise et légitiment leurs actions). L’enjeu étant de produire, outre des connaissances sur le fonctionnement des organisations en situation de crise, une analyse partagée avec les acteurs de la crise dans ces organisations, dans un souci de retour d’expérience et d’apprentissage collectif.

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Séminaire doctoral du 5 mars 2021

De la lutte contre la pauvreté au combat pour l'emploi. Transformer le dispositif et les acteurs du RSA
Par Julie Oudot
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Intervention de Julie Oudot, doctorante au CSO :

De la lutte contre la pauvreté au combat pour l'emploi. Transformer le dispositif et les acteurs du RSA.

La finalité est de favoriser les échanges entre les chercheurs et les doctorants du laboratoire autour des différents axes de recherche du CSO.

Ce séminaire a lieu le vendredi, au CSO (19 rue Amélie, 75007 Paris), de 10h à 12h. En raison des conditions sanitaires actuelles, il se tient en distanciel. 

Si vous souhaitez y assister, merci de contacter Samia Ben.

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